mercredi 4 février 2026

aapluEn période de crise sécuritaire, chaque corps de métier essaie de contribuer à la recherche de la paix avec les moyens professionnels dont il dispose. C’est le cas des journalistes qui utilisent les médias pour informer l’opinion. Les femmes journalistes étant de cette corporation, elles se battent au quotidien pour exercer leur métier, bien qu’elles soient victimes de certains fléaux. Le Burkina Faso étant confronté au terrorisme depuis plusieurs années, quelles peuvent être les contributions des femmes journalistes à la recherche de solutions aux crises sécuritaires ? Quel est le rôle des femmes de médias dans la propagation de l’information en contexte de crise sécuritaire ? Christine Kiéma et Risnata Ouédraogo, toutes deux doctorantes en science de l’information et de la communication à l’université Joseph Ki-Zerbo, ont mené une réflexion sur ce sujet.

Selon elles, bien que les femmes des médias soient victimes de harcèlement sexuel, de préjugés et de stéréotypes de femmes aux mœurs légères, pour ne citer que cela, elles jouent un rôle déterminant dans la propagation de l’information en contexte de crise sécuritaire.

Pour elles, ces femmes se démènent pour apporter leur contribution aux recherches de solution à la crise sécuritaire en utilisant des stratégies pour avoir accès à l’information.

Les femmes journalistes sont affectées sur plusieurs plans : moral, social, intellectuel et psychologique. Ces femmes traversent ces durs moments dans la plus grande discrétion et malgré ces conditions difficiles, exercent leur métier au prix de leur vie pour mener des enquêtes en vue d’apporter des solutions à la crise qui fragilise le vivre-ensemble, disent-elles.

En effet, « dans ce contexte de crise sécuritaire, il n’existe aucun dispositif qui garantit la sécurité des journalistes, en général, particulièrement des femmes journalistes. Malgré l’absence de dispositifs de sécurité, les femmes journalistes recherchent les informations au prix de leurs vies pour réaliser des enquêtes en vue d’apporter des solutions à cette crise qui fragilise le vivre-ensemble », ont-elles indiqué.

Au regard de cela, elles estiment que les journalistes, surtout les femmes, doivent être en sécurité dans l’exercice de leur fonction. Elles doivent avoir la possibilité d’enquêter librement et d’informer le public sur les dossiers brulants. En outre, elles ont le droit de recueillir des informations sans être inquiétées ou menacées.

Ainsi, pour permettre à ces femmes de mener à bien leurs métiers, Mmes Kiéma et Ouédraogo soutiennent qu’il faut définir une politique d’information et d’accès à l’information. Elles doivent être formées à un bon usage de l’information recueillie.

De plus, pour apporter leur contribution à la recherche de solutions à la crise sécuritaire, il arrive parfois que les femmes journalistes se déguisent « conformément aux réalités du milieu pour recueillir les informations car il y a des endroits où on ne veut pas sentir les femmes. Elles tendent également leur micro aux leaders féminin afin que ces dernières partagent leurs expériences en vue de résoudre les problèmes ».

À la question de savoir quelle prise en charge psychologique pour les journalistes traumatisés suite à un reportage ces derniers étant confrontés régulièrement à des évènements traumatisants, notamment lorsqu’ils sont dépêchés sur des zones sensibles, ou lorsqu’ils traitent des sujets sensibles elles répondent : « Pour la prise en charge des journalistes confrontés à des troubles psychologiques, nous proposons la création d’une cellule psychologie au niveau de l’Association des journalistes du Burkina (AJB), qui suivra les journalistes victimes de traumatisme ».

Par ailleurs, elles suggèrent la mise en place de groupes privés et des forums qui permettront aux victimes de s’exprimer sur leur situation, de partager leur vécu sur leurs histoires de traumatisme en vue de libérer l’esprit.

Interrogé sur la question de prise en charge psychologique des journalistes affectés, Casimir Zoungrana, psychologue, propose quelques stratégies. Il s‘agit, entre autres, de former et de préparer les journalistes sur les risques et les réactions psychologiques possibles auxquels ils pourraient être confrontés. En outre, il encourage ces journalistes à discuter de leurs expériences avec leurs collègues et à participer à des séances de débriefing pour parler de leurs émotions et de leurs réactions à l'événement traumatisant.

Par ailleurs, il suggère la mise à la disposition des journalistes de ressources d'information et de soutien pour les aider à comprendre les réactions psychologiques et à trouver le soutien dont ils ont besoin.

Flora Sanou

zsocio uneLe tribunal de grande instance de Dakar a condamné l’opposant Ousmane Sonko à deux ans de prison ferme pour « corruption de la jeunesse » le jeudi 1er juin 2023. Ce verdict, c’est le moins qu’on puisse dire, a embrasé le Sénégal. On y enregistre en effet des pertes en vie humaine et des blessés. Dans cet entretien, Dieudonné Tankoano, sociologue, enseignant et écrivain, affirme que ces tensions auraient pu être évitées si on n'était pas tombé dans l'abus de pouvoir au pays de la Teranga.

Radars Burkina : Comment avez-vous accueilli la condamnation par la justice de l'opposant sénégalais Ousmane Sonko ?

Dieudonné Tankoano : La condamnation par la justice de l'opposant Sonko du Sénégal est la conséquence de son engagement ferme et infaillible en tant qu'opposant et espoir futur de la jeunesse sénégalaise. Rappelez-vous qu'il avait été condamné à 6 mois avec sursis dans le même ordre pour d'autres fait. En Afrique les opposants authentiques sont pris pour ennemis à abattre par les tenants du pouvoir. C'est regrettable.  Cela résulte autrement d'ambitions dictatoriales pour les auteurs de cette haine.

Radars Burkina : Cette condamnation exclut Ousmane Sonko de la course pour les élections de 2024 car selon la loi sénégalaise, quand on est condamné à plus de trois mois de prison ferme, on devient inéligible. Êtes-vous d'avis avec ceux qui disent que ce qui arrive à Sonko est une cabale purement politique ?

Dieudonné Tankoano : "La germination de la plupart des végétaux commence par la floraison" pour vous dire que cette condamnation a pour but de de salir sa réputation, impacter son capital humain et briser sa carrière politique. Évidemment la suite c'est de l'exclure des élections prochaines pour demeurer l'unique maître du palais sans égal. Je me demande ce que vaut la démocratie pour l'Afrique. Juste une gangrène. Je veux juste dire qu’exclure Sonko des élections de 2024 est un abus politique à but ostentatoire dictatorial et malhonnête de la part des auteurs. Macky Sall vaut mieux que ça. J'ai envie de croire que le pouvoir est une drogue corruptible qui rend ivre. Ce n'est pas au Sénégal seulement. L’Afrique dans son ensemble souffre de l'application d'une réelle contradiction de position. La preuve en est que même au Burkina les gens sont contraints à tout applaudir s'ils ne veulent pas avoir le régime en place sur leur dos. L'opposition n'est pas permise en Afrique.

zsocio 2Radars Burkina : Quelle est votre appréciation des violentes manifestations au pays de la Teranga ?

Dieudonné Tankoano : C'est avec regret et consternation que j'observe les dernières émeutes qui ont lieu au Sénégal. On aurait pu éviter en ne tombant pas dans le complexe d'abus de pouvoir. A cette allure les acquis de l'Afrique depuis les indépendances sont sans doute remis en cause. Si Wade avait abusé de son pouvoir en enfermant Macky Sall opposant en son temps et en l'empêchant de se présenter comme candidat il ne serait point président aujourd'hui.

Radars Burkina : On parle de déjà de mort d'homme dans ces heurts.  Pensez-vous que le Sénégal pourrait être au bord du précipice si les manifestations perdurent ?

Dieudonné Tankoano : Pourquoi les politiciens africains font de la gestion du pouvoir un bien privé ? J'ai des connaissances au Sénégal et je sais que cette jeunesse veut du nouveau pour garantir son avenir. Est-ce Sonko en prison aujourd’hui, le probable Messi ? Qui sait.

 Même si ce qui s'y passe est regrettable sachez que l'élan de la jeunesse ne sera jamais freiné tant qu'elle n'a pas atteint son objectif, celui d'opérer le changement. Le pouvoir de Macky Sall est inquiété. Ces jeunes ne vont pas rengainer.

Radars Burkina : Quelle est votre analyse de la situation politique du Sénégal ?

Dieudonné Tankoano : Je préconise le dialogue à temps entre les deux camps pour trouver un consensus et sauver les acquis d'investissement de ce beau pays qu'est le Sénégal. Quant à la jeunesse, qu'elle use de tact et d'intelligence pour ne pas se faire du tort. Les édifices qu'elle détruit sont conséquence des efforts des générations passées. Il faut les épargner.

Le plus regrettable est que ces événements ont commencé à prendre une tournure inquiétante. Je parle de mort d'homme. Jusqu'à quand la jeunesse va arrêter de s'immoler pour des faits politiques. C'est regrettable. Ni Sonko ni Macky Sall n'est mort ni même blessé c'est la jeunesse qui est prise pour bouclier. Jeunesse africaine ouvre l'œil !

Propos recueillis par Flora Sanou

ddconf une

ddconf uneCe jeudi 1er juin 2023, la ministre de la Solidarité et de l’Action humanitaire ainsi que le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi ont tenu un point de presse, respectivement sur la situation des Personnes déplacées internes (PDI) au Burkina Faso et sur la mise en place des bureaux « Bilan de compétences et d’accompagnement (BCA) » dans les universités.

Au cours de ce point de presse, la ministre de l’Action humanitaire, Nandy Somé/Diallo, a affirmé que le gouvernement de la Transition est très sensible à la situation difficile des personnes déplacées internes et des communautés qui les accueillent.  C’est à cet effet que plusieurs actions ont été entreprises pour les soutenir, les soulager et les accompagner. Il s’agit de la prise en charge d’urgence en alimentation, en abris, en articles essentiels ménagers, en eau potable et en soins de santé.

Selon elle, 88% des personnes déplacées internes souhaitent retourner dans leurs localités d’origine, 11% veulent rester dans les familles et les sites d’accueil, 1% souhaite partir s’installer dans des localités autres que leurs villages d’origine et d’accueil.

A la question de savoir si le retour de 125 227 PDI affirmé par le Premier ministre était confirmé, la ministre de l’Action humanitaire répond par l’affirmative. « Je voudrais rassurer toutes les personnes qui doutent de ce chiffre qu’il est effectif. Nous avons mis un dispositif de captage de personnes déplacées internes depuis le mois d’avril 2023. On s’est rendu compte que le dispositif de cumul des PDI dont nous publions mensuellement les chiffres ne prenait pas en compte les retours. Ainsi, on a procédé à la mise en place d’un nouveau dispositif qui va nous renseigner sur cet indicateur de personnes retournées. C’est sur la base des informations collectées dans les régions avec l’implication de toutes les structures locales que cette information a été au niveau central et c’est ce que nous avons communiqué au Premier ministre Me Apollinaire Kyélem. Nous avions effectivement, à la date du 23 mai 2023, 125 227 PDI retournées dans 7 régions », a-t-elle expliqué.

ddconf 2La ministre Somé a confié que le gouvernement est en phase avec les personnes déplacées internes dans la dynamique de reconquête du territoire pour leur permettre de repartir se réinstaller sereinement. « L’Etat accompagne ces retours et la dynamique est enclenchée puisque nous les approchons pour évaluer leur besoin dans tous les domaines pour que l’appui aille effectivement là où le besoin est exprimé.

En sus, la prise en charge des personnes déplacées internes est évaluée à coût de milliards pour l’Etat a indiqué la ministre. « Pour l’assistance alimentaire, nous l’évaluons à 21 millions, pour les habits 630 millions de FCFA, pour les articles ménagers essentiels 402 millions de F CFA pour les transferts monétaires, 4 milliards de FCFA. En somme, près de 5 milliards FCFA ont déjà été déboursés par l’Etat pour l’accompagnement des personnes déplacées internes », a précisé Nandy Somé.

Une préoccupation a été relevée sur la prise en charge psychologique des PDI au regard des chocs que ces personnes subissent en termes de traumatisme. En réponse à cela, la ministre Somé a signifié qu’un accompagnement est fait. « Depuis l’enregistrement des PDI sur les sites ou familles d’accueil, on les accompagne déjà en collaboration avec les partenaires qui œuvrent dans ce sens », a-t-elle affirmé

ddconf 3Le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi, pour sa part, a communiqué sur la mise en place des bureaux «Bilan de compétences et d’accompagnement (BCA) » dans les universités. Selon lui, l’objectif global de la mise en place de bureaux BCA est d’accompagner les étudiants dans la construction et la réalisation de leur projet d’insertion professionnelle ou d’emploi. Ce dispositif vient en réponse au souci du président de la Transition de trouver une alternative aux jeunes pour leur permettre d’apprendre un métier d’ici la fin de la formation et s’intégrer dignement dans le monde du travail. C’est la concrétisation des échanges qu’il a eus le 17 janvier 2023 à l’université Joseph Ki-Zerbo avec les groupes universitaires.

« Les bureaux seront présents sur l’ensemble des 14 universités publiques et il y aura des missions de l’agence nationale pour l’emploi qui vont séjourner dans les instituts et universités privés pour offrir les services aux étudiants », a indiqué le ministre Boubacar Savadogo.

Trois catégories de jeunes ont été classées : d’abord ceux qui sont qualifiés, à savoir ceux qui ont fait des études universitaires dont la majorité à la fin de leur cursus s’engagent dans des activités qui n’ont rien à voir avec leur domaine de qualification. Ensuite, il y a les jeunes moins qualifiés : une réforme entrera en vigueur à la rentrée prochaine pour leur permettre de choisir les voies de qualification de métier. La troisième catégorie concerne les jeunes en milieu rural, pour qui l’initiative sur le référent « opportunité-insertion » sera mis en place dans les 302 communes du Burkina.

Selon les dires du ministre Savadogo, le lancement a eu lieu à Fada N’Gouma, lors de la visite du président de la transition. Ainsi, le bureau de Fada sera le premier à être fonctionnel. L’installation se fera progressivement sur les autres universités. « L’accès aux bureaux est volontaire et cela se fera sur rendez-vous pour éviter les embouteillages », a précisé le ministre.

Flora Sanou

 

aaguigm uneLa compétition dans le cadre de la 36e édition de la coupe du Faso s’est achevée le dimanche 28 mai 2023 avec pour vainqueur l’Etoile filante de Ouagadougou (EFO). Salifou Guigma, journaliste sportif, livre sa lecture de l’organisation de cette compétition et de l’avenir même du football burkinabè dans cette interview.

Radars Burkina : Quelle appréciation faites-vous de l’organisation de la coupe du président du Faso 2023 ?

Salifou Guigma : Techniquement ça a été très bien organisé parce qu’il fallait tenir compte du championnat national qui n’était pas encore arrivé à son terme (les deux compétitions se jouaient en même temps). La ligue de football professionnel qui est en charge de l’organisation s’est débrouillée malgré l’absence des infrastructures pour pouvoir tenir cette coupe jusqu’à la finale.

Au plan technique également, ça a été du succès parce que les arbitres sont venus de la Côte d'Ivoire. Il y a une convention entre la FBF et la fédération ivoirienne de football qui permet qu’à chaque finale si la coupe est organisée en Côte d’Ivoire, ce sont les arbitres burkinabè qui y vont et vice versa. C’est dans le cadre d’un partenariat et cela a beaucoup aidé parce que les fans qui ont toujours des appréhensions par rapport aux arbitres locaux, cette fois-ci pour des techniciens venus d’ailleurs, c’était quand même difficile de dire que ce n’est pas bien arbitré dans la mesure où ils ne connaissent aucune équipe.

Pour la finale, on peut s’en féliciter. D’abord sur le plan mobilisation, le stade était plein à craquer du fait sûrement de la présence effective du président de la transition qui est aujourd’hui apprécié par la jeunesse.

Aussi, l’Etoile Filante de Ouagadougou qui est le club le plus populaire de la ville et qui au regard de la dynamique surtout qu’elle a enclenché même au niveau du championnat à savoir les dernières journées a pu faire le rappel des troupes, revenir à un niveau qui a forcé l’estime de ses fans.

De plus, les prolongations ont été évitées, le match s’est déroulé en 90 mn. Au niveau du déploiement du branding ça a été l’un des jours où on a remarqué le stade par un éclat remarquable. Les organisateurs ont réussi à relever le défi jusqu’à la remise du trophée. C’est l’une des finales les plus réussies à mon sens.

Enfin, l’aspect sécuritaire qui mettait quelques doutes dans la tête de certaine personne a été également pris à bras le corps car les forces de sécurité étaient là du matin jusqu’à la fermeture du stade.

Radars Burkina : A la lumière de cette compétition, quel est le niveau actuel du football burkinabè ?

aagigm 2Salifou Guigma : En tant qu’observateur, le niveau est en mon sens moyen. Il n’est pas très bon mais il y a des aspects dont on peut se satisfaire. Il y a eu beaucoup de buts marqués sur coup franc, sur balle arrêtée, en attaque placée. C’est quelque chose de formidable. Il y a également eu de très bonnes aptitudes au niveau des gardiens de but. C’est un compartiment de jeux où il y avait toujours des difficultés au niveau de notre football. Il y a des gardiens de but qui se révèlent, je pense que c’est bon. Également on a remarqué depuis un certain temps, des équipes font sortir de balles assez bonnes, on ne dégage plus à l’emporte-pièce, ça met en actif la direction technique intentionnelle avec les techniciens pour arriver à une situation où il faut lancer à partir de la défense, construire le niveau du milieu et essayer de finaliser : marquer les buts. C’est peut-être à ce niveau que ça pêche toujours. À mon avis le péché mignon de notre football, c’est la finition.

En somme si c’était à noter, je dirais qu’on est au-dessus de 5. On n’a peut-être pas forcément 7 mais on a la moyenne.

Radars Burkina : L’avenir du football burkinabè est-il prometteur ?

Salifou Guigma : Toujours avec l’œil d’observateur, l’avenir du football burkinabè promet parce que, que ça soit au niveau du championnat ou de la coupe du Faso, il y a des jeunes qui s’illustre. Ce qui veut dire qu’il faut de plus en plus faire confiance en ces jeunes. Il y a du surclassement dans notre championnat, double surclassement même par moment, parce que je pense que la moyenne tourne autour de 20-21-22 ans et c’est très bien. Ça veut dire qu’on va avoir des joueurs aguerris qui auront au moins trois saisons dans les zones avant de toquer aux portes des différentes sélections.

Il y aura quand même une certaine expérience hormis les U17 où la compétition de cette catégorie n’a pas encore véritablement pris donc on ne peut pas se prononcer à ce niveau. Sinon au niveau des autres catégories je pense que c’est très bien. On peut quand même oser dire que si les acteurs restent concentrer sur l’objectif, si les techniciens restent focus sur les performances, individuelles et collectives, on devrait avoir un bon niveau d’ici là, capable de titiller le reste de l’Afrique, excepté l’Afrique du Nord qui a quand même une bonne avancée par rapport aux autres. En regardant notre championnat, je pense que nous tirons vers 90 à 95% de techniciens locaux à travers les équipes, ce sont des Burkinabè qui entraînent ces équipes or dans le temps c’était des oiseaux rares. Les entraîneurs qu’on partait chercher en Côte d’Ivoire, au Ghana, aujourd’hui je regarde au niveau de l’échiquier ils sont pratiquement tous des Burkinabè et cela veut dire qu’il y a du travail qui est fait. Ça met en relief la direction technique qui travaille à améliorer le niveau des techniciens.

Radars Burkina : Que pensez-vous de la présence du président de la Fecafoot à la finale ?

Salifou Guigma : La présence de Samuel Eto’o, la star africaine qui a fait les beaux jours du Barça et qui est aujourd’hui le président de la fédération camerounaise de football (Fecafoot) a rehaussé le niveau et a sonné la mobilisation.

Aujourd’hui, le football est transversal et a aussi atteint le niveau de mondialisation un peu comme dans les autres domaines. Vous ne pouvez pas rester dans votre carcan et espérer vous développer. Il faut compter avec les autres. Samuel Eto’o est une figure emblématique du football africain. Sa présence ici donne à respecter notre équipe. Je pense qu’il faut rééditer cela. Il faut qu’on puisse, si l’occasion se présente aller chercher d’autres figures pourquoi pas les Drogba. Mais mon cri du cœur c’est peut-être faire appel aussi à certains internationaux qui sont là et qui ont fait la pluie et le beau temps de l’équipe nationale. C’était quand même beau de voir Pitroipa et Bakary Koné, Charles Kaboré, Ziko, au stade qui peuvent parrainer certains matchs. Ça permet à la génération de faire plus connaissance avec ces joueurs locaux internationaux qui n’officient plus mais qui ont marqué l’histoire du football burkinabè.

Propos recueillis par Flora Sanou

aafabiensawLa grande famille SAWADOGO à Noh, Sabcé, Piitenga, Ouagadougou,

Bobo-Dioulasso, en Côte d'Ivoire et aux Etats-Unis

Le Tengand Sooba de Goungla

Sa Majesté le Naaba Delwendé de Doulou, commune de Koudougou, et famille

Les familles alliées

SAWADOGO S. Léon à Ouagadougou, ses frères et sœurs

Les sœurs :

- Neerbewendin G.

- Nomwende Patricia Armella

- Paligwende Marie Gabrielle

Les neveux, nièces, cousins et cousines

ont la très profonde douleur de vous annoncer le décès, ce jour 26 mai 2023

à Bobo-Dioulasso, de leur fils, frère, beau-frère et oncle

SAWADOGO WENDLASSIDA FABIEN

Communicateur

Ils vous informent que les obsèques se dérouleront selon le programme ci-après :

Vendredi 26 mai 2023

- 20h : Veillée de prières au domicile familial, secteur 15, Ouezzin-ville

Samedi 27 mai 2023

- 8h : Levée du corps à l’hôpital Souro Sanou de Bobo

- 10h : Absoute à la chapelle Saint-Paul de Ouezzin-ville (Bobo),

suivie de l’inhumation au caveau familial sis au cimetière municipal,

face au camp militaire Ouezzin Coulibaly

Que par la miséricorde de Dieu, l'âme de

SAWADOGO WENDLASSIDA FABIEN repose en paix.

bbbylLa Coalition des associations de défense des droits de l'homme (CADDH), dans un communiqué, a invité le peuple burkinabè à boycotter toutes les compagnies de téléphonie mobile le mardi 30 mai 2023 de 13h à 14h sur toute l'étendue du territoire national. Objectif de cette opération : dénoncer la cherté des services desdites compagnies et les dysfonctionnements y observés. En quoi consiste l'opération ? Pourra-t-elle vraiment impacter les mis en cause ? Comment avoir l’adhésion des populations ? Adama Bayala, porte-parole de cette coalition, apporte des éléments de réponse dans l’interview ci-après qu’il a accordée à Radars Info Burkina.

Radars Burkina : En quoi consiste cette opération de boycott ?

Adama Bayala : C’est une campagne. La première d’une série inscrite dans une opération baptisée « Vent du salut » qui appelle les utilisateurs des services de communication électronique à marquer une pause entre 13 H et 14H, le mardi 30 mai 2023. Il va s’agir de mettre les téléphones et tous les autres terminaux mobiles en mode avion pour dénoncer la cherté des services et les nombreux dysfonctionnements observés. 

Radars Burkina : Comment comptez-vous faire respecter ce boycott ?

Adama Bayala : Pour assurer le succès de cette campagne, nous avons adopté une stratégie de communication. Il s’est agi d’adopter les moyens de la communication d’influence, d’élargir les bases du mouvement, en associant les associations de renommée, les blogueurs et les influenceurs. Ensemble, nous explorons tous les canaux d’information, de sensibilisation et de mobilisation des consommateurs. En cela, les médias jouent un rôle important. Nous vous remercions de votre contribution inestimable.

Radars Burkina : Pensez-vous avoir l’adhésion de toute la population, quand on sait que le téléphone est l’outil de travail de plusieurs personnes, surtout du monde des médias ?

Adama Bayala : Il n’y a pas que les acteurs des médias traditionnels. Il y a aussi les blogeurs, les influenceurs, les commerçants, les entreprises et même les anonymes qui ne peuvent plus se passer du téléphone portable. Nous le comprenons aisément ; c’est d’ailleurs pourquoi nous proposons juste 1 heure. Nous ne doutons pas que les consommateurs burkinabè accepteront de se sacrifier aujourd’hui pour arracher des prix supportables et justes. Savez-vous qu’alors que le giga coûte près de 2000 F CFA ici, il est vendu à moins de 350 F CFA au Ghana et à 1100 F CFA au Niger ? Nous voudrions donc paraphraser l’expert en leadership John Calvin Maxwell pour dire soit nous nous sacrifions aujourd’hui pour nous reposer demain, soit nous nous reposons aujourd’hui pour nous sacrifier demain. Nous avons foi en la responsabilité des consommateurs burkinabè, parfois lents à agir.

Radars Burkina : Ne serait-il pas préférable d’organiser une marche de protestation qui, peut-être, pourrait avoir rapidement plus d’impact que cette opération ?

Adama Bayala : Pas vraiment. Il faut tenir compte du contexte. Oubliez-vous que le communiqué N°3 du MPSR 2 interdit les manifestations ? On n’est pas obligé d’explorer les marches. Nous menons le combat depuis des années. Nous avons exploré en vain les voies de plaidoyer. Aujourd’hui, nous explorons une nouvelle forme de protestation qui va avoir des conséquences économiques importantes. Nous précisons que nous avons une approche méthodique et scientifique, savamment pensée. Nous avons parlé d’opération « Vent du Salut » ; Ne soyez pas pressée. Si la donne ne change pas, nous vous surprendrons agréablement. Croyez-en notre engagement et en notre sincérité. Nous irons au bout, à la satisfaction des consommateurs burkinabè.

Radars Burkina : Cette opération peut-elle réellement impacter les compagnies de téléphonie mobile ?

Adama Bayala : Absolument. Vous avez trois compagnies de téléphonie mobile, avec un parc d’abonnés de 24 millions. Pendant une heure, tous les terminaux mobiles en mode avion. Plus d’appels, plus de messages, plus de connexion internet. Sortez les calculatrices ; je n’en dis pas plus. Si le mouvement est bien suivi, les opérateurs prendront la mesure de nos frustrations et y répondront au plus vite, avec des prix justes et des services de qualité.

Radars Burkina : L'association nationale des opérateurs de télécommunications veut octroyer 10% du volume data supplémentaire aux consommateurs selon un communiqué, que pensez-vous de cette mesure ?

Adama Bayala : Une belle avancée, car nous devons dire que depuis la montée de la fièvre, jamais les opérateurs de téléphonie mobile n’ont reçu les associations de défense des consommateurs. Nous ne savons pas si les choses se passent comme cela chez eux. S’ils nous avaient reçus pour expliquer, on aurait pu comprendre de quoi il retourne. En tout état de cause, ils avaient promis de faire un benchmark dans le marché ouest-africain, on ne sait pas s’ils ont été inspirés par ses conclusions. La logique commande qu’ils publient les résultats de cette étude. Qu’à cela ne tienne, la conférence des présidents des organisations qui porte l’opération appréciera.

Toutefois, nous avons le devoir de louer l’ARCEP (Autorité de régulation des communications électroniques), car au moment où les opérateurs s’emmurent, c’est elle seule qui nous a reçus et traités comme de véritables partenaires. Avec elle, nous travaillons régulièrement pour des perspectives heureuses.

Propos recueillis par Flora Sanou

aaclo uneAprès 48h d’échanges, le colloque international initié à l’occasion du cinquantenaire du quotidien L’Observateur Paalga s’est achevé dans la soirée du mercredi 24 mai 2023 à Ouagadougou. Retour sur cette cérémonie de clôture.

Robert Ouédraogo, coordonnateur de L’Observateur Paalga, qui représentait le fondateur et directeur de publication de l’organe de presse à la cérémonie de clôture, a remercié tous ceux et celles qui ont œuvré à la tenue du colloque. Selon lui, la moisson a été abondante au regard de la richesse des échanges et des contributions des panélistes ainsi que des participants.

Le Dr Émile Bazyomo, enseignant-chercheur à l’université Joseph Ki-Zerbo, modérateur d’un des panels du colloque, note une satisfaction globale à deux niveaux. D’abord pour lui, c’est l’une des premières fois qu’un média noue un partenariat avec une université et organise ce type de rencontre. Cela est d’une importance capitale, toujours selon l’universitaire, en ce sens que la problématique de la responsabilité sociale de l’entreprise de presse a été posée.

aaclo 4Sa conviction est que les expériences que le Burkina est en train de vivre n’existent nulle part ailleurs et ne correspondent pas aux théories qui existent dans le domaine des sciences de l’information et de la communication. C’est pourquoi il pense qu’il faut qu’on parle de « l’école de Ouagadougou », comme l’ont d’ailleurs proposé certains panélistes car, selon leurs dires, ce qui se passe au Burkina à travers la propagande exagérée, les fake news et le fait que tous les citoyens deviennent des diffuseurs de contenu ne se passe pas ailleurs. « Il faut que nous [enseignants chercheurs] réfléchissions sur la survie des médias de façon générale. Il faut que nous voyions comment on peut théoriser cela à travers des théories qui n’existent pas encore », a-t-il affirmé.

aaclo 2Quant au président du comité scientifique, le Pr Magloire Somé, il se réjouit que les échanges aient été très riches car « d’excellents exposés ont été faits avec beaucoup de débats à l’appui et c’était le plus important ». A l’en croire, c’est un bon départ pour L’Observateur Paalga qui a eu l’idée de faire un arrêt pour essayer de communiquer sur les opportunités qui s’offrent aux médias traditionnels afin de se repositionner dans ce nouveau contexte. « Aujourd’hui sur les réseaux sociaux, beaucoup d’informations circulent. Ainsi, la presse est obligée d’en tenir compte pour se réadapter, sinon elle risque de disparaître. La presse écrite est une question d’adaptation et de réadaptation », dira-t-il.

aaclo 3Dans cet ordre d’idées, le Pr Somé soutient que celui qui maîtrise le numérique et sait qu’il offre d’immenses opportunités a la possibilité de se repositionner dans le nouveau contexte de publication de l’information. Et de préciser que les actes des communications seront réunis et, après instruction, seront publiés. « D’ici trois mois, l’ensemble des communications sera distribué aux gens pour qu’ils évaluent cela et après, lesdites communications seront renvoyées à leurs auteurs pour qu’ils prennent en compte les observations et c’est après cela que le comité scientifique fera la publication », a conclu le président du comité scientifique.

À noter que 30 attestations de communication et participation ont été décernées à ceux qui ont présenté leur communication durant le colloque pour saluer leurs efforts. 5 de ces attestations ont été remises de façon symbolique au cours de la cérémonie de clôture.

Flora Sanou

aalopco uneDans le cadre de la célébration de son jubilé d’or, le quotidien burkinabè L’Observateur paalga organise un colloque international sur le thème principal « Les médias traditionnels africains face au développement du numérique : résilience, opportunités et défis ». Ce mercredi 24 mai 2023, deuxième et dernier jour dudit colloque, plusieurs communications ont été données.

L’un des panélistes du jour, le Dr Boukary Nébié, enseignant-chercheur au centre universitaire de Fada N’Gourma (région de l’Est du Burkina Faso), spécialiste des analyses de discours, a axé sa communication sur ce sujet : « Médias sociaux et discours de violence au Burkina Faso ».

Selon lui, les médias sociaux peuvent être considérés comme des moyens efficaces, pour les populations, de s’informer mais certaines en font un usage malsain. Ainsi, il s’est posé la question de savoir si les médias sociaux constituent un rempart contre les discours de haine au Burkina Faso ou s’ils sont plutôt un puissant adjuvant, partant de l’hypothèse principale que les médias sociaux facilitent la mise en circulation des discours de violence.

aalqco 2Son analyse a porté sur 10 vidéos publiées sur Facebook, TikTok et WhatsApp au Burkina. Des résultats présentés par le Dr Nébié, il ressort que les auteurs de ces discours de haine ou de violence utilisent « la légitimation de soi » qui consiste à dire que c’est « moi en tant qu’auteur du discours et tous ceux qui partagent mon point de vue qui avons la légitimité de prendre la parole et de dénier la parole aux autres parce qu’on estime que les autres ne doivent pas y avoir accès (« délégitimation de l’autre ») ».

Selon lui, ces discours sont basés sur la passion au détriment du discours de raison. De ce fait, le panéliste est parvenu à la conclusion que les médias sociaux constituent davantage un adjuvant pour les discours de violence qu’un rempart. Comme solution, il propose la production et la mise en circulation de contre-discours tout en renforçant l’efficacité des structures de veille déjà existantes.

aaloqco 3Cependant, cette idée de production de contre-discours n’est pas partagée par certains participants qui proposent plutôt une réforme de la loi pour durcir la répression contre les auteurs de ces discours de haine ou de violence. Ceux-ci proposent aussi l’institution de modules dans les écoles de formation scolaire et universitaire, des modules sur l’éducation aux médias.

Arouna Kaboré, l’un des participants au colloque, pense quant à lui que les discours au sommet de l’État font partie également des discours de violence des médias sociaux. « Les discours au sommet de l’État ont nécessairement un impact car tous ceux qui interviennent sur les médias s’expriment autour du discours présidentiel », a-t-il déclaré. De ce fait, il propose que l’analyse soit étendue à la construction du discours présidentiel. Pour lui, le discours libre tenu au sommet de l’État est toujours risqué.

Flora Sanou

aapharma uneLe Syndicat des pharmaciens du Burkina (SPBF) a tenu une conférence de presse aujourd’hui 23 mai 2023 à Ouagadougou. Objectif : se prononcer sur la situation du secteur pharmaceutique au Burkina Faso, notamment le réajustement de la marge bénéficiaire des pharmaciens sur les prix des médicaments de spécialité ainsi que la décision du gouvernement de réglementer les prix desdits produits.

Selon le syndicat, l’intervention du ministre du Commerce, Serge Poda, le 17 mai dernier à l’issue du Conseil des ministres suscite des interrogations sur la réelle volonté du gouvernement de dialoguer car, ont-ils indiqué, à la demande de l’autorité, « nous nous sommes rencontrés et espérions la poursuite du dialogue pour aboutir à un compromis acceptable pour tous ». Donc cette sortie du ministre du Commerce a semé le trouble non seulement en notre sein mais aussi au sein des populations ».

À en croire les conférenciers, malgré le contexte sécuritaire du Burkina et les difficultés d'approvisionnement, les pharmaciens ne répercutent pas leurs charges supplémentaires sur le prix du médicament.  « Le prix du médicament reste approximativement le même à Dori, Djibo, Sebba, Solenzo, Nouna, Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Garango, Réo… » ont-ils soutenu.

D’après le président du Syndicat des pharmaciens du Burkina Faso, Ismaël Kiswensida Bidiga, « le secteur pharmaceutique ne pratique pas de spéculation sur les prix des produits de santé ».

« Le médicament est un produit spécifique sur lequel le pharmacien du Burkina Faso ou d’ailleurs n’a jamais obéi à une logique , a indiqué le président du syndicat.  « Les pharmacies sont des entreprises privées qui fonctionnent sur une affaire de rentabilité. Ce n’est pas une rentabilité qui est spéculative. C’est une rentabilité qui tient compte de l’aspect social des médicaments », a-t-il ajouté.

aapharma 2Selon ses explications, ce sont plutôt « les contraintes internationales et internes sur l’économie générale [qui] ont créé une inflation des coûts qui s'est répercutée sur le prix du médicament ».

Pour les représentants du syndicat des pharmaciens du Burkina, pour maintenir la sérénité de part et d’autre il convient de rester sur les termes du communiqué conjoint signé le 11 avril 2023 entre le gouvernement et leur corporation.

« Les pharmacies ne bénéficient d’aucun soutien de l’Etat : pas de subvention, pas d’allègements fiscaux, pas de fiscalité spécifique, pas d’aide à l’installation », ont-ils avancé.

C’est pourquoi ils  mettent  en garde les ministres du Commerce et de la Santé contre toute « décision hasardeuse qui déstructurerait le secteur pharmaceutique privé ».

Ils préviennent par ailleurs que « la rupture du circuit d'approvisionnement entraînera inéluctablement une catastrophe sanitaire dont les pharmaciens ne sauraient être tenus pour responsables. Il est temps que chacun assume les conséquences de ses actes ».

Tout compte fait, les membres du syndicat assurent l’opinion de leur  ferme détermination à défendre les intérêts de la profession pour l’accomplissement de leur rôle d’acteurs de la santé publique. Ils rassurent également les populations de leur permanente disponibilité à les conseiller et à les servir malgré les conditions difficiles. Enfin ils affirment leur volonté de discuter avec les autorités pour parvenir à des solutions qui ne mettent pas en difficulté le secteur pharmaceutique.

« Nous espérons que la main tendue en privé et cette fois-ci publiquement sera bien reçue », ont-ils souhaité.

Flora Sanou

aalobs uneLe quotidien burkinabè d’informations générales L’Observateur Paalga, créé le 28 mai 1973, a aujourd’hui un demi-siècle. Pour marquer ce jubilé d’or, le doyen des journaux privés à l’échelle nationale a prévu une série d’activités commémoratives. La première d’entre elles, un colloque scientifique international sur le thème « Les médias traditionnels africains face au développement du numérique : résilience opportunités et défis », a débuté aujourd’hui, mardi 23 mai 2023, à l’université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou.

« Quand nous le lancions, l’aventure était très risquée, aussi bien pour nous-mêmes que pour les observateurs et les connaisseurs. Beaucoup pensaient que c’était une aventure et certains ne nous donnaient même pas trois mois de vie, tant c’était plus qu’un pari, dans le contexte de la Haute-Volta d’il y a 50 ans, de gérer un quotidien. Ce pari, avec l’aide d’une équipe autour de moi et l’aide des lecteurs, voire de l’opinion nationale voltaïque, nous avons pu le relever », a déclaré en guise de rappel historique Édouard Ouédraogo, fondateur et directeur de publication de L’Observateur Paalga, à l’issue de la cérémonie d’ouverture.

aalobs 3Et Edouard Ouédraogo de souligner qu’avec l’avènement du numérique, aujourd’hui la presse écrite et les médias de façon générale ont un challenge à relever s’ils veulent survivre. C’est justement la raison pour laquelle les activités du jubilé d’or sont orientées vers la réflexion sur l’avenir des médias face à l’ère du numérique : « Aujourd’hui avec l’avènement du numérique, les lecteurs sont installés dans la culture de la gratuité et il se pose à L’Observateur, à la presse écrite aussi bien qu’à l’ensemble des médias, un challenge qui n’est pas facile à relever. C’est pourquoi à l’occasion de ces 50 ans d’anniversaire, nous avons préféré axer les activités sur la réflexion à travers ce colloque international ».

Ousseini Ilboudo, le président du comité d’organisation, embouchant la même trompette, dira : « Ce jubilé d’or, nous l’avons voulu sobre et placé sous le sceau de la réflexion sur notre métier ».

aalobs 2Selon le ministre des Sports, Boubakar Savadogo, qui représentait son collègue de la Communication, Jean Emmanuel Ouédraogo, « les 50 ans de L’Observateur Paalga, c’est la mémoire continue historique de notre pays ; ces 50 ans consacrent l’audace, le génie, la perspicacité, l’engagement au service de la nation ».

Au cours de ces deux jours, les échanges porteront sur l’histoire de la presse écrite au Burkina Faso, les pratiques journalistes à l’ère du numérique, les enjeux économiques de la presse à l’ère du numérique et le traitement des questions liées à la femme ainsi que sa contribution au développement de la presse. Il s’agira spécifiquement de mener la réflexion sur : l’avenir des médias classiques burkinabè à l’ère de la convergence numérique ; la fiscalité appliquée aux médias du Burkina ; le basculement dans le numérique ; les pratiques journalistiques à l’ère du numérique ; les médias sociaux et discours de violence ; la crise de confiance entre les médias et l’opinion publique au Burkina, etc.

Environ 200 personnes issues d’organes de presse, d’organisations de presse et de média et d’universités participent à cette réflexion.

Au programme de ce jubilé, il est prévu également une journée portes ouvertes avec exposition de photos d’archives le 25 mai 2023 dans les locaux du journal quinquagénaire ainsi qu’une action caritative en faveur des personnes déplacées internes (PDI) le 27 mai.

Flora Sanou

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