jeudi 5 février 2026

bilagr uneLa campagne agropastorale 2021-2022 au Burkina Faso s'est achevée  par un bilan en deçà des attentes, donc  avec une crise alimentaire en perspective. Conscient de l'impact que cette crise pourrait avoir sur la population, le gouvernement burkinabè a entrepris des actions anticipatives. A ce propos, le vendredi 10 décembre 2021, le ministre de l'Agriculture, avec à ses côtés ses collègues des Ressources animales,  Modeste Yerbanga, de l'Environnement, Siméon Sawadogo, et la ministre déléguée chargée de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Maminata Traoré/Coulibaly, a tenu une conférence de presse à Ouagadougou pour faire le point des résultats prévisionnels de la campagne agropastorale 2021-2022 et des actions de renforcement de la sécurité alimentaire.

La production céréalière prévisionnelle nationale de la campagne agricole de saison humide 2021-2022 est en baisse de 9,07%, comparativement à la production totale et définitive de la campagne agricole 2020-2021. C'est en tout cas l'information qu’a donnée le ministre de l'Agriculture, des Aménagements hydro-agricoles et de la Mécanisation, Salifou Ouédraogo lors de ce point de presse. Cette baisse de la production céréalière est due à l'irrégularité des pluies. “La fin du mois d'août a  été marquée par des cas d'inondations localisées. Les régions les plus touchées ont été celles de la Boucle du Mouhoun, du Sud-Ouest, des Cascades, de l'Est, du Centre-Est et du Centre-Sud.

bilagr 2A peine sorti de cette situation, on a enregistré des stress hydriques d’une durée variant entre 10 et 30 jours au cours du mois de septembre, période pourtant très importante pour la floraison et l'épiaison des cultures tant vivrières que fourragères”, a déclaré le titulaire du maroquin de l'Agriculture. D’après ce dernier,  ces conditions climatiques défavorables ont entraîné des pertes de superficies estimées à 52 000 ha environ. Et sur le plan national, 20 provinces sont en déficit, 20 autres sont excédentaires et les 5 restantes sont en équilibre en matière de production de céréales. Outre cela, la situation sécuritaire du pays a entraîné des abandons des superficies cultivées (environ 412 000 ha) et rendu inaccessibles plusieurs forêts, limitant l'exploitation des produits forestiers non ligneux. Après analyse de la vulnérabilité alimentaire, il ressort qu'environ 1 646 000 personnes ont besoin d'une assistance immédiate   durant la période courante allant d'octobre à décembre. Et si rien n'est fait d'ici les mois de juin, juillet et août, ce nombre atteindra 2 632 000. C'est pourquoi le gouvernement a décidé d'intensifier les productions agricoles de la saison sèche et d'actualiser le Plan de réponse et de soutien aux personnes vulnérables (PRSPV) à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition. bilagr 3Au cours de cette campagne agricole de saison sèche 2021-2022, il est attendu 7 millions 300 tonnes de production maraîchère,  125 000 tonnes de production céréalière et 996 000 tonnes de production fruitière. Afin d'atteindre cet objectif, le gouvernement burkinabè met à la disposition des acteurs agricoles des engrais et des semences de qualité, 173 modèles d'exploitation agricole, 726 motopompes et kits d'irrigation et 500 forages à gros débit. 

Face à l'insécurité dans certaines localités,  cette campagne saisonnière sera focalisée sur les zones d'accueil des déplacés internes. Pour le renforcement du PRSPV, 200 milliards de francs CFA ont été mobilisés. Les réponses urgentes seront la distribution gratuite de 136 000 tonnes de vivres à 1 332 665 personnes vulnérables, y compris les personnes déplacées internes, la remise d'un appui financier d'un montant de 43 milliards de francs CFA à 789 709 personnes vulnérables, etc. Au regard de l'irrégularité des pluies ces dernières années, le ministère de l'Agriculture compte miser sur les cultures de contre-saison en travaillant à la maîtrise de l'eau.

Barthélémy Paul Tindano

drl uneLe festival Ciné droit libre bat son plein à Ouagadougou  depuis le samedi 4 décembre. Parmi les activités phares dudit festival, il y a des projections de films. Le jeudi 9 décembre, c'est «Sur les traces d'un migrant» de la Burkinabè Delphine Yerbanga   qui a été projeté à l'espace Gambidi. Il s’agit d’un documentaire long métrage qui raconte l'histoire d'un aventurier burkinabè, Abdoulaye Ouédraogo,  qui a laissé sa postérité  un peu partout en Afrique de l'Ouest.

Parti de son Yatenga natal, Abdoulaye Ouédraogo a terminé son aventure en Guinée-Bissau dans des conditions mystérieuses, selon le film de Delphine Yerbanga. D'abord en Côte d'Ivoire, ensuite au Sénégal puis au Brésil,  l'aventurier décède à Kirida en Guinée-Bissau et laisse une dizaine d'enfants dans quatre pays ou plus, puisque la réalisatrice ne s'est pas rendue au Brésil pour savoir s'il y a eu des enfants. Ce sont les soeurs jumelles que l'aventurier a eues au Sénégal, Adama et Awa, qui ont entrepris la recherche de leur père et peut réunir la famille Ouédraogo grâce à la détermination de la réalisatrice et de Drissa Ouédraogo,  frère de l'aventurier. «Ce projet est né à Saint-Louis  alors que j'étais étudiante à l'université Gaston-Berger du Sénégal, où j’ai fait un master en réalisation. Pendant le tournage de mon film d'école, j'ai eu la chance de filmer ces deux magnifiques jumelles mais en plan de cours. Et à la fin du tournage de la séquence avec elles,  elles se sont adressées à moi en wolof. drl 2Ne parlant pas cette langue, je n'ai pas compris qu'elles me demandaient de les aider à retrouver leur père. C’est mon professeur Diallo qui m'a dit que les jumelles que j'ai filmées me demandent de les aider à retrouver leur père qui s'appelle Abdoulaye Ouédraogo et serait Burkinabè. ‘’Comme toi tu es Burkinabè, si tu rentres au pays, il faut rechercher leur géniteur pour elles’’, a dit mon professeur. Deux jours après, lui et moi sommes repartis dans le quartier des jumelles et nous les avons filmées. On a fait un entretien d’environ une heure avec elles, où elles nous ont raconté toute l'histoire de leur père et de la recherche qu'elles avaient déjà effectuée en vue de retrouver ce dernier. J'ai donc commencé à développer réellement le projet en 2014», a précisé Delphine Yerbanga.

Dans le même temps, Drissa Ouédraogo entreprend un projet de recherche de son frère aîné. Et c’est ensemble que la réalisatrice, le frère de l'aventurier et les jumelles se rendent en Guinée-Bissau. Ils y retrouvent les autres enfants d’Abdoulaye Ouédraogo avec le concours de l'ambassade du Burkina Faso au Sénégal et du consul burkinabè à Buissau, puis ils reviennent dans le Yatenga, au Burkina, où ils font  le doua du défunt. C’est un film plein d'émotions que les spectateurs ont apprécié à l'espace Gambidi. En rappel, Delphine Yerbanga a remporté le grand prix du président du Faso lors du FESPACO 2021 avec ce film.

Barthélémy Paul Tindano

image uneChaude confrontation ce jeudi 9 décembre 2021 entre l’accusé Gilbert Diendéré, le témoin Abderrahmane Zétiyenga et l’accusé Ninda Tondé dit Pascal au procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et douze autres. Le général Diendéré et son chauffeur Ninda Tondé sont poursuivis ici pour subornation de témoin.

Gilbert Diéndéré, selon le témoignage d’Abderrahmane Zétiyenga, aurait en effet envoyé son chauffeur Ninda Tondé dit Pascal, alias le Mang-naaba, pour tenter de le soudoyer afin que celui-ci affirme devant le juge d’instruction qu’il n’était pas au Conseil de l’entente le 15 octobre 1987. Abderrahmane Zétiyenga aura eu le réflexe d’enregistrer la conversation entre lui et Tondé Ninda dit Pascal, qu’il a remise au juge comme preuve. Devant la chambre, Tondé reconnaît s’être rendu chez son ami intime Abderrahmane Zétiyenga pour lui dire ce dont lui et le général Diendéré avaient eu à débattre lors d’une de leurs causeries à la MACA. Gilbert Diéndéré lui aurait alors dit qu’Eugène Somda est en train de salir le nom d’Abderrahmane Zétiyenga et que si ce dernier ne fait pas attention, il serait envoyé en prison. « Avant qu’il ne rentre, j’ai pris mon téléphone et j’ai mis sur “enregistrer”. image 2J’ai demandé l’objet de sa visite et il m’a dit que c’est le général Gilbert Diendéré qui l’envoie. Je lui ai posé trois fois la question et il a répondu que c’est le général Gilbert Diendéré qui l’envoie. Il dit que le général Gilbert Diendéré me demande, au cas où je serais auditionné, de dire que je n’étais pas au Conseil au moment des tirs, que j’étais en ville et que c’est après les tirs que je suis venu. Quand j’ai apporté l’enregistrement au juge d’instruction,  il a tapé du poing sur la table. Il dit plusieurs fois qu’ils ont eu des témoins clés dans cette affaire mais une fois devant le général Gilbert Diendéré lors des confrontations, ces témoins nient tout », a déclaré Abderrahmane Zétiyenga.

Interrogé sur cette déclaration du témoin qui est la raison principale de sa mise en accusation pour subornation de témoin, Ninda Tondé dit Pascal, alias Mang-naaba, dit être allé voir le témoin de sa propre initiative et non à la demande du général Gilbert Diendéré. « Ce n‘est pas le général qui m’a envoyé là-bas. J’ai utilisé le nom du général pour qu’il me croie », a-t-il déclaré. Le témoin Abderrahmane Zétiyenga avait déclaré qu’après la rencontre convoquée par le Gilbert Diendéré avec les responsables de la sécurité de Blaise Compaoré et de Thomas Sankara dans la matinée du 15 octobre 1987, Gilbert Diendéré aurait informé qu’il aurait reçu une information de catégorie A faisant cas d’un complot de Thomas Sankara contre Blaise Compaoré et que pour éviter un bain de sang, il allait procéder à l’arrestation de Thomas Sankara. image 3Confronté au témoin, Diendéré a rejeté les déclarations de ce dernier. « Cela est totalement faux. Après la réunion, chacun est reparti d’où il était venu », a-t-il affirmé.

Abderrahmane Zétiyenga avait également déclaré que le général Gilbert Diendéré lui aurait donné l’ordre d’aller renforcer la sécurité au niveau du poste « Yamba Jean » et de ne laisser passer personne après le passage du cortège du président Thomas Sankara ce même 15 octobre. «Je dis formellement que je n’ai jamais envoyé Zétiyenga renforcer un poste ; un seul homme ne peut renforcer un poste », a répondu Gilbert Diendéré. Sur toutes ses déclarations, “Golfe” a mis en cause la crédibilité du témoignage d’Abdramane Zitéinga en rappelant un problème qui serait survenu après les événements du 15 octobre 1987. « Ils exigeaient le grade d’officier sans pour autant remplir toutes les conditions parce qu’ils estimaient avoir fait la Révolution et avoir contribué à l’accession de Blaise Compaoré au pouvoir », explique Gilbert Diendéré, lieutenant au moment des fait. A l’en croire, le témoin pourrait lui en vouloir suite à ce problème parce que c’est cela qui l’a conduit hors de l’ex-RSP, ce qui lui a ainsi fait perdre de nombreux avantages que même les sous-officiers n’avaient pas. Pour lui, le témoignage d’Abderrahmane Zétiyenga est encré de haine pour lui nuire. Mais Abderrahmane Zétiyenga a réfuté les propos du général.

L’audience reprend le lundi 13 décembre 2021 avec la suite des témoignages. A la barre sont attendus les témoins Yacouba Traoré, Blaise Sanon et Denis Bicaba.

Sié Mathias Kam

aacc uneUn camion transportant des canettes de bière s'est renversé dans la nuit du mardi 7 décembre, faisant des dégâts matériels au quartier Dagnoën de Ouagadougou, non loin d'AMPO. Il n’y a pas eu de perte en vie humaine, mais des dégâts matériels. Radars Info Burkina a fait le constat de cet incident qui a retenu l'attention de tous les usagers de cette voie durant la journée du mercredi 8 décembre 2021.

Lorsque nous sommes arrivé sur les lieux de l’accident une vingtaine d’heures après, le camion n'était plus là mais les décombres  qu'il a laissés étaient toujours considérables malgré tout une journée de travail pour dégager les lieux. Les gens étaient toujours nombreux : certains des propriétaires des boutiques riveraines  endommagées,  d'autres de simples badauds. Antoine Sana Kiendrebeogo est un des  propriétaires. aacc 2Il raconte les faits : “Hier nuit aux environs de 21h, on a fermé et on rentrait mais avant qu’on soit arrivé à la maison, des gens nous ont appelés  pour nous dire de revenir car il y a un camion qui a fait tonneau. Lorsqu'on est revenu, on a vu que c'était un camion  qui était chargé de boisson. C'est ça qui a causé ce sinistre”. Plusieurs boutiques ont été touchées, mais difficile pour l'instant de faire un bilan, car elles ne sont toujours pas accessibles. << Il faut qu'on finisse  avant de pouvoir évaluer. On est  en train de travailler d'abord.  Actuellement on ne peut même pas ouvrir, donc on ne peut pas voir ce qui est détruit à l'intérieur. Actuellement, c'est compliqué d'évaluer>>, a-t-il déclaré.  Mais le propriétaire de la marchandise n'a pas tout perdu. Selon les riverains, il a pu récupérer une bonne partie du chargement.

aacc 3Cet accident n'est pas le premier à cet endroit, un accident mortel s’y est même déjà produit, à en croire certains témoins. <<Nous interpellons la mairie afin qu’elle mette un ralentisseur ici. Hier  soir  le maire lui-même était là pour constater les faits. C'est un virage dangereux et les accidents y sont fréquents>>, a dit un témoin.

Barthélémy Paul Tindano

trl uneLes témoignages se sont poursuivis ce mardi 7 décembre à l’audience du procès Thomas et 12 autres, tués au Conseil de l’entente. Sept témoins sont passés à la barre et chacun y est allé de sa version des faits. L’un d’entre eux a même affirmé que le président Sankara s’est écroulé sous ses yeux après avoir reçu deux balles coup sur coup.

Persuadée que les témoins Laurent Ilboudo, Drissa Sow et Claude Zidwemba se sont concertés pour charger son client Bossobè Traoré, Me Maria Kanyili a fait une requête au président de la Chambre de première instance du tribunal militaire. Elle a demandé que ce dernier fasse application de l’article 120 du Code de justice militaire en ordonnant l’arrestation des 3 témoins. Ces derniers ont, tout au long de leur témoignage, nié le fait que Bossobé Traoré faisait partie de leur groupe de garde du président Sankara. Mais cette requête de l’avocate n’a guère prospéré.

Après cet épisode, c’est le témoin Pegwendé Issouf Sawadogo qui a été appelé à la barre pour faire sa déposition. Sergent-chef et en service au secrétariat du Conseil de l’entente au moment des faits, il a dit qu’il était de service le jour du coup d’Etat. Dans son témoignage, il affirme que c’est de son bureau au Conseil qu’il a entendu les coups de feu. « Les balles ont brisé ma fenêtre. J'ai sursauté et au même moment le téléphone a commencé à sonner. Je n'ai pas pu répondre. Dans le couloir, il y a une voiture qui est arrivée, s'est engouffrée et a bloqué le passage. J’ai trouvé une issue pour sortir les mains en l’air devant la porte de mon bureau. Le président aussi est sorti devant la salle où se tenait la réunion. Nabié Nsoni a tiré et touché à la tête le président devant moi. Maïga a tiré sur le thorax du président. Il s’est ensuite baissé pour prendre le PA du président », a narré le témoin. Toujours selon lui, c’est après que le président fut tombé que Hyachinte Kafando est arrivé du côté ouest. Dans sa tentative de fuite, il est arrêté et conduit dans la chambre où dormait Hyachinte Kafando. trl 2« Une fois à l’intérieur, j’ai vu un crâne humain avec de la cendre. Ils ont cassé un œuf mettre dedans. J'ai eu des nausées et des vertiges. Arzouma Otis Ouédraogo m'a donné un coup de poing dans le ventre, j'ai vomi et je suis resté dans cette chambre jusqu'au matin », a confié le témoin. Selon Pegwendé Issouf Sawadogo, le jour de sa libération, il a également été brutalisé par Hyacinthe Kafando. « Le matin, quand on nous a libérés, Hyacinthe Kafando m’a demandé pourquoi je le regardais comme ça. Il m’a dit que mon chef était mort et m’a serré les cols en me disant que si je m’amuse, il va me donner à ses éléments pour me ‘’faire faire’’ », a conclu le témoin. A sa suite, c’est Boubié Bamouni, de la garde présidentielle au moment des faits, qui a fait sa déposition. Il dit qu'il devait échanger avec le président Sankara juste après sa réunion au Conseil. C'est pendant qu’il y était qu'il a vu Thomas Sankara recevoir les balles. Il n'a cependant pas donné de nom, prétendant ne plus avoir une bonne mémoire 34 ans après.

Sansan Hien dit Kodjo, adjudant-chef au moment des faits, en service à Pô, a succédé à Bamouni à la barre. Il a affirmé que Gilbert Diendéré, le 15 octobre après les évènements, l'a envoyé faire le tour de Ouagadougou pour tenir en alerte les autres garnisons. Des propos infirmés par le général Diendéré, qui affirme que l’état d’alerte se fait automatiquement quand il y a une situation de ce genre. Aimé Alexis Zongo a pris la relève à la barre. Il était le chef des engins blindés du Conseil en octobre 87. Il dit qu’il était à l’école du génie militaire quand il a entendu les coups de feu. Précipitamment, il s’est alors rendu au Conseil. « La petite porte étant fermée, je suis passé par la grande. J’ai aperçu le lieutenant Gilbert Diendéré. Les tirs avaient cessé. J’ai demandé au lieutenant ce qui se passait. Il m’a répondu : c’est comme ça et c’est arrivé, en tendant la main vers le secrétariat. J’ai avancé et j’ai reconnu le corps du président Sankara. Je suis revenu vers Diendéré et j’ai demandé la conduite à tenir. Il a dit de prendre les blindés pour aller boucler les sorties », précise le témoin. Jean Babio Bationo, infirmier au Conseil, Wendyélé Sawadogo chef du détachement du BIA, basé au moment des faits à l’ENAM, et le sergent Moumouni Koeba ont tous fait leur témoignage.

Suspendue, l’audience reprend le mercredi 8 décembre 2021 avec le témoin Léonard Domboué.

Sié Mathias Kam

rdrd uneIl s'appelle Samba (prénom d’emprunt). Il a comparu ce mardi 7 décembre au tribunal de grande instance de Ouaga I pour vol aggravé. Au terme de l'audience, Samba a été condamné à 24 mois de prison et à payer une amende de 4 500 000 francs CFA pour avoir volé 171 bouteilles d'oxygène  au Centre hospitalier universitaire  (CHU) Yalgado pour les revendre afin de pouvoir organiser son mariage.

 Les faits remontent aux mois de septembre et octobre 2021. Samba travaillait à l'époque dans une société de la place. Il projetait d’aller faire son mariage traditionnel (PPS) en province. Cependant il a été licencié pour n'avoir pas mis sa ceinture de sécurité, selon ses dires. N'ayant plus les moyens de prendre en charge lesdites fiançailles, Samba a décidé d'aller voler des bouteilles d'oxygène au CHU Yalgado pour les revendre et se faire de l'argent. C'est ainsi qu’il s’est entendu avec un conducteur de camion, a loué le camion de ce dernier,  est entré au CHU Yalgado, y a embarqué un grand nombre de bouteilles appartenant à une société de la place qu’il est ensuite allé vendre. Et comme l’appétit vient en mangeant, il a refait ça encore et encore si bien qu’à sa 3e tentative de vol il a été pris la main dans le sac avec 30 bouteilles.

rdrd 2Selon les explications de l’indélicat, voici comment il procédait :  quand il entrait à Yalgado au volant du camion, les vigiles lui demandaient où il se rendait. Il leur disait où et ceux-ci le laissaient alors  passer sans aucun contrôle.

Après avoir dénoncé les défaillances du système de sécurité de l'hôpital,  l'avocat de la partie civile a fait savoir qu'une bouteille d'oxygène coûte 125 000 F. Il a donc demandé qu’on fasse rembourser au prévenu le montant équivalant à celui des 171 bouteilles volées à l'hôpital, soit 23 millions 375 000 francs CFA, ainsi qu’un million de francs comme frais. Bien que le procureur se soit réjoui que le prévenu ait tout avoué à la barre, il lui a reproché son “insouciance et son manque d'humanisme” car, a-t-il dit, on ne peut pas comprendre qu'en cette période de Covid-19, où il y a un  besoin pressant d'oxygène à l'hôpital, quelqu'un se permette d’aller  dans ce lieu dérober des bouteilles d'oxygène, au mépris de la détresse des malades, pour les revendre juste afin d’épouser une femme.  “C'est méchant”, a martelé le magistrat. C'est pourquoi il a requis que  le prévenu soit condamné à 36 mois de prison, dont 24 ferme. L'avocate de ce dernier, quant à elle, a sollicité la clémence du tribunal, invoquant le fait que son client a reconnu les faits. Elle a en outre fait remarquer que ce dernier n'est pas un délinquant, mais un homme travailleur. En témoigne le fait, a-t-elle poursuivi, qu’il était apprécié dans son service pour son travail et qu’il  n'a pas été licencié  pour vol. Elle a ajouté que son client était sous une pression sociale, familiale, précisant qu'il a déjà un enfant avec celle qu’il voulait épouser, mais que les coutumes ne permettent pas à un homme et une femme de cohabiter sans avoir préalablement fait de PPS. C'est pourquoi les parents de la fille n'ont pas accepté que le couple vive ensemble. Quant à Samba, il a demandé pardon à la fin de sa comparussion et a promis de se ranger. Ce qui n’a pas empêché le tribunal de le condamner à 24 mois de prison et à payer la somme totale de 4 500 000 F CFA .

Barthélémy Paul Tindano

bossob uneLes témoignages se poursuivent à l’audience du procès Thomas Sankara et ses 12 compagnons. Après Ismaël Abdoulaye Diallo, trois éléments de la garde rapprochée de Thomas Sankara, à savoir Laurent Ilboudo, Drissa Sow et Claude François Zidwemba, tous de garde le 15 octobre 1987, ont été entendus. De leur témoignage, il ressort qu’ils ont été surpris et n’ont pas pu répliquer, mais leurs déclarations chargent Bossobé Traoré, accusé de « traîtrise ».

Sergent-chef au moment des faits, chef de l’équipe qui a convoyé le président Thomas Sankara au Conseil de l’entente, le témoin Laurent Ilboudo a déposé ce matin. Après que Thomas Sankara fut entré dans la salle où il devait y avoir réunion, il en a profité pour aller saluer ses frères d’armes au secrétariat. C’est de ce lieu qu’il entendit les coups de feu. Sorti voir ce qui se passait, il tombe nez à nez avec Hyacinthe Kafando qui le désarme. Il est ensuite conduit, avec d’autres personnes, par Arzouma Ouédraogo, dit Otis, derrière le bâtiment. C’est étant couché qu’il entend les tirs s’intensifier. Avec les autres "otages", ils sont ensuite conduits dans une villa où ils sont enfermés. Avoir eu la vie sauve, selon Laurent Ilboudo, est du au fait qu’il ne savait rien des évènements. Du moins, c’est ce qu’il a confié à la barre, ajoutant que ce sont les propos que Hyachinte Kafando lui a tenus. Enfermé, c’est le 16 octobre matin qu’il revoit le soleil grâce à Gilbert Diendéré, accompagné de Hyacinthe Kafando et de Tibo Ouédraogo. Ce dernier, appelé à la barre pour une confrontation avec le témoin Ilboudo, a nié les propos de ce dernier. Il affirme qu’il n’a jamais mis les pieds le 16 octobre au Conseil de l’entente. Gilbert Diendéré, lui, confirme avoir bel et bien libéré Laurent Ilboudo.

bossob 2S’agissant de Bossobé Traoré, Laurent Ilboudo affirme que ce dernier ne faisait pas partie de son équipe. Rappelé également à la barre, l’accusé Bossobé Traoré affirme que c’est à pied qu’il a rejoint la présidence depuis le palais avant d’embarquer avec l’équipe pour le Conseil. Laurent Ilboudo est formel : Bossobé Traoré ne faisait pas partie de son équipe. Laurent Ilboudo ajoute que c’est Bossobè Traoré, également membre de la garde du président Sankara, qui les a trahis en alertant le commando qui a mené l’attaque juste à leur arrivé au Conseil. « Si personne ne les alertait, personne n’aurait su à quel moment nous avons démarré et nous sommes arrivés », dit-il.

Après lui, un autre garde du corps de Sankara, Drissa Sow, a déposé. Sergent au moment des faits, il a confirmé pour sa part qu’effectivement Bossobé Traoré ne faisait pas partie de leur équipe. bossob 3Il n’a même pas vu Bossobé Traoré au Conseil de l’entente. Claude François Zidwemba, troisième élément de la garde rapprochée de Thomas Sankara, également appelé à la barre, a témoigné en ces termes : « Nous étions postés chacun à son poste quand une 504 blanche, qui était celle de Blaise Compaoré, a foncé sur nous dans le couloir. J'ai automatiquement sauté dans le bureau où était le président Thomas Sankara. Il m'a demandé qui étaient ceux qui tiraient, j'ai répondu que c’étaient des éléments de Blaise. Il a remué la tête. Il a déposé son arme, moi également et je suis sorti en premier. Hyacinthe Kafando qui était à la porte m'a fait coucher à plat ventre à côté de Der Somda et Walilaye Ouédraogo. Ensuite le président Thomas Sankara est sorti et j'ai entendu qu'il a dit :’’ Je me rends’’. Les tirs ont automatiquement repris. Je n'ai pas levé la tête pour regarder. Arzouma Otis Ouédraogo est venu. Il a tiré sur Der Somda et sur Walilaye Ouédraogo. Quand il voulait tirer sur moi, Hyacinthe Kafando a crié, hé ! Otis, ne tue pas les enfants là. Un soldat a alors couru. Hyacinthe Kafando a demandé qui venait de passer, Otis a dit que c'est Bossobé Traoré. Mais qu'est-ce qu'il est venu faire ici ? Il est au courant et il vient. Tu ne l'as pas tué ? demande Hyacinthe Kafando à Otis. Non, je l'ai seulement blessé, a-t-il répondu. J'ai alors remué la tête car j'étais étonné que ce soit un des nôtres de la garde de Sankara qui nous ait vendus ».

Mais de l’avis de l’avocate de Bossobé Traoré, Me Maria Kanyili, les trois témoins ont fait un faux témoignage juste pour charger son client. « Si eux les chefs ont été épargnés sans même une gifle, cela me donne envie de dire que c’est eux qui ont vendu le président Sankara », a-t-elle lancé à sa sortie d’audience.

L’audience a été suspendue et reprend demain mardi avec la suite de l’audition de Claude François Zidwemba.

Sié Mathias Kam

cbmgc unePromouvoir les secteurs des mines, de la géologie et des carrières en  travaillant à  concilier les intérêts de l'État, les populations et les promoteurs, c'est l'ambition    du Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC)  dont les responsables en ont fait la présentation à travers une conférence de presse ce lundi 6 décembre à Ouagadougou. Cest une association professionnelle à but non lucratif, apolitique et non confessionnelle ayant  comme objectif principal la protection et la défense des intérêts matériel, moraux et professionnels  des secteurs concernés. Il a vu le jour le 26 octobre dernier.

Le CBMGC oeuvre  à promouvoir le droit minier, de la géologie, des carrières et à la protection de l'environnement ;  à améliorer la compétitivité dans ces secteurs à l'échelle sous-régionale africaine et à l'amélioration de ces  domaines pour un développement économique et social au Burkina Faso. Il travaille également à la promotion de la responsabilité sociale des entreprises opérant dans les secteurs des mines, de la géologie et des carrières et à réalisation de toutes activités ou opérations nécessaires à la poursuite des activités de l'association. cbmgc 2Cette nouvelle structure est portée par des hommes et des femmes mus par un ardent désir de voir ces secteurs travailler résolument pour la prise en compte des intérêts des communautés et pour la promotion d'un développement humain durable, inclusif et créateur de richesse pour tous,  selon Rasmané Sawadogo, président du CBMGC. A la question de savoir s'il n'y aura pas de conflit de compétence entre le CBMGC et la Chambre des mines du Burkina Faso, qui a aussi les mêmes objectifs,  les conférenciers ont répondu par la négative, car le  CBMGC prend en compte non seulement le secteur des mines mais également ceux de la géologie et des carrières. Par ailleurs, le Conseil  travaille en   même temps pour  que des Burkinabè deviennent propriétaires de mines, et cela peut se faire  à travers le renforcement des compétences des nationaux. cbmgc 3«La gestion d'une mine est très complexe. Ça nécessité des gros investissements et de la confiance et bien plus. Le premier élément le plus important, c'est la compétence. Dans notre association ce qui est prévu, c'est de voir comment chaque année on peut faire en sorte que des gens soient formés dans des pays à potentiel minier comme le Canada,  l'Australie et l'Afrique du Sud. C'est à  travers ces compétences que les promoteurs nationaux qui ont de la capacité financière peuvent avoir confiance et mettre leur argent dans cette industrie. Le deuxième aspect, c'est de travailler à ce que les institutions financières qui accompagnent les promoteurs fassent confiance aux nationaux», a déclaré Philippe Batibié Yao, deuxième vice-président du CBMGC.

 D'ores et déjà, les communautés félicitent  l'initiative du CBMGC. Issaka Yaméogo est du réseau des communes minières du Burkina Faso. Pour lui, le CBMGC et les communes ont des objectifs communs, d'où la nécessité pour les deux entités de travailler ensemble pour le développement des collectivités locales. «Nous sommes disposés à vous accompagner, vu les grandes lignes des objectifs de votre structure, sans oublier que nous avons les mêmes objectifs. Cela veut dire tout simplement que nous devons aller  vers ces initiatives,  main dans la main, afin que nos objectifs communs soient réalisés. Nous sommes les communes qui abritent les 17 industries minières du Burkina. Aujourd'hui nous pouvons témoigner de la contribution des retombées minières   au profit des collectivités du Burkina Faso», a-t-ilsoutenu. L'engagement pour la cause des populations,  la détermination pour le rayonnement des secteurs des mines, de la géologie et des carrières, l'honnêteté, la transparence,  la bonne gouvernance et la responsabilité citoyenne,  sont les valeurs du CBMGC, et toute personne physique ou morale exerçant dans ces domaines, qui approuve les statuts de l'association et qui accepte de se soumettre au règlement intérieur peut y adhérer.

Barthélémy Paul Tindano

tani uneCe vendredi 3 décembre marque la 28e  journée internationale des personnes handicapées  (JIPH). Commémorée par la  communauté internationale et   instituée par les Nations unies à travers la Résolution 47/3 du 3 décembre 1992 dans le but de promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société, cette journée est  célébrée sur le plan  national sous le thème « Leadership et participation des personnes handicapées pour un monde inclusif, accessible et durable ». À cette occasion,  la ministre de l'Action humanitaire, Hélène Marie Laurence Ilboudo /Marchal,  a invité les personnes handicapées à  persévérer dans l'esprit de leadership. Radars Info Burkina est allé à la rencontre de Tani Tindano, une handicapée visuelle passionnée de journalisme.

Étudiante à l'Institut des sciences et techniques de l'information et de la communication (ISTIC) à Ouagadougou, Tani Tindano est passionnée de journalisme depuis l'école primaire malgré  son handicap visuel. Le parcours scolaire  de celle qui est née en 1997 dans la commune de Manni, province de la Gnagna, n'a pas été du tout facile. En effet, il n'y avait que le centre des handicapés de Mahadaga dans la province de la Tapoa qui accueillait les élèves comme elle. Elle y commence donc le CP1 en 2006 et obtient le Certificat d'études primaires (CEP) en 2011. Elle continue les études et décroche le Brevet d'études du premier cycle (BEPC) en 2016 et le baccalauréat en 2019. tani 2Durant son cursus scolaire, Tani Tindano a toujours  été parmi les meilleurs élèves, battant même les élèves voyants sur les notes. Le journalisme étant sa passion,  elle s'est inscrite à l'ISTIC et a déjà validé sa première année avec une moyenne de 15,8 et a été classée 2e de la classe sur un effectif de 42 étudiants. Et tenez-vous bien, elle est la seule handicapée visuelle  de sa promotion.  Pour l'étudiante de l'ISTIC le journalisme est un moyen de témoigner ce que Dieu a fait pour elle. <<J'écoutais la radio depuis que je faisais l'école primaire. Je suivais les différentes émissions des radios. En définitive, j'ai trouvé que le journalisme était un moyen pour moi de témoigner d'abord la grâce de Dieu  dans ma propre  vie. J'ai trouvé aussi qu’avec le handicap visuel on peut aussi servir son pays. Parce qu’à travers  les émissions que j'ai  animées à la radio Tintua de Piéla et la radio Jawoampo de Bogandé,  je me suis rendu compte que beaucoup de personnes de mon  genre ne comprennent pas et qu'ils ont besoin d'une personne qui est dans la situation, qui comprend certaines choses  afin  les aider à aller de l'avant>>, a-t-elle signifié. Le journalisme est un métier qui demande l'usage de tous les sens. Mais celle qui utilise le braille, l'écriture des malvoyants,  ne se voit pas handicapée. <<Je préfère la radio parce que la radio est plus écoutée, plus accessible que les autres médias, que tu sois en ville ou en campagne. Même avec le  téléphone on peut  écouter la radio. Le fait que je ne voie pas là,  je me dis qu'avec la radio ça sera  plus facile pour moi qu'à la télé où il y aura des images que je ne peux pas voir. Pour le moment je compte être au niveau de la production et animation. Parce qu'à l'école on a appris que le journaliste doit être l'oeil, l'oreille et même capable de sentir l'odeur. Mais le fait que je ne voie pas pas là il y a un élément qui va manquer si je suis reporter. Mais je pense que si c'est sur un plateau avec des invités avec qui j'ai auparavant échangé je pourrai m'en sortir>>, a-t-elle dit. Tani Tindano exhorte les personnes handicapées comme elle  à se battre . Car on peut toujours réussir malgré son handicap. Quand nous réalisions cet entretien, Tani Tindano commençait son premier stage à la RTB radio.

Barthélémy Paul Tindano

ppproc uneL’audience de ce jeudi 2 décembre 2021 a débuté par le passage à la barre de l’accusé Tibo Ouédraogo, colonel à la retraite. Il avait été épargné de cet exercice pour cause de maladie. A sa suite, deux témoins ont été entendus.

Membre du Comité de défense de la révolution (CDR) de son quartier, Mme Naoura Thérèse Kationga, citée comme témoin, a déposé à la barre ce 2 décembre 2021. Le témoignage de cette restauratrice accable le sergent Bossobè Traoré (son ex-conjoint). Après avoir juré de dire la vérité, elle a dit ceci : « Je ne me rappelle plus très bien mais je sais qu’entre le 11 et le 12 octobre 1987, le sergent Bossobé Traoré (Ndlr, accusé dans le procès Thomas Sankara pour complicité d’assassinat) est passé me voir à mon restaurant pour me dire au revoir. Où on vous amène encore ? ai-je demandé. Il m’a alors dit : le 15 octobre, Blaise Compaoré va faire un coup d'État et Nabié Nsoni (ndlr, de la garde rapprochée de Blaise Compaoré, décédé) dit de ne pas me rendre au Conseil de l’entente pour le sport de masse », commence-t-elle sa narration. A sa question à Bossobé Traoré de savoir si Thomas Sankara était informé, ce dernier a répondu que Thomas Sankara était au courant.  Le parquet militaire a, de ce fait, demandé une confrontation entre l’accusé et le témoin pour se situer. « Êtes-vous d’avis avec ce que Mme Kationga a dit de vous ? », demande le président du tribunal à l’accusé. « Je ne reconnais pas. Ce qu’elle a dit là, moi je ne comprends rien », répond l’accusé. « Quel intérêt aurait votre amie à mentir sur vous ? » réplique le président du tribunal. « C’est pour l’argent. Elle m’a dit, quand en 2004 on m’a dédommagé et que je suis allé lui dire merci et l’informer qu’on m’avait dédommagé, que si je bouffe cet argent seul, elle va me créer tous les problèmes », a répondu l’accusé. Il ajoute que c’est son ex-copine, dame Kationga, qui serait à l’origine de son inculpation en allant notamment voir le juge d’instruction. Et le président du tribunal de le rassurer : « Ce n’est pas possible. Mme Kationga n’a pas ce droit-là. Elle ne peut pas faire cette demande à un juge ». ppproc 2Me Guy Hervé Kam de la partie civile a dissipé tout doute dans l'esprit de l’accusé Bossobé Traoré en lui faisant comprendre qu’il a été inculpé avant même que le témoin ne fasse sa déposition chez le juge.

Avant elle, l’accusé Tibo Ouédraogo était à la barre pour son interrogatoire. Il est accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, notamment ayant été le chef sur place du commando qui a neutralisé la FIMATS (Force d’intervention du ministère de l’Administration territoriale et de la Sécurité) le 15 octobre 1987, juste après l’assassinat du président Thomas Sankara et de ses compagnons. « Je ne reconnais pas les faits », a-t-il plaidé. Selon sa version des faits, il n’a fait qu’exécuter les ordres du commandant en chef des forces armées Jean Baptiste Boukary Lingani. « La mission était d’aller neutraliser la FIMATS. À notre arrivée (puisqu'il avait avec lui une dizaine de soldats), j'ai tiré en l'air. Pas de réponse. J'ai su qu'elle (la FIMATS) n'allait pas réagir. Et donc de concert avec les éléments sur place, j'ai organisé le couvre-feu », précise-t-il. Ayant été rappelé par le tribunal sur l’objet réel de la mission, l’accusé répond. « On m’a dit d’aller neutraliser la FIMATS et moi je suis allé pacifier. Je n’ai ni frappé ni tué ni torturé quelqu’un », souligne-t-il. Tibo Ouédraogo dit avoir manifesté par cette attitude pacifique son opposition au coup d’Etat qui s’opérait. Mieux il serait même victime car en 1989 il est arrêté et emprisonné 2 ans durant, menotté jour et nuit.

Proche ami de Thomas Sankara et de Blaise Compaoré, Ismaël Abdoulaye Diallo a également témoigné. Selon lui le 15 octobre 1987 est l’aboutissement d’un long processus contre la Révolution prôné par Thomas Sankara. Un contre-coup d'État était déjà en gestation dès le 8 août 1984 par les chefs d'État de certains pays frontaliers, selon Ismaël Abdoulaye Diallo. Citant même les présidents du Niger Seyni Kountché, Moussa Traoré du Mali et Félix Houphouêt Boigny de la Côte d'Ivoire dans le coup.

Son audition se poursuivra le lundi 6 décembre 2021. Après lui, Laurent Ilboudo, chef de la sécurité de Thomas Sankara, est attendu à la barre.

Sié Mathias Kam

  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes