jeudi 5 février 2026

lng uneLe Cercle national de linguistique (CNL) est une association principalement constituée d’étudiants en linguistique dont l’objectif principal est de mettre en valeur le linguiste burkinabè et ses domaines d’action, notamment l’étude scientifique des différentes langues. Il a procédé au lancement de ses activités au cours d’un panel ce samedi 9 avril 2022 à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou. Etudiants et professeurs du département de linguistique ont échangé, au cours de cette rencontre, sur l’historique et l’émergence des sciences du langage au Burkina Faso, ainsi que sur les perspectives qui en découlent.

Le CNL se veut un cadre de réflexion scientifique sur la linguistique et les langues nationales.  Selon le professeur Pierre Malgoubri, enseignant chercheur au département de linguistique de l’UO, panéliste, il est démontré que personne ne peut se développer en dehors de sa langue. C’est pourquoi la linguistique occupe une place importante dans le développement de tout pays. La Chine, qui s’est développée à partir de sa langue et est aujourd’hui une grande puissance mondiale, en est un exemple illustratif. lng 2« Si on veut vraiment se développer, il nous faut prendre en compte nos langues nationales. On ne dit pas de le faire en excluant les autres langues. Nous prônons l’utilisation de nos langues nationales en partenariat avec les autres langues comme le français, l’anglais, le chinois ou le japonais. L’essentiel, c’est que nous sachions qu’on ne peut se développer en dehors de nos langues », a déclaré le professeur Malgoubri.

lng 3Lors des assises nationales sur l’éducation nationale tenues en décembre 2021, il a été décidé d’insérer des langues nationales dans l’enseignement. Pour le coordonnateur du Cercle national de linguistique, Drissa Guiatin, si on veut élaborer des documents d’enseignement en langues nationales, le CNL peut être mis à contribution. Toujours selon lui, la linguistique revêt une importance capitale dans la compréhension des phénomènes sociolinguistiques d’une nation. « Le rôle du linguiste ne se limite pas à la description des langues. Il va au-delà du volet interne pour embrasser la dimension sociale des langues. Le linguiste est celui-là qui étudie le rapport entre la langue, la culture et la société, c’est-à-dire l’évolution des langues dans le temps et dans l’espace ainsi que les différentes influences qui peuvent exister entre elles », a expliqué M. Guiatin.

Science par excellence de description des langues humaines, la linguistique occupe une place importante   dans la survie des langues endogènes d’un pays. Dans un pays comme le Burkina Faso, où la langue officielle est toujours une langue étrangère, la contribution du linguiste à la valorisation, la promotion et même la protection de nos langues nationales n’est plus à démontrer.

Barthélémy Paul Tindano

secure uneDans l’un de nos précédents articles, nous avons fait le bilan des 6 années de pouvoir de l’ex-président Roch Marc Christian Kaboré dans un entretien que nous a accordé Aseghna Anselme Somda, chef des programmes du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD). Dans le présent article, il aborde la question de l’insécurité qui a fragilisé le pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP).

Dès son arrivée au pouvoir, l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré a été accueilli par une attaque terroriste survenue le 15 janvier 2016 avant même la prise de fonction des membres du gouvernement. Et ses 6 années de pouvoir ont été marquées par des attaques à répétition.   Chaque Burkinabè ne devrait-il pas faire son autocritique et reconnaître que dans ce qui arrive au pays, il y a une sorte de faillite collective ? Les militaires qui sont au pouvoir ne doivent donc pas accuser les hommes politiques d’être seuls responsables de cette situation.

secure 2« Si on n’a pas la sécurité, l’institution militaire ne peut pas dire qu’elle est exempte de reproches. Je pense que c’est l’occasion de dire aux militaires qu’ils doivent balayer devant leur porte aussi.  Parce que tout ce qu’on reproche au président Kaboré en matière d’ingouvernance au niveau du secteur de la sécurité, on ne peut pas lui imputer toutes les fautes. Les évènements d’Inata sont une illustration. Si des soldats n’ont pas à manger, de vous à moi, est-ce que c’est le président Kaboré qui va aller aussi donner à manger aux soldats ? Si l’Assemblée a voté la loi de finances, on a alloué un budget aux forces de défense et de sécurité, si les soldats n’ont pas à manger ce n’est pas la faute à l’Assemblée ni la faute au président du Faso. Parce que des ressources sont allouées, mais ce sont des personnes qui n’ont pas fait leur travail », a-t-il déclaré.

secure 3Selon le chef des programmes du CGD, en plus de l’insécurité qui régnait, l’ancien président n’a pas sur manager son pouvoir qui était devenu autoritaire vers sa fin pendant que la corruption était devenue monnaie courante. Les coupures intempestives d’Internet, le refus d’accorder les autorisations de manifester étaient devenus quasi systématiques lorsque les manifestations ne partaient pas dans le sens du soutien au régime.

« Vous savez, l’ex-président Kaboré a toujours été vanté comme étant un véritable démocrate sur la gouvernance. Oui je ne croyais pas trop en l’homme, mais sa foi en la démocratie, ça quand même je n’en doutais pas. Parce que ce sont deux choses différentes. On peut être un bon démocrate et du point de vue de la gouvernance être une catastrophe. Tout comme on peut être un dictateur mais avoir une gouvernance vertueuse. Si le Rwanda peut nous servir d’exemple, on ne peut pas dire que c’est une grande démocratie mais du point de vue de la gouvernance, tout le monde sait que c’est la vertu qui est mise en avant au Rwanda. Mais le Rwanda, ce n’est pas une démocratie comme au Burkina. Il n’y a pratiquement pas d’opposition là-bas et la liberté d’expression, ce n’est pas la chose la mieux partagée non plus. Mais du point de vue de la gouvernance, on sent un monsieur (Paul Kagame : ndlr) qui dit zéro tolérance à la corruption », a-t-il ajouté. De l’avis d’Anselme Somda, la mal gouvernance, caractérisée par la corruption et la restriction des libertés, a contribué à la chute du régime de Roch Marc Christian Kaboré.

Barthélémy Paul Tindano

iavocats uneAprès le verdict rendu le 6 avril 2022 par la chambre de jugement du tribunal militaire de Ouagadougou dans l’affaire « Thomas Sankara et 12 autres », le collectif des avocats de la famille du défunt père de la Révolution a tenu une conférence de presse ce jeudi 7 avril à Ouagadougou.  Objectif : donner à l’opinion nationale et internationale son appréciation du verdict du procès Thomas Sankara. Selon les conférenciers, la justice a été rendue dans un procès équitable et conforme aux normes internationales.

Les conférenciers de ce point de presse étaient Maîtres Bénéwendé Sankara, Prosper Farama, Lalgo Patrice Yaméogo ainsi que la veuve du président Sankara, Mariam.  Selon Me Sankara, qui a fait la déclaration liminaire, la chambre de jugement du tribunal militaire de Ouagadougou, par cette décision, inscrit en lettres d’or dans l’histoire judiciaire du Burkina Faso le nom du juge Urbain Méda et ceux  de tous les membres de la chambre qui, pour la postérité, ont courageusement dit le droit et rendu la justice au nom du peuple burkinabè. iavocats 2« Cette décision, si elle est une victoire, est le mérite d’abord de notre cliente principale Madame Mariam Sankara, dont il faut saluer le courage, la bravoure et l’abnégation. Ensuite, elle est le fruit du combat de tous les hommes et femmes épris de justice, de vérité, de paix et de liberté comme valeurs cardinales de la dignité humaine. Cette victoire, il faut aussi la dédier à la presse », a déclaré Me Sankara, pour qui la manifestation de la vérité doit être intégrale, car elle ne peut être révélée à moitié.

« Beaucoup de zones d’ombre subsistent, notamment sur le plan des complicités internationales, et il est également vrai que les véritables auteurs, Blaise Compaoré et Hyacinthe Kafando, ont pu fuir leur pays pour tenter de se dérober à la justice, mais l’aspiration essentielle du peuple burkinabè, de l’Afrique et de l’opinion en générale est atteinte en ce sens que la vérité s’est manifestée », a-t-il ajouté.

iavocats 3A la question de savoir si les condamnés pourraient bénéficier d’une grâce présidentielle dans le cadre de la réconciliation nationale, Me Prosper Farama répond que même s’il doit y avoir amnistie, cela devra se faire dans les règles de l’art. Il ajoute qu’on ne peut pas pardonner à des gens qui n’ont pas reconnu leurs torts ni demandé pardon. « Même si on suppose que Diendéré a la clé magique pour nous sortir du terrorisme, c’est comme si on nous disait que si un médecin tue quelqu’un et qu’on l’amène en prison, il faudra le libérer car il y a des patients dehors. Si le salut de notre peuple doit venir de Diendéré, nous sommes morts », soutient le défenseur de la veuve et de l’orphelin. 

Mariam Sankara, la veuve du défunt président, quant à elle, s’indigne que les condamnés n'aient pas reconnu leur crime, mais elle se réjouit tout de même que certaines révélations aient été faites lors du procès. « Nous, les familles des victimes, nous avons pensé que les accusés comme les témoins diraient des vérités pour libérer leur conscience et pour nous soulager. Malheureusement, beaucoup d’entre eux ont tout nié. Il y a des gens qui ont livré des témoignages édifiants et d’autres en revanche qui n’ont rien dit. Les personnes dont on pensait qu’elles donneraient beaucoup d’informations n’ont presque rien dit. Et cela nous a permis de savoir qui est qui, quelles étaient les personnes qui entouraient Thomas et qui clamaient qu’elles étaient des révolutionnaires », a-telle affirmé.

Selon Mariam Sankara, qui a pratiquement suivi de bout en bout ce marathon judiciaire, s’il y a la vérité aujourd’hui sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, c’est en partie grâce à la presse et à la société civile burkinabè. C’est pourquoi elle n’a cessé de remercier ces acteurs de la société.

Barthélémy Paul Tindano

tci unePeu de gens espéraient la tenue un jour d’un procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons, mais certaines personnes y croyaient dur comme fer. Et 35 ans après, l’histoire leur a donné raison. En effet, après la chute de l’ex-président Compaoré, les lignes ont commencé à bouger dans cette affaire. Et aujourd’hui, le verdict sur ce jugement historique est tombé. Pour beaucoup, on doit tirer des leçons de ce procès.

« Nous souhaitons que cela serve de leçon à tout le monde, aux parents des victimes que nous sommes, au public et aux autres. Nous souhaitons que le verdict calme un peu tout ce que nous avions comme ressentiment », tels sont les propos de Mousbila Sankara, qui s’exprime en tant qu’ancien membre CDR (comité de défense de la révolution).  

Pour Me Prosper Farama, l’un des avocats de la partie civile, le combat pour la justice et la vérité ne s’arrête jamais à un procès. Et ce procès doit servir d’exemple pour empêcher d’autres personnes d’emprunter le chemin des condamnés. « C’est un jour de délivrance pour le peuple burkinabè, un jour de délivrance aussi pour les familles de ces victimes qui ont souffert le martyre pendant près de 35 ans. L’Afrique tout entière et peut-être le monde se souviendront un jour qu’un peuple s’est battu pendant plus de 34 ans pour que justice soit rendue à des hommes valeureux qui sont tombés le 15 octobre 1987, tués par la barbarie de leurs camarades. Notre espoir aujourd’hui de ce procès, c’est que ce genre de crime odieux n’arrive jamais au Burkina ni ailleurs en Afrique », a-t-il déclaré.

tci 2« L’histoire retiendra que Thomas a aimé son pays », déclare Alouna Traoré, le seul rescapé du 15-Octobre parmi ceux qui étaient avec Thomas Sankara. Pour lui, Thomas Sankara a été tué pour avoir aimé son pays. « Nous avons rêvé le Burkina. Ils ont attaqué notre rêve, pensant pouvoir le tuer. 35 ans après, je me rends compte que le rêve burkinabè tient la route, enthousiasme tout le continent et que les lignes sont en train de bouger. Thomas a fait œuvre utile, son exemple est en train d’être suivi », a-t-il martelé.

tci 3Mais pour certains, ce n’est que partie remise, car le procès doit se poursuivre. « N'oublions pas que le procès Sankara n’est pas fini. Ce n’est que la partie nationale qui a été jugée.  Il reste la complicité internationale. Comme le juge a fait une disjonction de procédure, ce n’est là qu’une victoire d’étape. Il y a encore d’autres étapes à franchir, notamment la réhabilitation de la mémoire de Thomas Sankara en construisant le mémorial Thomas Sankara et en organisant des obsèques nationales dignes de son nom parce que toute l’Afrique nous regarde », affirme pour sa part Luc Damiba du Comité international du mémorial Thomas-Sankara.

Cependant, les avocats de la défense trouvent les peines très lourdes pour leurs clients, mais ils s’en tiennent à la décision du juge Urbain Méda. Maître Mathieu Somé est l’un des avocats du général Gilbert Diendéré, condamné à la prison à vie. « La peine est excessive, de mon point de vue. Etant accusé présent, il (ndlr : Gilbert Dienderé) a pris la même peine que ceux qui étaient absents.  J’ai trouvé cela, sans entrer dans les détails, pas tout à fait juste. Parce qu’il est venu quand même apporter sa contribution en s’expliquant devant le juge », a déclaré l’avocat. A l’en croire, un recours pourrait être engagé dans les 15 jours qui viennent si son client juge cela nécessaire, car la loi l’y autorise. 

Barthélémy Paul Tindano

vrdc uneLa sentence du juge Urbain Méda dans le procès dit « Thomas Sankara et 12 autres » est tombée ce mercredi 6 avril 2022 au tribunal militaire de Ouagadougou, délocalisé à la salle des banquets de Ouaga 2000. Les principaux accusés, à savoir Blaise Compaoré dit Jubal, Hyacinthe Kafando  et le général Gilbert Diendéré, ont tous été condamnés à la prison à vie, tandis que les médecins militaires Hamado Kafando et Alidou Jean Christophe Diébré ainsi que l’accusé Bossobè Traoré ont été acquittés.

Débuté le 11 octobre 2021, l’historique procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et 12 autres le 15 octobre 1987 au Conseil de l’entente à Ouagadougou a connu son épilogue ce mercredi 6 avril 2022. Si le parquet militaire avait requis 30 ans de prison ferme contre Blaise Compaoré et Hyacinte Kafando et 20 ans contre Gilbert Diendéré, le tribunal, lui,  a décidé de condamner ces trois derniers  à la prison à perpétuité. En revanche, il a acquitté l’accusé Bossobè Traoré, contre qui le parquet avait requis 20 ans, ainsi que les deux médecins militaires Hamado Kafando et Alidou Jean Christophe Diébré, auteurs du certificat de décès portant la mention « mort naturelle » et poursuivis pour faux en écriture publique.  vrdc 2Les accusés Nabonsseouindé Ouédraogo et Idrissa Sawadogo, quant à eux, écopent chacun de 20 ans de prison ferme. 10 de prison ferme, c’est la peine « servie » à Tibo Ouédraogo ainsi qu’à l’officier de gendarmerie à la retraite Jean Pierre Palm. Yamba Elisé Ilboudo, celui-là même dont les précisions ont permis au cours de ce jugement emblématique de mieux comprendre le déroulement du drame du 15 octobre, prend 11 ans de prison ferme. Albert Belemliliga et Diakalia Démé écopent chacun de 5 ans de prison avec sursis. S’agissant de Ninda Tondé dit Pascal, c’est 3 ans de prison ferme qu’il prend.

vrdc 3Le moins qu’on puisse dire, c’est que le verdict de ce procès était très attendu par les familles des victimes, qui estiment que ce jugement servira de leçon aux Burkinabè. « Nous avons attendu 35 ans. On a tous ensemble entendu aujourd’hui le verdict du juge.  C’est quelque chose qu’on a demandé. On a demandé la justice, on a demandé la vérité. Nous pouvons dire que nous avons pris connaissance de beaucoup de choses, des choses qui avaient été dites et que ce procès a permis de confirmer », a déclaré Mariam Sankara, veuve de l’ancien président Thomas Sankara. Elle estime par ailleurs que ce procès donnera des leçons sur les violences politiques au Burkina. Malgré sa condamnation à la prison à vie, le général Diendéré est resté égal à lui-même. Il a même été acclamé par certains de ses partisans venus le soutenir.

Suspendue, l’audience reprendra le mercredi 13 avril avec les réclamations des différentes parties et des échanges d’écritures.

Barthélémy Paul Tindano

war 1Depuis le 24 février, le monde entier retient son souffle, craignant une 3e Guerre mondiale. En effet, c’est à cette date que la Russie a lancé une action militaire contre son voisin ukrainien. Un conflit qui n’est pas sans inquiéter le continent africain. C’est au regard de cette situation que la Société burkinabè de géopolitique (SBG) a tenu une conférence publique ce samedi 2 avril 2022 à Ouagadougou pour analyser les enjeux de cette guerre entre russophones sur l’Afrique.

Deux thèmes ont été au menu de cette conférence animée par deux personnalités.  Le premier : « Guerre Russie/Ukraine : quels sont les enjeux et opportunités pour l’Afrique ? » a été développé par Angeline Savadogo, communicatrice et membre de la SBG. Selon cette panéliste, les questions relatives aux conséquences de cette guerre pour le Burkina et les autres pays de l’Afrique se situent au niveau des importations, notamment en termes de hausse des prix du carburant. Pour Angeline Savadogo, cette hausse des prix qui est déjà constatée dans certains pays voisins va se généraliser un peu partout en Afrique.

war 2Le professeur Ousseni Illy, quant à lui, a entretenu l’auditoire sur le thème « Sommes-nous aux portes d’un nouvel ordre mondial ? » Une question à laquelle le conférencier a répondu par l’affirmative, lui qui soutient que  l’ordre mondial, qui est traditionnellement dominé  depuis les trente dernières années par la puissance américaine, était déjà bousculé. De son  point de vue donc, cette guerre vient confirmer un retour de la Russie sur la scène internationale qui avait déjà été amorcé avec son intervention en Syrie et l’annexion de la Crimée en 2014 .

war 3«Tous ces faits montrent que la Russie, qui s’était éclipsée pendant un moment après la chute du mur de Berlin et l’éclatement de l’ex-URSS, est en train de revenir sur la scène internationale et cela avec d’autres puissances comme la Chine, le Brésil et l’Inde, qui ont émergé entre-temps», a-t-il déclaré. Cette remise en cause de la puissance américaine et des Etats occidentaux n’est pas sans risques pour le continent africain, selon le professeur Illy. « Il y a comme deux blocs qui se forment : le bloc russo-chinois et le bloc occidental autour des Etats-Unis et de l’Europe, mais pour l’instant on sent que du coté occidental il y a un peu de retenue », a-t-il ajouté.

Pour le second conférencier, les conséquences directes de cette guerre sur l’Afrique sont des répercussions   sur le plan économique car les deux Etats en conflit sont des pays majeurs, à la fois en termes de productions agricoles comme le blé, ce qui a un impact sur le prix de la farine de blé et du pain, et en termes de production d’hydrocarbures, ce qui a pour conséquence une hausse des prix du carburant.

Barthélémy Paul Tindano

rchb uneDeuxième président civil démocratiquement élu de son pays,  Roch Marc Christian Kaboré a été renversé suite à un putsch perpétré par le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR),  dirigé par le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. Après 7 ans de gestion du Faso par le président déchu, quel bilan peut-on faire en matière de gouvernance démocratique ?  Radars Info Burkina s'est entretenu avec Asseghna Anselme Somda, chef des programmes du Centre pour la gouvernance démocratique  (CGD), qui soutient que le regime Kaboré n'a pas été à la hauteur des attentes du peuple burkinabè.

Pour Asseghna Anselme Somda, il est vrai que le pouvoir du Mouvement du peuple pour le progrès  (MPP) n'a pas été à la hauteur des attentes,  mais dire qu’il n’a rien fait n’est pas non plus exact. Pour lui, les points relativement positifs du régime Kaboré sont, entre autres, la réalisation d’infrastructures routières. Car en 6 années de pouvoir, le régime Kaboré a augmenté les capacités du Burkina Faso en termes d’infrastructures routières ; que ce soit en termes de nouvelles routes ou de routes qui étaient dégradées qu’il fallait rependre. Même si  beaucoup de ces routes en réalité ont fait l’objet d’accords négociés et signés depuis Blaise Compaoré, ratifiés sous la Transition 2014-2015 et réalisées au cours du mandat de Roch.

rchb 2"Je prends l’exemple de  la route Toma-Tougan-Didyr. Lors du  lancement des travaux, le Premier ministre d'alors, juste après être revenu de Paris pour la collecte des fonds pour le PNDES, avait affirmé que c’est le PNDES (ndlr : Plan national pour le développement économique et social) qui est en marche. Or, il s’agissait d’un projet  dont l’accord de prêt avait été signé sous Blaise Compaoré, ratifié sous la Transition post-insurrection et dont les financements étaient déjà dans les circuits. Il faut dire qu’il y avait une communication politique qui a attribué exclusivement à Roch Kaboré la réalisation de certaines infrastructures routières alors que ses prédécesseurs ont aussi fait des réalisations dans ce domaine. Cependant, de façon globale, il faut reconnaître qu’il y a eu une évolution majeure en matière d’infrastructures routières sous l’ère Kaboré", a-t-il déclaré.

rchb 3Un autre acquis, selon M. Somda, c'est  qu’il y avait  une sorte de réceptivité du régime déchu en matière de débats publics.  Les autorités étaient disposées à mener les débats publics avec des citoyens. "En tant qu’acteur de la gouvernance, nous avons pu implémenter un programme dénommé le ‘’Présimètre'', où Roch Kaboré a autorisé son gouvernement à se prêter à l’exercice. Si vous faites le tour de la sous-région, vous ne verrez aucun plateau de télévision qui faisait l’exercice dans le cadre du “Présimètre” où sur des politiques publiques sectorielles un ministre du secteur concerné était interpellé à la télévision nationale par des organisations de la société civile, par des citoyens au cours d’émissions et ces derniers adressaient clairement des questions audit ministre sur la gestion de son secteur ministériel", a-t-il ajouté.

En outre pour le chef des programmes du CGD, la politique de soins gratuits au profit des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes, quoi qu'on en dise, a été également un acquis du régime Kaboré. Car cette politique a soulagé de nombreuses  femmes enceintes et beaucoup de foyers. "Dans nos enquêtes relatives aux sondages Présimètre, c’est l’une des satisfactions qui ressortait au niveau de la population, même si cette politique comportait quelques insuffisances. Parce qu’il y a un certain nombre de produits qu’on disait gratuits mais qui en réalité étaient inaccessibles", a-t-il poursuivi.

Cependant, de  l'avis d’Anselme Somda, le régime de Roch Kaboré n'a pas rompu avec les pratiques malsaines décriées sous l'ère Compaoré. Pour lui, l'ancien président Roch Kaboré ne s'est pas entouré des personnes qu'il fallait, ce qui a été un obstacle à la bonne gouvernance.

À en croire Anselme Somda, il y avait également  une sorte de racket à la présidence du Faso. Pour certains qui voulaient voir le président, il fallait payer. Outre cela, la gouvernance du secteur de la sécurité a été très ‘’métissée''. ‘’C'est pourquoi le coup d'Etat du 24 janvier n’a pas véritablement surpris les Burkinabè”, a conclu notre interlocuteur.

Barthélémy Paul Tindano

yssef uneYoussef  Ouédraogo ou Issouf Ouédraogo à l’état civil vient d’enrichir les rayons des librairies d’un essai de 113 pages intitulé « Crises sociopolitiques en Afrique : Rôles des médias dans l’insurrection populaire de 2014 au Burkina Faso ». La cérémonie de dédicace dudit ouvrage a eu lieu ce 30 mars 2022 à la librairie Mercury à Ouagadougou en présence d’hommes de médias et de lettres.

Selon l’auteur, le contenu de son ouvrage est la synthèse de son mémoire de master en communication et médias à l’université Senghor d’Alexandrie, campus d’Abidjan.  Un mémoire qui tire sa substance des crises sociopolitiques qui affectent de nombreux pays dans le monde en général et en particulier le Burkina Faso.

Présentant l’auteur et son œuvre, Boureima Ouédraogo, directeur de publication du journal « Le Reporter », a déclaré que l’ouvrage a le mérite d’essayer de poser le débat et d’attirer l’attention sur des acteurs visibles parfois oubliés (les hommes de médias, Ndlr). Les actions de ces derniers peuvent soit mettre à mal le climat sociopolitique, soit au contraire participer à la décrispation des situations de détresse collective, à en croire le présentateur. « Certes, ils n’ont pas pour habitude de revendiquer un rôle dans la survenue des évènements marquant l’histoire des peuples. Leur rôle semble parfois si évident que l’on en parle peu », a soutenu Boureima Ouédraogo.

yssef 2Selon Youssef Ouédraogo, cet ouvrage est sa « modeste contribution à la documentation sur l’insurrection populaire de 2014 au Burkina Faso ». Un évènement historique, d'après lui, qui présageait un Burkina Faso havre de paix et de bonheur si et seulement si les acteurs du moment avaient pris conscience de la nécessité de capitaliser les acquis pour refonder la société burkinabè. « D’une façon générale, le présent ouvrage se fixe pour objectifs d’évaluer l’ensemble des actions médiatiques pendant l’insurrection populaire, d'une part, et d’autre part de proposer un vade mecum pour les journalistes et les médias en vue d’un meilleur traitement de l’information en temps de crise », a affirmé l’auteur.

yssef 3Né en 1979, M. Ouédraogo évolue aussi bien dans les lettres, les arts et la culture que dans les médias. « Crises sociopolitiques en Afrique : Rôles des médias dans l’insurrection populaire de 2014 au Burkina Faso » est subdivisé en trois chapitres. Le premier est intitulé « Médias et espaces publics au Burkina Faso : l’autre acteur de l’insurrection populaire ». Le deuxième chapitre a pour titre : « Rôle des médias dans les crises sociologiques : quelques expériences en Afrique et dans le monde ». Quant au troisième et dernier chapitre, il est intitulé « Défis et perspectives ».

Le livre est disponible dans les rayons des librairies au prix unitaire de 5000 F CFA.

Barthélemy Paul Tindano

isid uneWendlassida Isidor Bouda a obtenu sa licence en science de gestion, option communication des organes, avec brio le mardi 29 mars 2022 à l’Université Aube Nouvelle à Ouagadougou. Son travail a porté sur le thème : « L’utilisation du digital par les organes de presse : cas de Radars Info Burkina ». Durant 15 mn, l’impétrant a séduit le jury qui n’a pas hésité à lui accorder la note de 17/20.

Comment les organes de presse utilisent-ils le digital ? C’est la question à laquelle Wendlassida Isidor Bouda a répondu dans son mémoire. Pour lui, Internet est devenu aujourd’hui un outil incontournable. Il est vital pour les organes de presse, surtout pour les médias n’existant qu’en ligne, car il leur permet de « maîtriser et d’exploiter conséquemment les technologies rendues disponibles par Internet ».

Les chiffres de Hootsuite We are social les plus récents, cités par l’impétrant, révèlent qu’il y a plus de 5 millions d’utilisateurs d’Internet au Burkina parmi lesquels seulement 2 millions sont sur les réseaux sociaux.

isid 2Or, souligne Isidor Bouda, « le nombre de médias en ligne augmente chaque année et le monopole de l’information n’est plus l’apanage des médias ». Le monde de l’information au Burkina est alors très concurrentiel pour une audience plus ou moins restreinte.

Une enquête et des recommandations

Pour la rédaction de son document, il a fallu que M. Bouda enquête afin de recueillir des avis auprès des internautes. Il ressort de cette démarche que 60% des enquêtés connaissent Radars Info Burkina, non seulement à travers les réseaux sociaux mais aussi par le biais de la télévision, avec la chronique hebdomadaire « Dans vos colonnes » diffusée sur Burkina Info. En outre, 61,4% des sondés jugent les informations de ce média crédibles. Cependant, plus de la moitié des personnes enquêtées estiment que les formats des contenus utilisés par le journal doivent être améliorés. 

Pour Isidor Bouda, Radars Info Burkina bénéficiant déjà d’une notoriété auprès des internautes, il doit améliorer ses formats de diffusion. « Les lecteurs sont de nos jours fugaces. Il leur faut donc des contenus accrocheurs, faciles à lire et à comprendre », soutient-il.

Pour y arriver, il propose d’intégrer des contenus innovants en diversifiant les contenus et en incluant plus de sons et de vidéos sur le site et sur la page Facebook du journal. En outre, il recommande d’améliorer la présentation du site web et la charte graphique.

Un thème d’actualité

L’impétrant dit avoir choisi ce thème au regard du développement exponentiel des outils qu’offre internet et qui ont révolutionné les moyens d’accès à l’information ainsi que la façon de la consommer.

isid 3Selon lui, le principal enjeu pour les éditeurs semble être alors de développer leurs contenus sur tous les supports, traditionnels comme numériques, et de réussir à les monétiser afin de faire vivre leur entreprise.

« La transformation des modes de consommation et des modalités d’accès à l’information ainsi que l’émergence de formats natifs ont pour effet de pousser les médias à s’adapter et à produire des contenus adaptés au mobile.  La plupart des médias ont donc décidé de se mettre en ligne. Certains organes de presse décident même d’être des Pure Player dans l’optique de se rapprocher au mieux des lecteurs », a-il-déclaré. 

Le jury, composé du Dr Evariste Dakouré, président, de Jean-Baptiste Dipama, professeur de suivi de l’impétrant, et de Richard Tiéné, directeur de publication de Radars Info Burkina, a salué la pertinence du sujet, qui est unique, mais aussi la qualité et le professionnalisme de l’impétrant, ainsi que la présentation. 

A l’issue de l’exposé de l’impétrant, le directeur de publication de Radars Info Burkina l’a félicité pour la qualité de son travail et confié que le document servirait de base pour continuer à construire et à développer son média.

Pour le Dr Evariste Dakouré, « c’est un plaisir » pour les encadreurs d’assister à ce type de soutenance. Il a encouragé l’étudiant à persévérer dans l’excellence.

A l’unanimité, la note de 17 sur 20 lui a été attribuée par le jury.

www.radarsburkina.net

deut uneMalgré la situation sécuritaire difficile, la DW Akademie renforce son engagement pour la liberté de la presse et contre la désinformation au Burkina Faso. Cet engagement est marqué par l’ouverture, en partenariat avec Fasocheck, de son nouveau siège à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture est intervenue le lundi 28 mars 2022 en présence du directeur général de la DW Akademie, Carsten von Nahmen, et des partenaires de ladite structure.

C’est un bâtiment de type R+2 composé de deux salles de réunion, de huit bureaux, de deux garages et d’un espace aérien moderne pour les loisirs et les échanges qui servira de cadre de travail à la DW Akademie. Engagée au Burkina Faso depuis 2015, cette structure a tenu de nombreux ateliers de développement des médias dans le pays ainsi que d’autres activités, en collaboration avec ses organisations partenaires parmi lesquelles Fasocheck, qui a pour principaux objectifs la pratique et la promotion du fact-checking au Burkina Faso.

deut 2Le renforcement des capacités journalistiques et managériales des radios communautaires, c’est l’une des missions de la DW Akademie. Quatre radios partenaires sont bénéficiaires de ce programme. Une collaboration qui a rehaussé le niveau desdites radios. « Cette collaboration nous a permis non seulement d’améliorer nos émissions participatives et de rapprocher la radio de ses auditeurs, mais également de former et d’éduquer les communautés. Nous entamons la huitième année de partenariat avec la DW Akademie et c’est plusieurs résultats qui ont été engagés au cours de ces années. Nous les devons en grande partie à la collaboration avec la DW Akademie », a déclaré Yves Yemboini Ouoba de la radio TIN TUA de Fada.

deut 3Satisfecit du premier responsable de cette structure allemande, Carsten von Nahmen, qui apprécie positivement le travail des partenaires. Il promet d’ailleurs de renforcer cette collaboration qui vise la promotion des médias et de l’information. « Nous allons tout faire pour renforcer le travail de Fosocheck contre la désinformation (…). C’est le début d’un engagement à long terme. Nous ne sommes pas venus ici pour regarder mais pour rester. Nous sommes ici parce que nous avons des partenaires très forts et très engagés. Notre pays se focalise sur le Burkina Faso », a-t-il déclaré.

La DW Akademie est le centre de la Deutsche Welle pour le développement international des médias, la formation journalistique et le transfert de connaissances. Par ses projets, elle renforce le droit du citoyen à la liberté d’expression et à un accès sans entrave à l’information.

Barthélemy Paul Tindano

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