jeudi 5 février 2026

damb72 heures après la rencontre entre les anciens chefs d’État Blaise Compaoré et Jean Baptiste Ouédraogo et l’actuel président, Paul Henri Sandaogo Damiba, Radars Info Burkina est allé sur le terrain pour recueillir les avis des citoyens sur ce huis clos présidentiel qui s’est tenu malgré la polémique qu’il avait suscitée.

Pour certains citoyens, il n’y a pas de dissensions entre les Burkinabè au point qu’on ait besoin de parler de réconciliation. Ce sont des politiciens qui luttent pour leurs intérêts. Donc cette rencontre n’a été, à leur avis, que du folklore.

 Selon Augustin Hien, dans le fond, la rencontre pourrait constituer une violation et un mépris de la justice car l’ancien président Compaoré a été condamné par la justice burkinabè pour des faits qui lui sont reprochés. Sa venue à cette rencontre  est  donc ridicule, voire insultante, a ajouté M. Hien. « C’est un échec pour le président Damiba et son gouvernement, car ils ont perdu le peu de considération que le peuple leur portait. Cette rencontre ne peut rien changer à la situation actuelle du pays. C’est juste un processus pour restaurer l’ancien système et gracier le président Compaoré. C’est une manière d’imposer la réconciliation », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, il pense que la  rencontre est louable de par sa forme car c’était pour la recherche de solutions avec l’ensemble des devanciers en vue de trouver la paix qui est une priorité majeure pour le Burkinabè, au regard des innocents civils et militaires qui meurent d’une part et d’autre part du nombre croissant des Personnes déplacées internes (PDI).

Pour un autre citoyen ayant requis l’anonymat, cette rencontre est de prime abord un échec car c’est une rencontre qui prévoyait de réunir 6 chefs d’État et seulement 3 qui ont pu prendre part. Partant des objectifs visés que sont la cohésion sociale et la réconciliation nationale, c’est également un échec car la majorité des Burkinabè n’ont pas apprécié la manière de faire des gouvernants, indique celui-ci. « La rencontre avait sa raison d’être mais la façon de faire n’a pas été la bonne. Aux yeux de tous, c’est la restauration de l’ancien système. Une personne qui est poursuivie par la justice foule le sol burkinabè et repart tranquillement sans que l’autorité judiciaire agisse ; c’est de l’impunité tout simplement ».  La réconciliation nationale mise en avant pour justifier cette rencontre n’est pas du goût de celui-ci, car il estime que ce n'est pas une priorité pour le peuple  burkinabè. A la question de savoir si l’on peut espérer une réconciliation entre les Burkinabè il répond : « Les Mossé n’ont pas de griefs contre les Gourmantché ni les Dioula contre une quelconque ethnie, pour ne citer que ceux-là. Il n’y a pas de problème ethnique ni de problème religieux, donc il n’y a pas de fracture sociale. C’est purement politique. Ce sont des clans au sommet qui sont ‘’divisés’’. La priorité des Burkinabè, ce n'est pas la réconciliation mais la lutte contre des maux sociaux comme la faim, la pauvreté et le chômage. La réconciliation est purement politique »,  a-t-il souligné.

A la différence de ceux-ci, d’autres pensent que cette rencontre a été une réussite. C’est, par exemple, le cas d’Hamidou Kindo, qui estime que malgré l’absence de 3 anciens présidents, la rencontre a pu se tenir, ce qui est déjà une victoire. L’urgence, pour lui, c’est de sauver le pays avant de penser aux questions judiciaires.

Par ailleurs, pour Boureima Traoré, ce n’est ni un échec ni une réussite. C’est un bon départ vers un succès. « Ce n’est pas ce qu’on avait prévu, donc l’objectif n’est pas atteint. Cependant, on ne peut pas dire que c’est un échec dans la mesure où ça n’avait jamais été fait. Donc en matière de processus, c’est une petite avancée en brisant le tabou qui est la venue de Blaise Compaoré au Burkina, car personne ne s’imaginait cela.  Ce n’est pas forcément un échec mais ce n’est pas non plus une réussite. C’est plutôt une petite victoire d’étape, car on était dans une situation de réconciliation sans acte indiqué », a-t-il affirmé.

En rappel, le président du Faso, Paul Henri Sandaogo Damiba, s’est entretenu avec les anciens chefs d’État Jean Baptiste Ouédraogo et Blaise Compaoré le vendredi 8 juillet 2022 à Ouagadougou. Cette rencontre a porté principalement sur la recherche d’une paix durable pour le Burkina Faso. Initialement, cinq anciens chefs d’État étaient attendus, à savoir Blaise Compaoré, Jean Baptiste Ouédraogo, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, Michel Kafando et Roch Marc Christian Kaboré.

Flora Sanou

thmskaraLe Conseil national de la défense a décidé de rassembler les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) au sein d’une brigade pour de meilleurs résultats dans la lutte contre le terrorisme. Le format est bien mais la formule magique pour un engagement patriotique du peuple n’a pas été encore été trouvée. Même quand l’idée trouve sa source dans la période révolutionnaire au Burkina Faso, elle s’en éloigne aussi bien dans le fond que dans la pratique.

Sous la Révolution démocratique et populaire au Burkina Faso, plusieurs actions portées par les leaders de la révolution ont suscité une forte adhésion des populations. Après la révolution, on a dénombré plus de réalisations que pendant les 27 ans de présidence de Blaise Compaoré. Des barrages, des écoles, des centres de santé et autres infrastructures sociales ont été construits grâce à la mobilisation populaire. L’Etat se contentait d’apporter l’appui technique, les ingénieurs et la matière première. Sous la révolution, la création des CDR, qui étaient porteurs de projets de l’Etat, a permis de résoudre beaucoup de problèmes de société tels que la malnutrition, la soif, la propagation de maladies et l’analphabétisme. Les exemples d’engagements patriotiques pendant cette période révolutionnaire sont légion. Tout cela a été possible grâce à une adhésion des populations, qui étaient en phase avec les actions gouvernementales de l’époque. Comment ont-ils réussi à susciter de tels engagements de la part des populations ? La réponse est toute simple : le peuple était en communion avec son autorité. L’autorité comprenait son peuple et tentait d’aller exactement dans le sens voulu par ce dernier et de gouverner par l’exemple et avec patriotisme. Si aujourd’hui au Mali, l’engagement autour de Goïta est plus poussé qu’au Burkina, c’est parce qu’il a mis en œuvre la volonté de son peuple, il a écouté le cri du cœur des intellectuels panafricanistes, le refus de la compromission.

Revenons au Burkina Faso pour dire qu’en 2018, le pouvoir du MPP s’est inscrit dans la logique des CDR, en créant les VDP. Mais sur le terrain de la mobilisation des populations, c’est un échec. Même si le problème de moyens est brandi comme raison, la confiance que les populations placent aux porteurs des projets est un facteur fondamental. Pourtant au Burkina Faso, il s’est creusé un écart d’incompréhension entre le pouvoir public et les populations, entre les populations des villes et celle des campagnes et enfin entre les instruits et les non-instruits. Alors on imagine la difficulté des gouvernants à expliquer clairement aux populations la source, l’identité et les capacités de l’ennemi en face. Qui les a amenés ? d’où viennent-ils ? Peut-on les tuer tous ? Telles sont les questions qui alimentent le débat dans nos campagnes. Les populations estiment que seuls les gouvernants savent d’où vient l’ennemi, seuls eux disposent des moyens militaires nécessaires pour le vaincre. Et ce qui rend pire cette incompréhension, c’est l’absence de l’Etat quand des populations sont en détresse. Dans cet état des faits, il est tout à fait compréhensible que nos populations soient réticentes à l’appel de l’Etat.

En effet, cette idée des VDP est un appel patriotique aux populations à lutter pour leur propre survie. Chaque citoyen peut et devait être volontaire de quelque manière que ce soit. Cependant, chaque citoyen ne trouve pas en l’autorité le patriotisme sankariste, qui l’approche du gouverné qu’il est. Ces autorités qui font leur appel à la résistance depuis la capitale sont absentes lorsque les contrées prises en tenailles par des groupes terroristes crient au secours. Alors arrêtons de remettre en cause le patriotisme des populations burkinabè. Tous les peuples sont capables de patriotisme tout comme ils le sont quand il s’agit d’incivisme. Cependant, le patriotisme d’un peuple dépend de son leader ou de celui qui le gouverne.

Etienne Lankoandé

mngaLe Burkina Faso vit des moments difficiles consécutifs à l’insécurité. L’implication de toutes les communautés s’impose, surtout celle traditionnelle parce qu’elle exerce encore une grande influence sur les populations. Mais pour maître Frédéric Titinga Pacéré, cette chefferie ne peut contribuer à ramener la paix que si elle est reconnue légalement. En effet, en 1983 le gouvernement de l’époque a mis fin à l’existence légale de la chefferie coutumière. Il faut donc, selon l’avocat à la retraite, rétablir cette légitimité en lui donnant une fonction qui « n’empiète pas sur la fonction de l’administration de l’Etat moderne ».

« La chefferie coutumière peut être d’un apport très important à la paix au Burkina Faso, à condition qu’on sache exploiter ses potentialités et qu’on la reconnaisse légalement », a affirmé d’entrée de jeu Me Frédéric Titinga Pacéré.

Pour lui, l’histoire montre que la chefferie coutumière était très bien organisée de sorte qu’aucun ennemi ne pouvait toucher aux royaumes. Il y a des principes de la coutume qu’on aurait dû préserver, comme son organisation militaire. Il est donc possible aujourd’hui de s’inspirer de ces techniques pour traquer l’ennemi, précise-t-il.

« J’ai appris la rencontre des responsables coutumiers du Burkina Faso qui ont lancé un appel à la paix et au vivre-ensemble, ce qui est important et s’imposait. Seulement, la chefferie coutumière a peur de son institution parce qu’elle n’existe pas. En 1983, une loi qui supprime la chefferie coutumière a été prise », a-t-il expliqué.

Cette loi qui prouve l’existence légale de la chefferie coutumière étant inexistante, les chefs coutumiers hésitent à prendre des décisions quand une situation se pose. « On a créé un ministère des Affaires religieuses et coutumières, mais vis-à-vis de la chefferie c’est une coquille vide », fait-il remarquer.

Maître Pacéré ajoute que si les chefs coutumiers doivent participer activement, « il faut légaliser l’existence de la chefferie coutumière en lui donnant une fonction qui n’empiète pas sur la fonction de l’administration de l’Etat moderne ».

Il a précisé que la chefferie coutumière a un pouvoir moral mais manque de pouvoir de coercition. Pour cela, il faut régler le problème de cette chefferie sous l’angle de son existence en soumettant des textes à l’Assemblée législative de transition pour adoption et ne lui donner que le pouvoir de contribution à la paix.

« Il lui faut une existence minimale et légale ; cela est possible et rapidement. Dans ce cas, les chefs coutumiers deviennent un appui à la société moderne. Ainsi, ils auront le plein pouvoir d’installer un chef des étrangers dans chaque quartier ou village », poursuit l’avocat à la retraite.

Maître Frédéric Titinga Pacéré a appelé les chefs coutumiers à travailler à soigner leur image. Il est inconcevable, a-t-il dit, que des chefs coutumiers prennent part à des meetings politiques. « S’ils y tiennent, qu’ils y participent sans leur bonnet, qui représente toute une communauté », a-t-il conclu.

Nafisiatou Vébama

artfl uneCe jeudi 7 juillet 2022, il y avait une forte mobilisation du côté de l’aéroport international de Ouagadougou pour accueillir l’ancien président Blaise Compaoré dont la venue avait été annoncée à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 6 juillet 2022. Sur place, Radars Info Burkina a recueilli les avis de citoyens sur cette venue.

De l’avis de Nana Thibaut, président du Rassemblement démocratique et populaire (RDP), un parti politique burkinabè, «la contribution de Blaise Compaoré à la lutte, ce n’est pas de prendre les armes pour un règlement de comptes mais juste d'apporter un plus à ce que nous recherchons aujourd’hui, notamment la réconciliation nationale, le pardon, la cohésion sociale et l’entente entre les filles et fils du Burkina Faso. Les Burkinabè portent dans leur cœur la jalousie, la haine, choses qui ne mènent nulle part. Il faut qu’ensemble nous décidions de l’avenir de notre pays », a-t-il indiqué. A la question de savoir ce que la venue de Blaise peut avoir comme impact sur la situation actuelle du Burkina Faso, voici la réponse de notre interlocuteur : «A moins que les Burkinabè soient malhonnêtes et têtus, si un fils revient dans son pays pour contribuer à sa bonne marche, il n’y a  rien de plus normal.» Et d’ajouter : «Blaise ne peut pas faire au-delà de ce que le peuple demande. Avec l’expérience qu’il a (27 ans au pouvoir), il peut contribuer à l’apaisement du pays.» artfl 2Sur la question du verdict de la justice, Nana pense que la justice a déjà fait son travail en condamnant l’ancien président à perpétuité. Cependant, il espère qu’une grâce présidentielle pourra être accordée par le président Damiba, en tant que premier magistrat du Burkina Faso, à l’ancien président Blaise Compaoré.

Pour  Bernadette Ouédraogo/Nassa, qui milite pour le retour de Blaise Compaoré, «l’ancien président va apporter son expertise en matière de paix au niveau de la sous-région. Cette expertise va énormément servir au Burkina Faso. C’est un homme de paix, de dialogue, s’il s’est sacrifié pendant 27 ans pour son pays, il pourra encore se sacrifier pour que le Burkina renoue avec la paix».  A l'en croire, l’heure n’est plus aux questions judiciaires car c’est un sujet clos. «Pour sa situation judiciaire, la justice a déjà fait son travail. L’heure n’est plus à ça. C’est l’intérêt général qui prime aujourd’hui. Si le président Blaise Compaoré s’engage pour le Burkina Faso, il faut lui permettre de travailler avec les autres pour que le Burkina retrouve la paix».

artfl 3Adama Bonkoungou, membre du Mouvement des jeunes pour un peuple uni (MJPU), pense que la venue de Compaoré va apporter un grand changement au regard de son expérience dans la gestion du pays. Pour lui, l’on doit surpasser les questions judiciaires pour sauver le pays d’abord car «c’est parce que le pays existe qu’on peut parler de justice. Pour le moment le pays est menacé, donc il faut chercher à le stabiliser avant de parler de justice», a-t-il conclu.

Mathias Ouédraogo, qui se réclame admirateur de Blaise Compaoré, s’est prononcé sur la question judiciaire. A son avis, «si quelqu’un peut contribuer à sauver une seule vie, c’est bien plus prioritaire que de condamner des vies par pure rancune ou pour des questions qui peuvent être réglées plus tard. La priorité, c’est de sauver ceux qui sont toujours vivants.» Il pense qu'avec l’expérience de l’ancien président, s'il peut contribuer à sauver des vies, c'est une piste qui peut déboucher à la pacification du pays. «D’abord, il faut que notre pays existe. C’est parce qu’il y a le Burkina Faso qu’on parle de sa justice. Si le pays n’existe pas, il n’y a pas d’institution, il n’y a pas de justice».

De l’avis des uns et des autres, la sentence judiciaire contre l’ancien président Compaoré n’est pas une priorité pour le moment ; il faut plutôt s’unir pour sortir le Burkina de la crise qui le secoue actuellement.

Flora Sanou

copabf uneLe chef de l’Etat actuel du Burkina Faso, Paul Henri Sandaogo Damiba, tiendra une rencontre avec les ex-présidents du Burkina encore en vie. Certains anciens présidents ont des comptes à rendre à la justice. Blaise Compaoré a été condamné par contumace à la prison à vie par la justice lors du procès Thomas Sankara. Pour Roland Bayala, porte-parole de la COPA/BF, la réconciliation nationale doit être primordiale. Après cela, la justice pourrait appliquer sa sentence.

« Si la présence de Blaise Compaoré doit permettre aux Burkinabè de s’asseoir autour d’une même table, nous n’y voyons pas d’inconvénient. Il faut d’abord se pencher sur la question de la réconciliation. Après cela, la justice sera libre de se prononcer », affirme Roland Bayala, porte-parole de la Coalition des patriotes africains (COPA/BF). Il estime opportun que les anciens présidents burkinabè s’asseyent avec l’actuel chef de l’Etat autour d’une même table, car ce sera l’occasion de situer les responsabilités et de parvenir à des solutions pour la sécurisation du pays. 

« Si en Côte d’Ivoire, bien qu’Alassane Ouattara ait fait autant de mal à Laurent Gbagbo ce dernier a accepté de lui serrer la main, je pense que c’est aussi possible chez nous. Il faut mettre balle à terre et voir ce qui peut être avantageux pour le Burkina », a-t-il ajouté.

Selon Roland Bayala, vu la situation sécuritaire du Burkina Faso, c’est le pardon qui doit primer. Le porte-parole de la COPA/BF a poursuivi en disant que c’est même là l’occasion pour l’ancien président Compaoré d’aller « s’incliner sur la tombe de Thomas Sankara et d’approcher la veuve Sankara pour lui demander pardon ».

« Il est vrai que le droit a été dit, mais est-ce que la situation sécuritaire du Burkina Faso va changer parce qu’on aura mis en prison Blaise ? N’oubliez pas que ce dernier a eu à faire ses preuves au Burkina Faso et qu’on peut recourir à ses compétences avec les autres chefs de l’Etat pour venir à bout du terrorisme », a-t-il souligné.

Pour Roland Bayala, porte-parole de la COPA/BF, l’essentiel, c’est que les Burkinabè se réunissent autour d’une même table pour trouver des solutions à la crise sécuritaire à laquelle leur pays est en proie. « La justice pourrait trancher après. »

Nafisiatou Vébama

fme uneLa consommation d’alcool est un phénomène récurrent chez certaines femmes enceintes. Cependant, est-elle autorisée par la médecine ? Quels sont les motifs de cette consommation ? Quelle quantité d’alcool une femme peut-elle boire sans risque ? Quels peuvent être les risques de cette consommation pour la mère et son enfant ? Radars Info Burkina s’est entretenu sur ces questions avec Solange Gouba, sage-femme et responsable de la Santé maternelle et infantile (SMI) au centre médical urbain de Ouagadougou.

 

Les éventuelles raisons de la consommation de l’alcool par une femme enceinte

Ce qui peut amener une femme enceinte à consommer de l’alcool, ça peut être dans un premier temps l’habitude. En effet, il n’est pas  évident qu’une femme puisse arrêter de consommer de l’alcool pendant sa grossesse si elle en consommait d’habitude. Ensuite, la grossesse est la présence d’un corps étranger dans l’organisme qui donne des réactions. Cela peut amener la femme à vouloir consommer de l’alcool (envies de grossesse). Enfin, l’entourage peut influencer une femme au point qu’elle s’adonne à l’alcool.

L’alcool, une contre-indication chez la femme enceinte

fme 2« La consommation d’alcool chez une femme enceinte est contre-indiquée par la médecine », affirme Mme Gouba. Toute consommation d’alcool pendant la grossesse est susceptible de présenter un risque.  Et d’ajouter : « Lorsqu’une femme enceinte consomme une boisson alcoolique, l’alcool passe du sang maternel vers le sang du fœtus au travers du placenta.»

Les risques de la consommation d’alcool pour la femme enceinte

L’alcool est un excitant, donc ça peut influencer l’évolution de la grossesse et la santé de la maman. Il peut causer une perte de réflexe chez une femme enceinte, inhiber certains produits comme le fer qu’elle prend puis entraîner des complications comme l’anémie. Cette anémie, à son tour, peut occasionner des accouchements prématurés, des fausses couches, des avortements.

fme 3La consommation d’alcool nuit au développement du cerveau de l’enfant. Elle peut entraîner un retard de croissance et des atteintes du système nerveux central. A la longue, ces atteintes cérébrales entraînent un retard intellectuel, notamment des troubles de l’apprentissage, de la mémorisation, de l’attention et bien d’autres. De plus, des troubles du comportement peuvent en découler au fur et à mesure de la croissance et du développement psychomoteur de l’enfant. En plus, des malformations peuvent survenir, surtout si la consommation est faite au premier trimestre de la grossesse. Par ailleurs, il peut occasionner des tachycardies fœtales chez l’enfant, c’est-à-dire un rythme cardiaque accéléré chez le fœtus. Cela peut aboutir à un accouchement de mort-né.

Les atteintes cérébrales, le retard de croissance, les malformations sont encore appelés Syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF). C’est l’effet le plus grave de la consommation d’alcool pendant la grossesse.

«Jusque-là, aucune connaissance scientifique n'a permis de déterminer un niveau de consommation d’alcool ou une quantité adéquats tout au long de la grossesse. Par mesure de précaution, il est donc recommandé aux femmes enceintes de s’abstenir de toute consommation d’alcool pendant toute la durée de la grossesse», conseille Mme Solange Gouba.

aaratrbAu tribunal de grande instance Ouaga I ce 5 juillet 2022, Adama Ilboudo, nom d’emprunt, a comparu pour avoir détourné 13 cartons de poisson fumé. A la barre, le sieur Ilboudo a nié les faits mais le tribunal, après l’avoir écouté et écouté le plaignant, a déclaré le prévenu coupable. Par conséquent, il l’a condamné à 24 mois de prison avec sursis.

Les faits remontent à 2021. Adama Ilboudo, c’est ainsi que nous l’appellerons, employé de commerce dans la vente de poisson, conduit une dame chez Aboubacar Tapsoba, également vendeur de poisson, pour qu’elle passe une commande.

Après les échanges avec Aboubacar Tapsoba, la dame confie qu’elle ne « maîtrise » pas les différentes qualités de poisson, donc qu’elle enverra son frère, en la personne d’Adama Ilboudo, chercher les cartons de poisson. Adama Ilboudo se rend alors chez le vendeur de poisson, Aboubacar Ouédraogo, et récupère 22 cartons de poisson au nom de la dame qu’il va stocker dans son magasin.

Quelques jours plus tard, Aboubacar tente d’entrer en contact avec ladite dame pour encaisser son argent, mais celle-ci le fait tourner en rond. Il se rend alors au magasin d’Adama Ilboudo et constate que 13 cartons ont déjà été vendus et qu’il n’en reste que 9. Ilboudo dit à Ouédraogo que l’argent des 13 cartons a été remis à la dame, donc c’est avec celle-ci qu’il doit récupérer son argent. Malheureusement, toutes les tentatives d’entrer en contact avec cette dernière sont restées vaines.

A la barre, quand le juge a demandé à Adama Ilboudo pourquoi il avait stocké le poisson chez lui pour le vendre alors que c’était la dame qui avait passé la commande, ce dernier a répondu que ce sont les affaires et que chacun d’eux aura un pourcentage.

Pour le procureur, l’infraction reprochée à Adama n’est pas constituée et les faits devraient plutôt être reprochés à la dame qui a disparu avec l’argent des 13 cartons de poisson et non à M. Ilboudo. 

Quant au tribunal, il a déclaré Adama Ilboudo coupable et l’a condamné à 24 mois de prison avec sursis et à une amende de 1 million de francs CFA ferme. Il l’a également condamné à rembourser à Aboubacar Ouédraogo l’équivalent des 13 cartons, soit 810 millions de francs CFA.

N.V.

lct uneSuite à la décision du gouvernement de suspendre la vente des motos Aloba et autres de ce type, une équipe de Radars Info Burkina s’est rendue au marché dit Théâtre Populaire de Ouagadougou ce lundi 4 juillet 2022 pour recueillir les avis des acteurs concernés  par cette décision.

Les acteurs touchés par cette mesure gouvernementale que nous avons rencontrés sont des vendeurs de pièces détachées, des mécaniciens, des vendeurs de motos Aloba, Sanili et d’autres du même type. Tous sont mécontents de cette décision qu’ils jugent « peu réfléchie» et loin d’être la solution pour éradiquer le terrorisme.

De l’avis de Razakou Sakandé, commerçant détaillant vendant exclusivement des motos Aloba et Sanili, c’est une mesure suicidaire. «C’est grâce à ce commerce que j’assure la prise en charge de ma famille, la scolarité de mes enfants. C’est ma seule source de revenus pour couvrir toutes mes dépenses. Avec cette vie chère si on me dit d’arrêter ça pour 6 mois sans aucune alternative de soutien, comment vais-je subvenir aux besoins de ma famille ? C’est pour nous tuer», lance-t-il. A l’en croire, cette décision n’est pas la solution pour lutter contre le terrorisme car elle pourrait amener certains à se faire enrôler par les terroristes, ce qui serait dommage pour le Burkina.

lct 2Il estime qu’il faut empêcher l’approvisionnement des terroristes en armes avant d’interdire la vente des motos. «D’où proviennent les armes des terroristes ? Au lieu de nous dire d’arrêter de vendre ces motos, il faut plutôt couper le circuit d’approvisionnement des terroristes en armes. Les terroristes n’ont pas forcément besoin de moto pour aller tuer parce qu’une moto ne peut pas tuer quelqu’un.»

S’agissant du respect de cette décision du gouvernement, voici ce que Razakou Sakandé déclare : «Si des mesures d’accompagnement sont envisagées par le gouvernement, je suis prêt à me plier à cette décision. Dans le cas contraire, il me sera difficile d’arrêter mon commerce pour 6 mois.» Ainsi, il suggère : « Vu que nous vendons des motos qui ont été dédouanées, ce qui suppose qu’il y a des documents, je propose que la gendarmerie, après une saisie de motos des mains de terroristes, procède à une vérification pour savoir si elles proviennent du Burkina ». D’après lui en effet, les motos des terroristes viennent d’ailleurs.

Madi Sawadogo, vendeur de pièces détachées, est du même avis que M. Sakandé car pour lui, cette mesure va entraîner des méventes à son niveau et même être source de chômage pour ceux qui ne vendent que des pièces de ce type d’engin.

Fayçal Sané, mécanicien, lui, soutient que cette mesure gouvernementale va impacter négativement son travail, même s’il reconnaît que ce n’est pas le seul type de motos qu’il répare. Néanmoins, notre interlocuteur dit soutenir cette décision du gouvernement si c’est le prix à payer pour remporter la lutte contre le terrorisme.

Flora Sanou

attaq« L’armée nationale monte en puissance », clament les autorités politiques et militaires de la transition au Burkina Faso. Cette assurance des autorités contraste avec les réalités sur le terrain. Pire, la menace terroriste se déporte vers des localités jusque-là épargnées.

C’est le cas de la route nationale N°1 qui relie Ouagadougou à Bobo-Dioulasso. Plusieurs incidents terroristes sont survenus ces temps-ci entre Boromo et Bobo-Dioulasso. Tout porte à croire que l’objectif est de couper Bobo-Dioulasso du reste du pays.

Le dernier incident en date est l’attaque du poste de péage de Pâ dans la nuit du 4 juillet 2022. Pâ se trouve sur l’axe Boromo-Houndé.

Selon l’Agence d’information du Burkina, les malfrats ont criblé le péage de balles avant de mettre le feu au bâtiment principal. Ils ont ensuite tiré dans le centre-ville sans faire de victimes.

Bien avant cette attaque, le poste forestier de Founzan, situé sur l’axe Pa-Dano, à une quinzaine de kilomètres de la RN1 avait été pris pour cible le 19 juin 2022. Des dégâts matériels ont été enregistrés.

Dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juin 2022, le commissariat de police de Béréba et le poste forestier de Koumbia, localités de la province du Tuy, ont été attaqués, faisant d’importants dégâts matériels.

Koumbia est une petite ville située à moins de cent kilomètres sur l’axe Houndé-Bobo-Dioulasso.  

Outre ces incidents terroristes, des incidents de sécurité ont été rapportés sur le même axe.Ainsi, un braquage a eu lieu le 22 avril 2022 à hauteur du village de Dankari, village situé sur la RN1, entre Koumbia et Houndé.

Le 24 juin 2022, un autre braquage a eu lieu au même endroit à Dankari, suivi d’une autre le 7 juin 2022, ce qui porte à 3 le nombre d’attaques à main armée dans la zone dans un intervalle de trois mois.

Pour les spécialistes de la sécurité, à travers ces braquages, les groupes terroristes se procurent des ressources pour financer leurs actes dont le recrutement, le maintien des combattants et de leurs familles, l’acquisition de motocyclettes, de carburant, d’armes et de munitions, etc. 

Suite à tous ces incidents, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer plus de sécurité sur cet axe qui relie Bobo-Dioulasso, la capitale économique, à Ouagadougou, celle politique. La RN1 est stratégique en ce sens qu’elle relie le Burkina Faso à la Côte d’Ivoire au Burkina Faso. Il importe donc que la sécurité y soit garantie.

Baly Zongo

  

yamb uneDans une vidéo publiée le 22 juin 2022, Nathalie Yamb, encore appelée la Dame de Sochi, pense que le Burkina est le verrou clé pour la France pour le trafic de tout genre et pour la mainmise sur le Sahel. « Si la France perd le Burkina, c’en est terminé de la protection des terroristes trafiquants qu’elle installe et du pillage de nos ressources », a-t-elle déclaré dans ladite vidéo, dans laquelle l’experte des questions africaines a fait d’importantes révélations.

Le Burkina, sur l’échiquier militaire et géostratégique français, selon Nathalie Yamb, est un verrou très important. On se focalise, dit-elle, sur Barkhane, le Mali et le Niger et on oublie que la France a une autre opération très discrète au Burkina. Une opération de forces spéciales françaises installées officiellement à Ouagadougou depuis 2008 en soutien à Barkhane. C’est « l’opération SABRE ». L’objectif officiel de ces forces spéciales françaises, selon Nathalie Yamb, « est de chercher et intercepter les djihadistes et les empêcher de construire des sanctuaires ». Visiblement c’est un échec, avoue-t-elle, « c’est même exactement le contraire qui se passe sur le terrain ». Donc la raison de cette présence est autre.

yamb 2Elle explique que le dispositif militaire français est constitué de trois parties. Le 4e BIMA à Abidjan, l’opération SABRE au Burkina Faso et les points avancés au Mali et au Niger avec Barkhane et Takuba. SABRE au Burkina est essentielle au fonctionnement de ce dispositif. « Si le Burkina en vient à être dirigé par quelqu'un qui décide de faire appel à d'autres alliés et de se passer de la soldatesque française, c'en est terminé de l'occupation militaire hexagonale au Sahel et donc de la protection des terroristes trafiquants qu'elle installe et du pillage de nos ressources qu'elle opère », soutient-elle. Ayant donc perdu la mainmise sur Mali, il fallait devancer les choses pour éviter que le Burkina soit dans la même situation. « La France a donc décidé de prendre les devants en évitant qu'un coup d'État aussi incontrôlé place à la tête du pays des gens aussi incontrôlables qu’Assimi Goïta, Sadio Camara, Abdoulaye Maïga, etc. Paul Henry Sandaogo Damiba est le pion que la France a mis au pouvoir au Burkina Faso pour sauvegarder le trafic en tout genre, drogue, armes, or, carburant, etc. Et pour restaurer la mainmise française sur les pays de la zone en remplacement de l'allié peu fiable parce que faible qu'était devenu Kaboré », a-t-elle affirmé.

yamb 3Elle dit donc plaindre les populations burkinabè qui sont, selon elle, prises en tenaille par des réseaux situés en Côte d'Ivoire, au Niger, en Europe et en Amérique Latine qui utilisent le terrorisme pour s'adonner en toute quiétude à des activités de trafic qui enrichissent certains cercles dans le monde. « Je vous avoue que c'est un peu triste d'avoir si souvent raison trop tôt sans être véritablement écouté », a-t-elle déploré. Mais, conclut-elle, « je continuerai inlassablement à ouvrir vos yeux et à éveiller vos esprits au péril de ma vie. Petit à petit on avance et l'armée de ceux et celles qui voient clair et comprennent dorénavant le fonctionnement du monde et les enjeux pour l'Afrique s'agrandit ».

Nathalie Yamb est une femme politique, spécialiste de la communication et experte des questions africaines et migratoires.

Synthèse d’Etienne Lankoandé

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