jeudi 5 février 2026

csct uneRéunis à Ouagadougou le mercredi 29 juin 2022, les chefs supérieurs coutumiers et traditionnels du Burkina Faso ont adressé un message aux fils et aux filles de la Nation. Ils ont, à cette occasion, appelé l'ensemble des Burkinabè à l'union sacrée pour protéger la patrie afin de céder une patrie avec honneur et dignité aux générations futures.

« Investis des hautes missions coutumières et traditionnelles tirées de nos sources ancestrales, les chefs supérieurs coutumiers et traditionnels du Burkina Faso se sentent fortement interpellés par la situation nationale. Notre responsabilité nous impose de rompre le silence », a déclaré le rapporteur de la rencontre des chefs coutumiers à l'entame de son propos. Il ajoute que l'insécurité est une réalité qui affecte les familles et la Nation. Et malgré les actions entreprises, les résultats restent en deçà des attentes des populations. Dans cette épreuve que traverse le pays, quelle ne fut la surprise des chefs supérieurs coutumiers et traditionnels de constater que des propos haineux et d'incitation à l'intolérance et à la violence sont distillés à travers certains canaux de communication. « Cela est contraire à l'esprit de fraternité séculaire qui a toujours prévalu dans notre pays et que nous avons hérité de nos parents », rappellent-ils dans leur message.

csct 2En tant que dépositaires et garants des pouvoirs coutumiers et traditionnels et acteurs de l'histoire du pays, les chefs supérieurs coutumiers et traditionnels ont condamné toute atteinte à la vie, à l'intégrité physique, morale et psychique de toute personne ainsi que les propos haineux et d'incitation à l'intolérance et à la violence. « Nous interpellons les autorités du pays à concentrer toutes leurs énergies sur la lutte contre le terrorisme et le recouvrement de l'intégralité du territoire. Les acteurs politiques, administratifs, religieux et coutumiers, à utiliser leur leadership pour contribuer à apaiser les tensions et à réconcilier les Burkinabè. Les Burkinabè qui ont pris les armes à revenir à la raison et à la “maison“. Et le peuple Burkinabè à manifester sa compassion et sa solidarité à l'ensemble des personnes vulnérables du fait de la crise», ont-ils poursuivi.

« Nous avons une même patrie et nous avons le devoir de la protéger et de la céder avec honneur et dignité aux générations futures », ont-ils rappelé avant de promettre : « En ce qui concerne les chefs supérieurs coutumiers et traditionnels du Burkina Faso, ils réitèrent leur disponibilité et leur ferme engagement à jouer pleinement et entièrement leur partition, à poursuivre leur contribution à la paix. »

E.L.

asonagess uneLe Comité technique du Conseil national de sécurité alimentaire (CT-CNSA) a tenu une conférence de presse, le mardi 28 juin 2022, sur la gestion de la situation alimentaire et nutritionnelle au Burkina Faso. Il a, à cette occasion, dressé le bilan de cette situation et cité les mesures adoptées par l’Etat et ses partenaires pour faire face à la crise.

Selon Wendné Victor Bonogo, président du CT-CNSA, la production céréalière nationale, qui s’est établie à 4 661 140 tonnes, est en baisse de 10% par rapport à celle de 2020-2021 et de 2,61% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, chose qui a mis 52% des ménages agricoles dans la difficulté pour couvrir leurs besoins céréaliers sur la base de leur propre production. Le marché qui devait être le recours est à son tour confronté à une baisse des approvisionnements en denrées alimentaires, à des hausses de prix et à des dysfonctionnements liés à l’insécurité. « En outre, au moins 15 provinces font face à un déficit fourrager », a précisé M. Bonogo. Face à ces difficultés, les analyses établissent que 2 366 447 personnes avaient besoin d’assistance alimentaire immédiate entre mars et mai 2022. Une situation, selon le président du CT-CNSA, qui pourrait se dégrader sur la période de juin à août et toucher 3 453 000 personnes. Sur le plan pastoral, la menace plane sur le cheptel du fait de l’indisponibilité du fourrage dans certaines localités, de l’assèchement des points d’eau et de l’apparition de la grippe aviaire, entre autres.

asonagess 2Face à cette préoccupante situation, l’Etat et ses partenaires ont élaboré un plan, dont le coût s’élève à 237 milliards 780 millions de F CFA, pour venir en aide aux populations vulnérables, selon Victor Bonogo. Une task force mise en place à cet effet a permis de mobiliser environ 164 milliards de F CFA, grâce à l’appui des partenaires, à en croire le représentant de la FAO, Abdoul Nasser Ibrahim. Le président du CT-CNSA a par ailleurs indiqué que les points de vente de céréales de la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS) ont également été réactivés depuis le 8 avril 2022. « Au total, 100 000 tonnes de céréales y sont vendues à prix réduit, soit 6 000 F CFA le sac de 50 kg, dans environ 400 points de vente répartis sur l’ensemble du territoire national »,  a-t-il précisé. Plusieurs autres actions ont également été engagées ou sont en cours, selon lui. Ainsi, 5 000 tonnes de semences améliorées et environ 30 000 tonnes d’engrais seront fournies aux producteurs. Un appui en semences fourragères sera aussi apporté pour la production du fourrage. La Centrale d’approvisionnement en intrants et matériel agricoles (CAIMA) s’emploie également à mettre à la disposition des acteurs 73 000 tonnes d’engrais. En matière de production animale, 8 000 tonnes d’aliment pour bétail et 2 400 tonnes d’aliments pour volaille seront mises à la disposition des producteurs. Environ 10 250 vaches seront inséminées et 2 000 biodigesteurs réalisés. Il est aussi prévu la construction de 73 parcs de vaccination et de 74 forages pastoraux.

« Toutes ces actions ont été possibles grâce à la volonté des partenaires techniques et financiers d’accompagner le gouvernement. Ainsi, le gap en matière de financement se réduit de jour en jour et il est important de remercier tous ces acteurs », a-t-il conclu. La conférence de ce jour a été conjointement animée par les co-présidents du CT-CNSA, Victor Bonogo, secrétaire général du ministère de l’Agriculture et des Ressources animales, et Abdoul Nasser Ibrahim, représentant le principal partenaire, la FAO.

Etienne Lankoandé

Le verdict du procès  qui opposait Issoufou Dem au colonel Sita Sangaré, ancien président de la Fédération burkinabè de football (FBrdratrF), est tombé ce jour 28 juin 2022 au Tribunal de grande instance Ouaga I. Reconnu coupable de diffamation, le premier cité a écopé de deux mois de prison et d’une amende de 250 000 FCFA, le tout assorti de sursis.

Le parquet avait requis contre le prévenu Issoufou Dem une peine d’emprisonnement de 3 mois et une amende d’un million de francs CFA, le tout assorti de sursis, dans l’affaire qui l’opposait à l’ancien président de la FBF, le colonel Sita Sangaré, mais ce 28 juin, en délibéré, le tribunal en a décidé autrement. Ainsi Issoufou Dem a écopé, en définitive, d’une peine d’emprisonnement de 2 mois et d’une amende de 250 000 F CFA, le tout assorti de sursis, pour avoir été reconnu coupable de diffamation sur la personne de Sita Sangaré, ci-devant président de la Fédération burkinabè de football (FBF).

A noter que les avocats des deux parties n’étaient pas  présents à l’audience du jour. Après le verdict, le président du tribunal a notifié à Issoufou Dem qu’il a 15 jours pour faire appel s’il n’est pas satisfait du verdict.

Rappelons qu’Issoufou Dem avait été accusé par le colonel Sita Sangaré d’avoir tenu des propos diffamatoires sur sa personne par le truchement d’un enregistrement audio diffusé sur une station radio de la place.

A la barre le 14 juin dernier, M. Dem a reconnu avoir publié ledit audio dans un groupe WhatsApp des supporters de l’équipe nationale et non sur une station radio. Il avait soutenu que son acte était guidé par la bonne cause : préserver l’intérêt général de la fédération.

Selon ce dernier, M. Sangaré, le plaignant, serait celui-là même qui a fait parvenir Lazare Banssé à la tête de la fédération burkinabè de football. Et M. Banssé, dans l’exercice de ses fonctions, avait fait partir certaines têtes de la FBF.

Cette façon de faire de l’actuel président de la fédé n’aurait pas été du goût de M. Sangaré, selon l’accusé. Ainsi, l’objectif de Sita Sangaré, selon l’accusé, était de faire partir Lazare Banssé. «Il m’a demandé de m’impliquer pour faire partir Banssé car les idéaux de ce dernier sont loin d’être des idéaux de football», avait révélé l’accusé qui s’était expliqué devant le juge le 14 juin 2022.

Des explications que le ministère public avait rejetées, avançant qu’Issoufou Dem avait publié des allégations à l’égard de Sita Sangaré, notamment des propos diffamatoires qui portent atteinte à sa personne. Il avait réfuté également l’explication de M. Dem selon laquelle tout a été fait pour l’intérêt général. Pour le procureur, Issoufou Dem aurait dû interpeller M. Sangaré pendant leurs échanges, au lieu de faire une publication dans un groupe WhatsApp.

Me Prosper Farama, conseil d’Issoufou Dem, avait réclamé des preuves à la partie civile, preuves qui montreraient que son client était effectivement responsable de la diffusion de cet audio sur une station de radio.

La partie civile, lors des débats, avait réclamé à l’accusé 1 F symbolique pour fait de diffamation portant préjudice, un emprisonnement conformément aux textes en vigueur et le remboursement de la somme d’1 500 000 FCFA utilisée pour la procédure judiciaire.

Flora Sanou

rzo uneAu Burkina, le secteur de la téléphonie mobile est un oligopole. Ce qui réduit la concurrence dans le secteur et contraint les clients à garder leurs abonnements, même en cas de préjudices. Radars Info Burkina s’est intéressé aux messages que ces réseaux envoient à leurs abonnés. Quels types de messages envoient-ils ? Comment les abonnés vivent cette situation ? Sont-ils d’accord avec la pratique ? Voilà les questions que nous avons adressées à nos interlocuteurs, dont la plupart sont du monde estudiantin.

Eustache Zoungrana est étudiant en Licence 3 d’Histoire et archéologie à l’université Joseph Ki-Zerbo. Pour ses besoins en matière de communication, il utilise Orange Burkina et Moov Africa. Il précise recevoir en moyenne entre 8 et 10 messages par jour d’Orange Burkina et entre 6 et 7 de l’autre réseau. Moussa Toko, un autre étudiant de la même classe, reçoit aussi des messages du même type et avec la même fréquence de six à dix par jour selon que l’on considère l’un ou l’autre de ces deux réseaux. Mais en plus des deux réseaux, Moussa est aussi un abonné de Telecel Faso. Le réseau qui envoie moins de messages que les autres, selon lui. Pour chaque réseau, est-ce le même canal qui vous partage les messages ? Les réponses à cette question furent des plus agressives. « Quel même canal ? » questionne Moussa avant de répondre « C’est par plus de six canaux que Moov passe pour m’envoyer ses messages. Quant à Orange c’est plus de dix ». Boureima Sari, un compagnon de Moussa, appuie ses propos, « Personne ne peut compter le nombre de canaux pour Orange. C’est trop ».

azkaEn tentant de dénombrer avec eux, nous avons relevé le 888, Telecel et Clientèle comme canaux d’alertes messagerie pour Telecel Faso. Pour Moov Africa c’est le 1102, le 1100, Moov-Info, Moov Money, Nanan, le 1126, etc. Concernant Orange Burkina, l’on retrouve plus de vingt canaux. On peut citer le 3416, le 432, le 433, le 115, le 147, le 103, le 777, le 337, le 232, le 311, le 328, le 248, le 242, le 314, le 334, le 530, le 282, le 321, BONUS, ORANGE et CHOCO. Et journellement, c’est une dizaine d’entre ces canaux que le réseau emploie selon nos interlocuteurs

Des messages qui appellent à participer à des jeux ou souscriptions payants

Quels types de messages vous envoient ces réseaux ? Eustache répond : « Ce sont des messages qui appellent à participer à des paris sportifs ou culture générale, à des jeux vidéos ou à faire des souscriptions à des alertes sur l’actualité ou sur des maladies comme le cancer ». Il ajoute que lui, il participe souvent à leur jeu sur le football et ça lui coûte entre 25 à 50 F par message et parfois même 100 F. Mais, précise-t-il, « c’est uniquement aux jeux qui récompensent des mégas qu’on peut gagner ». Fouinant dans son Android Boureima Sari présente un message d’Orange Burkina qui lui a coûté 100 F. « Que fais-tu ? Ton no. 7518… n’a toujours pas récupéré les points bonus pour ta recharge du 08/04. Envoie BONUS au 311. Le Pack surprise 2 x 500Mo à gagner », lit-on dans ce message. Ayant cru à un bonus de fidélité, le bonhomme va vite envoyer le mot « BONUS » comme le lui demandait le réseau. Quelle ne fut sa déception, quand le réseau lui a demandé de continuer le jeu, en réponse au mot « BONUS » qu’il avait envoyé. Pire, il avait été facturé à 100 F. Sali Kaboré, étudiante en 2e année de SEG à l’Université Ouaga II, abonde dans le même sens. « Quand tu commences à jouer on te coupe des unités »? explique-t-elle. Elle ajoute que le réseau (Orange ndlr) propose le jeu par une question banale. Dès que l’abonné y répond, les questions s’enchaînent sous forme de niveaux à passer.

Les préjudices au quotidien sont énormes

Les exemples de préjudices dont font cas nos interlocuteurs sont légion. Sali Kaboré se plaint des souscriptions que les abonnés font contre leur gré. « J'ai une amie à qui on coupe régulièrement des unités pour une sonnerie qu’elle aurait souscrite involontairement. Non seulement elle ne sait pas comment c'est arrivé, mais elle essaie de désinscrire en vain », s’indigne-t-elle. rzo 3Autre chose qui révolte notre interlocutrice, ce sont les appels émis par ces réseaux. Elle confie en avoir été victime une fois. « C’était l'année dernière, raconte-t-elle. J'étais à la recherche d'emploi et j’avais mes dossiers déposés un peu partout. Un jour je reçois l’appel d’un 25. J'ai essayé de décrocher mais c'est vite coupé. J'ai commencé à paniquer et pendant une semaine j’ai tenté de les rappeler en vain. Heureusement pour moi, un autre jour je reçois l’appel du même numéro. Je m’empresse de décrocher et je constate que c'était le réseau. Sur place, je voulais gifler la personne qui était à l’autre bout du fil. Parce que pendant plus d’une semaine j’ai été dans le traumatisme à cause d’eux ». Pour Eustache Zoungrana, ce sont les heures et les fréquences d’envoi des messages qui lui portent préjudice. « Parfois à une heure tardive mon téléphone me réveille, juste à cause d’un message du réseau ». Madame Sawadogo, une fonctionnaire du public, ajoute qu’il y a des gens qui ratent des messages importants à cause de ce tapage publicitaire. Et Yarbanga Patinré, étudiant en deuxième Allemand, d’enfoncer le clou en ces termes : « Ils (les réseaux ndlr) dérangent trop. Ce sont eux qui n'ont pas une bonne qualité de réseau, c'est encore eux qui embêtent les gens. »

Orange accusé de jouer avec la conscience de la jeunesse en vue de saper sa créativité

rzo 4La plupart de nos interlocuteurs ont des griefs contre Moov Africa, mais encore plus contre Orange Burkina. La raison est toute simple : c’est, à leur avis, le réseau qui fait le plus de matraquage publicitaire. « Il faut qu’Orange et Moov diminuent le nombre de messages qu’ils envoient par jour », peste dame Sawadogo. Elle propose à ces derniers de cibler les centres d’intérêt des abonnés. « Lorsqu’on t'envoie le même message depuis plus d’un mois et que tu n’y réagis pas, c'est que ça ne t'intéresse pas. Et il faut arrêter de harceler la personne », a-t-elle soutenu. Sali Kaboré propose auxdits opérateurs téléphoniques de créer des applications ou des sites où ils mettront toutes leurs offres promotionnelles et publicitaires. Ce qui, selon elle, va permettre de réduire considérablement le nombre de messages envoyés aux abonnés.

Patindé Yarbanga est très remonté contre ces réseaux téléphoniques. « C'est trop de messages envoyés par jour. Moov en envoie plus de 10. Orange, on n’en parle pas. Comment voulez-vous qu’on gère cela ? » s’interroge-t-il. Et de poursuivre : « C’est contre-productif. Lorsque vous êtes concentré et qu’ils vous envoient un message, ça vous distrait. A la fin de la journée si vous faites un petit bilan vous constatez que c’est un temps précieux que vous avez perdu dans des futilités. Moi, je crois que ce sont là des instruments pour nous appauvrir davantage. Et la jeunesse n’y prête pas attention. Il faut qu’on soit attentif à ce jeu de colonisation économique et financière si on veut sortir la tête de l’eau. N’oublions pas qu’Orange et Canal+ ont une mission en Afrique, à savoir distraire la jeunesse en concentrant son attention sur des futilités. Ainsi, nous ne grandirons jamais avec une morale ou une conscience. Nous serons, comme disent les économistes, des facteurs de production pour leurs économies. Et comme l’avait dit Sankara, conclut le jeune homme, « l’impérialisme se trouve aussi dans les plats de riz que nous mangeons. Comprend qui peut ».

Etienne Lankoandé

 

manamana uneLe président du Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, a pris part ce samedi  25 juin 2022 à Ouagadougou à l’opération « mana mana ».

Pour lui, c’est un engagement patriotique, de solidarité et de citoyenneté de participer à des activités liées aux travaux d’intérêt commun. «Les activités liées aux travaux d’intérêt commun traduisent, à mon sens, un engagement patriotique, un engagement de solidarité et surtout un engagement citoyen», a affirmé le chef de l’Etat. C’est ce qui justifie cette sortie sur le terrain.

C'était aussi pour lui une manière d’accompagner les populations et de traduire l’engagement des autorités de la Transition pour l’essor de cette activité dans les villes et les  campagnes du Burkina, toujours selon lui.

De plus, il  a  invité tous les Burkinabè à se mobiliser davantage pour non seulement faire de cette opération « mana mana » un acte patriotique majeur, mais aussi relever les autres défis auxquels le pays des hommes intègres est confronté.

manamana 2Par ailleurs, il a invité tous les citoyens à unir leurs forces pour le succès du pays. «Quand un peuple est uni, il est appelé à réussir. Nous réussirons en étant mobilisés», a-t-il affirmé. Et d’ajouter : «Nous savons que si nous pouvons nous mettre ensemble pour rendre nos villes propres, nous pouvons également nous mettre ensemble pour relever les autres défis qui se posent à la nation. »

En rappel, chaque dernier samedi du mois est dédié aux journées nationales de salubrité dénommées «Opération mana mana : mon acte patriotique pour ma ville».   C'est une initiative citoyenne portée par le ministère de la Jeunesse, des Sports et de l'Emploi pour susciter l'engagement des jeunes pour la patrie à travers des actions de salubrité. La première journée s’est tenue le 30 avril 2022.

www.radarsburkina.net

incd uneLa nuit du 21 juin 2022 a été troublée par des tirs au centre-ville de la capitale burkinabè. On a ensuite appris qu’il s’agissait d’un incident survenu à la base aérienne 511 et ayant entraîné la mort de deux personnes. Le lendemain 22 juin, un communiqué du parquet militaire situant l’opinion sur les faits a expliqué qu’un véhicule s’était retrouvé dans le dispositif des éléments de sécurité et malgré les tirs de sommation, celui-ci continuait à avancer vers le poste. La sentinelle a donc été obligée d’ouvrir le feu sur ledit véhicule. Les avis sont partagés sur ce drame. Pour certains, la logistique de protection des zones rouges doit être revue ; pour d’autres, les Ouagavillois doivent prendre conscience que la situation sécuritaire du pays est particulière et savoir se comporter en conséquence.

Les avis des Ouagavillois sur l’incident mortel survenu à la base aérienne 511 divergent. Pour Kiswensida Kaboré, chacun a une part de responsabilité dans cette situation : tant la population que les forces de défense et de sécurité. « Il faut que tous ceux qui vivent dans le pays prennent conscience que la situation sécuritaire est particulière et sachent comment se comporter. Il faut aussi que les forces de sécurité prennent des dispositions et revoient leur logistique de protection », a-t-il précisé.

incd 2Il explique qu’il y a des zones rouges où quand quelqu’un décide de s’aventurer il verra les pneus de son engin détruits entièrement. « Nous ne savons pas ce qui s’est réellement passé, mais je me dis qu’il fallait viser les pneus du véhicule après les tirs de sommation. La dame a certainement paniqué et ne savait plus par où aller », a-t-il ajouté.

incd 3De l'avis de Berthé Famara, la présence des casernes militaires en ville doit être revue. Nicolas Nikiéma, quant à lui, pense que toute zone stratégique doit être protégée et c’est aux populations de tout faire pour respecter les mesures de sécurité, même si par moments de tels incidents peuvent survenir. « C’est une situation vraiment triste et déplorable, mais il faut garder à l'esprit que le pays fait face à une situation sécuritaire difficile et si on était à la place des militaires, on aurait très certainement eu la même réaction. Néanmoins, les forces de sécurité devraient essayer de revoir les choses et de trouver des moyens pour alerter les usagers qui se trompent d’itinéraire, car une telle méprise peut arriver à n’importe qui», a-t-il affirmé.

En rappel, en 2021, un expatrié français qui se fiait à son GPS pour trouver son chemin avait été blessé par des tirs de sommation.

Nafisiatou Vébama

dpdceComment sortir d’une actualité anxiogène comme les attaques terroristes pour parler d’autres sujets ? C’est à cet exercice que je voudrais me prêter. 2020, crise Covid ! 2022, crise en Ukraine ! Deux crises successives pour ouvrir les yeux aux Africains. Hélas, nous n'avons toujours pas compris. Ces deux crises ont un dénominateur commun. Elles révèlent la très forte fragilité des économies africaines. Elles nous montrent notre trop forte dépendance alimentaire vis-à-vis de la production agricole en provenance de l’étranger. Or, tous les indicateurs démontrent que l’Afrique peut bel et bien s’en sortir, si elle organise mieux son agriculture. Nous disposons des plus grandes superficies de terres arables. Selon la FAO, le continent africain compte près de 600 millions d’hectares de terres non cultivées, soit 60% du total mondial.  

Toute crise constitue une opportunité !  Il convient pour les Africains de se servir de ces temps difficiles, et qui, de toutes évidences, le seront davantage, pour réduire notre dépendance alimentaire. Au lieu de cela, nous persistons dans les modèles surannés, parmi lesquels le recours à la subvention pour faire face à la vie chère. Le gouvernement de la transition, a, dans l’urgence, décidé de subventionner le riz, l'huile etc. Je peux comprendre les motivations conjoncturelles de telles mesures. Pour le pain, je cherche toujours à comprendre les vraies raisons de la subvention allouée à ce produit. Ce sont, officiellement, 14 milliards qui ont été mobilisés pour faire face à cette cherté de la vie. Encore faut-il s’assurer que ces mesures profitent véritablement aux populations les plus démunies !

En 2020, le Burkina Faso a importé 510 900 tonnes de riz pour un montant de 69,25 milliards. Or, selon un rapport de la FAO (consultable sur Google), « Le Burkina Faso dispose d’un potentiel de plus de 800 000 ha pouvant servir à la culture du riz (environ 500 000 ha de bas-fonds et plus de 233 500 ha irrigables). Malgré cet important potentiel, le pays n’en exploite actuellement qu’une faible partie (moins de 10 pour cent des bas-fonds sont aujourd’hui valorisés et moins de 5 pour cent des superficies irrigables sont mises en valeur ; PNSR II, 2017). Selon les statistiques officielles du ministère de l’Agriculture, en 2019, la culture du riz dans les plaines et les bas-fonds a concerné 57 874 ha (MAAH/DGESS/EPA, 2019). Le riz, produit sur l’ensemble du territoire national, représente 8 pour cent de la production totale de céréales, avec 5 pour cent des superficies totales cultivées (UNPRB et VECO-WA, 2014) ».

dpdc 2Si l’on s’en tient au rapport précité, le Burkina Faso a bel et bien la capacité de s’autosuffire au plan de la production rizicole. Selon le même rapport « le riz produit localement peut avoir une valeur nutritionnelle bien supérieure à celle du riz blanc importé, en termes de fibres, de vitamines, de minéraux et d’antioxydants […] ».

Que reste-t-il donc à faire ?

Au lieu de subventionner l’achat du riz importé dont tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il est de mauvaise qualité, une des mesures efficaces serait d’accroître nos capacités de production en subventionnant plutôt les systèmes de production agricole. Quand nous étions étudiants (année 1995), le fondateur du Parti de la renaissance nationale (PAREN), le Prof Bado Laurent aimait dire qu'il est possible de tout produire au Burkina Faso. Depuis que j’ai découvert une plantation de cacao chez mes esclaves les Gourounsi, j’ai cru en cette théorie. Au Burkina Faso, nous avons donc la capacité de produire suffisamment de riz de qualité pour nourrir et exporter vers d’autres pays africains.

dpdce 3Pourquoi continuer de sous exploiter tous les aménagements hydroagricole acquis à coups de centaine de milliards sous forme de dette ? Je pense à Bagré, au Sourou, à Samandeni, pour ne citer que les plus célèbres.

Que peut être la plus-value d'une subvention de dizaine de milliards sur la production agricole dans notre pays ? Depuis les indépendances, nous nous entêtons à subventionner le coton dont la culture appauvrit nos terres. La culture du coton nous a été imposée par le colonisateur pour ses intérêts à lui.

Pourquoi nos ingénieurs et économistes agricoles ne prennent-ils pas la parole pour dire de stopper ce modèle d'économie agricole qui compromet l'avenir de nos enfants. Dans son ouvrage l’Afrique noire est mal partie (1962), René Dumont, au lendemain des indépendances, avait mis en garde les gouvernants africains contre la préférence accordée aux cultures de rente au détriment des cultures vivrières.  

Ces derniers temps, chaque fois que je suis passé au village, les paysans n'ont qu'une seule préoccupation, avoir de l'engrais. Et sur ce sujet, toutes les informations confirment que le Burkina Faso a une capacité de production nationale dans ce domaine. Quand j'étais au gouvernement, j'avais entendu parler d'un tel projet qui devait voir le jour vers la province de la Tapoa. Notre sous-sol contiendrait du phosphate, un composant essentiel dans la fabrication de l'engrais. Là aussi, nous dépendons de l’engrais en provenance de l’étranger. Avec la crise ukrainienne, impossible d’avoir de l’engrais sur le marché. Les perspectives agricoles pour cette année ne devraient pas être bonnes.

Des efforts de mécanisation de l'agriculture ont eu lieu ces dernières années. Le président Roch avait lancé l'idée de 500 tracteurs. Il est temps de mettre en place un programme beaucoup plus ambitieux “ un village, un tracteur", ce qui donnerait 8000 tracteurs. Je me réjouis de voir de plus en plus des tracteurs agricoles dans les villages. Depuis, de nombreuses années, le PAREN par son fondateur, Laurent Bado, dit que si " la pluie ne vient pas à nous, allons vers la pluie". Pour cela, on pourrait monter le projet " un village, un barrage". Il est de plus en plus démontré que le Burkina souffre moins du manque de pluie que de son incapacité à gérer et conserver les ressources en eau.

En se fixant le cap de 10 ans, il est techniquement possible d'assurer la sécurité alimentaire, créant du même coup de nombreux emplois pour nos enfants que nos politiques publiques menées jusque-là condamnent fatalement au chômage et à l'immigration clandestine.

Le professeur Joseph Ki-Zerbo s'interrogeait "A quand l’Afrique ?" Je me permets à mon tour de m’interroger : "A quand le Burkina Faso ? "

Abdoul Karim Sango

Ancien ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme

Président du PAREN

Vac uneOuagadougou est une ville exigeante en matière d’obligations professionnelles. En plus du boulot, il faut trouver du temps pour la famille, particulièrement pour les enfants. C’est à cela que servent les garderies. Radars Info Burkina est allé à la rencontre de certains parents pour constater les palliatifs à la fermeture des garderies à Ouagadougou. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cela constitue un véritable casse-tête pour certains géniteurs.

Philomène Bandré est mère de trois enfants. L'aîné, âgé de 14 ans, est au collège ; la cadette au CM1 et le benjamin en moyenne section. Le matin du jeudi 23 juin 2022, nous l’avons rencontrée au sortir d’une clinique accompagnée de deux de ses enfants. Elle nous raconte le programme de ses mômes pendant les vacances. « Le matin, je les laisse regarder la télé jusqu'à 10h. Après 10h, ils vont prier jusqu'à 11h. Et pendant qu’ils attendent le repas de midi, ils peuvent échanger avec leur grand-mère, ma belle-mère. Après le repas, c’est le repos et à 15h l'aîné est libre d’aller à son entraînement de basket-ball, non loin de la maison. Quant à la cadette, elle aime aller chez son amie ou rester accrochée à sa tablette », a-t-elle raconté. C’est donc un programme tout tracé et connu de tous. Cependant, elle avoue que la période des cours est beaucoup plus facile à gérer. « Une fois qu'on les dépose à l’école, on ne s’en préoccupe plus. Mais quand ils sont à la maison on est obligé d'appeler chaque fois pour savoir si tout va bien », a-t-elle souligné.

Vac 2Contrairement à dame Bandré, Sibdou Évelyne Ilboudo est une ménagère. Comme activité rémunératrice, elle vend du jus de petit mil et du jus de gingembre à Balkuy. Elle est mère de cinq enfants qu’elle a scolarisés, à l’exception du benjamin qui est encore un nourrisson. Pour ces vacances, elle s’est débrouillée pour placer ses enfants en âge de travailler afin qu’ils apprennent chacun un métier. Quant aux tout-petits, elle les garde à ses côtés avec ce que cela comporte comme risques de perturbation de son marché. Sa voisine Alizéta Tapsoba, quant à elle, ne sait pas encore où mettre ses enfants. Elle dit être à la recherche d’une occupation au moins pour sa fille de 15 ans, nouvellement brevetée du premier cycle. Les vacances paraissent alors la période la plus difficile pour ces deux femmes. « Les enfants ne peuvent pas être laissés seuls à la maison, c’est risqué. Pourtant en période de cours, les parents n’ont pas à se faire de souci. En plus avec les cantines scolaires, c’est beaucoup plus économique parce que les enfants mangent à midi à l’école», explique Alizéta Tapsoba.

M. Ouattara et son épouse sont des agents du public habitant à Saaba. Ils sont parents de deux enfants. En écoutant son témoignage, on imagine la difficulté à laquelle le couple fait face pendant ces vacances. « Les écoles de nos enfants sont fermées actuellement. Et comme nous sommes sans bonne, ce n’est pas facile », raconte le chef de famille. D’après lui, trouver quelqu’un qui va s’occuper des enfants pendant que papa et maman sont au travail est un véritable casse-tête. C’est donc compréhensible que ce couple préfère l’année scolaire à la période des vacances. « Au moins à cette période nous sommes relax. Les enfants sont à l’école pendant que nous sommes au boulot », confie M. Ouattara.

E.L.

CGECI uneLe Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou le mercredi 22 juin 2022 en séance ordinaire de 09h00mn à 16h32mn sous la présidence de Son Excellence Monsieur Paul Henri Sandaogo Damiba, président du Faso, président du Conseil des ministres. C’est à cette occasion que Mahamadé Amos Zong-Naba a été nommé Directeur général du Centre de gestion des cités au titre du ministère de l’Urbanisme, des Affaires foncières et de l’Habitat (MUAFH).

Mahamadé Amos Zong-Naba, titulaire du numéro matricule 235 954 C, était inspecteur des impôts en service à la Direction générale des impôts, à Ouagadougou, depuis 2012. Expert en fiscalité, il est par ailleurs membre du Groupe d’action pour la promotion du civisme fiscal (GAPCIF).

Il a travaillé à la Direction des moyennes entreprises du Centre II, à Ouagadougou. Par la suite, il fut nommé à la cellule d’appui technique à la Direction générale des impôts. Le dernier poste du fraîchement nommé DG était celui de chargé d’études au ministère des Finances, de l’Economie et de la Prospective.

Celui à qui il succède à la tête du CEGECI est Boureima Thiombiano, nommé en Conseil des ministres le 14 avril 2021.

CGECI 2En rappel, le Centre de gestion des cités (CEGECI) est une société d’État burkinabè de promotion immobilière avec un capital social de 5 350 000 000 FCFA.

Flora Sanou

vbma uneIl est difficile de ne pas apercevoir aux abords des voies ou dans les marchés des sacs plastiques où sont entassés plusieurs types de médicaments. Selon l’un des rapports de l'Organisation mondiale de la santé, 40 à 60% de faux médicaments sont vendus dans la sous-région ouest-africaine. Les conséquences désastreuses de ces médicaments ne sont pas méconnues des populations, de nombreuses séances de sensibilisation à ce propos ayant été faites, mais en dépit de cela certains préfèrent recourir à ces produits et en vantent même les vertus thérapeutiques.

Les médicaments de la rue, communément appelés « pharmacie par terre », semblent connaître un succès auprès des populations burkinabè. Amidou Ilboudo est vendeur de « pharmacie par terre » vers Arb yaar (ou marché de mercredi) à Tanghin. Chez lui, on trouve toutes sortes de produits comme le tramadol, des comprimés contre le rhume, des déparasitants, du diclofenac, des roboratifs (ou calmants contre la fatigue), pour ne citer que ceux-ci.

Amidou Ilboudo nous confie que les autorités lui ont plusieurs fois confisqué ses produits, mais cela ne l’a pas empêché de poursuivre son commerce parce que la demande ne cesse de croître et qu’il n’a pas d’autres sources de revenu.

vbma 2« Nos clients apprécient nos produits. Je suis à côté du marché et quand certaines personnes sont épuisées d’avoir travaillé toute la journée, elles viennent prendre des remontants ici », affirme Amidou Ilboudo.

Ce vendeur de médicaments de la rue reconnaît avoir entendu parler des conséquences desdits produits, mais il précise qu’il n’a jamais reçu de plainte de la part de ses clients.

Quand les clients ne voient aucun inconvénient à utiliser ce type de médicaments…

« J'utilise ces médicaments depuis des années et je trouve qu'ils sont efficaces. Je ne comprends pas pourquoi les gens parlent de conséquences, parce que je n’ai remarqué aucun effet secondaire », clame Boureima, résident de la zone non lotie de Karpala, la quarantaine bien sommée.

vbma 3A la question de savoir pourquoi il préfère ces médicaments-là à ceux vendus en pharmacie, notre interlocuteur répond que c’est parce qu’il les trouve efficaces et moins chers. « Il y a des comprimés qui traitent plusieurs maux à la fois, donc on n’a pas besoin d’acheter beaucoup de produits différents », dit-il.

Richard est un ancien utilisateur de ces produits. Il confie que c’est leur facile accès qui l’a amené à les utiliser quelques fois. « Il y a des médicaments qu'on ne trouve pas en pharmacie mais qu'on peut obtenir là-bas. En outre, en pharmacie on ne peut acheter certains médicaments qu’après avoir préalablement présenté une ordonnance médicale ; pourtant, il n’y a pas la même exigence dans les ‘’pharmacies par terre’’ », ajoute-t-il.

Ces témoignages laissent entrevoir qu’il faut réorienter la sensibilisation. En effet, il est nécessaire d’expliquer aux populations que les conséquences de la consommation des médicaments de la rue peuvent être lentes et silencieuses.

Nafisiatou Vébama

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