jeudi 22 janvier 2026

depp uneLe personnel de l’Office national du tourisme burkinabè (ONTB) est toujours dans l’attente d’une clarification de sa situation professionnelle. Le moins qu’on puisse dire est que l’un des 5 points de la plateforme revendicative des agents dudit Office, à savoir celui relatif à leur âge de départ à la retraite, fait couler beaucoup d’encre. Radars Info Burkina a approché les agents et le DG de la structure susnommée pour en savoir davantage.

Le décret n°2005-024/PRES/PM/MTEJ/MFP du 31 janvier 2005 fixe l’âge de départ à la retraite à 63 ans pour les catégories PA, PB, PC, à 60 ans pour les classes A et I. Les B, C, II et III partent à la retraite à 58 ans et les agents des catégories D, E et IV à 55 ans. Ce décret abroge celui de 2004. En son article 1 il est mentionné que les dispositions du présent décret fixant les limites d’âge pour l’admission à la retraite des agents publics s’appliquent aux fonctionnaires de l’Etat, aux personnels des cadres paramilitaires et au corps des greffiers.

Selon le délégué du personnel, Ibrahim Sanon, l’Office national du tourisme burkinabè (ONTB) est un Etablissement public de l’Etat (EPE) et ce n’est, en principe, pas ce décret qui doit être appliqué aux agents des EPE mais plutôt celui de 2005. depp 2« Lors de notre mouvement d’humeur, nous avons demandé à la direction générale de l’ONTB l’application du décret de 2005, qui concerne purement et simplement les agents des EPE », a soutenu le délégué du personnel. Pour Mme Léonie Da, contractuelle à l’ONTB, les contractuels des EPE cotisent à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et les agents de la fonction publique à la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO). « Si vous faites un calcul, vous verrez que le taux à la CNSS est plus élevé qu’à la CARFO. Par conséquent, les deux ans de cotisation qui restent peuvent beaucoup aider à la retraite », a-t-elle ajouté. Et de terminer en disant que ce n’est pas une note de service qui met les gens à la retraite mais plutôt l’application des textes. 

depp 3Le directeur général de l’ONTB, Nelson Congo, pour sa part, a affirmé qu’il se prononcerait sur la question en temps opportun. En attendant, les agents de l’ONTB sont dans le flou total et le désarroi. Le délégué du personnel dit que les lignes n’ont pas bougé jusque-là et qu’ils n’ont même pas encore été reçus par la direction. Certains des agents connaissent déjà des suspensions de salaires parce que considérés comme étant à la retraite, d’autres ont été informés à seulement 48 heures de leur mise à la retraite.

En rappel, en plus de la revendication ayant trait à l’application du décret 2005 fixant l’âge de départ à la retraite des agents des EPE, le personnel, dans sa plateforme revendicative minimale, demandait une gestion et un suivi rigoureux de la carrière des agents, la relecture des textes et statuts de l’ONTB dans les meilleurs délais, la correction des indemnités spécifiques accordées aux agents de l’ONTB et la gestion transparente des ressources financières de l’Office.

 Obissa

cni uneDans la matinée du vendredi 26 juin 2020, des opérateurs de kits (OPK) retenus pour l’enrôlement en vue de la révision du fichier électoral dans la perspective des élections de 2020 se sont retrouvés devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour désapprouver « une injustice » dans leur déploiement sur le terrain. Le constat de Radars Info Burkina.

Les côtés opposés de la rue passant devant le siège de la CENI étaient barricadés à l’aide de barrières de sécurité. A quelques mètres du siège, étaient regroupés des jeunes. « On a des problèmes. On s’est donc retrouvé pour constituer une délégation de quelques personnes pour rencontrer un responsable de la CENI et lui exposer la situation. Il était prévu, sur la base de l’équité, que chaque opérateur fasse trois sous-zones, le territoire étant divisé en trois grandes zones à cet effet à raison de trois sous-zones par zone. Nous sommes à la dernière grande zone et il se trouve qu’il y a certains opérateurs qui ont été déployés plusieurs fois (6 voire 7 fois), alors qu’à l’inverse il y en a qui n’ont jamais été déployés. C’est par exemple mon cas. C’est cet état des choses que nous voulons  comprendre », a expliqué Dieudonné Boéna, OPK.

A l’en croire, les OPK qui sont dans cette situation sont au nombre de 200. « On avait espéré être reçu par quelqu’un de plus avisé. On a trouvé une oreille attentive qu’on a appréciée pour sa disponibilité, à savoir le chef de la sécurité. Mais on aurait préféré être reçu par quelqu’un de mieux placé que lui, qui pouvait, au-delà des questions sécuritaires, nous renseigner sur la situation dans laquelle nous sommes. Il nous a fait savoir que l’enrôlement n’est pas fini, qu’on n’avait pas à se plaindre. Selon lui, il y a des gens qui n’ont pas été retenus en raison de leurs propos dans les différents groupes WhatsApp. Pourtant lesdits groupes sont privés et les conversations également. En plus, il nous a dit que la CENI n’a aucun engagement vis-à-vis d’un opérateur.  cni 2Mais demander à quelqu’un lors de son recrutement de rester disponible durant une certaine période, je trouve que c’est un engagement puisque cette personne est amenée à renoncer à certaines de ses activités. Ils nous ont dit en plus que des gens ont été affectés en tenant compte de leurs compétences. J’ai fait l’enrôlement de 2012, celui de 2014 et celui de 2015. Est-ce qu’on peut me dire que je suis moins compétent qu’un opérateur qu’on vient de recruter ?» a poursuivi M. Boéna.

Pour lui, des faveurs sont accordées injustement à certains OPK au détriment d’autres. « Ce qui est malheureux, c’est que nous avons constaté que bien que la CENI soit une institution indépendante, certains de ses membres y font les choses par affinité. Et c’est grave pour une structure supposée organiser des élections libres et transparentes », a dénoncé notre interlocuteur.

cni 3En outre, parmi les plaignants du jour il y en a qui « réclament depuis un certain temps de l’argent que la CENI leur doit » puisqu’ils ont été déployés dans des zones où ils n’ont pas pu travailler. Par contre, des « OPK qui étaient dans la même situation ont pu percevoir leur argent ».

« C’est ainsi que nous avons décidé de venir ce matin au siège de l’institution pour comprendre ce qui se passe. Ils nous ont encore dit de rentrer et de rester à l’écoute parce qu’il y a des zones rouges où les travaux n’ont pas pu se tenir et qu’il est probable que nous soyons affectés dans ces zones», a fait savoir Lucien Bationo, un autre OPK.

Des agents de sécurité près de la barrière, au milieu de la voie, nous ont refusé l’accès à l’administration de la CENI. Ils ont contacté le responsable à la communication de ladite structure tout en nous signifiant de patienter devant un kiosque à proximité. « Monsieur le responsable à la communication n’est pas disponible», nous ont informé par la suite ces agents de sécurité.

Aly Tinto

plan 3Le 3 juin 2020, le Conseil des ministres, au titre du ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, a adopté un rapport relatif au Plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition (PRSPV) de 2020. L’analyse de la vulnérabilité alimentaire fait ressortir en situation projetée (juin à août 2020), 16 provinces qui seraient en phase 2 (sous pression) et 12 provinces en phase 3 (crise). Au cours de cette période, 2 151 970 personnes réparties dans toutes les régions seront en insécurité alimentaire sévère et 137 175 personnes dans les régions du Sahel, du Centre-Nord, de l’Est et de la Boucle du Mouhoun pourraient tomber en situation d’urgence alimentaire. Pour comprendre en quoi consiste concrètement la mise en œuvre de ce plan, Radars Info Burkina a rencontré   le Dr Léopold Nanéma, chef du département de la gouvernance institutionnelle au Secrétariat exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire (SE-CNSA).

Selon le Dr Nanéma, depuis 2012, lorsque le dispositif national de sécurité alimentaire arrive en fin de campagne, il élabore un plan de réponse pour faire face à l’insécurité alimentaire probable. « Cela en tenant compte du programme de validation des résultats de la campagne agricole, à savoir en octobre pour des résultats prévisionnels et en mars pour les résultats définitifs. En fonction de ces deux périodes, un plan de réponse est élaboré en octobre et actualisé en mars pour permettre de prendre en charge les personnes vulnérables durant la période de consommation », a-t-il précisé. 

plan 2Il a fait savoir que ce plan de réponse est simplement un document d’orientation en matière de sécurité alimentaire validé par le comité technique du CNSA avant d’arriver sur la table du Conseil des ministres. Ce comité comprend l’ensemble des partenaires techniques et financiers, les acteurs de la société civile ainsi que les structures techniques étatiques. La mise en œuvre de ce plan est confiée à l’ensemble de ces structures. Chacune, selon son domaine d’expertise, contribue par des actions concrètes à répondre à cette situation élaborée.

«Il y a un certain nombre d’actions variées qui sont prévues dans ce plan de réponse. Si nous prenons le cas de l’appui alimentaire, qui relève d’un certain nombre de structures dont le SE-CNSA, il vise à apporter de la nourriture à ceux qui en ont le plus besoin. En plus de ça, dans certains états de vulnérabilité, l’appui alimentaire ne suffit pas. Il faut l’accompagner donc par des ressources financières qui permettent aux ménages de s’approvisionner en éléments essentiels pour un complément aux vivres qu’ils auraient reçus. Nous avons également la résilience des ménages pauvres à travers l’appui en petits ruminants ou en volaille. En début de campagne, tous ces ménages doivent bénéficier de l’appui en intrants agricoles pour faire face à la campagne. En plus, il y a les enfants en situation de malnutrition qui deviennent de plus en plus nombreux. Cet appui consiste en la prise en charge de ceux qui sont déjà dans un cas sévère. Il y a, par exemple, des actions de prévention à travers des jardins nutritifs et la réhabilitation des forages pour permettre d’améliorer l’état nutritionnel par l’eau potable. Enfin, on peut citer  la vente à prix social des vivres pour ceux qui sont dans une situation d’insécurité alimentaire modérée », a longuement développé le chef du département de la gouvernance institutionnelle au SE-CNSA, Léopold Nanéma.

Aly Tinto

 

agroec unePour faire face à la désertification et à la sécheresse, des pratiques agroécologiques ont vu le jour dans les pays du Sahel. Radars Info Burkina a rencontré Zoumana Tou, conseiller technique auprès de la Chambre nationale d’agriculture (CNA), chargé des questions de l’environnement, du changement climatique et de la communication, pour s’imprégner de l’état de l’adoption de la pratique agroécologique par les producteurs burkinabè.

Selon M. Tou, l’agroécologie se présente aujourd’hui comme une réponse pertinente permettant aux acteurs, notamment aux producteurs, d’améliorer leur résilience au changement climatique et de travailler dans une dynamique de gestion durable des ressources.

« Elle se caractérise par des pratiques telles que la production et l’utilisation de la fumure organique dans les exploitations agricoles, des actions de restauration des sols à travers l’aménagement des sites antiérosifs. Le Zaï et la demi-lune sont des pratiques qui permettent de restaurer le potentiel productif. La pratique agroécologie se matérialise également par l’utilisation des bios fertilisants, notamment l’engrais liquide et des bios pesticides », a fait savoir l’ingénieur en développement rural.

agroec 2Zoumana Tou a déploré que cette pratique ne soit pas au rendez-vous dans certaines zones au Burkina. «Actuellement l’agroécologie est vraiment dans une situation où beaucoup de choses restent à faire. Certes, des efforts sont faits en la matière par les acteurs à la base ainsi que l’autorité, mais aujourd’hui beaucoup reste à faire. Selon les zones agroécologiques du pays, c’est pratiquement dans les zones Nord et Centre-Nord où cette pratique est adoptée par les producteurs. Par contre vers l’Ouest, pour le moment l’agroécologie n’est pas très développée. Les producteurs pensent qu’ils ont toujours le potentiel productif de la terre. Mais on remarque actuellement la disparition d’un certain nombre d’espèces végétales. Ce constat doit amener les producteurs de cette zone à se rendre compte qu’il faut qu’ils essaient d’adopter la pratique agroécologique. Un des combats et des défis des organisations comme la Chambre nationale d’agriculture est d’informer et de sensibiliser les acteurs à la base à une adoption de cette pratique imposée par les aléas climatiques», a-t-il indiqué.

A l’en croire, l’accompagnement des paysans en la matière se traduit par des actions d’information et de sensibilisation. « Il y a également des actions de renforcement des capacités techniques à travers la dotation en équipements et les formations avec l’appui des partenaires techniques et financiers. En plus, il y a des voyages d’échanges sur des initiatives individuelles de producteurs. Enfin, on identifie les bonnes pratiques agroécologiques pour les documenter afin d’élaborer des fiches techniques qui sont par la suite diffusées en langues nationales auprès des producteurs », a-t-il conclu.   

Aly Tinto

 

sne uneLes animateurs télé et radio ont pour mission de vendre du rêve, du mythe mais aussi de la joie. C’est une façon pour eux de contribuer à l’épanouissement social des auditeurs et téléspectateurs. Jacques Bassono, premier jumeau, plus connu sous le sobriquet de Jacky El Féno, et Daouda Sané sont de ceux-là. Mais derrière ces émissions télés et radios qu’on écoute et regarde avec boulimie, il y a toute une préparation. Quelles sont les coulisses de la préparation de ces émissions ? Jacky El Féno et Daouda Sané nous en disent plus.

Jacques Bossono premier jumeau est animateur télé et radio depuis 2003.  A la radio, il amine des émissions à caractère culturel comme « Burkina fever », «maximum », « Résilience », entre autres. A la télévision, du lundi au vendredi, il conduit l’émission « Apéro » qui est une émission oscillant entre information et divertissement.

Pour la diffusion de « Apéro », le choix des invités se fait selon les critères et les profils laissés au bon soin de l’équipe. « Nous travaillons par comité. Nous proposons des invités pour toute la semaine et la direction les valide », dit-il. 

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El Féno précise tout de même : cela ne se fait pas forcément par rapport à la position sociale de l’individu, pourvu qu’il y ait une histoire intéressante à raconter. Dès que le choix est validé, Jacky El Féno entre en contact avec les invités individuellement pour s’assurer de leur disponibilité.

Des difficultés ne manquent pas, déclare l’animateur. « On a eu plusieurs fois des situations où l’invité se désiste au dernier moment. Pire, le jour même de l’émission. Tenez-vous bien, n’eût été l’inspiration divine qui nous habite, on serait passé à côté. A chaque fois que ces situations se sont présentées, on a pu gérer », relève-t-il.

Il attire l’attention des promoteurs de medias sur les conditions de vie et de travail des animateurs télé et radio. Car, pour lui, on ne peut pas vendre du rêve, du mythe aux téléspectateurs et aux auditeurs si on est soi-même dans la misère. sne 3« Malheureusement c’est ce que beaucoup d’hommes de medias vivent aujourd’hui. C’est un constat. Ils ont pour mission de faire rêver mais au fond, eux-mêmes ne vivent pas dans de bonnes conditions. Le téléspectateur ou l’auditeur qui t’écoute se  fiche de tes conditions de vie ; ta mission, c’est de lui servir ce qu’il veut. Pour faire ce métier, on doit toujours être de bonne humeur et dans la joie », affirme-t-il.  

Daouda Sané est aussi animateur télé et radio. Son émission le « 9.12 » draine autant d’auditeurs qu’un match des Etalons au Stade du 4-Août. « L’émission le 9.12 se porte bien, on fait au mieux pour que les choses se passent bien. On a de bons retours donc ça va bien », se réjouit-il.

Pour Daouda Sané, le choix de ses invités se fait en fonction des coups de cœur et des albums qu’on reçoit en rapport aussi avec l’actualité et surtout de la demande. A son niveau, il dit ne pas rencontrer de difficultés particulières. Le plus important, selon lui, c’est l’inspiration qui doit être présente, le reste se prépare et peut s’arranger.

« On ne sait jamais quand une émission marche ou réussit. On se base juste sur la sensation qu’on a. On est satisfait parce que peut-être on a ressenti de belles choses au cours de l’émission. Ça nous rend heureux mais pas forcément fier. Tu peux penser avoir fait une bonne émission alors que l’auditeur ou les auditeurs ne l’ont pas vécu de la même manière. J’ai eu des cas qui étaient contradictoires. Le plus important, c’est la sensation, c’est de passer un bon moment. C’est sur cela que moi, personnellement, je me base », affirme-t-il sur la question de savoir les critères sur lesquels il se base pour juger la réussite ou non d’une émission.

Obissa

jmr uneChaque 20 juin, c’est la Journée mondiale dédiée au réfugié (JMR). L’insécurité dans les pays du Sahel a provoqué une crise humanitaire sans précédent. Le Burkina compte, à la date du 07 juin 2020, 921 471 personnes déplacées internes (PDI) et accueille également sur son territoire des réfugiés. A l’occasion de la JRM 2020, Radars Info Burkina a rencontré Shelubale Paul Ali-Pauni, représentant adjoint du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) Burkina, pour savoir quelle est la situation de ces personnes au Burkina.

Selon Shelubale Paul Ali-Pauni, 21 000 réfugiés sont enregistrés sur le sol burkinabè. 98% de ces réfugiés sont des Maliens. Les 2% sont des réfugiés d’autre pays comme le Burundi, la Centrafrique, le Congo, le Tchad et le Togo. « Les 2 % sont des réfugiés urbains. Ils habitent principalement à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Quant aux réfugiés maliens, ils se localisent principalement dans le Sahel, précisément à Djibo, à travers le camp de Mentao, et à Dori à travers le camp de Goudebou. Le reste de ces réfugiés habitent avec la population locale  dans les villages en dehors du camp », a-t-il ajouté.

La gestion de  ces réfugiés consiste principalement pour le HCR à aller apporter la protection internationale auprès du gouvernement burkinabè. « En effet, c’est le gouvernement burkinabè qui est le premier à donner asile aux réfugiés. Le HCR vient en appui au gouvernement pour une assistance aux réfugiés. Cette assistance est multisectorielle. On leur donne presque tout, surtout lorsqu’ils arrivent nouvellement. S’ils sont dans un camp de réfugiés on s’assure qu’il y a de l’eau, qu’ils ont des abris, des latrines, qu’il y a l’école, qu’ils ont un centre de santé. jmr 2Mais avec le temps, on les pousse à l’autonomisation, à savoir qu’ils puissent se prendre en charge et également qu’ils commencent à s’intégrer dans la vie du pays hôte et vivent comme tout citoyen de ce pays », a expliqué le représentant adjoint du HCR/Burkina.

La prise en charge de ces réfugiés au Sahel dans un contexte d’insécurité grandissante n’est pas sans difficultés. «Cette situation nous a limité l’accès à ces réfugiés. Depuis janvier, le HCR ne met plus pied à Djibo comme la plupart des populations du Burkina qui ont quitté la ville à cause de l’insécurité. Donc cette situation est vraiment une grande préoccupation. Mais avec le gouvernement à travers les Forces de défense et de sécurité (FDS), nous sommes en train de travailler pour que d’ici là nous puissions être en mesure d’arriver à Mentao et à Djibo pour pouvoir continuer à apporter notre assistance et notre protection aux réfugiés », a confié Ali-Pauni.

jmr 3«Certes, nous déplorons l’insécurité, mais nous déplorons à plusieurs titres puisqu’à un moment elle a porté une sorte de stigmatisation sur nos réfugiés.  Il y a eu des rumeurs sur eux. Parfois ils étaient accusés à tort. Heureusement au-dessus de toute cette situation, le gouvernement, par les FDS, a toujours fait en sorte que les réfugiés continuent à bénéficier de sa protection », a-t-il poursuivi.

Courant 2019, des réfugiés urbains ont occupé la devanture du HCR à Ouagadougou. « Ce sont des réfugiés qui essayaient de revendiquer des choses dont ils ne bénéficiaient pas. Ils voulaient tous se faire réinstaller. Ils veulent aller dans un pays autre que le Burkina. La réinstallation a des règles. Ce sont des réfugiés qui sont là depuis 20, voire plus de 25 ans. Normalement ils ne sont plus éligibles à une réinstallation. Malgré cela, ils ne voulaient rien entendre. Ils sont venus rester devant notre bureau, disant qu’ils ne partiraient que le jour où ils seraient réinstallés. Etant donné que nous avons épuisé toutes les solutions pour eux, nous avons saisi le gouvernement qui est en train d’étudier comment il pourra régler cette question », a expliqué le représentant adjoint du HCR/Burkina.

« A l’occasion de la JMR 2020, mon message est que le réfugié est une personne comme toute autre. Je voudrais également remercier le gouvernement burkinabè d’avoir ouvert ses frontières à ces réfugiés et de leur apporter assistance. C’est important. Le HCR vient en appui au gouvernement pour la protection internationale. Aux réfugiés nous demandons de s’intégrer dans le pays d’accueil. Nous avons ce qu’on appelle le pacte mondial des réfugiés, qui veut que tout réfugié soit inclus dans le programme national », a-t-il conclu.

Aly Tinto

 

 

 

rfg uneCe jour 19 juin 2020 dans l’après-midi, un avion-cargo émirati a atterri à Ouagadougou avec à son bord une cargaison de 88 tonnes de matériel d'aide d'urgence  pour les réfugiés et les déplacés internes, suite à l'appel de fonds urgent pour le Sahel lancé par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L'arrivée de ce matériel coïncide avec la Journée mondiale du réfugié, célébrée le samedi 20 juin.

Les premiers responsables du HCR/Burkina ont effectué ce jour un déplacement à l’aéroport de Ouagadougou pour accueillir un avion bienfaiteur. L’avion-cargo émirati a atterri avec à son bord 88 tonnes de matériel d'aide d'urgence  pour les réfugiés et les déplacés internes, suite à l'appel de fonds urgent pour le Sahel lancé par le HCR. « Ce matériel, composé essentiellement de 21 300 bâches en plastique, devrait fournir un abri ou renforcer les logements de quelque 30 000 personnes forcées de fuir, ce qui permettra également de décongestionner les sites les plus surpeuplés», a expliqué le HCR.  

L'avion a décollé de l'entrepôt de stockage mondial du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) hébergé par la cité humanitaire internationale de Dubaï. «Cette rotation  aérienne a été financée par Son Altesse Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis, et souverain de l'émirat de Dubaï », a fait savoir le HCR.

rfg 2Selon cet organisme onusien, la violence au Burkina Faso a déraciné 921 400 personnes tandis que le pays accueille également 21 000 réfugiés ayant fui la violence au Mali. « Les conditions de vie sont désastreuses pour ces personnes forcées de fuir leur foyer. Beaucoup dorment en plein air ou ont trouvé refuge dans des abris de fortune. Près de 70 000 déplacés internes vivent actuellement dans des zones en proie aux risques d’inondation dans les régions du Centre-Nord et du Sahel », a regretté l’organisme humanitaire.

Le pont aérien du jour est un premier volet de contributions, suite à l’appel lancé, d’un montant de 186 millions de dollars, pour aider les réfugiés et répondre à la crise de déplacements de populations au Sahel.

« Alors que le Sahel est confronté à une crise humanitaire et de protection d’une ampleur sans précédent, chaque geste compte. Grâce à ce pont aérien, des milliers de familles vulnérables et déracinées au Burkina Faso pourront désormais bénéficier d’un abri », s’est réjouie Loli Kimyaci, représentante du HCR au Burkina.

« Nous sommes très reconnaissants à Son Altesse Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum et à la cité humanitaire internationale pour le financement de ce pont aérien nécessaire d’urgence qui vient à point nommé, alors que nous célébrons la Journée mondiale du réfugié à une époque de déplacements forcés sans précédent à travers le monde. Il montre ainsi l’exemple et nous espérons qu’il sera suivi par d’autres », a-t-elle conclu.

Aly Tinto

grv uneAprès avoir suspendu ses activités à cause des décisions gouvernementales relatives à la lutte contre la COVID-19, la coalition syndicale a tenu une assemblée générale le jeudi 18 juin 2020 dans la soirée à la Bourse du travail. A l’issue de cette AG, les syndicats ont annoncé la tenue d’un meeting le samedi 4 juillet 2020 sur l’ensemble du territoire national et lancé un mot d’ordre de grève de 48h, du mercredi 8 au jeudi 9 juillet 2020, sur l’ensemble du territoire national pour réclamer la satisfaction de leur plateforme revendicative.

Dans l’après-midi du 18 juin, les travailleurs ont pris d’assaut la cour de la Bourse du travail. Un militant martelait des slogans sur le podium et l’artiste musicien Almamy Kj aussi prestait. Ils ont ainsi tenu le public en haleine jusqu’à la sortie des premiers responsables des mouvements syndicaux.

Selon les termes même de Bassolma Bazié, porte-parole de la coalition syndicale, à un moment donné la COVID-19 a été utilisée comme une enveloppe forestière dans laquelle le gouvernement s’est englué pour taper sur le mouvement démocratique. « Suspension des salaires de femmes, même en congé de maternité, affectations de journalistes même décédés, convocation de journalistes dans des centres de sécurité et gendarmerie ; pour tout cela, nous avons estimé qu’il était essentiel qu’on ressorte. On n’avait pas déposé nos armes, mais au vu du fait qu’il fallait compatir avec l’ensemble des populations, il fallait trouver des stratégies pour rester au front sans pour autant ajouter un certain niveau de douleur », a-t-il soutenu.

grv 2Par conséquent « le samedi 4 juillet 2020 matin nous allons doser sur l’ensemble du territoire le niveau de mobilisation des travailleurs et les mercredi 8 et jeudi 9 juillet, nous allons engager une grève dans l’ensemble des secteurs. Par la suite, nous allons voir les autres actions qu’il faudra poser de part et d’autre pour que ce mouvement connaisse une réussite totale », a déclaré le porte-parole de la coalition.

Quant à Souleymane Badiel, secrétaire général de la Fédération des syndicats nationaux de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER), il est revenu sur la « répression abattue sur les travailleurs engagés dans la lutte au sein de la coalition et les mesures prises par la coalition pour faire face à cette répression ».

grv 3A l’en croire, la suspension de salaires a concerné deux ministères, à savoir celui de l’Education nationale et celui de l’Economie et des Finances dans des proportions différentes. « Au ministère de l’Economie, les responsables, par la suite, ont indiqué que l’opération a été une erreur et la situation a été corrigée.  Par contre en ce qui concerne le ministère de l’Education, nous avons fait appel à la générosité de notre peuple, de nos militants pour pouvoir accompagner les camarades touchées par lesdites suspensions. Nous avons pris en charge en fin mars 727 travailleurs et 23 autres en fin avril. Le nombre total de travailleurs pris en charge est de 740, rien que dans ce ministère. Comme accompagnement, à la date de 26 mai nous étions à 73 800 000 francs CFA », a expliqué Souleymane Badiel.

Pour ce qui concerne la révocation des trois agents du ministère de l’Economie, M. Badiel a martelé que « le traitement politique du dossier est inacceptable ».    Selon Bassolma Bazié, chacun sera rattrapé par ses actes. « Nous lançons un appel au gouvernement en disant qu’il y a eu des dizaines de gouvernements qui se sont succédé dans notre pays mais ils n’ont jamais pu mettre le mouvement syndical à genoux. Donc si quelqu’un vient de parachuter à un poste de responsabilité et qu’il n’a pas une capacité politique d’analyse de notre histoire, qu’il se ressaisisse parce que chacun sera rattrapé par ses actes. Tous ceux qui signent des actes de révocations, d’affectations, un moment viendra où, individuellement ou collectivement, chacun d’eux va répondre. Nous sommes sereins», a-t-il affirmé.

En rappel, la coalition syndicale a déposé un préavis de grève auprès du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, lequel porte sur des exigences comme « l’arrêt du pillage du patrimoine national, le respect des libertés, la question de la vie chère avec l’annulation du prélèvement de l'Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS) sur les primes et indemnités des travailleurs et la bonne gouvernance au Burkina ».

Aly Tinto  

tek uneLe mercredi 17 juin 2020, a été célébrée la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Beaucoup de terres agricoles au Sahel sont affectées par la désertification. Cette dégradation des sols impacte grandement les rendements agricoles.  Pour faire face à cette situation, des techniques sont développées. C’est le cas du tapis herbacé. Pour connaître davantage cette technique, Radars Info Burkina a pris langue avec Oumarou Ouédraogo, dit Roba, technicien dans le domaine de la Conservation des eaux et des sols et l’agroforesterie (CES/AGF) de la Fédération nationale des groupements Naam (FNGN).

Selon Oumarou Ouédraogo, dans la région du Nord, le tapis herbacé est une initiative de feu Dr Bernard Lédéa Ouédraogo, fondateur des Groupements Naam, qui, après avoir fait des constats sur tous les différents sites dégradés, a proposé plusieurs techniques agricoles parmi lesquelles le tapis herbacé. Le premier chantier pour mettre cette technique en application s’est réalisé en 1987 dans la commune de Namissiguima, précisément dans le village de Noogo.

En quoi consiste cette technique ? «Le tapis herbacé est une des techniques de récupération des terres totalement dégradées et dénudées. Pour son application, il y a plusieurs techniques combinées. C’est un système mécanique et végétal. On fait d’abord des ouvrages mécaniques, c’est-à-dire la confection  de cordons pierreux sur le sol à récupérer pour lutter contre l’érosion hydrique. tek 2Après cette opération, on casse la croûte de terre à la surface via un outil mécanique : à l’aide d’une sous-soleuse, par attraction animale ou encore avec un tracteur. Une fois que cette opération est terminée, on sème les graines d’herbes locales dans les raies de sous-solage. Ensuite, on attend  l’approche de l’hivernage pour planter des espèces d’arbres de la localité, généralement des épineux, sur les alignements cordons pierreux.  Les herbacés vont partir en hauteur pour constituer un couvert végétal pour la partie dénudée. Les espèces d’arbres plantées  contribuent à la régénération des sols. Une fois que ces arbres sont en hauteur, ils luttent également contre l’érosion éolienne », a expliqué le technicien CES/AGF.

Cette technique permet donc entre autres : une diminution de la force d’écoulement des eaux de pluie, donc une disparition progressive de l’érosion, d’alimenter la nappe phréatique et une reconstitution du sol. « Au bout de deux ou trois ans, étant donné que le sol est devenu riche, le paysan peut exploiter le site par une production céréalière ou de fourrage pour le bétail.  Non loin de ces sites, il y a la possibilité d’avoir des ouvrages hydrauliques. Cela favorise une augmentation des rendements », a affirmé M. Ouédraogo, qui a précisé que la FNGN dispose d’importants stocks de semences d’herbes, surtout de l’Andropogon gayanus.

S’agissant de la vulgarisation de cette technique à la FNGN, il faut dire qu’à la sortie de chaque campagne il y a des rencontres dans les villages pour des programmes  d’aménagement CES/AGF. « L’expression des besoins émane de la base et c’est nous, les techniciens et les animateurs, qui les aidons à trouver la démarche et les mécanismes appropriés », a-t-il ajouté.  

Dans les quatre provinces de la région du Nord, il y a eu des aménagements en la matière. « On a au minimum 1 400 hectares de terres récupérées par cette technique. La technique se poursuit avec actuellement des moyens limités. En effet, les producteurs qui ont toujours des portions de terres dénudées réalisent la technique par traction animale. Par le passé, un projet nous a soutenus pour le sous-solage à travers un tracteur. Ce qui fait qu’on engrangeait beaucoup plus de superficies. A présent, cela se fait par traction animale », a conclu Oumarou Ouédraogo, dit Roba.

Aly Tinto

    

lkm une15 juin 2019-15 juin 2020 : l’Appel de Manéga a 1 an. Les initiateurs ont fait une halte pour faire le point afin d’entamer les prochaines étapes. Lockmann Sawadogo, à travers cette interview qu’il a bien voulu accorder à Radars Infos Burkina, nous livre sa lecture, une année après l’Appel de Manéga, des prochaines étapes, la commémoration passée.

RB : Quelle est la prochaine étape ?

LS : La commémoration finie, nous allons passer à la structuration de l’ « Appel de Manéga » avec l’installation des » tuteurs de l’Appel de Manéga ». Parce que c’est avec ces tuteurs que nous comptons atteindre les masses. Nous, on veut que ce soit un mouvement de conscience. Que les gens comprennent la nécessité du vivre-ensemble. Qu’ils comprennent que l’Etat est menacé. La prochaine étape va consister à chercher des partenariats. Il y a certains qui se sont déjà annoncés. 

RB : Est-ce que vous pouvez revenir sur les motivations qui vous ont amenés à choisir ce thème pour l’an 1 de « l’Appel de Manéga » ?

LS : Le thème de cette commémoration est : « Construire les modèles endogènes pour pacifier et réconcilier », parce que la question de la paix et de la réconciliation repose d’abord sur le bon vouloir, le savoir-faire et le vouloir faire de l’être sur la culture des uns et des autres. lkm 2Nous sommes dans un espace, un milieu où il y a des valeurs de réconciliation et de pacification qui sont surtout endogènes. Il y a, par exemple, l’alliance par le mariage, la parenté à plaisanterie et les pactes qui existent entre les communautés. Ce sont des valeurs qu’il faut réveiller. Certaines sont plus connues, d’autres oubliées. Par exemple, entre le royaume de Boussouma et celui de Ouagadougou, il y a un pacte de paix pour la simple raison que ce sont les deux royaumes qui se sont le plus combattus dans le passé. Chez les Mossis, on parle de « Wemba » mais à Bobo-Dioulasso on parle de « Guimbi Ouattara » qui a été un précurseur de la paix. A Bobo-Dioulasso, l’étranger est chez lui et on lui donne à manger. Ce sont des valeurs endogènes qu’il faut essayer de faire ressortir. Vous verrez que si on le fait, les distanciations ou les différences culturelles, politiques et sociales vont disparaître parce qu’il y a quelque chose de plus fondamental. On a pris l’exemple de Kaya et de Manga qui ont construit un modèle à partir de la parenté à plaisanterie après 32 ans de conflit de différend. Les gens de Manga et de Kaya ne se mariaient pas entre eux. Chaque fois qu’ils se rencontraient, ils changeaient d’identité pour éviter l’hostilité. 32 ans après, ils se sont réconciliés en instituant la parenté à plaisanterie qui n’existait pas entre les deux communautés. C’est un modèle qu’on peut dupliquer ailleurs.

RB : Pourquoi avez-vous misé sur la parenté à plaisanterie comme mécanisme de réconciliation endogène ?

LS : La parenté à plaisanterie a l’avantage d’être transversale et pratiquée partout au Burkina Faso. Par exemple, entre les Bissas du Centre-Est et les Gourounsi du Centre-Ouest, la parenté à plaisanterie existe, bien que ce soient des aires géographiques différentes. Idem entre les Samo dans le Sourou et les Mossis au Plateau central. Comment se fait-il que malgré la distance, il y ait toujours un lien entre ces communautés ? Imaginez qu’on arrive à créer une dynamique avec la parenté à plaisanterie et qu’on l’institutionnalise, qu’on trouve des moyens de la formaliser dans des textes de la loi ! Ce serait un autre texte à côté de la Constitution.

Propos recueillis par Obissa

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