jeudi 5 février 2026

Fixation cautionLa spéculation foncière et immobilière a fait son nid dans le tissu économique burkinabè ces dernières années. Aujourd’hui, devoir débourser jusqu’à 12 mois de loyer (dans certains cas) pour pouvoir poser ses meubles dans un nouvel appartement  semble la norme dans de nombreux pays, et cela n’obéit pas à des règles précises.

Au Burkina Faso, il y a des agences immobilières qui fixent les conditions de versement des cautions de façon unilatérale.  « Il n’y a pas que le droit du client qui compte ; il y aussi les exigences du bailleur qui ne peuvent être ignorées. Néanmoins, il y a toujours la possibilité de négocier les montants de la caution. Dans le cas contraire, aucune obligation ne peut être faite à quiconque », affirme Amidou Zongo, employé d'une agence immobilière.

« Lorsque vous vous engagez dans le secteur de l’immobilier, vous  découvrez des choses que vous ignoriez. Par exemple, des bailleurs  ont été victimes de certaines malversations. Si ce secteur d’activité est difficile à ce point,  c’est parce qu’il y a des antécédents », raconte cet employé.

Si certaines agences disposent d'un agrément en bonne et due forme  pour exercer librement leurs activités et s’acquitter de leurs obligations auprès des services des impôts, force est de constater que  d’autres exercent dans l’illégalité. « Sur le terrain, il y a des personnes qui sont souvent recrutées pour procéder à la recherche de clients. Dans le métier de promoteur ou d’agent immobilier, il n’y a aucune protection des différents acteurs tels que les bailleurs et les locataires», indique Hervé Congo, promoteur immobilier indépendant (aussi appelé démarcheur). Selon lui, il y a des cas où les agences immobilières ou les bailleurs exigent le paiement d’une année entière de loyer ou de caution. Toutefois, certains bailleurs acceptent de revoir à la baisse leur loyer.

Les démarcheurs sont disséminés dans toute la ville de Ouagadougou et semblent avoir des connexions. Un de nos interlocuteurs qui a souhaité garder l’anonymat nous a avoué : « Nous travaillons sous forme de réseaux. Si quelqu’un veut un certain type de maison et que tu n’es pas en mesure de lui trouver cela, tu peux recourir aux services d’une autre personne ».

Les prix élevés des cautions souvent fixés à la sauvette par les démarcheurs et propriétaires immobiliers ne sont pas de nature à faciliter le droit au logement. Alexis Traoré est étudiant. Il a préféré faire de la colocation avec des amis pour réduire ses charges en matière de loyer. « S’il faut trouver un démarcheur que tu vas payer pour la maison qu’il va te trouver et encore payer des avances colossales au bailleur, je crois qu’il est préférable de se débrouiller avec des amis en attendant », a-t-il renchéri.

Au Burkina Faso, l’article 26 de la loi 103-2015 /CNT dispose que le montant exigé pour la caution ou la garantie ne peut être supérieur à deux mois de loyer.

François Séni

 

AlimentationEn prélude au prochain Sommet mondial sur les Systèmes alimentaires, le ministre de l’Agriculture, des Aménagements hydro-agricoles et de la Mécanisation, Salifou Ouédraogo, a animé une conférence de presse à Ouagadougou ce jeudi 10 juin 2021. Il s'est agi pour le ministre d’informer l’opinion de la tenue du 1er Sommet mondial sur les Systèmes alimentaires. Cette conférence a connu la présence des ministres de la Santé, Pr Charlemagne Ouédraogo, et des Ressources animales et halieutiques, Modeste Yerbanga, du représentant du Fonds  des Nations unies pour l’agriculture (FAO), Dauda Sau, et de bien d’autres personnalités.

« Les systèmes alimentaires désignent tous les maillons de la chaîne allant de la production jusqu’à la consommation de produits sains, touchant ainsi tous les aspects de l’existence humaine », a défini d’entrée de jeu le ministre Salifou Ouédraogo. C’est donc face aux enjeux liés à la problématique de l’accès à une alimentation saine et équilibrée qu’en 2019, le Secrétaire général des Nations unies a lancé un appel en vue de la tenue d’un Sommet sur les Systèmes alimentaires et de l’ouverture d’un processus d’engagements, afin de libérer le pouvoir des aliments et de progresser vers la réalisation des 17 Objectifs du développement durable (ODD) des Nations unies. « Premier du genre, ce Sommet, dirigé par le Secrétaire général des Nations unies, se veut une occasion unique de se concentrer sur la façon dont chaque être humain doit pouvoir manger des aliments nutritifs et sains », a expliqué Salifou Ouédraogo.

Le Burkina Faso a fait des progrès significatifs dans le domaine de l’alimentation, même si les défis restent énormes et en prélude au Sommet sur les systèmes alimentaires durables, le Faso tiendra une série de concertations nationales autour de trois grandes thématiques à savoir : comment s’assurer que les politiques nationales encouragent effectivement une production durable et une consommation d'aliments diversifiés, sains et nutritifs, accessibles à toutes les couches de la population de notre pays ; comment les dynamiques de production, de transformation, de fortification, de conservation/stockage et de commercialisation garantissent une qualité nutritionnelle et sanitaire des aliments au profit des populations ; quels sont les engagements de toutes les parties prenantes qui doivent favoriser de nouvelles actions et organisations de systèmes alimentaires résilients et durables au Burkina Faso, suivant une démarche inclusive. Foi du ministre de l’Agriculture, ces concertations avec les parties prenantes permettront de faire un diagnostic approfondi de notre système alimentaire actuel. « Cela permettra de relever les forces et faiblesses de notre système alimentaire, afin de nous permettre de prendre des engagements communs plus forts et plus équitables et d’identifier les réformes et actions nécessaires pour améliorer la résilience et la durabilité de nos systèmes alimentaires », a-t-il confié.

Présent à cette conférence, le ministre de la Santé s’est préoccupé de la situation sanitaire actuelle, qui freine les efforts du gouvernement. « Si nous arrivons à éradiquer cette pandémie du Burkina Faso, nous pourrons asseoir de meilleurs systèmes alimentaires », a affirmé le Pr Charlemagne Ouédraogo, avant d’ajouter que l’Etat burkinabè a perdu plus de dix mille milliards de FCFA à cause de la Covid-9.

Le représentant de la FAO, Dauda Sau, lui, a rassuré le gouvernement de l’appui financier que son institution va apporter ; ainsi, l’Etat burkinabè bénéficiera de plus de soixante (60) millions de F CFA comme aide de la part de la FAO pour ce Sommet qui se tiendra en septembre 2021 à New York, dans le cadre de la 76e   Assemblée générale des Nations unies.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

 

Numerique Dr ConvolboC'est dans une récente publication sur sa page Facebook que Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, chercheur burkinabè vivant au pays du Soleil-Levant, a annoncé avoir reçu de l'office japonais des brevets d'invention cette reconnaissance. Radars Info est allé à sa rencontre pour en savoir davantage. Lisez plutôt !

Natif de Saponé, Dr Wendkuuni Moïse Convolbo vit en Asie depuis une dizaine d’années. Ayant à sa charge l’analyse des données clients d’une entreprise, c’est de là que lui est venue l’idée de cette invention. « Cette invention est venue d’une idée que j’avais expérimentée : celle de savoir anticiper sur les événements », nous dit-il.

Dans son invention, Dr Convolbo propose un module qui permet de prédire le comportement de l’utilisateur sur une plateforme digitale : le ‘’Retail/E-Commerce’’. Le chercheur explique que ce brevet propose d'utiliser les données historiques pour prédire le comportement humain en temps réel, pendant que l’utilisateur est sur la plateforme, à l'aide de l’intelligence artificielle. « Donc chaque fois qu’un client ou utilisateur entre dans une plateforme, on peut savoir quelles sont ses intentions, anticiper sur là où il va ainsi que sur ses faits », précise Dr Convolbo.

Véritable chef-d’œuvre artificiel, ce brevet est dénommé en anglais ‘‘pathinder’’, ce qui signifie ‘’retrouver mon chemin’’. « Retrouver mon chemin parce que l’analogie que je fais, c’est que quand on entre dans une boutique on traverse des sillons. A travers ses sillons on peut savoir par où on est passé ; savoir qui a acheté et qui n’a pas acheté (…) donc il s’agit pour nous de voir qui a la démarche de quelqu’un qui va acheter et qui a la démarche de quelqu’un qui est venu pour visiter », précise Dr Wendkuuni Moïse Convolbo. « Imaginez que vous soyez un marqueteur ; vous avez, ce faisant, la possibilité de savoir quand quelqu’un entre et sort ; qu’est-ce qu’il a fait dans la boutique ; s’il va acheter ou pas ; imaginez toute la puissance que vous tenez entre vos mains si vous avez un tel outil », explique M. Convolbo. Et de préciser que là où il y a un comportement humain en jeu, il y a la possibilité de collecter des données en utilisant cette technologie à titre de prédication. « C’est un brevet qui traite du comportement humain, il y a beaucoup d’application qu’on a pu inclure dans le brevet allant jusqu’à la cybersécurité, aux fraudes, etc. », ajoute-t-il en sus.

 « La particularité de cette invention est qu’elle est évolutive et arrive à faire des prédictions avec une haute précision, même avec peu de données », confie Dr Convolbo.

« On a expérimenté cette invention en dehors de ce qui est digital, dans une boutique traditionnelle, et l’application a toujours donné de bonnes précisions », conclut le chercheur Dr Wendkuuni Moïse Convolbo.

En rappel, Dr Wendkunni Moïse Convolbo a travaillé avec le ministère de la Fonction publique dans le cadre de la digitalisation de l’administration publique, notamment sur la plateforme des concours en ligne.

Sié Mathias Kam (Stagiaire)

 

Modernisation administration publiqueEn lançant la modernisation de l’administration à travers le ministère de la Fonction publique, l’Etat burkinabè a fait des réformes qui incluent l’utilisation de la technologie pour alléger la charge des fonctionnaires qui rendent le service public. C’est en tout cas ce qu’affirme le Dr Wendkuuni Moïse Convolbo, chercheur en intelligence artificielle.

Selon ce Burkinabè vivant au Japon, c’est après avoir réfléchi et mûri l’idée que les autorités burkinabè ont eu la clairvoyance d’impliquer la diaspora dans la réforme de l’administration publique. « Impliquer la diaspora dans cette réforme signifie aller à la rencontre de ceux qui sont dans le domaine de cette modernisation et demander leur contribution en termes de transfert de compétences », a-t-il précisé.

« Nous avons eu la chance d’être retenus par le premier responsable de ce département ministériel, qui nous a exprimé son besoin de moderniser l’administration. Il nous a mis en contact avec les acteurs locaux et nous avons travaillé en symbiose pour participer au développement de la mère patrie », a-t-il souligné.

Dr Wendkuuni Moïse Convolbo pense que l’utilisation des outils informatiques doit être un vecteur, voire un multiplicateur, du développement en Afrique. « Cela nous permet de gagner en temps, en énergie, en économie et en efficacité. Ceux qui l’ont bien compris ont commencé leur transformation digitale il y a très longtemps », précise le chercheur.

« C’est une opportunité parce que l’évolution de la technologie est fulgurante. Par exemple, c’est après plusieurs années que nous avons accepté la radio et la télé mais avec Internet, cela s’est fait en moins de dix ans », conclut Dr Wendkuuni Moïse Convolbo.

Bessy François Séni

 

concours directs 2021Le directeur général de l’Agence générale de recrutement de l’Etat (AGRE), Oumarou Toé, a tenu un point de presse ce jeudi 3 juin à la salle de conférences du Service d’information du gouvernement (SIG). Cette rencontre avec les hommes de médias avait pour objectif de donner des détails sur l’organisation des concours directs de la Fonction publique, session 2021, et d’évoquer les principales innovations introduites cette année.

« Au cours de l’année 2021, il sera organisé 56 concours directs : 48 à épreuves de Questions à choix multiples (QCM) et 8  à épreuves classiques », a déclaré d’entrée Oumarou Toé.

Pour ce qui est des inscriptions, M. Toé affirme qu’elles se dérouleront en deux étapes. « L’inscription en ligne à ces concours se déroulera en 2 phases : du 6 au 15 juin 2021 les concours de niveau supérieur ou égal au baccalauréat et du 14 au 23 juin 2021 les concours de niveau BEPC », a-t-il précisé.

Les concours professionnels ne sont pas en reste, puisqu’ils auront lieu également. « Un total de 154 concours professionnels

Sera organisé avec 124 concours dont la composition se déroulera en ligne, dans le centre unique de Ouagadougou, contre 87 concours en 2020, soit un taux d’accroissement de 42,52% », a détaillé Oumarou Toé. Et de préciser que les inscriptions aux concours professionnels ont déjà débuté sur la plateforme « econcours » y dédiée. «Les inscriptions en ligne pour les concours professionnels ont débuté depuis le 15 mai et se poursuivront jusqu’au 5 juin 2021 à 23 h 59 mn. A la date d'hier 2 juin 2021 à 23h 59mn, le nombre de candidatures reçues en ligne s’élevait à 28 464 », a poursuivi le patron de l’AGRE.

Pour cette session de recrutement direct organisée par l’Etat, des innovations ont été introduites. A ce propos, on peut citer « l’introduction de la phase orale dans tous les concours directs de recrutement de professeurs relevant du MENAPLN ; la poursuite de l’organisation de concours exclusivement au profit des personnes vivant avec un handicap ; la poursuite du paiement électronique des rétributions afférentes aux différentes activités des concours, via la mise à disposition de portefeuilles électroniques ; le renforcement du partenariat avec les opérateurs de téléphonie pour fluidifier le système de paiement lors des inscriptions en ligne ; la réforme de l’AGRE avec surtout la mise en place d’une direction chargée notamment de la Gestion prévisionnelle des effectifs et des compétences (GPEC) ». L’une des innovations évoquées en sus concerne les salles de composition de concours en ligne et à ce propos, M. Toé a donné des précisions. «Pour accroître notre parc informatique, le ministère de la fonction publique a prospecté cette année de nouveaux sites tels que l’Université Aube nouvelle (UAN) et l’Institut africain de management (IAM/Ouaga) qui vont également abriter les compositions en ligne, en plus des sites de l’ENAM et de l’université Joseph Ki-Zerbo. Nous avons aussi bénéficié de l’accompagnement de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avec des kits de 200 ordinateurs portables », confirme-t-il. « L’administration des épreuves en ligne débutera le 10 juin 2021 par les concours professionnels des médecins, des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes spécialistes. Ensuite, interviendront les autres concours professionnels à partir du 15 juin 2021. Quant aux concours professionnels déconcentrés pour le compte du ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN) et du ministère de la Santé, ils se dérouleront dans les 13 chefs-lieux de région à partir du 4 juillet 2021 », a-t-il indiqué.

« L’administration des épreuves écrites des concours directs est prévue au mois d’août. A l’issue de cette phase, interviendront immédiatement le scannage des copies et les corrections électroniques des concours à épreuves QCM et les délibérations des résultats puis, au terme des délibérations, les candidats admissibles aux concours professionnels et directs seront classés par ordre de mérite, suite aux corrections et délibérations des jurys », ajoute le DG de l’AGRE pour ce qui est des concours directs.

Pour clore son propos, Oumarou Toé a indiqué que ces innovations visent, entre autres, la réduction des risques d’erreurs et à minimiser les coûts d’organisation desdits concours. « Ces innovations s’inscrivent dans le cadre de la réforme de la Fonction publique en cours au Burkina Faso, visant la dématérialisation intégrale des actes de gestion et la rapidité dans le traitement des dossiers par la simplification des procédures », a-t-il conclu.

Sié Mathias Kam (Stagiaire)

 

A la barreAu Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI), SA, moniteur de profession, a comparu le jeudi 27 mai 2021. Il pesait sur lui les chefs d’accusation de coups et blessures volontaires, menaces de mort et injures sur la personne de GJ, qui se trouve être sa mère.

3e enfant de sa mère, SA est accusé par son frère aîné et sa sœur cadette de porter régulièrement la main sur leur maman depuis 2 ans.

Habitante d’une cour commune appartenant à son défunt mari, Dame GJ y vit avec son fils SA ainsi que des locataires. L’un d'eux confirme avoir vu effectivement SA battre sa pauvre mère tandis qu’un autre locataire affirme n’avoir jamais entendu de dispute ni de bagarre entre le fils et la mère. Un autre locataire ayant  déménagé soutient n’avoir jamais, en 10 ans de cohabitation dans la cour, vu ni entendu la mère se faire battre par son fils. Cependant, le frère et la sœur du prévenu, qui n’habitent plus dans la cour, de même que Mme GJ, signent et persistent : SA bat sa génitrice. Et la présumée victime des coups de SA de lancer : «Une fois il m'a soulevée et jetée par terre et jusqu'à présent, tout mon corps me fait mal.»

C’est au vu des faits qui lui sont reprochés que SA a été interpellé par le commissariat de Bogodogo le 3 avril 2021 pour être entendu. S'en est suivi son déferrement le 6 avril.

Mais l’accusé nie les faits, même s'il  ajoute à propos de sa mère : « Comme c'est elle qui m'a donné la vie et qui dit que je l'ai frappée, je ne vais pas la contredire. »

« Pourquoi vous détestez votre mère ? » le questionne le juge.

« Elle ne m’a rien fait », répond l'accusé.

« Pourquoi vous l’avez frappée alors ? » relance le juge.

« Je ne l’ai jamais frappée », affirme SA.

« Il y a une nièce qui sort et rentre tard et quand il veut parler, la vieille défend la petite, sinon il n’y a rien », déclare la femme de SA.

« Je n’ai pas entendu parler d’agression d’Amado sur sa maman »,  dit pour sa part la sœur du défunt père de l’accusé.

« Comment se fait-il que votre frère et votre sœur vous accusent? » interroge le juge.

« On ne s’entend pas, c’est tout », répond l’accusé.

La procureure lui assène alors une série de questions :

- Avez-vous une fois porté la main sur votre maman ?

- L’avez-vous insultée ?

- L’avez-vous menacée de brûler la maison ?

A toutes ces questions, la réponse de l'accusé a été invariablement la même : « Non »

L’avocat de l’accusé a interpellé le tribunal en ces termes : « Nous sommes en Afrique et il suffit de ne pas céder à certaines caprices des mères pour qu’elles vous traitent de tous les noms ». Pour lui, les faits sont là : les voisins et un locataire des lieux n’ont jamais vu ni entendu SA porter la main sur sa mère. Selon lui, c’est un complot du frère et de la sœur du prévenu afin de  le chasser de la cour.

« Je demande de relaxer mon client pour infraction non constituée ou au bénéfice du doute », a plaidé l’avocat de SA.

La procureure a demandé que l'accusé soit relaxé au bénéfice du doute, car les faits ne permettent pas d’affirmer avec certitude que l'infraction est constituée.

Mais le tribunal ne l'a pas suivie dans sa requête. Il a déclaré SA coupable et l'a condamné à une peine de prison de 12 mois et à 500 000 F CFA d’amende, le tout avec sursis.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

 

Boucher le jour voleur la nuitDR, boucher de profession, a comparu au Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI) le 27 mai 2021 pour vol et tentative de vol aggravé dans le domicile de SY.

Courant mai 2021, DR a escaladé la clôture de SY vers 1h30mn du matin dans l’intention d'y voler une moto. Lorsque l’intrus a éteint la lumière du salon, l’épouse  de SY a poussé un cri, ce qui a aussitôt alerté le chef de famille qui disposait d’une arme à feu. C’est ainsi qu’il a ouvert le feu sur le cambrioleur nocturne, le blessant à la cuisse.

« Oui, je reconnais les faits qui me sont reprochés », telle a été la réponse de l’accusé DR.

« Pourquoi vous êtes boucher le jour et voleur la nuit ? », le questionne le juge.

Celui-ci répond que la vente de viande ne marche pas.

Le juge le questionne de nouveau : « N’est-ce pas plutôt parce que avant vous pouviez voler de la viande et que maintenant avec la présence des koglwéogo vous n’arrivez plus à voler que vous vous êtes maintenant tourné vers le vol la nuit ? »

« Non, c’est parce qu’il n’y a plus de marché », répond l’accusé.

« Je demande pardon, je ne recommencerai plus », plaide-t-il.

Quant à SY, celui que DR a tenté de cambrioler, il a réclamé un dédommagement de 12 800 F CFA.

Le procureur a requis contre le cambrioleur une peine d’emprisonnement de 60 mois, dont 36 ferme, ainsi qu’une amende de 1 million de francs CFA assortie de sursis.

48 mois de prison, dont 24 ferme, et 12 800 francs à verser à SY comme dédommagement, tel fut en définitive le verdict du tribunal. DR dispose de 12 jours pour faire appel dudit verdict.

Sié Mathias Kam (Stagiaire)

 

COPAGEN 1« La problématique des semences maraîchères dans les systèmes alimentaires durables territorialisés en Afrique de l’Ouest », c'est sous ce thème que s'est tenue le 15e forum régional de la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN ) les 27 et 28 mai à Ouagadougou. Durant deux jours, les chercheurs et producteurs semenciers ont échangé sur les voies et moyens de préserver les systèmes alimentaires durables territorialisés dans la sous-région et de s'alimenter de façon responsable et durable.

Selon la COPAGEN, les semences paysannes occupent une place centrale en agroécologie paysanne et dans les systèmes alimentaires durables territorialisés. Elles ont l'avantage d'être plus productives dans les conditions de changeantes de nos territoires, plus nutritives et correspondent mieux à nos choix alimentaires ainsi qu’à nos valeurs socioculturelles. Pour la COPAGEN, la dynamique actuelle d'essaimage des systèmes alimentaires durables territorialisés en Afrique de l’Ouest témoigne d'une prise de conscience plus accrue de la nécessité de produire et de s'alimenter de façon responsable et durable. En dépit de tous ces avantages, le constat est que dans les villes qui ont vu naître des initiatives et des dynamiques de production de cultures maraîchères, les superficies emblavées connaissent un rétrécissement alarmant à cause des politiques d'expansion urbaine accélérée. En outre, la plupart des semences utilisées dans le maraîchage sont d'origine exotique et les pays de l'Afrique de l’Ouest sont encore largement dépendants des importations de ces intrants.

COPAGEN 2

La COPAGEN estime que tout cela résulte des enjeux économiques et commerciaux qui se nouent désormais autour de la semence et qui favorisent l'émergence de cadres politiques et juridiques, creuset d'un système semencier industriel commercial aux conséquences désastreuses pour les systèmes alimentaires durables territorialisés. Toutes ces entraves non exhaustives constituent, selon la COPAGEN, des facteurs qui inhibent les capacités des paysans et des paysannes à garantir la souveraineté alimentaire en Afrique de l'Ouest. La Coalition, dans sa déclaration de Ouagadougou, dit protester vigoureusement contre toutes les formes apparentes ou subtiles de piratage de nos ressources, à travers les manipulations biotechnologiques hasardeuses et au moyen de cadres politiques illégitimes.

Bessy François Séni

 

Proces vol de disjoncteursA la barre du Tribunal de grande instance de Ouagadougou (TGI) le 27 mai 2021, BA, vigile de profession, était accusé du vol de plusieurs disjoncteurs à la salle des arts martiaux de l’INJEPS.

Alimenté par plusieurs disjoncteurs pour son bon fonctionnement, l’INJEPS se voit délesté chaque semaine de plusieurs disjoncteurs, ce qui cause d’énormes dégâts à l’alimentation des salles. C’est après ce constat que l’équipe chargée de la gestion des lieux mène une enquête pour démasquer le ou les voleurs. Après plusieurs remarques de la secrétaire sur les entrées et sorties suspectes de BA, l’alerte est donnée par celle-ci à ses supérieures le dimanche 9 mai pour que soit interpellé le suspect BA.

Après une course-poursuite, celui est interpellé et dans le coffre de sa moto, sont retrouvées 3 têtes de disjoncteurs, ainsi que des trousseaux de clés.

Mais BA nie les faits qui lui sont  reprochés. Selon lui, il était dans les locaux de l’INJEPS pour suivre un match de handball.

« Et que faisiez-vous avec 3 têtes de disjoncteurs dans le coffre de votre moto ? » l’interroge le juge.

« J’ai personnellement acheté les 3 têtes de disjoncteurs, 3 semaines avant mon interpellation, pour changer l’ampérage de mon disjoncteur chez moi », répond l’accusé pour sa défense.

« Et les trousseaux de clés ? » le relance-t-on.

« Ils ont été mis dans le coffre de ma moto par les jeunes qui m’ont arrêté parce que ces derniers veulent me charger», répond l’accusé.

« Avez-vous les compétences requises pour changer l’ampérage de votre disjoncteur installé par la SONABEL ? » demande le juge.

« Non, ce sont mes disjoncteurs et j’ai voulu changer l’ampérage », réponds l’accusé.

« Où avez-vous acheté ces disjoncteurs ? » le questionne-t-on de nouveau.

« Au marché, mais je ne saurais reconnaitre les lieux », répond BA.

De l’avis des plaignants, derrière l’accusé BA qui, faut-il le rappeler, souffre de problèmes pulmonaires, se cache quelqu’un qui exerce cette frauduleuse activité lucrative et pour eux, l’accusé n’est qu’une marionnette  et le véritable cerveau de ces vols répétés de disjoncteurs à l’INJEPS est tapi dans l'ombre.

Pour le tribunal, si les disjoncteurs installés à l’INJEPS ont des reçus et des numéros, il y a la possibilité de vérifier si ce sont les mêmes disjoncteurs que possédait BA lors de son arrestation.

Le tribunal a donc renvoyé le délibéré au 3 juin 2021, le temps de prendre attache avec le commissariat de Boulmiougou pour avoir des pièces à conviction et les comparer aux numéros de série figurant sur les reçus de l’INJEPS.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

Noyades denfantsLe barrage de Tanghin, réalisé pour l’approvisionnement en eau potable de la ville de Ouagadougou, constitue l’un des poumons écologiques de la capitale burkinabè. Malheureusement, les retenues d’eau du pays sont de plus en plus soumises à la pression croissante des activités humaines. La pêche, l’une des activités exercées dans ce barrage, a attiré notre attention ainsi que la question des noyades d’enfants.

Chaque année, c’est le même spectacle avec la danse de déchets solides, de plastique et de sachets sur les eaux des barrages de Ouagadougou à la tombée des premières pluies. Pire, cette pollution s’accompagne d’odeurs nauséabondes et fétides. « Les déchets sont logés au fonds du barrage et d’autres même sont aux abords du barrage ; cela n’a pas d’effet sur les poissons », nous dit Salif Soré, pêcheur dans ce barrage. En effet, l’insalubrité du barrage pose question sur les effets de la consommation des produits issus dudit barrage sur la santé humaine, surtout les poissons prisés par les populations environnantes. Pour notre interlocuteur, l’explication à donner à cela est peut-être le prix bas qu’ils offrent. « L’achat se fait chez nous par kg en raison de 500 F », nous confie Salif Soré. Et d’ajouter que « les prix sont logiquement différents de ceux du marché ».

Jean Ilboudo, un autre pêcheur sur les lieux, donne son avis. Pour lui, le poisson peut être consommé sans crainte. « Les poissons ne mangent pas n’importe quoi ; ils ont leur nourriture qu’ils mangent donc pour moi les poissons sont sans danger pour la consommation », affirme-t-il. Toujours selon lui, la pêche est rentable et nourrit son homme.

Le même barrage suscite des interrogations, vu les pertes en vies humaines constatées chaque année. Pour Jean Ilboudo, c’est le jeu des enfants qui provoque ces noyades. « C’est en jouant et en se baignant qu’ils se noient mais à ce moment il n’y a pas une grande personne à côté pour les secourir », relate Jean Ilboudo. La solution selon, Salif Soré, c’est la sensibilisation. « C’est à la société de jouer un rôle de sensibilisateur et d’éducateur sur les enfants, leur dire que ce n’est pas partout qu’on doit jouer », suggère-t-il. Jean Ilboudo va plus loin et préconise des mesures drastiques pour réprimer les auteurs des mauvais actes. « La solution, c’est de mettre quelques éléments de la police aux abords du barrage afin d’embarquer tous les enfants qui tournent autour au commissariat et de faire payer des amendes entre 30 000 et 50 000 F CFA aux parents », dit-il. « Il faut surtout sensibiliser les talibés afin qu’ils évitent de jouer autour du barrage, ce sont eux les plus exposés car ils se baladent partout », conclut Salif Soré.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

 

  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes