Chaque premier mardi du mois de mai, est célébrée la Journée mondiale de l’asthme.L’asthme est une affection chronique qui se caractérise par des crises récurrentes au cours desquelles on observe des difficultés respiratoires et une respiration sifflante. C’est une pathologie qui touche toutes les tranches d’âge.Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 339 millions de personnes souffrent d’asthme dans le monde. À l’occasion de cette journée célébrée ce mardi 2 mai 2023, Radars Burkina a tendu son micro à quelques personnes qui souffrent de cette maladie respiratoire. Elles nous racontent leur vécu.
Selon Mme Zongo, ses crises se déclenchent lorsqu’il y a beaucoup de poussière, lorsqu’elle s’énerve ou lorsque la pluie la bat. Elle confie n’avoir jamais pris d’autres produits en dehors de la Ventoline. Elle indique que sa crise peut parfois perdurer 4 jours malgré l’usage de la Ventoline, si bien qu’elle doit recourir à une injection pour être soulagée. Elle a ajouté que son garçon de 11 ans souffre du même mal.
Une autre interlocutrice souffrant aussi d’asthme, qui a requis l’anonymat, nous a relaté sa situation : « Quand je suis extrêmement fatiguée, ou quand je respire la poussière, ça me donne l’asthme. Très souvent aussi, mes rhumes débouchent sur des crises d’asthme. Donc quand j’ai un début de rhume, je traite systématiquement l’asthme en même temps que je traite le rhume. Quand le climat est sec, j’ai moins de crises. J’avais beaucoup plus de crises à Lomé à cause du climat humide. La semaine dernière, je n’ai pas pu aller travailler à cause d’une crise. C’est très douloureux.»
En ce qui concerne les médicaments, « il y a une rupture de stock parfois, mais j’ai toujours des réserves et je me sépare rarement de ma Ventoline », a-t-elle expliqué.
Mère de deux enfants, elle précise qu’elle a dû mettre un terme à l’enfantement sur conseil de ses médecins à cause de ses crises d’asthme répétées.
Un parent d’élève que nous avons rencontré dans un service de santé nous a aussi confié être venu chercher une dispense en Education physique et sportive (EPS) pour sa fille qui doit bientôt passer l’examen du Certificat d’études primaires (CEP). « Ma fille peut faire le sport, mais comme les crises ne préviennent pas, si jamais le jour des épreuves sportives elle a une crise, elle ne pourra pas composer. Donc la dispense, c’est la meilleure option », précise-t-il.
Quelles sont les précautions à prendre par les personnes qui souffrent d’asthme ?
Selon Gaston Nana, agent de santé au Centre médical urbain du secteur 15 de Ouagadougou, les facteurs qui provoquent les crises d’asthme peuvent varier d’une personne à une autre (des allergies, des activités, des comportements, etc.), de même que les signes précurseurs d’une aggravation de l'asthme (toux sèche ou respiration sifflante, essoufflement, oppression dans la poitrine, utilisation plus fréquente du médicament de crise (spray).
« Tout compte fait, il est important pour une personne souffrant d’asthme de toujours avoir son médicament sur soi pour pouvoir soulager les symptômes dès le début de la crise et prévenir son aggravation », a-t-il conseillé.
Concernant les enfants asthmatiques, il précise qu’ils doivent toujours avoir leur inhalateur à portée de main à l’école. Il est en outre bon d’en avertir les enseignants pour améliorer la prise en charge de l’enfant en cas de crise. De plus, il faut surveiller le taux d’humidité en maintenant un taux bas dans la maison et dans la chambre à coucher et en les aérant tous les jours, si possible. Par ailleurs, le contrôle de la poussière dans la chambre à coucher est un élément fondamental : éviter les tapis, sinon y passer fréquemment l'aspirateur et les laver à la vapeur régulièrement. Il est également recommandé d'éviter les endroits enfumés et de fumer dans les maisons ou les voitures. Les parents d’enfants asthmatiques ou les personnes asthmatiques doivent tout faire pour arrêter de fumer, car la fumée est un irritant qui aggrave considérablement l’asthme. Certains médicaments comme l'acide acétylsalicylique (Aspirine®) ou antihypertenseurs comme les bêta-bloquants peuvent aussi provoquer des crises chez certains asthmatiques. Il faut donc être vigilant.
Les gens qui ont un asthme bien maîtrisé ne devraient pas cesser de faire des activités physiques, bien au contraire ! La pratique régulière d'un exercice modéré à l'air libre et d'exercices de respiration est recommandée. Un entraînement régulier permet d’améliorer la capacité pulmonaire et la dilatation des bronches et de faire reculer peu à peu le seuil d’apparition de l’asthme lié à l’effort. Pour finir, les personnes qui réagissent à l'air froid et sec peuvent se couvrir la bouche et le nez avec une écharpe, ce qui permettra de réchauffer et d’humidifier l'air inspiré.
Ce 28 avril, le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale a célébré la Journée mondiale de la sécurité et santé au travail (JMSST) ainsi que la Journée africaine de prévention des risques professionnels (JAPRP), à Ouagadougou. L’objectif est de promouvoir sur les lieux de travail une culture de la prévention en vue de réduire significativement, voire d’éliminer, les accidents du travail et les maladies professionnelles qui endeuillent chaque jour plusieurs familles et infligent des souffrances inimaginables aux travailleurs qui en sont victimes.
Selon le représentant du ministre de la Fonction publique, Jérôme Compaoré, la question des risques professionnels est cruciale et impacte négativement la vie des travailleurs et des entreprises. La preuve, toujours selon lui, environ 2 millions d'hommes et de femmes perdent la vie dans des accidents ou à cause de maladies liés au travail chaque année, 270 millions de cas d'accidents du travail et 160 millions de maladies professionnelles se produisent annuellement dans le monde, selon les estimations du Bureau international du travail (BIT).
Au Burkina Faso, les statistiques produites par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) sur la période 2017-2021 révèlent que près de 8 750 cas d'accidents du travail et de maladies professionnelles déclarés ont été enregistrés sur la période 2017-2021.
Parmi ces accidents, ceux de trajet représentent à eux seuls près de 37%, contre 63% pour les accidents survenus sur les lieux de travail. Ils ont eu pour conséquences des décès, des blessures graves, des mutilations, des séquelles à vie et des paralysies.
Ainsi, leur prévention est un défi permanent qui s'impose, au regard des conséquences dommageables qu'ils sont susceptibles d'occasionner, a déclaré, le représentant du ministre du Travail et de la Protection sociale, Jérôme Compaoré. C’est pourquoi il a invité les acteurs du monde du travail à faire de la sécurité et santé au travail un outil de développement économique et social harmonieux dans notre pays.
Pour le directeur général de la Protection sociale, Karlé Zango, ces journées sont célébrées sous le signe de la protection des travailleurs dans les lieux de travail. Le plus important est d’inculquer la question de la prévention des risques professionnels en milieu de travail, aussi bien aux travailleurs qu’aux employeurs.
Ainsi, dans le cadre de la célébration de ces journées, plusieurs activités seront réalisées, à l’en croire. Il s’agit notamment de formation, d'information et de sensibilisation en matière de prévention des risques professionnels et de sécurité routière au profit des employeurs, des travailleurs, des élèves et étudiants des écoles et centres de formation, de visites de lieux de travail, d’émissions radiophoniques sur la sécurité et santé au travail, de projections de films suivies d'échanges, de rencontres de concertation entre acteurs et d’un cross populaire suivi d'aérobic.
Notons qu’au cours de cette cérémonie de célébration, l'Inspection médicale du travail a remis trois prix dits des meilleurs Services de santé au travail (SST) en vue de reconnaître le mérite des structures dont les SST sont en conformité avec la réglementation y relative au Burkina.
A ce propos, c’est le service de santé au travail de la mine de Mana/Endeavour Mining (SEMAFO Mana) qui a été désigné lauréat du 1er prix des meilleurs SST avec une moyenne de 18,66/20. Il est suivi du SST de la société des mines de Sanbrado SOMISA SA, deuxième lauréat avec une moyenne de 17,66/20. Le troisième prix est revenu au service de santé au travail de la Brasserie du Burkina (BRAKINA Bobo) avec une moyenne de 16,66/20.
Les prix étaient composés d’un trophée et d’une attestation de mérite. Au cours de la cérémonie, trois victimes d’accidents du travail ont livré leurs témoignages sur les circonstances de leur accident. Elles ont invité les uns et les autres à beaucoup de prudence en circulation en faisant moins de vitesse et en mettant toujours la ceinture de sécurité. Lesdites victimes ont par ailleurs invité les responsables des entreprises à veiller à la sécurité des travailleurs.
Une représentation théâtrale visant à sensibiliser les responsables de sociétés à la nécessité de déclarer leurs travailleurs à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a été faite par la troupe Atelier théâtre la lumière.
Dans le cadre de la mission de supervision par la Banque mondiale du Projet d’appui à l’enseignement supérieur (PAES), le président de l’université Joseph Ki-Zerbo, Jean-François Kobiane, et une délégation de cette institution de Bretton Woods (partenaire financier du projet), ont procédé ce jour mercredi 26 avril 2023 à la pose de la première pierre de la crèche dans l’enceinte de l’université Joseph Ki-Zerbo, à Ouagadougou.
Selon Jean Sawadogo, architecte et directeur technique du cabinet de suivi de la construction de la crèche, SATA Afrique, l'édifice sera construit à niveau sur un terrain d’environ 1900 m2. Il sera réalisé en deux phases. La première phase concerne la construction de la crèche sur un espace de 150 m2 avec une capacité d’accueil de 40 enfants au rez-de-chaussée. Elle sera composée d’une guérite de contrôle, de salles pour les moniteurs, d’un espace de jeux, d’une zone pour la préparation des biberons, d’une salle de repos, de toilettes, etc. La construction de cette première étape s’étend sur une durée de trois mois et coûtera approximativement 68 millions de francs, a-t-il précisé.
« Il y a également la construction du préscolaire qui est prévue pour la deuxième phase. Pour cette extension, il y aura un restaurant, des salles de classe pour le préscolaire, des salles de réunion ainsi que quelques bureaux », a-t-il fait savoir.
« Pour la réalisation entière, nous évaluons à environ 500 millions de francs CFA la somme nécessaire à ce projet. La capacité d’accueil de la crèche, y compris l’extension avec le préscolaire, sera de 160 places. Pour l’alimentation, l’énergie conventionnelle sera utilisée mais à long terme, la crèche sera alimentée par l’énergie solaire », a-t-il ajouté.
Pour le coordonnateur du Projet d’appui à l’enseignement supérieur, Mamoudou Cissé, ce projet de construction de crèche entre dans le cadre de la mise en œuvre du PAES dont la mission des acteurs est de travailler à l’amélioration des conditions d’études des apprenants.
Selon lui, la Banque mondiale a accepté de financer la construction de la crèche, suite à la requête des premières autorités de l’université face aux difficultés constatées par les filles qui ont des enfants dans leur cursus universitaire. À l’en croire, près de 90 millions de francs CFA ont été injectés pour la réalisation de l’ouvrage et son équipement.
Le président de l’université, Jean-François Kobiané, quant à lui, s’est réjoui du démarrage de ce projet qui date de plusieurs années.
Selon lui, l’UJKZ abrite une population d’étudiants d’environ 60 000 dont le 1/3 sont des étudiantes. Une forte proportion de celles-ci ont des enfants. C’est une première étape qui ne va pas répondre certainement à la demande, et cela est dû à des contraintes budgétaires, a notifié le président de l’UJKZ.
« Mais des initiatives sont en cours auprès d’autres partenaires en vue d’accroître la capacité des espaces aménagés au sein de l’université pour permettre aux étudiantes et au personnel de trouver des endroits pour garder leurs enfants et poursuivre leurs activités académiques et professionnelles sans difficultés », a-t-il confié.
De ses explications il ressort qu’il n’existe pas de données exactes pour déterminer avec précision la demande au regard du système actuel de gestion des informations.
« Néanmoins, le nombre d’étudiantes inscrites à l’UJKZ varie entre 15 000 et 20 000 et en prenant 10% de cette population, l’on peut avoir 2 000 étudiantes qui ont très certainement des enfants en bas âge. Au regard de ce qu’on voit autour des Unités de formation et de recherche (UFR) ainsi que les instituts, il y a de jeunes dames autour des bâtiments académiques qui gardent les bébés pendant que les mamans sont dans les salles. Au regard de cela, nous reconnaissons que la demande est forte», a-t-il dit.
Il a par ailleurs indiqué que des espaces sont déjà aménagés dans certaines UFR pour permettre aux étudiantes de faire garder leurs enfants.
Pour l’heure, les conditions pour faire garder les enfants ne sont pas encore déterminées et les réflexions sont en cours à cet effet, a précisé le président de l’UJKZ.
La situation des investisseurs en trading est cette épineuse question qui semble ne pas trouver de réponse depuis près de quatre ans. Même si le gouvernement parle d’escroquerie aggravée, de délit d’apparence, de soustraction frauduleuse à l’impôt, de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, les investisseurs, eux, sont convaincus qu’il ne s’agit pas d’une arnaque. Où se situe véritablement le problème ? Pourquoi la cessation de paiements de plusieurs investisseurs ? Edmond Somé, membre de l’association des investisseurs, apporte des éléments de réponses dans cette interview qu’il a accordée à Radars Burkina.
Radars Burkina : Quel est le mode de fonctionnement de votre investissement ?
Edmond Somé : D’abord je voudrais vous dire que nous sommes des milliers de victimes. Parmi les investisseurs, il y a des ministres, des avocats, des magistrats, des comptables, des banquiers, des politiciens, des FDS (militaires, gendarmes, douaniers, policiers, etc.) des enseignants, des agents de santé (médecins, infirmiers et autres) et des commerçants. Ce n’est pas qu’on se soit engagé comme des gens qui ne savent rien.
Le mode de fonctionnement est que tout investisseur devrait suivre des procédures : déposer le capital dans le compte de la société en banque, présenter le reçu de dépôt des fonds dans les comptes indiqués, choisir le type d'investissement (kama kolo ou forex), choisir le type de paiement (dépôt mensuel ou dépôt à terme), lire, approuver et signer le contrat.
Cependant, certains hommes d'affaires influents et certaines personnalités (députés, ministres, gradés de l’armée, banquiers) et des commerçants ont convenu de la possibilité de déposer directement l’argent dans les agences des sociétés de trading et les banques venaient les soirs dans ces sociétés récupérer les fonds pour dépôt. Ils n’ont pas voulu déposer eux-mêmes l’argent en banque.
C’est sur cette pratique que le gouvernement s’est basé pour dire qu’il y a un manque de traçabilité et que ce sont de gros montants (100 millions, 1 milliard). Sinon 5 millions, 10 millions, quand tu connais la provenance de ton argent, tu déposes directement en banque sans problème parce qu’en déposant l’argent en banque, on demande l’origine et on sait qui a fait le dépôt. C’est pour cela que le gouvernement parle de « blanchiment d'argent ou complicité de blanchiment », « financement du terrorisme ou complicité de financement du terrorisme ».
Radars Burkina : Quel est le véritable problème des investisseurs en trading actuellement ?
Edmond Somé : Depuis que nous nous sommes engagés, toutes les sociétés de trading payaient convenablement les investisseurs. Tout le monde a été payé, donc ce n’est pas de l’arnaque. D’ailleurs, les responsables des sociétés de trading n’ont jamais dit qu’ils ne peuvent pas payer. Ils tiennent toujours le discours qu’ils ont la liquidité pour payer.
Tout fonctionnait bien sans qu'un seul investisseur se plaigne, depuis la période 2016-2017 jusqu’à 2019 où subitement, avant fin juillet, le gouvernement interdit l'activité parce qu’il estime que les sociétés n’ont pas les compétences nécessaires, qu’elles n’ont pas les attributions, la légalité de lever les fonds (cela est réservé aux banques).
Les sociétés ont alors demandé au gouvernement de leur permettre de payer au moins les capitaux aux investisseurs, vu qu’elles ont des engagements avec ces derniers. Ce fut un refus catégorique et le gouvernement a bloqué les comptes. Les responsables ont été mis en prison. Nous avons rendu visite à certains qui nous ont dit clairement que c'est le gouvernement qui refuse qu'ils nous paient. Ils ont la liquidité. Ils sont solvables.
Sinon, jusqu’à ce que le gouvernement dise d’arrêter, les sociétés de trading n’ont jamais été mises en défaut de paiements ; il n’y a jamais eu d’insatisfaction. Et jusqu'à présent elles ont la capacité de nous rembourser. Un seul feu vert du gouvernement et nous serons payés avec contrôle des sources des capitaux.
Radars Burkina : Que dites-vous de la procédure judiciaire ?
Edmond Somé : On a libéré les responsables des sociétés de trading sans informer notre conseil. Des enquêtes ont été faites par un juge d’instruction. Après l’expertise nous n’avons pas eu les résultats. Il a fallu que l’expert et notre conseil arrivent dans le bureau du juge d’instruction pour que celui-ci nous remette les conclusions de l’expertise. Les conclusions de l’expertise indiquent que les sociétés de trading ne sont pas solvables. C’est vrai qu’on parle de séparation des pouvoirs, mais le gouvernement peut toujours influencer les décisions.
C’est lui qui a permis que ces sociétés de trading s’installent au Burkina pour travailler. Il est forcément responsable, coupable, donc qu’il s’assume !
On a déjà le terrorisme, il ne faudrait pas qu’on permette à des individus de nous terroriser, ils nous terrorisent depuis trois à quatre ans.
Radars Burkina : Que suggérez-vous au gouvernement pour résoudre rapidement le problème qui n’a que trop duré ?
Edmond Somé : Dire qu’on s’est fait arnaquer, c’est faux. Depuis longtemps, nous avons souhaité une audience avec le gouvernement mais cela ne nous a pas encore été accordé. Nous souhaitons vraiment une rencontre tripartite gouvernement-traders-investisseurs pour connaître les tenants et les aboutissants et trouver une solution à l’amiable, car un mauvais arrangement vaut toujours mieux qu’un bon procès.
La varicelle est considérée comme la maladie infantile virale la plus contagieuse et la plus fréquente, mais les jeunes, les adultes et les personnes du troisième âge n’en sont pas non plus épargnés. Quelles sont les causes de cette maladie ? Comment la prévenir ? Quelle attitude adopter lorsqu’on en est atteint ? Le Dr Alice Nikiéma, médecin généraliste à la clinique Sandof, à Ouagadougou, nous entretient sur ce sujet.
Radars Burkina: Qu’est-ce que la varicelle ?
Dr Alice Nikiéma : La varicelle est certainement la maladie infantile virale la plus contagieuse et la plus fréquente. La plupart du temps bénigne, elle touche surtout les enfants de 3 mois à 10 ans. Elle se manifeste en général par une apparition de boutons (papules, vésicules) sur la peau associée à des démangeaisons.
Radars Burkina: Quelles sont les causes de la varicelle ?
Dr Alice Nikiéma : C’est une infection provoquée par le virus varicelle-zona ou VZV, qui appartient au groupe des virus herpès. Une fois la maladie guérie, le virus reste dormant dans certains ganglions nerveux. En cas de grande fatigue, d’infection ou d’affaiblissement du système immunitaire, il peut se réveiller et provoquer une nouvelle éruption de vésicules localisée appelée zona.
Radars Burkina: Quels sont les symptômes de cette maladie ?
Dr Alice Nikiéma : Les symptômes de la varicelle sont une fièvre modérée, des maux de tête, une toux légère et le nez qui coule. Les lésions de la peau, typiques, apparaissent un peu plus tard : on observe de petites taches rouges sur le visage et le tronc, accompagnées de démangeaisons. Elles s’étendent à l’ensemble du corps et deviennent de petits boutons contenant un liquide clair extrêmement contagieux. Au bout de 2 jours, ces vésicules sèchent pour former une croûte qui finit par tomber, laissant une cicatrice rouge et blanche qui disparaîtra en quelques mois.
Radars Burkina: Quels sont les modes de transmission de la varicelle ?
Dr Alice Nikiéma : La varicelle se transmet par voie respiratoire, par inhalation de gouttelettes de salive émises par le malade ou par contact avec les lésions de la peau ou avec du matériel contaminé. Une personne est contagieuse deux à quatre jours avant l’apparition des vésicules (période d’incubation) et jusqu’à ce que la dernière croûte soit formée.
Il existe également un risque de transmission du virus de la varicelle à partir d’un malade ayant le zona, car le liquide présent dans les vésicules du zona contient du virus. Dans ce cas, la transmission se fait uniquement par contact avec les lésions cutanées. Lorsqu’une femme enceinte qui n’a jamais eu la maladie contracte la varicelle, le virus passe la barrière du placenta et est transmis au fœtus, pouvant entraîner des complications rares mais potentiellement graves.
Radars Burkina: Comment prévenir la varicelle ?
Dr Alice Nikiéma : Il existe un vaccin pour prévenir la maladie. La varicelle est presque toujours bénigne chez l'enfant. Une couverture vaccinale insuffisante risque de reporter les cas de varicelle vers l'âge adulte et d'entraîner des formes plus sévères. Le vaccin contre la varicelle est recommandé chez les enfants sous traitement au long cours à base de cortisone, ainsi que chez les enfants qui n’ont jamais eu la varicelle et qui sont en attente d’une greffe d’organe. Il est également recommandé chez les adultes qui n’ont jamais eu cette maladie, après un contact de ces derniers avec un patient atteint de varicelle. Son intérêt est de prévenir les risques de complications associées aux formes graves chez les immunodéprimés. Le vaccin contre la varicelle est un vaccin vivant atténué. Il est contre-indiqué chez la femme enceinte et les personnes immunodéprimées. Pour les femmes qui allaitent, elles doivent se laver les mains à l’eau et au savon, avant et après chaque contact avec leurs enfants. Elles ne doivent pas échanger les biberons, les sucettes et les couverts au sein de la famille. Elles doivent enfin les nettoyer et les faire sécher après les avoir utilisés.
Radars Burkina: Il se raconte qu’on ne souffre pas deux fois de la varicelle, est-ce vrai ?
Dr AliceNikiéma : On parle de varicelle lorsque c’est une première infection causée par le virus varicelle zona. Normalement quand tu souffres de la varicelle une fois, tu ne contractes plus cette maladie. Cependant, si la maladie survient une deuxième fois, on l’appelle zona. Tout le monde ne contracte pas ce virus ; il n’affecte que ceux qui ont un système immunitaire défaillant ou en cas de graves dénutritions.
Radars Burkina: Que faire pour soigner la varicelle ou quels conseils pour ceux qui en souffrent ?
Dr AliceNikiéma : Il faut toujours se faire consulter dans un centre de santé pour qu’on vous indique un traitement symptomatique. En réalité, on ne met pas d’antiviraux pour le traitement. On met juste des médicaments qui aident l’organisme à combattre la varicelle. Pour les plaies qui apparaissent sur le corps, plus ça démange, plus c’est contagieux, donc il y a un produit indiqué spécifiquement pour ces plaies.
Chez les enfants, on leur coupe les ongles puisque les lésions de grattage peuvent être facilement contagieuses.
Il faut faire comprendre à ceux qui souffrent de la varicelle que ce n’est pas une maladie grave en tant que telle. Il y a la fièvre et la douleur, certes, mais tout cela passe généralement sans problème.
Dans la dynamique de la mise en œuvre de sa politique de modernisation de l'agriculture, le président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a procédé, le jeudi 20 avril 2023, au lancement des travaux du Centre régional de mécanisation agricole (CRMA) de Kara. Exécuté sous forme de Partenariat Public-Privé (PPP) conclu avec Bonkoungou Distribution (BKG), ce projet vise à améliorer les rendements du monde paysan au Togo.
Après s'être illustrée sur le marché togolais de la location et de la vente d'engins, de machines, de véhicules et de pièces de rechange destinés à divers usages, Bonkoungou Distribution (BKG) est en train de se forger une renommée dans le secteur de la modernisation agricole. En effet, le gouvernement de la République togolaise a misé sur cette filiale du Groupe EBOMAF pour conduire un volet très important de la professionnalisation des acteurs du milieu rural. Les deux parties viennent de nouer un Partenariat Public-Privé (PPP) dans le cadre de la réalisation du Centre régional de mécanisation agricole (CRMA).
Situé à Tchitchao, à quelques encablures de Kara, il s'agit d'un centre pilote sur une superficie de trente mille (30 000) mètres carrés soit trois (03) hectares. Il sera équipé de matériels et équipements modernes pour faciliter les différentes étapes de la production agricole. BKG s'est vu confier la conception, la construction et l'équipement dudit Centre. Elle est aussi chargée de la préparation du sol, du semis, de l'entretien des cultures, de la récolte et des tâches de post-récolte.
Par le biais d'une convention à paiement par les usagers signée avec l'Etat togolais, l'entreprise est responsable de l'exploitation et de la maintenance des aménagements, des installations et des équipements du CMRA. Intervenant ainsi dans la prestation de services de labour mécanisé, la vente et la location de machines et d'équipements agricoles aux usagers, la formation des jeunes aux métiers de mécanisation agricole et la promotion de l'entrepreneuriat rural. "Notre société se positionne comme un acteur majeur du développement et de la modernisation du secteur agricole car elle dispose de capacité financière, de compétences humaines et de moyens matériels nécessaires pour impulser la mécanisation agricole aussi bien au Togo que partout ailleurs en Afrique ", a indiqué, Bachirou Bonkoungou, Directeur Général de BKG.
Le top de départ de cet ambitieux projet a été donné, jeudi 20 avril 2023 par le chef de l'État, Faure Essozimna Gnassingbé, en marge du Forum régional des producteurs agricoles du Togo (FoPAT) qui s'est tenu dans la ville de Kara à quatre-cent-vingt (420) kilomètres au Nord de Lomé. Les perspectives de modernisation de l'agriculture togolaise dont mécanisation occupe une place de choix, ont constitué le nœud des échanges à ce rendez-vous du monde agricole. Les agriculteurs et le gouvernement se sont accordés sur la nécessité de dynamiser le secteur.
Sous l'égide du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et du Développement rural (MAEDR), le Centre régional de mécanisation agricole (CRMA) est une initiative présidentielle qui s'inscrit dans une vision de transformation structurelle du secteur rural et du monde paysan. Etalé sur une durée de vingt-cinq (25) ans, le Partenariat Public-Privé (PPP) conclu entre le gouvernement togolais et BKG pour son opérationnalisation, envisage la création d'un champ-école dans l'optique de professionnaliser les agriculteurs et d'accroitre leurs rendements pour asseoir l'autosuffisance alimentaire. Guidé par un souci de performance, le CMRA vise donc à offrir aux agriculteurs togolais en général et ceux de la région de la Kara en particulier un accès aux équipements et services de mécanisation de qualité. Il va aussi favoriser la formation des jeunes aux métiers de la mécanisation et à promouvoir l'entrepreneuriat rural.
Le lancement officiel du Mois du patrimoine burkinabè a eu lieu ce jour jeudi 20 avril 2023 à Ouagadougou. Étaient présents à cette cérémonie le ministre d’État, ministre de la Fonction publique, Bassolma Bazié, représentant le Premier ministre, Me Apollinaire Kyélem de Tambèla, patron de la cérémonie, ainsi que son homologue de la Culture, Jean Emmanuel Rimtalba Ouédraogo, président de la cérémonie, et plusieurs autres membres du gouvernement de la Transition.
Le ministre Bassolma Bazié, qui a représenté le Premier ministre burkinabè, a indiqué que l’État burkinabè s’attelle à mettre en place une politique futuriste de développement des valeurs culturelles propres aux différentes sociétés présentes sur le territoire national afin de donner une réelle visibilité à l’identité nationale souhaitée depuis les années 1980 et que le Mois du patrimoine s’inscrit dans cette logique.
L’objectif de cette initiative novatrice est de mobiliser les citoyens et les pouvoirs publics ainsi que les leaders d’opinion autour des curiosités et des lieux de mémoire de notre histoire afin de combler le déficit occasionné par la chute du tourisme externe. C’est également une invite à une prise de conscience généralisée et à un engagement patriotique pour relever de grands défis comme la protection et la viabilisation des biens culturels majeurs.
Cette première édition du Mois de patrimoine est une phase pilote qui servira de référence pour les éditions à venir car « dans l’essence, le Mois du patrimoine burkinabè est une initiative patriotique qui dispose pour la postérité », a-t-il précisé.
Il a donc lancé un appel à tous les détenteurs et dépositaires de nos cultures matérielles et immatérielles à une mobilisation générale pour la défense de notre héritage culturel en cette occasion historique.
D’après le ministre de la Communication, Jean Emmanuel Ouédraogo, l’institution du Mois du patrimoine culturel découle de la volonté de la Transition de faire en sorte que tout ce que nous voulons construire aujourd’hui le soit sur les valeurs qui font notre identité.
Toujours selon lui, il s’agit, d’une part, de rendre hommage à tous les acteurs qui participent à la collecte, à la protection ainsi qu’à la valorisation de ce patrimoine culturel, sans lequel aujourd’hui les Burkinabè manqueraient de repères et, d’autre part, d’inviter tous les Burkinabè à visiter les sites patrimoniaux afin de (re)découvrir leurs origines, leurs valeurs et de se réconcilier avec lesdites valeurs, car « on peut dire que ce que nous vivons aujourd’hui est lié au fait que nous nous sommes éloignés des valeurs qui font notre identité ». Et le ministre de poursuivre : « Tous les objets de toutes les communautés ethniques du Burkina Faso exposés sur les différents sites et les habitats du Faso que nous avons visités prêchent un même message : celui de la dignité, de la paix, de la cohésion sociale et de l’amour de l’autre ».
C’est pourquoi il a invité tous ses compatriotes à « venir en famille » découvrir ces objets qui sont porteurs d’identité et de valeurs.
Trois sites ont été visités à l’issue de cette cérémonie de lancement officiel, à savoir le musée de la cohésion sociale, qui met en exergue les différentes valeurs cardinales et présente les systèmes traditionnels et modernes de résolution des conflits ; celui du langage des masques qui est une exposition qui fait une ouverture sur les instruments qui accompagnent les sorties des masques ainsi que sur la contribution du masque à la cohésion sociale et, enfin, le site des habitats du Faso, où les visiteurs ont pu découvrir 10 types d’habitats traditionnels du Burkina. Ledit site présente l’architecture et le savoir-faire des populations burkinabè en matière de construction.
À noter que chaque année, la période du 18 avril au 18 mai sera dédiée à la promotion du patrimoine culturel.
Les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) étaient réunis en séance plénière ce mardi 18 avril 2023. À l’ordre du jour, étaient inscrites quatre questions orales.
La première question était relative à la réglementation de la vente de matériel militaire sur le marché et à son encadrement conformément aux dispositions de la loi no080-2021/AN portant régime général des armes, de leurs pièces, éléments, munitions et autre matériel connexe au Burkina Faso.
À ce propos, le ministre de la Défense, le colonel major Kassoum Coulibaly, dans sa communication, a affirmé que la plupart des équipements tels que les tenues militaires, les chaussures et autre matériel connexe que l'on trouve sur les étals et petites boutiques sont souvent relativement usagés et vendus par des acteurs de l'informel. La grande partie de ces équipements provient de la friperie.
Et il n’existe pas d’agrément pour la vente des tenues militaires, des chaussures et autre matériel connexe, mais l’importation des effets militaires, elle, est soumise à Autorisation spéciale d’importation (ASI).
Par ailleurs, il a assuré que « le trafic d’armes est strictement réglementé. Malheureusement dans les pays africains, les frontières sont poreuses et rares sont les pays qui arrivent à contrôler les leurs ». D’où la prolifération sur le marché noir avec pour conséquence le grand banditisme.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, pour sa part, a livré une communication sur les mesures prises par le gouvernement face aux désinformations relatives à certains conseils nutritionnels sur les réseaux sociaux et médias et l’état du projet de création de l’Ordre national des nutritionnistes du Burkina Faso.
À l’en croire, les actions menées par le ministère qu’il dirige pour faire face aux désinformations sont l’élaboration et la diffusion d’outils de communication (dépliants, capsules, guides d’alimentation, etc.) sur la nutrition et la lutte contre les Maladies non transmissibles (MNT). Il y a également l’organisation de sessions de formation des acteurs des médias sur des thématiques de nutrition dans le cadre de la mise en œuvre de cette stratégie de communication et de plaidoyer pour la période 2020-2024.
À cela s’ajoute la mise en place d’une Plateforme nationale d’information pour la nutrition (PNIN), chose qui permet l’élaboration et la diffusion de bulletins d’information, de plaquettes et de communiqués en nutrition.
De plus, il y a la mise en place d’un système de veille communicationnelle sous la coordination de la Direction de la communication et des relations presses (DCRP) qui permet de détecter les informations tendancieuses ou erronées en lien avec la santé sur les divers canaux de communication publics pour y apporter des réponses appropriées à l’intention des populations.
Enfin, selon le ministre Kargougou, il est prévu l’organisation prochaine d’une rencontre de concertation réunissant le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique et les professionnels des médias afin de s’accorder sur les mesures de désignation des invités aux émissions radio et télé liées aux questions spécifiques de santé et de nutrition.
S’agissant de la création de l’Ordre national des nutritionnistes du Burkina Faso, il a souligné que le dossier est en cours et que le processus est en bonne voie.
La troisième communication devant la représentation nationale, faite par le ministre du Développement industriel, du Commerce, de l’Artisanat et des petites et moyennes entreprises, Serge Poda, a quant à elle concerné la suspension de l’importation de la commercialisation et de la distribution à titre gratuit des substances explosives et des artifices à usage civil.
Le ministre Poda, à ce sujet, a indiqué que la mesure a été prise au regard du contexte sécuritaire du Burkina car les groupes armés terroristes font l’usage de produits explosifs. C’est donc dans le but d’assécher l’approvisionnement de ces substances explosives que cette mesure est prise.
C’est pourquoi aucune autre entité ne peut faire entrer sur le territoire national des produits explosifs, excepté cinq sociétés qui sont des fournisseurs agréés des sociétés minières. Néanmoins, ces sociétés agréées doivent disposer au préalable d’une autorisation spéciale d’importation. En plus de cela, désormais, pour toute importation de substances explosives, il est fait obligation à l’importateur, notamment ces entreprises agréées, d’adjoindre à son dossier un contrat spécifiant les quantités à livrer à la société minière.
Le ministre a par ailleurs invité les populations à s’inscrire dans la dynamique de dénonciation systématique des stockages clandestins, particulièrement pour les substances explosives et les artifices à usage civil, car l’administration à elle seule ne peut pas mener la lutte.
Sur la situation des sociétés de trading, le ministre a indiqué qu’il sied de les réglementer car c’est une activité économique qui comporte des enjeux de fiscalité, un risque de financement du terrorisme mais aussi le besoin de protéger la population. Ainsi, il a invité les investisseurs à s’orienter vers l’économie réelle au regard du caractère virtuel du trading.
Toujours selon lui, pour ce qui est de la situation des investisseurs, dont 20 milliards de francs ont été immobilisés, le gouvernement n’est pas inattentif ; il attend plutôt les résultats de la justice avant de se prononcer. Le dossier suit son cours et un rapport de contre-expertise est attendu, a-t-il déclaré.
« Nous allons attendre le verdict de la justice sur la question. Cela nous permettra de savoir qui sont ceux qui sont responsables, quel est le niveau de responsabilité de chacun et si l’Etat doit s’assumer, il s’assumera », a conclu le ministre de l’Economie, Aboubakar Nacanabo.
« Je voudrais les rassurer de notre solidarité. Nous restons très attentifs à la cause. C’est au regard de la douleur des victimes que nous nous sommes sentis obligés d’interpeller le gouvernement », a déclaré le président de l’ALT.
Courses-poursuites entre des étudiants de l’université Joseph Ki-Zerbo, notamment de l’Unité de formation et de recherche en sciences de la vie et de la terre (UFR/SVT), et des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) depuis le 13 avril 2023. La raison ? L’opposition d’une frange des occupants de ce temple du savoir à l’application d’un texte adopté en 2019 et qui vise à réformer le système éducatif.
Selon les étudiants plaignants, l’application des textes adoptés en 2019 aurait dû commencer une année plus tard. Et vu que ce ne fut pas le cas, ceux-ci considèrent que lesdits textes sont désormais caducs.
Le délégué de la promotion 2022-2023 en master SVT explique : « Dans notre Unité de formation et de recherche (UFR), ces textes n’étaient pas appliqués jusqu’à présent. Nous sommes de la promotion 2022. Nous avons eu des aînés, à savoir par exemple la promotion 2020-2021, mais cette dernière ne s’est pas vu appliquer ces textes. Pourquoi c’est à nous que l’administration a décidé de les appliquer ?
Dans ces textes, ce sont les notes éliminatoires qui constituent l’arête dans la gorge des étudiants. « La note éliminatoire et qui dit qu’un étudiant doit avoir au moins 7/20 dans chaque unité d’enseignement. Cela veut dire que les unités d’enseignement ne peuvent plus se compenser. Par exemple si tu as 6,5/20 dans une unité et que dans une autre tu as 19/20, on ne peut pas compléter», expliquent les étudiants.
Pour ces étudiants, « ce sont des textes anti-étudiants qui ne visent qu'à chasser les étudiants de l’université.
« Nous refusons donc l’application de ces textes. Nos aînés nous ont fait savoir qu’ils ont lutté pour qu'ils ne soient pas appliqués», clament les mécontents.
Pour le délégué de la promotion 2022-2023 en master SVT, les émeutes sont dues au fait que l’administration a décidé d’isoler les étudiants de la promotion 2020. Les textes ne sont pas appliqués à ces derniers. « Nous avons cherché à comprendre et il ressort que les étudiants n’avaient pas une grande connaissance des textes, raison pour laquelle cela n’a pas été appliqué.»
Ils exigent donc que ces étudiants attendent pour composer avec eux parce qu’ils font désormais partie de la même promotion. D’où l’intervention de la CRS pour les empêcher de perturber les compositions.
«Nous avons dit qu’il n’était pas question qu’ils composent, ils ont redoublé et sont maintenant avec nous ; il va falloir qu’on compose ensemble. Et l’administration a décidé d’amener la CRS pour les sécuriser. Nous avons dit que nous n’allons pas les laisser composer», s’indigne l’un des étudiants.
Les étudiants grévistes affirment que les conditions dans lesquelles ils étudient ne sont pas favorables à l’application d’un tel texte.
«Les conditions ne sont pas réunies. Quand vous partez visiter nos laboratoires, il y a beaucoup d’insuffisances, ce qui fait qu’on ne peut pas relever le niveau. Le cours de 12 heures est actuellement dispensé en 8 heures, pareil que les TP. Pourquoi vouloir relever le niveau en diminuant le volume horaire ?» interroge le délégué de la promotion 2022-2023 en master SVT.
Les étudiants en SVT demandent que les textes soient relus pour être adaptés à leurs conditions d’études.
Les menaces sur la presse et leurs animateurs se sont particulièrement accentuées depuis les coups d’Etat du 24 janvier 2022 et du 30 septembre de la même année.
La situation sécuritaire difficile du pays est un prétexte pour tenter d’embrigader les médias et restreindre la liberté d’expression. L’enrôlement forcé de Boukari Ouédraogo, citoyen burkinabè à qui il est reconnu le droit inaliénable de dire ce qu’il pense de ceux qui ont la charge de la gestion des affaires publiques dans ce pays est illustratif des dérives qui s’annoncent.
Plus d’une fois, nos organisations ont pourtant attiré l’attention des décideurs sur les limites de l’approche qui consiste à opposer la lutte contre le terrorisme à la liberté d’expression et à la liberté de la presse en particulier. Nous avions toujours soutenu que dans un contexte de crise comme celui que connait le Burkina Faso, les journalistes ont encore un rôle plus important en ce sens qu’ils doivent faire preuve d’une plus grande affirmation de leur mission de sorte à ce que la profession participe à la recherche des solutions aux difficultés que vivent notre pays. Dans cette perspective, les journalistes en toute responsabilité ne peuvent fermer les yeux sur la conduite du pays au risque de démissionner tout simplement de leurs missions et responsabilités. Plus qu’en temps ordinaire, les journalistes doivent exiger des gouvernants encore plus de transparence, de bonne gouvernance et de redevabilité. C’est seulement à ce prix que les appels à la mobilisation générale et à l’unité nationale, conditions essentielles pour dompter nos défis communs, seront crédibles et légitimes.
Du reste, il est largement établi que le secteur de la sécurité souffre de beaucoup de maux et de lacunes qui, pendant longtemps, n’ont pas permis à notre Armée de faire face conséquemment à son devoir régalien de défense de notre territoire face aux terroristes et autres menaces extérieures. Si ces maux sont en voie de résorption aujourd’hui, cela n’a été possible que grâce au travail de la presse et aux multiples interpellations citoyennes.
Aussi, les journalistes doivent en ces moments critiques de l’histoire de notre pays, pousser à son niveau le plus élevé le professionnalisme, y compris l’exigence de vérité, d’honnêteté et de pluralité qui constituent des valeurs cardinales de cette profession.
Pour peu que l’opinion nationale et les autorités veuillent reconnaitre le rôle joué par la presse burkinabè dans le cheminement de notre nation et particulièrement dans des moments critiques de son histoire, il est évident que c’est un acteur qui ne s’est jamais débiné mais au contraire, elle peut se dire fière de ce qu’elle a pu apporter comme contribution. Dans un pays comme le nôtre, la presse a souvent évité tout simplement que les fondements qui font de nous une nation, un peuple, ne soient érodés et conduisent à l’effondrement de l’édifice.
Comme toujours, la presse a usé de sa mission d’alerte dès les premiers moments de cette crise sécuritaire. Malheureusement, elle n’a pas été entendue. Par une simple revue de presse, avant que les chercheurs ne nous départagent sur une étude scientifique, même le plus malhonnête des détracteurs de la presse s’apercevra combien les journalistes burkinabè par leurs abondantes productions (enquêtes, reportages, comptes-rendus, entretiens, éditoriaux, plateaux de débats, etc.) ont été au cœur de la crise non pas dans le présumé mauvais rôle qu’on tente de lui coller aujourd’hui mais comme une mission patriotique de sauvegarde de la nation. Pendant ces huit années, la presse a été au cœur de ce combat qui a empêché que notre pays ne sombre littéralement. Aujourd’hui, certains de nos concitoyens, y compris des autorités, pour des desseins que nous ignorons pour l’instant, accusent les médias de mettre leurs plumes, leurs caméras et leurs micros au service des terroristes. Sacrilège ! Ceux qui tiennent ce genre de discours ont un problème avec la vérité.
La haine contre les médias et les journalistes s’est accentuée depuis l’arrivée du Capitaine Ibrahim Traoré sur la scène politique. Le Président de la Transition, le Capitaine Ibrahim Traoré, le Premier ministre, Me Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla et le ministre chargé de la Communication, notre confrère Jean Emmanuel Ouédraogo, dans leurs sorties médiatiques, loin d’apaiser la situation du haut de leur lourde responsabilité nationale, ces autorités ont parfois contribué à jeter les journalistes en pâture. Certains de leurs propos, loin d’être rassembleurs, portent les germes de la division des Burkinabè à cause des préjugés sur le degré de patriotisme dont personne ne connait l’unité de mesure. Leurs relais, des activistes de la société civile et des réseaux sociaux, des analystes en tous genres, des experts et des intellectuels de service, chauffés à blanc se font les apôtres de la diabolisation des médias et des journalistes. Certains vont jusqu’à appeler à guillotiner tous les journalistes qui pensent différemment d’eux.
A visage découvert, sans crainte ni respect pour l’autorité judiciaire ou administrative, soit par défiance ou par complicité tacite, ils se sont mués en régulateur de la presse, en censeurs des journalistes, et en justicier pour distribuer les bons points aux journalistes dits « patriotes » et les mauvais points aux journalistes dits « apatrides ». Encore faut-il qu’ils comprennent le sens réel du terme « apatride ».
On a assisté et on assiste encore à des appels incessants aux meurtres de journalistes et de leaders d’opinion, des cabales montées de toute pièce pour salir la réputation de certains de nos confrères. Les menaces et autres intimidations sur les professionnels des médias se sont multipliées ces derniers jours.
Ces fatwas sur la presse burkinabè s’inscrivent dans un plan machiavélique de diabolisation du travail des journalistes, dont le seul malheur est de refuser le bâillonnement, l’instrumentalisation, la dictée de la pensée unique et la déification de l’autorité.
La liste des journalistes à abattre vaille que vaille ne fait que s’élargir. Sans être exhaustif, les confrères Boowurosigué Hyacinthe Sanou, Boukari Ouoba, Lamine Traoré, Lookman Sawadogo, Newton Ahmed Barry, Alain Traoré dit Alain Alain et la Radio Oméga ont été nommément cités, il y a quelques jours, comme des ennemis de la patrie, qui méritent d’aller pourrir en enfer. Quelle horreur ! Bien plus tôt, certains soutiens du MPSR ont taxé les Organisations professionnelles des médias d’être des terroristes et des organisations à décoloniser.
Qui l’eut cru dans ce pays, après que le célèbre journaliste Norbert Zongo ait été tué et brûlé à Sapouy avec trois de ses compagnons, un certain 13 décembre 1998 par des assoiffés du pouvoir qui ne supportaient plus la critique ?
Tous ces appels aux meurtres des journalistes viennent nous rappeler que rien n’est définitivement acquis et que le sacrifice du Directeur fondateur de L’Indépendant il y a 25 ans n’a pas servi de leçons aux nervis du nouveau pouvoir.
Par ailleurs, les nouvelles autorités militaires, dans leur volonté de régenter l’information, ont pris sur elles la responsabilité de fouler aux pieds les lois en se substituant à l’autorité de régulation qu’est le Conseil Supérieur de la Communication (CSC). Outre les velléités d’immixtion, d’intimidation et de contrôle de la presse nationale publique et privée, les autorités ont ainsi décidé de suspendre des médias internationaux RFI et France 24 et d’expulser les correspondants de Libération et Le Monde.
Faut-il le rappeler, les ennemis du Burkina Faso et de tous les Burkinabè ce sont bien les terroristes et le terrorisme. Les autorités gagneraient à recentrer tous les efforts sur cet objectif qui a été l’argument principal pour justifier les coups d’Etat du 24 janvier et du 30 septembre 2022. En tout état de cause, s’en prendre aux journalistes pour espérer gagner la guerre contre le terrorisme, c’est se bercer d’illusion comme qui casserait le thermomètre en pensant baisser la fièvre. Non, le thermomètre n’est que l’indicateur, il n’est jamais la cause de la fièvre.
Avec beaucoup de responsabilité et de professionnalisme, la presse burkinabè fournit des photographies de la situation réelle de notre pays (quand c’est bien tout comme quand c’est mauvais) et interpelle les autorités afin que les politiques et le niveau d’engagement des forces vives soient à la mesure des défis. Ne nous voilons pas la face, le musellement de la presse ne crée pas la sécurité, il génère tout au plus le sentiment de sécurité, exactement à l’image de l’autruche qui se croirait en sécurité par le simple fait de se vautrer la tête dans un tas de sable.
Les autorités et leurs soutiens inconditionnels doivent se rendre à l’évidence que la répression de la presse n’a jamais été une solution. A propos, le philosophe et journaliste Albert Camus disait « La Presse quand elle est libre, elle peut être bonne ou mauvaise mais quand elle ne l’est pas, assurément elle ne peut être que mauvaise ». Il faut se garder de fabriquer une mauvaise presse pour le Burkina Faso.
En ces moments particulièrement difficiles, les Organisations professionnelles des médias (OPM) signataires de la présente déclaration :
condamnent avec la dernière énergie l’agression barbare et injustifiée de notre peuple par les groupes armées terroristes ;
réaffirment leur soutien total aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux volontaires pour la défense de la patrie, engagés pour la libération totale de notre pays ;
compatissent à la douleur de toutes les familles éprouvées par la perte de l’un des leurs, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme ;
traduisent leurs vœux de prompt rétablissement à tous les blessés ;
apportent leur compassion et leur soutien à toutes les personnes déplacées internes ;
réitèrent leur soutien ferme et indéfectible à tous les journalistes ainsi qu’à tous les médias victimes de la méchanceté gratuite des mercenaires d’un autre temps à jamais révolu dans notre pays ;
regrettent la suspension de RFI et de France 24 par le gouvernement ainsi que l’exclusion des correspondants de Libération et Le Monde ;
condamnent et attirent l’attention sur le précédent grave que crée le gouvernement de Transition, en se substituant à l’autorité de régulation qu’est le CSC ;
tiennent le Président, le Premier ministre, le Ministre chargé de la Communication, leurs relais civils et militaires, pour responsables de toutes les agressions et tous les accès de haine subis par les médias et les journalistes ;
appellent les journalistes à rester professionnels et vigilants et à faire preuve de résilience et d’audace, le tout dans un esprit républicain et responsable ;
invitent tout le peuple burkinabè, particulièrement les défenseurs des droits humains et les démocrates sincères de notre pays à se mettre débout pour dénoncer tous les comportements anti sociaux et barrer la route à toute dictature d’où qu’elle vienne ;
demandent aux autorités de la Transition, notamment au capitaine Ibrahim Traoré de dénoncer ouvertement et de se démarquer clairement de tous ces nouveaux génocidaires qui s’ignorent et qui utilisent les réseaux sociaux pour distiller des messages de haine ;
invitent les autorités politiques administratives et sécuritaires à prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’assurer la protection des journalistes et médias menacés ;
exhortent la justice burkinabè à prendre les devants et à s’assumer entièrement en traquant et en sanctionnant à la hauteur de leurs forfaits, tous ceux qui appellent au meurtre des journalistes et des citoyens en général ;
interpellent les organisations sous régionales et interafricaines sur l’urgence de donner de la voix face au diverses dérives contre la liberté d’expression et de la presse et la montée du discours de la haine dans notre pays.