En prélude au 61e anniversaire des forces armées nationales du Burkina Faso, le ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants a tenu un point de presse le mercredi 27 octobre 2021 en vue de donner des détails sur cet événementcélébré le 1er novembre. Selon le général Aimé Barthélemy Simporé, cet anniversaire sera sobre cette année au regard du contexte sécuritaire national. Pour cela, l'événement sera ponctué par des cérémonies d'hommage aux soldats tombés, aux familles et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
C'est sous le thème : <<61 ans au service de la défense de la patrie : tous ensemble pour un vibrant hommage aux Forces armées nationales et pour un engagement décisif pour vaincre le terrorisme>> que sera célébré ce 61e anniversaire de la grande muette. Pour le chef du département de la Défense, cet événement est une occasion pour l'armée de communiquer avec la nation dans un exercice de redevabilité institutionnelle et surtout de réaliser avec elle, en ces moments difficiles, l'indispensable synergie patriotique pour vaincre le péril terroriste. Car selon lui, communiquer davantage et communier avec les populations permet de dépolluer l'environnement des perceptions.
À cet effet, une nuit d'hommage aux morts, aux blessés, aux familles endeuillées et aux VDP sera organisée le 30 octobre. Elle sera présidée par le chef du gouvernement. Après la cérémonie de prise d'armes, il y aura des cérémonies funèbres d'abord à la place de la Nation puis au cimetière municipal de Gounghin le 2 novembre.
Sur la question relative à la sécurité nationale, le ministre assure que l'armée se renforce de jour en jour en termes d'armement. La flotte militaire a aussi été étoffée. De l'avis du général Aimé Barthélmy Simporé, il importe faut que la Nation comprenne que la réponse militaire ne suffira pas à vaincre la violence terroriste. C'est pourquoi il faut impérativement adopter une approche plus globale et holistique permettant de développer d'autres réponses spécifiques, agrégées ensemble selon une vision politique et stratégique. Sur l'incident surrvenu à Pô entre un groupe militaires et des civils dans ce mois d’octobre, le ministre souligne que la situation s’est apaisée et qu’il y a eu des demandes de pardon dans ce sens. Toutefois, l'affaire est pendante en justice et c'est le procureur qui va donner à ce dossier la suite judiciaire qu'il faut.
La situation sécuritaire àlaquelle fait face le Burkina Faso provoque un déplacement massif de la population, principalement vers les centres urbains. L'arrivée de ces personnes dans ces zones augmente la demande vis-à-vis des services d'approvisionnement en eau potable, assurés par l'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) et les communes. Dans le but d'accompagner les pouvoirs publics pourrelever le défi d'approvisionnement en eau potable, l'ONEA et un consortium d'ONG internationales, notamment Solidarités internationales, le Gret et le Groupe URD, ont initié le projet Nex'Eau, dont l'objectif est de renforcer la résilience des services publics d'eau potable en contexte de crise sécuritaire dans certaines communes des régions du Nord et du Centre-Nord. Le lancement est intervenu ce mercredi 27 octobre à Ouagadougou àtravers un atelier qui durera deux jours.
Les communes d'intervention de ce projet sont Titao, Ouahigouya, Oula et Séguénéga, dans la région du Nord, et Kongoussi, dans le Centre-Nord. Le projet vise spécifiquement à renforcer l'ONEA et les communes dans leur capacité à planifier, financer et coordonner les actions pour le maintien et le renforcement des services d'eau potable dans un contexte de crises sécuritaire et humanitaire. En outre, maintenir et renforcer des services publics d'approvisionnement en eau potable en termes de couverture, d'organisation, de gestion et suivi technique, financier et commercial fait partie des objectifs, de même que suivre, évaluer, capitaliser et diffuser les méthodologies développées et les leçons apprises en vue d'une potentielle réplication dans les principaux centres d'accueil des déplacés forcés au Burkina Faso. Selon Anselme Justin Kaboré, représentant du ministre de l'Eau, l'un des défis que doit relever le Burkina Faso est sans nul doute l'accès à l'eau potable. Il félicite les porteurs du projet et invite les bénéficiaires à saisir cette occasion. << Cette cérémonie est une occasion pour moi d'encourager l'ONEA et les ONG porteuses d'initiatives et en même temps d'interpeller les maires et les populations des communes concernées sur le rôle important qu'ils doivent jouer dans la réussite et la mise en œuvre de ce projet>>, a dit M. Kaboré. Le directeur général de l'ONEA, Frédéric Gandaogo Kaboré, a également appelé les différents acteurs à travailler ensemble pour de meilleurs résultats. <<Afin d'atteindre les objectifs de ce projet, il est attendu de chacune des parties prenantes que nous sommes la disponibilité, la communication, la flexibilité des démarches et la collaboration à tous les niveaux. C'est forts de cela que l'ensemble des partenaires s'engagent à mutualiser leurs efforts pour l'atteinte des objectifs du projet Nex'Eau >>, a-t-il soutenu.
Selon le maire de la commune de Oula, Sidi Mahamady Savadogo, représentant les bénéficiaires, le projet vient à point nommé. <<La commune avait un grand besoin en eau potable. Avec l'arrivée massive des déplacés, ce besoin s'est exacerbé. Aujourd’hui, notre souhait le plus ardent, c'est d'avoir un appui en réalisation d'infrastructures hydrauliques, en sensibilisation et en compétence de gestion de ces ouvrages>>, a dit M. Ouédraogo. Le projet Nex'Eau comporte deux volets, à savoir "le projet Renforcement de la résilience des services publics d'eau potable en contexte de crise", financé par l'Agence française de développement (AFD), et "l'Activité Nexus", financée par l'Agence des Etats-Unis pour le développement (USAID).
Débutées le mardi 26 octobre, les auditions des accusés dans l’affaire Thomas Sankara et 12 autres se sont poursuivies le mercredi 27 octobre 2021 à Ouagadougou au tribunal militaire. Accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat et d’assassinat, Yamba Élysée Ilboudo était à la barre pour la deuxième fois. Si l’accusé a reconnu hier « les faits », son avocate, Me Elise Marie Kaboré, l’a fait « plaider non coupable » ce mercredi car selon elle, « il n’a pas compris la question du juge ». Qu’à cela ne tienne, des informations sont sorties de la bouche de l’accusé.
Le deuxième jour d’audition de l’accusé Yamba Élysée Ilboudo s'est déroulé sur fond de troubles. D’abord l’avocate de l’accusé, Me Elise Marie Kaboré, a introduit un recours pour demander « une expertise médicale » sur son client car ce dernier, au dire de sa femme, parlerait seul souvent, donc souffrirait de troubles mentaux. L’avocate a dit avoir relevé des incohérences dans les propos de son client d’hier à aujourd’hui mercredi. Ce dernier a en effet été évacué en France suite à un accident en 1989 et avait été « traumatisé ». Et quand on lui demande de donner des détails sur la présence ou non de Gilbert Diendéré au Conseil de l’entente le soir du 15 octobre 1987, le sexagénaire répond : « Je ne me rappelle pas » ou « J’ai oublié ». Pourtant lors de l’instruction, il a déclaré au juge avoir « vu Gilbert Diendéré en tenue militaire tenant une réunion avec ses hommes sous un hangar ».
C’est sur la base de ces faits que la défense a introduit cette demande. « S’il le faut, qu'on fasse ausculter tous les accusés pour vérifier leur état psychique afin qu’on ne dise pas après ‘’on aurait pu …‘’ », a soutenu Me Olivier Somé de la défense. Après suspension de l’audience, le tribunal a rendu sa décision. « La requête de Me Elise Marie Kaboré est recevable mais injustifiée », a déclaré le président du tribunal, Me Urbain Meda. Les interrogatoires se sont donc poursuivis.
Un fait a cependant retenu notre attention : l’accusé lui-même a plaidé « coupable » hier, car « il reconnaît les faits », mais son avocate, curieusement, a plaidé « non coupable » ce mercredi. Me Elise Marie Kaboré estime en effet que son client n’a pas compris la question du juge. « Il n’a même pas fait le CP1 », a affirmé l’avocate. Et de questionner son client : « Est-ce que vous avez tiré sur Thomas Sankara et ses compagnons ? » Réponse d’Elysée Ilboudo : « Non ». « Donc il plaide non coupable », s’est-elle empressée de faire remarquer, tout en demandant que cela soit noté par le greffe. Dans la suite des auditions, les débats ont plus porté sur comment prouver qu’effectivement M. Yamba Elysée Ilboudo souffre de troubles mentaux. Le président du tribunal a recadré certains et clos les débats sur cette décision.
D’hier à aujourd’hui mercredi, des informations sont sorties de la bouche du premier accusé à la barre, Yamba Elysée Ilboudo, soldat de première classe, militaire-chauffeur au moment des faits. Du domicile de Blaise Compaoré au Conseil de l’entente, ce dernier a relaté les faits tels qu’il les a vus ou entendus. C’est à bord de deux voitures : l’une conduite par lui-même et dans laquelle avaient pris place 5 personnes et l’autre au volant de laquelle était Hamidou Maïga qu’ils ont, si on se fie à sa version des faits, investi le Conseil de l’entente. Ils étaient au nombre de 8 et sous la direction de Hyacinthe Kafando. Une fois sur les lieux, la Sécurité les a laissés passer car la voiture conduite par Hamidou Maïga était celle de service de Blaise Compaoré. Ils ont cru que c’était le ministre de la justice de l’époque (Ndlr Blaise Compaoré) qui était à l’intérieur. Arrivés sur les lieux, les occupants dudit véhicule ont fait un arrêt au pied-à-terre de Blaise Compaoré avant de continuer dans l’enceinte du Conseil, où Hyachinte Kafando à bord avec Yamba Elysée Ilboudo a forcé le volant de celui-ci de sorte à le contraindre à percuter la porte du secrétariat du Conseil de l’entente. 4 à 5 mn après, Kafando et ses acolytes sont descendus de voiture et ont tiré en l’air dit-il. Elysée Ilboudo, lui, serait resté pendant tout ce temps dans la voiture endommagée. C’est alors que sont tombées les premières victimes : Walilaye Ouédraogo et Der Somda. Ensuite, le président Thomas Sankara, sorti les mains en l’air, a reçu une balle et s’est écroulé. « Quand les tirs ont cessé, Hyachinte Kafando m’a dit qu’on avait fini le travail », confie-t-il. Kafando a alors donné l’ordre de descendre éteindre le feu, de conduire trois autres soldats dans une chambre et de les rejoindre au domicile de Blaise Compaoré. Mais avant cela, Hyacinthe Kafando et Hamidou Maïga se sont empressés d’aller chercher Blaise Compaoré pour le conduire à la radio nationale. Dans son récit, l’accusé affirme n’avoir pas ou jamais utilisé une arme pour tirer, bien qu’il fût en possession d’un pistolet automatique (PA). Néanmoins, il a reconnu à la barre avoir peur. Peur pour sa famille et se retenir dans ses propos pour ne pas créer des troubles. C’est ainsi qu’a pris fin l’interrogatoire de Yamba Elysée Ilboudo. « De toute façon, à la lumière des déclarations de Yamba Elysée Ilboudo, on peut dire que le procès est fini. Toutes les vérités ont été dites. Tout ce qui viendra après ne sera qu’un plus », soutient Sinka Siriki, haut commandant des Forces armées populaires pendant la révolution, aujourd’hui à la retraite.
Le courage de Yamba Elysée Ilboudo a été salué par les avocats de la partie civile. « Vous êtes pratiquement le seul à avoir dit avec détail ce que vous avez vu et fait », a conclu Me Prosper Farama.
C’est Idrissa Sawadogo qui est appelé à la barre le jeudi 28 octobre 2021 pour son audition. Caporal au CNEC au moment des faits, il est accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat et d’assassinat.
Le procès des assassins présumés de Thomas Sankara et de ses douze compagnons a véritablement pris son envol. Débuté le 11 octobre dernier, il a été renvoyé au lundi 25 octobre, où il a repris avec la lecture de l’arrêt de renvoi et les demandes de liberté provisoire formulées par les avocats de la défense, entre autres. L’audience de ce 26 octobre a débuté par les échanges sur la demande d’annulation de citation à comparaître de l’accusé Tondé Ninda dit Pascal formulée par son avocat, la projection d’éléments audios et vidéos pour situer les faits ainsi que l’audition du premier accusé, Yamba Elysée Ilboudo.
Débutée peu après 9h, l’audience de ce mardi a été́ suspendue quelques minutes. La raison ? Me Larousse Ollo Hien, avocat de la défense, notamment de l’accusé Tondé Ninda dit Pascal, alias Manga-Naaba, a déposé un mémoire unique aux fins de nullité́ de citation. Me Hien estime que son client doit être relaxé au motif que celui-ci, qui était initialement poursuivi pour subornation de témoin, se retrouve aujourd’hui accusé de recel de cadavres. Selon l’avocat, le parquet a aggravé le cas de son client ; mieux, ce dernier ne sait plus s’il est accusé ou prévenu. « C’est une violation grave de la défense », a-t-il lâché. Mais la partie civile, notamment Me Séraphin Somé, demande le rejet de ce mémoire. « Nous demandons le rejet sans difficulté de la demande de l’avocat de la défense. Que son client se prépare car le combat doit avoir lieu », a lancé l’homme en robe noire. Le parquet, quant à lui, pense qu’il n’y a aucune entorse à la procédure. A sa suite, le tribunal a rejeté la requête de la défense.
Place ensuite à la projection d’éléments audios et vidéos., en l’occurrence 7 extraits audios et vidéos. Suivant la chronologie, ce sont des éléments de moins de deux semaines après le 15 octobre où on écoute à travers les audios et regarde grâce aux vidéos, tour à tour, des processus d’explication aux populations des événements du 15 octobre 1987. Selon le parquet, ces éléments ont été choisis pour faire comprendre l’évolution des évènements de ce jeudi soir du 15 octobre 1987 et ainsi planter le décor pour les auditions.
Le premier accusé à la barre reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Yamba Elysée Ilboudo, 62 ans, soldat de première classe, militaire-chauffeur au moment des faits, est accusé d’avoir, le 15 octobre 1987, volontairement donné la mort à Thomas Sankara et à 12 autres de ses compagnons. Il est aussi accusé de complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat courant août 1987. « Oui, je reconnais les faits », a-t-il affirmé à la barre. Et quand le président du tribunal lui demande d’être plus explicite, il déclare : « Un soldat a un chef. Il exécute les ordres de son chef. J’ai reçu l’ordre de mon chef Hyacinthe Kafando le 15 octobre. Il a hurlé mon nom avant de me dire : ‘’Elysée, on va au Conseil de l’entente (...)’’ Nous avons démarré du domicile de Blaise Compaoré », a narré l’accusé. A la suite de ses premières explications, l’accusé entre dans une « rétention ». A toutes les autres questions sur les faits qui se sont déroulés ce « jeudi noir » une fois qu’ils sont arrivés au Conseil de l’entente, il a répondu en clamant n’avoir aucunement pris part au forfait. Mieux, il soutient être resté tout le temps qu’a duré le coup d’Etat dans la voiture qu’il avait conduite et qui était endommagée après que son chef, Hyachinte Kafondo, l’a contraint à percuter la porte du secrétariat du Conseil de l’entente, car il avait, à ses dires, reçu l’ordre de ce dernier de ne pas descendre de voiture. « Je me suis tu et je regardais car si j’avais parlé, ils allaient me faire ce qu’ils ont fait au président Thomas Sankara ; donc j’étais dans la voiture et je regardais. Je ne savais pas qu’on partait faire un coup d’Etat, à plus forte raison ôter la vie à quelqu‘un», soutient l’accusé Yamba Elysée Ilboudo. Il précise néanmoins que les membres du commando étaient huit à bord de deux véhicules dont une que lui-même conduisait et l’autre au volant de laquelle était Hamidou Maïga. « J’ai vu le président Sankara sortir sans arme les mains en l’air et demander : ‘’Y’a quoi, qu’est-ce qui se passe ?’’ avant d’être atteint par une balle. Il est tombé sur les genoux puis sur le flanc gauche », confie-t-il. Avant Sankara, deux autres soldats avaient été froidement abattus. Il s’agit de Walilaye Ouédraogo et de Der Somda. Le dernier cité était le chauffeur de Thomas Sankara.
Reprenant la parole peu après 16h et demie à la fin des réquisitions de Me Ferdinand Nzepa de la partie civile, le président du tribunal a accepté d’accorder une liberté provisoire à 11 accusés. Seul Gilbert Diendéré reste en détention, parce que déjà condamné dans une autre affaire. Lundi dernier, tous les 11 accusés avaient introduit des demandes de libération, notamment pour des raisons de santé. Ils sont désormais libres de leurs mouvements, mais devront se présenter à l'audience tout au long du procès. Tous les 11 accusés, faut-il le rappeler, étaient en liberté jusqu’à 2 jours avant l’ouverture du procès, où ils ont été convoqués puis incarcérés à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA). « Nous sommes déçus de cette décision du tribunal. Nous espérons que cela n’aura pas d’impact sur les auditions et qu’ils seront là pour toutes celles-ci », a clamé Me Nzepa. L’audition de Yamba Elysée Ilboudo reprend mercredi matin.
Le procès sur l'affaire Thomas Sankara a repris ce lundi 25 octobre et c’est parti pour des mois. Au programme, il y avait l'appel des témoins et la lecture de l'arrêt de renvoi des accusés et prevenus. Il y a eu des points de discussion relatifs à la demande des avocats de la partie civile que les témoins qui ne sont au Burkina soient auditionnés par visioconférence. Une requête sur laquelle la partie adverse avait émisdes réserves, mais qui a en définitive été agréée par le tribunal. Un autre point de discussion fut la demande de liberté provisoire pour les accusés et prévenus formulée par des avocats de la défense, demande que la partie civile rejette. A ce sujet, le parquet donnera sa décision àl'audience du mardi 26 octobre.
Les avocats de la défense ont demandé une liberté provisoire pour leurs clients, invoquant des raisons de santé ainsi que l'âge avancé des accusés et prévenus. C’est seulement pour le général Gilbert Diendéré, déjà condamné à 20 ans de prison dans l'affaire du coup d'Etat manqué de 2015, qu'il n'a pas été question de demande de liberté provisoire. Selon la défense, il n’y a pas de risque que les accusés se soustraient à la justice, au regard de leur âge avancé. En plus, ont argumenté ses avocats, beaucoup d'entre eux sont malades et certains ont des charges familiales qui requièrent qu'ils soient à la maison. Mais pour les avocats des parties civiles, ces arguments ne tiennent pas la route. Selon eux, si on accorde la liberté provisoire aux accusés, un jour viendra où aucun des accusés et prévenus ne se présentera à l'audience. Par ailleurs, s'ils ont des responsabilités familiales, c'est parce qu'ils sont en vie, ont poursuivi ces derniers, car les victimes du 15-Octobre auraient aussi voulu vivre pour s'occuper de leurs familles. Sur ce, le tribunal a pris la décision de se prononcer à l'audience du 26 octobre.
Bien avant, le parquet avait arrêté la liste des témoins. Certains de ces témoins n'étant pas au Burkina Faso, la partie civile a demandé qu'ils soient auditionnés par visioconférence. Une demande que le parquet a estimée impossible à satisfaire, car vouloir faire des audiences en visioconférence, ce serait enregistrer le procès alors qu'il n'est pas permis de le faire. En plus, d'après elle, le tribunal n'a pas les moyens de procéder à des auditions par visioconférence. Sur ce point, la partie civile s'étonne qu'en ce 21e siècle on ne soit pas capable de faire des audiences par visioconférence ici alors que cela se fait ailleurs. Alors que même la loi, notamment l'article 119 du Code de justice militaire, le prévoit.
Quant aux avocats de la défense, ils se sont opposés à cette demande de la partie civile, invoquant le même article qui dispose que lorsqu’un témoin n'est pas présent, on peut passer outre. C’est sur ces divergences des différentes parties que le tribunal a suspendu l'audience pour se concerter. A son retour, il a autorisé les audiences par visioconférence en précisant que cela serait diligenté par le ministère de la Défense nationale et des Anciens Combattants. Quant aux témoins, le tribunal les a autorisés à rentrer en donnant des consignes sur le programme de passage de chaque témoin. Selon le tribunal, il y aura cinq témoins par jour à la barre L'audience reprend ce mardi 26 octobre à 9h.
Le procès Thomas Sankara reprend ce lundi 25 octobre 2021 après sa suspension le 11 octobre dernier. Sur ce sujet, Radars Info Burkina s'est entretenu avec Lianhoué Imhotep Bayala, membre du Comité international du mémorial Thomas Sankara et membre du cadre "2 Heures pour Kamita", pour en savoir davantage sur ses attentes vis-à-vis de ce procès. Ce panafricaniste salue le démarrage du procès et dit avoir confiance enla justice burkinabè quant à l'aboutissement du procès. Toutefois, il déplore que ledit procès ne soit pas retransmis en direct comme le souhaitent certaines OSC.
Radars Info Burkina : 34 ans après l'assassinat du père de la Révolution burkinabè, en tant que panafricaniste, quelles sont vos attentes vis-à-vis dece procès historique?
34 après les événements, le procès a lieu. Pour nous c'est d'abord une grosse victoire de l'ensemble des acteurs aux niveaux national et international qui se sont mobilisés au lendemain de son assassinat pour dire que nous ne pouvons plus rester silencieux et inactifs face à des crimes de cette arrogance, à des crimes de cette gravité qui narguent la valeur de la justice. Je pense que c'est une victoire pour l'ensemble des acteurs, et de la famille biologique qui a résisté, qui a attendu pendant ces 34 ans. C'est aussi le signe que quand on vit on gagne. Le désespoir n'est pas révolutionnaire. Je dirai déjà que le fait déjà d'avoir le procès est une victoire.
Nos attentes, c'est formellement des attentes de justice. Que soient situées les responsabilités de ceux qui ont attenté à la vie de Thomas Sankara, qu'ils puissent en plus des généralités que nous savons sur les motifs de son assassinat, qui étaient son opposition formelle à l'impérialisme et ses valets locaux, que les raisons formelles de ceux qui ont commandité le crime, ceux qui ont exécuté le crime soient connues et que les acteurs qui justifient cette action là soient également connus afin que les responsabilités puissent être situées. Il y a assez d'eau qui a coulé pendant les 34 longues années. Dans l'imaginaire populaire demandez même à nouveau-né qui a tué Thomas Sankara, il dira Blaise Compaoré. C'est aussi l'occasion pour Blaise Compaoré, s'il n'est pas coupable dans ce crime, de pouvoir bénéficier d'une justice qui établit son honneur, même s'il n'en a plus. On n'imagine pas que cela soit possible au regard des coïncidences rapportées par des témoignages assez loquaces y compris lui-même son témoignage en novembre 1987 lorsqu'il faisait son premier discours en disant qu'il fallait le devancer.
Donc nos attentes, c'est que finalement on permette à Sankara d'avoir justice et aussi que nous puissions enfin célébrer ses funérailles afin qu'il rejoigne le panthéon des ancêtres, le panthéon des justes. Parce que jusque-là les funérailles de Sankara n'ont pas été célébrées et nous sommes en Afrique, cela ne concourt pas à soulager son âme, à soulager son esprit qui erre encore. Nous attendons tout simplement que des peines à la hauteur du crime, tel que prévu par le Code pénal, soient appliquées sans état d'âme à titre pédagogique à ceux qui l'ont fait pour dissuader les futurs criminels politiques, les futurs candidats à la kalach pour résoudre leur questions de diversité d'opinion ou adversité politique. Pour finalement dire que, pour faire valider son opinion on n'a pas besoin d'une grenade.
Radars Info Burkina : Avez-vous confiance enla justice burkinabè quant au bon aboutissement de ce procès ?
Oui je dirai maintenant que j'ai confiance en la justice burkinabè parce que c'est elle qui s'est autosaisie du dossier mais il faut quand même noter que c'est la pression populaire qui a rendu cela possible. On a connu une justice aux ordres pendant 27 ans. Donc ce n'est pas uniquement l'action d'une société civile forte qui a mis la pression, son action a été certes déterminante, mais c'est une action qui s'est conjuguée, qui s'est ajoutée à d'autres volontés. La volonté d'un État de ne pas s'opposer à l'instruction du dossier Thomas Sankara et la volonté d'une justice qui s'est saisie du dossier, qui a dit mais non on va le réévaluer. Sur la base de ces choses-là, je pense que la justice burkinabè a donné des marques de sa nouvelle crédibilité, nous espérons qu'elle pourra redorer le blason de cette justice tant décriée depuis des lustres. Je pense que le fait d'être parvenu à fixer une date, à entendre tous les témoins, à créer des instructions, parvenir à donner des dates et la prochaine qui est le 25 pour le jugement, ce sont des indices d'espoir. Personnellement j'ai confiance en cette institution et je pense que plus il y aura de mobilisation populaire, plus il y aura des encouragements proférés à leur adresse. Cette justice là au nom de son orgueil à dire le droit va se saisir de toutes ses ailes et de tous ses pouvoirs.
Radars Info Burkina : Sur le déroulement du procès, comment auriez-vous souhaité que celase passe, et peut-être qui ne se passe pas ainsi?
Par rapport au déroulement du procès je pense que le cadre est un cadre public qui peut accueillir plus de monde (...). Je dirai aussi que l'un des crimes de mémoire qu'on est en train de commettre à travers ce procès -là, c'est le refus de mémoriser ça à travers la captation audiovisuelle. C'est assez dramatique, je pèse bien mes mots, que nous ayons une sous-estimation, une sous-évaluation de la mémoire collective, en ratant l'opportunité historique d'avoir toute une forme d’archivage de ce procès (...). Je pense que les Africains que nous sommes, nous avons notre histoire qui a été volée, et quand nous avons l'occasion de la reconstituer nous-mêmes, il faut bondir avec toutes les armes.(...) Le procès doit être filmé. Que ceux qui ont pris cette décision comprennent qu'au-delà des enjeux de préservation de secret de ce criminel, il y a encore un enjeu plus grand, c'est celui de préserver la mémoire d'un peuple entier, d'un continent uni et d'une humanité en phase de plus en plus avec les valeurs de dignité, les valeurs humaines, les valeurs de justice et les valeurs d'accès à l'information.
Radars Info Burkina : Merci beaucoup pour votre disponibilité.
Une casse accidentelle de conduite suite à des travaux de fonçage a occasionné une fuite d'eau sur une conduite PVC de grand diamètre (DN 160) sur Kwame Nkrumah, derrière Splendid Hôtel. Une partie de cette zone (ZACA, Samandin, cité an 2) connaîtra des baisses de pression, voire des interruptions temporaires de la fourniture d'eau.
Les équipes techniques de l'ONEA sont à pied d'œuvre pour remettre diligemment en service ladite conduite. La situation se rétablira progressivement dans la soirée du 18/10/2021.
L'ONEA s'excuse auprès de son aimable clientèle pour les désagréments causés.
C’est dans la salle polyvalente de la « cité des cuirs et peaux » que les forces vives de la région du Centre-Nord ont mené les 13, 14 et 15 octobre 2021 des échanges sur les maux qui minent le système éducatif burkinabè et fait des propositions de solutions. C’était dans le cadre des assises régionales, tenues en prélude à celles nationales qui auront lieu en novembre prochain.
C’est la première autorité administrative du Centre-Nord, le gouverneur Casimir Séguéda, qui a procédé à l'ouverture de ces assises régionales sur l'éducation burkinabè, au nom du ministre de tutelle de ce département, le Pr Stanislas Ouaro. Ces échanges voulus par le gouvernement burkinabè visent à permettre à toutes les composantes des communautés régionales de mener des réflexions sur les problèmes qui minent l’éducation, d'une part, et d'autre part à donner la possibilité aux participants auxdites assises de s’en approprier les enjeux ainsi que les défis, de faire des propositions pour enrichir le document de base de la rencontre régionale, d’y adhérer et de mieux préparer leur participation à la tenue des assises nationales, prévues en novembre prochain.
Ainsi, 3 jours durant, les participants, à travers des travaux de groupes suivis de restitutions, ont mené des réflexions sur 6 consignes afin de produire une feuille de route détaillant les stratégies, les actions à mener et les recommandations faites pour enrichir le document de base des assises nationales sur l’éducation.
En rappel, ces échanges fort enrichissants sur l'éducation nationale menés dans la région du Centre-Nord avaient pour thème « Quelle réforme et quelle stratégie d’action pour développer l’éducation nationale ? »
Débutés le 13 octobre dernier sur le thème «Quelles réformes et stratégies d'actions pour développer l'éducation nationale ?» les travaux des assises régionales sur l'éducation dans les Hauts-Bassins ont pris fin le vendredi 15 octobre 2021 à l’Institut national de formation des personnels de l’éducation (INFPE) de Bobo-Dioulasso.
Placée sous la présidence d’Antoine Atiou, gouverneur de la région des Hauts-Bassins, cette session de travail a regroupé environ 250 participants issus de toutes les composantes de la société. Il s'est agi pour ces derniers, au cours des 3 jours qu'ont duré les travaux, d’examiner le document de base préparatoire aux assises nationales et d’enrichir les points de discussions qui ont été dégagés ainsi que les propositions de réponses, qui sont loin d’être exhaustives, par des contributions et des débats ouverts.
Répartis en 6 groupes, les participants aux travaux ont pris en charge les douze thématiques du document de base, et les discussions ont porté sur la mise en œuvre du protocole d’accord gouvernement-CNSE ; la contribution des communautés au fonctionnement des établissements ; la question de la qualité des infrastructures éducatives et du suivi des chantiers de construction ; la disparité des frais de scolarité d’un établissement privé à un autre ; le problème de la réorganisation des écoles franco-arabes avec à la clé l’organisation d’un examen unique, de même que la suppression ou non du second tour au BEPC et du CEP, pour ne citer que ces points.
Sur les deux derniers points, les discussions ont été particulièrement chaudes en ce qui concerne surtout leur mise en œuvre effective dans un court terme. Des amendements apportés et validés par les assises régionales, l’on retient par thématique des reformulations, de nouvelles propositions et des observations. Au nombre de 81, elles sont réparties ainsi qu’il suit :
- Bilan et mise en œuvre des protocoles d’accord gouvernement/CNSE (5 éléments) ;
- Question enseignante (18 éléments) ;
- Bilan des réformes (7 éléments) ;
- Stratégie de relance du sous-secteur de l’enseignement technique et de la formation professionnelle (12 éléments) ;
- Gratuité de l’éduction : bilan et perspectives (4 éléments) ;
- Bilan du transfert des ressources (02 éléments) ;
- Gouvernance du secteur (17 éléments) ;
- Mécanisme d’encadrement de l’enseignement privé (2 éléments) ;
- Mécanisme de résilience du système éducatif (3 éléments) ;
-Stratégies de relance du sous-secteur de l’éducation non formelle (1 élément) ;
- Stratégies de promotion des langues nationales (3 éléments) ;
- Stratégies de partenariat et de financement de l’éducation (9 éléments).
Durant les travaux, les débats ont été francs, ouverts et les diverses contributions ont permis soit de valider les propositions de solutions initiales liées aux différents points de discussion, soit de les reformuler, soit encore de faire de nouvelles propositions de solutions.
De même, des recommandations ont été faites à l'intention des participantes et participants aux assises nationales, prévues du 18 au 20 novembre 2021 à Ouagadougou.
Le gouverneur de la région du Centre-Ouest, Irène Koulibaly, a présidé le vendredi 15 octobre 2021 à Koudougou la cérémonie de clôture des assises régionales sur l’éducation nationale. 72h durant, soit du 13 au 15 octobre, les participantes et participants à ces travaux se sont approprié, dans la cité du cavalier rouge, le document de base relatif aux assises nationales sur l’éducation nationale élaboré par les techniciens du ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN).
Au cours des travaux, des propositions fortes ont été faites pour redonner à notre système éducatif sa capacité à former des hommes responsables, des citoyens prêts à servir leur communauté, leur patrie et à contribuer à la construction d’un Burkina Faso de paix, de progrès et de prospérité.
Selon le gouverneur de la région du Centre-Ouest, Irène Koulibaly, il n’est plus un secret pour personne que le système éducatif actuel a montré ses limites, et le diagnostic qui a été fait montre qu’il n’est plus en adéquation avec les attentes malgré les efforts consentis par le gouvernement, les partenaires financiers et techniques et la communauté éducative. Faut-il le rappeler, environ 30% du budget national du Burkina Faso va à l’éducation. C’est un des taux les plus élevés au monde, le taux préconisé par les institutions internationales étant d’au moins 20%, a-t-elle ajouté.
Pour le gouverneur, il s’agit aujourd’hui, plus que jamais, de redonner à l’école la capacité d’être un des socles d’apprentissage et de formation de citoyens responsables et engagés à la construction de la société burkinabè et de faire des communautés à la base des partenaires impliqués dans l’éducation, se tenant aux côtés de la communauté éducative pour une éducation démocratique de qualité.
Elle a ajouté qu’il s’agit de renforcer la capacité et les compétences du personnel de l’éducation sur les plans professionnel et éthique car aucun élève ne peut réussir si l’enseignant n’est pas bien formé et armé de valeurs morales.
Par ailleurs, des propositions ont été faites afin que l’école burkinabè soit résiliente et que l’enseignement puisse se poursuivre dans les régions à fort défi sécuritaire, pour que les élèves de ces zones, à l’instar de ceux de tout le Burkina Faso, aient droit à une éducation de qualité grâce à des approches innovantes qui permettent l’implication des communautés.
En outre, des suggestions ont été faites au gouvernement pour que les filles et les enfants vivant avec un handicap bénéficient de conditions optimales d’études dans les espaces d’apprentissage inclusif.
Enfin, les participants à ces assises régionales ont fait des propositions pour sceller le pacte national autour de l’éducation.
Le gouverneur Irène Koulibaly, pour finir, a remercié les participants à cette session de travail pour leur mobilisation et leur engagement pendant ces 3 jours de travaux visant à refonder notre système éducatif. Elle a précisé que ces assises régionales sont le prélude aux assises nationales qui, en réalité, seront la somme des propositions faites au cours des assises dans les 13 régions de notre pays.