Lutte contre l’insécurité au Sahel : « Si on ne gagne pas cette guerre, alors ce sera la fin… » (Évrard Somda, CEMGN)
La première édition du Forum international de la jeunesse africaine de Ouagadougou (FIJAO) a été lancée le samedi 20 mai 2023. « Paix et sécurité au Sahel, les jeunes en avant-garde », tel est le thème principal de cette rencontre d'échanges. Quatre panélistes ont entretenu l’auditoire sur ledit sujet à travers des sous-thèmes. Il s’agit du Chef d’état-major de la gendarmerie nationale (CEMGN) du Burkina, le lieutenant-colonel Evrard Somda, de Madina Tall, analyste en matière politique et géostratégique, venue de Côte d’Ivoire, de Moumouni Dialla, député à l’Assemblée législative de Transition (ALT) burkinabè, par ailleurs président de l’Union panafricaine de la jeunesse, ainsi que de Rachid Joseph Barry, consul honoraire du Burkina Faso à Houston, aux États-Unis.
La communication du chef d’État-Major de la gendarmerie nationale du Burkina s’est basée sur « le rôle des jeunes dans le renforcement de la sécurité nationale et dans la prévention de la radicalisation et de l’extrémisme violent ».
Faisant l’état des lieux de la situation sécuritaire au Burkina, au Mali et en Côte d’Ivoire, le chef de la gendarmerie nationale a souligné que c’est la déstabilisation de la Libye qui a exacerbée la présence des groupes armés terroristes dans ces trois pays. Il a aussi notifié que les femmes participent de plus en plus aux actions terroristes ainsi que les enfants de 14-15 ans.
Mais les jeunes sont la cible principale des terroristes. C’est pourquoi, il a fait des propositions. D’abord les jeunes doivent s’organiser en Communautés et groupes d'associations car un jeune engagé dans une association ne peut s’engager dans le rang des terroristes sans qu’un de ses camarades ne soit au courant selon lui.
Aussi, les jeunes doivent produire et amplifier des discours en utilisant les réseaux sociaux pour sensibiliser leurs frères. De plus, ils doivent s’engager massivement dans les rangs des forces de défense et de sécurité pour servir leur pays ou à défaut de la manière la plus possible dans d’autres domaines d’activité.
Le chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale a également suggéré aux jeunes de tenir des activités avec des références sécuritaires pour sensibiliser davantage. Par ailleurs, il les a invités à faire attention à la liberté d’expression surtout sur les réseaux sociaux. À cet effet le panéliste a notifié que « nous devons être des agences de communication pour nos nations et non pour les terroristes ». De façon plus claire les jeunes doivent « éviter de publier les messages et vidéos des terroristes, éviter l’usage nauséabonde des réseaux sociaux et mettre l’accent sur les actions des FDS » a-t-il soutenu.
De sa conviction, si les jeunes adoptent de bons comportements les États peuvent être fier d’eux car ils contribueront à mettre fin au terrorisme. Ils n’ont pas besoin d’être des révolutionnaires mais ils doivent travailler main dans la main.
« Si on ne gagne pas cette guerre, c’est que ce sera la fin du monde » foi du Lieutenant colonel Evrard SOMDA.
Le deuxième sous thème a porté sur le « rôle des jeunes africains dans la prévention et la résolution des conflits ».
Développé par l’honorable Moumouni Dialla, il est convaincu que les causes des conflits en Afrique particulièrement du terrorisme sont purement politiques. « Le terrorisme au Sahel n’est qu’une entreprise à visé politique économique et géopolitique » a-t-il déclaré.
Pour atteindre cet objectif la jeunesse qui est la plus importante composante de la population est prisée. Ces terroristes s’appuient sur les failles des gouvernants vis à vis de leurs populations pour faire leur recrutement, a indiqué M. Dialla.
Sachant que les terroristes communiquent dans le but d’amener les jeunes dans leur camp, Moumouni Dialla a interpellé les jeunes sur le rôle qu’ils doivent jouer.
Ainsi, pour lui, les jeunes doivent chercher la bonne information lorsqu’ils sont approchés pour être enrôlés dans une entreprise car au départ l’on ne vous dit pas que c’est une entreprise terroriste mais c’est après l’enrôlement qu’on s’en rend compte et malheureusement à ce moment l’on ne peut plus sortir.
En sus, pour lui, « la construction d’un pays n’a jamais pu se réaliser dans la violence ». C’est-à-dire, ce n’est pas en revendiquant dans la violence qu’on pourra sortir de la précarité pour avoir de meilleures conditions.
« Comment les jeunes peuvent arriver à prévenir le terrorisme ? » s’est-il interrogé. En réponse, il propose que ceux qui sont dans les associations doivent se constituer comme des donneurs d’informations, d’alerte et de renseignements. Les jeunes doivent éviter d’être complice pour déstabiliser leur village, ils doivent plutôt donner l’information en toute confidentialité et à qui de droit, estime l’honorable Moumouni Dialla.
Pour finir, il a notifié que les jeunes doivent jouer leur rôle dans la lutte contre le terrorisme car c’est une affaire nationale.
Tout le monde ne peut pas être volontaire pour la défense de la patrie pour aller au front, mais tout le monde peut jouer sa partition d’une manière ou d’une autre, a-t-il déclaré.
Le troisième intervenant, Rachid Madany Joseph Barry, a abordé l’apport de la diaspora dans la lutte contre le terrorisme.
Dans sa communication, il a relevé que c’est parce qu’il y a un problème économique du côté des jeunes que ces derniers s’engagent comme des terroristes. « Les jeunes arrivent à rejoindre les terroristes parce qu’au niveau économique les conditions ne sont réunies ». Aussi, il a déploré le fait que la diaspora n’investisse que dans les grandes villes. Ainsi, il a suggéré que l’investissement soit étendu dans les zones à fort défi sécuritaire où la population n’a pas assez d’argent pour développer leurs activités ».
Cependant, il pense que la contribution de la jeunesse diaspora ne doit pas se limiter aux aspects économiques. Cette contribution doit aller au-delà notamment en mettant au service des pays leur expertise.
Pour ce faire, il a invité la jeunesse à sensibiliser leurs entourages et faire des plaidoyers auprès des autorités pour exprimer leurs besoins.
Il a également proposé la mise en place d’un projet programme pour permettre aux jeunes de développer leurs projets et cela va contribuer à réduire le nombre de recrus par les terroristes.
De sa conviction, les jeunes peuvent dégager des pistes pour ramener la paix au Sahel. « En tant que jeune de l’intérieur tout comme de l’extérieur, nous devons travailler ensemble pour mettre fin au terrorisme. On a le pouvoir de transforme, d’intégrer des nations futures afin de créer des conditions pour que les conflits soient transformés en paix, que les crises soient transformées en opportunité »-t-il conclu.
La dernière communication donnée par Madina Tall était axée sur « les défis de l’intégration régionale dans la lutte contre l’insécurité.
Selon elle, toutes les structures créées en l’occurrence la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest, l’Union africaine, le G5 Sahel, ont des difficultés à afficher des résultats. Elles ont des difficultés à mobiliser les fonds pour leur fonctionnement.
Dans la même foulée, elle a souligné que les États africains sont toujours à la recherche de financement d’un taux de 87% pour financer leurs activités et programmes, il y a donc un problème de l’indépendance financière ».
Elle dénoncé le fait que les Etats africains continuent de créer des structures avec des stratégies qui ne sont jamais mises en œuvre.
Selon elle, la réponse à la lutte contre le terrorisme n’est pas que militaire, elle est à la fois militaire, systémique et politique.
Ainsi, pour rendre plus efficace les processus de cette lutte, elle propose de faire des réformes à savoir redéfinir les règles qui conviennent aux pays du Sahel. « On ne peut pas venir à bout du terrorisme si les Etats ne prennent pas en compte dans leurs engagements, les aspirations de leurs peuples » a-t-elle prévenu.
Pour ajouter, elle propose aux pays du Sahel, de promouvoir la coopération Sud-Sud en créant une société des Etats et en respectant le choix des partenaires financiers et veiller à la souveraineté des États.
Elle suggère également la promotion de la bonne gouvernance, travailler à la responsabilisation des citoyens, l’éveil de conscience et travailler à la pleine indépendance des pays.
À noter que 10 pays d’Afrique ont participé à ce forum, à l’issue duquel 10 engagements ont pris par la jeunesse et remis au président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré.
Flora Sanou
« Le traitement de l’information sur les attaques terroristes de mars à avril 2019 par Infowakat.net », c’est le thème sur lequel a porté le travail académique de Nafisiatou Vébama, journaliste à Radars Info Burkina, pour l’obtention de la licence en journalisme et communication. Elle l'a présenté aujourd’hui 19 mai 2023 devant un jury de trois membres qui, ayant jugé son travail satisfaisant, l’a sanctionné par la mention Bien.
Pour M. Sawadogo, membre du jury, Nafisiatou Vébama s’est attaquée à un sujet très complexe qui préoccupe tout le monde. D'après lui, elle a fait preuve de courage, car « même beaucoup de professionnels n’osent pas aborder cette question ». En outre, M. Sawadogo a souligné que les médias ont justement besoin de ce regard extérieur pour mieux appréhender certains aspects afin de s’améliorer.
Or en ce qui concerne la publicité, le président du CSC estime que l'on doit pouvoir apprécier la légalité, l’éthique et la déontologie du contenu avant la diffusion, de sorte à éviter aux annonceurs et aux médias d’engager des opérations et donc des ressources et qu’on vienne par la suite leur dire que leur campagne doit être arrêtée.
Tout en assurant de la disponibilité de son institution à accompagner les acteurs, il les a invités à dégager de manière consensuelle les voies et moyens pour la mise dudit organe avec un calendrier précis.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres du mercredi 3 mai 2023, trois décrets ont été adoptés au titre du ministère de la Fonction publique. Il s’agit du prélèvement volontaire à la source des cotisations syndicales des agents publics de l’Etat et ses modalités de mise en œuvre, des procédures de traitement et modalités de liquidation de la retenue pour faits de grève et de la fixation du nombre et des modalités de désignation des agents publics de l’Etat bénéficiaires de la mise à disposition auprès des organisations syndicales. Ces décrets gouvernementaux sont-ils du goût de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B) ? Moussa Diallo, secrétaire général de ladite structure, nous répond dans cette interview.
Dans le cadre du processus de réconciliation nationale, de consolidation de la cohésion sociale et du vivre-ensemble au Burkina, le Conseil des ministres, en sa séance du mercredi 3 mai 2023, a décidé de la création d’un centre de déradicalisation et de réinsertion sociale des ex-membres des groupes armés terroristes. Quels peuvent être les enjeux de la réinsertion des anciens membres terroristes ? Comment ces personnes peuvent-elles être récupérées ? Dieudonné Tankoano, sociologue, écrivain et enseignant), dans une interview accordée à Radars Burkina, apporte des éléments de réponse.
Le président du Conseil supérieur de la communication (CSC), Abdoulazize Bamogo, a pris part, les 27 et 28 avril 2023 à Fès au Maroc, à la conférence internationale pour une régulation éthique et inclusive de l’espace numérique. Première du genre, cette conférence internationale a permis aux présidents des instances africaines de régulation des médias d’échanger avec les représentants des grandes plateformes numériques sur la problématique de la régulation à l’ère des médias sociaux.
Le président du CSC, Abdoulazize Bamogo, a pris part à ce premier dialogue avec les plateformes numériques globales accompagné du conseiller rapporteur, Séni Dabo et de la chargée d’études Pauline Kantiono, point focal du RIARC. Il a assuré la modération du deuxième panel « Pour une autorégulation de confiance » dont les sous-thèmes « Modération des contenus et exigences de l’équité et de la diversité », « Algorithmes et modération des contenus » et « Les politiques d’autorégulation entre laxisme et censure ».
Le premier panel a porté sur « Les enjeux de la régulation des médias sociaux sur le continent africain » avec pour sous-thèmes « Régulation des réseaux sociaux et l’accès à l’information comme bien public », « Les régulateurs africains face aux désordres de l’information dans la sphère publique numérique » et « Régulation et droit des utilisateurs des plateformes numériques globales ». Quant au troisième panel, il a porté sur « Les perspectives d’évolution des processus de régulation des données et la régulation des contenus » avec pour sous-thèmes « Quelles articulations entre la régulation des systèmes de l’IA, la régulation des données et la régulation des contenus ? », « La co-régulation pour une plus grande efficience de la lutte contre les contenus et les pratiques illicites » et « La refondation de la régulation des médias au service de la souveraineté culturelle et informationnelle de l’Afrique ».
La Semaine nationale de la culture (SNC) s’est tenue du 29 avril au 6 mai 2023 à Bobo-Dioulasso, la capitale économique du Burkina. Que peut-on retenir de cette biennale culturelle ? A-t-elle été un succès ? Quelles en ont été les insuffisances ? Que faudra-t-il améliorer lors des éditions à venir ? Nous avons recueilli les avis du comité d’organisation de la SNC 2023 et ceux de certains journalistes sur le sujet.
Pour Vanessa Diasso, journaliste à la télévision d’information Burkina Infos, le pari de l’organisation de l’édition 2023 de la SNC a été réussi en matière de sécurité et de sports. « Les FDS ont été mobilisées en grand nombre et les sites retenus étaient bien sécurisés (scannage de badges à l’entrée et à la sortie) », a-t-elle affirmé. De plus, l’institution du village des communautés à cette 20e édition de la SNC, à son avis, a aussi été une initiative louable, car elle a permis d’exalter la parenté à plaisanterie, de faire connaître des objets propres à certaines cultures, leurs mets locaux, etc.
Pour une meilleure organisation des prochaines éditions, Vanessa Diasso propose la réduction des activités et le maintien de celles essentielles. En sus, elle suggère aux organisateurs de travailler à mieux loger les acteurs clés de la SNC, une plus grande visibilité du village des communautés.
La place de la Nation de Ouagadougou a refusé du monde ce samedi 6 mai 2023. Venus de plusieurs localités du Burkina, femmes, enfants et hommes ont répondu à l’appel de la coordination des organisations de la société civile pour soutenir les forces de défense et de sécurité ainsi que les autorités de la transition. Du rond-point des Cinéastes à la place de la Nation en passant par le rond-point du 2-Octobre, on pouvait observer la présence de plusieurs centaines de personnes.
Tout en remerciant ceux qui sont venus soutenir le président, il dit être plus content car « l’impérialisme, les valets locaux tremblent ». « Avant la mobilisation, certains avaient demandé de sortir dire non à la gouvernance du président Ibrahim Traoré, de demander sa démission. Mais aujourd’hui, ils se rendent compte que le peuple n’est plus prêt à perdre la vérité. Nous avons eu un président véridique qui est là pour libérer notre chère patrie qui est le Burkina », a-t-il soutenu.
Assiétou Diallo, présidente de l’association ‘’Djam et Baldal Bel N’Gal Faso’’, venue de Banfora, dit être là pour exprimer tout son soutien au président Ibrahim Traoré et inviter la communauté dont elle est membre à se départir des forces du mal et à revenir à la patrie.
Après la pénurie de timbres fiscaux de 100 FCFA et 200 FCFA dans les services des impôts à Ouagadougou, les Ouagavillois sont confrontés à une longue attente pour acquérir la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB). Ils sont nombreux, ces citoyens qui attendent d’entrer en possession du précieux sésame. Pour certains un mois, pour d’autres deux ou trois mois, voire plus.
La 21e édition des Kundé, les « Trophées de la musique au Burkina Faso », se déroulera du 10 au 13 mai 2023 à Ouagadougou. Les activités de cette édition sont le Kundé music export, la soirée gala de remise des trophées et le concert After-Kundé. Face à la presse, le commissariat général des Kundé a fait le point de l'organisation et présenté les articulations ainsi que le plateau artistique de cette 21e édition. Tout est fin prêt.
Papus Zongo, directeur artistique et commissaire artistique des Kundé, a déclaré que tout est bouclé pour ce qui est des programmations artistiques. « On est vraiment prêt. Tout est bouclé au niveau des Burkinabè, tout comme sur le plan international. Les choses vont se passer comme il se doit. »
« C’est une occasion pour nous de mettre en contact les artistes burkinabè avec des professionnels de la musique, des tourneurs, des médias, afin de voir comment ceux-ci pourront en profiter pour présenter tout le contenu de leur répertoire, parler de leur carrière. 10 artistes se soumettront à l’exercice. Ils vont prester en live pendant 20mn chacun. 5 artistes presteront le 10 mai à Palace Hôtel et 5 autres le 11 mai au Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA) », a précisé Papus Zongo.
La soirée gala de remise des Kundé, les « Trophées de la musique au Burkina Faso », aura lieu le Vendredi 12 mai 2023 à la salle des Banquets de Ouaga 2000 et sera présentée conjointement par Alpha Ouédraogo et Maguy Leslie Oka. 15 trophées seront remis . À cela s’ajoutent le trophée du Kundé d’honneur et celui du Kundé d’hommage.










