jeudi 5 février 2026

ddocs uneOuvertes le 13 octobre 2021, les assises régionales sur l’éducation nationale ont pris fin à Fada dans l’après-midi du 15 octobre. La cérémonie de clôture a été présidée par Paripouguini Lompo, président du conseil régional de la région de l'Est.

C'est dans une ambiance bon enfant que les échanges sur les assises régionales sur l’éducation nationale se sont déroulés dans la cité de yendabri dans le but de trouver les voies et moyens pour une éducation de qualité, inclusive et résiliente au Burkina Faso.

A  travers le document de base soumis à l'appréciation des participants, les échanges ont abouti à l'élaboration et à l'adoption d'un rapport général qui prend en compte les suggestions  et recommandations des acteurs sociaux. ddocs 2Il a été recommandé, entre autres, dans ce rapport de procéder à titre transitoire à un recrutement régionalisé, provincial ou communal des enseignants pour faire face au défi du manque de motivation de certains enseignants qui y servent, de maintenir l'examen du CEP et le second tour du BEPC, d’introduire trois langues nationales à enseigner au choix dans le système éducatif burkinabè, de prévoir des taxes sur la bière et sur les activités polluantes qui serviront au financement de l’éducation et de revoir à la hausse le pourcentage des ressources financières du fonds miniers consacrées à l’éducation, de relire le protocole d'accord gouvernement-syndicats pour en corriger les insuffisances et d’inscrire l'examen du baccalauréat comme point de discussion lors des assises nationales sur l’éducation.

Ces différentes suggestions et recommandations seront examinées lors des assises nationales sur l’éducation, prévues du 18 au 20 novembre 2021, pour l’élaboration du document final.

ccltur uneLes  rideaux sont tombés sur les assises régionales sur l'éducation nationale dans la région du Centre. Durant trois jours,  les participants ont planché sur le document de base des réformes éducatives, en prélude aux assises nationales sur l'éducation au Burkina. 12 thématiques ont été abordées par les participants, répartis en 6 groupes. Par thème et pour chaque point de discussion,  les différents groupes ont examiné chaque proposition de solution présentée dans le document de base. Voici quelques points du rapport de ces consultations régionales.

Sur la mise en œuvre du protocole d’accord Gouvernement-CNSE (Coordination nationale des syndicats de l'éducation),  il a été proposé au cours de ces assises l’instauration d’une taxe spécifique sur les mines d’or, les brasseries et la filière coton qui servira à financer les lycées scientifiques. Il a également été demandé que le budget alloué à l’éducation nationale, qui est actuellement de  30%, soit revu à la hausse et porté à 35%.

ccltur 2Sur la question du corps enseignant, les participants ont proposé non seulement un traitement diligent des actes administratifs afin de réduire les déplacements fréquents des enseignants, mais aussi l'abandon  des  QCM comme outils ou instruments de sélection dans le recrutement du personnel enseignant.

En ce qui concerne  la réforme des curricula, des examens et concours scolaires, des recommandations ont été faites pour que soit revue la manière d'évaluer l'orthographe sans passer par la dictée et que les  coefficients de toutes les matières enseignées sont harmonisés. Cependant, les propositions relatives à la suppression du CEP et du second tour du BEPC n'ont pas été maintenues.

ccltur 3La gratuité de l'éducation s'est aussi invitée aux débats. De nouvelles propositions ont été faites pour la relecture du texte régissant le volume horaire hebdomadaire des professeurs pour résoudre le problème de la vacation et transformer les établissements primaires à très faibles effectifs en collèges d'enseignement général.

Concernant les stratégies de promotion des langues nationales pour renforcer la pertinence et l'efficacité du système éducatif, la cohésion sociale et la réconciliation nationale, une proposition complémentaire a été faite en vue de l'introduction de l'enseignement des langues nationales dans toutes les écoles et dans tous les ordres d'enseignement.

Sur les stratégies de partenariat et de financement de l'éducation, il a été proposé de créer un cadre national permettant à des sociétés ou particuliers d'accompagner le secteur de l'éducation par l’octroi de bourses, des dons de kits scolaires,  des parrainages ou  la construction d'infrastructures. À ce niveau, des  reformulations ont été faites, dont la  contribution des Burkinabè de l'intérieur et de la diaspora à travers la création d'un fonds national appelé  Educ-thon.

L'ensemble des participants a pris la  résolution d'accompagner le gouvernement  dans la mise en œuvre de ces propositions. Selon Abdoul Fatao Birba du lycée technique  national Aboubacar   Sangoulé Lamizana (ex-LTO), toutes les préoccupations n'ont pu être abordées, compte tenu du temps imparti, mais tout de même, il y a des motifs de satisfaction.

Le gouverneur de la région du Centre, quant à lui, a félicité l'ensemble des participants pour leur engagement durant ces  3 jours de travaux. «Ces assises régionales sont le prélude aux assises nationales qui ne seront que la somme des propositions que vous avez faites ici et dans les 12 autres régions du pays », a conclu    Sibiri de Issa Ouédraogo.

Barthélemy Paul Tindano

bbuste uneÀ l'occasion de la cérémonie officielle de rentrée académique des universités publiques du Burkina Faso le vendredi 15 octobre 2021, un buste de Thomas Sankara a été érigé à l'entrée de l'université qui porte son nom. C’était en présence de Mariam Sankara, veuve du capitaine et marraine de la cérémonie.

« La famille de Thomas Sankara se joint à moi pour remercier l’université pour le buste qui vient d’être érigé en l’honneur du président Thomas Sankara. Nous félicitons les auteurs de cette belle œuvre architecturale que nous allons soigneusement garder pour la postérité. Cette œuvre placée à l’entrée de l’université est un travail de souvenir et de mémoire pour des générations d’enseignants et d’étudiants actuels et futurs. Mon rêve est que cette statue nous rappelle au quotidien le souvenir de la révolution menée dans notre pays par Thomas Sankara et ses camarades entre 1983 et 1987. Ce sera l’image d’un leader qui a aimé son pays et qui s’est dévoué à la transformation de son pays. Une transformation qui a été brutalement interrompue par les ennemis du Burkina. Cette statue est le souvenir d’un homme et d’une révolution au cours de laquelle notre pays a été rebaptisé Burkina Faso, pays des hommes intègres. C’est-à-dire un pays où le projet est centré sur l’homme. 

 

bbuste 2Ce projet consistait à transformer l’homme afin qu’il soit armé de savoir et de valeur éthique, d’une part, et d’autre part il consistait à transformer individuellement et collectivement  le Burkina à partir de ses hommes de valeur intègres et bien formés. En inaugurant cette statue dans l’université qui porte son nom, nous devrons avoir en tête cette double exigence : produire et accumuler les connaissances en vue de transformer l’homme et contribuer à construire durablement et harmonieusement notre pays. Ses idées seront pérennisées, je l’espère, dans la conscience des jeunes qui feront le Burkina de demain. La patrie ou la mort nous vaincrons ! » Telle est la teneur de l’allocution prononcée par la veuve Sankara  à cette cérémonie.

bbuste 3Le buste est une forme moulée de la représentation de la partie supérieure, composée de la tête ainsi que de la poitrine et des épaules de l’image du capitaine Thomas Sankara. Il est supporté par un piédestal de 1,80m de haut. Le matériau qui a servi à sa confection est un alliage de verre, de polyester et de poudre de métal. Il a une rigidité spécifique élevée qui lui permet de résister à la corrosion, aux agressions chimiques, ainsi qu’une haute résistance aux rayons ultra-violets et à l’usure. Ce buste trône à l’université Thomas-Sankara pour rappeler à toute personne qui franchit le seuil de ce temple du savoir un certain nombre de valeurs cardinales que le père de la révolution d’août 1983 a incarnées et défendues. Ces valeurs ont pour noms l’intégrité, le patriotisme, la qualité, l’innovation, l’éthique, l’esprit d’équipe, le leadership, la probité, le sens de la responsabilité, le respect de l’environnement, la résilience.

Un baobab a été mis en terre à côté du buste pour montrer l’attachement du défunt capitaine Thomas Sankara à la préservation de l’environnement.

 Sié Mathias Kam

iisi uneDans le cadre de la commémoration du 34e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons, les avocats nationaux et internationaux de la famille Sankara ainsi que Mariam Sankara, épouse du défunt père de la révolution, étaient face à la presse le vendredi 15 octobre 2021 à l'université Thomas-Sankara de Ouagadougou. Les avocats se sont, on peut le dire, « lâchés » à cette occasion.

La Campagne internationale justice pour Sankara (CIJS) est à sa 25e année. Occasion choisie pour marquer un arrêt dans un lieu symbolique : l’université qui porte le nom de Thomas Sankara, a déclaré d’emblée Me Anta Guissé, avocate de la famille. « Nous sommes là pour faire entendre le droit, faire entendre la position de nos clients qui, depuis de nombreuses années, attendent la vérité », a-t-elle ajouté. « Le droit sera dit, clame Me Prosper Farama, et ce n’est pas l’absence de Blaise Compaoré ni celle de Hyacinthe Kafando, même si ces deux hommes font  partie des principaux accusés dans cette affaire, qui fera traîner le procès. »  « S’ils veulent y prendre part, la porte leur est grandement ouverte. Dans le cas contraire, ce sera sans eux », a poursuivi Me Farama.

iisi 2Dépités que le procès ne soit pas archivé en audio ou vidéo, les avocats de la partie civile disent ne pas comprendre cette décision du juge. « Nous n’avons pas demandé la retransmission en direct du procès. Nous avons soumis au tribunal notre requête en nous fondant sur les dispositions légales du Code de procédure pénale et du Code de justice militaire. Nous avons demandé simplement l’enregistrement audiovisuel du procès pour l’histoire », explique Me Ferdinand Nzepa. Pour Anta Guissé, pour des faits qui datent de plus de 30 ans, qui plus est qui concernent un président emblématique qui a marqué l’histoire du Burkina et même de l’Afrique, le prétexte de l’atteinte à la sûreté de l’Etat ne tient pas pour que le procès ne soit pas enregistré. Et Me Prosper Farama de faire remarquer que si le débat sur cette question d’enregistrement du jugement a eu lieu, c’est parce que le Code de justice militaire le permettait. « Au stade actuel, nous ne pouvons pas vous dire ce qui a motivé le juge à rejeter notre demande. S’il pense que le Code de procédure pénale l’interdit, c’est grave parce que cela voudrait dire que pour la jurisprudence au Burkina, pour l’intérêt mémorial de la nation on ne va plus enregistrer un procès comme cela se fait aujourd’hui dans les Etats modernes », a affirmé l’homme de droit. Toujours selon lui, «  la loi n’a pas prévu les conditions dans lesquelles on peut retransmettre un procès, donc ça veut dire que cette décision est laissée à l’appréciation du juge.»

Me Ferdinand Nzepa déplore l’absence de Blaise Compaoré, lequel a invoqué le fait qu’il s’agit d’un procès politique pour justifier son absence. Me Prosper Farama martèle que ce procès n’est nullement politique et que ce sont des éléments de droit qui y seront évoqués. iisi 3« Il y a comme une insulte de Blaise Compaoré et de ses acolytes aux victimes. Quand on assassine un chef de l’Etat en fonction, c’est bien un crime ! Il n’y a que dans leur esprit à eux que ça s’appelle de la politique. Qu’à cela ne tienne, si on considère qu’assassiner un chef de l’Etat en fonction est un crime politique, les accusés seront jugés pour un crime politique. Mais ce ne sera pas sur une base politique ; ce sera sur la base d’éléments de droit », a-t-il dit. Et de poursuivre : « Quand il (Ndlr Blaise Compaoré) avait les armes, c’était un homme courageux. Aujourd’hui qu’il n’a plus d’armes, il est devenu lâche ».

A la question de savoir quelle peut être l’implication française dans ce dossier, Me Anta Guissé répond : « Il y a des éléments dans le dossier qui évoquent des interactions qu’il y a eu avec cet Etat et avec des personnalités françaises. Dans les débats, ce sont des choses qui seront exploitées. Mais la France ne sera pas jugée à ce procès ».

Blaise Compaoré est-il condamné d’office ? La réponse de Me Farama est claire à ce propos : aucun indice n’indique que Blaise Compaoré est condamné. «  Je comprends qu’il ait peur, vu ce qu’il a fait. Aujourd’hui nous sommes à un procès ou il y a débat. Par exemple, nous, qui défendons les victimes, avons demandé l’enregistrement du procès, mais on ne nous l’a pas accordé. C’est déjà les prémices d’un procès équitable. Si tout était déjà ficelé comme le prétend Blaise Compaoré, ce procès aurait été retransmis de plein droit », déclare l’avocat de la famille Sankara.

« On ne peut pas avoir attendu tant d’années pour qu’au final le procès soit gâché et qu’on ne sache pas la vérité. Nous nous attelons à ce que la vérité soit dite dans le respect des familles pour le repos de l’âme des disparus », a conclu Me Anta Guissé.

Ouvert le 11 octobre 2021, le procès sur l’assassinat de Thomas Sankara et de ses compagnons d’infortune le 15 octobre 1987 a été suspendu. Il reprendra en principe le lundi 25 octobre.

Sié Mathias Kam

assiz uneEn prélude aux assises nationales sur l'éducation, prévues du 18 au 20 novembre 2021, les assises régionales dans les Hauts-Bassins ont débuté 13 octobre 2021 à Bobo-Dioulasso, à l'instar des autres régions du pays.

Très attendues des acteurs et partenaires de l'éducation, les présentes  assises régionales ouvertes à l'amphithéâtre de l'INFPE, ex-ENEP, sont le cadre offert par le ministère burkinabè de l'Education à l'ensemble de acteurs de ce secteur pour débattre de façon franche des questions cruciales de notre système éducatif qui est secoué par une crise profonde depuis quelques années.

«Notre système éducatif traverse une crise en ce qui concerne sa qualité et sa performance, une crise de confiance de ses acteurs», regrette Henri Prosper Paré, directeur régional des Enseignements post-primaire et secondaire de la région des Hauts-Bassins. Un constat qui justifie la tenue de ces assises régionales sur l'éducation.

assiz 2Durant trois jours,  les participants, répartis en plusieurs groupes, plancheront sur une douzaine de thématiques variées allant du bilan de la mise en œuvre du protocole d'accord Gouvernement-CNSE (Coordination nationale des syndicats de l’éducation) et perspectives, à la gratuité de l'éducation en passant par les stratégies de partenariat et de financement de l'éducation.

Les résultats attendus de ces sessions régionales sont, entre autres, l'appropriation des enjeux et défis de la tenue des assises nationales, des contributions pour enrichir le document de base des assises nationales, l'adhésion des populations à la tenue des assises nationales,  une meilleure préparation des communautés pour participer aux assises nationales, ainsi que l'adoption du document de base et des actes des assises nationales.

assis uneEn prélude aux assises nationales sur l'éducation, prévues du 18 au 20 novembre 2021,  des consultations régionales se tiennent les 13, 14 et 15 octobre 2021 dans les  13 régions du pays. L'objectif  global de ces assises régionales est de prendre en compte les attentes, les aspirations et les spécificités de chaque région dans la réflexion sur les problématiques de l'éducation nationale. Dans la région du Centre, ce  sont environ 250 personnes qui prennent part aux travaux, dont l'ouverture est intervenue le mercredi 13 octobre sous la présidence du gouverneur de cette région, Sibiri de Issa Ouédraogo.

Selon la première autorité administrative de la région du Centre, il s'agira pour les participants à ces travaux de s'approprier les enjeux et les défis de la tenue des assises nationales sur l'éducation nationale, de formuler des contributions pour enrichir le document de base des assises nationales et d'adhérer à la tenue desdites assises. Ceux-ci pourront également préparer au mieux leur participation aux assises nationales à venir, examiner et adopter le document de base ainsi que les actes des assises régionales.

De l'avis  des  acteurs prenant part aux travaux que nous avons rencontrés au deuxième jour, ces  consultations viennent à point nommé d’autant plus qu’elles permettront de discuter à fond  des différentes problématiques du système éducatif du pays. « C'est une très grande ambition pour l'État, voire pour le pays, de procéder à une réforme tel que nous sommes en train de le voir. Les grandes lignes des problèmes de l'éducation ont été évoquées. Et en tant qu'encadreur pédagogique, j'attends de voir s’opérer cette réforme dans sa totalité. En ce qui concerne les encadreurs pédagogiques, c'est surtout la réforme curriculaire qui me tient à coeur », a précisé Omar Zanga, inspecteur de l'Enseignement secondaire. 

assis 2Selon les syndicats, c'est la question de la mise en œuvre du protocole d'accord signé entre le gouvernement et la CNSE (Coordination nationale des syndicats de l'éducation, NDLR) qui s’est invité aux débats. « A ce propos, nous nous sommes interrogés sur la  pertinence de convoquer ce sujet aux assises régionales et nationales,  ce d'autant plus que c'est un accord qui a été signé entre deux parties, à savoir le gouvernement et la CNSE. Quand on soumet un accord qui a été signé entre deux parties à l'appréciation d'autres acteurs qui n'étaient pas là au début, il y a lieu de s'interroger. Mais qu'à cela ne tienne, il y a beaucoup de questions dont nous allons discuter. Au nombre de ces points figure la mise en œuvre du protocole. Et l’essentiel, c’est que le gouvernement respecte ses engagements relatifs à ce protocole», a déclaré Didier Kaboré,  coordinateur régional des syndicats de l'éducation  de la région du Centre.

assis 3En rappel, les participants à ces assises viennent de toutes les  composantes de la société. Ce sont  notamment des acteurs des ministères et institutions impliqués, les collectivités locales, les partenaires techniques et financiers,  les partenaires sociaux et les communautés à la base.

Barthélemy Paul Tindano

ccross uneEn marge de la célébration du mois de la Consommation locale initié par l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat a organisé un cross populaire pour donner le “la” du concept "produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons". Ont pris part à cette activité ce mardi 12 octobre 2021 le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, Arouna Kaboré, celui de l'Energie, des Mines et Carrières, le Dr Béchir Ismaël Ouédraogo, la ministre déléguée à l'Artisanat, Louise Anne Go, et bien d'autres invités.

Octobre, c'est le mois de la consommation locale. Ils étaient nombreux à prendre d'assaut le mémorial Thomas-Sankara, à Ouagadougou, pour booster ce concept pionner de l'illustre disparu. Selon le ministre Arouna Kaboré, le choix du lieu de départ, au pied du fief de Thomas Sankara, vise à témoigner leur solidarité à celui-là qui a donné l'exemple, celui-là qui a mis en avant le “consommons local”. "Le père de la Révolution est un symbole. De là où il est, il aura vu qu'il y a une continuité de sa pensée, celle de consommer notre production et de produire ce qu'on nous consommons", a-t-il lâché. ccross 2Ayant déjà à son actif le chapeau de Saponé, le Fasofani, le kôkôdunda et le beurre de karité, tous labellisés, le Burkina Faso s'aligne dans cette logique de priorisation du contenu local. Ainsi, des mesures sont prises pour toucher toutes les niches où on peut magnifier le Made in Burkina. Dans les mines et carrières, un décret pris permet d'intégrer désormais l'expertise nationale. Selon le ministre de l'Energie, des Mines et des Carrières, l'unique manière de magnifier Thomas Sankara, c'est de pérenniser ses idées, parmi lesquelles le consommons local occupe une place prépondérante. " Thomas Sankara a dit : “Tuez-moi et ce sont des millions de Sankara qui naîtront. Aujourd'hui, ce sont des milliards de Sankara qui sont nés. Nous allons poursuivre son œuvre, compter sur nous-mêmes. Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons, gage du développement", a confié le Dr Béchir Ismaël Ouédraogo.

ccross 3Pour le secrétaire du comité international du mémorial Thomas-Sankara (CIM-TS), les événements se poursuivent pour la gloire du défunt président Sankara, qui se réjouit sans doute de là où il est. Il cite à titre illustratif l'ouverture du procès sur l’assassinat du capitaine en 1987, soit 34 ans après ce drame, le choix du mémorial pour servir de lieu de départ à ce concept propre à Thomas Sankara et la commémoration des 34 ans de son assassinat. "En seulement une semaine, on célèbre trois événements. Nous souhaitons que chaque année maintenant, le monument constitue le lieu de départ du mois du consommons local", a martelé Jean-Luc Damiba.

Arouna Kaboré a profité de l’occasion pour lancer un appel à une pleine adhésion de la population : vieux, jeunes et enfants à ce label de valorisation du contenu local afin que "le pays sorte de la dépendance inutile".

Sié Mathias Kam

bcitoy uneLes membres du mouvement Balai Citoyen ont organisé une conférence de presse au cours de laquelle ils ont donné leur lecture des sujets d'actualité nationale et internationale. Situation sécuritaire du Burkina Faso, procès à venir  sur l'assassinat du capitaine Thomas Sankara, maintien de la fermeture des frontières terrestres et gouvernance dans le secteur de l'éducation sont, entre autres, les sujets abordés lors de ce point de presse ce jeudi 7 octobre 2021 à Ouagadougou.

Sur la crise  sécuritaire, le Balai Citoyen déclare que  la situation impacte considérablement le pays et compromet l'unité nationale.  Selon son porte-parole,  Ismaël Éric Kinda, le suivi des dossiers sur la plainte formulée et déposée le 28 juin 2021 auprès du procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Ouaga 1 contre le gouvernement pour non-assistance à personne en danger et la dénonciation de faits pouvant constituer des infractions pénales montre qu'aucune avancée notable n'a été enregistrée. Sur ce point, le Balai Citoyen dit mettre la justice burkinabè devant ses responsabilités et l'exhorte à diligenter ses propres enquêtes sur cette affaire au lieu de «sous-traiter ses compétences ».

Quant au procès à venir sur l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, le Balai Citoyen l’espère exemplaire. C’est pourquoi Ismaël Kinda et ses camarades exhortent les autorités judiciaires à prendre toutes les dispositions utiles pour une retransmission à la télévision et à la radio nationales de tout le procès afin que l'ensemble des Burkinabè ainsi que les Africains puissent suivre de bout en bout ce jugement «historique».

bcitoy 2Le Balai Citoyen exige la réouverture  des frontières terrestres et fait remarquer que c'est une décision hors de contexte et qui va même à l'encontre des textes communautaires de la CEDEAO relatifs à la libre circulation des personnes et des biens. Pour les conférenciers, la flambée des prix des biens de première nécessité observée actuellement sur le marché est une conséquence directe du maintien de cette fermeture.

Les effondrements d’édifices publics sont, de l’avis de ce mouvement de la société civile, une conséquence de la corruption. C'est pourquoi le Balai Citoyen exige des autorités compétentes que toutes les responsabilités soient situées et exhorte les acteurs de l'éducation à une réflexion profonde et concertée sur les défis dudit secteur.

Sur les sujets d'actualité internationale, les conférenciers notent que le Mali est un État indépendant et   souverain. À ce titre, nul ne devait lui imposer des partenaires encore moins lui interdire de faire les choix qu’il juge opportun. Pour Serge Bambara, alias Smokey,  le sommet Afrique France nouveau format est un non-événement et le Balai Citoyen y est opposé. Pour lui, les priorités du Burkina Faso en ce moment, c'est relever les défis de la sécurité et de la crise alimentaire qui s'annonce.

Barthélemy Paul Tindano

herosnat« Un deuil national… à quoi cela sert encore dans notre contexte ? » C’est la première question que nous avions posée à Salif Tiendrebeogo lorsque nous l’interrogions sur la nécessité ou pas de décréter un deuil national suite à la mort récente de 14 militaires dans une attaque terroriste au petit matin du 4 octobre 2021. La question mérite pourtant d’être posée, au regard du nombre de victimes de ce drame. Et il est tout à fait légitime de considérer que tout Burkinabè qui tombe pour la défense de la patrie mérite une attention à la hauteur de son sacrifice. Mais un deuil national est-il toujours l’expression majeure, voire suprême, de notre attention et ou de notre reconnaissance pour le sacrifice consenti ? Au regard de l’évolution progressive de la situation, nous sommes tentés de répondre à cette interrogation par la négative.

En effet, le dernier deuil national en date (suite à l’attaque d’un convoi sur l’axe Dori-Arbinda) nous montre que cette formule tend à perdre sa teneur et que son respect laisse à désirer. Il y a une dizaine d’années, un deuil avait tout son sens rien qu’au regard de son caractère inhabituel et de la solennité qui l’entourait. Mais la situation sécuritaire qui a été imposée au Burkina Faso depuis 6 ans maintenant, en plus de son corollaire de conséquences connues et manifestes, semble avoir eu raison aussi de certaines prescriptions légales du fonctionnement de notre nation. « Je crois qu’il faut que les autorités voient comment mieux célébrer nos héros, au lieu de passer leur temps à décréter des journées  de deuil » ; c’est la suite de la pensée de M. Tiendrebeogo. Pour approfondir sa réflexion, on peut se poser la question suivante : quel message nous envoyons aux terroristes si notre quotidien se résume à faire des deuils ? Un peuple faible, pleurnichard ? Pourtant nous savons tous que ce n’est pas le cas. Tout Burkinabè qui s’engage dans le combat contre le terrorisme, corps habillé ou pas, est d’office un héros et nous devons tous garder à l’esprit cela. Et lorsqu’il tombe pour la patrie, il apparaît plus logique de le célébrer que de le pleurer. La nation doit célébrer désormais ses héros.

Le Burkina Faso est en guerre, et des Burkinabè tomberont peut-être encore pour la Patrie. Mais le plus important à savoir, c’est que les terroristes seront combattus et poursuivis jusque dans leur dernier retranchement.  Les récentes frappes aériennes aux alentours de Mansila nous donnent de réels motifs d’espoir, car elles sont illustratives de la montée en puissance de notre armée et de nos forces de sécurité intérieure. Mais ce qui est encore plus important, c’est que nous retenions que nous gagnerons cette guerre rapidement lorsque chaque Burkinabè comprendra que cette guerre n’est pas uniquement celle d’une armée, des forces de sécurité ni d’un gouvernement. C’est notre guerre et nous devons oser lutter ensemble pour savoir vaincre ensemble et célébrer nos héros ensemble !

Prosper Bassono

                                                                       

pplai uneAu tribunal de grande instance de Ouaga 1,  ce mardi 5 octobre 2021, Salif, un nom d'emprunt, a été condamné  à trois mois de prison avec sursis et à 250 000 francs d’amende pour coups et blessures sur Jeanne, également un nom d'emprunt. L’accusé a été condamné pour avoir frappé Jeanne, membre de la brigade verte de Ouagadougou,  parce qu'elle n'aurait pas respecté un mot d’ordre lancé par le syndicat de la brigade et invitant à cesser le travail en période de grève.

Trois  mois de prison avec sursis et une amende de 250 000 francs : c’est la peine requise contre Salif pour coups et blessures sur Jeanne. Les   faits se sont déroulés à l'échangeur de l'Ouest, précisément au quartier  Gounghin de Ouagadougou. Tout est parti d'un bras de fer entre la mairie de Ouagadougou et les femmes de la brigade verte, qui réclamaient l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail. pplai 2Pour exiger la satisfaction de sa plateforme revendicative, le syndicat de ladite brigade a lancé un mot d'ordre de grève invitant ses membres à arrêter le travail.  Un mot d’ordre qui n'a pas été unanimement respecté par les balayeuses de rues. Ainsi, certaines d’entre elles ont continué à travailler. Alors, des membres du syndicat ont décidé de les en empêcher. C'est ainsi qu'un matin, deux hommes dont Salif sont sortis pour voir celles qui continuaient le travail. À leur arrivée à l'échangeur de Gounghin, ils ont trouvé sept femmes en train de travailler. Alors ils ont chassé les six qu'ils ont trouvées. Cependant Jeanne n'était pas au courant car elle était d'un autre côté. Lorsque Salif l'a aperçue,  il l’a frappée à l’aide d’un fil de fer. Et Jeanne s'est retrouvée à l'hôpital.

A l'audience, Salif a nié l'avoir frappée avec un câble, mais le procureur lui a fait comprendre que le câble a été retrouvé sur lui. Un fait qu'il n'a pas nié mais il dit garder le câble pour frapper des chiens. À la question de savoir combien de chiens il a déjà frappés, Salif répond : “Aucun”. En définitive, il sera condamné à trois mois de prison avec sursis et à 250 000 francs d'amende.

Un autre fait qui mérite d’être relevé est que pendant l'audience de ce jour, un jeune homme s'est évanoui lorsqu'il entendu sa peine. Il a été condamné à 12 mois de prison et à une amende de 250 000 pour escroquerie. Le prévenu est accusé d'avoir  escroqué un gérant de boutique Orange money avec un complice. Après le prononcé du verdict, l’accusé s'est évanoui. Il a fallu l'intervention des gardes de sécurité pénitentiaire pour le ramener à sa place et le faire coucher quelques instants.

B. P. T.

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