Assises régionales sur l’éducation : Les rideaux sont tombés dans le Centre-Ouest
Le gouverneur de la région du Centre-Ouest, Irène Koulibaly, a présidé le vendredi 15 octobre 2021 à Koudougou la cérémonie de clôture des assises régionales sur l’éducation nationale. 72h durant, soit du 13 au 15 octobre, les participantes et participants à ces travaux se sont approprié, dans la cité du cavalier rouge, le document de base relatif aux assises nationales sur l’éducation nationale élaboré par les techniciens du ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN).
Au cours des travaux, des propositions fortes ont été faites pour redonner à notre système éducatif sa capacité à former des hommes responsables, des citoyens prêts à servir leur communauté, leur patrie et à contribuer à la construction d’un Burkina Faso de paix, de progrès et de prospérité.
Selon le gouverneur de la région du Centre-Ouest, Irène Koulibaly, il n’est plus un secret pour personne que le système éducatif actuel a montré ses limites, et le diagnostic qui a été fait montre qu’il n’est plus en adéquation avec les attentes malgré les efforts consentis par le gouvernement, les partenaires financiers et techniques et la communauté éducative. Faut-il le rappeler, environ 30% du budget national du Burkina Faso va à l’éducation. C’est un des taux les plus élevés au monde, le taux préconisé par les institutions internationales étant d’au moins 20%, a-t-elle ajouté.
Pour le gouverneur, il s’agit aujourd’hui, plus que jamais, de redonner à l’école la capacité d’être un des socles d’apprentissage et de formation de citoyens responsables et engagés à la construction de la société burkinabè et de faire des communautés à la base des partenaires impliqués dans l’éducation, se tenant aux côtés de la communauté éducative pour une éducation démocratique de qualité.
Elle a ajouté qu’il s’agit de renforcer la capacité et les compétences du personnel de l’éducation sur les plans professionnel et éthique car aucun élève ne peut réussir si l’enseignant n’est pas bien formé et armé de valeurs morales.
Par ailleurs, des propositions ont été faites afin que l’école burkinabè soit résiliente et que l’enseignement puisse se poursuivre dans les régions à fort défi sécuritaire, pour que les élèves de ces zones, à l’instar de ceux de tout le Burkina Faso, aient droit à une éducation de qualité grâce à des approches innovantes qui permettent l’implication des communautés.
En outre, des suggestions ont été faites au gouvernement pour que les filles et les enfants vivant avec un handicap bénéficient de conditions optimales d’études dans les espaces d’apprentissage inclusif.
Enfin, les participants à ces assises régionales ont fait des propositions pour sceller le pacte national autour de l’éducation.
Le gouverneur Irène Koulibaly, pour finir, a remercié les participants à cette session de travail pour leur mobilisation et leur engagement pendant ces 3 jours de travaux visant à refonder notre système éducatif. Elle a précisé que ces assises régionales sont le prélude aux assises nationales qui, en réalité, seront la somme des propositions faites au cours des assises dans les 13 régions de notre pays.
Ouvertes le 13 octobre 2021, les assises régionales sur l’éducation nationale ont pris fin à Fada dans l’après-midi du 15 octobre. La cérémonie de clôture a été présidée par Paripouguini Lompo, président du conseil régional de la région de l'Est.
Il a été recommandé, entre autres, dans ce rapport de procéder à titre transitoire à un recrutement régionalisé, provincial ou communal des enseignants pour faire face au défi du manque de motivation de certains enseignants qui y servent, de maintenir l'examen du CEP et le second tour du BEPC, d’introduire trois langues nationales à enseigner au choix dans le système éducatif burkinabè, de prévoir des taxes sur la bière et sur les activités polluantes qui serviront au financement de l’éducation et de revoir à la hausse le pourcentage des ressources financières du fonds miniers consacrées à l’éducation, de relire le protocole d'accord gouvernement-syndicats pour en corriger les insuffisances et d’inscrire l'examen du baccalauréat comme point de discussion lors des assises nationales sur l’éducation.
Sur la question du corps enseignant, les participants ont proposé non seulement un traitement diligent des actes administratifs afin de réduire les déplacements fréquents des enseignants, mais aussi l'abandon des QCM comme outils ou instruments de sélection dans le recrutement du personnel enseignant.
La gratuité de l'éducation s'est aussi invitée aux débats. De nouvelles propositions ont été faites pour la relecture du texte régissant le volume horaire hebdomadaire des professeurs pour résoudre le problème de la vacation et transformer les établissements primaires à très faibles effectifs en collèges d'enseignement général.

Le buste est une forme moulée de la représentation de la partie supérieure, composée de la tête ainsi que de la poitrine et des épaules de l’image du capitaine Thomas Sankara. Il est supporté par un piédestal de 1,80m de haut. Le matériau qui a servi à sa confection est un alliage de verre, de polyester et de poudre de métal. Il a une rigidité spécifique élevée qui lui permet de résister à la corrosion, aux agressions chimiques, ainsi qu’une haute résistance aux rayons ultra-violets et à l’usure. Ce buste trône à l’université Thomas-Sankara pour rappeler à toute personne qui franchit le seuil de ce temple du savoir un certain nombre de valeurs cardinales que le père de la révolution d’août 1983 a incarnées et défendues. Ces valeurs ont pour noms l’intégrité, le patriotisme, la qualité, l’innovation, l’éthique, l’esprit d’équipe, le leadership, la probité, le sens de la responsabilité, le respect de l’environnement, la résilience.
Dans le cadre de la commémoration du 34e anniversaire de l'assassinat de Thomas Sankara et de ses 12 compagnons, les avocats nationaux et internationaux de la famille Sankara ainsi que Mariam Sankara, épouse du défunt père de la révolution, étaient face à la presse le vendredi 15 octobre 2021 à l'université Thomas-Sankara de Ouagadougou. Les avocats se sont, on peut le dire, « lâchés » à cette occasion.
Dépités que le procès ne soit pas archivé en audio ou vidéo, les avocats de la partie civile disent ne pas comprendre cette décision du juge. « Nous n’avons pas demandé la retransmission en direct du procès. Nous avons soumis au tribunal notre requête en nous fondant sur les dispositions légales du Code de procédure pénale et du Code de justice militaire. Nous avons demandé simplement l’enregistrement audiovisuel du procès pour l’histoire », explique Me Ferdinand Nzepa. Pour Anta Guissé, pour des faits qui datent de plus de 30 ans, qui plus est qui concernent un président emblématique qui a marqué l’histoire du Burkina et même de l’Afrique, le prétexte de l’atteinte à la sûreté de l’Etat ne tient pas pour que le procès ne soit pas enregistré. Et Me Prosper Farama de faire remarquer que si le débat sur cette question d’enregistrement du jugement a eu lieu, c’est parce que le Code de justice militaire le permettait. « Au stade actuel, nous ne pouvons pas vous dire ce qui a motivé le juge à rejeter notre demande. S’il pense que le Code de procédure pénale l’interdit, c’est grave parce que cela voudrait dire que pour la jurisprudence au Burkina, pour l’intérêt mémorial de la nation on ne va plus enregistrer un procès comme cela se fait aujourd’hui dans les Etats modernes », a affirmé l’homme de droit. Toujours selon lui, « la loi n’a pas prévu les conditions dans lesquelles on peut retransmettre un procès, donc ça veut dire que cette décision est laissée à l’appréciation du juge.»
« Il y a comme une insulte de Blaise Compaoré et de ses acolytes aux victimes. Quand on assassine un chef de l’Etat en fonction, c’est bien un crime ! Il n’y a que dans leur esprit à eux que ça s’appelle de la politique. Qu’à cela ne tienne, si on considère qu’assassiner un chef de l’Etat en fonction est un crime politique, les accusés seront jugés pour un crime politique. Mais ce ne sera pas sur une base politique ; ce sera sur la base d’éléments de droit », a-t-il dit. Et de poursuivre : « Quand il (Ndlr Blaise Compaoré) avait les armes, c’était un homme courageux. Aujourd’hui qu’il n’a plus d’armes, il est devenu lâche ».
Durant trois jours, les participants, répartis en plusieurs groupes, plancheront sur une douzaine de thématiques variées allant du bilan de la mise en œuvre du protocole d'accord Gouvernement-CNSE (Coordination nationale des syndicats de l’éducation) et perspectives, à la gratuité de l'éducation en passant par les stratégies de partenariat et de financement de l'éducation.
En prélude aux assises nationales sur l'éducation, prévues du 18 au 20 novembre 2021, des consultations régionales se tiennent les 13, 14 et 15 octobre 2021 dans les 13 régions du pays. L'objectif global de ces assises régionales est de prendre en compte les attentes, les aspirations et les spécificités de chaque région dans la réflexion sur les problématiques de l'éducation nationale. Dans la région du Centre, ce sont environ 250 personnes qui prennent part aux travaux, dont l'ouverture est intervenue le mercredi 13 octobre sous la présidence du gouverneur de cette région, Sibiri de Issa Ouédraogo.
Selon les syndicats, c'est la question de la mise en œuvre du protocole d'accord signé entre le gouvernement et la CNSE (Coordination nationale des syndicats de l'éducation, NDLR) qui s’est invité aux débats. « A ce propos, nous nous sommes interrogés sur la pertinence de convoquer ce sujet aux assises régionales et nationales, ce d'autant plus que c'est un accord qui a été signé entre deux parties, à savoir le gouvernement et la CNSE. Quand on soumet un accord qui a été signé entre deux parties à l'appréciation d'autres acteurs qui n'étaient pas là au début, il y a lieu de s'interroger. Mais qu'à cela ne tienne, il y a beaucoup de questions dont nous allons discuter. Au nombre de ces points figure la mise en œuvre du protocole. Et l’essentiel, c’est que le gouvernement respecte ses engagements relatifs à ce protocole», a déclaré Didier Kaboré, coordinateur régional des syndicats de l'éducation de la région du Centre.
En rappel, les participants à ces assises viennent de toutes les composantes de la société. Ce sont notamment des acteurs des ministères et institutions impliqués, les collectivités locales, les partenaires techniques et financiers, les partenaires sociaux et les communautés à la base.
En marge de la célébration du mois de la Consommation locale initié par l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat a organisé un cross populaire pour donner le “la” du concept "produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons". Ont pris part à cette activité ce mardi 12 octobre 2021 le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, Arouna Kaboré, celui de l'Energie, des Mines et Carrières, le Dr Béchir Ismaël Ouédraogo, la ministre déléguée à l'Artisanat, Louise Anne Go, et bien d'autres invités.
Ayant déjà à son actif le chapeau de Saponé, le Fasofani, le kôkôdunda et le beurre de karité, tous labellisés, le Burkina Faso s'aligne dans cette logique de priorisation du contenu local. Ainsi, des mesures sont prises pour toucher toutes les niches où on peut magnifier le Made in Burkina. Dans les mines et carrières, un décret pris permet d'intégrer désormais l'expertise nationale. Selon le ministre de l'Energie, des Mines et des Carrières, l'unique manière de magnifier Thomas Sankara, c'est de pérenniser ses idées, parmi lesquelles le consommons local occupe une place prépondérante. " Thomas Sankara a dit : “Tuez-moi et ce sont des millions de Sankara qui naîtront. Aujourd'hui, ce sont des milliards de Sankara qui sont nés. Nous allons poursuivre son œuvre, compter sur nous-mêmes. Produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons, gage du développement", a confié le Dr
Pour le secrétaire du comité international du mémorial Thomas-Sankara (CIM-TS), les événements se poursuivent pour la gloire du défunt président Sankara, qui se réjouit sans doute de là où il est. Il cite à titre illustratif l'ouverture du procès sur l’assassinat du capitaine en 1987, soit 34 ans après ce drame, le choix du mémorial pour servir de lieu de départ à ce concept propre à Thomas Sankara et la commémoration des 34 ans de son assassinat. "En seulement une semaine, on célèbre trois événements. Nous souhaitons que chaque année maintenant, le monument constitue le lieu de départ du mois du consommons local", a martelé Jean-Luc Damiba.
Les membres du mouvement Balai Citoyen ont organisé une conférence de presse au cours de laquelle ils ont donné leur lecture des sujets d'actualité nationale et internationale. Situation sécuritaire du Burkina Faso, procès à venir sur l'assassinat du capitaine Thomas Sankara, maintien de la fermeture des frontières terrestres et gouvernance dans le secteur de l'éducation sont, entre autres, les sujets abordés lors de ce point de presse ce jeudi 7 octobre 2021 à Ouagadougou.
Le Balai Citoyen exige la réouverture des frontières terrestres et fait remarquer que c'est une décision hors de contexte et qui va même à l'encontre des textes communautaires de la CEDEAO relatifs à la libre circulation des personnes et des biens. Pour les conférenciers, la flambée des prix des biens de première nécessité observée actuellement sur le marché est une conséquence directe du maintien de cette fermeture.
« Un deuil national… à quoi cela sert encore dans notre contexte ? » C’est la première question que nous avions posée à Salif Tiendrebeogo lorsque nous l’interrogions sur la nécessité ou pas de décréter un deuil national suite à la mort récente de 14 militaires dans une attaque terroriste au petit matin du 4 octobre 2021. La question mérite pourtant d’être posée, au regard du nombre de victimes de ce drame. Et il est tout à fait légitime de considérer que tout Burkinabè qui tombe pour la défense de la patrie mérite une attention à la hauteur de son sacrifice. Mais un deuil national est-il toujours l’expression majeure, voire suprême, de notre attention et ou de notre reconnaissance pour le sacrifice consenti ? Au regard de l’évolution progressive de la situation, nous sommes tentés de répondre à cette interrogation par la négative.










