Société : « Le public burkinabè a faim et soif de produits cinématographiques burkinabè, surtout lorsqu’ils sont faits dans le style populaire », Aboubacar Diallo, étudiant en cinéma et audiovisuel
Généralement opposé au film d’auteur, le film populaire suscite de plus en plus d’intérêt, tant du côté des réalisateurs que de celui des cinéphiles burkinabè. Des spécialistes de la question expliquent les raisons d’un tel attrait pour ce type de film dans les salles de cinéma
Mamadou Badolo est réalisateur, scénariste et premier assistant réalisateur pour le film populaire « Infidèle ». Selon ce spécialiste de questions cinématographiques, le film populaire, contrairement au film d’auteur, aborde généralement des sujets proches des populations et des réalités communautaires. Il cite en exemple la plupart des films tournés autour du thème de l’excision. Pour lui, les films indiens, par exemple, doivent leur succès au choix de ce type de films. « La plupart des films indiens sont des films populaires. Ils mettent en exergue leur culture, leur façon de faire. Dans leurs films, l’habillement et tous les gestes de l’acteur principal est un trait de la culture indienne et toute la population s’y identifie », explique-t-il.
Pour Aboubacar Diallo, étudiant en formation à l’ENAM en cinéma et audiovisuel, la raison première pour quelqu’un qui vient au cinéma, c’est le loisir. On a besoin de s’identifier aux acteurs qui sont dans le film. Aboubacar Diallo pense que les cinéphiles ont besoin de sentir parfois que c’est leur histoire qui est en train d’être racontée. « Le public burkinabè a vraiment faim et soif de produits cinématographiques burkinabè, surtout lorsqu’ils sont faits dans le style populaire », a-t-il martelé.
L’étudiant estime que les films d’auteur traitent rarement des histoires d’amour et le grand public ne s’y retrouve pas souvent. Par contre, avec le film populaire, il y a un grand engouement qui conduit parfois à visionner le même film plusieurs fois. Il a aussi fait savoir que les films populaires sont une solution pour faire revivre les salles de cinéma qui ont été délaissées pendant longtemps.
Selon lui, les salles ne sont pas construites pour rester vides et qu’il faut aussi voir dans le cinéma une industrie où la loi de l’offre et la demande est à prendre en compte. « Quand on crée un produit qui n’est pas demandé, il ne faut pas être surpris que la population ne soit pas intéressée », renchérit-il
Aboubacar Diallo pense aussi que le cinéma d’auteur est l’idéal, même s’il n’est pas forcément commercial et que c’est la vocation première du cinéaste. Il reste le meilleur produit cinématographique qu’un cinéaste peut espérer produire parce que c’est ce film qui va voyager à l’international.
« Sans être un spécialiste du cinéma ; je me dis quand même qu'on fait le film c’est pour les populations. Lorsque les films sont populaires et aimés par la plupart des gens, c'est ce qui va les attirer vers les salles de cinéma Si vous voyez aujourd'hui que les gens donnent plus d'importance aux films du Nigeria, c'est parce que ces films sont populaires. Lorsque nous faisons des films pensons à la cible parce que les films populaires sont l'avenir du film burkinabè à mon avis », explique Ibrahima Badiel, représentant de la ministre de la femme à l'occasion de la projection du film « La Dette » du réalisateur Aimé Bado
Selon Abdoul Bagué, réalisateur de cinéma, quant à lui dira que « quand un public adhère à quelque chose forcément cela va faire du bruit, cela va faire de l'écho ». Il affirme que le cinéma populaire est l'avenir du cinéma burkinabè. « Le cinéma populaire permettra aux cinéphiles de faire revivre le cinéma en salle et de redonner une couleur à ce secteur qui dort un peu. Je pense que c'est la voie pour donner un coup de pouce à notre à notre cinéma », conclut-il.
Bessy François Séni
La musique burkinabè a subi beaucoup de mutations ces dernières décennies. On constate l’émergence d’une génération d’artistes musiciens ayant un style différent de celui de leurs prédécesseurs. Pour Marius Diessongo, journaliste et consultant culturel, la musique burkinabè a puisé pendant longtemps dans ses propres racines, même si elle a été souvent influencée par des bases rythmiques extérieures.
Marius Diessongo a en outre fait remarquer que c’est à partir de 2005 qu’on a vu apparaître un artiste musicien comme Yoni avec son album Nonglom. C’était une œuvre musicale faite purement de la musique burkinabè à sa base rythmique avec un mélange de musiques moaga, peule et de wedbindé. Yoni a transmis son rythme à Floby qui à son tour l’a transmis à d'autres comme Sofiano et ainsi de suite. Hamed Smani a créé le takborsé, Dez Altino est arrivé avec sa rythmique issue de Ouahigouya. « Peut-être qu'il y a eu des influences sur des consommateurs parce ces derniers sont friands de musique ivoirienne, mais pas sur les artistes forcément », a indiqué Marius Diessongo.
Il fait partie des artistes incontournables en matière d’humour au Burkina et en est l’un des précurseurs. Membre du groupe Génération 2000 dont il est aujourd‘hui le leader, Jean Aimé Bayili, alias JONH’ES, nous dit ce qu’il pense de la promotion de la culture au Faso dans cet article.
Interrogé sur l’importance du groupe Génération 2 000, Momo l’intellectuel ne tarit pas d’éloges sur celui qu’il appelle affectueusement « papa ». « Ce groupe a été la porte d’entrée pour bon nombre d’acteurs et ce qu’on est aujourd’hui, c’est à lui qu’on le doit », nous confie le lauréat du Ouistiti d’or Momo l’intellectuel.
Ils font partie des meilleurs humoristes du Burkina. Eux, c'est Syatik et Kérékékankoukan du groupe Gombo.com, ce duo de fous du rire qui relève le défi d'être de plus en plus vu à des cérémonies lors desquelles il incarne le rôle d’enfants bien éduqués qui n’hésitent pas à dire tout à tout le monde. Qu’est-ce qui fait la particularité de ce groupe qui, depuis maintenant une dizaine d’années, arrache le sourire au public ? Réponse dans cet article.
Comme on a coutume de le dire, la vérité sort de la bouche des enfants. C’est conscient de cela que ce duo a décidé d’incarner le rôle d’écoliers. « On a opté d’incarner le rôle d’enfants car l’enfant est pardonné d’office malgré tout ce qu’il fait et dit», a expliqué Idrissa Nikiéma. L’essentiel, c’est de proposer une représentation de qualité au public. Pratiquement absent depuis son dernier spectacle en février 2021, le groupe Gombo.com observe une sorte de pause mais, à en croire Ousmane Bamogo, « c’est un retranchement pour mener la réflexion sur de nouveaux personnages à incarner. » Avec la multiplication des spectacles, le groupe doit savoir qu’il lui est nécessaire de se réinventer s'il veut éviter de sombrer dans le piège de la monotonie, du déjà-vu. C'est en tout cas l’avis de John’s, artiste comédien, qui affirme : « Les artistes ont besoin d’explorer d’autres univers, artistiquement parlant, pour voir ce que cela donne, pour pimenter leur art. » Et d’exhorter la nouvelle génération à la créativité. Mais, ajoute Ousmane Bamogo, « la latitude est laissée au promoteur, voire au public, de choisir le rôle à incarner par Gombo.com : un rôle d’enfants ou de nouveaux personnages. » Toutefois, le groupe déplore le manque de salles pour les spectacles et invite le ministère de la Culture à œuvrer à diversifier les infrastructures dans tout le pays.
Présent à cette soirée artistique, l’artiste Smockey n’a pas manqué d’éloges à l’égard de Bil. « C’est un musicien merveilleux. Ce qu’il faut retenir ce soir, c’est que les vieilles marmites font de la bonne sauce. Bil est un musicien qui a un bagage musical assez varié et puisé dans le terroir national», a-t-il déclaré.
Sous le haut patronage de la ministre de la Culture, Élise Ilboudo/Thiombiano, et du directeur du Bureau burkinabè du droit d'auteur (BBDA), Walib Bara, la 14e édition du FIRHO s’est ouverte le vendredi 9 avril 2021 au CENASA sur le thème «Humour et droit d'auteur». C’était en présence d’un nombreux public.
«C'est un honneur pour le BBDA d'être pris en compte dans le thème de ce festival. Cela nous invite à la veille pour assurer aux artistes un plein droit à leur dû qui récompense leurs efforts et travail», a dit M. Bara.
Le FIRHO, qui se tient cette année du 9 au 11 avril, a traversé vents et marées avant de se positionner comme un festival international avec des humoristes venant des quatre coins du monde pour l’occasion. Pour cette édition, Kôrô-Abou et Walass seront de la partie. L’une des principales innovations cette fois-ci est la participation au FIRHO de 10 filles des 13 régions du Burkina Faso formées à Ouagadougou pendant 10 jours pour «relever le défi féminin dans l'humour». Il y a également au programme un défilé de mode humoristique couronné par une coupure de gâteau d'anniversaire en présence de la première Dame du Faso, Sika Kaboré, et du couple Komboïgo.
Un thème qui est un plaidoyer envers les artistes à faire leur part mais aussi une invite au BBDA à respecter sa part du contrat. La crise sanitaire qui secoue le monde n’arrange pas les choses en ce qui concerne le financement qui est un maillon essentiel du bon déroulement de toute activité, à en croire Augusta Palenfo : « Beaucoup a été fait et reste à faire à travers les bonnes volontés et les sponsors avec au premier plan le public. Avec pour ambition nourrie de voir émerger de nouveaux talents issus des centres de formation.»
Le samedi 5 avril 2021 a eu lieu à la mairie centrale de Ouagadougou le lancement du premier catalogue de mode et de tourisme au Burkina Faso. Une initiative qui a permis de mieux faire connaître l’identité culturelle burkinabè à travers des stylistes.
Mode rimant avec pagne et tissu, cet événement a été l’occasion pour le ministre burkinabè du Commerce et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, de saluer tous les artisans du pays avant d’inviter à la pérennisation d’une telle initiative pour que la destination Burkina Faso en ces temps de crise sécuritaire soit vue autrement, voire appréciée. « Soyez fier de vous habiller burkinabè, en faso-danfani, en koko-donda », a-t-il conclu.
A noter qu’a également eu lieu à cette occasion le lancement officiel de la boutique virtuelle pour les créateurs de mode dénommée « tondaaga », qui signifie « notre marché » en langue nationale mooré. Selon le promoteur Issa Malgoubri, « acheter un produit chez tondaaga, c’est rendre service aux artisans burkinabè ».
Très vite, Bandé est sollicité par des stylistes de la ville de Ouagadougou pour la promotion de leurs produits. Membre de la Ligue des sapeurs du Burkina, le jeune mannequin côtoie sur les podiums d’autres amoureux des défilés de mode comme le doyen Moussa, un professionnel qui défile un peu partout dans le monde. « C'est un grand frère avec qui je discute beaucoup et qui me donne des conseils », précise-t-il.










