Du 5 août au 6 septembre 2020, s’est tenue dans la capitale burkinabè la 10e édition du camp vacances basket et football, initiée par Wambi Sawadogo, professeur d’Education physique et sportive (EPS) au groupe scolaire Saint-Viateur de Ouagadougou et au lycée de la Jeunesse. A cette édition ont pris part plus de 80 campeurs dont l’âge est compris entre 4 et 14 ans.
Le promoteur de ce camp vacances, M. Sawadogo, a affirmé sans ambages sa satisfaction en ces termes : « Les campeurs ont acquis les connaissances élémentaires en basketball et en football et pendant le mois qu’a duré cet apprentissage, tout s’est bien déroulé. Tous sont contents, parents comme participants. »
S’agissant des conditions de participation, il fallait débourser la modique somme de 15 000F CFA et être âgé de 4 à 14 ans. Concernant l’encadrement, ce sont des professeurs d’EPS et autres qui ont le profil de joueurs de football et de basketball qui ont formé ces campeurs. Pandémie de COVID-19 oblige, ils se sont efforcés autant que possible, selon le promoteur, de respecter les mesures barrières.
« Nous sommes à la 10e édition de cette activité. Nous avons formé des enfants qui, présentement, jouent en première division au basket ; d’autres jouent dans des clubs en Europe, notamment en 3e division. Ils en sont satisfaits et nous appellent fréquemment pour nous témoigner leur gratitude », a déclaré Wambi Sawadogo.
Pour les éditions à venir, Wambi Sawadogo souhaite avoir davantage de sponsors pour l’accompagner et, l’occasion s’y prêtant, il en a profité pour remercier ceux et celles qui ont contribué à la réussite de l’édition 2020 de ce camp. Et la conviction de M. Sawadogo est que le basket a de l’avenir au Burkina Faso. Il nous a d’ailleurs confié, réjoui : « Nous avons des professionnels qui font la fierté du Burkina en Côte d’Ivoire. En Europe également, principalement en France, nous avons de bons basketteurs. Présentement, nous avons au moins 15 professionnels qui évoluent à l’international. »
La campagne agricole de saison humide 2020-2021 bat son plein actuellement au Burkina Faso. Le pays enregistre des pluies diluviennes depuis mi-août. Au moins 13 personnes sont mortes et 19 ont été blessées dans des inondations provoquées par de fortes pluies. Radars Info Burkina s’est entretenu avec des acteurs de l’agriculture pour savoir l’incidence de ces fortes précipitations sur la campagne agricole.
Selon Moussa Koné, président national de la Chambre nationale d'agriculture (CNA), il faut avant tout souligner que le début tardif de la saison agricole 2020-2021 a concerné la majeure partie du territoire national.Des toutes premières pluies, annonçant le début de la campagne, « jusqu’à nos jours, il pleut bien, voire trop. C’est vraiment une campagne exceptionnelle parce qu’il y a très longtemps qu’on a vu pareilles grandes pluies tomber continuellement », a affirmé Seydou Eric Ouédraogo, producteur semencier-maraîcher et animateur-formateur à la confédération paysanne du Faso.
Le constat, précise-t-il, est que les paysans qui ont semé sur les terres hautes se frottent les mains actuellement, car ils auront de bonnes récoltes. Par contre, les bas-fonds sont inondés présentement. « D’abord, c’est difficile pour ces producteurs-là d’accéder à leurs champs pour en faire l’entretien. Ensuite, les plantes commencent à avoir une mauvaise physionomie. Il y a des endroits où si les fortes précipitations s’arrêtent à partir du 13 septembre, selon une prévision de la météo nationale, les spéculations pourront bien croître. Mais il existe aussi des zones où les productions sont déjà détruites », a confié Eric Ouédraogo.
Et Moussa Koné de regretter cette situation qui provoquera une baisse de la production. Il a également déploré que les eaux aient emporté beaucoup d’animaux dans la Boucle du Mouhoun.
« Certains ont fait des semis précoces et leur maïs est déjà arrivé à maturité et a même commencé à sécher. Avec toutes ces précipitations, il y aura beaucoup de pertes post-récolte », a ajouté le président national de la CNA.
Quant à M. Ouédraogo, malgré ces inondations qui inquiètent beaucoup, il a une appréciation globalement positive de la campagne. A l’en croire, la Météo leur a assuré que d’ici le 13 septembre, les grandes pluies s’arrêteraient et feraient place à des petites qui vont continuer jusqu’en octobre. Par conséquent, l’espoir d’une bonne récolte est permis.
« Selon un proverbe moaga, ce que l’eau a détruit vaut mieux que ce que la sécheresse a détruit. Ceux qui font des activités de contre-saison auront suffisamment d’eau pour travailler. En plus, ceux qui vivent la crise de l’eau seront soulagés parce que la nappe phréatique sera alimentée à leur profit », a-t-il avancé pour relativiser la situation.
Le producteur semencier-maraîcher estime que si dès le début de la présente campagne agricole les services météorologiques avaient prévenu les paysans qu’il y aurait de grandes pluies de manière continuelle à une période bien définie, ceux-ci auraient anticipé cette situation d’inondation des champs en semant sur les terres hautes. « Nous avons peur de cultiver sur les terres hautes à cause de la survenue des poches de sécheresse. C’est ça aussi, la difficulté », a-t-il avoué.
S’agissant de la gestion des inondations, il faut un aménagement des exploitations. « Ici au Burkina, nous n’avons pas l’habitude de prévoir un drainage des eaux qui envahissent les exploitations. Les champs ne sont pas aménagés pour cela, donc c’est difficile d’évacuer l’excédent d’eau. Etant dans un pays sahélien, les producteurs que nous sommes se contentent de produire dans les bas-fonds pour profiter de l’humidité dans l’espoir de réaliser de bonnes récoltes à la fin de la saison », a fait savoir l’animateur-formateur à la confédération paysanne du Faso.
Mais l’aménagement pour drainer l’eau dans une exploitation est coûteux. Il nécessite la mobilisation de techniciens.
Nous sommes à quelques jours de la rentrée scolaire 2020-2021 au Burkina Faso. Au cours de l’année scolaire 2019-2020, les classes intermédiaires n’ont pas pu achever leurs programmes à cause de la pandémie de COVID-19. Radars Info Burkina a tendu son micro au ministre de l'Education nationale, de l'Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, le Pr Stanislas Ouaro, pour s’enquérir des préparatifs de la rentrée qui se profile à l'horizon, cela d'autant plus que la pandémie n'est pas encore totalement derrière nous.
Selon le ministre Stanislas Ouaro, son département a même commencé les préparatifsde la rentrée scolaire 2020-2021 avant le 21 août, date à laquelle ont pris fin les examens scolaires 2020. A l’en croire, une feuille de route a été élaborée pour l’occasion. Elle répertorie 56 actions à mettre en œuvre qui sont en train de l'être. « Nous sommes à 11% de mise en œuvre de ces actions. Par exemple, du 1er octobre au 15 novembre, ce sera l’achèvement des programmes des classes intermédiaires de l’année dernière, celles-ci n'ayant pu faire le 3e trimestre. Nous sommes en train de mettre à la disposition des établissements des manuels. Nous avons encore sous la main des masques, puisque nous en avions commandé 12 millions. Aujourd’hui, nous sommes à 10 300 000 masques disponibles. Le trousseau pédagogique destiné aux enseignants à la rentrée est en cours de constitution », a assuré le Pr Ouaro.
Foi du chef du département de l’éducation nationale, d’ici fin septembre la confection des 12 millions de masques sera achevée. Sur ce total, 2 700 000 masques avaient déjà été distribués en août. Le ministre a ajouté que dans la région des Cascades, où seront organisées les festivités du 11-Décembre cette année, la rentrée administrative avait eu lieu le 1er septembre et que celle pédagogique se ferait à partir du 15 septembre.« Les établissements d’enseignement de cette région ont même commencé à recevoir les masques », a-t-il relevé.
Selon le Pr Stanislas Ouaro, tout devrait bien se passer pour cette reprise avec l’accompagnement des partenaires sociaux, des parents d’élèves et de l’ensemble des acteurs du système éducatif.
S’agissant de la programmation de la continuation de l'année scolaire 2019-2020 du 1er octobre au 15 novembre, M. Ouaro a assuré que la Coordination nationale des syndicats de l'Education (CNSE) a adhéré au processus et qu’il n’y a pas de problème : « La CNSE souhaite qu’on travaille à respecter le protocole d’accord. Nous sommes à 70% de mise en œuvre dudit accord. »
Dans la parution numéro 293 du journal LeReporter, il est question d’une affaire de 29 marchés d’un montant de 6 milliards de FCFA attribués de gré à gré au ministère de l’Education nationale pour le plan de riposte à la COVID-19.
« Je n’ai pas d’explications à donner. C’est un marché dans le cadre de la COVID-19 qui est réglementé par un décret du gouvernement. Selon ce décret, tout ce qui se fait dans le cadre de la COVID-19, ce sont des marchés d’urgence. Donc je n’ai aucune explication à donner. Et je ne pense pas que le journal Le Reporter ait dit que c’était mauvais. Le journal a souligné qu’il n’a pas été associé. Je ne crois pas que quelqu’un s'en soit plaint. Ce sont des marchés réguliers qui sont disponibles. Et les médias en ont bénéficié. Cependant s’ils considèrent que cela n’est pas légal, il leur appartient de rembourser ces frais », a dit, pour conclure, le ministre Ouaro.
Il est jeune et vient de décrocher le baccalauréat série A4 avec la mention Assez Bien, précisément la moyenne de 12,74 sur 20. Lui, c’est Aboubacar Sidiki Sanou et il caresse le rêve de devenir journaliste. C’est le journaliste Ismaël Ouédraogo, directeur général de la télévision Burkina Info, qui l’inspire dans ce domaine. C’est ainsi que ce mardi 8 septembre, venu de Bobo-Dioulasso, le jeune Sanou a pu rencontrer son idole au siège de ladite télévision dans la matinée.
C’est accompagné d’une de ses tantes que le tout nouveau titulaire du Bac A4 s’est présenté à la télé BurkinaInfo, où il avait rendez-vous avec le DG Ismaël Ouédraogo. Ce fut l’occasion pour lui de visiter tour à tour la rédaction de la télévision, la régie, les studios ainsi que la direction.
« J’ai décidé de venir à la télévision Burkina Info pour rencontrer les journalistes qui y travaillent. Je veux comprendre dans quel cadre et dans quelles conditions ils travaillent. Et j’ai eu la chance d’y rencontrer des personnes que je ne voyais qu’à la télé », a confié Aboubacar Sidiki Sanou.
Il affirme qu’il tenait particulièrement à rencontrer Ismaël Ouédraogo, qui est son idole, car il admire la manière dont celui-ci présente ses émissions de même que la façon dont il pose ses questions aux personnalités lors de l’émission « Le grand déballage ». « J’ai l’ambition de devenir plus tard journaliste, car ce métier me passionne. La rencontre avec Ismaël Ouédraogo a été un moment exceptionnel. Je ne pensais vraiment pas pouvoir le rencontrer de sitôt. Je remercie les personnes qui ont rendu possible cette visite et je rends grâce à Dieu », s’est réjoui le jeune homme.
Pendant la visite, est arrivé à la télévision le ministre de l’Education nationale, le Pr Stanislas Ouaro, lequel avait rendez-vous avec Ismaël Ouédraogo pour l’enregistrement de l’émission « Le grand déballage ». Aboubacar Sidiki Sanou en a profité pour assister à l’enregistrement de ladite émission et, à la fin, a eu la chance de poser avec le ministre Ouaro.
L’occasion s’y prêtant, le Pr Stanislas Ouaro a prodigué ces conseils au nouvel impétrant : « On devient excellent quand on aime ce qu’on fait. Quand on aime ce qu’on fait, cela n’est plus une corvée ou une souffrance pour soi ».
Le moins qu’on puisse dire est qu’Alimata Ouédraogo née Porgo, qui accompagnait son neveu pour cette visite, était aux anges et la joie se lisait sur son visage. « Si c’est son choix de devenir journaliste, je suis prête à l’accompagner. Je lui souhaite bon vent. Qu’il s’y mette vraiment, qu’il travaille à fond pour atteindre son objectif », a-t-elle conseillé.
En rappel, Burkina Info TV est une chaîne de télévision burkinabè créée le 3 mai 2015. Elle émet depuis Ouagadougou et met un accent particulier sur le traitement de l'information générale. C’est la première chaîne de télé au Burkina Faso qui traite exclusivement de l’actualité.
Cumulativement avec ses fonctions de directeur général, Ismaël Ouédraogo anime sa propre émission, intitulée « Le grand déballage », sur Burkina Info TV. Il s'agit d'une émission politique au cours de laquelle des acteurs de la vie socio-politique sont invités à discuter de questions liées à la démocratie.
Certains jardins publics et espaces verts de la capitale burkinabè ont cessé de fonctionner depuis novembre 2018. En son temps, les gérants de ces lieux avaient dénoncé une augmentation exagérée du loyer des jardins et espaces verts, ainsi que leur « fermeture arbitraire » par la mairie centrale. 18 mois après, Radars Info Burkina a fait le tour de certains de ces espaces publics. Constat sur le terrain.
Le jardin de l’Amitié Ouaga-Loudun est celui situé en face du rond-point des Nations unies au centre-ville. Des fleurs ont bien poussé sur le pourtour. Un vendeur d’objets d’art a exposé ses articles à l’entrée principale du jardin. Les portes sont fermées. A l’intérieur, on aperçoit de hautes herbes et tout est verdoyant, d’autant plus qu’on est en pleine saison pluvieuse.
Nous continuons notre ronde au jardin circulaire Naaba-Koom, situé en face de la gare ferroviaire. Il est plus grand que le précédent mais présente un visage hideux. Une des portes n’est pas fermée. Nous nous introduisons alors à l’intérieur et là, ce sont des eaux stagnantes très sales que nous apercevons par endroits. Certains hangars ont perdu leur toit de chaume. Des déchets sont éparpillés çà et là. Les maisonnettes sont devenues des gîtes de margouillats.
Nous quittons les lieux, direction le quartier Patte-d’oie, où est situé le jardin 2000. Cet espace, à la différence des deux autres que nous avons précédemment visités, présente un nouveau visage après une longue période de fermeture. Il est bien aménagé et la décoration est au rendez-vous. Des clients occupent des chaises sous des arbres ou des hangars. Un des gérants nous confie que ce jardin est de nouveau fonctionnel depuis mars 2020. Pour des raisons de disponibilité, la tenancière des lieux n’a pu échanger avec nous.
Pour comprendre pourquoi la plupart de ces jardins publics sont délabrés, nous avons approché la mairie de Ouagadougou. Selon sa direction de la Communication, la mairie travaille actuellement sur un audit des jardins publics. De nouveaux cahiers des charges seront définis et par la suite il sera lancé un nouvel appel d’offres.
Vivement que cet audit rende vite ses conclusions afin de sauver ces jardins qui se meurent et de les rendre fonctionnels au grand bonheur des citadins.
Faire de Ouagadougou ainsi que des autres villes du Burkina Faso des cités salubres, tel est l’objectif de l’initiative « Opération ville propre » (OVP), une association écocitoyenne portée par de jeunes étudiants. Le dimanche 30 août 2020, c’est fut le tour de la commune de Saaba d’accueillir les membres de l’OVP pour une journée de salubrité, de reboisement et de sensibilisation. Radars Info Burkina a assisté à cette activité écologique.
C’est par un temps relativement ensoleillé le dimanche 30 août que les membres de l’OVP, filles comme garçons, se sont retrouvés aux alentours du lycée municipal de Saaba. Pandémie de COVID-19 oblige, chacun d’eux portait un cache-nez. Munis de brouettes, de râteaux et de pelles, ces jeunes parcourent les voies et les alentours des cours pour les nettoyer. Les déchets sont par la suite mis dans des sacs plastiques pour être acheminés par tricycle à un dépotoir public. Sur les lieux, des plants, pour la plupart des espèces fruitières locales, étaient visibles.
« Nous nous sommes retrouvés ici, dans la commune de Saaba, grâce à la cellule ‘’Opération ville propre’’ de ladite commune pour une activité de nettoyage, de reboisement et de sensibilisation. La sensibilisation porte sur la protection de l’environnement. Nous voulons un Burkina Faso plus salubre, plus vert et une jeunesse qui se soucie de son environnement», a déclaré Hussène Traoré, président de l’initiative « Opération ville propre ».
A en croire ce dernier, depuis le lancement des activités de l’OVP en 2019, les jeunes et plusieurs collectifs se joignent au mouvement. « Actuellement, nous avons plus de deux groupes de 200 personnes véritablement engagées pour l’activité. C’est donc une fierté pour nous et nous sommes très contents de savoir que cette jeunesse est consciente, soucieuse de son environnement et de l’avenir de son pays », a-t-il ajouté.
Pour faciliter la tâche au bureau central et permettre à l’OVP de s’étendre partout, des cellules ont été mises en place. « Actuellement, il existe des cellules dans 7 quartiers qui sont : Karpaala, Zone 1, Saaba, Kamboinsin, Patte-d’oie, Tampouy et Somgandé. Une section est présente également à Bobo-Dioulasso. Pour le moment, nous ne disposons pas du matériel adéquat pour mener les activités de salubrité. Ce qu’on a l’habitude de faire, c’est solliciter le matériel dans les mairies des localités concernées. Malheureusement, la mairie de Saaba n’avait pas de matériel. Heureusement que dans le quartier une association qui évolue dans le même domaine nous a tendu la main », a expliqué Hussène Traoré.
Nelly Dembélé, étudiante en Sciences économiques et de gestion, par ailleurs cheffe de la cellule OVP de Saaba, a affirmé : « La jeunesse est de plus en plus engagée, de plus en plus motivée parce qu’au fur et à mesure que ces activités sont menées, on remarque qu’elle est dévouée et qu’elle a vraiment envie que les choses changent. Nous sommes contents parce qu’on arrive à sensibiliser les gens. Le Burkina a besoin de nous et c’est nous qui devons travailler pour le développement de ce pays, pour le rendre encore plus beau. Si nous sommes dans un pays qui n’est pas très salubre, ce n’est pas intéressant. »
Chaque groupe OVP de la commune a reçu des plants pour le reboisement. « OVP est une très bonne initiative, vu le problème d’hygiène dans la ville de Ouagadougou. Grâce à lui, je pense qu’on pourra rendre la ville propre au fur et à mesure. Avec le temps, nous allons pouvoir toucher plusieurs quartiers et parvenir à sensibiliser les populations afin que nous puissions avoir une ville propre », a déclaré Adoul Jalil, membre de l’OVP.
Afrique : 44 000 cas de disparition enregistrés sur le continent – près de la moitié des disparus sont des enfants
Ouagadougou (CICR) – La Journée internationale des personnes disparues sera célébrée le 30 août. Cette importante commémoration est l’occasion de rappeler que d’innombrables familles sont à la recherche d’un proche disparu en Afrique. Le fait d’être sans nouvelles d’un être cher est source d’immenses souffrances et difficultés pour ses proches, du fardeau émotionnel et psychologique aux besoins légaux, administratifs, économiques et psychosociaux qui en découlent. Pour le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), le problème des personnes disparues est une tragédie humaine que le monde ne doit pas oublier alors que la lutte contre le Covid-19 est venue s’ajouter à la longue liste de priorités humanitaires.
« Les conflits, la violence, la migration et les chocs climatiques continuent de provoquer des séparations de familles, en ce temps de pandémie qui rend encore plus difficile notre travail de recherches des personnes portées disparues, tout comme les efforts menés par les familles elles-mêmes » souligne Sophie Marsac, conseillère régionale au CICR pour les personnes disparues et leurs familles en Afrique.
A la fin juin 2020, le CICR recensait près de 44 000 personnes disparues en Afrique, dont près de la moitié (45%) étaient mineures au moment de leur disparition. Entre juin 2019 et juin 2020, nos équipes ont enregistré plus de 4 700 nouvelles disparitions sur le continent africain. 82% de ces cas ont été enregistrés au Nigéria, en Éthiopie, au Soudan du Sud, en Somalie, en Libye, en République Démocratique du Congo et au Cameroun. « Ces cas ne constituent qu’une goutte d’eau dans l’océan ; leur nombre est sans rapport avec l’ampleur réelle du problème », indique Sophie Marsac.
« Je n’arrive presque plus à dormir », déplore Kaltoum. Sa fille a disparu au Nigéria il y a neuf ans. « Je sens dans mon cœur que ma fille est toujours en vie. Je ne perds pas espoir ».
Le CICR appelle les autorités à reconnaître la tragédie des personnes disparues ainsi que son impact sur les familles touchées. Il leur demande de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour prévenir les disparitions, de prendre des mesures pour rechercher les personnes portées disparues afin de fournir aux familles des informations sur le sort de leurs proches et le lieu où ils se trouvent.
Si vous êtes à la recherche d’un membre de votre famille, vous pouvez contacter le CICR ou la section locale de la Croix-Rouge Burkinabé la plus proche et sur le site Internet consacré au rétablissement des liens familiaux : https://familylinks.icrc.org/fr/
+ 226 53 00 39 70, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Eméline Yameogo, Coordinatrice Communication, Ouagadougou, tél : + 226 70 75 64 94, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Karime Ouedraogo, Coordinateur RLF, Croix-Rouge Burkinabé, Ouagadougou, tél : +226 70 09 00 35, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
En prélude aux élections couplées du 22 novembre 2020 et à la campagne électorale qui se tiendra à cet effet, Radars Info Burkina s’est entretenu avec les artistes-musiciens Bil Aka Kora, Donsharp De Batoro, Oscibi Johann et le journaliste culturel Marius Diessongo pour savoir quelle peut être la contribution des musiciens à des élections apaisées au Burkina Faso. Lisez plutôt.
Pour le journaliste Marius Diessongo, la contribution des artistes à des élections apaisées se situe au niveau de la création avec la sensibilisation. « Les artistes doivent s'approprier le contexte électoral pour appeler à la saine émulation, à la paix, à la responsabilité patriotique et à la citoyenneté vertueuse qui concourt au civisme de tous les fils et filles pour un Faso qui est un havre de quiétude. L’artiste doit être lui-même un modèle. Il doit respecter le choix des uns et des autres et prôner la tolérance, peu importe son bord », pense Donsharp De Batoro.
« Déjà, quelques artistes burkinabè ont repris le titre ‘’One Love’’ de Bob Marley, une façon pour eux de dire que nous sommes des frères dans un contexte d’insécurité et de crise humanitaire. Donc les artistes sont des griots modernes pour ceux qui font de la musique moderne et on a également nos griots dans certaines régions qui contribuent à la vie sociale dans leur communauté », a renchéri pour sa part Bil Aka Kora.
Quant à Oscibi Johann, il rappelle qu’historiquement au Burkina Faso, les artistes ont toujours contribué à la cohésion sociale. « Beaucoup d’artistes sont déjà en studio pour composer des titres, réaliser des albums qui vont inciter d’abord les citoyens, surtout les jeunes, à aller voter. Ensuite en tant que chanteurs, nous allons dire aux politiciens qu’une élection, c’est comme un jeu ; il ne faut donc pas être trop passionné. Dans toute élection, il y a un gagnant et un perdant. Et comme cela s’était fait en 2015, il serait bien que celui qui va perdre aille féliciter le vainqueur et que ce dernier respecte le perdant. Nous allons leur dire également d’éviter l’ethnicisme et le régionalisme dans les discours. Au niveau de la société civile, nous allons veiller à ce que notre tissu social ne soit pas mis à mal par des discours régionalistes et ethnicistes de politiciens », a-t-il indiqué.
Mais l’artiste peut-il prendre position en composant une chanson pour un parti ou un candidat à une élection ?
Selon Marius Diessongo, le militantisme des artistes n’est pas nouveau mais dans le contexte burkinabè, ces cas de figure sont rares. « Dans une démocratie, ça ne doit pas être un problème qu’un artiste soit militant d’un parti politique et compose une chanson comme contribution audit parti. Aux Etats-Unis, par exemple, le couple Beyoncé et Jay-Z a soutenu la seconde campagne présidentielle d’Obama. Donald Trump en a bénéficié également en 2016. En France, des artistes comme Faudel et Doc Gynéco ont apporté leur soutien à Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2017, et lors de son dernier mandat, Johnny Hallyday l’a soutenu. Au Mali, l’artiste Sidiki Diabaté a soutenu IBK. La loi n’interdit pas à un artiste d’être militant d’un parti politique. Donc quand on est artiste et militant dans un pari politique il n’y a pas de gêne à composer une chanson pour galvaniser, pour motiver. Mais naturellement, on ne doit pas y faire l’apologie de la violence en tenant des propos qui incitent à la haine », a-t-il développé.
Et le journaliste de poursuivre : « Si c’est le cas d’un artiste qui n’est pas militant comme l’Ivoirien Debordo Leekunfa qui a fait une chanson pour le président Roch Marc Christian Kaboré et également Djénéba Seck qui a fait une chanson pour le candidat Tahirou Barry, c’est spécifiquement du business. Ils n’ont aucun lien avec les partis. A ce niveau également dans ces messages, il faut savoir ce qu’on dit, atténuer les propos, ne pas être un promoteur de la haine ni de la violence ».
Ces trois artistes affirment qu’ils ne sont absolument pas disposés à composer une chanson pour un parti politique ou un candidat quelconque. « J’estime que la musique doit s’adresser à tout le monde. Chanter pour un parti, c’est plus ou moins frustrer certains fans et c’est même difficile pour moi de composer des chansons en l’honneur d’un individu ou d’un parti politique. D’ailleurs, je n’ai jamais presté au cours d’un meeting politique », a affirmé Bil Aka Kora, le roi du Djongo. Par contre, s’il s’agit de prester lors d’un meeting politique, Donshap de Batoro et Oscibi Johann disent être partants.
Faire les éloges d’un parti politique ou d’un candidat à une élection n’est pas sans risque pour l’artiste qui s’y aventure. « Pour le cas de Faudel et de Doc Gynéco en France, il y a eu par la suite des répercussions sur leur carrière. Au niveau de la banlieue, la jeunesse immigrée a pratiquement vomi ces artistes. Le groupe Toofan l’a aussi fait au Togo en appelant à soutenir le président Faure Gnassingbé. Beaucoup n’ont guère apprécié cela, car à leur avis ce groupe devait rester impartial. Tout artiste doit donc savoir que cette attitude partisane peut lui faire perdre des fans », a souligné le journaliste culturel.
« Si un musicien compose une chanson pour un parti politique, il doit savoir à quoi s’en tenir car en cas de dérives dudit parti, il peut payer les pots cassés », a prévenu Donsharp de Batoro.
Le E-commerce est un système qui permet d’échanger des biens, des services ou de l’information par le truchement d’une plateforme électronique, en général Internet. Le paiement se fait par voie mobile, par virement bancaire ou en espèces à la livraison. Au Burkina Faso, il existe plusieurs sites dédiés au commerce en ligne. Radars Info Burkina a pris langue avec Maxime Da, directeur des expertises techniques et de contrôle à la Commission de l’informatique et des libertés (CIL), et Bantida Samire Yoni, commandant de la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), pour savoir la procédure en la matière et les risques éventuels dans la pratique.
La CIL est investie d’une mission générale d’information des personnes de leurs droits et de leurs obligations en matière de traitement de données personnelles. La régulation du traitement des données personnelles fait également partie de ses attributions. « La régulation du traitement consiste à faire en sorte que les personnes morales, notamment les responsables des structures qui veulent mettre en place des bases de données qui portent sur des collectes de données personnelles, viennent les déclarer auprès de la CIL. Lorsque la déclaration est faite, les équipes techniques de la CIL apprécient la conformité du traitement qui en est fait avec les dispositions de la loi », a précisé Maxime Da. La CIL accompagne les structures de retraitement de données, y compris les structures de E-commerce, pour s’assurer que la collecte de données personnelles est conforme aux principes édictés et que la garantie de sécurité mise sur la plateforme est réelle. Selon M. Da, beaucoup de sites existent sans déclaration.
Vient ensuite la mission de contrôle de l’effectivité de la mise en œuvre de ce traitement. A ce propos, il y a le contrôle en ligne et le contrôle inopiné ou programmé. En matière de gestion des plaintes, selon lui, la CIL procède souvent par l’audition du responsable de traitement de données personnelles. Le directeur des expertises techniques et de contrôle de la Commission avoue cependant qu’elle n’a pas de pouvoir d’investigation.
« Le business qui se fait sur les réseaux sociaux est différent de celui sur les sites développés spécifiquement en tant que plateformes de E-Commerce. Donc c’est beaucoup plus sérieux de faire des transactions sur les dernières citées. Il y a eu des cas où des gens ont vu des articles sur des pages de réseaux sociaux, ont passé commande et, malheureusement, se sont fait gruger. Ceux qui achètent des articles sur les réseaux sociaux doivent savoir qu’ils le font à leurs risques et périls, même s’il convient de souligner qu’il y a aussi des vendeurs sur lesdits réseaux qui sont de bonne foi », a ajouté Maxime Da.
Bantida Samire Yoni, commandant de ladite brigade, affirme que la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) enregistre plusieurs cas d’infractions liées au E-commerce pour le cas du Burkina Faso.
« 80% des structures qui offrent des services de E-commerce le font par les réseaux sociaux. C’est à ce niveau que les problèmes se posent. Nous avons des situations où des personnes reproduisent des pages de certaines structures sur les réseaux sociaux. Des clients font donc des commandes de produits, mais ils ne seront jamais livrés. D’autres personnes créent des pages fictives de vente en ligne d’articles avec des offres alléchantes et beaucoup d’internautes tombent malheureusement dans leur piège. Sur notre page Facebook, des gens grugés nous exposent des situations de ce genre dont ils ont été victimes. Nous les invitions alors à venir dans notre service pour mieux formaliser leur plainte », a-t-il détaillé.
En matière d’investigations, la BCLCC a déjà procédé à des arrestations. « Des malfrats ont été déférés au parquet et d’autres enquêtes sont toujours en cours. Certains malfrats s’y connaissent en matière d’arnaque de ce type, donc il y a des cas assez complexes à traiter », a précisé M. Yoni, qui donne le conseil suivant aux internautes : « Il faut que les gens sachent que la confiance à 100% n’existe pas. Tant qu’on n’a pas reçu la marchandise, on ne doit pas se risquer à payer. Le E-commerce a de l’avenir au Burkina mais il y a un vide : il s’agit de l’absence d’un tiers de confiance dans le processus de E-commerce. Il faut une personne tierce de confiance (NDLR : Une sorte d’intermédiaire entre les deux) qui sera le garant entre le client et le vendeur. En attendant, nous conseillons aux clients de n’effecteur le paiement que s’ils ont la marchandise commandée entre les mains. »
A l’occasion du Mois national de l’arbre au Burkina Faso, Radars Info Burkina s’est entretenu avec Béyé Gué, chef du service départemental de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique de Loumbila, pour savoir l’état de la coupe abusive du bois et des espèces protégées.
« La tendance de la coupe abusive du bois est haussière et cela est grave. La coupe abusive du bois diffère des zones. Si nous prenons le Centre, notamment les grandes agglomérations, les gens veulent le charbon et le bois. Donc les paysans ont des techniques pour tuer les arbres. Puisqu’il nous arrive de constater des arbres qui subitement sont en état de dessèchement. C’est pour obtenir par la suite soit le charbon soit le bois pour aller le vendre en ville. Donc la coupe abusive du bois est très accélérée tout autour des villes du pays», a regretté M. Gué.
Selon lui, les agents des Eaux et forêts sont vigilants mais sont dans l’impossibilité de tout surveiller à 100%.
Ainsi, le ministère de l’Environnement a interdit la production du charbon de bois à moins 100 km de la ville, « mais l’extension de la ville de Ouagadougou fait que les gens sont obligés d’abattre les arbres », a-t-il expliqué.
En ce qui concerne les espèces forestières protégées, il a souligné que tous les arbres sont certes protégés, mais il existe une liste des espèces dites intégralement protégées.
« Il y a une différence entre ‘’protégé’’, ‘’partiellement protégé’’ et ‘’intégralement protégé’’. Un arbre peut été protégé soit pour sa valeur économique, soit pour sa rareté. Par exemple le karité, le néré, le dattier du désert, le caïlcédrat et le bois de rose sont protégés. Le piliostigma reticulatum (bagandé en mooré)n’est pas intégralement protégé quand il est petit, mais quand il devient grand il le devient», a fait savoir Béyé Gué.
A en croire le forestier, le bois de rose, dont les feuilles sont prisées par le bétail, est constamment élagué par les éleveurs. « Par conséquent ces arbres n’ont plus le temps de faire les fruits pour pérenniser l’espèce. Dans la zone ouest de la Kossi, on ne peut plus voir un jeune karité, un jeune néré. Il faut donc planter des espèces locales pour remédier à cette situation », a conclu le chef du service départemental de l’Environnement de Loumbila.