Plan national de développement économique et social : Opposition et majorité opposées sur sa mise en œuvre
Le Plan national de développement économique et social (PNDES), le programme présidentiel de Roch Marc Christian Kaboré pour son mandat, a fait l’objet d’une évaluation le 29 mai 2020 à Ouagadougou. Il en ressort qu’il y a eu des avancées mais aussi des insuffisances. Si la majorité présidentielle est de cet avis, l’opposition peint tout en noir. Sur la question, Radars Infos Burkina a pris langue avec Urbain Yaméogo, Secrétaire exécutif du MPP, et Alphonse Marie Ouédraogo de l’URD, membre de l’opposition.
Des actions concrètes ont été menées dans plusieurs secteurs, selon le Dr Urbain Yaméogo, enseignant chercheur, secrétaire exécutif du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Parmi celles-ci, il cite le domaine de la santé et celui routier. Il ajoute que le nombre d’écoles sous paillotes a considérablement diminué. Pour lui, les grandes lignes qui ont été tracées dans ce référentiel de développement ont été largement respectées. Pour le Dr Yaméogo, malgré le contexte hostile, il a été constaté des acquis dans plusieurs secteurs, notamment ceux de l'énergie, des infrastructures, de la santé et de l'éducation. En ce qui concerne les objectifs non atteints, le secrétaire exécutif du MPP a cité comme exemple le classement « Doing business » du Burkina Faso qui est resté stable de 2018 à 2019. Il reconnaît aussi qu’il y a des domaines qui nécessitent une attention particulière mais justifie cet état de fait par le climat délétère des affaires.
En effet, il soutient que l'exécution des actions retenues au niveau du PNDES s'est passée dans un climat sécuritaire assez difficile, avec des centaines de milliers de personnes déplacées. De ce fait, dans certaines zones du pays, la mise en œuvre des activités a connu beaucoup de difficultés si bien que des objectifs fixés n’ont pu être atteints pour certaines cibles.
Cette analyse du Secrétaire exécutif du MPP ne rencontre pas l’assentiment du président de l’Union pour la renaissance démocratique/Mouvement sankariste (URD/MS), parti membre du Chef de file de l’opposition politique (CFOP), Alphonse-Marie Ouédraogo. De prime abord, il réfute tout ce qui a été cité plus haut comme acquis. Pour le « sankariste », le dernier sondage du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) est une preuve de plus que le MPP a échoué dans son PNDES. Le président de l’URD/MS affirme que les cadres du MPP perpétuent tous les jours des actes de terrorisme économique « en louant des ambulances pour battre campagne dans un contexte où nos maigres ressources devraient être utilisées pour équiper nos braves FDS sur le champ de bataille et pour des actions de développement ». A l’en croire, le MPP n’a aucun bilan à présenter, car son régime, par sa gouvernance, a rendu malade le pays des hommes intègres.
Obissa

Une autre affaire vient ternir l’image du gouvernement en général et celle du président de l’AJIR en particulier. Il s’agit d’un enregistrement audio dans lequel on entendrait la voix d’une personne présentée comme le président du parti AJIR, par ailleurs conseiller spécial du président du Faso, Adama Kanazoé, s’entretenant avec un homme d’affaires du nom de Sayouba, sur le partage de millions suite à un marché. « Il faut que tu me donnes 30 millions, c’est le minimum », pouvons-nous entendre dire plusieurs fois M. Kanazoé. A en croire M. Ouédraogo, a écouter la conversation, il s’agit d’un marché de pistes rurales dans la région du Centre-Nord obtenu grâce à des manœuvres du conseiller spécial. D’après le CFOP, dans le même audio, M. Kanazoé, qui se réclame jeune et prône un changement générationnel, souhaite que l’homme d’affaires le soutienne pour qu’il puisse à l’avenir lui octroyer un marché de 20 milliards de francs CFA. Ce scandale, s’il est avéré, révèle une fois de plus le pillage à ciel ouvert et à grande échelle des maigres ressources du pays des hommes intègres. C’est pourquoi l’opposition demande à la justice de s’autosaisir de cette affaire comme elle l’a fait concernant le magistrat Narcisse Yaméogo en procédant à l’arrestation de M. Kanazoé.
En effet, l’article 272 dudit code dispose qu’un maire ou un adjoint au maire peut faire l’objet de suspension ou de révocation en cas de faute grave. Peuvent entraîner la révocation prévue à l’alinéa ci-dessus les fautes graves suivantes : 1-détournement de biens et/ou de deniers publics ; 2-concussion et/ou corruption ; 3- prêts irréguliers d’argent sur les fonds de la commune ; 4-faux en écriture publique et usage de faux ; 5-endettement de la commune résultant d’une faute de gestion ; 6-refus de signer et/ou de transmettre à l’autorité de tutelle une délibération du conseil municipal ; 7-refus de réunir le conseil municipal conformément aux textes en vigueur ; 8-spéculation sur l’affectation des terrains publics, les lotissements, les attributions de parcelles, les permis de construire ; 9-absence du président du conseil municipal depuis plus de six mois pour des raisons autres que celles relatives à l’intérêt de la collectivité territoriale ou de santé ; 10-poursuite devant un tribunal répressif ou condamnation pour des faits et actes punis par la loi, à l’exception des contraventions de simple police ou des délits d’imprudence, hormis les cas de délit de fuite concomitant. En tout état de cause, le maire ou l’adjoint prévenu des fautes graves ci-dessus énumérées peut faire l’objet d’une suspension préalable prononcée par l’autorité de tutelle.


En ce qui concerne l’attaque armée présumée terroriste à Kafolo, en Côte d’Ivoire, dans la nuit du 10 au 11 juin, M. Yehia affirme : « Elle est illogique d’après ce que je sais du mode opératoire des djihadistes. La zone est isolée et il n'y a pas une continuité territoriale avec leurs zones de repli». Et d’ajouter : « Il est possible que ce soit un coup de semonce pour des personnes se livrant à l'orpaillage et qui refusent de payer la Zakat, alors que ces groupes ont favorisé leur implantation. C’est une hypothèse. »
La tenue des élections présidentielle et législatives en novembre prochain fait des gorges chaudes au Burkina Faso. Si certains sont pour leur report, en invoquant les problèmes sécuritaires et sanitaires, d’autres par contre sont en faveur de leur tenue parce que, disent-ils, la Constitution n’a pas prévu de dérogation. Parti au pouvoir, d’opposition et OCS, chacun y va de son argumentation.
« Il faut donc aller aux élections. C'est d'abord un principe démocratique que le MPP veut et doit respecter. De plus, notre parti tient à respecter la Constitution ; il n'est donc pas question pour nous de défaitisme. Ce n'est pas à cause de cette situation sécuritaire et sanitaire difficile que nous n'allons pas tenir les élections, d’autant plus que le faire, c'est affirmer notre souveraineté sur toute l’étendue du territoire », a-t-il déclaré.
« C’est cela aussi, la démocratie », a-t-il affirmé. D’après l’honorable Dicko, on ne devrait pas s’attarder sur les propos des gens qui rêvent d'un Burkina Faso qui sombrera dans le chaos, parce qu’on doit faire beaucoup attention afin que l'ennemi qui est dehors ne profite pas de la situation pour s’engouffrer davantage au Burkina Faso. Aujourd'hui, a-t-il ajouté, à 100 kilomètres de Ouagadougou, on a déjà des problèmes d’insécurité qui se posent. Si on commence nous-mêmes à nous taper dessus, c'est un grand boulevard qui est ouvert. « Comme on le dit, quand la pluie vous bat, il ne faut pas vous battre entre vous », a-t-il terminé.
s’est-il interrogé. Car pour lui, les élections en réalité, c’est pour renouveler les institutions pour mieux gouverner la société qui n’est pas en crise. « Mais si la société même est en crise et qu’on ne la règle pas, on aura des institutions de crises pour continuer la crise », a-t-il déduit. C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, nous avions conseillé dans la feuille de route des sages de l’Appel de Manéga, depuis fin janvier, d’aller à la réconciliation nationale avant les élections. A l’en croire, cela permettra de réconcilier les Burkinabè, que les acteurs politiques soient eux-mêmes dans des prédispositions, engagés dans l’amour de leur pays avant d’aller aux élections. C’est seulement ainsi, a-t-il terminé, que les dirigeants qui en sortiront seront légitimes et crédibles.
Le traditionnel Conseil ordinaire hebdomadaire des ministres s'est tenu le mercredi 17 juin 2020 sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, chef de l’Etat burkinabè. Il a été marqué par l'examen de certains dossiers de fonds et des communications orales. Au titre du ministère de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, le Conseil a examiné un avant-projet de loi modificatif de la loi 014-2001/AN portant Code électoral. Il sera présenté à l'Assemblée nationale lors d'une session extraordinaire pour adoption afin que les élections se tiennent à bonne date le 22 novembre 2020.
Au Burkina Faso, la convocation du corps électoral est prévue pour le 22 novembre 2020 pour des élections couplées (présidentielle et législatives). Actuellement, prévaut le débat sur l’opportunité ou non de tenir ces élections. Pendant que des acteurs politiques appellent au respect de ce calendrier, d’autres par contre plaident pour le report des élections. Radars Info Burkina a approché WANEP-Burkina (West Africa Network for peacebuilding ou Réseau ouest-africain pour l'édification de la paix, en français) pour savoir quelle attitude adopter pour des élections apaisées en 2020.
Au niveau des acteurs politiques, « il faut qu'ils puissent se départir de leurs intérêts personnels pour mettre en avant l'intérêt de la nation. Il faut écouter les difficultés que chaque parti sent venir pour qu'à travers un dialogue on puisse aboutir à une charte consensuelle », a-t-elle estimé.
Pour ce qui concerne la population dans son ensemble, il faut des sensibilisations sur le civisme électoral. « Pour les femmes, les groupements féminins ne sont pas contents de la loi quota genre (adoptée le 22 janvier 2020) pour le motif qu’elle n’est pas contraignante. Il faut que les différentes formations politiques respectent le quota genre. Ces partis doivent tenir compte des femmes et les jeunes dans l’établissement des listes électorales pour des élections apaisées. Pour que toutes les couches sociales puissent jouer leur rôle, la loi quota genre doit être révisée », a martelé, Mme Combary.
Le point de presse hebdomadaire du Chef de File de l’Opposition Politique (CFOP) s’est tenu ce mardi 16 juin 2020 à Ouagadougou. Il a été animé par le président du RDEBF, Adama Séré, et le 4e vice-président du l’UPC, Amadou Diemdioda Dicko. Les présumées tentatives de fraude lors de l’enrôlement des électeurs dans le Plateau central, le sondage du présimètre et l’affaire Armand Pierre Béouindé étaient, entre autres, au menu des échanges.










