Burkina : « Désormais, tout média doit exiger un visa avant la diffusion d’un spot publicitaire pour se mettre à l’abri d’éventuelles sanctions » (Jean Pierre Somda, président de l’OBPub)
Le mercredi 12 juillet 2023 à Ouagadougou, a vu le jour l’Observatoire burkinabè de la publicité (OBPub), dont l’objectif principal est de promouvoir le respect des règles qui encadrent les pratiques publicitaires au Burkina Faso. À quoi faut-il s’attendre avec cette structure d’auto-régulation ? Est-ce un organe de censure ou plutôt une structure de rappel à l’ordre ? Dans cette interview accordée à Radars Burkina, Bessolé Jean Pierre Somda, président du bureau exécutif de l'OBPub, donne des éléments de réponse.
Radars Burkina : L’une de vos missions est l’analyse et la vérification des productions publicitaires avant leur diffusion ; pourquoi ce procédé ?
Bessolé Jean Pierre Somda : Nous avons proposé, parmi les missions, de faire le contrôle a priori avant que les diffusions soient faites parce qu’on a fait le constat que la loi et le décret d’application qui régissent la publicité au Burkina ne sont pas respectés. En principe, une publicité doit répondre à une certaine norme imposée par la loi, à savoir le respect des droits de l’homme et la signature absolue des publicitaires. Avant d’être portée à la connaissance de l’opinion publique, la publicité doit véhiculer un certain nombre de valeurs socioculturelles. Mais quand on examine les publicités au Burkina, on remarque que très peu respectent ce minimum, d’où l’idée de travailler à changer la donne. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) fait une régulation a posteriori, car l’État ne peut pas s’adonner à un contrôle a priori, sinon cela sera assimilé à de la censure.
Radars Burkina : Mais l’OBPub n’est-il pas un organe de censure s’il doit fonctionner comme un service de visionnage des spots avant diffusion ?
Bessolé Jean Pierre Somda : Non, il n’y a pas de censure car ce sont les acteurs de la publicité eux-mêmes (les publicitaires, les annonceurs, les médias, les consommateurs et le régulateur) qui composent l’Observatoire et feront le contrôle. Nous avons deux missions essentielles. Primo, observer en dénonçant les mauvaises pratiques et faire en sorte qu’elles soient sanctionnées par l’autorité compétente. L’Observatoire peut déposer une plainte en justice contre X ou Y pour non-respect de la loi au cas où les voies de recours des statuts ne permettraient pas de résoudre le problème. Nous n’avons pas le pouvoir de sanctionner. Secundo, récompenser les bonnes pratiques.
Dans les autres pays, la structure existe mais il s’agit là du Conseil supérieur de la publicité ou de l’Autorité supérieure de la publicité pour d’autres. Nous ne sommes pas encore à ce stade au Burkina, mais on chemine pour y arriver.
Radars Burkina : Pensez-vous pouvoir contrôler toutes les productions publicitaires ?
Bessolé Jean Pierre Somda : Nous sommes conscients que certains peuvent contourner l’OBPub pour aller faire diffuser leur(s) spot(s). Mais celui qui le fera sera sanctionné, tout comme le diffuseur. Pour qu’une publicité soit diffusée, il faut au préalable un visa. Les médias doivent donc exiger un visa avant toute diffusion d’un spot publicitaire pour se mettre à l’abri d’éventuelles sanctions. Les publicités anarchiques ne profitent ni à l’Etat, ni au consommateur ; elles ne profitent pas aux Burkinabè.
Radars Burkina : En cas de manquements observés par l’Observatoire au cours de l’analyse d’une production publicitaire, cette publicité sera-t-elle systématiquement bloquée ?
Bessolé Jean Pierre Somda : Non, on ne rejettera pas la publicité. On demandera seulement de la reprendre pour la conformer aux normes. Si elle n’est pas reprise, l’OBPub ne délivrera pas de visa. Cette mesure vise à faire en sorte que le consommateur soit protégé et que les publicités rapportent des ressources à l’État.
Radars Burkina : Avant de s’ériger en structure de rappel à l’ordre des acteurs de la chaîne de publicité, l’OBPub ne devrait-il pas veiller à former ces derniers et à les sensibiliser aux bonnes pratiques publicitaires ?
Bessolé Jean Pierre Somda : Dans l’immédiat, il ne s’agit pas pour nous de lancer une guerre tous azimuts. Nous allons, dans un premier temps, informer l’opinion publique de ce qui est dorénavant autorisé en matière de publicité selon la loi. Ensuite, nous sensibiliserons les différents acteurs et, surtout, nous formerons les annonceurs. Enfin, nous interpellerons les fautifs et les dénoncerons pour que l’autorité compétente prenne les décisions qu’il faut.
Propos recueillis par Flora Sanou
Le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Boubacar Sawadogo, a annoncé au Conseil des ministres du mercredi 12 juillet la mise en place d’un Comité national d’organisation de la participation des Etalons à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Côte d’Ivoire 2023 « pour éviter les dysfonctionnements constatés par le passé ». À ce sujet, Radars Burkina a recueilli les avis du citoyen lambda et celui d’un acteur du monde sportif.
De l’avis du journaliste sportif Moussavou Billa, à qui nous avons aussi tendu notre micro, la mise en place d’un comité national d’organisation est tout à fait compréhensible, car « pour aller à une compétition il faut, avant tout, s'organiser ». Selon lui, c'est bien réfléchi et ce n'est d’ailleurs pas la première fois que le Burkina Faso met en place un comité d'organisation pour une CAN.
Ce jour samedi 15 juillet, est célébrée la 5e édition de la Journée nationale de l’arbre au Burkina. A cette occasion, il y a eu le lancement d’une campagne de reforestation. Quel est l’état de la déforestation aujourd’hui au Burkina malgré les multiples actions de plantation d’arbres ? Lazare Doulcom, coordonnateur national de l’association « Héritiers et continuateurs de l’œuvre de Thomas Sankara pour l’environnement », dans cette interview accordée à Radars Burkina, donne des éléments de réponse.
La plateforme e-contravention a été lancée par le ministère de la Sécurité, le 11 juillet 2023, pour permettre aux usagers de la route au Burkina de payer rapidement leur contravention en cas d’infraction. L’objectif est de lutter contre la corruption sur la voie publique. Sur la question, le secrétaire exécutif adjoint du REN-LAC et certains citoyens ont donné leur avis à une équipe de Radars Burkina.
Pissyamba Ouédraogo, secrétaire exécutif adjoint du réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC), estime que cette plate-forme s’inscrit dans le cadre d’une recommandation faite par le REN-LAC dans son rapport 2021 sur l’état de la corruption au Burkina, notamment la digitalisation d’un certain nombre d’actes dans les services dans l’optique de réduire les contacts interhumains qui créent les conditions de la corruption.
Le gouvernement a décidé de la réglementation des interventions des agents publics de santé dans les structures sanitaires privées au Burkina. Ainsi, il ressort que ces agents ont l’autorisation d’intervenir dans les structures privées sur une durée de 2 ans maximum pour les spécialistes et d’un an pour les autres corps de la santé au bout desquels, tous doivent choisir entre le privé et le public. Interrogés par Radars Burkina, certains acteurs donnent leurs avis sur la question.
En rappel, celui à qui les acteurs de l’économie et des finances disent au revoir a intégré l’institution financière internationale en 1991 après avoir été analyste financier de 1985 à 1989 à la société financière sénégalaise pour le développement de l’industrie et du tourisme au Sénégal. Il a gravi les échelons jusqu’au poste de Directeur national de la BECEAO pour le Burkina en 2012. En effet, il a occupé respectivement, les postes d’inspecteur à la Commission bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 1991 à 1995, de Chef du département de la supervision et des études bancaires de 1995 à 2005, de Directeur du crédit de 2006 à 2009 et de Secrétaire général de la Commission bancaire de l’UEMOA de 2009 à 2011.
Par son leadership à la tête de la Direction nationale de la BCEAO du 12 janvier 2012 au 30 juin 2023, le Burkina Faso a pu réaliser de nombreux progrès dans le domaine bancaire avec des réformes institutionnelles majeures. À cet effet, le nombre d’acteurs du système bancaire est passé de 17 à 23 dont 16 banques, 5 établissements financiers et 2 compagnies financières en dix ans. Ainsi, le secteur bancaire burkinabè s’est positionné comme le troisième marché de l’UEMOA avec une part de marché qui est passée de 13,2 % en 2012 à 14,5% en 2021, selon le rapport annuel de la Commission bancaire de l’UEMOA.
« Le souci de la mesure, quelles que soient les circonstances, la continuité et la prudence. Ce sont là des exigences minimales lorsque l’on est dépositaire de la confiance ». Tels sont les principes sur lesquels Armand Badiel, le nouveau Directeur national pour le Burkina de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), fonde sa mission. Mais qui est Armand Badiel ?
Le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est passé de 30 684 FCFA à 45 000 FCFA au Burkina. Le SMIG concerne, en principe, les travailleurs du public et ceux du privé. Cependant, on a l'impression qu’il ne s’applique pas aux aides-ménagères, leur rémunération étant extrêmement faible. À Ouagadougou, la capitale, Radars Infos Burkina s’est entretenu avec quelques-unes d'entre elles. Leurs témoignages sont aussi effarants que pathétiques.
Les premières à se réveiller le matin et les dernières à se coucher la nuit, les aides-ménagères ont un quotidien chargé, voire surchargé. La plupart d’entre elles dorment chez leurs patronnes. C'est notamment le cas d’E.O., 17 ans, orpheline de père. Elle a dû arrêter ses études au Cours moyen 2e année (CM2) par manque de moyens financiers.










