jeudi 5 février 2026

synapecLe 7 octobre 2022, le Syndicat national des professeurs d’écoles (SYNAPEC), dans son communiqué, invitait l'ensemble des Instituteurs adjoints certifiés (IAC) et Instituteurs certifiés (IC) du Burkina Faso à observer un sit-in d'un mois à compter du 11 octobre au 11 novembre 2022 pour réclamer auprès des gouvernants un reclassement automatique et sans condition de tous les IAC et IC du Burkina Faso. Ce sit-in ayant pris fin le 11 novembre dernier, Radars Info Burkina est allé rencontrer le secrétaire général du syndicat, Adama Dabilgou pour un bilan.

Ce sit-in a permis une auto-évaluation du SYNAPEC en décelant ses points forts et ceux faibles et, surtout, de trouver des mécanismes efficaces pour conserver les acquis et relever les insuffisances qui s'affichent sous la forme de challenge, a déclaré le secrétaire général du SYNAPEC, Adama Dabilgou. Comme dans toute activité à caractère collectif, il y a eu dans celle-ci non seulement des hauts, mais aussi des bas, de l’avis du secrétaire.

En effet, au cours de ce mois de sit-in, des centaines de sous-sections SYNAPEC ont été installées à travers le pays grâce à l’engagement, à la détermination et à la ténacité des braves militants du SYNAPEC, a-t-il confié. Le mot d'ordre du sit-in a été suivi dans 11 régions avec un taux de mobilisation qui varie entre 60 et 90%. Il s’agit des régions du Centre-Ouest, du Sud-Ouest, du Nord, des Hauts-Bassins, des Cascades, du Plateau central, du Centre-Nord, du Sahel, du Centre-Est, de la Boucle du Mouhoun et de l'Est.

De plus, ce fut un succès parce que « les militants du SYNAPEC n'ont pas été victimes de l'arbitraire à l'exception de trois (3) camarades de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Loropéni, où le Chef de la CEB semblait croire avoir affaire à des militants des années 60 », a-t-il déclaré.

Pour ce qui est des insuffisances de ce sit-in, la coordination régionale du Centre-Sud qui fut la première force du SYNAPEC a connu des situations qui ont milité en défaveur du mot d'ordre a décrié le sieur Dabilgou. Cela a impacté sur la mobilisation et l'on enregistre un taux de moins de 50% dans cette région. A ce sujet, le secrétaire général n’a pas voulu donner de détails.

Par ailleurs, la région du Centre, qui devait regorger de plus de lutteurs au regard de la discrimination qu'ils subissent à cause de leur âge, n'a pas pu enregistrer un taux de 10% à l'exception de Ouaga 1 et 3, a-t-il déploré. Toujours dans le Centre, au cours de ce sit-in, aucune sous-section du syndicat n'a été installée. A ce niveau non plus, Adama Dabilgou n’a pas voulu donner les raisons de la faible mobilisation des membres du Centre. Mais des actions seront programmées en vue de travailler davantage à bénéficier de la confiance des doyens afin de fortifier le SYNAPEC dans la région du Centre, a-t-il souligné.

Visiblement, au regard de ce qui précède, l’on est tenté de dire que l’objectif du sit-in, qui était celui de réclamer auprès des gouvernants un reclassement automatique et sans condition de tous les IAC et IC du Burkina Faso, n’a pas été atteint.

Cependant, l’espoir de la victoire est au rendez-vous car, selon Adama Dabilgou, le ministre de l’Education, Joseph André Ouédraogo, a une disposition favorable envers le SYNAPEC. Ainsi, les actions vont demeurer clémentes en attendant qu'il leur accorde une audience. 

Flora Sanou

bssolmabazieLe 15 novembre 2022 à Ouagadougou, le ministre d’Etat, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Bassolma Bazié, était face à la presse. Objectif : faire le point d’étape sur l’organisation des concours et examens, session 2022, et dévoiler les décisions qui ont été prises suite au retard dans la proclamation des résultats.

De manière spécifique, il s’est agi d’évoquer les différentes difficultés rencontrées, mais aussi d’indiquer des mesures envisagées pour une meilleure organisation des examens et concours lors des sessions à venir.

Selon le ministre Bassolma Bazié,  les difficultés majeures qui ont occasionné le retard dans la publication des résultats sont l’insuffisance des ressources financières, les difficultés de scannage de certaines copies et des difficultés opérationnelles de la plateforme « e-concours ».

En effet, d’après lui, le ministère a été confronté à une augmentation extrême des prix proposés par le prestataire. « Le montant initial proposé était de 1 500 000 000 de F, hors taxes, alors qu’en 2019 il était de 595 000 000 de FCFA et de 377 000 000 de FCFA en 2021. Il a fallu des négociations âpres pour arrêter le montant à 390 000 000 de FCFA, hors taxes. Cette négociation et la conclusion nous ont aussi pris au moins deux mois », a-t-il expliqué.

absawPour ce qui est des  difficultés de scannage de certaines copies, le secrétaire technique du Guichet virtuel unique de l’administration publique, Abou Bakary Sawadogo, a souligné que certaines copies ont été mal scannées et qu’il a donc fallu reprendre l’opération.

Quant aux difficultés opérationnelles de la plateforme, cela relève du prestataire Moïse Wenkouni Konvolbo, qui est au Japon et assure la gestion de la plateforme.

Le ministre a aussi fait cas de la disparition de 11 ordinateurs de scannage des copies de la salle de traitement des résultats à l’ENAM.

À ce sujet, le directeur général de l’Agence générale de recrutement de l’État (AGRE), Oumarou Toé, a signifié que la disparition de ces ordinateurs ne va pas impacter les concours de 2022 parce qu’ils contenaient des données des concours 2020 et 2021.

oumtoeToutefois, le ministre a assuré que les responsabilités seraient situées dans cette affaire.  Pour ce faire, plusieurs actions sont en vue pour rassurer l’opinion nationale et préserver les droits des candidats. Dans cette logique, une plainte a déjà été déposée le 11 novembre 2022 auprès du procureur.

De plus, un bilan sans complaisance des moyens matériels, financiers et organisationnels de tous les concours ainsi que des ressources humaines sera fait au cours du mois de novembre. A cela s’ajoute un audit complet de la plateforme e-concours.

Par ailleurs, dans le but d’une amélioration de l’organisation des sessions prochaines, une réflexion urgente est en cours sur la réappropriation de la plateforme et sa gestion par des techniciens nationaux, l’accroissement du parc informatique et la valorisation de l’expertise publique nationale pour gérer les ressources informatiques internes.

Pour terminer, le ministre a affirmé que toutes les dispositions étaient prises pour parer à toute éventualité et faire prévaloir la justice et la crédibilité dans les résultats des examens et concours.

Tous les résultats des concours seront finalisés d’ici la fin du mois de novembre, a assuré le Secrétaire technique du ministère, Abou Bakary Sawadogo.

Flora Sanou

accidentogèneLorsque vous êtes sur la RN4, sur le tronçon qui mène de l'ancien péage à Nioko 1 jusqu'à Bargo, vous retenez votre souffle, vous redoublez de prière et de vigilance ; un accident qui vous conduira sous terre à jamais est vite arrivé. “C'est une route de la mort”, se plaignent certains riverains, qui confient qu'il ne se passe pas un jour sans qu'un accident se produise sur ladite voie avec un grand nombre de cas graves, voire mortels.

Le lundi 14 novembre 2022 vers 21h30 à Ouagadougou, les corps sans vie de deux jeunes filles gisent sur la RN4 au quartier Sig-noghin, à hauteur de l'alimentation. Les deux malheureuses sont mortes, violemment percutées par un camion ben vers 19h. Pendant qu’elles tentaient de doubler le camion, leur moto (de type scooter) a glissé et elles sont tombées sous le camion qui les a écrasées. C’était des filles d'une même famille. "On a dit que c'était des jumelles", confie Salam, dit Salam Nonbédo, un mécanicien riverain. C'est donc une famillle qui sera inconsolable pendant plusieurs jours, marquée à jamais par cette mort brutale.

Souleymane Arnold, propriétaire d'un kiosque aux abords de la RN4, confie que les accidents sur cette voie sont récurrents. "Chaque jour que Dieu fait, il se produit un accident au moins sur cette voie", clame-t-il. Salam abonde dans le même sens en précisant qu'un autre accident s’est produit la veille de l'accident qui a coûté la vie aux jumelles. C'etait un monsieur qui a ete percuté par une voiture. "Ce dernier, fort heureusement, a été vite conduit à l'hôpital par une ambulance et a ainsi eu la vie sauve", ajoute Salam Nonbédo.

Les accidents, il n'en manque pas sur cette voie, comme l'ont relevé les riverains, qui sont chaque jour temoins de scènes violentes sur cette voie, certaines horribles ; d'autres dramatiques. En effet, Salam se souvient d'une deuxième scène aussi dramatique que le cas des soeurs jumelles. Il s'agit du cas d'un monsieur, de sa femme et de leur enfant, tous morts des suites d’un accident sur la même voie, cette fois-ci non loin de la station total de Nioko 1. "Le monsieur et sa femme ont été victimes de l'accident devant nous", raconte Salam. "Nous étions au kiosque non loin du feu de la station Total quand l'accident s’est produit. Nous n'avons pas su ce qui s'est passé ; on a juste entendu un grand bruit. Quand nous nous sommes approchés, nous avons vu que c'était trois personnes qu'un camion citerne avait écrasées. C'était les membres d'une même famille : un homme, sa femme et leur enfant. C'était horrible", a raconté Salam, qui ajoute que les accidentés étaient à moto.

Il faut une voie à double sens ici

Cette partie de la RN4 (après l'echangeur de l'Est en passant par l'ancien péage à Nioko 1 jusqu'à Gampéla) est un vrai cauchemar pour ceux qui l'empruntent et pour les riverains. Valentin Soré, un usager de la voie, trouve qu'il n'y a pas d'autres moyens pour contourner cette voie, sinon il n'allait plus l'emprunter. "Nous sommes habitués aux accidents de circulation sur cette voie. Parfois, c'est traumatisant pour nous qui sommes sur la voie", se plaint Kader, qui a sa boutique de vente de chaussures juste au bord de la chaussée. Interrogés sur les raisons des accidents à répétition, nos interlocuteurs étaient unanimes : c'est la proportion et l'architecture de la voie qui en sont la cause.

"La voie est étroite. Lorsque deux grosses vehicules se croisent, il n'y a plus le moindre passage, même pas pour un piéton, a fortiori un engin à deux roues. Ce qui fait que les personnes qui sont sur les engins à deux roues sont en danger quand ils sont sur cette voie", explique Souleymane.

Salam Nonbédo reconnaît qu'à Ouagadougou les usagers de la route circulent très mal. Cependant, il refute que ce soit la première et la seule raison des accidents sur ce tronçon. "La voie a été mal construite. Par endroits le goudron a été tellement fin que la construction a laissé des nids-de-poule. Les marges aux abords du goudron qui ont été faites pour les engins à deux roues sont tellement petites et mal faites que les personnes qui l'empruntent peuvent glisser et tomber facilement", regrette Salam. Nos interlocuteurs plaident pour une voie à double sens.

Etienne Lankoandé

procescnssLe dossier du recrutement dit frauduleux de 85 agents à la Caisse nationale de sécurité sociale(CNSS) en appel, dont le jugement était attendu ce vendredi 11 novembre 2022, a été finalement renvoyé au 13 janvier 2023.

Comme nous l’a expliqué l’un des avocats qui suit le dossier, l'affaire a été reprogrammée. En effet, nous a-t-il détaillé, « certaines convocations ont été envoyées au parquet, sur lesquelles il était noté la date du 19 novembre 2022. On s’est aperçu par la suite, au niveau de la Cour d’appel, que cette date du 19 novembre n’est pas une date utile. Ils ont essayé de rattraper en donnant la date d’aujourd’hui. Mais il se trouve que tout le monde n’a pas pu avoir l’information que l'audience c'était pour aujourd’hui. Conséquence : il y avait deux appelants qui étaient absents ; beaucoup de témoins ne sont pas venus. En plus de cela, au regard du volume du dossier, on ne peut pas le retenir à une audience où il y a beaucoup de prévenus qui doivent être jugés. Au regard de tout cela, le dossier de cette affaire a donc été renvoyé au 13 janvier 2023. On espère qu'à cette date il y aura moins de dossiers et que le parquet va faire diligence pour convoquer les autres prévenus qui n’ont pas pu comparaître aujourd’hui et avertir les témoins qui doivent venir faire leur témoignage ».

On se souvient que le 16 novembre 2020,   ce dossier dit de recrutement frauduleux a fait l'objet d’une décision du Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Ainsi, quatre des sept prévenus dans l’affaire ont été relaxés pour infraction non constituée. Trois par contre ont été condamnés, à savoir  l’ex-directeur des Ressources humaines de la CNSS Norbert Zéda, qui a écopé de 30 mois ferme et 5 ans d'interdiction d’exercer dans la fonction publique, le chef de service de la CNSS, Daniel Sawadogo, qui a écopé de 20 mois ferme et de 5 ans d’interdiction d’exercer dans la fonction publique, ainsi que l’épouse du désormais ex-DRH, Natacha Ouédraogo, condamnée à 12 mois ferme et à une amende de 500 000 F CFA assortie de sursis.

Le dossier a été porté à la Cour d’appel,  suite à une requête des condamnés et du REN-LAC qui, non satisfaits du verdict, ont interjeté appel.

En rappel, en 2018 la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B), section CNSS, avait révélé des cas de fraude dans le recrutement de 84 agents au sein de l'institution pour le compte de la session de 2017. Depuis, des actions judiciaires ont été menées pour situer les responsabilités. Suite aux décisions rendues, les travailleurs mis en cause ont attaqué ces décisions.

Le 20 août 2022, Natacha Carelle Ouédraogo, épouse du DRH, a bénéficié  d’une liberté pour des raisons de santé.

 Le 29 octobre 2021, la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Ouagadougou a accordé également une liberté provisoire à Norbert Zéda et à Daniel Sawadogo.

Le jeudi 4 août 2022, le ministre de la Fonction publique Bassolma Bazié, a rencontré à son cabinet,  les acteurs judiciaires impliqués dans le dossier,  notamment des représentants de l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE), du Réseau national de lutte anti-corruption (RENLAC) et de l’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE/LC).

A cette occasion, le ministre Bazié avait relevé que « le dossier a assez duré. Il faut qu’on parvienne à situer les responsabilités ».

L’affaire est en attente de jugement devant la Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Ouagadougou pour le 13 janvier 2023.

Flora Sanou

fmp uneLa Fédération des mouvements panafricains du Burkina Faso  (FMP/BF) a tenu une conférence de presse ce jeudi 10 octobre sur la situation nationale et la refondation géostratégique et géopolitique. Pour Nestor Poodasse et ses camarades, les personnes qui n'ont pas d'empêchement ne doivent pas rester en marge du recrutement des 50 000 VDP et tant qu'il y aura des bases militaires françaises au Sahel, ils vont continuer à lutter.

Pour la FMP/BF, le contexte sociopolitique et sécuritaire précaire amène certains déplacés internes, à leur corps défendant, à s’adonner soit à la mendicité, soit à des travaux dévalorisants ou à des pratiques indignes comme la prostitution pour pouvoir obtenir de quoi se mettre sous la dent. Et d’ajouter que sur le plan économique, il y a une réduction de l'afflux des capitaux étrangers, le départ de plusieurs partenaires techniques et financiers et la modification des habitudes de consommation, d'économie et d'investissement. Pour les conférenciers, l’économie burkinabè se meurt.

fmp 2Malgré ce sombre tableau, pour la FMP/BF l'espoir est permis avec l'avènement du MPSR II, qui s'active à relancer l'économie nationale à travers de grandes décisions mais aussi sur le plan de l'organisation de la défense nationale. C'est pourquoi ces membres exhortent l'ensemble des Burkinabè à un sursaut patriotique dans le recrutement des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Pour sa part, la FMP/BF, qui compte en son sein plusieurs enrôlés, se dit prête à défendre la patrie à n'importe quel prix. Selon elle, c'est enfin l'occasion de montrer son patriotisme car, affirme-t-elle, toute personne qui jouit de ses facultés physiques et intellectuelles et qui n'a pas d'empêchement professionnel ne devrait pas rester en marge de ce recrutement.

Concernant la situation géopolitique et géostratégique, la FMP/BF souligne que l'offre des partenaires historiques du Sahel étant devenue obsolète face à la crise qui le secoue, il y a une sorte de réorganisation politique, ce qui modifie l'échiquier politique sous-régional et celui international. Sur ce point, Asséta Salogo, dit Maman panafricaine, et ses camarades restent focus sur leur combat. “Emmanuel Macron a annoncé la fin de Barkhane au Sahel mais pas le départ des bases militaires françaises. Tant qu'il y aura une base militaire de la France à Kamboinsin, au Niger, au Tchad, etc., nous n'allons pas nous arrêter”, a renchéri le président Nestor Poodasse. Ils ont aussi, une fois de plus, souhaité une mutualisation des forces en matière de politique sécuritaire avec les pays voisins et une révision suivie d’une diversification des partenariats. Pour finir, ils ont dénoncé une campagne médiatique de désinformation et d'intoxication de la part des médias Jeune Afrique et Radio France internationale -RFI- (considérés comme étant au service de la France, ndlr), dont l’objectif serait d’exacerber la crise sociopolitique au Burkina Faso et dans le reste de la sous-région.

Etienne Lankoandé

aamriamEn marge de la célébration de la Journée nationale de la liberté de la presse, le comité de pilotage du Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ) a décerné, le 21 octobre 2022, le prix Marie Soleil Frère à la journaliste Mariam Ouédraogo des éditions Sidwaya pour son article intitulé « Victimes de viols de terroristes, des grossesses et des bébés lourds à porter ». Une équipe de Radars Info Burkina est allée à la rencontre de la lauréate pour vous la faire découvrir.

Née le 14 février 1981 en Côte d’Ivoire, Mariam Ouédraogo est aujourd’hui journaliste reporter au quotidien d’Etat burkinabè Sidwaya. Fascinée par le journalisme, elle n’a pas fait de grandes études pour parvenir à son rêve de journaliste reporter.

« Je n’ai pas fait de grandes études. Je n’ai pas de gros diplômes ; je n’ai pas de licence, ni de maîtrise encore moins un master ou un doctorat. Je n’ai que le baccalauréat et mon diplôme d’assistante en sciences et techniques de l’information. A l’université, je me suis arrêtée en 2e année de droit », nous a-t-elle confié sans complexe.

Mais il a fallu plusieurs tentatives et de la détermination à la lauréate pour embrasser la profession de journaliste et même s’inviter dans l’investigation sur des sujets sensibles.

 « En 2008, j’étais admissible au concours de l’ISTIC. J’étais 5e sur la liste d’attente, j’étais aussi admissible au concours de l’ENEP, mais en toute franchise je n’étais pas particulièrement tentée par l’enseignement. D’ailleurs, j’ai été éliminée à la phase des épreuves sportives car j’étais dispensée. J’ai repassé le concours de l’ISTIC successivement en 2009 et 2010 mais ça n'a pas marché. C’est finalement en 2011 que j’y ai été admise », nous a-t-elle raconté.

C’est ainsi qu’elle fera 2 ans de formation (de 2011 à 2013) dans ledit institut comme assistante en sciences et techniques de l’information et de la communication. A sa sortie de l’école, elle sera affectée au quotidien Sidwaya. Mais avant son admission à l’ISTIC, Mariam Ouédraogo nous confie qu’elle savait déjà rédiger un article de presse, car elle avait effectué un stage de trois ans, précisément de 2008 à 2011, à l’Agence d’information du Burkina (AIB) et à Sidwaya.

« J’ai entamé ma carrière en décembre 2013 comme journaliste reporter. De 2008 à 2011, j’ai fait un stage à l’Agence d’information du Burkina (AIB) et à Sidwaya. Donc, avant l’Institut des sciences techniques de l’information et de la communication (ISTIC), c’est l’AIB qui a été ma toute première école de formation. Quand j’ai déposé ma demande de stage après mon échec en 2008, avant qu’elle ne soit agréée, Moustapha Sylla, qui était à l’époque webmaster et est actuellement au Premier ministère dans l’équipe de communication, ainsi qu’Aimé Kambiré m’apprenaient déjà comment rédiger un article de presse. Je n’avais aucune notion en journalisme. On me donnait un article de journal déjà écrit ou un ancien discours pour que je le réécrive. Donc avant d’être admise à l’ISTIC, je savais déjà écrire », a-t-elle soutenu.

Mariam Ouédraogo s’est intéressée à l’investigation, surtout au journalisme sensible, et elle raconte comment elle en est arrivée là.

 « C’est juste un constat. Quand on part couvrir les activités, il y a beaucoup de choses dites qui ne sont pas vraies et qui méritent qu’on fouille davantage. On ne nous dit pas toujours la vérité sur les faits. C’est comme si on faisait de la communication pour les gens alors que je ne venais pas dans le journalisme pour écrire sur les gens, écrire sur des choses fausses. C’est ainsi qu’en 2014, j’étais aller participer à une activité sur la prise en compte du handicap dans les plans de développement communaux et régionaux. Et c’est la première fois que j’entendais parler de carte d’invalidité pour personnes handicapées, délivrée par le ministère de l’Action sociale qui accorde des avantages aux personnes vivant avec un handicap en fonction du type et du degré de handicap. Je me suis dit si cela était vrai, on n’allait pas voir nos personnes handicapées dans la rue qui mendient. Donc, j’ai décidé de fouiller pour voir et sur le terrain je me suis rendu compte que beaucoup de personnes handicapées n’étaient pas au courant de ça », a-t-elle expliqué.

C’est à partir de cet instant que la journaliste va s’investir davantage dans le journalisme sensible et obtiendra une quinzaine de prix avec ses écrits.

Par ailleurs, nous avons approché Abdoulaye Diallo, coordonnateur du Centre national de presse Norbert Zongo (CNP-NZ), pour qu’il nous parle de Mariam Ouédraogo. Selon lui, elle est la preuve de l’engagement, de l’implication.

« Elle est aussi un peu le fruit des formations du CNP-NZ. Elle a pris son travail au sérieux, quand elle participe aux formations, j’ai toujours remarqué, elle s’implique beaucoup, elle titille les formateurs même après les formations. C’est une qui envoie ses écrits après chaque formation à un formateur pour demander son avis ou des sujets pour demander comment elle peut traiter le sujet et vers quelle personne-ressource, elle peut se diriger. Mariam, c’est la preuve que le travail paye, je suis fier d’elle pour tous les prix qu’elle a reçus. Quand on aime le journalisme et qu’on est prêt à tous les sacrifices, on réussit », a-t-il conclu.

Flora Sanou

aabtrvnlCe 8 novembre 2022, K.A., déclarant en douane depuis 2016, a comparu devant le tribunal. Il est accusé de « faits de faux en écriture publique, contrefaçon de sceau de l’État ».

Courant juin 2022,  K.A. a reçu 375 000 FCFA d’un particulier qui souhaitait avoir une autorisation spéciale d’importation, sa fonction de déclarant de douane lui permettant d’apporter les dossiers des particuliers au Guichet unique du commerce et de l’investissement (GUCI). Mais au lieu d’aller vers les services compétents pour se faire établir cet acte public, K.A. a préféré empocher l’argent et s’est lui-même mis à la tâche en délivrant un faux document.

D’après les détails donnés par le parquet, il s’est d’abord fait confectionner un cachet à 10 000 FCFA. Ensuite, il a procédé à la saisie du document en utilisant un faux numéro qui ne correspond pas au numéro d’ordre du guichet unique. Enfin, il a imité la signature du directeur général du guichet unique du commerce et de l’investissement pour délivrer l’autorisation spéciale.

Le DG lui-même, présent à l’audience, a expliqué que c’est grâce aux services techniques de Bobo qu’il a découvert le forfait de K.A. De ses explications il ressort que le particulier s’est rendu à Bobo-Dioulasso avec l’autorisation spéciale d’importation et c’est lors du contrôle que les services techniques de Bobo se sont rendu compte que la signature n’était pas de lui. C’est ainsi qu’ils lui ont envoyé par WhatsApp la photo du document. En vérifiant, le DG GUCI s’est rendu compte qu’outre l’imitation de sa signature, le numéro du dossier était également faux. C’est ainsi que des investigations ont été menées, lesquelles ont permis de mettre la main sur le sieur K.A.

À la barre, ce dernier a reconnu tous les faits reprochés et demandé pardon au tribunal en promettant qu’il ne recommencerait plus jamais.

Selon le procureur, les faits sont constitués et  punis par la loi, conformément à l’article 372 de la Constitution. De ce fait, il a requis contre l’accusé une peine d’emprisonnement de 36 mois, dont 24 ferme, une amende d’un million de francs ferme et une peine complémentaire d’interdiction d’exercer sa fonction de déclarant en douane pendant deux ans.

Le conseil de l’accusé a plaidé l’indulgence du tribunal, mettant en avant le fait que  son client a reconnu tous les faits et qu’il regrette son acte. Et de poursuivre : « C’est un repenti, donc il serait bien que le tribunal soit indulgent envers lui. »

Le tribunal, estimant les faits constitués, a condamné K.A. à 36 mois de prison, dont 6 ferme, et à une amende d’un million assortie de sursis. L’accusé a 15 jours pour interjeter appel de ce verdict s’il n’est pas satisfait.

Flora Sanou

bbgregAprès l’artiste musicien Smarty et l’artiste humoriste Moussa petit sergent, le Burkina Faso est en passe d’être honoré pour une 3e fois au Prix découverte RFI avec la nomination de l’artiste musicien Greg le Burkimbila à l’édition 2022. Tout ce qu’attend l’artiste de ses compatriotes, c’est qu’ils votent massivement pour lui en allant sur sa page officielle Facebook. Comment l’artiste est-il arrivé là ? Quels sont ses projets et la procédure de vote ? Voilà autant de points abordés dans cette interview que le nominé a bien voulu accorder à Radars Info Burkina. Lisez.

Radars Info Burkina : Combien d’albums et de prix Greg Burkimbila a-t-il aujourd’hui à son actif ?

Greg le Burkimbila : Greg a quatre albums à son actif : Laafi la Boum faan, Ya paalé, Bayiri et dernièrement Halaalé, sorti en 2021. Comme prix, Greg a reçu le prix du Kundé de l’espoir et de la révélation en 2013 ; le PORO Awards du meilleur espoir masculin Afrique en Côte d’Ivoire. Greg a aussi une décoration à son actif : il est chevalier de l’ordre du mérite avec agrafe culture. Ce sont les prix majeurs que je vous ai cités, sinon il y en a d’autres.

Radars Info Burkina : Aujourd’hui nominé au prix découverte RFI avec Halaalé, quels sont vos sentiments ?

Greg le Burkimbila : Je suis finaliste pour le moment, il faut le préciser. Nous sommes dix en compétition pour la première place et je suis très content. Que sur 2100 candidats je me retrouve finaliste, c’est déjà une victoire et la victoire sera encore plus grande si je décroche la première place. Pour cela, je compte sur la bénédiction des parents et le soutien de toute la population burkinabè.

Radars Info Burkina : Comment les choses se sont-elles passées depuis les inscriptions jusqu’à cette étape ?

Greg le Burkimbila : Mon manager m’a appelé et m’a dit : « Greg tu sais, il y a le Prix découverte RFI qui vient de m’envoyer un e-mail pour dire que tu es retenu pour la finale de la compétition ». Je ne m’y attendais pas parce qu’il ne m’a pas prévenu avant de postuler, mais il savait que j’allais être content d’une telle nouvelle. J’espère que tout se passera bien.

Radars Info Burkina : Est-ce que vous pouvez nous parler un peu du soutien dont vous bénéficiez de vos collègues artistes, du ministère de la Culture et des Burkinabè en général ?

Greg le Burkimbila : Concernant ce prix, il faut dire que pour décrocher la première place il y a un critère de vote et peut-être aussi d’autres critères. Mais le comité d’organisation nous a dit de mobiliser les gens pour qu’ils votent. Alors je ne pense pas qu’on puisse faire grand-chose à notre niveau si ce n’est mobiliser les gens à voter. Et honnêtement les votes se font, et quand je prends mon téléphone je rentre sur ma page Facebook, c’est « votez Greg ; j’ai fait ma part à vous aussi de faire le vôtre, etc. » Je pense que les votes se font, il y a vraiment du soutien qui vient de toutes parts et je suis content de savoir que je ne suis pas seul, que le Burkimbila est soutenu. J’espère que tous ensemble, on va obtenir la victoire et la célébrer.

Radars Info Burkina : De façon spécifique, qu’est-ce que vous attendez des Burkinabè ?

Greg le Burkimbila : Beaucoup de votes. Ceux qui ne l’ont pas encore fait peuvent encore le faire. Donc si tu ne l’as pas encore fait, je t’exhorte à le faire pour que je puisse revenir ici avec la première place. Pour le faire, ce n’est pas compliqué : il faut tout simplement aller sur ma page, cliquer sur l’un de mes derniers postes, il y aura un lien en bleu ; cliquez sur le lien qui va vous rediriger vers une page où il y a les candidats qui sont alignés. Je suis le 3e candidat du haut vers le bas. Cliquez sur « choisir » et ça vous fait passer sur une autre page où vous devez introduire vos nom, prénom et votre mail. Il y a ensuite une 3e case sur laquelle il est écrit « cochez les CGQ ». Une fois que vous cochez sur la case, il y a un test robot. Pour ce test robot, il y aura une image à sélectionner dans de petites cases pour valider le test. Après ce test, vous votez et un petit message vient vous confirmer que le vote a été fait.

Radars Info Burkina : Quel est le délai pour voter et combien de fois une même personne peut voter ?

Greg le Burkimbila : Les Burkinabè ont jusqu’au 16 novembre à minuit pour les votes, et toute personne ne peut voter qu’une fois. Donc vous votez une seule fois et vous croisez les doigts pour que votre Burkimbila remporte le prix. Mais vous pouvez aussi inviter d’autres personnes à voter.

Radars Info Burkina : Quels sont les projets futurs de Greg le Burkimbila ?

Greg le Burkimbila : C’est vrai qu’il y a le Prix découverte RFI qui est là, mais on n’oublie pas que l’album aussi est là et comporte 18 titres, donc la promo continue et bientôt vous allez avoir un beau clip de bonne facture. Nous avons annoncé aussi sur les réseaux sociaux qu’en 2023 nous ferions un concert géant pour tous nos fans qui ont toujours été là pour le Burkimbila.

Etienne Lankoandé et Nafisiatou Vébama

recrutvdpLe recrutement des 50 000 Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) lancé dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Burkina se poursuit.  Le 4 novembre 2022, une équipe de Radars Info Burkina s’est rendue au gouvernorat de la région du Centre, lieu de réception des dossiers de candidature dans cette subdivision administrative, pour s’enquérir du déroulement de l'opération.

Dans la région du Centre, ils sont environ 1 000 Burkinabè à s’être déjà engagés volontairement pour défendre la mère patrie. Il est 15h30 le 4 novembre lorsque  nous arrivons dans les locaux du haut-commissariat de la province du Kadiogo, région du Centre. Nous nous dirigeons vers le secrétaire général pour avoir quelques informations sur le déroulement du recrutement.

Visiblement prêt à échanger avec nous, le SG nous confie : « Il y a un grand engouement, contrairement au début de l’enrôlement». Et de poursuivre : « Aujourd'hui par exemple, nous avons été beaucoup bousculés ». Il faut noter qu’initialement, le recrutement devait prendre fin le 4 novembre, mais il a été prorogé jusqu'au 18 novembre prochain.

Nous prenons congé du SG, direction le gouvernorat de la région du Centre. Sur les lieux, les dossiers étaient toujours reçus. A 16h20, le chef de service des Ressources humaines (GRH) du gouvernorat décide d’arrêter les réceptions du jour en raison de la prorogation du délai de recrutement. Malgré cela, des volontaires continuaient à se présenter avec leurs dossiers, suppliant qu’on les enregistre. Tous les volontaires que nous avons approchés sur place n’ont qu’un objectif : défendre la mère patrie.

Une femme, une trentenaire affichant un grand sourire, arrive et déclare : « S’il vous plaît, je viens pour déposer mes dossiers pour le compte des VDP. » A notre question de savoir ce qui l'a motivée à venir s'enrôler, elle répond : « D'abord, c’est de ma patrie qu’il s’agit. Ensuite, c’est volontaire.»

Pour nous amener à bien cerner ses raisons, elle s’adresse à nous en langue nationale mooré en ces termes : « Ka tuùm lam n’datiye. Ka ligd lam n’datiye !» Traduction littérale : « Ce n’est pas du travail que je veux. Ce n’est pas non plus de l’argent ».

« Je suis consultante de profession. On n’a nulle part où aller en dehors de notre pays ! Donc on va défendre notre patrie », fait-elle comprendre.

Il en est de même pour cet homme, un quinquagénaire exerçant dans la fonction publique. « Si nous nous amusons, nous n’allons plus exister, n’en parlons pas de nos enfants. Donc s’il faut que je meures au combat pour que mes enfants puissent vivre, je suis prêt à le faire », a-t-il martelé.

Un autre volontaire, un étudiant d'une vingtaine d'années, nous lance avec une certaine rage : « Je veux défendre ma patrie parce que ce n’est pas quelqu’un d’autre qui viendra le faire à ma place ».

Cependant, dans nos échanges,  certains volontaires ont déploré le fait qu’on exige dans le dossier à déposer la copie légalisée de certains documents comme la Carte nationale d'identité burkinabè (CNIB). Cela, selon eux, constitue une barrière pour certaines personnes qui auraient pourtant bien voulu se faire enrôler.

« C’était mieux que les responsables simplifient les choses. Sinon cela peut être une raison pour certains de se désister parce que les légalisations impliquent des courses par-ci par-là ainsi qu’un coût », indique un volontaire.

Quand nous quittions les lieux, il était exactement 16h40 et selon le chef du service GRH du gouvernorat, au soir du 4 novembre, la compilation des dossiers réceptionnés au gouvernorat et au haut-commissariat donne un total d’environ 1 000 volontaires inscrits. L'Etat a besoin de 15 000 volontaires au niveau national et de 35 000 au niveau communal, soit 100 volontaires par commune.

Leur mission consistera, selon la Brigade de veille et de défense patriotique (BVDP), de protéger les populations et les biens de leurs communes d’origine aux côtés des Forces de défense et de sécurité (FDS).

Flora Sanou

confer uneLe 3 novembre 2022 à Ouagadougou, le Comité international mémorial Thomas-Sankara a tenu un panel dénommé « A la découverte de la Révolution démocratique et populaire (RDP). Objectif : faire une revue des programmes de développement mis en place par le président Thomas Sankara sous la révolution en vue d’inciter la jeunesse burkinabè à s’en servir pour participer au développement endogène du pays. C’était sous le thème  « Le discours d’orientation politique du CNR et les fondements d’un développement endogène : économie, paysannerie, administration et organisation du territoire ». Deux panélistes ont exposé sur ce thème principal avec des sous-thèmes.

Kalifara Séré, consultant, expert en stratégie de territoire et développement, administrateur civil à la retraite, a communiqué sur « L’administration et organisation du territoire ». Selon lui, les éléments de valeurs cultivés par l’administration sous la révolution sont un facteur clé pour un développement endogène qui pourrait être utile aujourd’hui. « Même sans la révolution, les éléments de principes, c’est-à-dire les principes directeurs, les éléments de valeurs cultivés par l’administration sous la révolution auraient pu servir jusqu’à nos jours », a-t-il déclaré.

Citant l’exemple de l’austérité budgétaire, il a fait remarquer que ce fut un élément clé du fonctionnement de l’administration et de l’organisation de l’ensemble des institutions territoriales. Ainsi, il est revenu sur le processus d’atteinte des performances budgétaires sous le Conseil national de la révolution (CNR).

« Les entités des circonscriptions administratives ont été invitées à une rigueur très dirigiste parce que les éléments de rigueur étaient de temps en temps dictés à travers des lettres circulaires, des lettres d’instructions. La prescription était faite par le président du Conseil national de la révolution lui-même, Thomas Sankara. Celui-ci, au cours de ses tournées dans les circonscriptions, donnait clairement des leçons de valeurs si  bien qu’après son départ d’une zone, tout changeait en termes d’organisation, de gestion de l’administration et de résultats. C’est ainsi que globalement, les circonscriptions administratives ont dégagé des excédents budgétaires », a-t-il expliqué.

confer 2L’administrateur civil a en outre rappelé certains acquis de l’administration sous la révolution. « L’administration a servi à bâtir le socle d’un Etat nouveau dans lequel l’administration ne met pas l’administré à son service mais se met résolument au service de ce dernier, c’est-à-dire de chaque communauté et de l’ensemble des communautés », a-t-il fait savoir. Ainsi, cette « démarche à la fois philosophique, conceptuelle et technico-administrative très particulière aurait dû continuer » pour un bon fonctionnement de l’administration, a-t-il affirmé.

Le journaliste à la retraite et écrivain Sita Tarbagdo, lui, a abordé   le sous-thème « La paysannerie à l’ère de la Révolution démocratique et populaire ».

confer 3Dans son exposé, il a présenté l’état de la paysannerie au Burkina Faso avant la révolution. En effet, selon l’écrivain, la paysannerie était confrontée à des contraintes économiques, politiques, sociales, climatiques, de domination et de soumission ainsi que de spoliation par des forces sociales exploiteuses aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur.

Cependant, avec l’arrivée des révolutionnaires sous la direction du capitaine Thomas Sankara, plusieurs mesures ont été adoptées en vue de changer la donne.

« Le CNR voulait une transformation radicale des mentalités des paysans pour leur faire accepter qu’ils étaient les seuls acteurs de leur propre développement. Il y a eu un certain nombre de mesures qui ont été prises pour leur redonner confiance », souligne Sita Tarbagdo.

 De ces mesures, l’on retient la création d’un ministère de la question paysanne, la construction de 2500 petits barrages, la suppression de l’impôt de capitation et de l’impôt sur le capital élevage. A cela s’ajoutent l’élaboration de plans de développement rural pour organiser les paysans, l'intensification des programmes de formation technique, la production d’engrais organique. Il y a également la fabrication de charrues à partir de carcasses de vieilles voitures, la valorisation de surfaces cultivables autour de grandes retenues d’eau comme le Sourou et la Kompienga. « Malheureusement, ces décisions n’ont pas toujours été exécutées selon les attentes du CNR », s’est-il désolé.

Par ailleurs, a-t-il suggéré, « le monde paysan étant toujours là, en se référant à ce que le CNR avait comme ambition pour cette paysannerie, on pourra enfin mettre cela en œuvre » car pour lui, la vie est une continuité.

En rappel, « A la découverte de la RDP » est une initiative qui consiste à revisiter le programme du président Thomas Sankara en interrogeant directement les acteurs clés qui avaient contribué à sa mise en œuvre afin que la jeune génération puisse s’inspirer des initiatives prises sous la révolution et de voir dans quelle mesure elle pourrait prendre cela en compte dans la construction des politiques publiques actuelles pour permettre au Burkina Faso d’amorcer un réel développement économique, culturel et politique, selon le coordonnateur de ladite activité, Sanpawendé Ouédraogo.

Elle se tient chaque premier jeudi du mois au mémorial Thomas-Sankara et vise à revisiter un aspect de la révolution parmi tant d’autres.

Flora Sanou

  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes