jeudi 5 février 2026

lutte insécuDans la lutte contre l'insécurité au Burkina Faso, nombreux sont les Burkinabè qui militent pour une rupture de la coopération entre le Burkina et la France.  Larba Israël Lompo, président de l'association Œil d’Afrik et porte-parole du Collectif des organisations de la société civile pour le Sahel (COSC/Sahel), est de ceux-là. Dans cette interview qu’il a accordée à Radars Info Burkina, M. Lompo martèle qu’on ne doit pas laisser la France continuer à considérer l'Afrique comme sa zone d'influence. Pour cela il faut, selon lui, soit  un changement de paradigme dans la coopération avec l’Hexagone, soit mettre fin à la coopération entre les deux pays.

Radars Info Burkina : Veuillez vous présenter à nos lecteurs.

Larba Israël Lompo : Je suis Larba Israël Lompo, président de l'association Œil d’Afrik,  première association panafricaine créée pour une souveraineté monétaire vraie des pays africains. Je suis aussi le porte-parole du Collectif des organisations de la société civile pour le Sahel (COSC/Sahel).

Radars Info Burkina : Croyez-vous à une rupture de la coopération franco-burkinabè ?

LIL : Nous croyons à un changement de paradigme dans la coopération avec la France. Nous avons le devoir d’obliger la France à changer sa façon de considérer l’Afrique et les Africains. Elle ne peut pas continuer à nous insulter dans des discours infantilisants et méprisants qui consistent à dire que l’Afrique est sa zone d’influence. Certains pays sont amis et coopèrent. Mais lorsqu’un pays considère un autre comme sa zone d’influence, on ne parle plus de coopération ; on parle de dominé et dominant.

Radars Info Burkina : Certains citoyens suggèrent qu’on arme la population pour lui permettre de se défendre elle-même face aux attaques terroristes. Que pensez-vous de cela ?

LIL : C’est en effet une stratégie qui pourrait se révéler efficace dans la lutte contre le terrorisme si elle relève d’une réflexion intelligente par des hommes avertis. Nous ne pouvons pas être partenaire avec des nations dont la preuve de la complicité avec les terroristes n’est plus à démontrer et nous attendre à une victoire. En réalité, nous avons juste besoin d’un héros de guerre. Mais si nous avons des dirigeants qui n’ont aucune confiance en eux, on ne peut pas s’attendre à ce héros de guerre.

Radars Info Burkina : Quelles sont vos propositions en matière de lutte contre l’insécurité au Burkina Faso ?

LIL : J’ai eu à faire plusieurs propositions comme la création d’un Centre de commandement du théâtre des opérations (CCTO). Je constate que les autorités actuelles ont créé le COTN, mais certains aspects de mes propositions, que je trouve pourtant pertinents, n’y ont pas été pris en compte.

Plus concrètement, la première chose à  faire, c’est se débarrasser de « l’ami-ennemi ». Ensuite, il nous faut choisir un partenaire prêt à nous fournir les équipements nécessaires, même s’il faut en contrepartie lui céder certaines de nos matières premières de façon franche et honnête. Outre cela, il faut contrôler l’émission monétaire et la masse monétaire, interpeller les pays côtiers sur la porosité de leurs frontières qui permet à l’ennemi de faire passer des armes et apprendre à notre peuple à créer de la richesse par lui-même. Par ailleurs, il faut reconsidérer les discriminations régionales en matière de partage des richesses du pays. Pour terminer, il faut mettre fin à tous les partis politiques ethnicistes.

Flora Sanou

lptakoL’Alliance pour une mine responsable (AMR) a organisé ce 23 septembre 2022 une table ronde avec les acteurs du secteur minier artisanal et tous ceux intervenant dans le domaine minier. Cette rencontre entre dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet pilote d’installation d’un comité d’évaluation du suivi dans les zones de production artisanales au sein des pays du Liptako-Gourma, à savoir le Burkina, le Mali et le Niger. Les travaux ont permis de peaufiner les termes de référence dudit comité et d’en confirmer les membres.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ainsi que l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG) ont révélé dans une étude réalisée en 2018 qu’il était important de mettre en place dans le Liptako-Gourma des comités d’évaluation et de suivi des risques dans les zones de production artisanales afin d’identifier les risques, de les évaluer et de les atténuer. Une recommandation a donc été faite à cet effet.

Dans l’objectif de favoriser la mise en place de ce comité au Burkina Faso, l'Alliance pour une mine responsable (AMR) a échangé avec les parties prenantes du sous-secteur de la mine artisanale et à petite échelle. Les participants ont eu l’occasion de s’imprégner du projet et d’énumérer les risques les plus importants de la mine artisanale et à petite échelle. Ce sont, sont entre autres, le travail et l’enlèvement d'enfants dans les sites, la violence psychologique et celle économique qu’ils endurent, les rapts de femmes et de filles, ainsi que les risques sécuritaires. « On a ajouté deux groupes supplémentaires de risques, à savoir ceux liés aux conflits miniers dans les zones minières artisanales et ceux en lien avec les questions de santé, sécurité et environnement. Ces risques sont identifiés en tenant compte des cinq lots de risques qui sont contenus dans les annexes 2 du Guide d’évaluation des urgences », a précisé Désiré Nikiéma, coordinateur national de l’Alliance pour une mine responsable (AMR) au Burkina Faso.

Les discussions ont également permis de trouver des éléments de réponses aux grands points constituant les termes de référence. Ces travaux vont aboutir aux cérémonies de lancement et d’installation du comité, prévues en octobre 2022.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans sa dynamique consistant à aider les entreprises à respecter les droits humains et à éviter de contribuer aux conflits par leurs pratiques de production et d’approvisionnement miniers, a adopté un guide sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais.

C’est à ce titre que l’OCDE, depuis le début de l’année 2016, travaille avec l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma (ALG) afin de promouvoir et de mettre en œuvre l’utilisation des recommandations du Guide OCDE au sein de ces 3 États du Liptako-Gourma susmentionnés.

Nafisiatou Vébama

jvenilIl ressort du dernier recensement de la population que 45,5% sont des enfants de moins de 15 ans et que 32,6% de jeunes ont entre 15 et 34 ans. Cette grande partie de la population tombe le plus souvent dans de mauvaises pratiques, lesquelles peuvent déboucher sur la délinquance. Ces dernières années, les statistiques pénitentiaires montrent une hausse de la délinquance juvénile. En 2007, 365 mineurs étaient impliqués dans des affaires pénales et 219 en 2005. Pour Me Abdoul Rahim Sawadogo, greffier en chef, membre de Juristes Sans Frontières, la notion de délinquance juvénile en droit renvoie à la délinquance chez les mineurs, le mineur étant une personne de moins de 18 ans. Il explique qu’il s'agit d'un ou de plusieurs actes délictueux ou de violations de la loi pénale perpétrées par une personne mineure. Alors, que dit la loi en matière correctionnelle de la délinquance juvénile ?        

Les actes de délinquance des mineurs sont, entre autres, le vol, l’abus de confiance ou le recel, la détention et l’usage de drogues. « Lorsqu'un mineur commet une infraction, il va d'abord se poser la question de sa responsabilité pénale.  A ce sujet, la loi 015 de 2014 sur l'enfance en danger et l'enfant en conflit avec la loi et plus récemment le nouveau Code pénal fixe l'âge de la responsabilité pénale à 13 ans et celui de la majorité pénale à 18 ans. Cependant, le mineur de moins de 13 ans peut faire l'objet de mesures éducatives et de sûreté », précise Me Abdoul Rahim Sawadogo, greffier en chef, membre de Juristes Sans Frontières.

Pour le greffier en chef, le mineur étant un être vulnérable, le législateur doit veiller, en cas d'infraction commise par ce dernier, « à apporter une réponse pénale spécifique et adaptée ».

Abdoul Sawadogo fait savoir que lorsqu'un mineur transgresse la loi pénale, il ne lui est pas appliqué les mêmes règles de procédure qu'à un majeur. Il s’en explique : « Cette différence qui est tout à fait légitime se remarque à plusieurs niveaux de la procédure, notamment en ce qui concerne, entre autres, la garde à vue, la perquisition, l'institution de l'enquête sociale et la médiation pénale, la composition du tribunal. Par exemple, un enfant de moins de 10 ans ne peut pas être gardé à vue. Et même pour la garde à vue des mineurs âgés de plus de 10 ans, elle ne peut excéder 48h renouvelable en fonction de son âge. » L’officier public précise que les audiences des mineurs se tiennent à huis clos et sans costume d'audience.

Les mesures éducatives judiciaires concernant les jeunes délinquants

Si un mineur est reconnu coupable d’un crime et qu’il bénéficie de l’excuse de la minorité du tribunal, il est sanctionné à purger la moitié de la peine infligée aux majeurs pour la même infraction. « La peine du mineur, même en matière criminelle, ne peut pas excéder 10 ans. En matière criminelle, le mineur reconnu coupable peut être condamné à une peine privative de liberté », indique Me Sawadogo. Il ajoute qu’en général, les mineurs purgent leurs peines de prison dans des établissements spécialement aménagés en tenant compte de leur particularité.

Les mineurs impliqués dans la délinquance ont des peines différentes de celles des majeurs. En fonction donc de la gravité de l'infraction commise, le Code pénal a prévu, « entre autres, de l'admonestation, de la réprimande, de la remise à ses parents ou à ses représentants légaux, du placement dans un centre habilité à l'éducation ou à la Formation professionnelle », déclare le greffier en chef. En outre, le mineur de plus de 13 ans peut encourir une peine d'amende ou de prison.

Il faut retenir que les « peines concernant les mineurs tiennent compte de sa sensibilité et du fait que le but visé n'est pas la sanction mais la rééducation et la réinsertion sociale», a-t-il conclu.

Nafisiatou Vébama

developLe Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a publié son rapport 2022 sur l’Indice du développement humain (IDH) en début septembre 2022. Même si le Burkina Faso y conserve sa place de 184e sur 191 pays classés, les indicateurs sont en baisse, ce qui traduit une dégradation très poussée des conditions de vie des populations. La pauvreté multidimensionnelle qui a consacré un pan aux disparités entre Burkinabè en dit long. Retour sur ce dernier volet du rapport de l’organisme onusien.

Dans la plupart des classements économiques, la mesure de la pauvreté est le plus souvent basée sur le revenu, comme le seuil de pauvreté. Cependant, le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) va plus loin en prenant en compte l’aptitude des citoyens de chaque pays à satisfaire un certain nombre de besoins, d’où la notion de développement humain. Les 191 pays classés en 2022 (le Tchad et le Soudan du sud en sont la lanterne rouge) sont répartis en pays au développement humain très élevé, pays au développement humain élevé, pays au développement humain moyen et pays au développement humain faible. C’est dans le dernier lot, c’est-à-dire celui des pays au développement humain faible, qu’est logé le Burkina Faso. A noter que le PNUD a considéré 2010 comme année de base pour calculer les indicateurs en 2021.

Et selon ce rapport de l’organisme onusien, le Burkina Faso a eu un indice de développement humain de 0,449 sur une moyenne de 0,518 pour les pays au développement humain faible, au nombre de 32. L’ancienne Haute-Volta a en outre perdu environ 29,8% dans le rapport d’inégalités sociales, se situant de ce fait à 0,315. Concernant les inégalités-genre, le Burkina Faso a été classé 157e sur les 191 pays étudiés. Ce dernier volet est l’unique point sur lequel le Burkina Faso a des résultats encourageants. En effet, en considérant la pauvreté multidimensionnelle, elle a un taux de 84,2% et fait du Faso le pays qui a le taux de pauvreté multidimensionnelle le plus élevé au monde, respectivement après le Niger (91,0%) et le Soudan du sud (91,9%). Dans le même ordre d’idées, l’intensité des privations est également très accrue avec un taux de 62,2%.

Selon le PNUD, les estimations de l’indice de pauvreté multidimensionnelle reposent sur l’Enquête nationale sur la santé et la nutrition. Elle est le pourcentage de la population dont la pauvreté est multidimensionnelle, ajusté à l’intensité des privations. Pour des pays comme le Burkina Faso, ce sont des réalités plus qu’interpellatrices sur le mode de gouvernance économique. Il y a, par conséquent, nécessité à changer de paradigme pour espérer sortir la tête de l’eau.

Etienne Lankoandé

fournitAu Burkina Faso, les prix des fournitures scolaires ont flambé, tout comme ceux d’autres produits. La crise au niveau international et l’insécurité seraient à la base de ce renchérissement avec la hausse du coût du transport, du carburant. Ainsi, dans le souci de réguler les prix des fournitures en cette période de rentrée scolaire, le gouvernement a procédé à un contrôle des prix débuté le vendredi 16 septembre 2022 à Ouagadougou. Est-ce que le contrôle seul est la solution pour réduire les coûts ? La mise en place des librairies témoins ne serait-elle pas une aubaine pour soulager les parents ? Mieux, ne serait-il pas judicieux que le gouvernement envisage d’industrialiser la production des fournitures scolaires au Burkina ?

Au Burkina Faso, c’est le commerçant qui fixe les prix des articles puisque l’on remarque que l’Etat n’arrive pas à faire respecter le prix des produits. La preuve en est que des décrets ont été signés pour fixer les prix de l’huile, du savon et du sucre, mais ils n’ont jamais été respectés. On est donc tenté de se demander ce qu’un contrôle pourrait bien changer, surtout qu’aucun prix officiel n’a été communiqué par le gouvernement concernant les fournitures scolaires. De plus, cette mesure intervient à un moment où la majorité des parents d’élèves  ont déjà fait leurs achats en matière de fournitures, si bien qu’on se demande si ce contrôle des prix sera d’une quelconque utilité.

De plus, il n’est pas rare d’entendre certains commerçants lancer sans gêne aux clients qui se plaignent du non-respect des prix qu’ils peuvent aller acheter leurs fournitures dans les boutiques de l’Etat s’ils le veulent. Pourquoi donc ne pas « ressusciter » les boutiques de l’État appelées Faso yaar qui existaient au temps de la révolution ? Cela amènerait certainement les commerçants à vendre à des prix raisonnables.

Si possible, il serait bien que, les années à venir, le ministère de l’Education, en collaboration avec les premiers responsables des écoles et établissements privés comme publics, fixe la liste officielle des fournitures scolaires pour amoindrir la « surcharge » des parents imposée souvent par certaines écoles.

En effet, selon un parent d’élève, une école où fréquentent ses enfants fixe même la marque des cahiers, des marqueurs, des rames de papier, etc. De l’avis de ce parent d’élève, réclamer des rames de papier pour des enfants en petite section est incompréhensible car il se demande à quoi cela servira. Donc, une liste officielle des fournitures pourrait éviter aux parents certaines dépenses superflues.

De plus, l’État pourrait trouver des solutions à l’interne en mettant par exemple  en place des unités de production de cahiers, de manuels scolaires, d’ardoises, etc. Il pourrait, à cet effet, accompagner les entrepreneurs  dans la production des fournitures scolaires afin que les coûts soient à la portée des populations, car il ne faudrait pas produire à l’échelle nationale et vendre encore plus cher que les articles importés.

Il faudrait également éduquer certains citoyens burkinabè à la droiture afin de parvenir au respect des orientations données par le gouvernement.

Tout compte fait, c’est une question de volonté politique et de vision.

Flora Sanou

bbautreDeux jeunes filles, l’une âgée de 21 ans, élève en classe de 1re, que nous nommeront C.L., et l’autre âgée de 19 ans, élève en 3e, que nous appellerons A.T., ont comparu à la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance Ouaga I ce mardi 20 septembre. Elles sont accusées de « faits d’escroquerie ». A.T. a écopé d’une peine d’emprisonnement de 12 mois et d’une amende de 500 000 FCFA, le tout assorti de sursis, tandis que C.L. a été relaxée au bénéfice du doute.

A.T., âgée de 19 ans, était une complice de Qnet qui avait loué un local à Ouagadougou pour elle. Son travail consistait à faire appel aux gens  pour leur dire qu’elle est dans une entreprise qui recrute avec un bon salaire. Chaque fois que quelqu’un manifestait de l’intérêt pour  la proposition, il lui était réclamé 600 000 francs CFA comme frais de dossiers, d’hébergement et de restauration avant le début effectif du travail. C’est dans ces circonstances que la jeune fille a pu faire inscrire 20 personnes. Elle était à la 21e personne, à qui elle a pu soutirer 200 000 FCFA. « Il m’a appelé dire qu’il vient au Burkina mais qu’il n’a pas d’emploi. Je lui ai dit que je fais le commerce de certains produits et qu’il pouvait venir. Mais qu’avant de commencer il devrait payer 600 000 F et il a dit qu’il n’a pas cette somme et qu’il avait 200 000. C’est ce qu’il est venu payer», a-t-elle raconté.

Elle a été déclarée coupable des faits d’escroquerie. Ayant reconnu les faits et demandé pardon aux membres du Tribunal, elle a été condamnée à 12 mois d’emprisonnement et à une amende de 500 000 FCFA, le tout assorti de sursis.

Quant à C.L., elle n’a pas reconnu les faits car elle dit  avoir été victime de ce système. « J’ai une voisine du nom de B.A. Elle m’a contactée depuis Fada N’gourma et dit qu’elle travaille dans une entreprise à Ouagadougou et que l’entreprise voulait recruter des gens pour des formations dans plusieurs domaines  dont la santé. Elle m’a dit de faire venir mes dossiers et je lui ai envoyé.  Quelques jours après, elle m’a appelé pour m’informer que j’étais retenue et que je pouvais venir commencer la formation. Quand je suis venue, elle a dit d’appeler mon papa pour qu’il envoie les frais de formation qui coûtent 450 000 FCFA et mon papa a envoyé cela. Ensuite, elle a dit qu’il y avait une possibilité pour mon frère. Lui aussi, il a envoyé ses dossiers. Elle a dit que les frais d’inscription pour mon frère font 650 000 FCFA et mon papa a encore envoyé cela. Et c’est juste après ça que la police est venue nous prendre dans la maison où on logeait. Donc je n’ai jamais fait venir quelqu’un pour l’inscrire. Je ne connais même pas l’entreprise », a-t-elle expliqué.

Au regard de ses explications, le procureur a demandé au tribunal de la relâcher au bénéfice du doute.

 Nombreuses sont ces personnes en quête d’emploi qui se font avoir par ces prétendues entreprises qui disent offrir des opportunités d’emploi avec un bon salaire alors qu’elles n’existent en réalité que de façon fictives.  Combien de temps faudra-t-il pour mettre fin aux pratiques de ces réseaux d’escrocs dans ce contexte où la jeunesse est en quête de gain facile ?

Flora Sanou

srpdiDans le compte rendu du Conseil des ministres du 7 septembre 2022, le gouvernement burkinabè annonçait une diminution du nombre de personnes déplacées internes (PDI). Ainsi, selon le ministre de l’Action humanitaire, le nombre de PDI est passé de 1 902 150 à 1 520 012, soit environ 382 138 personnes qui ne figurent plus dans la base de données du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) et cela, en raison de doublons et de retours spontanés. Ces propos de l’exécutif sont toutefois mis en doute par certains citoyens, qui pointent du doigt le hiatus entre certaines affirmations du gouvernement et la réalité sur le terrain.

« Si cela est avéré, c’est une bonne chose. Cependant, la question est de savoir comment ces PDI vivront là où elles sont retournées alors que l'administration n'y est plus. Car si elles sont retournées dans lesdites localités sans la présence de l’administration, c’est sûr qu’elles finiront par se plier au diktat des terroristes pour pouvoir vivre  dans la quiétude », affirme Firmin Da.

Pour lui, le nombre de déplacés a diminué parce qu’à un moment donné certains, fatigués d’être dans les camps de déplacés internes, ont préféré aller se trouver des logements. « Si le gouvernement dit que le nombre de déplacés diminue dans les camps, je ne dis pas non, mais dire qu’ils repartent dans leurs villages d’origine, j’en doute ! En tout cas, dans ma région, je n’ai pas encore vu cela.  Bien au contraire, les gens continuent de venir se réfugier en ville. Je passe devant l’Action sociale de la province et nous voyons des milliers de déplacés internes qui font la queue pour demander des vivres. Il y a également des déplacés qui ne sont pas habitués à être pris en charge par d’autres personnes dont les humanitaires. Ces derniers préfèrent donc repartir chez eux malgré la mort qui les y guette », a-t-il dit. M. Da poursuit : « Qui repart dans ces villages pour voir s’il y a vraiment des populations qui s'y sont réinstallées avec leur famille ? Si le gouvernement dit que les PDI repartent, qu’il nous précise dans quelles régions cela s’est fait. Au Nord, au Centre-Nord ou dans la Boucle du Mouhoun ? Si ce retour concerne un seul village, il n’y a pas lieu de parler de PDI. La réalité sur le terrain est carrément en déphasage avec ce qui est dit.»

De l’avis de Zakaria Zongo, il faut d’ores et déjà que le gouvernement donne concrètement le nombre de régions qui sont concernées par ce retour et les villages qui ont été récupérés des mains des terroristes pour favoriser le retour de ces PDI. « Même s’ils sont retournés, est-ce que leur sécurité est assurée ? Autant de questions qui nous laissent perplexes. S’il y avait des actions concrètes, je pense que ce gouvernement allait communiquer sincèrement les chiffres », argue-t-il.

« Il ne faut pas prendre le cas d’un groupuscule pour en faire une  généralité »

Pour ces citoyens, il ne faut pas maquiller la réalité mais plutôt la présenter aux Burkinabè telle qu’elle est. « Il ne faut pas prendre le cas de Seytenga et le comparer à ceux de Bourasso et de Douroula ; ce sont des situations différentes », martèle Firmin Da.  

Ce doute sur les chiffres donnés par le gouvernement est également exprimé par Alexandre Badini. « Je pense que chaque fois que le gouvernement communique, il y a un hiatus avec la réalité, ce qui laisse planer le doute sur toute action que ce dernier dit avoir menée. Par exemple le gouvernement a affirmé, concernant Thiou, que la population y est retournée et qu’il a même  reconquis des localités, mais des gens ont démenti cette information », a-t-il déclaré. 

Alexandre Badini indique qu’il reste beaucoup à faire de la part du gouvernement burkinabè en ce qui concerne le retour  des déplacés et la consolidation des territoires reconquis . « Il faut aussi qu’il veille à ce que d’autres localités comme Solenzo, qui est en proie à des groupes armés terroristes ces derniers temps comme l’actualité nous le montre, et ses environs ne tombent pas. Autrement, ce serait comme une jarre percée qu’on veut remplir d’eau ; cela est quasiment impossible. »

Alexandre Badini conclut : « Les populations ne démentent pas certaines informations du gouvernement par plaisir ou simplement parce qu’elles veulent le faire ; elles souhaitent juste pouvoir retourner effectivement dans leurs localités d’origine.»

Nafisiatou Vébama

pproc uneOuvert ce vendredi 16 septembre 2022 à la chambre de comparution correctionnelle  du Tribunal de grande instance Ouaga I, le jugement d’Ollo Mathias Kambou a été renvoyé au 23 septembre 2022. Les avocats du prévenu, après avoir demandé le renvoi dudit procès, ont plaidé une liberté provisoire pour leur client, placé sous mandat de dépôt à la MACO depuis le  6 septembre. Cependant, le tribunal a rejeté leur requête.

Me Prosper Farama, l’un des avocats d’Ollo Mathias Kambou, alias KAMAO, a demandé une liberté provisoire pour son client et ce, après avoir sollicité le renvoi du procès. L'homme en robe noire reconnaît que son client a « injurié par voie d’Internet le chef d’État », mais il s'empresse d'ajouter que Kambou est « assistant doctorant à l’université ; il poursuit ses études. Il ne peut pas avoir à l’esprit de quitter le pays ni refuser de se présenter  à l'audience si on lui accorde cette liberté provisoire. Cela briserait même sa carrière s’il le fait ». L'avocat a aussi relevé que son client étant membre d’un mouvement de la société civile, ce qui lui est reproché touche à son engagement, à son militantisme.

Donc « ce procès est [pour KAMAO] l’opportunité de venir expliquer comment il en est arrivé à cette situation », a poursuivi Me Farama.

pproc 2Ainsi, ce sont tous  ces éléments jugés « objectifs » selon lui, mis ensemble, qui les amènent à demander une liberté provisoire pour celui qu'ils défendent.

« Nous ne minimisons pas les principes logiques de la justice. Nous vous prions respectueusement d’accorder la liberté provisoire à notre client pour lui permettre de continuer ses activités. Nous essayons de rester dans une logique juridique », a plaidé l’auxiliaire de justice.

Cependant, cette requête de mise en liberté provisoire des avocats d’Ollo Kambou a été rejetée par Mme le procureur.  « Si l’avocat du client demande la liberté provisoire en nous disant qu’il est assistant chercheur doctorant et militant engagé dans un mouvement, ce n’est pas une excuse car au Burkina, il y a plusieurs hommes et femmes qui sont engagés mais qui ne transgressent pas la loi »,  a-t-elle fait remarquer. Selon la magistrate, « cette demande porte sa propre contradiction » car « le prévenu n’a aucune garantie de représentation en justice ». Donc, « je demande de rejeter la demande de mise en liberté provisoire », a-t-elle conclu.

« On reproche à notre client d’avoir offensé le chef de l’Etat. C’est une infraction moyenâgeuse parce que dans aucune démocratie moderne au monde vous ne trouverez encore ce type d’infraction. Quand on est dans un Etat de droit, en démocratie, quand on est un homme politique, on doit  admettre que la critique politique soit quelquefois très obscène», a pour sa part affirmé Me Prosper Farama.

A noter que le procès d'Ollo Kambou, dit KAMAO, a été renvoyé au vendredi 23 septembre 2022 et ce, à la demande de ses différents avocats.

Flora Sanou

ablokchainL’investissement en ligne a pris de l’ampleur avec l’essor des technologies de l’information et de la communication. Même si des pays comme le Burkina Faso sont encore à la traîne, on constate que les Burkinabè s’y adonnent de plus en plus. Radars Info Burkina est allé à la rencontre de David Kogo, entrepreneur digital et dans le secteur du BTP, pour en savoir davantage sur ce sujet. Sans langue de bois, il parle des pièges dans lesquels les Burkinabè ont tendance à facilement tomber. Interview.

Radars Info Burkina : Quels sont les types d’investissements qu’on peut trouver en ligne et qui sont accessibles au public burkinabè ?

David Kogo : La liste est longue. Aujourd’hui avec l’évolution de la technologie, on peut dire que tout est possible dans le monde. Avant les choses étaient restreintes mais maintenant tout est ouvert aux pays. Il reste peut-être la sensibilisation ou la conscientisation. On peut citer le e-commerce qui est un commerce en ligne comme quelqu’un qui part acheter ses marchandises qui vient mettre ça dans son magasin et qui vend. Sauf que dans ce cas on a digitalisé cela. Et on peut rester juste dans son bureau sans même aller prendre une marchandise mais vendre tout ce que l’on veut grâce à son ordinateur. Deuxièmement il y a le trading des devises qui est aussi très important parce que cela entre dans le cadre des échanges et on peut dire que ce sont les échanges de différentes devises. Quand vous voulez voyager, vous volez prendre l’avion pour aller aux Etats-Unis, arrivé à l’aéroport, vous devez échanger vos francs CFA contre de l’euro ou du dollar. Du coup comme le taux varie, vous pouvez perdre comme vous pouvez gagner. C’est dans ce sens que le trading est né et c’est possible, à partir de son ordinateur, de faire du change et réaliser du profit sans bouger. Le troisième, c’est la blockchain qui est la technologie la plus révolutionnaire à l’heure actuelle et sur laquelle sont basées les cryptomonnaies, notamment le Bitcoin que tout le monde connaît qui est né en 2008 après la crise, pour résoudre les problèmes liés aux transactions. C’est une monnaie décentralisée qui permet à tout le monde d’échanger de l’argent sans passer par les banques conventionnelles. Et là encore il y a des opportunités à saisir parce qu’on peut avoir des plus-values lorsque les cryptos prennent ou non de la valeur. C’est un domaine qui n’est pas très bien étudié en Afrique. A l’heure actuelle on estime à 3% la population mondiale qui est au courant de l’existence même des cryptomonnaies. Mais c’est une chose qui va s’imposer à tous les pays dans quelques années. Comme le monde évolue, c’est un domaine que les jeunes Burkinabè doivent tenter de maîtriser. Il y en a beaucoup mais ce sont ces trois que je vais citer qui regroupent beaucoup d’autres et qui sont des domaines accessibles au Burkinabè. Parce que des domaines comme le dropshipping sont inclus dans le e-commerce. Ensuite, les gens ne savent pas qu’à partir du Burkina on peut être actionnaire de multinationales comme Alibaba, Facebook ou Google grâce au trading.

Radars Info Burkina : Quel est le facteur le plus important à prendre en compte quand on veut se lancer dans l’investissement en ligne ?

DK : Quand on veut se lancer dans l’entrepreneuriat ou l’investissement en ligne, le premier facteur, c’est l’information ; la bonne et la juste surtout. Il faut aller chercher l’information parce que si vous n’avez pas l’information vous ne pouvez pas décider de faire quelque chose que vous ne connaissez pas. Après l’information, c’est la formation. Vous vous lancez alors en connaissance de cause.

Radars Info Burkina : Comment trouver une formation adéquate, vu que beaucoup d’individus prétendent être des connaisseurs aguerris du domaine, surtout pour ce qui est du trading, et proposent des formations au premier venu ?

DK : Comme dans toute entreprise, quand vous voulez vous lancer il faut aller vers ceux qui sont dans le domaine. Il faut vous renseigner auprès de ceux qui sont dedans et qui engrangent des fruits. Vous ne pouvez pas aller chercher des mangues sur un goyavier. Il faut aller sur un manguier. Il y en a aussi qui, dès qu’ils voient une information en ligne, sautent dessus. Le Burkinabè est trop naïf et c’est ce qui peut lui faire perdre énormément. On ne veut pas aller à la source. On aime les raccourcis, on aime les moins chers et ce qui est facile. Voilà le véritable problème au Burkina. Sans cela, si vous êtes minutieux vous allez y réussir sans problème.

Radars Info Burkina : Est-il possible de réussir dans le domaine en moins d’une année ?

DK : Je ne dirai pas que c’est impossible mais ce n’est pas chose aisée non plus car c’est une activité à part entière qu’il faut apprendre avec le temps. Comme toute autre, il faut apprendre les bases, s’essayer et tirer des leçons et cela peut prendre énormément de temps. C’est encore plus complexe parce que ça engage de l’argent directement quand vous y êtes. Ce qui fait que les émotions s’éveillent rapidement. Ce n’est pas comme dans le monde réel où c’est direct. Mais là aussi il faut apprendre. Ici l’argent est devant toi et c’est ce qui rend des activités comme le trading complexes. Et dès que tu t’engages les émotions sont là. Donc il faut prendre le temps de bien te familiariser avec ça pour pouvoir engranger des profits.

Radars Info Burkina : Parlant de vous, quand avez-vous commencé à aborder le domaine ?

DK : Depuis pratiquement cinq ans. Un peu avant cela j’ai découvert le trading mais je ne m’y suis pas lancé tout de suite.

Radars Info Burkina : Quels sont vos projets actuels ?

DK : Pour le moment je suis passionné des marchés financiers. En outre, j’ai une entreprise à Ouagadougou qui œuvre dans le BTP et l’agropastoral.

Radars Info Burkina : Vous avez une plateforme télégramme que vous offrez aux jeunes gratuitement, les appelant à se mettre ensemble pour apprendre. Qu’en est-il exactement ?

Le trading, beaucoup ne veulent plus en entendre parler parce qu’ils ont été traumatisés et arnaqués. Je n’ai pas été en marge de cela mais Dieu merci, je me suis formé et j’ai voulu avoir un groupe de jeunes aussi passionnés que moi pour qu’on puisse se donner la main. Au Burkina Faso on a un véritable problème. Quand quelqu’un se lance dans une activité qui est vraiment intéressante, les nouveaux venus deviennent comme une proie pour lui. Au lieu de se positionner comme quelqu’un qui a trouvé une solution aux problèmes de plusieurs, on veut tout faire pour gagner sur le dos des autres. Et les jeunes ont peur de certaines propositions de nos jours parce qu’ils se disent que c’est de l’arnaque. Pourtant, on peut faire autrement, avoir une approche différente et aller de façon collégiale pour pouvoir faire quelque chose sur l’échiquier international.

Interview réalisée par Etienne Lankoandé

aaetudiantÉtudiant en Histoire et archéologie, Sibiri Waré a financé ses propres études depuis la 6e jusqu'à ce jour. Vendeur de jus, transporteur de charbon, « manœuvre », le jeune homme tente tout afin de réussir à s'offrir une instruction. Aujourd'hui étudiant, il a un parcours atypique et constitue bien plus qu’un cas d’école.

Il existe des personnes qui sont nées sous une bonne étoile. D’autres par contre doivent remuer ciel et terre pour subvenir à leurs besoins. C’est le cas de Sibiri Waré, étudiant en Histoire et archéologie de l’université Joseph Ki-Zerbo depuis 2019. Après son CEP en 2009, Sibiri, n'ayant pas les moyens de faire des études au secondaire, décide de reprendre la classe de CM2 pour obtenir l’entrée en 6e. Il manque l'entrée 6e et décide, malgré le manque de moyens financiers, d'aller faire le secondaire à Tougan. Il opte pour les cours du soir afin de pouvoir occuper ses journées à la recherche de la pitance. « Je vendais du bissap dans les villages environnants situés à 17 - 20 km de Tougan. Je travaillais avec une dame, c'est elle qui m'a pris, je mangeais chez elle et je vendais son eau ; elle me payait 4 000 F le mois », confie le jeune homme. La scolarité en son temps s’élevait à 18 000 F mais Sibiri ne réussira pas à les payer en intégralité. « J'avais un cousin auprès de qui la dame versait les 4 000 F. Après deux mois de travail, la dame a décidé d’augmenter le salaire à 5 000 F le mois parce qu'elle était satisfaite de mon travail ». En effet, Sibiri n’avait pas de répit ; après la vente du bissap, il convoyait de la fumure au champ pour la même dame.  Mais en fin d’année, il regagne son village avec zéro franc à cause de son cousin qui avait détourné tout cet argent. « Quand je devais partir, je suis allé lui demander mon argent. Il m'a dit qu'il y a un homme qui le lui avait emprunté pour acheter du haricot. Mais que deux jours après il allait le rembourser. Et c'est ainsi que les choses sont restées sans suite jusqu'à présent », explique-t-il.

En 2012, Sibiri reprend la 6e au lycée provincial de Tougan parce que l’administration des cours du soir refusait de lui fournir ses bulletins de notes qui attestaient qu’il avait déjà validé la classe de 6e. « Heureusement, quand j’étais rentré pendant les vacances, je cultivais avec des bœufs de trait les champs de sésame et d'arachide de certains agriculteurs. C'est ainsi que j'ai pu économiser 20 000 F pour la rentrée. Cependant, cette somme n'a pu couvrir tous mes besoins scolaires», raconte-t-il. Et en 6e Sibiri travaille comme aide-maçon pour 1500 F la journée. « Je me rappelle qu’un jour, on a travaillé de 8 h à 3 h du matin pour une paie de 2 000 F. Notre collaboration a donc tourné court », nous informe-t-il.

Après l’obtention du BEPC, ce sera la même routine pour le jeune homme pour la suite de ses études. Il passe par « manœuvrage », la vente de charbon avec un voisin marchand auprès de qui il pouvait obtenir jusqu’à 2500 F les jours de marché, le transport de personnes avec un tricycle. Et ce fut ainsi jusqu’à l’obtention de son baccalauréat, série A4, en 2019. « Après le Bac je voulais Bobo-Dioulasso mais on m'a orienté à Ouagadougou. Et cela me faisait si peur que j'ai travaillé dur jusqu'à obtenir plus de 100 000 pour la rentrée », a-t-il confié. Arrivé à Ouagadougou, le jeune homme enchaîne les petits contrats et c’est ainsi qu’il réussit à financer ses études et même à envoyer de l’argent de temps à autre à ses parents au village. « J'ai des charges au village et cela fait que je suis obligé de travailler partout où je peux le faire pour pouvoir supporter ces charges. Ici quand j'ai eu ma première tranche de FONER, j'ai acheté deux moutons et une chèvre», nous a-t-il affirmé.

Cette année, Sibiri s’est vu obligé d’envoyer 200 000 F CFA au village afin d’aider ses parents à faire face à la crise alimentaire qui frappe tout le Burkina. Le jeune homme rêve de devenir homme de tenue ou de servir dans le monde de l’éducation. Aujourd’hui âgé de plus de 25 ans, Sibiri a également la passion de l’agriculture et de l’élevage. « Quand j’en aurai les moyens, je m'investirai dans ce domaine », nous a-t-il confié.

Etienne Lankoandé

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