COVID-19 au Burkina : « Les mesures barrières sont certes socialement contraignantes, mais c’est le prix à payer», Pr Claudine Lougué, ministre de la Santé
Le Burkina Faso enregistre 1950 cas de coronavirus, dont 56 décès, depuis mars 2020. Malheureusement, on constate ces derniers temps un relâchement de la population en matière de respect des mesures barrières. Par exemple, 189 énarques ont été testés positifs à la COVID-19 le 11 septembre à Bobo-Dioulasso. Radars Info Burkina a tendu son micro au chef du département de la Santé, le Pr Claudine Lougué, pour savoir les actions majeures entreprises par le Burkina dans le cadre de la riposte à la COVID-19 ainsi que ce qui est fait pour rappeler la pertinence des consignes sanitaires préconisées par les spécialistes de la santé.
La COVID-19 étant au départ une urgence sanitaire, le Burkina a mis en place une équipe médicale pour rédiger et finaliser un plan de riposte. « Dès que notre pays a été touché par la pandémie, avec l’identification des deux premiers cas le 9 mars, nous avons réquisitionné des agents de santé et un hôpital de 500 lits environ (NDLR : Le Centre hospitalier universitaire de Tengandogo), comportant pratiquement toutes les spécialités, qui a été réfectionné et mis aux normes afin de permettre la prise en charge des malades de la COVID-19. Les agents de santé ont été également formés », a tenu à préciser d’entrée de jeu le Pr Claudine Lougué.
En outre, un état d’alerte sanitaire a été institué sur l’ensemble du territoire national comme le prévoyait la loi organique. Pour permettre aux citoyens de se renseigner, un numéro vert a été créé, à savoir le 3535. La surveillance épidémiologique a par ailleurs été renforcée aux points d’entrée et des mesures barrières ont été édictées, dont le port du masque, le lavage des mains, la désinfection et des conseils de distanciation. « Nous avons renforcé la capacité des agents de santé en matière de diagnostic de laboratoire, de prise en charge, de contrôle et de prévention de l’infection. Le Burkina a suscité un engouement de tous ses chercheurs tant au niveau national qu’international. Des chercheurs au niveau national et de la diaspora se sont organisés en visioconférence et ont donné des orientations pour la prise de décisions », a ajouté la ministre de la Santé.
Une communication a été également développée, même s’il existait déjà des actions d’information et de communication pour le changement de comportement parmi les activités du ministère. « Nous avons intensifié ce volet. Le pays a suscité d’emblée l’engagement communautaire pour accompagner toutes ces actions et décidé du confinement des voyageurs pour éviter les cas importés avant que ceux-ci ne deviennent communautaires », a-t-elle expliqué.
Il y a aussi le renforcement des capacités des agents pour les protéger. « Le chef de l’Etat n’a cessé de nous dire de protéger les agents de santé de première ligne. C’est ce que nous avons essayé de faire, bien qu’il y ait eu des insuffisances. Nous nous sommes efforcés de les corriger au fur et à mesure », a souligné le Pr Lougué.
Sur le plan socio-économique, le gouvernement a instauré un couvre-feu. Il a décidé, sur les conseils avisés de chercheurs en matière de santé, de la mise en quarantaine de certaines villes où des cas avaient été identifiés. Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays, a aussi procédé à la fermeture des frontières, à la suspension des transports interurbains, à l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes.
« Dans le respect des mesures barrières, nous avons eu l’engagement très fort des communautés religieuses et coutumières, qui ont décidé de fermer les lieux de culte, de mettre en place des dispositifs de lavage des mains et de sensibiliser les populations à la COVID-19. Donc cet engagement a été important pour contenir la maladie. C’est le lieu vraiment de les remercier», a-t-elle relevé.
Toutes ces mesures ont été couronnées par la grande mobilisation au niveau national suite à l’appel à la solidarité du président Roch Marc Christian Kaboré le 2 avril. « Tout cela a contribué à nous amener au résultat d’étape que nous avions connu avant qu’il y ait un semblant de rebond du fait de certaines attitudes de relâchement », a ajouté le Pr Lougué.
Selon la ministre, jusqu’au mois d’août le nombre de cas confirmés avait drastiquement baissé, mais il est remonté en fin août en raison du relâchement dans le respect des mesures édictées par son département et non à cause de la réouverture des frontières aéroportuaires, « parce que nous avons pu contrôler les choses à ce niveau».
La ministre de la Santé a précisé que selon certaines études, 95% de la population avait une bonne connaissance des mesures barrières. « Mais lorsqu’on interrogeait certaines femmes, il y a seulement 30% qui affirmaient avoir des difficultés pour l’application de ces mesures barrières du fait de certaines contraintes de la vie », a-t-elle indiqué. Et d’ajouter que les mesures sont certes contraignantes, au regard de nos habitudes sociales, mais c’est le prix à payer pour pouvoir ensemble contrôler la transmission communautaire de la maladie. « Il faut que chacun s’y mette», a-t-elle conseillé.
Les chiffres qui incitaient à l’optimisme pourraient également expliquer ce relâchement de la population. «Aujourd’hui, la psychose a fait place à un sentiment d’assurance d’autant plus qu’il y a des moments où nous avions publié zéro cas après avoir dépisté une centaine de personnes. Les gens ont de l’assurance et se disent que la maladie est derrière nous. En plus, le fait de connaître un peu plus la maladie, de pouvoir faire en sorte que les cas graves ne soient plus fréquents et que la mortalité baisse a fait que les gens ont vraiment pris de l’assurance et ont commencé à laisser tomber les mesures barrières », a expliqué la ministre de la Santé.
Les plus exposées, ce sont les personnes vulnérables. C’est pourquoi la ministre de la Santé lance un appel auxdites personnes au respect des mesures barrières. Les populations doivent protéger ces personnes en respectant également les mesures barrières.
Enfin, la sensibilisation doit se faire continuellement. «Le ministère de la Santé continue à mener des actions à travers des affiches, des flyers, etc., pour que cet engagement communautaire soit maintenu », a-t-elle affirmé.
A l’en croire, il a été demandé à des communautés coutumières de prononcer des messages à l’endroit des populations pour que « nous nous ressaisissions, vu le relâchement des mesures barrières constaté ces derniers temps, et que nous les respections intégralement », a-t-elle conclu.
Aly Tinto

« Ces inégalités, qui sont loin d’être exhaustives, risquent de s’amplifier avec les crises climatique, alimentaire, sanitaire liée à la COVID-19, sécuritaire et humanitaire dont notre pays est l’objet et si des réformes conséquentes dans nos politiques publiques ne sont pas entreprises par nos décideurs », a affirmé Sylvestre Tiemtoré, le coordonnateur du SPONG, membre de la coalition Agir contre les inégalités.
Il leur est demandé, entre autres, d’affecter 30% du budget national à l’éducation publique, d’appliquer les textes de l’Etat rendant l’école obligatoire jusqu’à 16 ans, d’affecter au moins 15% du budget national au financement d’un service de santé publique gratuit, permanent, universel et de qualité, de rendre opérationnelle l’assurance maladie universelle en l’élargissant à toutes les régions du Burkina, d’avoir une attention sur les politiques fiscales plus progressives pour que l’effort budgétaire soit équitablement réparti, de renforcer la protection des droits du travail et l’adoption des politiques favorisant un marché du travail inclusif, digne et de qualité, en particulier aux femmes et aux jeunes, d’affecter au moins 10% du budget national au soutien du secteur agricole et d’injecter 18 milliards de francs CFA par an pendant 5 ans dans l’acquisition d’intrants et d’équipements agricoles et zootechniques, d’opérationnaliser la loi portant accès à l’information, de positionner les organisations de femmes et de jeunes dans les instances politiques et techniques des cadres sectoriels de dialogue du référentiel national public par la prise de décret et de nommer les femmes (30%) et les jeunes (30) à des postes stratégiques et de décision.
1623 femmes et filles ont été prises en charge sur le plan des violences basées sur le genre (VBG). 20 000 PDI ont bénéficié de Cartes nationale d’identité burkinabè (CNIB) délivrées gratuitement à Titao, Kaya et Dori. 30 000 PDI et populations hôtes ont bénéficié de jugements supplétifs délivrés gratuitement dans les régions du Centre-Nord, du Nord et du Sahel.
A l’en croire, souvent ce sont les PDI elles-mêmes qui revendent leurs vivres à des boutiquiers. Des vents violents et des cas d’inondations ont affecté l’ensemble des 13 régions et ce, depuis avril 2020. A la date du 18 septembre, 106 228 personnes sinistrées avaient été recensées, soit 17 705 ménages, dont 50 052 personnes très vulnérables ayant besoin d’une assistance d’urgence. On déplore également 112 blessés, 41 décès, 12 378 maisons d’habitation détruites, des pertes d’animaux, plus de 500 tonnes de vivres détruits, des hectares de champs inondés. 116 communes dans 36 provinces sont touchées par cette situation. Dans le souci d’apporter une réponse prenant en compte les secteurs prioritaires, le gouvernement, qui a déclaré l’état de catastrophe naturelle, a décidé du déblocage d’un montant de 5 milliards de FCFA.
D’ici fin décembre 2020, 5 élections présidentielles se tiendront en principe dans des pays d’Afrique de l’Ouest. Il s’agit du Burkina Faso, du Niger, du Ghana, de la Guinée Conakry et de la Côte d’Ivoire. Les enjeux électoraux sont certes distincts d’un pays à un autre mais dans les deux derniers cités, à quelques semaines des scrutins, la situation sociopolitique est tendue en raison de la volonté des présidents sortants de se maintenir au pouvoir après avoir déjà fait deux mandats. Une chose est certaine, les crises pré-électorales ou postélectorales sont à éviter dans la région ouest-africaine, d'autant plus que les pays du Sahel sont déjà éprouvés par les attaques terroristes itératives, auxquelles est venue se greffer une crise humanitaire sans précédent.
Il s’agira de la 3e confrontation électorale consécutive entre ces deux hommes politiques de ce pays anglophone. L’ancien président l’avait emporté en 2012 devant Nana Akufo-Addo. En 2016, Akufo-Addo est arrivé au pouvoir en battant Dramani Mahama. Le « match » programmé en décembre prochain s’annonce déjà très passionnant. Le Ghana poursuivra très certainement sa transition démocratique à l’issue de cette élection.
Dr Ousséni Tamboura a en outre plaidé pour une transparence permanente de la CENI sur le nombre des bureaux de vote qui ne pourront pas être ouverts le 22 novembre et demandé une transparence intégrale sur l'impact de l'enrôlement des déplacés internes dans le fichier électoral des communes accueillantes. « Il faut que les partis politiques s'engagent à s'abstenir de toute attitude de déstabilisation du processus électoral pour nous éviter des crises pré-électorales ou post-électorales », a-t-il conclu.
En outre, c’est au CC de s’assurer que les résultats des urnes sont « effectivement de bons résultats, qu'effectivement les irrégularités qui ont été commises ont plus ou moins entaché la crédibilité du scrutin ». A son avis, l'inclusion suppose également que ceux qui ont la capacité de voter puissent être enrôlés sur les listes électorales. En plus, il faut que ces listes soient fiables. «Dans ce processus en cours on a évoqué la question de l'enrôlement des déplacés internes. Est-ce que ce n'est pas l'occasion d'avoir des doublons ? » s’est-il interrogé.
RB: Alors que les autres puissances et institutions ont condamné le coup de force, l'ambassadeur russe a été le premier diplomate étranger reçu en audience par l’armée au pouvoir. Quelle analyse faites-vous de cette situation ?

En droit un Etat, c’est un territoire, une population, un système de gouvernement. Mais cette définition ne veut pas dire grand-chose du point de vue pratique. Un Etat, c’est aujourd’hui une gouvernance efficace et qui répond aux besoins des populations. Cela suppose également une vision commune de la classe politique. Il faut certainement qu’à un moment donné au Mali tout le monde accepte qu’il existe un seul Mali et non 2. Il n’y a pas un Mali à Bamako et un autre à Kidal. Tant que cette façon de faire n’aura pas changé, je crains qu’un simple changement de gouvernants ne puisse modifier les choses.

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a pris hier mardi des sanctions contre le Mali. « Les militaires n'ont fait que répondre aux aspirations de la population. Les prétendues sanctions de la CEDEAO ne peuvent donc se justifier. Il revient aux peuples de prendre leur destin en main et à la CEDEAO de s'adapter aux aspirations des peuples si elle veut conserver sa crédibilité », a critiqué Me Apollinaire Kyelem. 
RB : Ce coup de force est-il un sursaut d'honneur dans l'armée malienne pour siffler la fin de la récréation après le récent rapport des experts de l'ONU qui accuse la direction de la Sécurité de l’Etat et plusieurs de ses hauts responsables d’avoir entravé le processus de paix ?
RB : Etes-vous optimiste quant à l'évolution de la situation ?










