FESPACO 2021: «Ethereality», de Gahigiri Kantarama, en compétition dans la catégorie court métrage
«Ethereality», c'est le film de la réalisatrice rwandaise Gahigiri Kantarama, projeté le mardi 19 octobre au Grand Méliès à l'Institut français de Ouagadougou. En compétition dans la catégorie court métrage, ce film relate le vécu de la diaspora africaine. Malgré la distance, ces Africains vivant à l'étranger gardent un profond attachement à leur continent.
Gahigiri Kantarama a illustré son message dans ce film à travers un astronaute revenu sur terre après plusieurs années d'absence. Un astronaute qui marche à la recherche de son identité mais invisible par la population. C’est une façon pour cette Rwandaise née en Suisse d'attirer l'attention des Africains en général et de la diaspora africaine en particulier. Les différents intervenants dans ce documentaire de 15 mn réalisé en Suisse ont réaffirmé leur attachement à l'Afrique. L'un d'eux, pour le confirmer, indique qu'à l'étranger, on ne parle ni de Nigérian, ni de Burkinabè, ni de Sénégalais, etc., mais juste d'Africains.
<< Le message principal du film est un message de souveraineté, d'unité et d'identité de mes personnages. S'ils ont été déplacés depuis 20 ans, 40 ans mais essaient de vivre et de créer quelque chose qu'ils ont perdu, c'est une bonne chose>>, a déclaré la réalisatrice. Gahigiri Kantarama dit avoir réalisé ce film après une expérience qu'elle a vécue en contact avec les autres Africains de la diaspora, surtout qu'elle même fait partie de cette diaspora. <<Ces personnes m'ont ouvert leur coeur, leur univers, et plusieurs années après, j'ai compris qu'en fait je parlais aussi de moi-même et de mon parcours, car j'ai dû quitter le Rwanda il y a longtemps>>, a-t-elle conclu. Gahigiri Kantarama n'est pas à son premier film. En effet, elle a réalisé son premier long métrage de fiction, <<Tapis Rouge>>, en 2014. Ce film sorti en salle en Suisse en 2015 et en France en 2017, a été récompensé à plusieurs reprises, notamment du prix du Meilleur long métrage francophone en 2014 au Festival international du film de Genève et de la Meilleure mise en scène en 2015 au Festival du film de Chelsea à New York. La réalisatrice a travaillé avec un autre réalisateur rwandais, Kivu Ruhorahoza, sur un thriller, <<Tanzanite>>. Elle est également actrice dans “The Mercy of the Jungle” de Joël Karekezi, sorti en 2018. Un film qui a remporté l'Étalon d'or au FESPACO 2019.
Barthélemy Paul Tindano
Débuté le 16 octobre 2021, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) bat son plein. Lundi nuit, les cinéphiles ont eu droit au long métrage du réalisateur burkinabè Boubacar Diallo « Les trois lascars ».
« Le message, c'est juste vous décourager, vous les hommes, avec vos histoires de deuxième bureau ou tchiza. Le réalisateur a voulu dépeindre cela sur un ton comique et il a eu raison, vu l'engouement. Les gens ont aimé », a poursuivi Aïda Nianda, épouse d'un des lascars dans le film. Halidou Sawadogo, dit Payangdé, acteur comédien, a quant à lui très positivement apprécié ce long métrage. « C'est formidable. C'est une première, on n’est pas habitué à la comédie dans ce genre de festival. Le film est totalement réussi, l'acteur et cinéphile que je suis a totalement apprécié ce film », s'est-il réjoui.
Si le public a adoré le film, un long chemin lui reste à faire : retenir l’attention des membres du jury. L’acteur comédien soutient : « Une chose est de faire aimer son film au public et une autre est de le faire apprécier du jury. C'est lui qui a le dernier mot. Si le film ne répond pas aux critères du jury, le public peut crier mille et une fois sur le montage mais ça ne passera pas ».
Depuis le clap d’ouverture du 27e FESPACO le 16 octobre, les projections de films se succèdent. Dans la soirée du lundi 18 octobre, c'est <<Oliver Black>> du jeune réalisateur marocain Tawfik Baba qui a été projeté au Ciné Burkina. L'auteur croit en ses chances de remporter l'Etalon d'or.
“Oliver Black” a été projeté dans de nombreux festivals internationaux et a remporté de nombreux prix, dont celui du meilleur long métrage international au Festival de cinéma de Alter do Chao au Brésil et le prix du meilleur film international au Festival international de cinéma de Lleida en Espagne.
Il a également raflé le prix du meilleur acteur grâce à son héroïne, Hassan Rishoy, et celui de meilleur acteur assistant, remporté par l’acteur sénégalais Modu Nabaw, lors de la 21e édition du Festival national du film de Tanger.
« Le Fespaco est une réalité. Il est un patrimoine de tout notre continent et de la diaspora. C'est un héritage de notre culture aux sources intarissables. Nous sommes un même peuple, nous vivons les uns chez les autres », a déclaré Abdoulaye Diop, ministre sénégalais de la Culture. Le Dr Fonyama Elise Thiombiano/Ilboudo, ministre de la Culture, a salué ses devanciers et s’est engagé à poursuivre leur œuvre. Elle n’a pas manqué de rendre hommage à l'ensemble des artistes burkinabè et du monde qui contribuent à émerveiller les peuples par leurs créations. « Le thème se veut un faisceau de rassemblement de tous les acteurs du cinéma. La tenue de cette édition nous donne l'occasion de réfléchir sur le devenir du cinéma africain. Et la contribution de la diaspora est la bienvenue. La flamme allumée depuis 1969 doit toujours briller », a-t-elle dit. Selon la ministre de la Culture, les difficultés dans le monde du cinéma, il y en a. « Nous devons ensemble relever le défi du manque de financement, des difficultés de diffusion des films », a-t-elle énuméré.
Après ces différentes interventions, place au clou de la cérémonie d’ouverture, à savoir le clap de départ donné par le chef de l’Etat, qui ouvre officiellement la compétition pour la conquête de l’Etalon d’or. « Aujourd’hui, toute l’Afrique a les yeux rivés sur le Burkina. Le thème qui a été choisi vise à voir quelles sont les difficultés, les contraintes, les perspectives du cinéma africain. C’est un thème qui est important et il faudra que l’ensemble des acteurs du monde se penchent sur ces difficultés pour lever le verrou qui empêche le cinéma africain de prospérer », a martelé le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.
Dans quelques heures, le palais des Sports de Ouaga 2000 va vibrer au rythme du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Sur le plan technique, tout est fin prêt et la compagnie « Faso danse théâtre » de Serge Aimé Coulibaly, pour sa part, promet un spectacle à la hauteur de cet événement culturel majeur. Radars Info Burkina a fait le constat des préparatifs de ladite compagnie dans la soirée du jeudi 14 octobre.
Selon le chef d’orchestre de ce «show» artistique, Serge Aimé Coulibaly, le rendez-vous sera respecté. «C'est vrai que nous avons eu quelques soucis au début concernant le matériel, qui n'est pas arrivé tôt, mais tout est rentré dans l’ordre», a-t-il d’ailleurs assuré. Hervé Kouamé, technicien vidéo venu spécialement de la Côte d'Ivoire pour la circonstance, affirme qu’il n'y a pas à s'inquiéter. «En ce qui concerne notre domaine, tout se passe bien. Nous avons presque fini», a-t-il lancé.
Situation sécuritaire oblige, les forces de défense et de sécurité burkinabè veillent au grain pour que cette grand-messe du cinéma africain se déroule dans la quiétude. En rappel, cette édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou se tient du 16 au 23 octobre. Le thème retenu est : «Cinéma d'Afrique et de la diaspora, nouveaux talents, nouveaux défis».
La grand-messe du cinéma africain, c'est dans deux jours. 239 films, toutes catégories confondues, seront projetés lors de ce 27e Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou ( FESPACO ). Parmi ces films, 17 sont en compétition pour l'Etalon d'or de Yennenga, dont “Les trois Lascars” de notre compatriote Boubacar Diallo. Radars Info Burkina s'est entretenu avec Evariste Combary, journaliste culturel, ancien directeur de la Télévision nationale et actuel directeur des chaînes thématiques de la RTB, non seulement pour en savoir davantage sur la contribution de la télévision à la promotion du FESPACO, mais aussi pour recueillir son point de vue sur l'avenir de ce grand rendez-vous du cinéma africain.
En plus, la professionalisation du cinéma burkinabè est une nécessité. Pour cela, il faut développer deux sortes de cinéma : le cinéma populaire, que tout le monde peut faire, et le cinéma du cinéma, qui est réservé aux professionnels. Selon M. Combary, c'est le cinéma populaire qui est en train de prendre le dessus de nos jours sur celui professionnel.
Or, la musique doit accompagner le FESPACO et non prendre sa place. Pour le journaliste culturel, il est également nécessaire de rapprocher le FESPACO des populations en faisant des projections dans les quartiers, car l'événement semble réservé aux acteurs du cinéma, aux techniciens et aux journalistes.
Ce sera quelque chose d'assez nouveau d'être assis à Paris, Marseille, New York, Washington, etc., et de pouvoir suivre sur le Net le FESPACO. La deuxième innovation est que nous allons utiliser du matériel plus performant. Le matériel DCP est du haut de gamme et donne une meilleure qualité de vision des films qui ont été sélectionnés», a-t-il soutenu.
Tout est fin prêt pour la tenue de la 20e édition des Kundé le vendredi 26 novembre 2021 au palais de sports de Ouaga 2000. C’est l’information donnée par le comité d’organisation de cet événement culturel majeur lors de sa toute première conférence de presse de l’année tenue ce 6 octobre à Ouagadougou. L’édition de 2020 n’ayant pu avoir lieu pour cause de Covid-19, celle de cette année sera jumelée à l’édition de 2021, ce qui donnera la 20e édition. Autre innovation : il y aura cette année 5 nominés dans chaque catégorie, contre 3 aux éditions passées.
Avec le jumelage des deux Kundé, il y aura donc 250 œuvres dans la catégorie clips œuvres ; 342 dans la catégorie albums de musique religieuse ;16 en musique traditionnelle ; 923 en musique profane ; 254 dans la catégorie artistes féminins dont 142 religieuses ; 4 au niveau des artistes étrangers vivant au Burkina ; 4 dans la catégorie artistes burkinabè de la diaspora ; 110 au niveau des ‘’kundeables'', c’est-à-dire les auteurs qui ont plus d’un album pour prétendre au Kundé d’or. À ce niveau, ils sont 82 hommes contre 28 femmes.
Selon le commissaire général des Kundé, Salfo Soré dit Jah Press, les petits plats sont mis dans les grands plats pour la bonne tenue de cette édition qui coïncide avec le 20e anniversaire des Kundé. A cet effet, toutes les dispositions sont prises sur les plans sanitaire et sécuritaire. A la question de savoir la raison de la baisse de productions dans certaines catégories, Jah Press répond que cela pourrait s’expliquer par le fait que la crise sanitaire a beaucoup impacté le milieu. Selon ce dernier, la cérémonie des Kundé est une première en Afrique au regard de la longévité et de la continuité de l’événement, ce qui constitue un motif de satisfaction. Après cette édition, des réflexions seront menées sur l’avenir des Kundé. Le concert after Kundé, quant à lui, aura lieu le 27 novembre.
Le spectacle chorégraphique que la compagnie de danse théâtre de Serge Aimé Coulibaly préparait à l'ouverture et à la la clôture du grand rendez-vous du cinéma africain qu’est le FESPACO depuis cinq mois risque de ne pas avoir lieu. En tout cas, c'est l'information que le chorégraphe a donnée le lundi 4 octobre 2021 à Ouagadougou aux 80 danseurs professionnels auditionnés et engagés pour l'événement. Une information qui a plongé ces danseurs dans la déception et le désarroi. D’après Serge Aimé Coulibaly, la ministre burkinabè de la Culture juge le spectacle budgetivore.
Serge Aimé Coulibaly a pu obtenir une audience avec la ministre, à qui il a expliqué en détail le le spectacle qu'il prépare et la portée de celui-ci. Mais à sa grande surprise, la ministre lui aurait dit que non seulement elle n'était pas au courant de la tenue dudit spectacle, mais en plus le budget qu’il nécessite est trop élevé. La patronne du département de la Culture a en outre supprimé certaines scènes du spectacle qui devait réunir des célébrités nationales et internationales, parmi lesquelles Iron Bibi, Amzy, Oyou, Souké et Sidiki. Alors que le chorégraphe a proposé un budget plus bas par rapport aux précédents FESPACO. Il dit qu’il ne comprend pas qu’après 50 ans du FESPACO, le Burkina Faso ne soit pas capable d'organiser un spectacle chorégraphique d’une telle envergure. Pire, M. Coulibaly confie qu’il a appris, à moins de deux semaines de la biennale du cinéma africain, que d'autres artistes ont été contactés pour présenter le spectacle.
Du côté des danseurs, la déception est totale d’autant plus qu’ils disent avoir mis entre parenthèses leurs autres activités pour se consacrer à la préparation de ce spectacle chorégraphique, allant même jusqu’à acheter un billet d’avion pour être présents au Burkina.
Dans le cadre de l'édition 2021 du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), principal festival africain du 7e art, la sélection des films avait été dévoilée par le comité de sélection. Sur un total de 239 productions filmiques, 34 proviennent du Burkina, pays hôte du Festival. Avec le réalisateur Michel Zongo, qui s’est prêté à nos questions, nous évoquons cette sélection ainsi que les chances du Faso de remporter l’Etalon d’Or Yennenga et de faire bonne figure dans le classement final.
« C’est une compétition, peut-être qu’il faut aller avec le film qui a beaucoup plus de chances », a-t-il ajouté. Même si à cette biennale de la culture plusieurs prix seront décernés, le cinéaste Michel Zongo déplore que le FESPACO soit rattaché uniquement à son prix. Selon lui, le cinéma, c’est beaucoup plus que cela ; c’est un art majeur, donc il faut aller au-delà du simple prix. « Après vous voyez qu’il n’y a que 3 prix (Ndlr : Or, Argent et Bronze). Il n’y a pas de prix pour tout le monde, les prix sont les célébrations de l’excellence mais ça ne veut pas dire que les autres films ne sont pas bon », fait remarquer le jeune réalisateur. « Il faudra voir le dynamisme des jeunes qui créent, il faudra voir l’occasion que les cinéastes offrent de voir des films. Des films qui ne sortiront pas forcément en salle, qui ne rencontreront pas leur public. C’est tout un ensemble qu’il faut apprécier », explique M. Zongo. Mieux, il pense que l’art, en particulier le cinéma, ne peut pas être vu dans ce créneau. C’est réducteur, appuie-t-il. « On doit célébrer nos cinéastes qui sont au FESPACO. Faire un film est déjà un trophée », martèle-t-il.
Michel Zongo n’a pas manqué de fustiger le fait que les cinéastes soient seulement mis en lumière lorsque le FESPACO approche. « Il m’a tout l’air que le cinéma n’existe vraiment qu’1 ou 2 mois avant le FESPACO », déclare l’homme de cinéma. Toujours selon lui, il faut faire exister le cinéma dans son ensemble avant le FESPACO. « Le FESPACO, c’est la grande fête du cinéma, certes, mais pendant les 2 ans aussi les gens font des choses, travaillent ; les films sortent, les gens tournent faire des films. Comment on fait pour que ce dynamisme soit porté pour les encourager et aussi pour trouver des solutions ? » c’est là la grande interrogation.










