jeudi 5 février 2026

bbdielL’année scolaire 2021-2022 a été marquée par des perturbations sécuritaires ayant fait environ 4 mille écoles fermées, 7 cent mille élèves impactés et plus de 20 mille enseignants touchés. Malgré ces difficultés, les examens scolaires se sont déroulés et on enregistre un taux global élevé de réussite.

Pour Souleymane Badiel, secrétaire général de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l'éducation et de la recherche (F-SYNTER), le corps enseignant et les élèves sont restés résilients durant l’année scolaire 2021-2022. La preuve en est que les taux nationaux de réussite aux examens ont connu une hausse par rapport à ceux de l’année scolaire 2020-2021. Ainsi, le BEPC connaît le taux de croissance le plus élevé qui est de 13,78%, suivi du CAP et du BEP avec une hausse de 6,34%. Le CEP, lui, enregistre un taux de croissance de 3,84% et le baccalauréat une augmentation de 3,33% du taux de réussite.

Selon le SG de la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l'éducation et de la recherche (F-SYNTER), « les taux de succès sont meilleurs que ceux de l’année précédente et il faut s’en réjouir car cela est à l’honneur de l’ensemble des acteurs du système éducatif ; c’est le fruit du travail à la fois des apprenants, de leurs formateurs et de la gestion qui a été faite du système éducatif. »

Il ajoute que de façon générale, cette année scolaire est totalement différente de celle de 2020-2021, car il y a eu moins de perturbations et beaucoup plus de sérénité de l’ensemble des acteurs qui ont été présents de bout en bout pour faire leur travail d’éducateurs.

Ces taux élevés de réussite, toujours selon M. Badiel, sont le fruit d’un travail constant. « Il faut retenir que ces résultats montrent que dans l’ensemble, les acteurs ont travaillé à ce que les examens se fassent malgré ce contexte et c’est une bonne chose qu’on ait atteint ce résultat », a-t-il souligné.

Ces résultats sont meilleurs par rapport à ceux de la précédente année scolaire, certes, mais des efforts doivent être faits à tous les niveaux pour améliorer ces performances scolaires.

« On peut atteindre de meilleurs résultats, mais cela passe par la prise de mesures pour l’amélioration des conditions de travail, de vie à tous les niveaux et de la gouvernance de notre système éducatif », a conclu le SG de la F-SYNTER, Souleymane Badiel.

Nafisiatou Vébama

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brqag uneDes braquages ont eu lieu les 22 avril, 7 juin,  24 juin et 14 juillet 2022 sur la route nationale 1 (RN1), c’est-à-dire celle reliant Ouaga à Bobo. Ce phénomène inquiète plus d’un. Radars Info Burkina est allé à la rencontre du directeur des opérations des sociétés Transport continent Afrique (TCA) et Transport confort voyageurs (TCV) ce 28 juillet 2022 pour s’imprégner des mesures qui ont été prises par ces sociétés pour sécuriser leurs passagers.

Le Burkina Faso, comme plusieurs autres pays de la sous-région, est confronté à une insécurité depuis quelques années. Cette insécurité se matérialise par des attaques terroristes, ainsi que des attaques à main armée. Ces braquages se multiplient sur les routes, notamment la Route nationale no1 du Burkina Faso, l’axe reliant Ouagadougou à Bobo-Dioulasso, créant la psychose chez les voyageurs.

Cette situation n’est pas sans conséquences sur les sociétés de transport. En effet, selon le directeur des opérations des sociétés Transport continent Afrique (TCA) et Transport confort voyageurs (TCV), le taux de remplissage des cars a chuté. Cela se justifie par le fait que ce sont les élèves et les étudiants qui voyagent le plus en cette période de vacances et au regard de l’insécurité routière, nombreux sont les parents qui ne laissent plus partir en voyage leurs enfants pendant les vacances.

En outre, les intentions de voyage ont baissé, chose qui joue sur les départs du matin. « Le nombre de voyages a diminué. Par jour, nous perdons un voyage dans la matinée. Comme jusque-là les braquages ont eu lieu dans la matinée, les passagers ont peur d’emprunter les cars du matin », a indiqué M. Coulibaly.

Pour sécuriser les usagers face à ce phénomène, des patrouilles sont faites par les forces de défense et de sécurité sur ce tronçon.  La compagnie Transport confort voyageurs (TCV), quant à elle,  a pris des mesures de renforcement des contrôles. Il s’agit de connaître les identités complètes de tous les voyageurs avant tout voyage. « Tous les passagers sont enregistrés sur présentation de la CNIB, du passeport ou de la carte consulaire afin qu’en cas de problème, nous puissions repérer les concernés », informe le directeur des opérations de TCA et TCV. A cela s’ajoutent la fouille des bagages avant l’embarquement ainsi que celle des passagers avant l’accès au bus. Par ailleurs, les bus qui prennent cet axe la nuit sont accompagnés par un service de sécurité. Des mesures sont toujours en cours pour davantage sécuriser les passagers, à en croire ce dernier.

F.S.

aauasL’Unité d’action syndicale (UAS) note des tentatives de remise en cause des acquis des travailleurs et un manque de considération pour les organisations syndicales. Elle dénonce également la militarisation de l’administration publique. Cela constitue, selon elle, une violation des principes d’appel à candidatures pour la nomination des DG des Sociétés d’Etat et des Etablissements publics de l’Etat (EPE).

L’Unité d’action syndicale (UAS) estime que le gouvernement envisage des mesures qui vont remettre en cause les acquis des travailleurs. Ce sont entre autres, énumère-t-elle, «la suspension déjà effective du paiement des indemnités aux agents dont les prises de service sont retardées par l’Administration, le projet d’harmonisation des primes servies aux travailleurs des sociétés d’Etat et des Etablissements  publics de prévoyance sociale, les velléités de remise en cause des voyages d’étude et des primes de recherche des enseignants chercheurs et des chercheurs, la mise en œuvre des mesures préconisées par la conférence sur la réforme du système de rémunération ».

Pourtant, le président Paul-Henri Sandaogo Damiba, lors de leur dernière rencontre, avait promis que les préoccupations des organisations syndicales seraient étudiées à travers des concertations. Les membres de l’UAS ont sollicité deux audiences avec le Premier ministre qui sont restées sans suite.

Tout en déclinant l’invite du gouvernement à faire des propositions à la Transition, elle a rappelé que leurs préoccupations essentielles étaient relatives à la sécurité des populations et de leurs biens, à l’assainissement de la gestion des ressources nationales, au respect des libertés démocratiques, au respect des engagements pris avec les organisations syndicales et à la garantie du pouvoir d’achat.

L’Unité d’action syndicale martèle que dans ce contexte d’insécurité et de renchérissement continu de la vie, il n’est pas indiqué de chercher à réduire le maigre pouvoir d’achat des travailleurs et des populations. Pour finir, elle invite les travailleurs et l’ensemble de la population à la cohésion et à la mobilisation en vue d’une unité d’actions.   

Nafisiatou Vébama

Madame la Ministre, je vous demande de me pardonner cette façon un peu cavalière de m’adresser à vous, mais c’est la seule façon que j’ai su imaginer pour vous dire mes remerciements et ceux de Français de Bobo-Dioulasso concernant la lettre que vous avez adressée le 21 juillet à M. Luc Hallade, Ambassadeur de France au Burkina Faso. Nul doute que de nombreux Français de Ouagadougou partagent la même gratitude. Votre lettre concerne les propos tenus par M. Hallade, audité par les sénateurs du Groupe d’Amitié France Afrique de l’Ouest.

On s’accordait généralement à reconnaître à la Diplomatie française une certaine grandeur. Elle avait plutôt bonne réputation. Depuis plusieurs gouvernements, elle devient médiocre, voire dérisoire.

Avant d’en venir au fond, de façon anecdotique, mais symptomatique, pour le dérisoire, voire l’humiliant, les réceptions organisées par l’Ambassade de France au Burkina pour la Fête Nationale des Français, deviennent des foires commerciales où des « sponsors »  «offrent » les libations. Des entreprises installent des stands dans les jardins de la résidence à Ouaga. M. Hallade invite à les visiter. Les entreprises sont chaleureusement remerciées par le responsable du protocole dans les jardins de l’IF à Bobo. Cela ne semble pas déranger que ces entreprises pratiquent l’évitement fiscal, ou que leur patron s’installe en Suisse pour ne pas payer l’impôt en France, par exemple… Personne ne sera cité, pour ne pas encore rajouter à la pub, mais ces faits sont de notoriété publique ! De toute façon, les dépenses en boissons et victuailles passeront en frais généraux, ce qui réduira éventuellement les impôts à payer sur les bénéfices !

Si l’Ambassade est si pauvre, de nombreux Français du Burkina préfèreraient contribuer volontairement par une quotepart pour célébrer leur Fête Nationale, porteuse  de symboles autrement plus glorieux que ces pratiques mercantiles. Que M. l’Ambassadeur transforme, s’il le souhaite, les jardins de la Résidence en parc d’exposition, mais qu’il choisisse une autre date que celle de la prise de la Bastille

Autre anecdote, à une autre occasion. On se sent humilié quand M. L’Ambassadeur de France se transforme en homme sandwich, en représentant de commerce, en s’affublant d’un gilet à la couleur d’une entreprise.

Mais venons-en à l’objet principal de cette lettre, l’aspect politique. Hélas, ce n’est pas plus réjouissant..

Dans votre courrier vous soulignez, avec courtoisie,  des propos inexacts de M. Hallade. Ce sont de très grandes maladresses, des fautes. Il n’est pas admissible de tromper ainsi les élus de la Nation française.

  1. M. Hallade affirme : ce « conflit endogène » est en réalité une guerre civile, une partie de la population se rebelle contre l’état et cherche à le renverser.
  • Sur le caractère endogène, au passage, cela permet d’occulter la terrible responsabilité historique de la France : Elle a été le fer de lance de l’Otan dans l’agression contre la Libye en 2011, suivi de son démantèlement. Ce fut l’élément déclencheur de la déstabilisation de la Sous-région et ce qui permit la libre circulation des armes. Toute la Sous-région, y compris la malheureuse Libye, continue d’en souffrir.
  • M. l’Ambassadeur est-il si mal renseigné ? Ou pire, pour justifier son propos, feint-il d’ignorer que beaucoup d’attaques sont organisées à partir du Mali voisin par des groupes affiliés à l’Etat Islamique ou à Al Qu’Aïda, qui effectivement désignent les états comme leurs ennemis. Comme vous le soulignez, des chefs et des financeurs sont étrangers au Burkina. La France entretient les plus cordiales relations avec des pays soupçonnés de financer et d’armer les terroristes
  • L’Ambassadeur dit également : « L’armée burkinabè n’est pas suffisamment professionnalisée, souffre de sous-effectifs et reste mal équipée ». Dans la lettre que vous lui envoyez, vous ne relevez pas ces propos, sans doute par courtoisie. Des sommes colossales sont dépensées pour Barkhane (trois millions d'euros, près de 2 milliards de F CFA, journellement !), pour des résultats médiocres. On peut penser qu'un retrait qui transfèrerait aux FDS, les moyens financiers et techniques considérables utilisés serait plus efficace. Cela permettrait de recruter et d’améliorer l’équipement ! Qu’en pense M. l’Ambassadeur ?

Dans les discours prononcés lors des réceptions du 14 juillet 2022, mais aussi celles de 2021, M. Hallade utilise l’expression « idiots utiles » au terrorisme, pour qualifier celles et ceux qui expriment des critiques vis à vis de la politique française au Sahel. A défaut d’arguments, cette expression semble lui convenir, puisqu’il ne se renouvelle pas…

Les officines des USA l’utilisaient régulièrement au temps de la guerre froide, dans les années 60, contre les opposant(e)s à la guerre au Viêt-Nam. On dit aussi que Staline ne s’en privait pas !

La diplomatie française ne se grandit pas par de tels procédés qui privilégient l’offense à l’argumentation. Ils ont l’avantage de permettre les amalgames et de disqualifier les critiques.

Il y a bien évidemment des excès, des fausses informations sur les réseaux sociaux, au Burkina Faso, comme partout dans le monde.

De qui M. Colin Powell était-il l’ « idiot utile », quand pour justifier l’invasion de l’Irak, il brandit à l’ONU des fioles supposées contenir des armes chimiques. Ce mensonge restera une des plus grandes arnaques de l’Histoire !

Il est possible, voire hélas probable, que ces propos de M. l’Ambassadeur ne soient pas que des faux pas. Il est à craindre que cela corresponde à des orientations, des éléments de langage du Gouvernement français.

Pour ne pas être trop long et pour conclure cette lettre, Madame la Ministre, sachez que beaucoup de Françaises et de Français, au Burkina comme ailleurs, souhaiteraient une autre politique étrangère de la France en Afrique.

A commencer par l’annulation de la dette !! Cela soulagerait les finances des Etats concernés.  Qui est en dette vis-à-vis de qui ? Cette question est légitime. Dette esclavagiste, dette colonialiste, dette écologique…

Il serait nécessaire d’instituer une véritable aide française au développement à hauteur des besoins plutôt que l’assistanat et la distribution de sacs de riz à la Kouchner. Mettre en place une aide française qui réparerait les dégâts commis par les tristement célèbres Plans d’Ajustement Structurel, qui ont tant contribué aux difficultés actuelles de nombre de pays africains.

La pauvreté, le manque d'accès à l'éducation, à la santé, l’insuffisance d’infrastructures sont le terreau  sur lequel prospèrent le terrorisme, les trafics en tout genre, le grand banditisme. La France n’en est pas la seule responsable, certes, mais son histoire récente en Afrique, comme plus ancienne, devrait l’inciter à moins se poser comme donneuse de leçons, à davantage de coopération d’égal à égal.

Je vous renouvelle mes excuses pour cette lettre ouverte et vous adresse mes plus respectueuses salutations.

Christian Darceaux

Officier de l’Ordre du Mérite

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BP 4043 Bobo Dioulasso

 

rdr au trbGB a comparu à la barre ce mardi 26 juillet 2022 pour fait d’escroquerie et abus de confiance. Il est accusé   d'avoir soutiré 500 000 FCFA pour inscrire YL  dans un système de transaction en ligne, notamment le bitcoin, une cryptomonnaie et la somme d’1 500 000 F CFA pour achat d’un véhicule de marque Yaris.

Les faits remontent à mars 2021 où le prévenu GB a conseillé YL de faire un investissement en ligne qui pourrait lui rapporter beaucoup d’argent. << Il m’a dit qu’il y a un plan d'investissement en ligne. C’est ainsi qu’il m’a proposé l’inscription de bitcoin. Il m’a dit qu’avec une souscription de 200 000 FCFA, je pourrais avoir une somme d'1 500 000 FCFA au bout de 6 mois. Je lui ai dit que je ne m’y connais pas trop. Mais en tant qu’ami s’il juge bon que c’est rentable, je vais souscrire. C’est là qu’il m’a convaincu et j’ai fait la souscription avec 500 000 FCFA dont 200 000 FCFA pour moi-même et 300 000 FCFA pour ma famille>>.

 GB ne se limitera pas à cette somme car il va changer de méthode pour encore soutirer de l’argent à YL<< une semaine après avoir pris les 500 000 FCFA pour la souscription, il m’a proposé un véhicule de marque Yaris d’1 500 000 FCFA et le paiement pouvait se faire en plusieurs tranches. Ainsi, je me suis engagé à payer par tranche de 200 000, 300 000 jusqu’à atteindre la somme d’1 300 000 FCFA. De ce fait, je l’ai appelé pour qu’on fasse le point mais il m’a toujours évité. Quelque temps après, il est parti en côte d’Ivoire où il a passé 6 mois. Je continuais de lui écrire pour avoir une suite à mon investissement de bitcoin et l’achat de mon véhicule mais il a toujours fui les échanges de ce genre. C’est pourquoi j’ai fini par déposer une plainte contre lui au commissariat>>.

C’est suite à ladite plainte que GB a été arrêté 10 jours après son retour au Burkina et traîné devant le tribunal.

A la barre, GB a dit avoir  reçu 920 000 et non 1 300 000 pour l’achat du véhicule. Sur cette somme, il dit avoir remis 150 000 à ses parents vivant à Titao qui ont des difficultés liées au terrorisme et avoir utilisé le reste de l’argent pour se rendre en Côte d’Ivoire. Toutefois, il a reconnu  avoir pris de l’argent avec YL.

Pour la partie civile, les infractions de flatterie et d’escroquerie sont constituées, car GB n’a pas pu expliquer le fonctionnement de la souscription ni apporter de preuves. Pour sa défense, celui-ci a dit qu’il est en collaboration avec un ami qui est en Europe et c’est ce dernier qui lui envoie un lien qu’il utilise pour faire les inscriptions et ensuite il procède au transfert de l’argent. Il a reconnu les faits qui lui ont été reprochés. En définitive, la partie civile a réclamé 2 500 000 FCFA de dommages et intérêts.

Après avoir statué, le tribunal a déclaré GB coupable de tous les faits qui lui sont reprochés et l’a condamné à 60 mois d’emprisonnement, dont 36 ferme, ainsi qu’au paiement d’une amende d’1 000 000 FCFA, d’une somme de 2 000 000 FCFA pour dédommager la partie civile et d’une somme de 500 000 F au titre des dommages et intérêts.

GB a 15 jours pour interjeter appel de ce verdict.

Flora SANOU

hdj uneAprès un mois passé à La Mecque, où ils ont accompli le 5e pilier de l’islam, les premières vagues de pèlerins rentrent au bercail. Le jeudi 21 juillet 2022, Radars Info Burkina a assisté à l’arrivée de certains « ladji » et « hadja » dans la soirée à l’aéroport international de la capitale burkinabè.

Il est 17h à l’aéroport international de Ouagadougou le jeudi 21 juillet 2022. Femmes, hommes et enfants, tous étaient  présents pour accueillir les « ladji » et « hadja ». La joie se lisait sur les visages.  « Nous sommes contents. On a hâte de les voir. Je suis venu accueillir mon frère. Il y aura une fête ce soir en attendant la grande fête appelée ‘’walim’’ en arabe et ‘’doua’’ en langue nationale mooré. Ce ‘’doua’’  consistera à rendre grâce à Dieu pour le retour de notre frère car il y a des personnes qui y sont restées », nous confie Mamadi Soumdaogo, venu accueillir son grand frère.

Annoncée pour 17h, c’est finalement à 19h que cette vague de pèlerins est arrivée le jeudi 21 juillet 2022 à l’aéroport international de Ouagadougou.  Sourire aux lèvres, accolades et scènes de liesse étaient au rendez-vous. Tous ceux d’entre eux avec qui nous avons échangé sur le déroulement du pèlerinage ont affirmé que « tout s’est bien passé ». C’est le cas de Zacharia Niampa, qui nous a relaté son voyage : « Notre séjour à La Mecque cette année s’est bien passé. Nous n’avons pas rencontré de problème de documents ni de difficulté particulière à notre aller. Lorsque nous sommes arrivés aussi tout a été normal et bien géré. Nous faisions parti du groupe Rangouma voyage. L’organisation était vraiment impeccable. Nous n’avons eu aucune difficulté. Au début on avait peur à cause de la longue distance qu’on allait parcourir mais finalement nous n’avons pas senti cela car c’est comme si c’était dans notre pays. Nous avons fait escale à Médine où nous avons passé 4 jours avant de continuer à La Mecque. Au 8e jour sur les lieux du pèlerinage, nous nous sommes perdus et cela nous a beaucoup effrayés. Mais fort heureusement avec la maîtrise de la langue arabe et la reconnaissance de nos numéros, nous nous sommes tous retrouvés le soir.  De là, nous sommes allés dans un lieu appelé ‘’Arafat’’ où nous avons fait 3 jours. Là aussi, c’était très intéressant. Nous avons été sur la colline et nous avons  prié pour la paix au Burkina Faso et toute l’Afrique. Nous avons prié aussi pour ceux qui souhaitent aller à La Mecque mais qui n'en ont pas les moyens afin que Dieu le leur permette. Le troisième jour, c’était le vendredi, veille de la Tabaski. Nous avons accompli le rituel de la lapidation de Satan. Nous disons merci au gouvernement burkinabè et à tout le comité d’organisation qui nous ont permis d’effectuer ce pèlerinage. Si nous sommes en bonne santé et que tout va bien, nous souhaitons repartir l’an prochain. Qu’Allah bénisse le Burkina Faso. »

hdj 2Fatoumata Sawadogo a abondé dans le même sens que son coreligionnaire. « Le hadj s’est bien passé. Nous n’avons pas eu de problème », nous a-t-elle affirmé. À la question de savoir comment ils ont vécu le décès de leur ‘’sœur'' et compatriote burkinabè au cours du pèlerinage, elle répond n’avoir pas eu connaissance de ce drame, car les pèlerins étaient nombreux.

Un troisième pèlerin ayant requis l’anonymat a, lui, fait cas de fatigue, mais il a indiqué que le voyage s’est déroulé dans de bonnes conditions.

D'autres pèlerins fouleront le sol burkinabè dans les prochains jours.

Flora Sanou

asbAprès la circulaire en date du 19 juillet 2022 du chef du gouvernement, Albert Ouédraogo, annonçant la restitution des salaires des travailleurs irrégulièrement suspendus ou complètement retenus pour «fait de grève», Radars Info Burkina a rencontré le Secrétaire général de la Fédération des Syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER), Souleymane Badiel. Il a donné son avis sur cette décision gouvernementale.

L'affaire avait marqué plus d'un en mars 2020. Couper les salaires de travailleurs pour fait de grève, c'était surréaliste, voire inimaginable, pour certains agents de la fonction publique à l'époque. Cependant, avec les autorités actuelles du pays, c'est un nouveau vent qui souffle. En effet, tous ces salaires coupés seront remboursés, a assuré le Premier ministre, Albert Ouédraogo.

De quoi réjouir le SG de la F-SYNTER, Souleymane Badiel, qui semble saluer l'engagement des autorités de la transition à cet effet. Il confie que l'État avait déjà été condamné par les juridictions à payer non seulement les salaires injustement retenus ou coupés, mais aussi à payer des dommages et intérêts pour le préjudice subi par les victimes desdites mesures.

Cette restitution est donc pour lui une manière pour l’État de rendre justice aux travailleurs. « Le remboursement des salaires suspendus, notamment en mars et avril 2020, par le gouvernement de l’époque n’est que justice pour les travailleurs. Justice en ce sens que c’est une décision illégale, abusive et les autorités actuelles, elles-mêmes reconnaissent ce caractère répressif de cette action vis-à-vis des travailleurs», a-t-il affirmé.

Et de poursuivre : « Le ministre de la Fonction publique nous avait écrit sur la question et nous lui avons répondu en lui faisant le point des travailleurs qui nous ont saisis et avec lesquels nous sommes allés en justice. L’ensemble des travailleurs qui ont saisi nos organisations, et qui ont accepté que leurs dossiers soient portés en justice, nous avons fait un point exhaustif sur leur situation.»

Souleymane Badiel relève un souci en ces termes : « Il se trouve que le gouvernement de l’époque avait lui-même créé une autre injustice en remboursant le salaire d’un certain nombre de ces travailleurs et c’est le même gouvernement qui a suspendu les travailleurs qui est l’employeur».

Le secrétaire général de la F-SYNTER s’est voulu on ne peut plus clair : « Si des travailleurs ne sont pas pris en compte et qu’ils nous saisissent, l’action continuera pour qu’ils puissent rentrer dans leurs droits».

Pour l'heure, M. Badiel dit n’avoir pas de réponse sur une probable sortie de crise entre les travailleurs et l’État. Cette appréciation, à l’en croire, ne sera possible que lorsque tous les droits seront rétablis. «Une sortie de crise, je n’en sais rien. Nous attendons que le dossier soit entièrement vidé. Quand il le sera, nous pourrons apprécier pour voir si effectivement  sur cet aspect notre contentieux avec l’État n’existe plus».

En rappel, en février 2020, le gouvernement avait décidé unilatéralement de l’extension de l’application de l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) aux primes et indemnités des agents publics de l’Etat. Face à l’indignation des travailleurs, des initiatives sur le plan syndical ont été prises pour fédérer les énergies, afin de lutter contre ce qu'ils ont qualifié «d'injustice».

Ainsi, une cinquantaine d’organisations syndicales s’étaient regroupées pour engager une lutte autour d’une plateforme portant sur l’arrêt des mesures de baisse du pouvoir d’achat et pour l'amélioration de celui-ci en rapport avec le coût de la vie. Sans oublier l’arrêt des atteintes aux libertés démocratiques et syndicales.

Flora Sanou

acntsLes agents du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) observent un mouvement d’humeur les 21 et 22 juillet 2022 pour revendiquer la satisfaction de leur plateforme revendicative. Ils réclament également de meilleures conditions de travail et un service de qualité pour les donneurs de sang.

Pour Léonard Yaméogo, responsable de la sous-section SYNTSHA du CNTS Ouagadougou, leurs points de revendication sont, entre autres, la sécurisation des agents et la disponibilité du matériel. Il précise qu’on assiste, en outre, à « une remise en cause des acquis des travailleurs depuis un certain temps ».

Le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale du CNTS de Ouagadougou indique que l’administration est restée muette, bien qu’il lui ait adressé plusieurs correspondances pour solliciter une audience. « Nous avons constaté qu’elle n’était pas disposée à nous recevoir, donc nous avons initié ce sit-in pour réclamer nos droits », a souligné le responsable de la sous-section SYNTSHA du CNTS Ouagadougou.

Durant ces deux jours de sit-in, le service ne reprend qu’à partir de 12h30.

« Nous avons informé les autorités de la tenue de ce sit-in et il leur revient, si elles le veulent bien, d'agir pour que tout rentre dans l'ordre », a ajouté Léonard Yaméogo, responsable de la sous-section SYNTSHA du CNTS Ouagadougou.

« Nous espérons qu’après ces deux jours, nous aurons des conditions meilleures nous permettant de répondre au mieux aux attentes des donneurs de sang », a-t-il conclu.

Nafisiatou Vébama

smbouéLe Togo a fini par devenir lui aussi la cible d’attaques terroristes, qui étaient depuis plus de six ans le lot de son voisin le Burkina Faso. Dans la nuit du 14 au 15 juillet 2022, le pays a enregistré l’attaque terroriste la plus meurtrière de son histoire qui a aussi occasionné des déplacements massifs. Dans une interview qu’il a accordée à Radars Info Burkina le mardi 19 juillet 2022, le journaliste burkinabo-togolais Edouard Kambossoa Samboé revient sur l’historique des attaques au Togo ainsi que les inquiétudes qui l’animent.

Radarsburkina.net : Comment vivez-vous les récentes attaques dont le Togo est victime ?

Edouard Kambossoa Samboé : Il faut dire que lorsqu'on est issu de deux nations qui toutes deux sont en proie à de graves difficultés, on ne peut qu'être meurtri. Nos parents ici sont attaqués, ceux de l'autre côté le sont également, où allons-nous ? Donc c'est vraiment difficile dans la mesure où moi-même j'abrite chez moi des déplacés. Ma grande sœur, par exemple, est chez moi avec sa famille depuis qu’ils ont été chassés de Dori. Donc je comprends la douleur que peuvent ressentir mes autres parents qui sont au Togo et qui aujourd'hui se déplacent petit à petit. C'est aussi difficile quand on doit traverser les deux frontières, les deux zones d'insécurité pour aller leur rendre visite. Donc je vous assure que c'est difficile ; nous sommes meurtris et cela a trop d'incidences sur nous.

Est-ce que les voyages vers le Togo sont déjà impactés ?

Les gens se déplacent toujours de Ouagadougou jusqu'à Dapaong, puisque STAF (NDLR : Une compagnie burkinabè de transport par voie terrestre) s'arrête à Cinkansé et d'autres compagnies vous amènent à Dapaong et ainsi de suite. Mais la peur est là dans la mesure où dans la localité de Bittou il y a eu des incursions des groupes armés terroristes, une zone que STAF traverse, de Tenkodogo jusqu'à Bittou. Même du côté du Togo, de Cinkansé à Dapaong, c'est toujours inquiétant parce que du côté Est il y a eu des déplacements des groupes armés terroristes. Donc il y a une peur qui est là. Ça fait que quand on veut voyager, on se demande à quelle sauce on sera mangé.

Quelles sont les parties du Togo qui connaissent les attaques ?

Le Togo compte cinq régions. Et c'est la région septentrionale, donc le nord, qui fait frontière avec le Burkina, qu'on appelle la région des savanes, qui vit les attaques des groupes armés terroristes depuis 2021. Il y a aujourd’hui huit mois que le Togo a été victime de la première attaque terroriste. Au cours de ces huit mois il y a eu quatre incursions armées. La première attaque a été revendiquée par le GNIM (le Groupe de soutien à l'Islam et au musulmans) qui avait frappé un poste avancé de l'armée togolaise. Mais à l'époque les militaires togolais ont pu riposter et il n'y avait pas eu de mort. Puis il y a eu une seconde attaque qui a été dirigée contre les positions des militaires et elle a été une attaque de grande envergure où il y a eu jusqu'à huit militaires tués et des engins explosifs ont été posés sur la voie pour cibler des véhicules militaires. Ensuite il y a eu une troisième attaque à Gouloungoussi. C'est une zone que partagent le Togo, le Burkina et le Ghana, donc c'est un peu plus à l'ouest. Cette fois-ci les groupes armés terroristes se sont déplacés de l'est, c'est-à-dire à la frontière avec le Burkina, dans la Kompienga, pour aller à la frontière ghanéenne à l'ouest. Mais les militaires sont arrivés à repousser aussi cette attaque et il n'y a pas eu de mort. La dernière attaque, c’est-à-dire, la quatrième, a été la plus meurtrière. Des individus armés sont arrivés, dans la nuit 14 au 15 juillet, et vont de maison en maison pour égorger les gens.  Cette attaque n'a pas encore été revendiquée par un groupe particulier, mais les survivants témoignent que les assaillants ont dit qu'ils reviendraient. Et que leurs bœufs et leurs moutons avaient été saisis par l'armées togolaises et tant que les choses ne seront pas restituées ils reviendront. Et c'est ça qui a entraîné un déplacement massif des populations qui ont quitté ces zones pour aller vers Dapaong et d'autres villes comme Mandjouri. Donc la situation est chaotique et le gouvernement tente d’appeler les populations à rester sur place et à ne pas se déplacer. Le maire de Kpendjal 1 avait même assuré que les militaires étaient sur place pour sécuriser les populations. Donc les déplacements qui continuent malgré cela, montrent combien la psychose est montée et que les gens ne croient plus que la sécurité est garantie.

Cette zone abrite des déplacés depuis quand ?

Il faut noter que depuis une des grandes attaques de Kompienga, il y a eu beaucoup de Gourmantché qui s'étaient déplacés de la Kompienbiga à Dapaong. Cela parce que non seulement c'est proche mais c'est leurs parents. C'est une zone où on parle gulmancéma et c'est plus facile pour les parents de se déplacer de part et d'autre. Maintenant à l’intérieur du Togo, l'attaque qui a eu lieu dans la commune de Koundjouari, dans la préfecture de Kpendjal, a entraîné beaucoup de Togolais qui étaient de ce côté, au nord-est à la frontière avec le Bénin et le Burkina, à se déplacer pour aller vers l'ouest, vers Dapaong. Donc ça montre à quel point la situation qui prévaut au Burkina n'est pas loin de se déporter au Togo et qu'il faut trouver des solutions communes.

Est-ce que le gouvernement togolais a pris des mesures dont vous avez connaissance ?

Oui, en effet. D'abord ils ont décrété que la région de Savane est une région d'insécurité en décrétant ce qu'on appelle l'état d'urgence sécuritaire. Deuxièmement, ils y ont déployé des contingents qui sont des forces spéciales, des forces d'élites pour lutter contre le terrorisme. Ils ont aussi mis en place un Fonds spécial qui permet de construire des infrastructures socio-économiques pour développer un peu la zone parce qu'ils ont aussi compris que la question sécuritaire peut aussi bien s'asseoir sur la question économique. Donc c'est un engrenage et il faut désamorcer la bombe en évitant qu’elle s’enracine.

Quelle est votre peur aujourd'hui ?

La peur, c'est surtout la question humanitaire. En effet, nos parents sont des agriculteurs et nous en période d'agriculture, c'est des moments où les gens ont déjà semé. Ce n'est pas des personnes qui ont travaillé dans des villes ils ne savent rien faire d'autre que l'agriculture et l'élevage. C'est des paysans, donc que d'un jour à l'autre on tue des gens et on dit de quitter et abandonner tout pour aller ailleurs, comment vont-ils survivre ? C'est cela la question. Deuxièmement, on peut prévoir tout mais on ne peut pas prévoir la situation terroriste. Quelle peut être l'envergure de la situation dans les prochains mois. Si au bout de six mois, c’est en l'espace seulement de 24 heures on a enregistré des déplacements massifs, quelle va être la situation future ? Et cette situation vient se greffer à une situation qui existe déjà, la situation d'insécurité alimentaire, ça montre à quel point les prochains jours seront tragiques pour les populations. C’est pourquoi on a longtemps décrié qu’il y a la nécessité d’apporter tout le soutien nécessaire aux pays comme le Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme. Ce sont des digues. Si elles cèdent, ça va gangrener tous les autres pays sans distinction. Mais s’il y a une chose qu'on peut saluer, c'est l'accord qui a été signé entre le Burkina, le Togo, le Niger et le Bénin qui dit que pour lutter contre le terrorisme, les gens peuvent aller au-delà des frontières, mais au-delà, pour qu'il y ait des échanges d'informations, de stratégies, etc. Nous, les populations, pensons que c'est ce qu'il faut renforcer.

Y a-t-il des rencontres entre ressortissants togolais au Burkina sur cette question ?

Déjà dans les groupes WhatsApp surtout, les gens commencent à se demander ce qu'il faut faire, ce qu'on peut faire ? Et personnellement, moi je pense qu'il est temps que nous nous organisions pour voir ce que l'on peut faire. Qu’on ne soit pas seulement des gens qui critiquent, même si cela est constructif, et aller au-delà de la veille citoyenne pour apporter notre touche sur le terrain, peut-être en renseignement et tout le reste.

Interview réalisée par Etienne Lankoandé

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