jeudi 5 février 2026

bracel uneSi l’explosion de la téléphonie mobile au Burkina Faso a créé de nouveaux métiers, il n’en demeure pas moins qu’elle a contribué au ralentissement de certains types d’activités comme la vente des montres-bracelet. En effet, les téléphones munis d’horloge ont considérablement réduit les entrées financières des marchands ambulants de ce bijou autrefois très prisé. Moussa Kaboré, vendeur de montres depuis  7 ans au marché de Nabi Yaaré, se demande s’ils pourront continuer ce commerce dans une ville comme Ouagadougou.

« Avant, nous faisions vraiment de bonnes affaires dans la vente des montres, mais ce n'est plus le cas. » Ces propos sont ceux d’un des plus anciens vendeurs de montres-bracelet de la ville de Ouagadougou. A l’en croire, la vente de montres n'est plus lucrative comme par le passé. En effet, la plupart des téléphones portables ont une horloge intégrée, ce qui fait que les porteurs de montres-bracelet se raréfient.

bracel 2Dans la capitale burkinabè, beaucoup de jeunes s’efforcent d’avoir de petits métiers dans un contexte économique de plus en plus difficile.  Moussa Kaboré, lui, semble tirer son épingle du jeu. « Malgré toutes ces difficultés, nos chiffres d'affaires sont satisfaisants. Nous avons une catégorie de clients qui achètent ces montres juste pour paraître beaux », déclare-t-il.

Antoine Yaméogo n’est cependant pas du même avis que Moussa Kaboré. « Il m’arrive de penser à me reconvertir en réparateur de téléphones portables, car les affaires marchent beaucoup mieux pour ceux qui mènent cette activité », soutient-il avant de nous confier, désespéré, que « certains ont même bradé leur stock de montres juste pour pouvoir changer d’activité ».

La pandémie de COVID-19 frappe de plein fouet le secteur des petits métiers, et c'est un truisme de le rappeler. D'ailleurs à ce propos, de nombreux pays africains étudient des stratégies de relance économique pour atténuer la souffrance de leurs populations.

Bessy François Séni

 

ocean uneLes adeptes de la musique reggae du monde entier célèbrent ce mardi 11 mai l'anniversaire de la mort de Bob Marley, Robert Nesta Marley à l’état civil. Né le 6 février 1945 à Nine Miles et décédé le 11 mai 1981 à Miami d'un cancer généralisé, Bob Marley fut un grand auteur-compositeur-interprète et musicien. A l’occasion de l’anniversaire de son décès, Passamdé Sawadogo, alias Océan, artiste musicien reggae maker burkinabè, nous parle de l’héritage de cette musique au Burkina Faso et plus généralement en Afrique.

« Au Burkina Faso et plus généralement en Afrique, les porte-flambeaux jouent leur rôle, chacun à son échelle ; mais c’est comme si le combat était vain. » C’est en ces termes que l’artiste musicien Océan a planté le décor de l’entretien que nous avions avec lui en ce jour anniversaire du décès du « pape du reggae », Bob Marley. Et notre interlocuteur de s’empresser de préciser que ses propos n’ont rien de pessimiste d’autant plus que les thèmes qu’il a jusque-là traités sur l’inégalité raciale, sociale et l’impérialisme restent d’actualité. Toutefois, il s’est réjoui des progrès de la musique reggae en Afrique. « Pour ce qui est de l’Afrique, on peut quand même se réjouir car même si la musique reggae est née en Jamaïque, ses précurseurs ont toujours proclamé le lien originel de leur musique avec l’Afrique et aujourd’hui, on ne peut qu’être d’accord avec eux d’autant plus que s’il y a un continent où le reggae se développe malgré les difficultés, c’est bien l’Afrique », explique-t-il. oceann 2Et Passamdé Sawadogo de citer à titre illustratif des faiseurs de reggae comme Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly. A l’échelle du Burkina, il énumère des artistes comme Sana Bob et Oscibi Johan. « Il y a beaucoup de thèmes qui nous interpellent et nous exhortent à poursuivre le combat de nos devanciers», a-t-il martelé.

Océan n’a pas manqué de pointer du doigt les difficultés auxquelles est confronté le reggae au Burkina Faso ainsi que sur le reste du continent. « Cela est dû au fait que les messages véhiculés par ce genre musical ne plaisent pas toujours à ceux qui ont les moyens et qui ont le pouvoir de décision », a-t-il expliqué.

L’artiste a rappelé le rôle non moins important que les acteurs du reggae ont joué dans l’histoire politique du Burkina Faso. « Dans un passé récent, précisément au moment de l’insurrection populaire de 2014, les faiseurs de reggae ont joué un rôle très important. Par exemple, c’est moi qui ai composé le titre « Nan lara, an sara » en 2013, qui a beaucoup été utilisé lors des meetings du CFOP qui, faut-il le rappeler, ont conduit à la chute du régime en place », fait-il  remarquer.

« Sams’K Le Jah, avec son légendaire programme de radio, a aussi fait de la conscientisation pendant des années si bien qu’au lendemain de l’insurrection, le reggae était beaucoup écouté. Malheureusement, l’élan suscité par ce genre musical en 2014 s’est estompé », a affirmé en guise de conclusion Océan.

Bessy François Séni

perturb oneaPerturbation à Goundri et  Tabtenga


Suite à une fuite survenue sur une conduite de grand diamètre (DN 200) vers Tabtenga, les zones de Goundri et Tabtenga connaîtront des baisses de pression, voire des coupures d'eau.
Les équipes techniques de l'ONEA sont à pied d'œuvre pour la remise en service de ladite conduite. La situation se rétablira progressivement au cours de la nuit du 07/05/2021 au 08/05/2021.


L'ONEA s'excuse auprès de son aimable clientèle pour les désagréments causés.

Le Département Communication
Centre d'appels ONEA VENEGRE 80 00 11 11

ssct uneLe moins qu’on puisse dire, c’est que le Burkina a renoué avec les délestages. En effet, on ne peut passer un seul jour sans coupure d’électricité. Les ménages font face à une chaleur caniculaire et beaucoup d’entreprises, surtout celles qui dépendent de l’électricité de la Sonabel comme les ateliers de soudure, les poissonneries et les alimentations, sont confrontées à de nombreuses difficultés dues aux incessantes coupures du précieux jus. Comment ces entreprises arrivent-elles à fonctionner dans un tel contexte ? Radars Info Burkina est allé à la rencontre de quelques-unes d’entre elles.

« Il y a trop de coupures», c’est par ces mots que nous accueille Oumar Kafando, gérant d’une poissonnerie de la place. Le pays fait face actuellement à une chaleur caniculaire. A cela sont venues s’ajouter les coupures itératives d’électricité, ce qui n’est pas sans conséquences sur la conservation des produits périssables. « Si le poisson n’est pas bien congelé et que de longues coupures surviennent, il pourrit et cela constitue une perte pour nous », affirme Oumar Kafando.

sct 2« On est obligé de commander le poisson en petite quantité en espérant l’écouler au cours de la journée, sinon c’est la perte assurée », nous dit pour sa part Flore Sawadogo, gérante de poissonnerie.

La situation va de mal en pis ; l’énergie solaire est une alternative, mais de l’avis de Grégoire Sanfo, soudeur, le coût des plaques photovoltaïques est un problème. « Pour la soudure, il faut que les ampérages supportent la charge des machines. Cela nécessite donc beaucoup de plaques solaires, or on n’a pas les moyens de se les acheter », dit-il.

sct 3Alors que le peuple souffre de ces multiples coupures de courant, dans un récent discours devant les élus nationaux le ministre de l’Energie, Bachir Ismaël Ouédraogo, a affirmé, le plus sérieusement du monde, que le Burkina pourrait vendre l’électricité d’ici 2025. En attendant, le souhait des compatriotes du ministre, c’est d’avoir de l’électricité à temps plein. « Notre souhait aujourd’hui, c’est d’avoir de l’électricité pour travailler et honorer nos engagements envers nos clients », martèle Grégoire Sanfo. Moussa Zongo, lui aussi soudeur, implore la clémence des clients qui souvent les accusent à tort. « Certains pensent qu’on brandit les coupures de courant comme prétexte parce que le travail n’est pas fini », explique-t-il. Toujours selon lui, le problème est ailleurs. « Le problème c’est le courant ; 3 à 4h par jour sans courant, c’est difficile », se désole-t-il.

Nous autosuffire avant de penser à commercialiser notre électricité à d’autres pays, tel est le souhait de Moussa Zongo. « Le gouvernement peut raconter ce qu’il veut, mais nous n’accepterons pas qu’il vende le courant à d’autres pays alors qu’ici, nous souffrons des coupures durant la chaleur  », a conclu M. Zongo.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

ture une« L’eau, c’est la vie », a-t-on coutume de dire. Ces derniers jours, on a constaté une multiplication des rencontres et conférences sur un même sujet : le changement du mode de facturation de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA). Objectif : faire la lumière sur cette nouvelle méthode de facturation. Radar Info Burkina a recueilli l’avis de quelques ménages de la ville de Ouagadougou sur la question.

« Le problème de l’ONEA, c’est sa communication. » C’est en ces termes que nous accueille Hamed Badini, résident du quartier Dassasgho, à propos des plaintes consécutives au système de facturation bimestriel de la nationale de l’eau du Burkina. Ledit système a suscité une levée de boucliers de nombreux abonnés de cette société d’Etat qui ne comprennent pas son fonctionnement. Accusations, injures et menaces de ces mécontents ont poussé la nationale de l’eau à réagir en tenant, dans un premier temps, un atelier à Koudougou afin d’en faire le bilan et d’adopter de nouvelles perspectives pour la satisfaction de sa clientèle. S’est ensuivie une conférence de presse à Ouagadougou pour faire la lumière sur les réformes engagées. En dépit de tout cela, des incompréhensions subsistent chez nombre d’abonnés. « Les réformes engagées restent floues. Jusque-là, les différentes sorties des responsables de l’ONEA ne me rassurent guère sur la fiabilité de réformes », clame Paul-Marie Bargo, résident de la zone 1, avant d’ajouter : « C’est le terrain qui aura raison, donc on attend de voir ».

ture 2Dans la même veine, Awa Bamogo se pose des questions sur la différence entre la nouvelle facturation et l’ancienne, laquelle est d’ailleurs toujours en vigueur, il faut le rappeler. « Cette nouvelle facturation est quasiment la même que celle en cours ; je ne vois pas de différence qui puisse nous faire avaler la pilule de ces derniers mois », souligne-t-elle.

A propos de la facturation, le directeur général de l’ONEA a été clair lors de l’atelier tenu à Koudougou « Nous allons relever l’index une fois tous les deux mois, diviser cette consommation par deux et appliquer le tarif en cours ». Mais de l’avis de Paul-Marie Bargo, plutôt que d’une réforme, la population a besoin de la réduction du prix du m3 pour alléger la souffrance des ménages. « L’eau, c’est la vie ; pourquoi la vendre assez chère et créer une polémique sur la question ? Nous souhaitons juste qu’on diminue le coût de l’eau », plaide-t-il.

Cette confusion contribue à écorner l’image de la nationale de l’eau. Faut-il le rappeler, la situation sécuritaire combinée à celle sanitaire mondiale oblige les sociétés à revoir leurs cahiers des charges. La Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), invitée à l’atelier tenu à Koudougou, quant à elle, dit attendre de voir les éventuels changements sur la facturation. « Nous étions présents à l’atelier tenu à Koudougou les 14 et 15 avril derniers, où des recommandations ont été faites. Avec l’adoption en Conseil des ministres des réformes, on attend de voir ce que cela va donner sur le terrain », affirme son représentant.

En rappel, les nouvelles réformes sur la facturation ont été adoptées en Conseil des ministres le mercredi 21 avril 2021. Elles prévoient, entre autres, le passage une fois tous les deux mois des agents pour relever l’index. La facture sur deux mois sera divisée par deux : une première tranche sera à payer le mois en cours et l’autre le mois suivant. Sont aussi supprimées les estimations.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

indép uneLe journal d’investigation « L'Indépendant », créé en 1993, était parvenu  à s’imposer à l’échelle nationale comme une référence en matière de journalisme d’investigation. Malheureusement, l’engagement de son fondateur Norbert Zongo, qui ne transigeait pas avec la vérité, a fini par lui coûter la vie le 13 décembre 1998 sur la route de Sapouy. A l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse le 3 avril 2021, Sié Offi Somé, journaliste et consultant en communication, proche de Norbert Zongo de son vivant, nous a entretenu sur le défunt canard.

« La liberté d’informer ; le droit de penser », tel était le slogan du journal d’investigation « L’Indépendant ». La liberté de la presse au Burkina Faso est aujourd’hui une réalité grâce au sacrifice qu’a consenti Norbert Zongo, auteur de la plupart des articles signés du pseudonyme « Henri Sebgo » et ce,  jusqu’à sa mort tragique en 1998. Depuis, le journal essayait tant bien que mal de tenir entre plaintes, auditions et difficultés financières. Mais il a fini par perdre de sa splendeur. « Norbert Zongo était le moteur du journal. Quand le moteur arrête de fonctionner, la machine s’arrête, c’est un peu ce qui est arrivé au journal », explique Sié Offi Somé. « A l’époque, l’investigation était un genre journalistique spécifique qu’il était le seul à travailler à maîtriser », ajoute-t-il.

indép 2La mal gouvernance, la corruption, l’autoritarisme du pouvoir en place étaient, entre autres, les tares dénoncées par ce journal qui était apprécié du lectorat.

Selon Sié Offi Somé, « L’Indépendant » était omniprésent dans le paysage médiatique burkinabè en matière d’information. « Scruter la presse écrite aujourd’hui sans voir ‘’L’Indépendant’’ donne un pincement au cœur mais on n’y peut rien », dit-il. C’est dire à quel point ce journal a joué un grand rôle dans la liberté de la presse et d’expression sous toutes ses formes au Burkina. « L’indépendant était comme une entreprise qui générait de l’argent, vu que le journal marchait très bien. Les gens ont mis la main sur l’argent, donc ils ne pouvaient plus financer les activités d’investigation car cela requiert temps et argent »,  explique Sié Offi Somé sur l’une des raisons de la fermeture de « L'Indépendant », jadis un géant de l’information. Toujours selon notre interlocuteur, le journal s’est retrouvé entre les mains de personnes n’ayant pas les capacités pour la gérer, ce qui a conduit à sa perte. « Un des facteurs à prendre en compte, c’est l’accaparement du journal par la veuve… Or, elle n’est pas journaliste, elle ne pouvait donc pas le gérer », affirme-t-il.

L’absence remarquée et remarquable du journal est comblée tant bien que mal par les nombreux médias du paysage médiatique qui jouent un rôle de relais de l’information. Selon Touwendinda Zongo, directeur de publication du journal « Mutations », « la liberté de la presse et d’expression, tout comme la démocratie, est une quête permanente ».

En rappel, un numéro spécial du journal « L’Indépendant » est paru le 13 décembre 2017. On y trouve les premiers et derniers éditoriaux du canard, qui a définitivement arrêté de cancaner depuis le 1er décembre 2012.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

trvl uneÀ l'occasion de la célébration de la Fête du travail ce 1er mai, les structures syndicales du Burkina Faso se sont donné rendez-vous à la Bourse du travail de Ouagadougou autour de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) pour se faire entendre. L'une des associations présentes sur les lieux a retenu notre attention. Il s’agit de l'Association de défense des droits des aides-ménagères et domestiques du Burkina (ADDAD-B). Elle dénonce la maltraitance dont sont victims les jeunes filles dans les ménages.

Les aides-menagères et domestiques sont celles qui travaillent dans les familles moyennant souvent gîte et salaire. “L'homme doit manger à la sueur de son front mais quand cette souffrance est accompagnée de brimades et de coups volontaires, la nourriture servie perd sa saveur.” C'est par ces mots traduisant son amertume que nous a accueilli Sakinatou Ouédraogo, la représentante de l’ADDAD-B.

trvl 2Qualifiées souvent, à tort, de “bonnes ou de servants”, ces filles exercent un métier négligé par beaucoup de personnes, sans compter les non-dits qui l’entourent. “Les traitements qu'on subit dans les familles sont inhumains; on ne peut pas tout dire”, nous confie Sakinatou Ouédraogo.

Tout travail mérite salaire, mais dans ce domaine ce n'est pas toujours le cas et selon Sakinatou, les aides-ménagères et domestiques ne jouissent pas de contrat de travail, ni d'aucune garantie. “Notre milieu est sans garantie ni protection, les filles sont laissées à elles-mêmes”, raconte-t-elle. Le “commerce clandestin” des filles dans les différentes gares routières traduit bien cette dure réalité que vivent ces filles dans les ménages. Humiliées, battues, privées de nourriture, accusées à longueur de journée, elles subissent toute sorte de sévices. “Dans les domiciles, nous sommes les premières à nous lever et les dernières à nous coucher. Il faut que cela au moins, on le reconnaisse à sa juste valeur”, nous dit la représentante de cette association qui s’empresse d’ajouter : “Nous aussi, nous sommes les enfants de certaines personnes !’’

“Nous demandons un meilleur traitement et une reconnaissance de la part de nos employeurs”, telle est la requête majeure de cette association qui défend les droits de ses militantes.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

snni uneLes travailleurs des secteurs public, parapublic et privé ont pris d’assaut l’enceinte de la Bourse du travail de Ouagadougou à l’occasion de la célébration de la fête du travail ce samedi 1er mai 2021. Comme chaque année, cette manifestation des centrales syndicales a été marquée par une marche des participants dans les artères de la ville où ils ont scandé des slogans pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Après cette marche, place a été faite aux discours dressant le bilan de l’année en cours en termes de satisfaction de leurs doléances.

Pour l’Unité d’action syndicale (UAS), sur le plan national, la situation du Burkina Faso reste marquée par les attaques terroristes et la COVID-19, lesquelles impactent négativement le tissu socio-économique. Les attaques terroristes, même si elles connaissent une certaine accalmie, continuent de de faire de nombreuses victimes dans les rangs des Forces de défense et de sécurité (FDS) et parmi les populations civiles. En plus de provoquer de nombreux déplacés internes, ces attaques ont exacerbé la souffrance des populations qui ont subi des destructions de leurs domiciles et assistent impuissantes au départ de nombreux secteurs de l’administration publique (santé, éducation, justice, mairie).

sni 2Sur le plan politique, l’UAS note que la plupart des discours et actes des différents acteurs ces derniers mois se rapportent à une politique de réconciliation nationale « présentée subitement comme une nécessité pour le Burkina Faso ». La structure syndicale a émis le souhait que la réconciliation nationale ne soit pas une ‘’prime à l’impunité’’ » et que la démarche soit « guidée par le principe du triptyque Vérité-Justice-Réconciliation ».

Sur le plan économique, l’Unité d’action syndicale fait remarquer que la morosité économique se fait ressentir par un chômage qui frappe massivement les jeunes (les recrutements se font de plus en plus rares). Les secteurs sociaux comme l’éducation, la santé et le logement sont marqués par une crise assez profonde, victimes du désengagement de l’Etat et d’une spéculation foncière criarde. De plus, les prix des produits de consommation courante comme les hydrocarbures, le sucre et les vivres connaissent une flambée de façon permanente.

Enfin, pour l’UAS, sur le plan de la gouvernance au Burkina Faso, on observe un développement inquiétant de la fraude et de la corruption, deux fléaux qui touchent tous les segments de la vie socio-économique du pays. « Ce développement de la corruption résulte de l’absence d’une réelle volonté de combattre le fléau. La preuve, les marchés publics sont fortement gangrenés par ce phénomène avec pour conséquence le pillage des ressources publiques, des travaux mal exécutés, notamment ceux réalisés dans le cadre de la célébration tournante du 11-Décembre dans les régions », conclut le message de l’UAS à l’occasion du 1er mai 2021.

Bessy François Séni

carcral uneZ.I., calligraphe et précédemment élève dans une école franco-arabe de la place, a comparu le 28 avril au tribunal de grande instance de Ouagadougou. Il est poursuivi  pour faux en écriture du diplôme du baccalauréat.

Selon les faits relatés au TGI de Ouagadougou le mercredi 28 avril 2021, Z.I. aurait obtenu le baccalauréat avec la mention “Passable”. Peu satisfait de cette performance, il décide d’user de moyens peu orthodoxes pour parvenir à ses fins. C'est ainsi qu'il remplacera la mention “Passable” par “Très Bien” afin, selon son propre aveu, de postuler à des bourses étrangères, notamment à une bourse koweïtienne.

Interrogé par le tribunal sur le mobile de cet acte frauduleux, le prévenu a répondu: “On ne voulait pas des bacheliers ayant la mention Passable”. 

Mais Z.I. ne s'arrêtera pas à ce premier forfait. En effet, profitant de l’inattention d’un surveillant d’établissement, il a également scanné en plusieurs exemplaires un formulaire pour falsifier le diplôme de 7 autres personnes. “En remplissant mon formulaire, je me suis trompé et j'ai changé de formulaire. J'ai donc pris deux autres formulaires que j'ai scannés et je m’en suis ensuite servi pour faire les autres”, explique le jeune homme à la barre.

carcral 2L'avocat de la partie civile dénonce un laxisme de l'école en question. “Tous les moyens technologiques sont mis de nos jours à notre disposition afin qu’on ne manuscrive plus les diplômes”, a déclaré l’homme de droit avant d'ajouter que ce procès est “pédagogique pour chacun de nous”.

Ledit établissement, représenté par son vice-président, D.S., s’est défendu en ces termes :  “Même le fils du fondateur a passé le Bac deux fois sans qu’il lui soit venu à l’idée de recourir à la fraude”. Mais l'avocat du prévenu persiste et signe : “C'est l'école qui a ouvert la voie pour que Z.I. fraude en lui remettant le formulaire pour remplissage sans réelle vérification après.”

Statuant, le tribunal a reconnu Z.I. coupable des faits d'altération de la vérité et de faux en écriture privée et l’a condamné à une peine de 6 mois avec sursis et à payer une amende de 300 000 F CFA. L’intéressé dispose de 15 jours pour faire appel de ce verdict.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

wtr uneLe Président du conseil d’administration (PCA) de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), Allassoum Sori, ainsi que le directeur général de ladite société, Frédéric François Kaboré, ont conjointement tenu un point de presse ce jeudi 29 avril 2021 à Ouagadougou pour échanger sur les activités de la nationale de l’eau et particulièrement sur des sujets comme la facturation et la continuité de la fourniture d’eau.

En ce qui concerne la facturation, l’ONEA est passé de 185 000 abonnés en 2010 à 510 000 en 2020, soit une croissance de 275% en 10 années, ce qui est considérable et nécessite des aménagements pour répondre aux besoins en eau des populations. « L’ONEA est une société stratégique de service public et il doit trouver des alternatives efficaces pour que l’évolution du nombre d’abonnés n’entraîne pas de façon systématique une croissance des charges de l’entreprise, encadrées dans le contrat plan Etat-ONEA », a déclaré le PCA de cette société d’Etat, Allassoum Sori. C’est ainsi que le passage du relevé mensuel au relevé bimestriel a été lancé en mars 2020, ce qui n’a pas manqué de bouleverser des habitudes jusque-là bien ancrées. Toujours selon le PCA de la nationale de l’eau, au nombre des raisons qui ont présidé à ce changement il y a, entre autres, l’augmentation du nombre d’abonnés et le souci de l’entreprise de maîtriser ses charges. wtr 2La nouvelle formule de facturation n’est pas tout à fait différente de l’ancienne, à l’en croire. « C’est toujours une facturation bimestrielle, c’est-à-dire que les agents vont passer tous les deux mois relever les index. Ce qui va changer, c’est que le cumul des deux mois de consommation sera divisé par deux », explique le PCA qui ajoute : « La tarification de 2014 adoptée par le gouvernement est toujours en vigueur, la tranche sociale n’a pas été touchée. C’est le mode de relevé du compteur qui change ». C’est ainsi que l’application des recommandations de l’atelier tenu à Koudougou les 14 et 15 avril 2021, dont les principales conclusions ont été adoptées en Conseil des ministres le mercredi 28 avril 2021, permettra de répondre aux différentes plaintes des clients. « Le client sait à l’avance ce qu’il va payer le mois en cours et le mois à venir grâce aux doubles factures. Et il a un mois pour solder sa consommation », a précisé le directeur de l’ONEA à propos des avantages du nouveau système pour le client.

Pour ce qui est du deuxième point abordé, à savoir la continuité du service d’eau potable, il faut dire que des difficultés ont été constatées ces dernières semaines à Ouagadougou en matière de fourniture de certains quartiers en eau potable. « Ces ruptures sont dues à la casse de la conduite principale de grand diamètre qui relie la bâche du château d’eau route de Pô à la bâche du château d’eau de Nagrin et aussi au manque d’énergie dans les stations de Paspanga qui ont directement touché la fourniture d’eau potable à Ouagadougou », a expliqué Allassoum Sori. Selon le directeur général de l’ONEA, les plaintes enregistrées sont normales ; toutefois, elles ne relèvent pas de la facturation mais plutôt des largesses dues à des fuites d’eau entraînant une surconsommation. « L’ONEA fonctionne pour le client. C’est parce qu’il y a l’ONEA qu’il y a de l’eau (…). Il faut que les clients nous aident à maîtriser nos charges », a-t-il rappelé avant de conclure en exhortant les clients, en cas de plainte, à se rendre dans les différentes agences de l’ONEA.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

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