Revue de l’actualité économique : L’économie burkinabè toujours très éprouvée
L’économie burkinabè est fortement impactée par les crises multiformes et multidimensionnelles du moment. Selon l’Agence d’information du Burkina (AIB), les prix des céréales, par exemple, sont restés en hausse depuis des mois dans les différents marchés de la province du Ioba. A Tougan, dans le Sourou, ce sont les stations-service de vente de carburant qui ont été à sec pendant plusieurs jours. Du côté de la Gnagna, les établissements financiers ont plié bagage. Retour sur l’actualité économique de ces derniers temps.
Dans le monde de la finance au Burkina Faso, la caisse populaire de Bogandé a annoncé le 27 juillet 2022 la fermeture de ses portes à Bogandé, à compter du 10 août 2022, soit environ deux mois après qu’Ecobank a fait ses valises. On se souvient de la disparition, le 6 juillet dernier, de la comptable de la caisse populaire de Pièla, située dans la même localité, avec la somme de 120 millions de francs CFA environ. C’est donc une province qui va pratiquement vivre les prochains jours sans structure financière et cela, du fait de l’insécurité grandissante.
Au cours de la semaine dernière, la ville de Tougan a aussi passé des jours entiers sans carburant dans les stations-service de vente d’hydrocarbures. Une situation liée à la psychose née de la dégradation de la situation sécuritaire dans ladite province. En effet, le 2 août 2022, un camion-citerne à destination de Tougan a été́ détourné par des hommes armés sur l’axe Dédougou-Tougan, peu avant Gassan. Par ailleurs, en Conseil des ministres du 3 août 2022, le gouvernement a demandé aux importateurs d’hydrocarbures de se passer des produits russes et ukrainiens et de se réorienter vers d’autres fournisseurs. « Les importations et les exportations de certains produits faites par le Burkina seront impactées du fait de sanctions et de l’interruption des échanges avec la Russie et l’Ukraine. Ainsi, les entreprises burkinabè devront se réorienter vers d’autres sources d’approvisionnement des métaux et des hydrocarbures pour maintenir tout au moins leur niveau d’activité pour le reste de l’année 2022 », a indiqué la ministre de la Communication, des Arts et du Tourisme, Valérie Kaboré, à l'issue du Conseil. Dudit Conseil il est aussi ressorti que la croissance économique au Burkina pourrait s’établir à 6,7% en 2022. Une croissance qui pourrait tout de même connaître une baisse si la crise russo-ukrainienne se poursuit jusqu’à la fin de l’année.
Au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), c’est le grand retour du Mali sur le marché financier, après 7 mois d’absence en raison des sanctions qui avaient été prises par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à son encontre, qui a fait la Une des médias sous-régionaux. En effet, le Mali compte mobiliser dans les jours à venir environ 270 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UMOA. Selon les médias qui ont rapporté l’information, cette émission sera « la plus importante jamais réalisée par le pays, et servira prioritairement au remboursement des impayés ».
En Centrafrique, le sango coin (crypto-monnaie centrafricaine) fait son petit bonhomme de chemin depuis le 25 juillet 2022, date de mise en vente de cette crypto-devise. A cette date, les investisseurs s’étaient vu offrir 210 millions de sango coins à un prix équivalent à 0,1 dollar chacun. En une semaine de vente, 13 millions de jetons avaient été liquidés pour un montant équivalent à 1,2 million de dollars. Les experts relèvent que le démarrage du sango coin sur le marché financier mondial est lent par rapport à des indicateurs similaires pour d'autres cryptomonnaies. Cependant, soulignent-ils, « il est trop tôt pour tirer des conclusions préliminaires sur l'avenir du sango coin et il faudrait attendre la fin de cette année ».
Etienne Lankoandé
Entre janvier et juin 2022, les recouvrements de recettes de la Direction générale des impôts (DGI) et de la Direction générale des douanes (DGD) au profit du budget de l’Etat présentent des taux de réalisation satisfaisants. L’administration douanière et celle fiscale ont en effet mobilisé respectivement 106,23% et 119,31% des prévisions de recettes de la période.
Le Burkina est classé deuxième producteur d'or de l'UEMOA en 2021, avec une production d'environ 66,86 tonnes, derrière le Mali, 69,46 tonnes. Concernant les recettes publiques, le Faso a mobilisé un peu plus de 1111 milliards de F CFA malgré la crise sécuritaire qui ralentit l'activité économique depuis plus de cinq ans. L'économie burkinabè est donc toujours dynamique mais doit compter sur certains indicateurs de mesure des richesses pour garder la ligne, voire faire des bonds. Retour sur l'actualité économique de ces derniers jours.
Les recettes budgétaires de l'État mobilisées au premier semestre de l'année 2022 sont de 1 111,06 milliards FCFA. Ce montant correspond à un taux de recouvrement de 110,89%, puisque la prévision semestrielle était de 1 001,26 milliards FCFA CFA. Cette mobilisation, en hausse de 169,89 milliards FCFA CFA, correspond à une progression de 18,05%, comparativement à 2021 où elle était de 941,17 milliards de francs CFA.
Selon le « grand argentier », cette session a examiné le bilan des d’activités du premier semestre 2022 et identifié les défis à relever pour l’atteinte des objectifs assignés à son département. Outre cette performance en matière de recouvrement des recettes, le rapport soumis aux administrateurs indique qu’au 30 juin 2022, le ministère a enregistré d'autres rapports, à savoir le rapport global d’évaluation de l'Etude nationale prospective (ENP) « Burkina 2025 » et le rapport diagnostique pour l’élaboration de la stratégie nationale d'intelligence économique du Burkina Faso. Le département de l’Economie a réussi le financement de 57 promoteurs à hauteur de 1,371 milliards F CFA dans le cadre de la mise en œuvre des programmes Burkina start-up, AGRINOVA et JAAL. Il a réalisé 153 infrastructures (boutiques de rue, magasins de stockage, sites maraîchers, aires d'abattage) dans les régions des Cascades, des Hauts-Bassins, du Centre-Sud, du Nord et du Plateau central dans le cadre de la mise en œuvre du PADEL pour un meilleur accompagnement de la décentralisation.
Le contrôle de l’exécution physique de 98 marchés de plus de 20 millions de F CFA, la répression de 180 cas de fraudes et/ou d'usage de faux, etc., sont autant d'acquis enregistrés entre janvier et juin 2022. L’occasion s’y prêtant, le ministre de l’Economie, des Finances et de la Prospective, Abel Somé, a également décliné les perspectives pour l’année 2022. Au nombre de celles-ci on peut retenir la réalisation de l’interconnexion des bases de données de toutes les régies de recettes, l’assèchement des sources d'approvisionnement des groupes armés terroristes en ressources de tout genre, le soutien pour le retour volontaire des personnes déplacées internes dans leurs zones d’origine, la rationalisation des dépenses et la transparence dans la reddition des comptes, ainsi que l’informatisation du système des marchés publics et de la comptabilité matière.

Le Conseil des ministres du mercredi 22 septembre 2021 a adopté un décret portant fixation des conditions de la fourniture locale dans le secteur minier. Ayant participé à l’élaboration de l’avant-projet soumis audit Conseil, Yves Zongo, génie mécanicien et par ailleurs président de l’Alliance des fournisseurs burkinabè de biens et services miniers (ABSM), nous explique les tenants et les aboutissants de ce décret.
Selon le ministre des Mines et des Carrières, un mécanisme tripartite qui regroupe les entreprises minières, l’administration et les fournisseurs pour suivre pas à pas ce qui est fait a été mis en place. Les mines, poursuit-il, ont l’obligation de donner leur programme d’achats pour l’année n+1.
Qualifié « d’historique » par le ministre des Mines et des Carrières, ce choix « gagnant-gagnant » constituera par la suite le socle chez les Burkinabè pour être demain prestataires dans les autres pays miniers, nous dit M. Zongo. « Désormais ça va être plus historique quand nous aurons une vision étatique, une stratégie en la matière, parce que les Burkinabè auront compris que c’est un levier important pour le développement du pays », conclut M. Zongo.

RB : Quelle est donc l’idéologie de la nouvelle monnaie l’Eco ?










