jeudi 5 février 2026

padev uneInstitué en 2006, le Prix africain de développement (PADEV) a pour objet d'œuvrer à l'instauration d'une culture du travail, du mérite et de l'excellence comme valeurs cardinales de la société africaine. 12 pays africains y concourent, dont le Burkina Faso, lauréat de cette édition. Radars Info est allé à la rencontre du lauréat, Simon Nacoulma,  pour en savoir davantage sur les critères qui ont présidé au choix du pays des hommes intègres.

Simon Nacoulma est le président de l’Association ICCV/Nazemsé, qu’il a créée en 2002. Cette structure œuvre dans le domaine social, précisément dans les 4 axes suivants : l’éducation, la santé, la sécurité alimentaire et l’accompagnement socio-économique des femmes. C’est justement sur la base de ces axes que ladite organisation a été remarquée par le PADEV. « J’étais dans mon bureau et j’ai reçu une enveloppe. C’est après avoir pris connaissance de son contenu que j’ai su que j’étais le récipiendaire du prix PADEV », affirme M. Nacoulma. A l’en croire, les enquêtes qui ont été réalisées avant l’attribution du prix l’ont été de façon secrète. « Ils sont passés dans nos locaux à l’improviste pour mener les enquêtes. Ils ont fouillé le fonds documentaire, Internet et ont même interviewé les bénéficiaires », confie Simon Nacoulma. padev 2Les enquêteurs, répartis dans les différents pays du continent, ont reconnu le mérite et le travail de Simon Nacoulma. « Ce prix est une lumière dans ce champ obscur que traverse notre pays. C’est la preuve que le Burkina est un pays qui gagne, un pays fort, un pays d’intellectuels et d’expertise avec des gens qui ont un savoir-faire », souligne le lauréat du PADEV. « Il y avait plus de 800 candidats répartis sur tout le continent africain. Les critères retenus étaient sûrement l’abnégation, le travail et l’accompagnement des plus démunis depuis maintenant 19 ans », a précisé le responsable de l’Association ICCV/Nazemsé. « Ce prix est une sorte de retour sur mes investissements depuis maintenant une trentaine d’années dans le social », s’est-il réjoui.

 Pour le jury du PADEV, ce sont des actions communautaires telles que le parrainage d’enfants défavorisés et son combat pour l'autonomisation de la femme de même que la mise en place d'une bibliothèque qui ont présidé au choix de cette association burkinabè. « J’invite le peuple à l’union pour ce prix qui, au-delà de ma personne, récompense le Burkina Faso tout entier et montre aux yeux du monde une autre facette de notre cher pays », a conclu M. Nacoulma.

En rappel, la cérémonie de remise du Prix africain de développement (PADEV) dans la catégorie prix africain du mérite et de l'excellence se tiendra du 24 au 27 septembre 2021 au Rwanda.

Sié Mathias Kam (Stagiaire)

mer uneLa crise sanitaire consécutive au COVID-19, loin d'être un tremplin pour l'économie de beaucoup de pays, a néanmoins offert l'occasion à certains acteurs d'avoir une bouffée d'oxygène. Sont de ceux-là le styliste modéliste burkinabè François 1er, pour qui la production de cache-nez dans ces circonstances a permis à son entreprise de respirer. Radars Info l'a rencontré à l'occasion de la soirée podium organisée dans le cadre des préparatifs du prochain Salon international du textile africain (SITA), prévue en octobre prochain à Djibouti. Il nous en dit plus.

« Quand la crise COVID-19 est apparue, honnêtement je n'y croyais pas », affirme François 1er. Selon son propre témoignage, l'idée des cache-nez lui est venue du présentateur Salif Sanfo qui est à la fois un de ses amis et un de ses meilleurs clients. C'est ce dernier qui a tapé du poing sur la table pour dire de saisir l'occasion pour produire des cache-nez en Faso Dan Fani. François 1er a donc commencé avec des cache-nez en coton bio ayant un design particulier et la mayonnaise a pris. « Mon cache-nez a voyagé un peu partout dans le monde ; au début, c’étaient 200 000 cache-nez », se réjouit-il. « S'il n'y avait pas eu ce concept de cache-nez, je ne sais pas comment j'allais m'y prendre, comment l'industrie elle-même allait survivre parce qu'en Europe tout était fermé », a-t-il déclaré.

mer 2« Les cache-nez m'ont sauvé. Cela m'a permis aussi de répondre à un besoin immédiat parce que s'il n'y avait pas ce type d'initiative on allait importer les cache-nez de l'étranger », soutient-il. Notons que le styliste François 1er à également bénéficié de la commande de cache-nez lancée à l'époque par l'Etat burkinabè dont il était le principal fournisseur.

« Cette initiative a bénéficié aux acteurs de toute la chaîne de valeur que sont les cotonculteurs, les tisserands, les teinturiers et les couturiers. Ils ont tous gagné de l'argent. Honnêtement, cela nous a permis de respirer », a-t-il lancé.

François 1er a également apprécié l'initiative des soirées podium organisé par le SITA pour mettre en valeur les créations des stylistes burkinabè. « Cela fait 13 ans que je me bats pour imposer cette marque, cette éthique contemporaine aujourd'hui. C'est un honneur pour moi parce que avec cette initiative du SITA l'on sent que les gens ont adhéré à ce projet », s'est-il réjoui. Il salué les efforts du commissaire général du SITA, Abdoulaye Mossé, qui se bat pour faire connaître le textile africain à l'international.

Bessy François Séni

Convention Centre de presseLa signature de la convention pour l’achèvement de la construction du bâtiment de type R+1 et l’aménagement de la cour du Centre national de presse Norbert-Zongo (CNP-NZ) a eu lieu aujourd’hui vendredi 25 juin 2021. C’était en présence du ministre de la Communication, Ousséni Tamboura, du coordonnateur dudit centre, Abdoulaye Diallo, du président du comité de pilotage, par ailleurs président de l'Association des journalistes du Burkina (AJB), Guézouma Sanogo, et de bien d'autres invités.

Réunies au Centre national de presse Norbert-Zongo, les différentes parties prenantes, à savoir le ministère de la Communication et des Relations avec le Parlement et le comité de pilotage des travaux du CNP-NZ, ont paraphé la  convention pour l’achèvement de la construction du bâtiment de type R+1 et l’aménagement de la cour dudit centre, d’un montant de 35 millions de francs CFA.

Le comité de pilotage, représenté par Guézouma Sanogo, s’est félicité de cette subvention qui permettra d’achever le bâtiment qui sert de siège au CNP-NZ et de matérialiser le statut d’organisation publique que ce centre revêt afin de doter la presse nationale d’une maison. « Le CNP-NZ, à l’image de la maison de la presse en Afrique, avait plus que besoin du soutien de l’Etat, notamment sur les plans institutionnel et financier, pour matérialiser son statut d’organisation publique », a-t-il affirmé. Toujours selon M. Sanogo, ce financement fait suite à une sollicitation du comité de pilotage adressée au président du Faso en 2016. « Le centre exprime sa gratitude au président du Faso pour la matérialisation de son engagement et sa reconnaissance au ministre de la Communication, qui a été son porte-voix dans ce dossier de subvention», a-t-il déclaré.

Le ministre de la Communication a, lui également, relevé que  cette signature est la matérialisation d’une promesse du président du Faso faite lors d’une rencontre en 2016 où il s’était engagé à soutenir les médias nationaux en les dotant d’un cadre de travail convenable et respectable pour la liberté de la presse. « Une partie de cet engagement a déjà été matérialisée par l’obtention du titre foncier qui atteste que cet espace appartient aux journalistes et la signature de cette convention matérialise la seconde étape dans le souci de rendre ce centre plus fonctionnel », a souligné le ministre Ousséni Tamboura.

Ce montant d’environ 36 millions de francs CFA devrait faciliter l’achèvement de la construction du CNP-NZ. « L’achèvement de ce centre permettra non seulement de renforcer la promotion de la liberté de la presse, d’améliorer les conditions de travail des journalistes, mais aussi de défendre la liberté de la presse, car les acquis doivent être défendus si on désire les préserver », a dit le ministre dans son allocution.

« C’est un acte très important pour nous, car le CNP-NZ travaille à promouvoir la liberté de la presse pour renforcer la démocratie. Il fait un travail d’utilité publique, donc il est tout à fait logique qu’il bénéficie du soutien de l’Etat», a souligné le coordonnateur national du CNP-NZ, Abdoulaye Diallo. Et de préciser que ces fonds vont servir à compléter le bâtiment en R+1 et à aménager la cour. « Les travaux vont être exécutés dans un délai de 6 mois, à compter du 1er juillet 2021 », a assuré Abdoulaye Diallo.

« Si nous exécutons très bien ce projet, nous pouvons rêver de voir le 4e pouvoir s’unir et jouer pleinement son rôle d’informateur dans l’intérêt supérieur de la Nation, ce qui est du reste un devoir pour le communicateur », a conclu le ministre Ousséni Tamboura.

Cette convention, faut-il le rappeler, a été adoptée en Conseil des ministres le 16 juin 2021. Le CNP-NZ, qui a été créé en 1998, s’est fixé pour mission d’être une structure de référence en matière de renforcement des capacités des hommes et des femmes de médias, ainsi que de promotion et de défense de la liberté de la presse.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

 

Abdoul Fathave BikiengaCanne, téléphone et pancarte en main, Adboul Fathave Bikienga aveugle depuis son jeune âge sillonne les artères du grand marché de Ouagadougou à la recherche de clients pour écouler sa marchandise, les unités téléphoniques. Rencontré par Radars info en pleine recherche de client, ce jeune homme courageux nous raconte son quotidien.

Abdoul Fathave Bikienga rejette toute idée de tendre la main pour mendier ce malgré son handicap visuel après que les médecins lui aurait confié « qu’on ne peut rien faire pour ses yeux ». Une canne en main qui lui permet de se déplacer et le téléphone collé à l’oreille, il parcourt le grand marché pour faire la transaction de crédit de communication. A l’en croire, la vie est dure pour tout le monde. « Il ne faut pas s’asseoir parce qu’on ne voit pas pour mendier » nous confie-t-il. Et ajoute-t-il que « ceux qui nous donnent peuvent aussi en manquer un jour ».

Élève en classe de 5e dans une école de malvoyants de la ville, Abdoul Fathave profite des vacances scolaires pour s’occuper. « Je fais ce commerce pendant les vacances mais j’ai commencé depuis 2020 » explique le jeune homme. Mais comment arrive-t-il à si bien manipuler le téléphone mobile ? La technique selon Abdoul Fathave est simple, il se réfère au son du clavier dudit téléphone collé à son oreille. « J’ai commencé à manipuler les téléphones depuis le CE1 et comme j’ai aussi appris à compter, je n’ai pas de soucis sur ça » raconte-t-il.

Sur une commande d’unité de 10 000F CFA/jours, le jeune malvoyant arrive tant bien que mal à tout écroulé. « Les gens sont surpris de me voir vendre des unités, puisqu’il faut pouvoir voir pour composer les numéros, les codes et vérifier l’argent (…) d’autres même n’y croient pas, mais moi, je vois avec mes oreilles et mes doigts » commente-t-il.

« Ce jeune-homme est plein d’envie et de courage, malgré son handicap il ne baisse pas les bras et se bat (…), que Dieu un jour lui fasse voir le jour » commente un client de Abdoul Fathave Bikienga. Le rêve cependant de ce garçon est d’ouvrir une boutique de vente de crédit de téléphonie mobile. « Je suis aussi passionné d’élevage et je pense me lancer là-dedans » a-t-il conclu.

Sié Mathias KAM (stagiaire)

 

Radar au tribunalRobert est apprenti-chauffeur, célibataire sans enfant et la vingtaine révolue. Il était à la barre du Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou ce mercredi 23 juin pour vol de marchandises dans une boutique de la ville.

Les faits remontent au 8 avril 2021, date à laquelle Robert a été arrêté par la police vers 4h du matin avec en sa possession un arrache-clou ainsi qu’un sachet bleu contenant diverses marchandises non loin d’une boutique ayant été cambriolée un peu plus tôt.

A la barre, l’accusé n’a pas reconnu les faits qui lui sont reprochés. Selon sa version des faits, lui et un de ses amis, un certain Omar, étaient stationnés à côté de la boutique cambriolée. L’ami en question serait ensuite parti récupérer ses vêtements un peu plus loin pendant que lui, il l’attendait bonnement. Il était environ 21h, toujours selon le prévenu. Il affirme que l’arrache-clou appartient à son ami Omar ainsi que le sachet bleu et que lui, Robert, n’en connaissait pas le contenu, à part qu’il y avait des habits à l’intérieur.

Omar est en fuite et Robert affirme ne pas connaître chez lui car, dit-il, ils se sont connus dans le cadre du travail d’apprenti-chauffeur. Les articles volés se composent de : 12 boîtiers de chargeurs de portable, 60 boîtes de sardines, 10 paquets de cigarettes, 2 paquets de bonbons et 1 poste radio.

Le procureur, dans son réquisitoire, s’est félicité que la victime ait pu rentrer en possession de l’ensemble de ses articles dérobés, mais a déploré son absence au procès. Pour lui, les faits sont clairs et Robert ne dit pas la vérité en ce sens que sa déclaration à la police et celle devant le tribunal sont contradictoires, puisqu’il a reconnu les faits à la police tandis qu’il les nie devant le tribunal. Le procureur  a donc demandé que l’accusé soit reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, à savoir le vol de marchandises, et qu’il soit condamné à 24 mois de prison ferme et 500 000 F CFA d’amende.

Le tribunal, dans son délibéré, a effectivement déclaré Robert coupable des faits de vol et l’a condamné à 24 mois de prison ferme et à 1 million de francs CFA d’amende avec sursis.

S.M.K. (stagiaire)

 

Litterature Moah le fils de la folle 1Lauréat du 1er prix du Grand Prix national des arts et des lettres de la Semaine nationale de la culture (GPNAL-SNC) 2018, Alexis Yaméogo, dont le nom d'auteur est Clément Zongo, dépeint dans son œuvre romanesque « Moah, le fils de la folle », les travers de la société dans laquelle nous vivons. La 2e édition de l'ouvrage, qui par ailleurs sensibilise la population à la souffrance du genre humain, a été présentée le samedi 19 juin 2021 à Ouagadougou.

« Moah, le fils de la folle », c’est l’histoire d’un enfant de 5 ans très attaché à sa mère, une malade mentale. Ces 2 « marginalisés » survivent grâce à la générosité de bonnes volontés et aux restes de repas glanés dans les poubelles des plus nantis.

Le roman déroule ainsi les difficultés de la vie de cet enfant qui, malgré ses débuts difficiles dans la vie, finira président de la République gombolaise, le pays imaginaire dans lequel se déroule l’histoire.

Dans sa présentation de l’œuvre, le Dr Ghislaine Sanou, enseignante chercheure en littérature africaine au département de Lettres modernes de l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, a souligné que l’auteur a puisé dans la vie quotidienne pour composer sa première œuvre romanesque éditée. Selon la présentatrice de l’œuvre, l’auteur crée un éloignement de la réalité et un rapprochement de la fiction. « Le roman mêle réalité et fiction en impliquant d’importantes interrogations : roman fiction ou réalité ?» a-t-elle questionné. Et de préciser que l’ouvrage de M. Yaméogo présente le vécu d’un pays au nom fictif de « Gomboland » qu’un lecteur averti pourrait très vite associer à chacun des pays africains où sévissent des maux tels que la corruption, la dictature et la mauvaise gouvernance. « Il s’est agi pour l’auteur de forger une langue, un style pour reconstituer une histoire à ce jeune enfant en pleurs. On pourrait également lire l’œuvre comme un conte issu du cycle de l’orphelin », souligne-t-elle. Une histoire racontée en 210 pages subdivisées en 34 chapitres.

Litterature Moah le fils de la folle 2

« Moah, le fils de la folle », est inspiré d’une histoire vraie, celle d’une malade mentale et de son fils qu'a connus l’auteur. Une histoire qui l’a tellement bouleversé qu’il a tenu à l’écrire en y ajoutant de la fiction pour la romancer. « Voir cet enfant dans ce marché ce jour-là, qui refusait d’aller chez sa mère, c’était très touchant. Je me suis demandé pourquoi un enfant qui était d’habitude avec sa maman avait choisi ce jour-là de refuser d’aller chez celle-ci. J’avoue que cela m’a tellement marqué que 2 semaines plus tard, je me suis mis à écrire l’histoire de cet enfant », a confié l’auteur à propos de la genèse de son œuvre.

« Au-delà de l’œuvre, j’ai voulu faire passer un message aux gens afin qu’ils soient sensibles à la souffrance des autres. Pour moi, nous nous devons d'être solidaires les uns des autres », a lancé l’auteur.

Le monde de la littérature, qui a fortement apprécié la 1re édition de cette œuvre de fiction, a néanmoins déploré le manque d’intérêt des Burkinabè, de façon générale, pour la lecture.
« Moah, le fils de la folle », est vendu au prix unitaire de 4 000 F CFA et est disponible dans les librairies du Burkina Faso.

Faut-il le rappeler, la 1re édition de « Moah, le fils de la folle », a été publiée le samedi 2 février 2019.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

 

Laveurs de pare brise a OuagaIls sont nombreux dans les rues de Ouagadougou, postés à certains feux tricolores, à exercer l’activité de lavage des vitres de voitures. Pour en savoir davantage, Radars Info Burkina est allé à la rencontre de quelques-uns de ces jeunes laveurs de pare-brise à la sauvette.

Moussa est laveur de pare-brise depuis maintenant 2 ans. Ayant quitté l’école faute de moyens, selon ses dires, il a trouvé refuge dans ce métier qui tant bien que mal pourvoit à sa pitance quotidienne. « Le lavage n’a pas de prix fixe. C'est ce que le client a qu’il nous donne : 100 F, 200 F ou parfois plus. Par jour, on peut avoir 3 000, voire 5 000 F, si le marché est bon», nous confie-t-il. C’est donc avec joie qu’il pratique cette activité.

Jean, un autre laveur de vitres à la sauvette, précise que l’activité qu'ils mènent comporte des risques. « Par exemple, il y a le risque d’accident qui est bien réel, sans compter qu’on se fait parfois insulter par des automobilistes. Les gens circulent mal mais jusque-là on n’a pas entendu dire que quelqu’un s’est fait écraser en voulant nettoyer le pare-brise d’une voiture », dit-il. Et d’ajouter que le véritable désagrément, ce sont les insultes de certains clients. « Les injures que l’on reçoit de certaines personnes sont blessantes, mais on fait fi de ça pour pouvoir avancer», affirme Jean.

D’après Moussa, qui mène aussi cette activité, si certains automobilistes sont compréhensifs, d'autres par contre les considèrent comme des drogués. « S’ils pensent que nous sommes des enfants bandits ou drogués, qu’ils sachent que ce n’est pas le cas. On se bat juste pour avoir notre pitance quotidienne», clame Moussa.

Les avis des clients diffèrent en la matière. Rencontrée un peu plus loin dans son véhicule, Mme Ouédraogo ne blâme pas ces jeunes-là qui tentent de s’en sortir. « Si tu ne veux pas qu’ils nettoient tes vitres, gentiment tu leur dis non. C'est vrai qu’ils harcèlent parfois les automobilistes, mais c’est le marché qu’ils recherchent aussi.» Et de préciser que cela résulte de l’échec des parents à garantir un avenir aux enfants et que l’Etat aussi a une part de responsabilité dans cette ‘’dérive’’car, toujours selon Mme Ouédraogo, ce travail n’est pas un gage d’avenir.

M. Bamogo est d’un tout autre avis ; il est exacerbé par l’attitude de ces jeunes et ne le cache pas. « Ces jeunes-là vraiment nous fatiguent. Dès que tu t’arrêtes au feu, ils sont là. Ils nous forcent quasiment la main car sans même demander ton avis, ils commencent à nettoyer ton pare-brise. Et si tu n’as rien à leur donner, tu fais comment ?» s’indigne-t-il. Pour lui, le mieux pour eux serait de trouver autre chose de « plus sérieux » à faire qui pourra assurer leur avenir. Par exemple, il propose que ces jeunes hommes apprennent un métier. « On ne va quand même pas tout mettre sur le dos de l’Etat ! Et les parents de ces jeunes-là, que font-ils ? » a conclu M. Bamogo.

Sié Mathias Kam (Stagiaire)

 

Voleur escroque par un maraboutAmidou, agent commercial de profession, marié et père de 5 enfants, a comparu ce mercredi 16 juin devant le Tribunal de grande instance (TGI)  de Ouagadougou pour abus de confiance et détournement d’argent.

Voici le déroulé des faits : courant 2019, David, patron d’une station d’essence de la place, est malade et confie la gestion de l’entreprise à Amidou, employé de ladite essencerie depuis 2013 et payé à 60 000 F le mois. David accuse Amidou d’avoir détourné 29 millions de F CFA appartenant à son entreprise. L'accusé, quant à lui, ne reconnaît que partiellement les faits qui lui sont reprochés. Il admet avoir dissipé 14 millions de F CFA et non 29. Sur l'argent disparu, 2 millions de F CFA, à l'en croire, auraient servi à soigner son frère malade. Le plus incroyable dans cette histoire, c’est qu’Amidou dit avoir été escroqué à hauteur de plus de 8 millions de F CFA par un marabout. Ce dernier lui aurait promis de multiplier cette somme. L'accusé précise  qu'il voulait faire fructifier l’argent pour pouvoir rembourser ses dettes qui s’élèveraient à 5 millions de F CFA.

Le procureur, pour sa part, s’est indigné de l’abus dont a fait montre le prévenu. « Comment être payé à 60 000 F et aller donner 8 millions de F CFA à un marabout pour les fructifier ? Pire, pour rembourser un crédit de 5 millions ?» interroge le magistrat.

Considérant Amidou coupable des faits d’abus de confiance et de détournement de fonds, le procureur a requis contre lui 60 mois de prison et 3 millions de F CFA d’amende, le tout ferme.

David, la victime, a demandé des dommages et intérêts de 32 millions de F CFA.

« Vous pensez que la vie est si facile que ça ? Vous volez plus de 29 millions et tout ce que vous avez à dire, c’est demander pardon », s'est indigné le président du tribunal qui s'adressait à l'accusé. Le tribunal a reconnu coupable Amidou des faits qui lui sont reprochés et l'a condamné à 60 mois d’emprisonnement et  3 millions de F CFA d’amende. Il l'a condamné également à payer la somme de 32 millions de F CFA de dommages et intérêts à David, le plaignant.

Amidou dispose de 15 jours pour interjeter appel du verdict s'il le désire.

A.S. M. K. (Stagiaire)

 

Introduction test oral recrutement denseignantsLancés le 9 juin 2021, les concours directs de la fonction publique burkinabè intéressent au plus haut point les jeunes diplômés, désireux de se libérer des griffes du chômage. Pour la session de recrutement 2021, des innovations ont été apportées, notamment l’introduction d’un test oral pour le recrutement des enseignants relevant du ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN). Radars Info Burkina est allé à la rencontre d’André Eugène Ilboudo, enseignant et responsable d’établissement, pour mieux s’imprégner de cette mesure.

« Un enseignant, c’est une personne qui aide les autres à s’accomplir. Il transmet des connaissances, un savoir-être et un savoir-faire », a déclaré d’emblée M. Ilboudo. Pour lui, le métier d’éducateur est l'un des plus importants. « Ce sont eux (Ndlr : les enseignants) qui sont le socle de la société et qui préparent les hommes et les femmes de demain, donc leur tâche est irremplaçable », souligne-t-il. Les enseignants doivent avoir certaines aptitudes. Par exemple, ils doivent posséder une bonne élocution. Désormais, tout nouvel enseignant sera donc soumis à un test oral. Et André Eugène Ilboudo de faire remarquer que « l’enseignement fait partie des métiers qu’on dit de la parole. Les avocats, les prêtres, les journalistes, tout comme les enseignants, doivent avoir une élocution parfaite. Si vous avez une diction saccadée, si vous bégayez, vous ne pouvez pas être enseignant », martèle M. Ilboudo. Il ajoute que cette mesure existait avant mais sous une autre forme. « Avant si on prend le cas du primaire, pour être recrutés les candidats passaient par les écoles publiques ou privées où on vérifiait leur diction en leur donnant un texte à lire à haute voix», précise-t-il.

L’avènement du recrutement direct a fait sauter cette forme de vérification chez les enseignants. Selon André Eugène Ilboudo, la nouvelle mesure est la bienvenue. « Vous pouvez avoir obtenu  20/20 au test écrit, mais il faut qu’on vérifie si vous avez une bonne diction. C’est pourquoi cette mesure a été introduite », dit-il.

Chaque métier a ses servitudes et exige un minimum de vocation. « L’enseignement est un sacerdoce. Venir dans ce métier sans l’aimer est la pire des erreurs, car vous  risquez de vous retrouver dans une sorte de prison », affirme André Eugène Ilboudo.

Ce manque d’amour est fatal pour la transmission du savoir qui est capitale dans l’apprentissage. « Vous ne pouvez pas enseigner si vous n’avez pas l’amour et la volonté de transmettre la connaissance que vous avez », renchérit notre interlocuteur. Cependant, il note que cette mesure ne saurait être la solution à la baisse du niveau de l’éducation. « Cette mesure n’est pas prise pour la qualité de l’enseignement ; elle vise à mesurer l’aptitude de la personne qui veut enseigner », a-t-il conclu.

Sié Mathias Kam (Stagiaire)

Pratiques illicites intrantsL’utilisation des intrants chimiques dans l'agriculture est une question prégnante dans tous les pays d'intervention du réseau Inades-Formation. Dans le but de contribuer aux initiatives du gouvernement visant à renforcer la réglementation du secteur des intrants, à promouvoir des techniques d'agriculture durables et à lutter contre les pratiques illicites dans l'usage des intrants, le réseau Inades-Formation Burkina a donc procédé au lancement de la campagne « Conscience AlimenTerre » ce jour 11 juin 2021 à Ouagadougou.

Cette campagne « Conscience AlimenTerre », selon Mahamadi Nanéma, représentant du ministre de l’Agriculture à cette cérémonie de lancement, a pour objectif de contribuer à la concrétisation, dans les pays africains, du droit des populations à une alimentation suffisante, saine et durable. « C’est un projet salutaire qui mérite l’accompagnement de l’Etat », a-t-il déclaré.

Il est ressorti du discours du représentant du ministre que la campagne « Conscience AlimenTerre », dont le slogan est  « l’alimentation est un droit et manger, un vote », nous interpelle sur l’importance de nos choix alimentaires.

Selon la directrice générale d'Inades-formation Burkina, Aline Zongo, au sortir de cette séance de lancement, les acteurs vont, avec le comité national, définir une feuille de route qui précisera les étapes à suivre pour  mener à bien ce plaidoyer et cette éducation à la citoyenneté. Avant cette rencontre de lancement, Inades-Formation Burkina et ses partenaires avaient réalisé deux études, à savoir la situation des pesticides et la cartographie des acteurs du secteur des intrants agricoles.

Le lancement de la campagne « Conscience AlimenTerre » sera marqué par la restitution de l'étude sur la situation des pesticides et leurs alternatives au Burkina.

De nombreux acteurs de l'agriculture   ont pris part à cette rencontre. Au nombre de ceux-ci, on peut citer la Confédération paysanne du Faso (CPF), la Fédération nationale des organisations paysannes (FENOP), le Centre d'études et d'expérimentations économiques et sociales de l'Afrique de l’Ouest (CESAO) ainsi que la Plateforme d'actions pour la sécurisation des ménages pastoraux (PASMEP).

Bessy François Séni

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