Au Burkina Faso, il y a un manque d’éducation routière. La manière dont les usagers circulent laisse percevoir une non-maîtrise ou une méconnaissance des règles de la circulation. Les conséquences de cette non-maîtrise sont désastreuses : accidents récurrents. Plus de 1 000 personnes perdent la vie par an à cause des accidents de la route, selon les statistiques de l'ONASER. 80% de ces accidents sont liés aux comportements des cyclistes, motocyclistes et automobilistes. Au regard de tout cela, l’association « Zéro goutte de sang sur la route » est née en vue de promouvoir la sécurité routière, le civisme et la citoyenneté responsable.
Créée le 21 juin 2020 et reconnue officiellement le 18 novembre 2021, l’association « Zéro goutte de sang sur la route » est une initiative de Moumouni Koudougou, connu sous le sobriquet « Mouni Mouni». Les activités phares de cette association bénévole sont : le don de sang tous les 4 mois au profit des accidentés, la sensibilisation dans les universités et lycées, l’organisation d’une journée zéro goutte de sang sur la route dans les différentes régions du Burkina ainsi que la sensibilisation sur la plateforme numérique dénommée « circulation de Ouaga », avec près de 300 messages de sensibilisation diffusés par jour, selon le SG.
L’association, qui a eu deux ans le 21 juin 2022, donne des motifs de satisfaction eu égard à ses résultats, toujours selon son SG, qui précise : « Grâce à la sensibilisation que nous faisons sur la plateforme numérique dénommée ‘’circulation de Ouaga’’ et aux activités que nous menons sur le terrain, il y a un changement de mentalité. Le port du casque devient de plus en plus une habitude de la population. Sur 10 usagers, 3 ou 4 le portent et c’est une satisfaction morale pour les membres de l’association. »
Cependant, l’objectif de cette association est loin d’être atteint car il lui reste du chemin à faire, d’après M. Ouédraogo. « Notre objectif, c’est zéro goutte de sang sur la route. En effet, la place du sang c’est dans les veines et non sur la route. Mais cet objectif est loin d’être atteint car au Burkina Faso, nous savons que nous avons du chemin à faire en la matière, mais nous n’allons pas nous lasser », a affirmé notre interlocuteur.
Pour lui, la génération actuelle n’a pas une éducation routière conséquente, donc il faut travailler à ce que celle future soit une jeunesse plus consciente, civique et responsable. Les accidents de la route ne sont pas une fatalité car, souligne-t-il, « si les usagers respectaient le Code de la route, on éviterait beaucoup d’accidents».
Promouvoir un changement de mentalité et de comportement des usagers de la route afin de réduire considérablement le nombre d’accidents, tel est l'objectif premier de cette structure. A cet effet, elle exhorte les motocyclistes au port permanent du casque et l’ensemble des usagers au respect du Code de la route.
Au-delà de la sensibilisation, les responsables de l’association « Zéro goutte de sang sur la route » envisagent, à long terme, de prendre en charge les accidentés qui, malgré les soins reçus, n’arrivent plus à travailler ainsi que les enfants des accidentés ayant perdu la vie, tout cela par l’érection de cette association en ONG.
Des pages sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, ont publié ou relayé ceci le mardi 21 juin 2022 : « Recevez le tout nouveau cargo de l'homme incontournable du Burkina Faso, le magnat du BTP d'Afrique de l'Ouest », avec en illustration des photos montrant le président-directeur général du Groupe EBOMAF à côté d'un avion-cargo.
Selon une source bien introduite dans le cercle intime de l'homme d'affaires burkinabè, cette information n'est pas fondée. « Le P-DG du groupe EBOMAF n'a pas acquis un nouveau avion cargo », a-t-elle souligné. Notre source révèle que sa présence à l'aérodrome de Ouagadougou à proximité de cet avion-cargo n'est que pure coïncidence. En effet, étant propriétaire d'une compagnie d'aviation d'affaires, Liza Transport International (LTI), M. Bonkoungou se rend régulièrement à l'aérogare pour s'enquérir des activités de maintenance sur ses aéronefs en escale, notamment des jets privés de type Falcon.
C'est au cours d'une de ses sorties que la présence d'un avion-cargo, stationné sur le tarmac, a attiré son attention et qu'il a voulu l’observer de près. Et notre source de préciser que cet avion-cargo était loin d'être l'objet de la visite du président-directeur général du Groupe EBOMAF à l'aérodrome de Ouagadougou. Elle ajoute du reste que toute nouvelle acquisition d'aeronefs par LTI, filiale du Groupe EBOMAF, est toujours rendue publique après une visite officielle de l'avion à laquelle les médias exerçant légalement au Burkina Faso sont invités.
J.G. est employé dans une structure privée. La comptable de la société l’accuse d’avoir encaissé 2 millions 920. Devant le parquet, l’accusé ne reconnaît pas avoir reçu cette somme de la part de la comptable.
Le 08 avril 2022, sa collègue comptable lui demanda s’il avait pu faire le versement de la somme de 2 millions 930 qu’elle lui avait remise à la date du 06 avril 2022. J.G., surpris par cette question, demande à la comptable quand elle lui a remis ladite somme. Elle insiste sur la date du 06 avril et affirme lui avoir donné cela main à main dans son bureau.
Pendant les tiraillements entre la comptable et J.G., le P-DG de la société était en déplacement.
A son retour, les contradictions continuaient entre ses deux employés. La comptable indique avoir des témoins. Le P-DG décide alors d’amener l’affaire à la justice.
Devant le juge, J.G. nie les faits et demande que les vidéos de surveillance du 06 avril 2022 soient revues.
Il clame son innocence et affirme que le P-DG est comme un père pour lui. « Il nous a hébergés, ma femme, mes enfants et moi. Je ne peux pas scier cette branche pour 2 millions, en plus je suis bien payé », se défend-il.
La comptable qui accuse J.G. ne s’est pas présentée à l’audience. Les témoins qu’elle avait indiqués non plus. Le procès a donc été reporté pour permettre à la victime et auxdits témoins de se présenter et de donner leur version des faits.
Le Dr Wendkuuni Moïse Convolbo a reçu son certificat d’inventeur dans le domaine de l’intelligence artificielle de l’Office des brevets du Japon, en anglais Japan Patent Office (JPO). L’Office des brevets du Japon est l’agence gouvernementale japonaise chargée de la propriété industrielle, sous la direction du ministère japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie.
Dans le document dont Radars Info Burkina a obtenu copie, Wendo Kouni MoYisu Komborubo (nom japonais du Dr Convolbo) se voit attribuer le brevet numéro : 680764. L’information a été confirmée plus tard par le Dr, que nous avons eu in extremis alors qu’il était en partance pour les Etats-Unis, où d’autres brevets sont en procédure de validation. Est-ce justement ce qui motive son déplacement ? Nous n’en saurons pas plus.
Cette invention qui permet de capter, de comprendre le comportement et d’anticiper sur les futures actions d’un individu utilise des algorithmes inspirés du cerveau humain pour permettre à l'ordinateur de raisonner et de faire des prédictions. Le brevet est exploitable dans plusieurs domaines comme le commerce en ligne, le monde de la banque et de la finance, la cybercriminalité et de la surveillance des individus dans un domaine donné.
Le Dr Convolbo est spécialiste du Cloud, du Big Data et de l’intelligence artificielle. Il contribue dans les comités scientifiques tout en travaillant entre le Japon et la Silicone Valley.
La cherté des produits a atteint des proportions si inquiétantes que le gouvernement s’est vu obligé d’intervenir. Il s’est ainsi engagé, auprès des acteurs économiques, à prendre en charge les droits de douane de trois produits alimentaires à hauteur de 14,3 milliards de F CFA. Ce qui permettra de réduire le prix de ces produits. Pour certains détaillants, les boutiquiers en l’occurrence, c’est la solution au problème. Pour d’autres, par contre, cela ne changera pas grand-chose. Il aurait été préférable de se concentrer sur les indicateurs qui exacerbent cette inflation.
Soutongnooma Michel a sa boutique à la trame d’accueil de Ouaga 2000. Il nous renseigne qu’avant la crise, le riz brisure était à 21 000 F le sac de 50 Kg et 11 000 F le sac de 25 et que la qualité "longs grains" se vendait autour de 17 500 F le sac de 50 Kg et 9 000 celui de 25 Kg. Avec la crise, le riz brisure et le riz "longs grains" sont passés respectivement à 26 500 F et 21 000 F les sacs de 50 Kg. Pendant ce temps, le bidon de 20 litres d’huile est passé de 18 000 à 26 000 F et le sucre de 20 000 F à 28500 F le sac de 50 Kg. En conséquence les kilogrammes de riz et de sucre ont subi de légères augmentations et le litre d’huile une forte hausse. Ainsi, l’huile qui se vendait à 800F le litre se vend désormais à 1350 F.
Compaoré Alidou, commerçant à Banoogo, raconte que c’est une augmentation qui leur porte préjudice aussi bien dans le bénéfice réalisé que dans les relations avec les clients. « Les bénéfices ont diminué et les clients aussi nous font la gueule. Ils nous mettent dans le même sac que les grossistes. Et comme ils ne peuvent pas avoir les grossistes c’est sur nous qu’ils reversent la colère », a-t-il confié. Selon son explication, les bénéfices ont diminué d’abord parce que les clients ont réduit leur fréquentation mais aussi parce que les rendements du sac de riz ou de sucre ont baissé. « C’est 50 F qui s’ajoutent sur le kilo de riz. Donc en vendant on a 50 F multiplié par 50 Kg, ce qui donne 2500. Alors que le sac de riz a augmenté de 3500 F environ. On se retrouve avec un déficit de 1000 F. Sans oublier le fait que cette augmentation a découragé la consommation et que les produits mettent plus de temps, creusant davantage le trou dans nos caisses », a-t-il expliqué. C’est donc une période aussi bien pénible pour nous les consommateurs que les détaillants. Mais l’un n’imagine pas la peine de l’autre. Comme on dit, lorsqu’on jette une pierre, chacun protège sa tête.
Des détaillants réfractaires à l’idée de la subvention
Au-delà des ménages, les commerçants détaillants sont aussi affectés. C’est ce que l’on retient de l’explication d’Alidou Compaoré. Pour parer à l’urgence et avoir des prix acceptables, le gouvernement burkinabè, décide d’assurer une baisse des droits de douane à hauteur de 2,25 milliards de F CFA sur le riz importé, 3,4 milliards sur le sucre et 9 milliards sur l’huile. L’impact global de cette mesure sur le budget de l’Etat est de 14,3 milliards de F CFA. En revanche les grossistes devront réduire les prix de ces denrées pour aider les populations. Une décision qui réchauffe le cœur des boutiquiers que nous avons rencontrés. Ils admettent en effet que quatre produits sont les plus consommés, notamment le riz, le sucre, l'huile et la farine de blé. De ce fait, si une baisse devait soulager les populations, ce serait certainement les prix de ces produits. Cependant, cette diminution serait-elle de nature à impacter les prix pratiqués au détail ? Voilà ce qui préoccupe nos interlocuteurs.
Ouédraogo Abdoul Ouahab pour sa part soutient : « Que l’Etat veuille subventionner les droits de douane des trois produits les plus sollicités, c’est une bonne nouvelle pour nous et pour les consommateurs. Cependant il faut qu’il s'assure que cela aura un impact significatif sur les prix de ces produits. Sinon ce serait peine perdue. Et ce serait des angoisses pour nous car les clients voudront ressentir cette baisse ». Il raconte que quand les prix ont connu la hausse les clients leur ont reproché d’en faire trop. Et pour lui, la nouvelle de la baisse des prix a été beaucoup médiatisée. C’est du fil à retordre que le gouvernement leur aura donné, si cette baisse ne permet pas une répercussion réelle sur les prix de détail. « Supposons qu’on diminue le prix du sac de riz de 1000 F. Cela ne nous permettrait pas de réduire le prix du kilo parce qu’il y a déjà un manque à gagner de plus de 1000 F », s’explique-t-il. De son avis, si la baisse consiste par exemple à diminuer 500 F sur un produit d'environ 25 000, autant ne pas gaspiller tout cet argent qui pourrait servir à des causes plus nobles avec un impact significatif.
Ce n’est pas là où le gouvernement devait concentrer ses efforts
L’ensemble des boutiquiers interrogés pensent que la solution à la hausse des prix ne réside pas dans la prise en charge des droits de douane. « Ce qu'ils sont en train de faire n'est pas la solution à l’inflation généralisée. Il y a plus urgent. Il faut aider les déplacés à retourner chez eux et le prix de tous ces articlesva connaître une baisse ». C’est l’avis d’Alidou Compaoré, pour qui cette situation est liée à la pénurie de céréales, elle-même causée par le déplacement des populations, qui pouvaient cultiver pour se prendre en charge et alléger le poids de leur inactivité sur la crise alimentaire. En la matière il ne manque pas d’exemples. « Chez nous à Manga, il n'y a pas de terroristes ou de déplacés internes, mais aujourd'hui si l'on vous dit de trouver un sac de maïs même avec beaucoup d’argent, ce n’est pas évident. Il n'y en a même plus en vente », raconte-t-il. Pour lui, tout cela a été occasionné par la crise sécuritaire et non une saison défavorable comme le pensent d’autres. Il explique que même si une saison était défavorable les villageois faisaient des activités hors saison qui génèrent des revenus qui leur permettaient de nourrir leur famille. Donc pour lui, les préoccupations devaient être ailleurs. Il soutient qu’il y a des gens qui n'ont même pas à manger et qu’il faut veiller à ce que les produits alimentaires leur parviennent. Et en la matière les 14,3 milliards de F CFA pourront servir à quelque chose. « J'ai un ami à Dori ; il m'a raconté que là-bas, si vous vous asseyez chez une restauratrice pour manger, les personnes qui vont s’aligner pour vous observer atteindront trente. C'est à ces endroits qu'il faut mettre de tels efforts, si on veut vraiment réduire les prix » conclut-il.
Soutongnooma enfonce le clou. Pour lui, avec cette mesure les autorités donnent l’impression de personnes qui ne réfléchissent pas, ou qui ne se soucient guère de l’avenir. « Si aujourd’hui ils subventionnent ces produits et que demain à l’international les prix montent encore plus, leurs efforts auront été vains. Mais si cela vient trouver qu’on a des palliatifs, l’impact sera moindre voire sans effet. Supporter ces taxes, c'est reporter des problèmes et cela ne nous avancera ucunement. Au contraire c’est de l’argent à mettre dans les poches de quelques individus au détriment de la masse. Quatorze milliards ne sont même pas significatifs pour un seul des produits cités. C’est un faux débat à mon avis », s’indigne-t-il. Il soutient qu’à ce jour c’est environ la moitié de la population qui ne va pas cultiver à cause de l'insécurité. Si cette donne ne change pas la pauvreté ira en s’aggravant et la situation va aller de mal en pis. « Donc nous prions Dieu qu'il nous donne la force de pouvoir bouter le terrorisme hors de nos frontières afin que les choses se normalisent. Les Mossis disent c'est parce qu'il y a une tête que les yeux font mal. Si elle est coupée il n’y aura plus de maux d’yeux. Donc comprenons la prééminence de la tête et agissons dans ce sens », a-t-il imploré.
Les statistiques sur les entreprises et emplois créés en fin février 2021 et fin février 2022 ont été rendues publiques en avril 2022. Le ministère de l’Economie, des Finances et de la Prospective, à travers le comité de suivi de l’économie et du développement, est responsable de ce chef-d’œuvre. Ainsi, on peut voir l’état d’évolution de la création d’entreprises et d’emplois entre fin février 2021 et fin février 2022.
La situation de l’emploi se caractérise au Burkina Faso par un taux de chômage de 2,4% et un taux de sous-emploi atteignant 26,7%, selon l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF).
Selon le rapport de suivi des indicateurs de l’économie et du développement du mois de mars 2022 (SIED), les créations d’entreprises et d’emplois ont connu une baisse considérable en fin février 2022 comparativement à la fin du mois de février 2021. En effet, en ce qui concerne les entreprises créées, on en dénombre 2707 en fin février 2022. Par contre en fin février 2021, on enregistre 3 114 entreprises créées. Ainsi, nous relevons une réduction en termes d’entreprises créées, de février 2021 à février 2022 d’un total de 407, soit une baisse de 13,1%. Cependant, le rapport indique que les entreprises créées dans le seul mois de février 2022 est de 1443. Comparativement au mois de janvier 2022, il y a une hausse de 14,2%.
Pour ce qui est des emplois créés en fin février 2022, leur nombre est estimé à 823 sans le recrutement de la fonction publique alors qu’en fin février 2021, 2707 emplois ont été créés, indique le rapport. Un calcul rapide nous permet de relever une baisse du nombre d’emplois créés, notamment 1884, soit un taux de 20,7%. Cependant, le nombre d’emplois créés durant le mois de février 2022 , estimé à 416, est en hausse de 2,2% en variation mensuelle, c’est-à-dire par rapport au mois précédent (janvier 2022).
Du tableau récapitulatif de l’évolution en matière de création d’entreprises et d’emplois, il ressort qu’en fin 2021, 3114 entreprises ont été créées, contre 2707 en fin 2022. En matière d’emplois, ce sont 1038 qui ont été créés en fin 2021 et 823 l’ont été en fin 2022 (Source : SIED mars 2022).
Lorsque nous faisons une analyse de ces régressions, on peut dire qu’elles sont liées au climat des affaires, aux conditions de creation des entreprises et à l'insécurité. L'économie nationale du pays semble ne pas être propice à la création d'entreprise, donc les conditions ne sont pas favorables. Côté emploi, on peut dire que les entreprises qui existent n'ont pas de rentabilité substantielle leur permettant de recruter de nouveaux employés.
Les journaux papier sont de moins en moins vendus au Burkina. Cette régression est justifiée de diverses façons par quelques acteurs du domaine que nous avons rencontrés le lundi 13 juin 2022 à Ouagadougou.
Après le piratage, considéré comme l’une des raisons de la mévente des journaux, force est de reconnaître que d’autres facteurs entrent en ligne de compte.
Madi Compaoré, vendeur de journaux depuis 2005, déplore une mévente depuis 2015. Les raisons invoquées par ce dernier sont, entre autres, l’évolution de l’internet, les informations y étant publiées avant la parution du journal papier. Selon ce dernier, « les ventes ne sont plus comme avant. Les avancées technologiques font que les lecteurs sont plus orientés vers le fichier mobile que vers l’achat du journal papier. Les méventes se situent beaucoup plus au niveau des quotidiens. Je pouvais vendre 50 exemplaires de L’Observateur Paalga et 50 autres du journal Le Pays par jour. Mais actuellement, quand je prends 20 journaux de ces organes, je peine à les écouler. Pour ce qui est des journaux Le Reporter, L’Événement et le Courrier confidentiel, il y a une satisfaction en matière de vente ».
Pour le responsable de la vente à la criée des journaux de L’Observateur Paalga, Edouard Tapsoba, la situation politique et économique du pays serait à la base de la mévente des journaux. « Le marché a chuté pour plusieurs raisons : par exemple, l’Administration ne fonctionne plus comme avant. Les journaux vivent des annonces et des publicités. Mais la situation politique actuelle du pays amène les uns et les autres à une résilience. Ainsi, il n’y a plus d’annonces en tant que tel. Or, plusieurs lecteurs achètent pour les annonces. Donc il n’y a plus un grand intérêt pour ces lecteurs », a-t-il signifié. Et cela affecte évidemment la vente. Avant, nous produisions 12 000 exemplaires par jour mais aujourd’hui nous peinons à tirer même 6 000. C’est une grande perte car la rame qui était à 100F est passée à 250F et avec cette mévente qui s’ajoute, c’est vraiment dur, a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la saison des pluies qui s’annonce constitue également une entrave. En cas de pluie, la mévente est plus importante, selon M. Compaoré, car dès que la pluie te trouve à la maison, il est difficile de se rendre au lieu de distribution le plus tôt possible. Or les journaux sont achetés par les travailleurs en partance pour le service. Donc les ventes de ce jour tombent à l’eau.
Pour M. Tapsoba, la saison des pluies occasionne un décalage de sortie et cela entraîne des méventes. En effet, pour lui, l’information du jour expire à partir de 14h et si la distribution n’est pas faite à temps pour permettre aux lecteurs de se les procurer, les journaux resteront.
Interrogée sur la question, Mme Caroline Yaguibou, responsable commerciale du journal L’Economiste du Faso, affirme que la saison des pluies impacte négativement la distribution et la vente des journaux. « En cas de pluie, il est difficile d’aller prendre les journaux à l’impression pour les apporter au siège du journal et procéder à la distribution. Les vendeurs aussi ne sortiront qu’après la pluie, donc il n’y a pas de bonne recette ce jour. Les journaux qui restent sont revendus aux peintres et aux vendeuses de gâteaux et cela allège un tant soit peu les pertes », a-t-elle signifié.
Face à ces difficultés, des solutions ont été proposées, notamment le port des imperméables en vue de continuer le travail même en cas de pluie. Mais cela est-il suffisant pour assurer les ventes et la distribution, quand nous connaissons la manière dont les pluies tombent (vent, poussière…) ?
En outre, il s’agit de revoir la distribution du journal en fichier PDF, voire d’y mettre fin afin de relancer la vente des journaux papier, a suggéré M. Compaoré. En cette ère du numérique, cela serait-il possible ? Les réflexions doivent être davantage approfondies pour que chacun y trouve son compte.
Au Burkina Faso, plusieurs régions sont confrontées à une insécurité grandissante rendant difficile la vie ou l’accès à ces zones. Le nombre de déplacés internes du fait de cette insécurité va croissant. Après le Centre-Nord, qui totalise 657 041 Personnes déplacées internes, c’est le Sahel qui vient en deuxième position avec 574 096 PDI. Certains agents de la fonction publique sont obligés de travailler dans ce climat délétère. C’est le cas des agents de santé de Djibo. Le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale ( SYNTSHA) ne cesse de décrier l’injustice que ces derniers subiraient de leur ministère de tutelle.
Les agents de santé en service dans les zones à fort défi sécuritaire comme Djibo, en plus du climat d’insécurité qui est leur lot quotidien, subissent une pression administrative et des coupures de salaire. Selon le Dr Bernard Sanon, secrétaire général du Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA), 21 agents de santé de Djibo qui ont déserté leurs postes en raison de l’insécurité ont vu leur salaire suspendu.
L’insuffisance de suivi, d’accompagnement et de prise en charge des agents dans les zones à fort défi sécuritaire est aussi décriée par le SYNTSHA. « Le médecin chef de Djibo a fait diffuser un communiqué administratif mettant en demeure les agents de santé publics de cette ville qui sont partis à cause des attaques terroristes de regagner leurs postes. C’est une procédure de licenciement qui est organisée contre ces agents », dénonce le Dr Sanon. Il ajoute qu’à Gayéri, des agents ont failli être exécutés par des terroristes et après, ils ont été réaffectés dans d’autres zones où l’insécurité est plus grande.
Le Syndicat, qui se fait vraisemblablement du souci pour ses membres, estime que le ministère de la Santé devrait prendre l’exemple des autres départements qui prennent des dispositions pour protéger leurs travailleurs. « Tous les autres ministères tiennent compte du contexte sécuritaire. Certains conseillent à leurs agents qui sont confrontés à des difficultés liées à l’insécurité de se rendre dans leur direction concernée pour prendre une fiche spéciale. Mais au ministère de la Santé, les agents doivent se rendre obligatoirement à Djibo pour déposer une simple demande. Il y a des demandes héliportées qui ont été rejetées. Ils exigent que les agents viennent eux-mêmes alors qu’ils n’ignorent pas les risques auxquels ces derniers s’exposent en le faisant », a déclaré le secrétaire général du SYNTSHA.
Vu la crise sécuritaire à laquelle le pays est en proie, le Syndicat exige donc une gestion adéquate des agents qui sont dans les zones à fort défi sécuritaire, ainsi que l’arrêt de la répression administrative de ces derniers et de la suspension de leurs salaires.
Au Burkina comme partout ailleurs, le foncier fait l’objet de taxation. Ainsi, les baux locatifs sont soumis à une taxe, payable aux services des impôts. Cette taxation est une source de protection pour les parties en contrat de bail, diront les services des impôts. Cependant, force est de reconnaître que la plupart des bâtiments locatifs échappent à l'impôt et sont sources d'abus du plus fort sur le plus faible. Isidore Sanfo et ses colocataires en ont fait les frais. Leur histoire révèle la triste réalité dans ce secteur.
Isidore Sanfo est locataire d'une maison de type « chambre salon » dans une cour commune cinq portes, comme disent ceux qu'on appelle les « démarcheurs » dans ce milieu. Depuis plus de six ans, il vit dans cette maison au cœur du quartier Wemtenga de Ouagadougou. Un logement qui a commencé à connaître de sérieuses dégradations. Le crépissage se détache de jour en jour, la toiture abrite des chauves-souris, bref, le confort n’est plus au rendez-vous. Et pour Isidore et ses colocs, ce n'est plus la joie quand un étranger leur rend visite.
C’est dans cet état d’inconfort qu’un jour de vendredi du mois de septembre, M. Sanfo et ses colocataires reçoivent une correspondance de leur bailleur. Une correspondance qui va nourrir leurs espoirs. « Dans celle-ci, il était question de l’augmentation prochaine du loyer de 5 000F CFA. Ainsi, il allait passer de 20 000 à 25 000 F CFA », raconte Sanfo. Mais, s’empresse-t-il d’ajouter, « le bailleur a précisé qu'il y aurait des travaux de réfection de l'ensemble des logements avant ladite augmentation ». Chose qui les a réjouis, selon lui, puisque les maisons étaient dans un état avancé de décrépitude. « Les réfectionner était une excellente chose, même si cela impliquait une augmentation du loyer », a-t-il poursuivi. Pour en avoir le cœur net, les locataires ont même envoyé une délégation chez leur bailleur qui leur a donné l’assurance que le loyer révisé n’entrerait en vigueur que trois mois plus tard et cela, après la rénovation des maisons.
Mais deux mois plus tard, aucune réfection ne se profilait à l'horizon. A la date butoir, toujours aucun signe du bailleur. A la surprise générale ce dernier a plutôt décidé d’encaisser le loyer révisé alors même qu'aucune réfection n'avait été entamée. « Nous avons voulu opposer notre refus et faire savoir nos droits en tant que locataires mais on a été tout de suite désarmés », raconte Isidore. En effet, d’après lui, le bailleur leur a simplement rétorqué que ce sont ses maisons, donc tout locataire opposé à l’augmentation peut déménager. Et ce serait sans délai parce qu'ils auraient été prévenus des nouveaux frais locatifs trois mois à l’avance. « Les négociations furent vaines », se désole Isidore. « On a voulu savoir du côté des services étatiques si l'on pouvait se faire protéger, mais on nous apprit au service IRF des impôts que dans ce cas de figure, seuls les locataires qui sont liés au bailleur par un contrat de bail sont à l’abri d'une augmentation arbitraire de loyer », raconte Isidore Sanfo.
L'arroseur arrosé
« Que faire ? » se demandaient-ils. Attraire le bailleur véreux en justice ? Cela s'avérait risqué d’autant plus qu’ils n’avaient aucun document juridique en leur possession. Les locataires optent alors à l’unanimité de ne payer que l’ancien loyer, ce qui met le bailleur hors de lui. Il accepte finalement de négocier avec ces derniers, mais par personnes interposées. Dans ces tractations, ce sont cinq mois qui se sont écoulés avant que le nouveau loyer n’entre vraiment en vigueur.
La protection du citoyen compromise
Ainsi vont les choses au Burkina. Quand ce ne sont pas des locataires qui sont victimes d’abus de la part de bailleurs sans scrupule, ce sont ces derniers qui sont confrontés à des locataires de mauvaise foi. Chaque année l’Etat burkinabè perd des centaines de millions de F CFA à cause de toutes ces maisons mises en location et qui ne sont soumises à aucun impôt. Au service Impôt sur le revenu foncier (IRF) de la direction du Centre des Impôts de Ouaga 5, on apprend que le contrat de bail est une entente entre le bailleur et le locataire. Aucune des deux parties ne peut signer le contrat de façon unilatérale sans le consentement de l’autre. Et le service des impôts n’y peut rien. La direction de ce service informe que par moments, les impôts font des excursions dans certains quartiers de Ouagadougou, au cours desquelles ils le demandent aux bailleurs.
L’Etat gagnerait à se pencher sérieusement sur cette question pour non seulement assurer une protection à ses citoyens, mais aussi établir une justice fiscale. L’abus réside aussi dans la fixation des loyers au mépris de la valeur nominale du logement.
Dans la soirée du jeudi 9 juin 2022, le chef du gouvernement a tenu une rencontre à Ouagadougou avec la ligue des consommateurs, la faîtière des boulangers et la Chambre de commerce et d’industrie. Ce dialogue visait un double objectif : trancher sur le prix du pain et adopter des mesures pour la réduction des coûts des produits de grande consommation, notamment le sucre, le riz et l’huile.
Selon le porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, l’exécutif est parvenu à des accords avec l’ensemble des acteurs de la Chambre de commerce et d’industrie après quelques semaines de concertations. Ainsi, il ressort de ces échanges quelques points essentiels. D’abord, le maintien du prix de la baguette de pain à 150 FCFA et une diminution du poids qui passe de 200g à 160. De ce fait, une prise en charge directe d’un montant maximum de 150 000 FCFA par boulangerie qui a une fiche fiscale, sur une durée de 3 mois, sera faite sur les factures d’eau et d’électricité. Il y aura également la mise en place d’une ligne de crédit de 5 milliards de FCFA dont les conditions d’utilisation seront fixées par un comité tripartite (État, boulangers et banques).
Ensuite, il y a le maintien d’une baisse de la valeur en douane, ce qui induit une baisse des droits de douane. Ces baisses sont de 2,25 milliards pour le riz, 3,4 milliards de FCFA pour le sucre et 9 milliards de FCFA pour l’huile. Tous ces efforts ont un impact global sur le budget de l’État d’une valeur de 14,3 milliards de FCFA. Cette réduction devra être répercutée à l’interne par les importateurs afin qu’on assiste à une baisse des prix au profit du consommateur final.
Enfin, il y a la suspension de l’obligation de fournir le certificat d’assurance des transports des marchandises avant l’émission de la Déclaration préalable à l’importation (DIP). A ce niveau, les concertations sont toujours en cours en vue de trouver une solution consensuelle, toujours selon le porte-parole du gouvernement.
A ces mesures s’ajoute le contrôle des lieux de stockage de céréales en local afin d’inciter les personnes qui détiennent des entrepôts de céréales à mettre ces denrées à la disposition de la population pour éviter l’inflation.
Les mesures ci-dessus mentionnées entrent immédiatement en vigueur, selon le vice-président de la Chambre du commerce, Mamadi Sanoh. Cependant, un léger décalage pourrait être observé en ce qui concerne l’application des prix à cause des anciens stocks. Les baisses seront constatées sans délai, a-t-il dit.
Pour le président de la ligue des consommateurs du Burkina Faso, Dasmané Traoré, la vie chère n’est pas une problématique spécifique au Burkina ; elle est mondiale. « Un effort sera fait dans le secteur privé dans son ensemble pour sensibiliser ses acteurs au respect des mesures adoptées par le gouvernement », a assuré M. Traoré. En effet, il n’est pas question d'accorder des faveurs aux importateurs et qu’en définitive le consommateur n'en profite pas. C'est pourquoi un appel à faire preuve d’un minimum de solidarité et de sacrifice en s’inscrivant dans cette logique de baisse des prix des produits, surtout en cette période d'inflation jamais égalée, a été lancé aux détaillants.