jeudi 5 février 2026

ssmig uneDu 19 au 23 juillet 2021, s’est tenue la rencontre d’échanges gouvernement-syndicats, après quatre années de suspension. Ce cadre a permis aux deux parties d’échanger sur les préoccupations majeures du monde du travail. Une occasion pour l’Unité d’action syndicale (UAS) de porter à la connaissance du Premier ministre le cahier de doléances de 2017 à 2021. Au cours de ces pourparlers, l’un des points saillants des discussions, à savoir le relèvement du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), a trouvé une issue favorable, selon le président du mois des centrales syndicales, Ernest Abdoulaye Ouédraogo. Ce dernier livre à notre micro des détails sur la possible révision à la hausse du SMIG à hauteur de 60 000F CFA.

« Le SMIG actuel est très dérisoire », c’est sur ces mots que nous accueille le président du mois des centrales syndicales, Ernest Abdoulaye Ouédraogo. S’il y a un point sur lequel tous les travailleurs semblent d’accord, c’est bien la question salariale. Le Salaire  minimum interprofessionnel garanti (SMIG) au Burkina Faso s’élève actuellement à 33 139 F CFA. Une somme qui, de l’avis d’Ernest Abdoulaye Ouédraogo, est dérisoire, vu le coût de la vie aujourd’hui. Selon lui, le relèvement du SMIG est un devoir du gouvernement vis-à-vis des travailleurs car, dit-il, la donne a changé ; les charges se sont beaucoup accrues. « Au regard de la vie chère, ce SMIG ne peut même pas faire vivre les travailleurs. Je ne parle même pas de vivre décemment. Nous pensons qu’il fallait mettre l’accent sur cela et obtenir une augmentation », a-t-il déclaré. après quatre anné

ssmig 2Dans ce sens, les échanges gouvernement-syndicats, tenus le mois dernier, ont permis de poser les jalons de cette augmentation qui, de l’avis du président du mois des centrales syndicales, est sur de bons rails. « Nous avons eu un son de cloche assez favorable du gouvernement et très rapidement la chose a été acceptée. En tout cas le gouvernement est prêt à ouvrir les discussions pour un relèvement du SMIG », confie M. Ouédraogo. Cette hausse réclamée, selon Ernest Abdoulaye Ouédraogo, soulagera à coup sûr les travailleurs. « Nous avons demandé que le SMIG soit porté à 60 000 F CFA », précise-t-il. Et d’ajouter, optimiste : « Nous pensons que le gouvernement pourra un tant soit peu porter un regard particulier à cette préoccupation, parce que aujourd’hui c’est devenu plus qu’une nécessité de relever le SMIG. Quand on regarde l’enchérissement de la vie, les réalités du travailleur, on voit bien que vivre avec ce montant actuellement, c’est vraiment plus qu’un casse-tête parce que aujourd’hui quand on prend les produits de première nécessité, rien que le sac de maïs ou de riz, les coûts sont exorbitants et le SMIG actuel est très dérisoire ».ssmig 3

C’est dire que le dialogue gouvernement-syndicats, qui a repris après 4 ans de suspension, est tombé à pic en dépit du contexte sécuritaire grave que connaît le pays. « Nous sommes restés collés à la réalité du Burkina Faso. Une réalité caractérisée par un contexte sécuritaire difficile. Néanmoins, nous avons exposé les préoccupations des travailleurs », a déclaré le président du mois des centrales syndicales, Ernest Abdoulaye Ouédraogo.

Dans la même veine que l’UAS, Boukary Ouédraogo, agent au ministère de l’Education nationale, salue cette réforme en cours car, selon lui, elle va permettre de lutter contre la vie chère. « On se plaint des coûts élevés des différents produits parce qu’on a des salaires insuffisants, mais avec ce relèvement du salaire minimum, je pense qu’on va moins se plaindre », martèle cet employé du MENA. Plus loin, Emile Nikiéma reste perplexe quant à l’aboutissement d’une telle demande. Selon lui, le pays est en proie au terrorisme et cette augmentation du SMIG n’est pas pour demain au regard des priorités du moment. « Les gens ont tendance à prendre des engagements juste pour se débarrasser de leurs interlocuteurs. Des promesses mais rien. Moi ma préoccupation aujourd’hui, c’est la paix au pays et je crois que c’est ce que chaque Burkinabè souhaite, sinon augmenter le SMIG, qu’est-ce qu’on va en faire si notre tombe est déjà creusée ? » se demande-t-il. « Les engagements sont pris pour être respectés et si tel n’est pas le cas, nous saurons prendre les mesures qu’il faut pour nous faire entendre. Toutefois, nous prenons le Premier ministre au mot, puisqu’il a invité tous les ministères de manière sectorielle afin que les gens puissent se retrouver pour poser leurs problèmes et y trouver une issue favorable. Donc si au niveau sectoriel les questions sont en permanence débattues et résolues, nous pensons qu’il y aura moins de problèmes sur le plan national », a conclu Ernest Abdoulaye Ouédraogo, président du mois des centrales syndicales.

La rémunération minimale fixée par l’État est un point récurrent de discussion entre les partenaires sociaux dans différents pays. Selon les pays, on la nomme Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) ou Salaire national minimum garanti (SNMG). Il s’agit, en fait, de la rémunération minimale des salariés définis par les États. Ce montant qui s’élève à 33 139 F CFA au Burkina Faso est, par exemple, de 60 000F CFA en Côte d’Ivoire et au Tchad, de 47 700 au Sénégal et de 31 074 F CFA et 30 047F CFA, respectivement au Mali et au Niger.

Sié Mathias Kam

ssmon 2Le Burkina Faso fête ce 5 août 2021 les 61 ans de son accession à l'indépendance. A cette occasion, Radars Info Burkina a tendu son micro à Simon Ouédraogo, 73 ans. Il est inspecteur du travail à la retraite et président de la Maison des retraités Antoine-Nanga à Ouagadougou. Il revient sur cette époque des indépendances et dépeint les changements considérables intervenus depuis lors au pays des hommes intègres. Selon ce septuagénaire, « il y a pas mal de valeurs humaines que nous avons perdues ».

Simon Ouédraogo est né en avril 1948. A l’époque des indépendances, ce septuagénaire était au CM2. C’est par le biais de nos instituteurs d’école que lui et ses amis ont eu vent de la proclamation des indépendances. Originaire de Zagtouli, localité située à quelques encablures de la capitale burkinabè, Simon Ouédraogo explique que ce n’était pas tout le monde qui avait la possibilité d’avoir un poste radio et que c’est son directeur d’école à l’époque, Jacques Kiba, qui leur a expliqué le sens de l’indépendance. « Jusqu’en 1961 nous chantions toujours l’hymne national français », fait remarquer Siméon Ouédraogo. « Pour ce qui concerne les changements intervenus de 1960 à nos jours, c’est au niveau de l’alphabétisation que nous étions assez ouverts sur le monde. Nous avons appris que le monde ne se limitait pas à la Haute-Volta de l’époque. Nous savions qu’il y avait aussi d’autres pays qui accédaient à l’indépendance Dans un premier temps, c’était l’euphorie mais on ne savait pas exactement ce que l’indépendance signifiait. Il fallait peut-être être un fonctionnaire pour savoir comment fonctionnait l’administration, le changement qui a pu se faire depuis cette indépendance. Elèves que nous étions à l’époque, nous avons commencé à comprendre l’indépendance vers les années 1968-1969, année où nous aussi nous avons commencé à travailler comme cadre de l’administration générale pour servir à la fonction publique. »

Les mœurs ont-elles évolué ? Voici la réponse de notre interlocuteur à cette question : « Aujourd’hui, on peut dire qu’avec les moyens de communication qui ne sont pas seulement sous le contrôle des parents, les enfants aussi s’éduquent avec la télé et le téléphone portable. On peut dire qu’aujourd’hui, les parents sont désorientés par rapport à l’avance que les enfants ont prise. Ils contestent ce qu’on leur avait appris dès le bas âge. C’est un peu décevant. Aujourd’hui, l’être humain n'a plus de valeur. A l’époque on pouvait passer un long temps sans entendre que quelqu’un a été tué dans le village mais aujourd’hui tous les jours on n’entend que des nouvelles d’assassinats, des cadavres sont déterrés, on tue des gens pour leur prélever des organes.  Aujourd’hui, les gens se comportent comme des animaux. Sur le plan moral, de 1960 à nos jours, ce n’est plus la même chose. Il y a pas mal de valeurs humaines que nous avons perdues. »

Qu’en est-il de la crise de l’éducation ? « A notre époque, le maître d’école était presque comme un dieu. Aujourd’hui on voit des parents faire irruption dans des classes pour menacer des enseignants, ce qui n’est pas normal. Aujourd’hui un élève du primaire veut se mêler des programmes que le gouvernement met en place. On ne sait pas avec quelle expérience un élève du primaire peut distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais dans un programme scolaire. On a l’impression que les jeunes d’aujourd’hui sont trop impatients de remplacer les autorités en place alors que chacun doit être patient et attendre son temps », a répondu le septuagénaire.

Bessy François Séni

rvltion une"L'héritage de la révolution sankariste", c'est le thème développé ce mercredi 04 août 2021 par l'écrivain Adama Amadé  Siguiré au cours d'un panel organisé par le Mouvement Conscience Nouvelle (MCN) dans le cadre de la célébration du 38e anniversaire de la révolution sankariste à Ouagadougou. Selon le panéliste du jour, l’idéal sankariste peut aider le Burkina à se ressaisir dans un contexte mondial de plus en plus incertain.

« L’idéal sankariste peut aider le Burkina à se ressaisir. Il suffit d’être réaliste, de repartir en arrière et de voir les valeurs que Thomas Sankara défendait », a affirmé Adama Amadé  Siguiré  à l’entame de ses propos. Des valeurs qui se situent à trois (03) niveaux, selon l’écrivain. « D’abord sur le plan moral.  Il faudrait que les gens sachent que Sankara était un homme assez honnête qui s’intéressait à la morale. Aujourd’hui, on peut mettre cela en pratique. Il suffit que les dirigeants fassent preuve d’exemple et cela, chacun peut le faire à son niveau. Sur le plan politique, et contrairement à la politique politicienne comme elle se mène aujourd’hui où c’est un système qui consiste à emmagasiner des biens, on peut se référer à la vision politique de Sankara qui était de ne pas travailler pour soi-même mais pour le pays, d’avoir une vision collective pragmatique qui pousse à poser des actes pour le développement. C’est une chose qui est possible aujourd’hui. C’est une question de volonté. Enfin, sur le plan national, notamment en ce qui concerne l’organisation de la nation à travers les projets de développement. On peut s’inspirer de l’idéal sankariste », a-t-il expliqué avant de préciser qu’«il faut un engagement, une éducation, une conscientisation. Sankara a fait tout cela à partir d’un engagement, à partir d’une conscientisation ».

rvltion 2Le panéliste du jour n’a pas passé sous silence la question de la crise scolaire qui a secoué le Burkina les mois écoulés. Selon lui, l’idéal sankariste contient bien des éléments à améliorer l’éducation au Burkina. « Thomas Sankara a voulu révolutionner l’éducation en poussant d’abord les Burkinabè à être fiers d’eux-mêmes », affirme-t-il.  C’est l’école qui doit transmettre des valeurs de fierté, de morale et d’intégrité. « A partir du moment où après le départ de Sankara on est revenu sur un système éducatif purement colonial, voire néocolonial qui apprend plus à connaitre les valeurs des autres qu’à’être fier de nous-mêmes, il y va de soi que nous grandissons avec les germes de cette école », déplore-t-il, d’où la nécessité selon lui de considérer l’école comme un levier fondamental pour construire la société en y instaurant les valeurs de Sankara si nous voulons emprunter l’idéal sankariste de développement.  

En ce qui concerne son appréciation du leadership politique actuel au Burkina en rapport avec cet idéal sankariste, le panéliste pense que ce dernier est un leadership pour soi, pour paraitre afin de tout accaparer autour d’un groupuscule, d’un parti politique. « Ce n’est pas un leadership national », conclut-il. 

Bessy François Séni

spécialstLa téléconsultation est désormais possible au pays des hommes intègres. La ministre de l'Économie numérique et son homologue de la Santé ont procédé au lancement du projet Téléconsultation entre le Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo de Ouagadougou et le centre hospitalier régional de Tenkodogo le mardi 3 août. Ounteni Cyrille Ouoba, ingénieur de conception en informatique, nous explique le fonctionnement de cette technologie.

C'est une plateforme sur laquelle un logiciel gère le dossier du patient et le centralise au niveau du cloud gouvernemental, où l'ensemble des données sur le malade est centralisé. Les deux centres médicaux de Ouagadougou et de Tenkodogo, par exemple, peuvent s’interconnecter grâce audit logiciel sur la base des données qui y seront partagées. Ils vont partager exactement les mêmes données relatives au patient déjà mises au point par les médecins à Tenkodogo. Le spécialiste qui est à Ouagadougou charge alors le dossier et, ce faisant, peut voir l'ensemble des informations concernant la consultation pour laquelle le patient est venu. Ensuite, tous les deux praticiens commencent la téléconsultation. En d’autres termes, ils se connectent à la plateforme avec la vidéo sur le patient. Cela va permettre au spécialiste de consulter la  partie du patient qu’on a besoin de visualiser pour pouvoir poser le diagnostic. La caméra sera, si possible, repositionnée pour permettre de voir les lésions sur le corps du patient. A la fin de cette consultation visuelle du patient à distance, le spécialiste établit un rapport de consultation, dresse un bilan qui va consister à demander par exemple des examens complémentaires et, éventuellement, fait une prescription qui va être l'ordonnance adressée au patient.

Après qu’il a fait tout cela grâce au logiciel, le médecin qui se trouve à Tenkodogo va recharger les données et avoir accès au rapport du spécialiste, aux examens médicaux demandés ainsi qu’à la prescription qui a été faite. Il lui suffit alors d'imprimer toutes ces informations à la fin, de les remettre au patient qui va aller réaliser les examens et payer les produits pharmaceutiques demandés. Comme on le constate, cette façon de procéder évite au médecin et au patient de longs trajets.

Bessy François Séni

teleméd 2La ministre de l'Économie numérique, des Postes et de la Transformation digitale, Hadja Fatimata Ouattara, et le ministre de la Santé, le Dr Charlemagne Ouédraogo, ont procédé au lancement du projet *Téléconsultation* entre le Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo de Ouagadougou et le centre hospitalier régional de Tenkodogo.

Favoriser des consultations entre des praticiens de la santé à distance, c'est l'objectif assigné à la téléconsultation médicale. C'est à travers un exercice pratique que cela a été vérifié en présence de la presse. Pour le ministre burkinabè de la Santé, le Dr Charlemagne Ouédraogo, cet exercice de téléconsultation à distance entre des praticiens du milieu rural et ceux de la capitale possible comme constaté. Cette technologie a pour avantage, selon le premier responsable de la santé, de permettre de combler un gap en ressources humaines qualifiées qui n'existent pas au niveau de certaines régions sanitaires. Elle permet aussi aux différents praticiens de mener un débat contradictoire pour l'intérêt du malade. teleméd 3« Vous avez vu que grâce à l'appui de médecins spécialistes en dermatologie de l'hôpital universitaire Yalgado-Ouédraogo, un médecin généraliste qui se trouve dans un centre hospitalier régional en province a eu un renforcement de capacités. Il a eu des orientations pour que le malade puisse être dans un circuit pour améliorer son diagnostic, pouvoir recevoir un traitement adéquat et pouvoir guérir dans les délais », a expliqué le ministre de la Santé.

La ministre de l'Économie numérique, des Postes et de la Transformation digitale, Hadja Fatimata Ouattara, s'est réjouie du succès de l'opération qui est, selon elle, une solution adaptée à notre environnement. « Nous avons vu aujourd'hui que cela s'est bien passé. Le secteur de la santé est très sensible et nous avons besoin d'avancer prudemment », s'est elle exprimée.

Bessy François Séni

plais uneRachid, un célibataire de 29 ans, a comparu devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou ce 30 juillet 2021 pour vol aggravé. Reconnu coupable, il a écopé de 26 mois de prison et de 500 000 F CFA d’amende.

Les faits remontent au 26 février 2021. Ce jour-là, Rachid aurait escaladé le mur d’enceinte de d’un nommé George et, par la cuisine, se serait introduit dans la maison de ce dernier. Là-bas, il a frauduleusement soustrait un ordinateur portable et une tablette. S’étant brouillé avec son paternel, Rachid logeait, au moment des faits, au domicile d’un certain Jean. C’est d’ailleurs à lui qu’il envisageait de vendre le matériel volé chez sa victime.

A la barre, l’accusé a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Cependant, il a précisé que le soir où il a commis son forfait, il était affamé. C’est ce qui l’aurait conduit à agir de la sorte. « Quand je suis entré dans la maison, j’ai vérifié dans la cuisine ; il y avait des légumes crus que je ne pouvais pas manger. J’ai donc pris l’ordinateur et la tablette que j’ai vus et je me suis enfui», a-t-il confié. plais 2Le nommé Jean, au domicile duquel il habitait, lui aurait demandé d’où venait ce matériel. « Je lui ai d’abord dit que c’était mon matériel mais il m’a rétorqué que je mentais. Je lui ai donc finalement avoué que j’avais volé ledit matériel à un habitant nouvellement arrivé au quartier », a déclaré Rachid au tribunal.

Le procureur, dans ses réquisitions, s’est offusqué de l’attitude du jeune homme, qui a pris pour prétexte la faim pour justifier son forfait. « Vous avez trouvé des légumes que, selon vous, vous ne pouviez pas manger ; mais l’ordinateur et la tablette que vous avez subtilisés, est-ce que vous les avez mangés ? Quand on a faim, on cherche à manger et non à voler. En réalité, vous n’êtes qu’un voleur », a martelé le  procureur, qui a requis contre le prévenu une peine d’emprisonnement de 36 mois ferme et une amende de 2 millions de FCFA. Contre le logeur de Rachid, c’est-à-dire Jean, elle a requis la même peine et demandé qu’il soit placé sous mandat de dépôt, car il savait bien que celui qu’il hébergeait était un voleur.

Le tribunal a reconnu Rachid coupable des faits de vol aggravé qui lui étaient reprochés et l'a condamné à une peine de prison de 26 mois et à 500 000 FCFA d’amende avec sursis. Jean, lui, a écopé de 8 mois ferme et d’1 million de FCFA d’amende.

S. M. K.

pavage uneSpécialisée dans le pavage des voies aussi bien au Burkina que dans d’autres pays de la sous-région, Yelhy Technology Africa est une entreprise qui a bâti sa  réputation sur la qualité des ouvrages qu’elle livre et son strict respect des délais d’exécution. C’est cette société dont l’expertise est reconnue au-delà de nos frontières qui est en charge de la réalisation des travaux de la rue du 17-Octbore, sise à l’arrondissement 12 de Ouagadougou. Lesdits travaux consistent au revêtement de cette voie, longue de 600 m, de pavés pour la rendre carrossable. Radars Info est allé au contact des populations installées le long de cette artère du quartier Patte-d’oie pour recueillir leurs impressions.

De plus en plus, les voies dans nos villes sont revêtues de pavés en lieu et place du traditionnel bitume, ce qui visiblement n’est pas pour déplaire aux riverains de ces artères qui trouvent cela plus esthétique en même temps qu’ils se réjouissent d’être ainsi protégés de la poussière et de la boue en cas de pluie. pavage 2Ainsi, Halidou Kabré, commerçant installé près de la maison Tovio au quartier Patte-d’Oie, ne cache pas sa satisfaction de voir joliment revêtue de pavés cette route qui passe juste devant sa boutique. « Le pavé est bien joli et on est content d’avoir une nouvelle rue », affirme le jeune commerçant. Pierre Zoungrana, couturier de la place, apprécie lui aussi la qualité du travail qui, selon lui, réflète la modernité. A l’instar de nos deux interlocuteurs, les autres résidents de ce quartier qui a fière allure, en grande partie grâce aux travaux en cours, exultent.

« Ils (NDLR : Yelhy Technology Africa) avaient dit que les travaux seraient exécutés en 3 mois, mais on constate qu’ils sont même en avance. C’est donc dire qu’en plus de la qualité, car ce qu’on voit c’est du solide, ils sont aussi ponctuels », apprécie Boukari Yolé. Il ajoute : « Des entreprises ponctuelles, rigoureuses et efficaces, il n’y en a pas beaucoup dans ce pays. Vraiment, Yelhy Technology Africa est à encourager et à féliciter ».

pavage 3Prévus pour durer 3 mois, les travaux tirent déjà à leur fin, comme nous l’a attesté Henry Belemsigré, qui conduit lesdits travaux. « Il nous reste juste une semaine de travail pour que tout soit achevé », a-t-il assuré.  « Tout a été respecté dans l'exécution ; c’est du bon boulot», déclare-t-il. Selon le conducteur du projet, le choix du pavage en lieu et place du bitumage s’explique non seulement par la qualité du béton, qui est beaucoup plus résistant que le bitume, mais aussi par la rapidité dans l’exécution des travaux, comparativement au bitumage. « Ici, on utilise du ciment tandis que pour les routes bitumées, c’est du bitume qui est utilisé. En outre, les routes en béton sont plus résistantes que celles en bitume. En effet, les voies que nous revêtons ont une épaisseur de 12 cm. Elles peuvent donc supporter de très lourdes charges. Or généralement, les routes en béton bitumineux ont seulement une  épaisseur de 8 mm, voire de 6 mm, selon le trafic », a expliqué M. Belemsigré.

En rappel, le pavage de la rue du 17-Octobre est entièrement financé par la commune de Ouagadougou sur le budget communal 2020.

Sié Mathias Kam et Ariane Congo (stagiaire)

zampalLe moins qu’on puisse dire, c’est que le chômage frappe de plein fouet la frange jeune de la population burkinabè, ce qui oblige celle-ci à recourir de plus en plus aux services d’agences de placement. Ces structures ont ainsi vu leur nombre croître au regard de la forte demande en matière d'intermédiaires dans le secteur de l'emploi. Razack Zampaligré,   responsable du cabinet de placement Elite du Faso, nous entretient sur ce sujet.

A en croire Razack Zampaligré, gérant d’une agence spécialisée dans le placement de personnel dans les petites et moyennes entreprises au Burkina, ce secteur d’activité se porte assez bien,  quoiqu'il ne soit pas connu de beaucoup de Burkinabè. « C'est un secteur qui n’est pas encore bien connu des demandeurs d’emploi burkinabè et  qui a besoin d’organisation », affirme M. Zampaligré.

Ces dernières années, on constate une augmentation considérable de la demande en matière d’emplois. Plusieurs facteurs expliquent cet état de fait, parmi lesquels la pandémie de Covid-19. En effet, cette maladie a causé des désagréments à nombre d’employeurs, les obligeant même à  se défaire d'une partie de leur personnel. Conséquence : ces nouveaux chômeurs ont grossi les rangs des demandeurs d’emploi. « Nous essayons tant bien que mal de répondre à ces différentes sollicitations en nous organisant à notre façon. Nous avons une organisation qui nous permet de recevoir l’ensemble des offres qui nous arrivent, de les compiler en fonction des différentes catégories d’emploi et de faire du placement de personnel dans des entreprises », nous explique Razack Zampaligré.

placema 2Ces dernières années, le tissu économique burkinabè a connu une mutation positive du fait de la multiplication des petites et moyennes entreprises. En effet, de nombreux jeunes ont pris l’initiative d'entreprendre plutôt que de chercher à être employés par l'Etat.  Mais de l’avis de Razack Zampaligré, le nœud du problème, c’est que l'État burkinabè n'a pas de véritable politique en matière d'emploi. « Nous constatons que l’Etat s'est désengagé en matière d’emploi », regrette-t-il. Et de conclure : « En tant que responsable d’entreprise, je préconise un suivi de l’application des règles en matière de création d'emplois et d'entreprises par l'organisation des entreprises de placement de personnel. »

Bessy François Séni

loungeLe lounge Heaven VIP dans la capitale burkinabè Ouagadougou aurait, dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 juillet, subi la furie d'un haut gradé de la police. Dans cette interview, le propriétaire de l'établissement, Koffi Paul (K.P.) se prête à nos questions.

Radars Info : Veuillez décliner votre identité.

KP: Je suis Koffi Paul, ex-manager du Zébier bar, propriétaire du lounge Heaven VIP.

Radars Info : Que pouvez-vous nous dire sur l'incident survenu dans la nuit du 24 au 25 dans votre bar ?

KP: Je suis un peu surpris par l'acte, parce que avant l'ouverture du lounge, j'ai pris le soin de convier tous les voisins. Je suis allé en personne remettre des cartes d'invitation à tous les voisins. L'ouverture a eu lieu le 15 juillet dernier. Certains voisins n'ont pas répondu à mon invitation, comme ce monsieur qui a commis les dégâts. A la remise de la carte d'invitation il n'était pas là, j'ai donc laissé la carte à sa femme. C'est vers 3h du matin (dans la nuit de samedi à dimanche) que j’ai vu quelqu'un débarquer en arme et commencer à marteler la vitre du bar. Il est ensuite entré dans le lounge et a commencé à le saccager, à casser les appareils, etc. C’était la panique chez les clients et certains ont même fui sans avoir réglé leur facture.

Radars Info : Pensez-vous que c'était prémédité ?

KP: Moi, je ne vois pas ça comme un incident, parce qu'il est venu sans demander à voir le propriétaire des lieux, les responsables, ni les gérants et le manager donc je pense que ça a été fait sciemment. Débarquer chez les gens, arme en main, on ne sait pas qui tu es, facilement on aurait cru que c'était un djihadiste vu l'insécurité grandissante au pays. C'est après avoir bien regardé que j'ai constaté que c'était le commissaire. Donc j'ai dit aux gens de le laisser faire. Les preuves sont là en images. Les mots me manquent. J'ai mis un lourd investissement dans ce bar, le matériel qu'il a saccagé est très coûteux. Et là je me demande comment faire pour remettre tout en ordre pour rouvrir.

Radars Info : Vous accusez un commissaire, les faits sont extrêmement graves, quels liens entretenez-vous avec ce dernier ?

saccage 2KP: Je n'accuse pas un commissaire dans le vide. C'est parce qu'il est venu avec son arme dans mon établissement. Quand je suis arrivé dans le quartier, on m'a dit qu'il y a un commissaire de police qui habite le quartier et tout. Le lounge est à 25m de sa maison, et depuis l'ouverture aucun voisin n'est venu se plaindre du son. Donc je ne sais vraiment pas pourquoi il a débarqué et s'en est pris à mon bar. Je l'accuse parce qu'il est venu dans mon établissement sans passer par la voie normale. En tant qu’homme de tenue, il aurait pu passer par les juridictions pour régler le différend s'il y en avait.

Radars Info : Pourquoi s'est-il en pris à vous et à vos clients ? Aviez-vous des soucis particuliers avec lui ?

KP: Non, il ne s’en est pas en pris directement à moi. Il a d'abord attaqué mon personnel et les clients. Parce qu'il est allé dans chaque salon avec son arme pour faire sortir les gens de force. Les gens couraient de partout, du coup les verres et bouteilles sur les tables se cassaient.

Des bouteilles de liqueurs qui n'étaient pas ouvertes se sont cassées, puisque quand tu es occupé à fuir, la stabilité des tables est la dernière de tes préoccupations. Seuls quelques-uns sont restés sereins. Je n'arrive pas à comprendre le nœud du problème. Et même si c'est un problème de bruit, tu viens m'interpeller d'abord et on le règle à l'amiable ou simplement passer par la justice pour que je vienne répondre.

Radars Info : À combien peut-on évaluer les dégâts ?

KP: Pour les dégâts, on attend qu’un huissier de justice vienne faire les constatations d'usage. Mes deux écrans télé sont cassés. Un écran coûte 2 millions 200 mille FCFA. Il y a des factures impayées de plus de 200 000 FCFA. Plus les verres, les bouteilles de champagne et le comptoir qu'il a aussi cassé.

Radars Info : Avez-vous porté plainte ?

KP: Aujourd'hui c'est dimanche ça ne travaille pas, mais je vais porter plainte dès lundi matin directement à la justice parce qu'ils sont mieux placés pour juger cette affaire.

Radars Info : Qu'elles sont vos attentes après ce saccage ?

KP: C'est bien sûr s’être dédommagé. Qu'il rembourse tout ce qu'il a fait comme casse.

Il a dit qu'il a les moyens de me rembourser tout. C'est sorti de sa bouche pendant qu'il commettait son forfait.

Radars Info : Merci.

KP: C'est moi qui vous remercie.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

mcoo uneL’initiative est du groupe ‘’Génération 2000’’, qui a initié à l’instar de plusieurs autres activités culturelles à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), une formation sur le thème : ‘’Juste un sourire d’espoir’’. Celle-ci a débuté le 4 mars 2021, mais c’est le vendredi 23 juillet que la restitution, qui marque la fin de ladite formation, a été faite dans l’enceinte de l’établissement pénitentiaire. C’était en présence du directeur adjoint de la MACO, Alexis Paré, du chef des activités culturelles et sportives de la prison et d’autres acteurs culturels comme Syatik du groupe « Gombo.com », d’ailleurs parrain de cette formation.

Tenue sur le thème  ‘’Juste un sourire d’espoir’’, cette formation a réuni une quarantaine de détenus, mais seulement une dizaine d’entre eux ont été retenus pour la phase finale. A cette restitution, des attestations et du savon leur ont été offerts. Mention spéciale a été faite à l’unique fille ayant participé à la formation qui, en plus de l’attestation, a reçu un carton de tampons périodiques. mcoo 2« C’est une première dans l’histoire du Burkina Faso que l’humour pose ses bagages à la MACO et cela est à encourager », s’est félicité « Benga Kabakourou ».

‘’Génération 2000’’, c’est ce duo formé de Jean Bayili, dit « Johnny Johnny », et de Baboudi Michel Neya, alias « Benga Kabakourou », qui a déposé ses valides à la MACO pour former les détenus à l’humour en vue de contribuer à leur réinsertion sociale. Selon « Johnny Johnny », cette formation donnée par son binôme entre dans le cadre de la préparation de la relève. « On le fait déjà à l’extérieur de la prison. Nous avons donc voulu donner aussi une chance aux détenus. C’est une forme de participation à leur réinsertion sociale », explique M. Bayili.

mcoo 3« Syatik », Idrissa Nikiéma à l’état civil, parrain de cette formation, a encouragé ces détenus, qui ont tenu jusqu’au bout. « Cette formation, vous verrez, fera votre bonheur. Soyez forts et courageux pour la suite », leur a-t-il dit. Se trouvant entre les quatre murs de la prison, peinés, angoissés et stressés, ces détenus initiés à l’humour ont trouvé là un moyen de divertissement. « Le rire est thérapeutique », a rappelé Baboudi Michel Neya. Toujours selon lui, cette formation vise à permettre aux bénéficiaires de se libérer et de s’exprimer. « Ils ont là un moyen de faire passer un message, un moyen de se lâcher, un moyen de s’amuser et pourquoi pas en cellule se raconter des blagues pour déstresser et détendre l’atmosphère ? » a affirmé « Benga Kabakourou ».

La bonne nouvelle de cette formation, a déclaré M. Neya, c’est qu’à leur sortie de prison, ces détenus bénéficieront d’un cadre qui leur sera offert pour se perfectionner et exercer en tant qu’humoristes. « Génération 2000 s’engage à accompagner ces détenus une fois qu’ils seront libérés de la MACO », précise « Benga Kabakourou » du Groupe Génération 2000. « L’objectif de Génération 2000, c’est d’étendre ce genre de formation à toutes les prisons du Burkina Faso », a conclu l’humoriste « Benga Kabakourou », qui se surnomme lui-même « l’homme qui saute les clôtures ».

Sié Mathias Kam (stagiaire)

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