jeudi 5 février 2026

aasanteAprès son accouchement, combien de temps faut-il qu’une parturiente mette avant de reprendre toute activité sexuelle ? La question est souvent abordée sans plus de précisions. Alors que certaines personnes disent qu’il faut attendre trois mois, d’autres font remarquer que cette période est longue. Mais que disent les spécialistes du domaine ? Pour le Dr Eliane Kaboré, gynécologue obstétricienne, reprendre l’activité sexuelle varie en fonction du type d’accouchement (césarienne, épisiotomie) et des complications qu’il y a eu. Tout compte fait, il y a une période maximale conseillée par les spécialistes du domaine.

« Après un accouchement, la période indiquée pour reprendre l’activité sexuelle varie en fonction du type d’accouchement et des complications qu’il y a eu mais le minimum, c’est d’attendre qu’il n’y ait plus de saignement lié à l’accouchement avant de reprendre les rapports sexuels », affirme le Dr Eliane Kaboré, gynécologue obstétricienne.

La doctoresse explique que s’il y a eu un accouchement où on a dû faire une épisiotomie, (ndlr, c’est-à-dire déchirer au niveau de la vulve pour faire sortir le bébé et refaire une suture), tant que cette plaie n’est pas cicatrisée ou qu’elle est douloureuse, les rapports intimes ne sont pas conseillés. « Quand il y a une césarienne on conseille d’attendre jusqu’aux 45 jours », a-t-elle dit.

De façon générale, les gynécologues conseillent à l’accouchée de patienter entre 1 mois et 45 jours avant de reprendre toute activité sexuelle car le faire avant ce délai, c’est exposer la femme a plusieurs risques en matière de santé.

En effet, à en croire la spécialiste en santé, quand l’activité sexuelle est reprise précocement après l’accouchement, le risque infectieux est très élevé. « Avoir des relations sexuelles non protégées dans une période de saignement fait remonter facilement les germes, et comme le col n’est pas refermé, cela peut monter jusqu’au niveau de l’utérus qui contient du sang », confie-t-elle.

Les rapports sexuels précoces après l’accouchement peuvent causer des troubles psychologiques chez la femme. « Si elle vient de sortir des douleurs de l’accouchement et qu’elle n’est pas encore préparée psychologiquement, même après un certain temps, la libido ne revient pas facilement donc avoir des rapports dans ces circonstances peut avoir un impact négatif sur la suite de la vie sexuelle de la femme », indique la gynécologue obstétricienne.

Ainsi, le Dr Eliane Kabore recommande de s’assurer préalablement qu’il n’y a plus de saignement avant de recommencer l’activité sexuelle. Il faut attendre que la femme ait complètement cicatrisé, que ce soit après l’épisiotomie ou la césarienne. « Il faut aussi qu’elle soit psychologiquement préparée, lui donner du temps pour se sentir de nouveau bien. Les premières relations sexuelles après l’accouchement doivent être très douces.

En somme, le temps mis compte peu ; il faut plutôt mettre l’accent sur les points susmentionnés jusqu’à ce que la femme qui a accouché soit disposée à avoir des relations épanouies.

Nafisiatou Vébama

coachscolaireL’adolescence, on le sait, est une période parfois difficile à vivre pour les jeunes. De nombreux changements s’opèrent en eux et ils ne savent pas toujours comment s’y préparer. A cela s’ajoute la pression scolaire qui vient multiplier les questionnements des adolescents. De ce fait, comment les soutenir dans leurs moments de doutes, dans leurs prises de décisions scolaires et dans leur réussite globale ? Le coaching scolaire semble répondre à ces interrogations. Issiaka Kaboré, psycho-sociologue et coach en éducation scolaire, s’est exprimé à ce sujet au micro de Radars Info Burkina ce 15 septembre 2022 à Ouagadougou.

Le coaching est un accompagnement qui permet à l’apprenant de renforcer sa confiance en soi, son estime de soi, sa motivation et de mieux gérer son stress ainsi que ses émotions. Le coaching scolaire, c’est l’accompagnement de l’apprenant dans le milieu scolaire par des conseils, une orientation et un suivi scolaire, selon Issiaka Kaboré. Autrement dit, il consiste à faire en sorte que l’apprenant (collégien, lycéen ou étudiant) vive mieux sa scolarité afin de trouver sa place dans son parcours scolaire, dans ses études.

L’objectif du coaching est de faire en sorte que l’enfant puisse se forger une forte personnalité, une personnalité équilibrée dans son milieu. Faire de lui une personne à la tête bien faite. Mais quelle est l’importance de ce coaching scolaire ?

De façon générale, l’importance du coaching scolaire est qu’il permet d'agir sur la motivation, d'augmenter la confiance en soi et d'améliorer l'autonomie de l'élève.

A en croire Issiaka Kaboré, le coaching scolaire est capital de nos jours. En effet, M. Kaboré estime qu’il y a une démission parentale due au fait que les parents sont plus préoccupés par la recherche de leur pitance quotidienne si bien que quelle que soit leur catégorie socioprofessionnelle, ils n’ont plus le temps de s’occuper de leur progéniture. Ainsi, leurs enfants sont laissés à eux-mêmes. Dans cette situation, recourir à un coach qui va suivre l’enfant en mettant l’accent sur les questions d’orientation, les méthodes de travail, les questions de stress, de peur est une nécessité.

Tout en reconnaissant que les enseignants font déjà du coaching avec les apprenants, ce qu’il a appelé « coaching primitif », notre interlocuteur pense qu’il faut un coaching soutenu où l’apprenant est véritablement suivi par un spécialiste qui l’oriente.

D’après lui, le coaching réveille en l’enfant tout le potentiel qui sommeille en lui en mettant en évidence la confiance en soi, l’estime de soi et l’affirmation de soi. Il permet de montrer à l’apprenant qu’il est intelligent, de lui montrer des recettes studieuses, comment planifier le travail.

En outre, dans un contexte où l’incivisme et l’intolérance ont pris le dessus, Issiaka Kaboré trouve que le coaching est incontournable pour inculquer aux adolescents des valeurs morales.

Le coaching scolaire est la chose la mieux partagée car, à son avis, avec le terrorisme et tous les autres fléaux qui gangrènent le monde, c’est une crise d’identité, une crise des valeurs parce que les valeurs sont en train de s’effriter.

Par conséquent, il faut anticiper et mettre en évidence des matières qui peuvent être salvatrices, a-t-il conseillé. L’Etat ou les autorités en charge de l’éducation ont intérêt à revoir les curricula depuis le primaire et à travailler à innover le système d’enseignement pour sauver la nouvelle génération, a-t-il suggéré.

« L’enfant constitue la relève et si cette relève n’est pas bien éduquée, bien formée, elle constitue un danger pour la nation », a prévenu sieur Kaboré.  « Ne vous étonnez pas que certaines autorités tombent bas car si l’on fouille, on verra que ce sont des personnalités déséquilibrées, qu’il manque quelque chose à leur formation », a-t-il expliqué.  Il faut savoir détecter le mal avant de prétendre l’éradiquer, d’où la nécessité d’un coach.

Flora Sanou

terrOn les qualifie de territoires terroristes, une façon de traduire leur "appartenance" aux groupes armés terroristes, qui s’en sont rendus maîtres. Ces localités, qui sont des villages de la province de la Gnagna, comme tant d’autres au Burkina, ont échappé au contrôle de l’Etat burkinabè depuis environ quatre années. Capi (nom d’emprunt) nous a rappelé la situation qui prévaut dans son village, situé au sud-est de la province.

La montée en puissance de l'armée burkinabè ressassée par le gouvernement est un leurre pour certaines localités du pays. Dans la Gnagna, région de l'Est, dans plusieurs villages c'est le statu quo, si ce n'est pire. C’est le cas de Souloungou, village de la commune de Liptougou dont les écoles sont fermées depuis 2018. Depuis lors, les habitants et les terroristes vivent ensemble et ce sont les derniers cités qui dictent leur loi dans cette partie de la province, voire dans toute la commune. Aucune représentation de l'Etat n’étant plus présente dans cette contrée, les villageois sont autorisés à vaquer à leurs occupations sans être inquiétés mais à deux conditions. La première, selon un natif de la localité que nous nommons Capi, c’est qu'ils ne mettent pas en place des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), sous peine de subir le même sort que Solhan en juin 2021, ou d’autres encore dans la Komondjari. Le cas de Solhan, dans le Yagha, hante encore les villageois, qui ne croient pas que l’Etat sera capable de les protéger du courroux des Groupes armés terroristes (GAT). La seconde exigence de ces terroristes, toujours selon Capi, c’est que les villageois ne collaborent jamais avec les Forces de défense et de sécurité (FDS), au cas où ces derniers investiraient la province. Tant que ces deux conditionnalités sont respectées, les villageois n'ont rien à craindre des « maîtres des lieux ». Mais s’agissant de la seconde condition, les terroristes eux-mêmes avaient assuré aux populations qu’aucune force de défense n’oserait s’aventurer dans la localité, qu’ils considèrent désormais comme leur propriété. Ces ainsi que ces individus armés imposent leur diktat dans lesdites zones, commettant parfois des atrocités sur les pauvres populations abandonnées à leur triste sort. « En fin 2021, les terroristes sont venus égorger deux personnes à Koguina en prétextant que ces derniers étaient des voleurs », s’indigne Capi. Il ajoute qu’un autre a été « cloué à son pantalon » dans un autre village situé à 20 km de Koguina. Pour notre interlocuteur, ces malfaiteurs sont des « capitaines » qui ont l’air imperturbables et sûrs d’eux. A Koguina, comme dans presque toutes les autres bourgades de la province, ces groupes armés terroristes s’en sont d’abord pris aux pylônes des réseaux de téléphonie mobile afin de couper le village du reste du Burkina.

Quid de l’appel du gouvernement à la formation des volontaires pour la défense de la patrie ?

Les volontaires pour la défense de la patrie sont une bonne initiative, selon Capi, mais personne ne croit que le gouvernement ait les moyens de combattre ces forces terroristes. « Et c’est à juste titre parce que l’Etat a montré son impuissance en laissant massacrer les habitants de certains villages qui n’ont pas respecté la consigne des terroristes de déguerpir des lieux et de ne plus y remettre les pieds », justifie-t-il. Pour lui, l’Etat a toujours été absent comme le relèvent chaque fois des analystes. En effet, souligne-t-il, avant même le terrorisme, les villages de cette partie du Burkina s’étaient toujours organisés pour lutter contre le banditisme sans l’appui de l’Etat. Et ce dernier cas dépasse l’entendement. Capi croit fermement que les villages qui attendent que l’Etat les libère risquent la disparition. Pour lui, cet Etat est resté sourd aux cris de détresses de ses populations les plus meurtries, ce ne sont pas des cas comme les villages de la Gnagna qui vont faire exception. Cependant, se dit-il, il faut un appui de taille de cet Etat, il faut qu’il montre des exemples de sa force dans des localités du Burkina afin de rétablir la confiance des populations. C’est à ce prix que le gouvernement pourra obtenir l’engagement des populations car, conclut-il, « les populations souhaitent être libérées de l’emprise terroriste afin que leur vie reprenne son cours normal ».

Etienne Lankoandé

aasantéDe nos jours, nous constatons une récurrence de l’hypertension artérielle chez les adultes dans le monde en général et au Burkina Faso en particulier. D’ailleurs, elle semble être la principale maladie chez cette catégorie de personne car près d'un tiers des adultes burkinabè souffrent d'hypertension selon l’Organisation mondiale de la Santé. Au regard de cela, Radars Info Burkina est allé à la rencontre du Dr Adama Ilboudo, cardiologue à la clinique médicale Oasis, pour échanger sur le sujet à travers quelques interrogations. Comment peut-on définir l’hypertension artérielle ? Quels en sont les facteurs ? Quels sont les signes et les symptômes de l’hypertension artérielle ? Quelles pourraient être les raisons de la récurrence de cette maladie au Burkina Faso ?

Selon le Dr Adama Ilboudo, l’hypertension artérielle est un problème majeur de santé publique.   En effet, elle concerne près d’un milliard d’adultes dans le monde et au Burkina on estime que plus de 30% des adultes sont hypertendus, a-t-il indiqué en citant l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle est un   facteur de risque majeur de mortalité d’origine cardio-vasculaire avec près de 8 millions de décès par an dans le monde et serait même la cause de près de 50% des crises cardiaques et des Accidents vasculaires cérébraux (AVC).

L’hypertension artérielle est une pathologie cardiovasculaire fréquente. C’est une maladie où la force du sang contre les parois artérielles est trop élevée. Autrement dit, l’hypertension artérielle correspond à une pression trop élevée du sang dans les artères. Cette pression est évaluée par deux valeurs, à savoir la maximale ou systolique et la minimale ou diastolique.

De façon précise, on parle d’hypertension artérielle quand la systolique est supérieure à 140mmHg et/ou la diastolique est supérieure à 90mmHg.

Mais, il faut noter que le diagnostic d’hypertension artérielle n’est retenu qu’à l’issue d’au moins trois consultations, sauf dans les cas d’hypertension sévère où le diagnostic peut être retenu dès la première consultation, a déclaré le Dr Ilboudo.

Les facteurs de l’hypertension artérielle

L’hypertension artérielle est causée par une multitude de facteurs dont les effets s'accumulent avec les années. Mais il existe plusieurs types d’hypertension artérielle dont il faut tenir compte pour déterminer les facteurs de risque.

En effet, on distingue l’hypertension artérielle essentielle et l‘hypertension artérielle secondaire, selon le Dr Ilboudo.

L’hypertension artérielle essentielle résulte de la rigidification des artères par de nombreux facteurs dont des facteurs modifiables et des facteurs non modifiables.

Ainsi, parmi les facteurs de risque modifiables, l’excès de sel dans l’alimentation, l’abus d’alcool, le tabagisme, la sédentarité, l’obésité, le stress, le diabète de type 2 contribuent à l’hypertension artérielle.

Et au nombre des facteurs de risque d’hypertension artérielle non modifiables, l’on peut citer le sexe masculin (les hommes sont plus touchés), la ménopause, l’âge et l’hérédité.

Quant à l’hypertension artérielle secondaire, elle est la conséquence d’anomalies au niveau des reins, des hormones, du sommeil, du cerveau, une intoxication, un syndrome d’apnée du sommeil, un rétrécissement de l’aorte.

A cela s’ajoute l’hypertension artérielle gravidique qui correspond à une hypertension au cours de la grossesse, habituellement après la 20e semaine de grossesse, selon le docteur.

De plus, selon le profil des chiffres de tension artérielle, le Dr Ilboudo a fait cas de l’hypertension blouse blanche, où la tension artérielle augmente dès que le patient vient au centre de soins, de l’hypertension artérielle masquée, où la tension augmente en dehors du centre de soins, et de l’hypertension labile, où la tension augmente de façon occasionnelle.

Les signes et les symptômes de l'hypertension artérielle

Une personne hypertendue peut présenter certains signes et symptômes comme des maux de tête, de l'essoufflement, des étourdissements, des problèmes de vision.

A la question de savoir ce qui pourrait justifier la récurrence de la tension artérielle, le Dr Ilboudo met en avant le mode de vie de notre ère. « La récurrence de l’hypertension est attribuable en bonne partie à l’évolution de notre mode de vie avec notamment la sédentarité, le stress, l’alimentation non équilibrée ».

Cette situation est plus que préoccupante car, « dans notre contexte, l’accessibilité à la surveillance de la tension artérielle permet de diagnostiquer de plus en plus de cas », a-t-il soutenu.

De façon générale, l’hypertension non traitée peut occasionner des complications comme l’insuffisance cardiaque, la crise cardiaque, l’Accident vasculaire cérébral (AVC), la démence, l’insuffisance rénale, la cécité, la dysfonction érectile, etc.

Chez la femme enceinte particulièrement, l’hypertension artérielle non traitée peut conduire à l’éclampsie avec menace de la vie de la mère et de l’enfant, a prévenu le Dr Adama Ilboudo.

Au regard de ces conséquences que peut engendrer un non-traitement de l’hypertension artérielle, il est important de la traiter et de la prévenir, a conseillé le Dr Ilboudo.  « L’hypertension artérielle est un facteur puissant de mortalité et d’invalidité d’où l’importance capitale de la traiter et surtout de la prévenir », a-t-il déclaré.

Pour prévenir l’hypertension artérielle, certaines recommandations ont été faites par le médecin. En effet, il s’agit essentiellement d’adopter un mode vie sain avec une activité physique régulière d’au moins 30mn par jour, des heures régulières de sommeil, d’éviter la sédentarité. En plus, il faut une perte du poids en cas d’obésité ou de surpoids. De plus, on doit limiter la prise d’alcool, éviter le tabac, bien traiter le diabète si on en souffre.

A ces recommandations susmentionnées viennent s’ajouter celles nutritionnelles. Selon, le Dr Ilboudo, l’alimentation joue un rôle important dans la prévention et le traitement de l’hypertension artérielle. Ainsi, il faut avoir un régime alimentaire équilibré, peu salé.

A cet effet, il indique que la consommation de sel doit être limitée à 6g maximum par jour, soit environ deux (2) pincées. Il faut de ce fait éviter les conserves, la consommation de reglisse. Ne pas déposer par exemple du sel sur la table à manger aide à limiter la consommation.

Un régime alimentaire riche en fruits et légumes et pauvre en graisse est à privilégier, a-t-il ajouté.

Contrairement à ceux qui pensent que le café et le thé augmentent la tension artérielle, le Dr Ilboudo a tenu à préciser que ces produits ne l’augmentent pas de façon significative.

Par ailleurs, en cas de présence d’un des symptômes, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé avant toute prise de médicament et d’éviter surtout l’automédication, a-t-il exhorté.

 Flora Sanou

 

 

aardardO. Pasgo et S. Goumbri ont comparu au Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I ce 13 septembre 2022 pour vol de vélomoteurs dans des parkings de la ville de Ouagadougou. Leur mode opératoire : cibler les parkings et y soustraire des motos la nuit en faisant croire au parkeur qu’ils ont égaré leur ticket. Devant le tribunal, les deux prévenus ont raconté des versions autres de celles qu’ils avaient livrées à la gendarmerie et au procureur. A la question de savoir pourquoi leurs propos diffèrent, ils ont répondu avoir raconté des histoires sous le coup de la torture.

Pasgo est un récidiviste. Il avait déjà été emprisonné pendant 1 an dans une affaire de faux billets. Cette fois-ci, il est accusé d’avoir volé des vélomoteurs dans des parkings des quartiers de la ville de Ouagadougou. Il reconnaît les faits mais précise qu’il ne s’agit que d’une moto prise dans un parking.

Lorsque le juge lui a donné la parole, voici comment il a narré les faits : « Un soir aux environs de 20h, S. Goumbri m’a appelé et m’a dit qu’il était avec un de ses amis et qu’il allait venir me chercher. Je suis allé les trouver buvant de l’alcool et j’en ai pris avec eux. L’ami de S. Goumbri devait aller le déposer et moi je devais marcher pour regagner mon domicile. Chemin faisant, j’ai remarqué un parking près d’un maquis et je suis allé pour prendre une moto en disant au parkeur que j’avais perdu mon ticket. Il a refusé de me donner la moto et m’a dit d’aller rechercher le ticket dans le maquis. J’ai fait semblant de chercher et je suis revenu lui dire que je n’avais pas retrouvé le ticket. Il a finalement accepté que je prenne la moto, non sans avoir pris mon contact et l’immatriculation de la moto. » O. Pasgo persiste à dire que son ami S. Goumbri n’est mêlé, ni de près ni de loin, au vol qu’il a commis. S. Goumbri est accusé d’être complice de O. Pasgo, celui qui est chargé de cibler les parkings les nuits et envoyer O. Pasgo pour son forfait. Mais à la barre, il ne reconnaît pas les faits. Il clame qu’il n’est impliqué dans aucune manœuvre de vol avec son ami.

Voyant que ces deux prévenus livraient des versions différentes des déclarations qu’ils avaient faites à la gendarmerie et devant le procureur, le juge a repris leurs déclarations et les a lues. O. Pasgo, qui reconnaît n’avoir volé qu’une moto, avait pourtant avoué devant le procureur et la gendarmerie qu’il avait volé 3 motos avec la complicité de S. Goumbri et d’une autre personne. Il dit que ce sont eux qui ciblaient les engins dans les parkings et que c’est celui-ci qui les soustrayait. S. Goumbri avait déclaré être impliqué dans les différents vols. Les deux prévenus affirment aux juges qu’ils ont menti dans les déclarations parce qu’ils étaient torturés.

Le juge demande : « Donc le procureur vous a également torturés ? » Réponse : « Non mais, on a cru qu’on nous ferait la même chose qu’à la gendarmerie.»

Le procureur dit être convaincu que ces deux personnes se sont entendues pendant leur séjour en prison pour innocenter une personne.  « Vous avez raconté clairement les faits à la gendarmerie et devant le procureur et vous venez raconter autre chose ici ! Vous vous êtes entendus pour nous mentir », clame le procureur. O. Pasgo réplique : « En toute sincérité, j’ai menti sur S. Goumbri sinon il n’a pas participé au vol. »

Pour le procureur, le prétexte de la torture ne tient pas parce que c’est le refrain utilisé par plusieurs prévenus qui se présentent à la barre. « Je suis convaincu que vous opérez ensemble, les enquêtes l’ont même prouvé. C’est votre spécialité. Mieux vaut reconnaître les faits, parce qu’une faute avouée est à moitié pardonné », a déclaré le procureur.

Mais les prévenus sont restés sur la position qu’ils ont défendue devant le tribunal ce 13 septembre 2022. Le délibéré est renvoyé au 23 septembre 2022.

Nafisiatou Vébama

educ 2A l’orée de la rentrée administrative, prévue le 15 septembre 2022, et de celle pédagogique, le 3 octobre 2022, Radars Info Burkina a tendu son micro au secrétaire général du Syndicat national des professeurs d’école le vendredi 9 septembre 2022. L’objectif de cet entretien était de connaître la suite des revendications du SYNAPEC qui ont été faites le 25 août dernier. De ces échanges il ressort qu’aucune réponse n’a été donnée à la plateforme revendicative du syndicat qui, de ce fait, maintient sa position. Interview.

Radars Info Burkina : Présentez-vous à nos lecteurs.

SG SYNAPEC : Je me nomme Adama Dabilgou, Secrétaire général du Syndicat national des professeurs d'école (SYNAPEC).

Radars Info Burkina : Le 25 août passé, le SYNAPEC a tenu une conférence autour d’une plateforme revendicative, pouvez-vous revenir sur cette plateforme revendicative ?

SG SYNAPEC : Effectivement, le 25 août 2022, le Syndicat national des professeurs d'école a tenu une grande conférence de presse pour réclamer le reclassement automatique et sans condition de tous les Instituteurs adjoints certifiés (IAC) et des Instituteurs certifiés (IC) du Burkina Faso.

Radars Info Burkina : Au cours de ladite conférence, vous avez déclaré avoir adressé une demande de suspension de l’examen du Certificat supérieur d’aptitude pédagogique (CSAP) au ministre de la Fonction publique, avez-vous eu une réponse à cette demande ?

SG SYNAPEC : En effet, le 16 août 2022, le SYNAPEC a adressé une correspondance au ministère de la Fonction publique avec ampliation au ministère de l’Education nationale de l’Alphabétisation, et de la Promotion des langues nationales (MENAPLN) et à l'Assemblée législative de Transition (ALT) pour porter à leur connaissance certains faits.  D’abord, la masse éducative a passé plusieurs années sans avoir la chance de prendre part à un examen ou à un concours professionnel. Ensuite, l'emploi des Instituteurs adjoints certifiés est mis en extinction, de même que les catégories A3 et A2. De plus, les Instituteurs certifiés sont déjà certifiés. Ainsi, le monde éducatif trouve injuste de vouloir ramener les Instituteurs certifiés à chercher de nouveau une certification qu'ils ont déjà et par ricochet ressusciter pour les uns une catégorie déjà éteinte pour d’autres. De ce fait, le monde éducatif n'admet pas le recrutement des professeurs des écoles pendant que des Instituteurs adjoints certifiés sont toujours sur le terrain.

A cet effet, il a initié une pétition pour manifester son refus. Mais aucune réponse n’a été donnée à sa demande. Eu égard à tout cela, le SYNAPEC, créé pour défendre les intérêts moraux et matériels des Instituteurs adjoints certifiés et Instituteurs certifiés du Burkina Faso, proteste contre la tenue de l'examen du CSAPÉ et demande sa suspension pure et simple au profit d'un reclassement automatique et sans condition de tous les Instituteurs adjoints certifiés et Instituteurs certifiés du Burkina Faso.

Radars Info Burkina : Avez-vous eu gain de cause, concernant votre plateforme revendicative ?

SG SYNAPEC : Non ! Nous nous battons toujours pour obtenir gain de cause. A l'heure où je vous parle, le gouvernement fait la sourde oreille au SYNAPEC et à ses revendications.

Radars Info Burkina : Le ministre de l’Education nationale, Lionel Bilgo, a rendu public le calendrier de l’année scolaire 2022-2023. On y lit que la rentrée administrative est fixée au 15 septembre et celle pédagogique au 3 octobre. Etant donné que vous n’avez pas eu gain de cause dans vos revendications, comme vous l’avez indiqué précédemment, est-ce que les menaces dont vous avez fait cas, notamment boycotter la rentrée administrative, la rentrée scolaire, saboter les cours, faire une année blanche, pourraient être mises à exécution ?

SG SYNAPEC : Effectivement, nous avons pris connaissance de ce calendrier. A dire vrai, ce calendrier n'émeut personne. Sans les Instituteurs adjoints certifiés et les Instituteurs certifiés, ledit calendrier est sans objet. Sur la question de savoir si les menaces tiennent toujours route, je réponds par l’affirmative car rien n'est exclu ! Le monde de l'éducation n'ira pas enseigner sous cette humiliation. Le reclassement automatique et sans condition est un impératif pour que la rentrée administrative et celle pédagogique se tiennent en bonne et due forme

Radars Info Burkina : Avez-vous d’autres alternatives pour vous faire entendre ?

SG SYNAPEC : Le SYNAPEC ne s'inscrira pas dans une lutte de complaisance ou de plaisanterie. Si nous disons non, nous le disons de manière franche, sincère et responsable. Notre position restera inchangée si le gouvernement ne procède pas au reclassement automatique et sans condition des IAC et des IC.

Radars Info Burkina : Quel est votre mot de la fin ?

SG SYNAPEC : Nous voudrions vous traduire notre gratitude pour cet entretien. Par ailleurs, nous formulons des vœux de paix et de sécurité pour la nation burkinabè, durement éprouvée par l'hydre terroriste, la résultante de la mauvaise éducation et de la mauvaise gestion de la cité. En outre, nous invitons tous les IAC et IC à répondre promptement aux mots d'ordre qui seront lancés. Dans ce sens, un préavis de grève a été déposé pour le 15 septembre 2022, jour de la rentrée administrative.

Interview réalisée par Flora Sanou

insd 5La revue de l’actualité économique de cette semaine relève que l’accès des populations burkinabè à un certain bien-être en 2022 est mitigé. En effet, le rapport sur le développement humain en 2022 du PNUD classe le Burkina 184e sur 191 pays évalués. En matière de coût de la vie, l’indice global des prix a augmenté de 0,3% par rapport à celui du mois de juillet et de 18,1% par rapport aux prix d’août 2021, selon un rapport de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD). Retour sur l’actualité économique.

Selon le rapport sur le développement humain 2021-2022 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), rendu public le 8 septembre 2022, le Burkina Faso est le 184e pays sur 191. La mauvaise gouvernance et la situation d’insécurité dans laquelle se trouve le pays, qui ont rendu caducs les efforts en matière d’éducation, d’accès en soins de santé, d’accès aux produits alimentaires pour certaines zones et l’inflation sans cesse croissance, ont certainement impacté négativement l’IDH du Burkina Faso. Le thème du rapport de 2022 est : « Des temps incertains, des vies instables : façonner notre avenir dans un monde de transformation ». L’inversion est presque universelle, puisque plus de 90% des pays ont enregistré une baisse de leur IDH en 2020 ou 2021 et plus de 40 % ont vu leur score chuter au cours de ces deux années, preuve que la crise continue de s’exacerber pour beaucoup.

L’indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) du mois d’août 2022 se situe à 128,53 soit une hausse de 0,3% par rapport à juillet 2022, selon le rapport de l’INSD sur l’IHDC base 2014 du mois d'aout 2022. Comparé à août 2021, les prix augmentent de 18,1%, ajoute la Nationale de la statistique et de démographie. Dans la même lancée, l’indicateur de convergence de l’UEMOA pour le mois d’août 2022 (moyenne des indices des 12 derniers mois comparée à celle des 12 derniers mois précédents) est de 11,51%, contre 3,31% en août 2021.

Le 10 septembre 2022, la Maison de l’entreprise du Burkina (MEB) a célébré ses 20 années d’existence. En 2 décennies, cette structure, qui compte aujourd’hui plus de 700 membres constitués d’entreprises et d’organisations professionnelles, a permis la création de plus de 133 000 entreprises, délivré plus de 11 400 permis de construire et formé autour de 63 000 entrepreneurs. Ses efforts, selon les premiers responsables, ont contribué à la création de plus de 100 000 emplois auxquels s’ajoutent un volume de financements bancaires mobilisé au profit des entreprises de l’ordre de 18 milliards de FCFA et une enveloppe d’environ 60 milliards de FCFA au titre des projets et programmes exécutés au profit de l’économie nationale.

Par ailleurs, Sank Burkina a annoncé son partenariat avec Telecel Faso pour les transactions monétaires. Les citoyens burkinabè n’auront pas besoin d’une connexion Internet pour leurs transactions ; la puce Telecel suffira. Sank Business a été lancé en 2021 par de jeunes entrepreneurs burkinabè. Dix mois après, le promoteur assure que l’entreprise se porte bien, même si elle a encaissé pas mal de coups.

Etienne Lankoandé

mmmoustikLes choses avancent dans le domaine de la lutte contre le paludisme, cette maladie qui tue plus que n’importe quelle autre au Burkina Faso. Pour mieux organiser les efforts de lutte contre la maladie, l’Etat Burkinabè a mis en place le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) et plusieurs centres de recherche sur le paludisme. Radars Info Burkina s’est entretenu avec le Dr Ambroise Ouédraogo du PLNP au sujet de cette pandémie au Burkina Faso.

La mission du PNLP est de mettre en œuvre la Politique de lutte contre le paludisme au Burkina Faso. Dans sa vision, le PNLP travaille en synergie avec l'ensemble des secteurs afin de trouver un remède à cette pandémie qui freine le développement socio-économique du pays. Selon le Dr Ambroise Ouédraogo, le PNLP se charge de la mise œuvre de la politique de lutte contre le paludisme et d’apporter le matériel nécessaire aux structures sanitaires dans leurs actions de lutte contre la maladie.

Quelles sont les principales données en matière de paludisme au Burkina Faso ?

Le paludisme constitue la première cause de consultation, d’hospitalisation et de décès. Et en 2021, chaque jour ce sont en moyenne 12 personnes qui mouraient à Ouagadougou de cette maladie transmise par l’anophèle. Parmi les 11 pays les plus touchés, le Burkina Faso est classé 3e en termes de charge élevée de paludisme. Il faut aussi souligner que ce sont les cas de paludisme grave qui décèdent avec une forte proportion chez les enfants de moins de 5 ans. Si l’on considère par exemple 2021, les cas de paludisme grave enregistrés chez les adultes étaient de 605 504 et de 220 885 chez les enfants de moins de 5 ans, c’est-à-dire plus de 2 fois chez les adultes que chez les enfants. Cependant au niveau des décès, les proportions se sont inversées. En effet, sur 4355 cas de décès, 2930 sont des enfants de moins de 5 ans, soit environ 7 enfants sur 10 personnes décédées de paludisme.

Quels sont les moyens que le PNLP utilise dans la lutte contre le paludisme ?

Au nombre des moyens de lutte contre le paludisme, il y a la chimio-prévention du paludisme saisonnier pour les enfants de 3 à 59 mois. Nous faisons également le traitement préventif intermittent pour les femmes enceintes. Il y a aussi la prise en charge des voyageurs qui viennent de pays qui ne sont pas immunisés contre le Paludisme, pour éviter que ces derniers deviennent des cas graves pour eux-mêmes ou même pour la société par une propagation rapide de la maladie. Mais la méthode la plus utilisée, en dehors de la CPS, c’est la distribution de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA) aux populations. Et pour cette année, il y a eu des innovations majeures à travers les MILDA que le ministère à distribuer aux populations pour prendre en compte les résistances que développent les moustiques par rapport aux MILDA des années précédentes. Il y a aussi les sensibilisations pour demander aux gens d’adopter des comportements écocitoyens autour d’eux afin de mieux se protéger contre le paludisme.

Existe-t-il un vaccin contre la maladie ?

C’est une question qui relève du domaine de la recherche. Au niveau du PNLP, les moyens utilisés sont ceux dont je vous ai parlé un peu plus haut. Néanmoins on peut dire que les recherches vont bon train sur ce volet.

Quels sont les défis qui demeurent en matière de lutte contre le paludisme au Burkina Faso ?

D’abord il faut une prise de conscience des populations que la maladie est une entrave à tout. Il n’y a pas que le volet sanitaire qui soit impacté. Lorsque vous êtes un paysan et qu’en période de saison des pluies votre enfant fait la fièvre, vous pouvez hésiter les premiers moments à l’amener dans un centre de santé. Mais si la situation continue, vous serez obligé de l’amener à un moment donné. Et c’est votre temps et vos ressources que vous allez déployer pour les soins. Mais parallèlement, l’Etat et ses partenaires aussi emploient d’énormes ressources aussi bien matérielles, financières que humaines dans la lutte contre cette maladie. Tout cela met la société en retard. Donc je dirai que si nous prenons conscience de tout cela et que nous reconnaissons qu’il y a des pays qui ne connaissent pas le paludisme, c’est déjà un grand pas en avant. Sinon rien que dans les quartiers de Ouagadougou, dans les caniveaux et les devantures des habitations, vous comprendrez que le manque à gagner est énorme. Mais chacun peut mettre des habitudes de propreté autour de lui, pour contribuer à la lutte contre cette maladie.

Propos recueillis par Etienne Lankoandé

aarsblg une« Jeunesse burkinabè, il s’agit de ne pas te rendre. » C’est sur ce thème qu’a porté la communication donnée par le Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo, directeur exécutif de l’institut FREE Afrik, le vendredi 9 septembre 2022 à Ouagadougou. Pour le conférencier, la jeunesse  est l’acteur stratégique qui permet de gagner la guerre. C’est pourquoi elle ne doit aucunement céder à certaines pratiques ou à certains comportements, sous peine de courir à sa perte.

Selon le Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo, le thème même de cette conférence est une forme d’interpellation de la jeunesse burkinabè en ces temps de guerre que connaît le Burkina Faso, car justement ce sont majoritairement des jeunes qui font cette guerre.

Pour lui, on est à un moment où la jeunesse consciente, patriote, volontaire, désireuse de s’engager est un peu perdue car ne sachant pas comment se comporter. Elle se pose donc beaucoup de questions. Il estime que la jeunesse est dans la crise de sens et que cette crise est la première chose de cette guerre. C’est aussi une crise de science, d’autant plus qu’on a une crise de compréhension de la réalité, qu’on ne sait pas ce qui nous arrive et qu’on ne comprend pas l’enchaînement des choses.

 Ainsi, dans cette situation, il y a des travers dont il faut s’éloigner. En effet, ce à quoi la jeunesse burkinabè ne doit pas se rendre, Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo l’a souligné en dix points essentiels.

D’abord, il s’agit de ne pas se rendre  à l'obscurantisme terrorisme, au fanatisme, il ne faut pas que la jeunesse se laisse captiver par les terroristes. Ensuite, il ne faut pas se rendre aux allégeances ethniques, à la stigmatisation, au mépris communautaire. Il faut que la jeunesse refuse de voir dans le voisin qu’il ne connaît pas le visage du terroriste.  Il s’agit de ne pas se rendre à la stigmatisation communautaire qui prépare la guerre de nous contre nous-mêmes.

De plus, il ne faut pas que la jeunesse se rende au relativisme éthique. Il ne faut pas qu’elle se rende à ceux qui promettent une nation sans justice car pour le conférencier, il n’y pas de  nation sans justice, il n’y a pas de nation au-delà de la justice.

aarsblg 2En sus, la jeunesse ne doit pas se rendre dans  la division entre ancien-ancien régime et ancien nouveau régime car bien souvent dans les deux camps, il y a une absence de valeurs ; « ce qui les préoccupe, ce n’est pas la patrie ». La jeunesse ne doit pas être la clientèle de ceux qui n’ont pas de solution pour le pays et qui n’y pensent même pas fondamentalement.

Par ailleurs, la jeunesse ne doit pas opter pour la posture démissionnaire qu’il a appelée « autrui déluge de malheur », c’est-à-dire la théorie du bouc émissaire permanent du genre « c’est le Peulh, c’est la France, c’est l’autre mais jamais moi ». Autrement dit, il ne faut pas que la jeunesse se rende à l’hypothèse que ce sont uniquement qui sont responsables du problème.

Pour lui, il faut que la jeunesse sache et comprenne que quelle que soit la responsabilité des autres, c’est une impasse que de s’enfermer uniquement et simplement dans la répétition des responsabilités des autres sans engager la lutte.

En outre, toujours selon l’économiste chercheur, il faut que la jeunesse fasse attention aux tentations du pouvoir, aux luxures du pouvoir pour le pouvoir, aux facilités, aux illusions individualistes. « Ne pensons pas que le pouvoir est toujours là où nous le pensons. Ne restons pas dans la posture qui consiste à dire  ‘’le pouvoir dans toutes les conditions’’, sans conviction » a-t-il affirmé.

Toujours selon Ra-Sablga, il faut que la jeunesse comprenne que le « dieu argent » qui alimente le clientélisme des élites irresponsables sans valeurs nous mène à la perte. De ce fait, l'on doit savoir que le choix de nos élites n’est pas sur une base politique, économique. La jeunesse ne doit pas se rendre à une sélection des leaders sur la base de la taille de leurs comptes bancaires.

De plus, il faut que la jeunesse sache que son cerveau est un terrain de combat et dans ce temps de la révolution technologique elle ne doit pas se rendre à la manipulation des fake news, à la désinformation, au sommeil de la raison.

Par ailleurs, il ne faut pas que la jeunesse se rende aux majorités démissionnaires. Si la majorité est corrompue, il ne faut pas la rejoindre parce qu’elle est majorité. Enfin, il ne faut pas nous rendre à tout ce qui est contraire aux intérêts de la nation.

« L’enjeu de ne pas se rendre n’est pas une posture de passivité que je demande », a précisé Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo.

Ainsi, pour ne pas se rendre au terrorisme, au « dieu argent », à la corruption, il faut être proactif, a-t-il déclaré. Car pour lui, le mode d’action de cette guerre n’est pas écrit. Le manuel de cette guerre n’est pas écrit. Il faut savoir que le manuel de la guerre sera écrit après la guerre. De ce fait, il s’agit d’inventer dans le concret par notre patriotisme, par notre unité...

« Il faut qu’on s’engage comme on peut. Ceux qui pensent qu’ils ont  la fibre du soldat,  qu’ils se fassent enrôler. S’il n’y a pas de recrutement, marchez pour qu’on vous enrôle, faites-vous recruter et faites la guerre », a indiqué le Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo.

« La solution à nos problèmes n’est pas écrite quelque part dans des textes de chercheurs hyper compétents  ou dans des logiciels. C’est dans notre volonté, c’est dans notre créativité, c’est dans notre génie que nous allons inventer la solution à cette crise. C’est une guerre technologique. Une guerre technologique ne veut pas dire se confier aux drones fabriqués par d’autres jeunes d’ailleurs. C’est un défi technologique qui est posé par les engins explosifs qui attaquent les convois.  Donc il faut que nos jeunes ingénieurs, par leur génie, y proposent des réponses. C’est du génie local qu’on a besoin », a conclu le conférencier.

Flora Sanou

tpr uneLe Comité international mémorial Thomas-Sankara s’est intéressé aux « Tribunaux populaires de la révolution (TPR) : les leçons apprises et les limites », à travers une conférence conjointement animée le 8 septembre par Raymond Poda, ministre de la Justice sous la révolution, Rasmané Ouédraogo, cinéaste et juge des TPR, ainsi que François Bayala, chercheur ayant soutenu sur le thème « Les Tribunaux populaires et les droits de l’homme » en juin 1984. S’il est vrai que les TPR ont fonctionné avec certaines lacunes, les conférenciers affirment qu’on ne saurait parler de révolution sans lesdits tribunaux.

Le Conseil national de la révolution (CNR), par l’ordonnance 83 n°18/CNR/PRES du 13 octobre 1983, instituait les Tribunaux populaires de la révolution (TPR). Pour le juriste François Bayala, avec les TPR, se posait la question des droits de l’homme. « Quel sera le choix opéré par les TPR voltaïques concernant cet aspect ? » s’interroge-t-il dans son mémoire. Sur cette question, le ministre de la justice sous le CNR Raymond Poda évoque le discours du président Sankara au lancement des TPR. En effet, disait-il, « nous avons fait le choix entre deux formes de droits ; d’un côté le droit révolutionnaire du peuple, de l’autre l’ancien droit réactionnaire de la minorité bourgeoise. La Justice que vous êtes appelés à rendre s’inspire des principes démocratiques de notre révolution, une démocratie où le peuple se dresse contre les exploiteurs et les oppresseurs. Tel est le fondement de l’activité des TPR ».

François Bayala reconnaît que les TPR étaient l’expression de la participation des masses populaires à la gestion de l’Etat, quoique des insuffisances aient été constatées du point de vue de la justice des sociétés libérales occidentales. Ces insuffisances, selon lui, étaient l’imprescriptibilité des infractions, l’inversion de la charge de la preuve à l’accusé, l’absence de recours qui a été corrigé par la suite, l’absence d’instruction et la qualité des juges. Son propos a été soutenu par le ministre Raymond Poda, qui a signalé que les TPR étaient caractérisés par la non-assistance d’avocat à l’accusé, la non-existence du ministère public et l’inversion de la charge de la preuve à l’accusé. « En tout état de cause, se convainc M. Bayala, cette juridiction, tant exceptionnelle, a produit un déclic hautement symbolique de la gouvernance et de l’histoire du Burkina Faso ».

Des acquis hautement symboliques dont les objectifs étaient l’intérêt général

« Lorsqu’on regarde les TPR sous l’angle réactionnaire d’aujourd’hui, on peut utiliser le terme défaillance », selon le colonel à la retraite Pierre Ouédraogo, président du Comité international mémorial Thomas-Sankara. Mais, poursuit-il, « lorsqu’on regarde cela sous l’angle politique révolutionnaire, il n’y a pas eu de défaillance ». Pour lui, l’objectif principal, c’était l’éducation du peuple, la création d’une nouvelle culture de comportement vis-à-vis des biens publics, d’une nouvelle culture de respect du peuple et vus sous cet angle, les TPR ont fait œuvre utile.  « La révolution était déjà en marche, dit-il, et il fallait que le peuple ait confiance en son Etat, ait confiance en sa justice, pour pouvoir s’engager ». tpr 2Le ministre de la justice sous le CNR, Raymond Poda, embouche la même trompette, en déclarant que sur le plan politique, les TPR ont contribué à accroître la popularité et les objectifs socio-économiques du CNR ; sur le plan social, ils ont contribué à la moralisation des sociétés et sur le plan économique ont permis la récupération des deniers publics qui avaient été volés. Pour lui, les TRP ont eu pour missions de rétablir la justice sociale.

L’objet de critique du CNR a été les TPR

« Les TPR sont passés de 16 membres à 11. Un magistrat professionnel, un militaire ou gendarme et 5 membres CDR, soit 7 juges titulaires et 4 membres suppléants », a rappelé Raymond Poda. Il ajoute que les points de critiques étaient que les TPR siégeaient sans l’assistance des avocats et les autres limites qui sont liées aux textes des TRP et à la personne même du juge non professionnel.  Cependant, argumente-t-il, ce n’était pas des lacunes, c’était des décisions volontaires et délibérées, afin d’obtenir une adhésion des masses populaires et de les éduquer au respect du bien public. Et cela a eu plutôt un effet positif, selon lui, parce qu’au-delà de la mobilisation populaire, les prévenus eux-mêmes, après les moments d’écoute et d’appréhension, participaient et n’étaient plus inquiétés pour leur propre sécurité. Il ajoute que la révolution reposait sur les CDR et qu’il y avait l’urgence à répondre aux objectifs de bonne gouvernance. Ce qui fait que le temps n’était pas donné aux autorités au début de dispenser des connaissances élémentaires de droit aux juges des TPR avant qu’ils ne siègent.

Pour Rasmané Ouédraogo, la présence des CDR, comme représentant le peuple, gênait beaucoup les professionnels de la justice, qui n’ont pas manqué de les combattre. « Dans tout ce qui a été fait sous la révolution, c’est la présence des CDR qui a été mise en exergue pour critiquer la révolution, la haïr et mener toutes les actions de contre-révolution. Le côté positif de cette révolution a été occulté », s’indigne-t-il.

Pour le colonel Pierre Ouédraogo, les TPR ont permis à des gens de réaliser beaucoup de choses pour leurs villages avec l’accompagnement de l’Etat. « C’est parce qu’il y avait cette confiance et la confiance ne peut venir que si les citoyens sont convaincus que la gouvernance économique est saine et qu’on n’est pas en train de s’enrichir sur leur dos », renchérit-il. Pour lui, pour qu’un peuple s’engage à suivre son gouvernement, il faut une confiance absolue et un sentiment d’implication et de mise en avant de ses intérêts. Et c’est l’élément positif qu’il veut reconnaître aux TPR. « S’il y a eu des éléments en dehors, ce n’est pas important parce que si quelqu’un faisait une déviation il était conduit au TPR et cela a créé une référence, un guide qui a permis de transformer cette société et de faire de l’intégrité une valeur fondamentale du Burkina Faso », conclut-il.

Etienne Lankoandé

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