La commune de Kantchari, dans la Tapoa, ploie comme beaucoup d’autres localités de la région de l’Est sous le poids de l’insécurité. L’une des conséquences immédiates et les plus redoutables des attaques terroristes a été la déscolarisation de plusieurs milliers d’enfants. Radars Info Burkina a obtenu quelques informations sur la situation de l’éducation à Kantchari auprès de l’association « les amis de Kantchari ». Seule la ville de Kantchari abrite quelques classes, mais uniquement du primaire.
L’insécurité dans la commune de Kantchari a entraîné la fermeture des écoles, des collèges et des 2 lycées de la ville. Les enseignants sont pour la plupart repartis chez eux en attendant que la situation connaisse une amélioration. « Dans la commune de Kantchari, lycées et collèges publics sont toujours fermés et seuls 4 000 élèves du primaire sur 10 000 ont pu être accueillis dans les écoles situées principalement dans le bourg centre », apprend-on de l’association « les amis de Kantchari ».
Selon cette association, les familles qui le peuvent ont inscrit leurs enfants dans des établissements scolaires en zone sécurisée, notamment à Fada N’Gourma. « Pour les autres, c’est la déscolarisation avec tous les risques que cela comporte, notamment pour les filles qui sont alors particulièrement exposées au mariage précoce », a déploré le membre de cette association qui s’est confié à Radars Info Burkina. « A l’heure actuelle, aucune amélioration significative ne permet le retour à la normale et à part quelques écoles primaires dans le bourg même de Kantchari, les écoles restent fermées. Nous sommes tristes et très préoccupés de savoir que les enfants et les jeunes de Kantchari sont ainsi privés d’éducation, alors que chaque enfant y a droit », a-t-il poursuivi.
Il informe que le système éducatif de ladite commune est soutenu par des partenaires extérieurs qui sont également membres fondateurs de l’association « les amis de Kantchari ». Selon lui, l’association s’adapte à la situation et s’efforce de soutenir l’accès à l’éducation pour tous ces enfants et pour tous ces jeunes dont la vie quotidienne est bouleversée par ces évènements.
Au Burkina Faso, on note une insécurité des personnes, l’insécurité alimentaire, des populations déplacées, dont plus de 60% sont des enfants, et des établissements scolaires fermés.
Ce mardi 27 décembre 2022, le groupe EBOMAF (Entreprise Bonkoungou Mahamadou et fils) a procédé à l’inauguration d’un centre commercial futuriste, le dernier-né dudit groupe. Le joyau trône majestueusement au quartier Koulouba, à Ouagadougou. Étaient présents à cette cérémonie des membres du gouvernement dont la ministre des Affaires étrangères, Olivia Rouamba, le ministre de l’Administration et de la Sécurité, Boukaré Zoungrana, et le ministre du Commerce, Serge Poda.
« Liza Mall », c’est un hypermarché comportant un vaste espace commercial logé dans un immeuble de type R+5 pourvu d’un sous-sol. L’édifice, un joyau architectural, se dresse de façon majestueuse au quartier Koulouba, dans la capitale Ouagadougou, à proximité du quartier des affaires qu’est la ZACA (la Zone d’activités commerciales et administratives). Il se distingue par son design, ses commodités, son confort et ses installations.
En effet, cette enseigne commerciale est équipée de 3 ascenseurs, dont 2 offrent une vue panoramique sur les alentours, et d’escaliers roulants, encore appelés escalators, en vue de faciliter le déplacement des clients au sein du bâtiment.
Pour donner plus de choix et de possibilités à sa clientèle, « Liza Mall » offre les services suivants : du rez-de-chaussée (RDC) au premier niveau (R+1), se trouve un supermarché proposant une gamme variée de produits à l’image de Liza Market Patte-d’oie et Kwame-Nkrumah. Le deuxième étage abrite des accessoires « intérieur maison » et des appareils électroménagers et le troisième est réservé au mobilier. Quant au quatrième étage, on y trouve des équipements sportifs, des articles du textile, une parfumerie. Une bijouterie très moderne s’y trouve également. Selon la promotrice de cette grande surface, Alizèta Kambou/Bonkoungou, c’est « la plus grande et la meilleure de l'Afrique de l’Ouest ». Par ailleurs, le R+5 comporte un restaurant (pâtisserie, glacier, fast-food), un salon de coiffure, une salle de massage et une aire de détente pour enfants.
A en croire la promotrice, « cet investissement résulte d'une ambition personnelle de faire en sorte que la capitale burkinabè bénéficie aussi des normes et des standards internationaux en matière d'installations, d'offres et de services commerciaux ». « Vous pouvez désormais tout acheter sur place. Avec l'assurance du choix de la qualité qui a toujours garanti nos produits, il vous appartient maintenant de vous approprier ce centre commercial digne de ce nom qui, j'en suis sûr, va faire la fierté de notre capitale », a conclu la promotrice de « Liza Mall » tout en présentant d’ores et déjà ses vœux les meilleurs pour le nouvel An.
Selon le Président-directeur général (P-DG) du groupe EBOMAF, Mahamadou Bonkoungou, « Liza Mall » est un projet qui a été conçu et exécuté « pour contribuer un tant soit peu à l’amélioration de l’urbanité et de la modernité de la ville de Ouagadougou ». Il dit être un père comblé aujourd’hui par ce que sa fille, Mme Alizèta Kambou, lui donne de voir. Et d’ajouter qu’il est convaincu que « Liza Mall » va écrire une nouvelle page de la grande distribution au Burkina Faso, eu égard à la qualité de ses offres et services et au professionnalisme de ses travailleurs.
Ce centre commercial contribuera à la réduction du chômage, car environ 200 personnes y seront employées pour offrir les services les meilleurs à la clientèle.
Notons que cette cérémonie inaugurale a été ponctuée par des prestations d'artistes comme Ella Nikiéma et Floby du Burkina Faso, Mula de la Côte d’Ivoire et d’humoristes comme Tallco Poullo.
Nombreuses sont ces femmes qui refusent le gain facile et préfèrent se battre jour et nuit pour subvenir aux besoins de leurs familles. C’est le cas de Sabilatou Ibilé, âgée de 27 ans, femme mariée, qui a décidé de s’engager dans l’association Faso One village depuis juillet 2020 pour contribuer à la promotion de la sécurité routière. Malgré sa condition de femme au foyer, elle fait de la sécurité routière son combat de tous les jours pour aider à réduire le nombre d’accidents. Cet engagement lui permet également de gagner son pain quotidien. Nous sommes allés à sa rencontre.
En effet, dame Ibilé, en position debout, a 12h de travail par jour (6h30 – 18h30) et ce, sous le chaud soleil avec des va-et-vient. Pour elle, c’est un plaisir de se sacrifier pour le bonheur des autres tant que l’on en a la possibilité. Mais à côté de ce sacrifice social, ce travail permet de subvenir à ses besoins, même si l’objectif premier n’est pas financier. « Notre récompense par jour est de 1000 F et je précise que le patron n’exige pas de nous une quelconque somme, contrairement à ce que disent certaines personnes. On lui remet ce qu'on a reçu des bonnes volontés au cours de la journée », a-t-elle expliqué.
Les difficultés, il n’en manque pas ; peu importe le métier. A ce propos, dubitative au début, notre interlocutrice a finalement accepté de nous faire la confidence des difficultés qu’elle rencontre, liées à l’exercice de son métier.
En effet, dit-elle, « j’ai parfois des problèmes avec mon mari à cause de mon travail parce qu’il y a des jours où il m’est difficile de faire la cuisine à cause de la fatigue. Je monte à 6h30 et je descends à 18h30, donc je n’arrive pas à faire convenablement mes travaux ménagers. En outre, j’ai une enfant que je laisse chez ma grand-mère avant de monter à 06h30 et je dois trouver un créneau à 10h pour aller l’alimenter pour ensuite venir continuer mon travail, ce qui n’est pas facile avec la distance que je parcours ».
Les difficultés ne s’arrêtent pas là ; la plus « grande», précise-t-elle, c’est « l’attitude des usagers lorsqu’on leur demande une contribution en guise de soutien ».
Selon Sabilatou Ibilé, certains usagers, surtout les femmes, en les voyant au bord de la route, les traitent de mendiants (garibou). « Certaines femmes descendent la vitre de leur voiture pour nous rabrouer. Elles n’ont pas de boulot à nous donner mais nous disent d’aller chercher du travail. D’autres usagers nous disent même que ce n'est pas un métier pour les femmes. Ils nous dénigrent à tel point que de nombreuses femmes se sont découragées et ont arrêté le boulot », a-t-elle déploré.
Malgré les paroles dures et les injures des usagers, notre interlocutrice dit rester déterminée à poursuivre ce travail car pour elle, cela est mieux que de rester à la maison sans rien faire. « T’asseoir et t’attendre à ce qu’on te donne tout, ce n’est pas bon », a-t-elle souligné.
Convaincue que réguler la circulation est un travail noble et digne, Sabilatou Ibilé invite les filles à se départir de la paresse, vu que le métier demande beaucoup d’efforts physiques, et à s’engager dans l’association Faso One village.
La paroisse cathédrale de Ouagadougou a célébré le réveillon de la Nativité de 2022 à travers une célébration eucharistique présidée par le père évêque, le cardinal Philippe Ouédraogo. Les fidèles catholiques ont répondu massivement présents à cette messe au cours de laquelle un message de paix leur a été adressé. D'après le cardinal, Dieu est miséricordieux et n’appartient à aucune religion. « C’est le Dieu de tout le monde. Il faut savoir le prier et s’en remettre à lui, car il exauce toujours », a affirmé Son Eminence Philippe.
Comme il est de coutume, les chrétiens ont célébré, dans la nuit du 24 décembre, le réveillon de la Nativité, c’est-à-dire la naissance de Jésus-Christ. Venus en nombre important à la paroisse cathédrale de Ouagadougou, les chrétiens catholiques ont été invités à prier pour la paix au Burkina Faso. « Notre arme de combat, c’est la prière, l’amour du prochain et le pardon », a souligné le cardinal Philippe avant d’inviter les fidèles à la modération et à penser à ceux qui sont en difficulté et qui ont besoin de soutien.
Revenant sur la fête de Noël, le cardinal a déclaré : « Noël est l’une des plus grandes fêtes de l’année. Le message le plus fort à cette occasion, c’est certainement la paix. Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime. Ce message a été proclamé à la naissance même de Jésus à Bethleem par les anges. L’Eglise ne cesse de le répéter à chaque eucharistie, et c’est le testament de Jésus, laissé aux disciples : je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». L’archevêque a donc prié pour que le Seigneur permette aux Burkinabè d’être des hommes de paix et qui aiment faire la paix. « La paix, c’est le fruit des hommes. C’est pourquoi la Bible dit « heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu », a-t-il conclu. Cette invite a été aussi celle des pères évêques du Burkina dans leur message adressé aux fidèles catholiques du Burkina. Pour ces évêques, l’amour du prochain ne doit exclure personne et Noël doit être un moment de partage. « Partage avec les personnes nécessiteuses, partage avec les PDI. Marie, juste avant la naissance de Jésus, a été une PDI qui n’a pas eu de place à l’auberge », ont-ils rappelé à l’endroit des catholiques, les invitant à la pratique de la charité vis-à-vis des PDI.
Le curé de la paroisse cathédrale de Ouagadougou, l’abbé Joanny Koama, a indiqué en outre que sous l’égide de ces évêques, cette nuit de la Nativité a été l’occasion de proclamer le jubilé des 125 ans d’évangélisation au Burkina Faso. Il a rappelé que c’est en 1900 que les missionnaires sont arrivés au Burkina, pour s’établir dans un premier temps à Koupéla, puis à Ouagadougou en 1901. Ce jubilé, c’est pour marquer d’une pierre blanches ces 125 ans d’évangélisation et permettre une nouvelle dynamique dans l’évangélisation au Burkina.
A l’issue de la célébration eucharistique, plusieurs fidèles, au micro de RadarsInfoBurkina, ont déclaré ne rien trouver de plus cher au Burkina que la paix. Pour eux, l’appel des pères évêques va renforcer la recherche de la paix pour un Burkina épanoui.
Après une vingtaine d’années de services rendus à la Nation au département des sports et des loisirs, Madeleine Kaboré a vu son mérite reconnu par ledit ministère. En effet, il lui a été décerné la médaille de chevalier de l’ordre du Mérite, avec agrafe dirigeant, le vendredi 23 décembre 2022 à Ouagadougou. La récipiendaire a reçu cette distinction des mains du ministre des Sports, de l’Autonomisation des jeunes et de l’Emploi, Issouf Sirima, au cours d’une cérémonie.
Admise à la fonction publique d’Etat dans les années 2000, c’est à la direction régionale des Sports de Ouagadougou que Madeleine Kaboré va débuter sa carrière de secrétaire de direction. Après une dizaine d’années passées dans cette direction, elle décroche le concours professionnel de Secrétaire administrative. Ce diplôme en main, après deux années de formation à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM), Madeleine Kaboré est affectée au ministère des Sports et des Loisirs, une maison qu’elle connaît bien pour avoir servi environ dix années à la direction régionale des Sports du Centre.
Cette distinction est donc un honneur amplement mérité pour cette travailleuse acharnée et particulièrement très accueillante qui ne se fatigue pas de détendre l’atmosphère à son lieu de service. Hors du service, Madeleine se montre très altruiste, selon les témoignages du voisinage, et son domicile refuse tous les jours du monde. Cette attitude généreuse lui a même valu le pseudonyme de Tantie-Mado par son entourage pour signifier la multitude d’enfants dont elle se fait la marraine.
« C’est un honneur pour moi d’avoir reçu la reconnaissance du ministère. Il faut l’avouer, pour moi il ne s’agit pas uniquement d’une reconnaissance ; c’est aussi et surtout une invite à redoubler d’effort parce que la Nation est à un moment où elle a besoin d’hommes particulièrement engagés pour se reconstruire », a déclaré l’heureuse récipiendaire à l’issue de sa décoration.
La Fondation EBOMAF (Entreprise Bonkoungou Mahamadou et Fils), dans son souci de promouvoir le bien-être humain, a organisé le 23 décembre 2022 à Ouagadougou, à son siège, un arbre de Noël dénommé « Action aux éclats du cœur ». Cette initiative philanthropique au profit des enfants vulnérables a été l’occasion d’offrir des dons à ces derniers pour égayer leur fête de la Nativité.
Ce sont plus de 500 enfants de la ville de Ouagadougou, notamment des enfants de militaires décédés ainsi que d’autres enfants vulnérables, dont la fête de Noël sera illuminée grâce à la Fondation EBOMAF. Cette action philanthropique de la structure s'inscrit dans sa volonté d’apporter compassion, solidarité et soutien à cette frange de la population.
Salimata Bonkoungou, Directrice Générale de la Fondation EBOMAF et fille du Président-Directeur Général de ladite entreprise, par ailleurs Président du Conseil d'Administration (PCA) d'IB Bank international, a toujours accordé une attention particulière aux enfants en situation de détresse. Dans son allocution, elle a rappelé que sa Fondation a offert des kits scolaires et assuré les frais de scolarité de 1 500 apprenants du préscolaire, du primaire, du post-primaire et du secondaire à la rentrée scolaire 2022-2023.
« La Fondation EBOMAF a emprunté le sens de l'humanisme du Président-Directeur Général du groupe économique et financier éponyme, Mahamadou Bonkoungou, qui a toujours été guidé dans ses actions par la recherche du bien-être de ses compatriotes. A titre illustratif, le groupe EBOMAF consacre annuellement, par le biais de sa Fondation, environ trois (3) milliards FCFA à sa Responsabilité sociale de l'entreprise (RSE) », a informé la fille du P-DG d’IB Banque international.
Le jeune Nadzinga Ludovic, bénéficiaire de cadeaux à l’occasion de cet arbre de Noël, s’est réjoui en ces termes : « Je remercie tonton EBOMAF qui nous a offert des cadeaux. Je viens du quartier Bogodogo de Ouagadougou ».
Des associations œuvrant pour le soutien des enfants vulnérables étaient aussi représentées à cet événement. Elles ont également bénéficié de dons à remettre à leurs destinataires finaux, c’est-à-dire aux enfants. Roxane Naba, présidente de la ligue des femmes battantes et promotrice du concours Miss petit modèle, a profité de l’occasion pour informer que d’autres dons en faveur des enfants vulnérables se feront dans d'autres zones de Ouagadougou.
Cet événement festif s'est poursuivi par des danses, des ateliers d'art et de peinture au profit de ces enfants au siège de ladite Fondation.
Créée en 2019, la Fondation EBOMAF vient en appui aux personnes dans le besoin dans les pays d’implantation de l’entreprise dont elle est l’émanation. Ainsi, en septembre 2022 par exemple, elle a remis un chèque de 57 millions de FCFA au profit d’environ 1 500 élèves. En mars 2022, elle est venue au secours des Personnes déplacées internes (PDI) du Burkina à hauteur de 200 millions de francs CFA.
Par ailleurs, le Togo et le Bénin ont chacun bénéficié d'un chèque de 100 millions de francs CFA de la part de la Fondation en 2020, au moment de la pandémie de COVID-19.
Nous sommes à quelques heures de la fête de Noël et à quelques jours de celle du nouvel an. Si dans des villes comme Ouagadougou on constate une ambiance festive, tel ne semble pas être le cas dans les zones dites « à fort défi sécuritaire », selon les informations dont nous disposons.
Une source locale nous a confié par exemple que dans plusieurs villages de la commune de Liptougou, dans la région de l’Est, les églises sont fermées. Dans le village de Kodjéna, précise cette source, « des groupes armés terroristes sont venus une première fois intimer l’ordre aux responsables de l’église protestante de fermer leur lieu de culte et de ne plus venir prier là-bas. Comme les fidèles protestants continuaient de fréquenter le lieu, ces hommes armés, à leur deuxième visite, y ont procédé à des tirs de sommation. Depuis ce jour, les églises sont restées fermées dans cette bourgade ».
Les habitants de cette localité, on le voit bien, ne peuvent donc même plus aller prier au temple, à plus forte raison fêter Noël ou le nouvel an.
« La préoccupation de ces populations, c’est d’avoir à manger et de vivre dans la quiétude, sans le crépitement des armes. C’est parce qu’on est en vie qu’on pense à préparer des fêtes. Pour l’heure, les fêtes ne nous intéressent pas. Il n’y aura pas plus grande fête que lorsqu’on ne parlera plus d’attaques terroristes, lorsqu’on pourra vivre dans la paix et la quiétude », a martelé l’un de nos interlocuteurs. Et d’après les avis que nous avons recueillis de part et d’autre, dans plusieurs localités où règne l’insécurité, les gens n’ont pas le cœur à la fête.
Cependant à Ouagadougou par exemple, la capitale du Burkina, les fêtes de fin d’année se préparent, même si la ferveur n’est pas la même que celle des années antérieures. Sayouba Ouédraogo, couturier au secteur 30 de Ouagadougou, quartier Nagrin, nous confie que contrairement aux années précédentes, cette année l’engouement n’est pas grand. « Les années précédentes, à pareil moment j’étais débordé par le travail. Mais il n’y a pas assez de clients cette année », déplore-t-il.
Comme lui, quelques vendeurs de gadgets présents aux différents feux tricolores de la ville nous ont confié que le marché était morose. A les écouter, cela est lié à la situation sécuritaire du pays.
L’association Jeunesse au poing levé, en collaboration avec le Comité international mémorial Thomas-Sankara (CIMTS) et d’autres associations épousant les idées sankaristes, a tenu une activité à l’occasion du 73e anniversaire de naissance du défunt président Thomas Sankara. Selon le président du comité d’organisation du CIMTS, ils l’ont fait dans l’optique que cette date soit inscrite dans la conscience de chaque Burkinabè afin de perpétuer la mémoire du père de la révolution d’août 1983. L’événement a été marqué par des témoignages sur la vie du capitaine Sankara livrés par des personnes qui l’ont connu.
Tous les orateurs du jour disent avoir gardé de bons souvenirs de ce révolutionnaire. Pour le colonel major Blaise Sanou, Thomas Sankara a été un grand visionnaire. « Il savait qu’il n’y avait que le développement endogène qui pouvait aider le Burkina à aller de l’avant, d’où le concept du « consommons burkinabè » qu’il n’a cessé de promouvoir. Auparavant, le Burkina était considéré comme pays pauvre incapable de s’en sortir, mais grâce au président Sankara, ce pays est connu presque partout dans le monde aujourd’hui », a-t-il témoigné.
Le colonel Daouda Traoré, lui, a affirmmé que Thomas Sankara était « extrêmement humain » et que c’était un être exceptionnel. « Il a touché à toutes les facettes du développement, à tous les domaines de la vie. Il a fait montre de toutes les qualités : c’était un concentré de valeurs. Aujourd’hui, il a 73 ans car on peut dire qu’il n’est pas mort. Il est dans notre économie, il est dans nos cœurs, il est vivant plus que jamais ; il sommeille en nous et on doit le réveiller », a-t-il déclaré.
La députée Juliette Congo, revenant sur les actions des Comités de défense de la révolution (CDR), a quant à elle souligné que Sankara était un leader qui donnait envie de travailler. « Il faisait faire. On n'avait même pas besoin qu’il donne des directives parce que quand tu le voyais agir, tu avais envie de faire la même chose », a-t-elle confié. Selon elle, son engagement pour l’éducation provient de Thomas Sankara. « Je vous avoue que mon combat aujourd’hui pour l’éducation est né de ma découverte de ce que Thomas Sankara avait fait pour le secteur de l’éducation au Burkina », a-t-elle soutenu. Et d’ajouter : « Si aujourd’hui j’ai la capacité de traverser les frontières, de faire des formations dans des universités, dans de grandes écoles pour les jeunes, c’est parce que j’ai été à l’école de Thomas Sankara ».
Selon Dominique Zoungrana, Sankara a eu tort d’avoir compris très tôt les choses. « Il y avait des contre-révolutionnaires au sein de la révolution et Thomas le savait. Il aurait pu se défendre mais il a préféré ne pas le faire », a-t-il indiqué.
De l’avis du président de l’association Jeunesse au poing levé, Guy Innocent Nana, « Thomas Sankara n’a jamais été aussi vivant. Il est vivant parce que l’idéal qu’il a porté est enseigné partout dans le monde malgré les tentatives orchestrées pour effacer les années de la révolution démocratique populaire des mémoires des Hommes. Il est vivant parce que les luttes qu’il a engagées servent aujourd’hui de référence en matière de bonne gouvernance dans le monde. Il est une expérience révolutionnaire et un trésor immense dont la jeunesse a besoin pour s’outiller et relever les défis de cette ère ».
Par ailleurs, un prix de mérite et de reconnaissance a été décerné à Thomas Sankara et remis à sa famille par le coordonnateur de United Kingdoms of Africa (UKAF), le guide Bamba Mohamed, premier guide et missionnaire auprès de toutes les familles royales d’Afrique, les familles des pères de l’indépendance, les familles des bâtisseurs et les acteurs africains au développement. Il s’agit d’une attestation de reconnaissance dénommée « grand prix d’acteur d’éveil de conscience » et d’un trophée.
Pour le guide, ce prix a été décerné en reconnaissance de l’effort fourni par Thomas Sankara pour le développement. « Nous n’avons pas vécu avec Thomas Sankara, mais c’est comme s’il était toujours avec nous ici. Et c’est ce qui nous a motivés à nous intéresser à des secteurs de développement défendus par Thomas Sankara, notamment l’éducation, la culture, l’autosuffisance alimentaire, la santé, l’environnement, la sécurité et la paix. Quant au trophée (trophée de la journée mondiale de l’Afrique, premier prix de l’Union africaine), il revient à Thomas Sankara parce qu’il a été un combattant de l’Afrique et que c’est lui qui a ouvert les portes du développement », a-t-il conclu.
Le gouvernement, dans le cadre du recrutement des 50 000 volontaires pour la défense de la patrie, a sollicité la contribution des citoyens burkinabè pour pourvoir à leur prise en charge et à leur équipement. Dans cet entretien, que nous vous proposons, Youssouf Ouattara, directeur exécutif du Centre d'information, de formation et d'étude sur le budget (CIFOEB), explique les choix politiques possibles pour le gouvernement et donne son point de vue sur la pertinence des propositions du gouvernement.
Radars Info Burkina : Quelle analyse portez-vous au fonds institué par le gouvernement dans le but de soutenir l’effort de guerre ?
Youssouf Ouattara : Il faut noter qu'il y a eu plusieurs initiatives qui ont été développées et la dynamique est presque déjà entamée. Par exemple, il y a des numéros de mobiles money qui circulent ou des références bancaires, à travers lesquels les citoyens peuvent contribuer. Dernièrement la proposition qui a été faite, notamment au monde syndical, c'est de prélever 1% sur le salaire net des travailleurs pour pouvoir alimenter ce fonds de guerre. Donc c'est plusieurs moyens par lesquels le gouvernement propose de passer pour recouvrer le montant nécessaire.
Le besoin est estimé à 106 milliards de F CFA environ. Est-ce que pour de tels montants, l’Etat avait besoin de faire recours à des prélèvements ou d’instituer une taxe, d’autant plus que des organismes comme le CIFOEB ont toujours dénoncé le fait que l’armée n’ait jamais épuisé son budget ?
C'est vrai, les 106 milliards dont vous parlez constituent les besoins globaux, particulièrement pour les VDP. Mais l'élaboration du projet de budget avait été bouclée avant le 30 septembre et il restait seulement au Conseil des ministres à valider cet avant-projet et à le transmettre à l'Assemblée législative de transition. Avec les événements du 30, je pense que c'est le même projet de budget qui a été transmis à l'ALT, peut-être avec certaines modifications. Mais évidemment on ne pouvait pas l’inscrire comme ça pour trouver des crédits à hauteur de 106 milliards de francs. Vraiment ce n'était pas tout à fait évident. La somme est énorme et ce n'était pas prévu. Le recrutement des 50000 VDP, c'est une nouvelle mesure qui arrivée au moment où l'avant-projet du Budget était pratiquement bouclé. Donc l'une des solutions la plus simple, à mon avis, c'est ce que le gouvernement a proposé. Mais dans tous les cas c'est une question de choix politique. Le gouvernement pouvait aussi inscrire ces 106 milliards mais en renonçant à certaines dépenses.
C'est aussi vrai que l'exécution du budget de la défense surtout pour la loi de programmation militaire a eu des insuffisances en termes de niveau de consommation des crédits, mais nous sommes dans une dynamique. Vous avez vu qu’il y a eu les évènements du 24 janvier, il y a eu aussi le 30 septembre et dans ce laps de temps surtout pour 2022, vous avez vu que les acquisitions de vecteurs aériens qui ont été réalisées, comparativement à la période avant sont considérables. Donc ça veut dire qu'il y a eu une accélération de consommation du crédit. Mais si on constate que le crédit augmente et l'insécurité augmente, ça peut vouloir dire aussi que l'investissement dans le secteur de la défense n'est pas encore suffisamment massif pour renverser la tendance. Donc c'est autant d'explications possibles et pour nous, c'est tout à fait normal parce que la situation de guerre est une situation particulière et là vous ne pouvez pas compter sur des partenaires, il faut compter sur vous-mêmes, sur vos ressources propres. Et si les ressources propres au niveau budgétaire ne le permettent pas, c'est de recourir aux citoyens. Du reste c'est ce qui s'est passé avec la Covid-19. C'était un facteur exogène qui n'était pas prévu, qui n'était pas maîtrisé et qui est venu trouver des prévisions budgétaires qui étaient là, donc il a fallu faire des réaménagements, il a fallu également faire appel à différentes contributions. Vous avez vu que les citoyens et les entreprises se sont mobilisés pour contribuer pour aider à faire face à la Covid. Donc j'inscris ces initiatives du gouvernement dans cette même logique, qui est de mobiliser la communauté nationale.
Au regard des produits indexés, qui du consommateur ou du fournisseur va le plus supporter la taxe ?
Effectivement les produits ciblés par le gouvernement qui vont faire éventuellement l'objet de nouvelles impositions, au final je pense que c'est le consommateur qui doit payer parce que ce qui est recherché, c'est beaucoup plus l'effet quantitatif. Ce sont des domaines où le nombre de consommateurs est élevé. Si vous prenez le secteur de la boisson, l'internet ou les autres secteurs, c'est l'effet quantitatif qui est recherché. Ça veut dire que le montant peut être dérisoire mais avec le niveau de consommation, le nombre de personnes qui consomment, ça augmente le potentiel et ça va revenir augmenter le rendement. Donc je pense que c'est beaucoup plus le consommateur qui est visé mais c'est fait de telle sorte que le consommateur ne le ressente pas de manière particulière. Je pense que c'est surtout ça qu'il faut chercher parce que si le gouvernement propose et l'ALT vote des taux trop élevés ça va décourager la consommation de ces produits. Et si la consommation baisse, c'est le rendement de cette taxe ou de cet impôt qui va être affecté.
Le prélèvement sur les salaires des travailleurs et la taxe sur les produits, sont-ils vraiment les bienvenus dans ce contexte d'inflation grandissante ?
Quand on assoit un impôt il y a plusieurs paramètres qu'on cherche en termes de résultats. Par exemple, l'impôt ou la taxe peut viser à résoudre en même temps un problème ou à décourager une pratique. C'est pour ça vous allez voir des impôts élevés sur le tabac, qui vise à décourager la consommation de ce produit. En imposant également sur la boisson, particulièrement la boisson alcoolisée, ça veut dire qu'on cherche plus ou moins à influencer la consommation de ce produit. Comme je le disais, l'impôt est également en fonction de vos moyens. Ça veut dire que ceux qui en ont un peu plus, donnent beaucoup plus. C'est pour ça que vous allez voir que des secteurs comme le carburant ou d'autres secteurs ne sont pas visés par le gouvernement parce qu'on estime que dans certains produits de luxe, il n'y a que ceux qui ont plus de moyens qui vont chercher à les consommer. Donc c'est normal que ces personnes-là puissent contribuer beaucoup plus. Parce que ce n'est pas un bien de première nécessité, c'est un bien de luxe, ça veut dire que les gens peuvent s'en passer. La question d'internet également, c'est vrai que de plus en plus l’internet devient une commodité pour le Burkinabè moyen, mais on peut dire également que sur ce plan, une minute ou 10 minutes d'internet de moins sur votre utilisation d'internet, en principe, ça ne vous fera pas souffrir particulièrement. Donc on peut dire que plus ou moins c'est des Burkinabè privilégiés qui ont accès à internet parce qu'il y a beaucoup de Burkinabè qui n'ont pas encore cette faveur. Et en imposant, je pense que c'est une source potentielle et le gouvernement voit que c'est une taxe qui peut être rentable et en même temps qui peut être beaucoup plus facile à administrer en termes de coûts et qui peut générer une ressource. Donc je ne crois pas que ça va impacter. Ce qui est l'une des raisons qui explique le niveau de l'inflation, si vous vous rappelez, la saison passée on n'a pas beaucoup produit, donc toute la production agricole était plus ou moins chère et aussi cette production agricole rentre comme intrant dans d'autres productions et ça augmente les coûts de production, sans compter les chocs extérieurs tels que la guerre en Ukraine qui a affecté le secteur des céréales et le secteur du pétrole. Donc l'inflation c'est beaucoup plus ces facteurs là que l'imposition d'un produit tel que ceux que le gouvernement vise dans le cadre de la constitution du fonds de soutien à l'effort de guerre.
Est-ce qu’il n’y aura pas des injustices dans les contributions ; d’abord au sein même des travailleurs, et ensuite entre ceux qui sont salariés les autres couches socioprofessionnelles ?
Il y a certains contribuables, surtout dans les pays développés les grands contribuables estiment que souvent l'impôt est injuste. Je prends un exemple, c'est comme si plus vous travaillez plus vous gagnez beaucoup, plus on veut vous arracher de l'argent. Donc moins cous travailler, moins vous créer de la richesse et moins le gouvernement vous embête. Ça fait que certaines personnes conçoivent l'impôt comme une mesure gouvernementale qui est injuste et illogique, c'est comme si on décourage le fait de gagner de l'argent, le fait de créer de la richesse. Donc ça c'est un reproche de manière globale qui est faite à l'impôt, mais c'est ça aussi l'impôt et si on le ramène à ses caractéristiques que j'ai citées plus haut, à savoir que l'impôt a une fonction sociale et il a une fonction économique également parce qu'il a pour rôle de pouvoir financer l'action publique, de pouvoir financer les investissements de l'Etat et l'action publique. Et en la matière, il faut forcément disposer de ressources, il faut prélever quelque part pour pouvoir arranger quelque part d'autre. Si on ramène les choses à notre contexte, nous sommes dans un contexte d'insécurité, ça veut dire que même si vous avez beaucoup d'argent, ce que vous recherchez c'est avant tout la sécurité. Ce que vous recherchez avant tout c'est la tranquillité pour pouvoir consommer et pouvoir vivre tranquillement dans votre maison, pour pouvoir vous déplacez sur le territoire national comme vous le voulez et surtout mener votre travail tel qu'il le faut. Et ça c'est le rôle de l'Etat d'assurer ce service public, ce bien public qui est la sécurité. Donc je pense que ce n'est pas une injustice, c'est une logique que ceux qui en ont, puissent contribuer plus que ceux qui n'en ont pas, d'autant plus que ce qui est recherché c'est le bien des citoyens. Et c'est un bien public et en ce sens moi je ne pense pas c'est une injustice. Mais c'est vrai aussi que le gouvernement ne doit pas trop abuser en allant prendre toujours sur ceux chez qui c'est disponible et qui sont prêts à contribuer.
Le prélèvement sur les salaires des travailleurs et la taxe sur les produits sont-ils vraiment les bienvenus dans ce contexte d'inflation grandissante ?
Dans tous les cas, le coût d'opportunité peut être beaucoup plus élevé. Le coup d'opportunité, ça veut dire s'il n'y a pas de sécurité qu'est-ce que ça nous coûte. Ça nous coûte notre tranquillité, les perturbations de l'activité économique et beaucoup d'autres facteurs. Qu'est ce qui prouve que si la situation sécuritaire ne s'améliore pas, que les salaires ne vont pas être réduits, qu'est-ce qui prouve même que tous les Burkinabè auront leurs salaires, ou que le Burkina même va tenir ? Ça, ce sont des incertitudes et si on les met dans la balance par rapport aux biens publics qui sont produits, c'est sûr que la différence sera nette. Toute chose égale par ailleurs, il faudra que cet argent soit bien géré et que ça serve à la destination qui a été donnée au départ. Donc pour la contrepartie moi je pense que ça vaut pour le sacrifice. Et l'approche du gouvernement vise à recueillir l'assentiment des populations pour que cela prenne la forme de contribution plutôt qu'une imposition.
Que pouvait-on préconiser de mieux au gouvernement pour combler le besoin ?
Il faut dire que dans le principe, nous les Burkinabè si on veut gagner cette guerre nous allons devoir payer. Et tout le monde doit le comprendre. La question c'est comment on veut payer, qui doit supporter cette charge, etc. Le gouvernement peut décider de ne pas imposer une taxe et renoncer à certaines dépenses ; et cela suppose que les populations doivent renoncer aux services que ces dépenses allaient fournir. Donc la population paye en renonçant. C'est ce qu'on appelle le coût de renonciation. L’autre option que le gouvernement a proposée est que certains services continuent de fonctionner, mais avec un apport direct de la population. Maintenant ce que moi je propose au gouvernement, que ce soit des mesures ponctuelles, surtout pour le prélèvement et qu'on aille beaucoup plus vers des mesures structurelles. C'est à dire qu'on fasse en sorte que les sources d'évasion fiscale soient amenuisées. Ensuite il y a les restes à recouvrer et il y a beaucoup de gens qui doivent à l'Etat. L'autre aspect c'est de combler les déserts fiscaux parce que l'impôt est comme s'il était assis sur les mêmes contribuables. Donc c'est de faire en sorte que tout le monde contribue en fonction de ce qu'il gagne. Il y a des opérateurs économiques qui ne payent pas. Par exemple si on prend des sites comme le marché de cycles du théâtre populaire, aucun agent de l'impôt ne peut rentrer là-bas. Alors que s'il y a un problème, l'Etat doit intervenir, l'Etat doit assurer leur sécurité. Donc il faut engager un dialogue avec ces agents pour qu'ils comprennent le bien-fondé de leur contribution. Et là, même après la guerre on aura un niveau de civisme beaucoup plus élevé. Ensuite il faut pour celui qui importe par exemple les marchandises, que sa situation douanière soit liée à sa situation au niveau des impôts, pour rendre transparent les déclarations et autres. Il faut faire en sorte de sécuriser beaucoup plus le secteur minier qui concours à hauteur de 25% aux recettes fiscales au niveau des impôts et lutter contre la contrebande. Donc il faut davantage organiser ce secteur qui a un gros potentiel.
L’artiste musicienne Hawa Sissao a dédicacé son 3e album, intitulé « Reconnaissante », avec beaucoup d’émotions. C’était le 17 décembre 2022 à Ouagadougou. Un opus de 10 titres qui fait une rétrospective de sa vie privée.
Une salle pleine d’amis, de membres de sa famille et d’artistes, à l’instar de Maï Lingani, Wendy, Miss Tanya et Amity Meria. L’auteure des albums « Destin», «Benkadi» et désormais « Reconnaissante» a fait cette dédicace au cours d’un live. Son époux, Amadou Diabaté dit ATT, qui était choriste et guitariste sur la scène, l’a accompagnée dans sa prestation.
Selon elle, « Reconnaissante » exprime sa maturité et ses collaborations avec les acteurs de la musique. Les principaux titres de l’album sont « Dis-moi», « Denko», « Diaraba», «Maman» et « Fourou».
Des thématiques de l’œuvre comme le mariage, le travail et le foyer sont abordées à travers des genres musicaux, notamment l’afro trap, la rumba, le jazz et le folklore.
« Diaraba» rend hommage au défunt père de l’artiste chanteuse. Pour elle, elle a fait cette chanson car son père l'aimait bien.
Selon l’élève d’Adboulaye Cissé, la chanson « Maman» est un hommage à sa défunte mère, décédée avant la sortie de l’album.
« Après son décès, je voulais supprimer cette chanson, mais comme un mystère, j’ai senti sa présence avec moi. C’est pourquoi j’ai gardé le titre. Durant la réalisation de cet album j’ai perdu quatre personnes spéciales, notamment ma maman, mon père, ma grande sœur et mon beau-père. Ces épreuves ont failli me faire renoncer à la sortie de l’album. Mais j’ai finalement tenu bon », a-t-elle précisé en larmes.
Voici ce qu’elle a dit à propos de sa rupture avec son ancien staff conduit par l’ex-directeur général du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA) Walib Bara : « Walib Bara est un frère pour moi. Quoi qu’on dise, c’est le showbiz avant tout. Nous avons fait le choix de tout laisser tomber. Ce sont des situations qui arrivent souvent entre artiste et manager. Après les moments de conflits, il n’y a plus eu de soucis entre nous.»
L’artiste a annoncé des concerts au Bénin, aux États-Unis et au Canada dans les mois prochains.
Le CD numéro 1 de l’album « Reconnaissante », qui a été produit par « licorne prod internationale », a été cédé à 250 000 FCFA. Cette galette musicale est disponible sur supports CD et clés USB au prix de 5 000 FCFA.