Techniques de récupération des terres totalement dégradées et dénudées : 1 400 hectares de terres récupérées par le tapis herbacé dans la région du Nord
Le mercredi 17 juin 2020, a été célébrée la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse. Beaucoup de terres agricoles au Sahel sont affectées par la désertification. Cette dégradation des sols impacte grandement les rendements agricoles. Pour faire face à cette situation, des techniques sont développées. C’est le cas du tapis herbacé. Pour connaître davantage cette technique, Radars Info Burkina a pris langue avec Oumarou Ouédraogo, dit Roba, technicien dans le domaine de la Conservation des eaux et des sols et l’agroforesterie (CES/AGF) de la Fédération nationale des groupements Naam (FNGN).
Selon Oumarou Ouédraogo, dans la région du Nord, le tapis herbacé est une initiative de feu Dr Bernard Lédéa Ouédraogo, fondateur des Groupements Naam, qui, après avoir fait des constats sur tous les différents sites dégradés, a proposé plusieurs techniques agricoles parmi lesquelles le tapis herbacé. Le premier chantier pour mettre cette technique en application s’est réalisé en 1987 dans la commune de Namissiguima, précisément dans le village de Noogo.
En quoi consiste cette technique ? «Le tapis herbacé est une des techniques de récupération des terres totalement dégradées et dénudées. Pour son application, il y a plusieurs techniques combinées. C’est un système mécanique et végétal. On fait d’abord des ouvrages mécaniques, c’est-à-dire la confection de cordons pierreux sur le sol à récupérer pour lutter contre l’érosion hydrique. Après cette opération, on casse la croûte de terre à la surface via un outil mécanique : à l’aide d’une sous-soleuse, par attraction animale ou encore avec un tracteur. Une fois que cette opération est terminée, on sème les graines d’herbes locales dans les raies de sous-solage. Ensuite, on attend l’approche de l’hivernage pour planter des espèces d’arbres de la localité, généralement des épineux, sur les alignements cordons pierreux. Les herbacés vont partir en hauteur pour constituer un couvert végétal pour la partie dénudée. Les espèces d’arbres plantées contribuent à la régénération des sols. Une fois que ces arbres sont en hauteur, ils luttent également contre l’érosion éolienne », a expliqué le technicien CES/AGF.
Cette technique permet donc entre autres : une diminution de la force d’écoulement des eaux de pluie, donc une disparition progressive de l’érosion, d’alimenter la nappe phréatique et une reconstitution du sol. « Au bout de deux ou trois ans, étant donné que le sol est devenu riche, le paysan peut exploiter le site par une production céréalière ou de fourrage pour le bétail. Non loin de ces sites, il y a la possibilité d’avoir des ouvrages hydrauliques. Cela favorise une augmentation des rendements », a affirmé M. Ouédraogo, qui a précisé que la FNGN dispose d’importants stocks de semences d’herbes, surtout de l’Andropogon gayanus.
S’agissant de la vulgarisation de cette technique à la FNGN, il faut dire qu’à la sortie de chaque campagne il y a des rencontres dans les villages pour des programmes d’aménagement CES/AGF. « L’expression des besoins émane de la base et c’est nous, les techniciens et les animateurs, qui les aidons à trouver la démarche et les mécanismes appropriés », a-t-il ajouté.
Dans les quatre provinces de la région du Nord, il y a eu des aménagements en la matière. « On a au minimum 1 400 hectares de terres récupérées par cette technique. La technique se poursuit avec actuellement des moyens limités. En effet, les producteurs qui ont toujours des portions de terres dénudées réalisent la technique par traction animale. Par le passé, un projet nous a soutenus pour le sous-solage à travers un tracteur. Ce qui fait qu’on engrangeait beaucoup plus de superficies. A présent, cela se fait par traction animale », a conclu Oumarou Ouédraogo, dit Roba.
Aly Tinto
15 juin 2019-15 juin 2020 : l’Appel de Manéga a 1 an. Les initiateurs ont fait une halte pour faire le point afin d’entamer les prochaines étapes. Lockmann Sawadogo, à travers cette interview qu’il a bien voulu accorder à Radars Infos Burkina, nous livre sa lecture, une année après l’Appel de Manéga, des prochaines étapes, la commémoration passée.
Nous sommes dans un espace, un milieu où il y a des valeurs de réconciliation et de pacification qui sont surtout endogènes. Il y a, par exemple, l’alliance par le mariage, la parenté à plaisanterie et les pactes qui existent entre les communautés. Ce sont des valeurs qu’il faut réveiller. Certaines sont plus connues, d’autres oubliées. Par exemple, entre le royaume de Boussouma et celui de Ouagadougou, il y a un pacte de paix pour la simple raison que ce sont les deux royaumes qui se sont le plus combattus dans le passé. Chez les Mossis, on parle de « Wemba » mais à Bobo-Dioulasso on parle de « Guimbi Ouattara » qui a été un précurseur de la paix. A Bobo-Dioulasso, l’étranger est chez lui et on lui donne à manger. Ce sont des valeurs endogènes qu’il faut essayer de faire ressortir. Vous verrez que si on le fait, les distanciations ou les différences culturelles, politiques et sociales vont disparaître parce qu’il y a quelque chose de plus fondamental. On a pris l’exemple de Kaya et de Manga qui ont construit un modèle à partir de la parenté à plaisanterie après 32 ans de conflit de différend. Les gens de Manga et de Kaya ne se mariaient pas entre eux. Chaque fois qu’ils se rencontraient, ils changeaient d’identité pour éviter l’hostilité. 32 ans après, ils se sont réconciliés en instituant la parenté à plaisanterie qui n’existait pas entre les deux communautés. C’est un modèle qu’on peut dupliquer ailleurs.
Salfo Bonkoungou est artiste modeleur-fondeur. Pour lui, ce projet n’est pas la meilleure solution. « Le SIAO est un évènement international, alors que les villages artisanaux évoluent au niveau national », a-t-il soutenu.
Le premier responsable de l’administration du village artisanal n’a pas voulu s’exprimer sur le sujet « pour le moment ».
Des mangues à perte de vue aux abords de certaines rues de Ouagadougou. C’est la saison des mangues actuellement au Burkina Faso et la campagne 2020 de ce fruit est marquée par la faible production et la pandémie de COVID-19. Radars Info Burkina a contacté Paul Ouédraogo, président de l’Association interprofessionnelle de la filière mangue du Burkina (APROMAB), pour se faire une idée de l’organisation des acteurs de cette filière, de la transformation ainsi que de l’exportation de la production.
Pour ce qui est des retombées économiques, elles sont de plusieurs ordres. « Il y a l’aspect financier avec les exportations et la vente locale ainsi que la vente au niveau sous-régional (Ghana, Niger, Côte d’Ivoire) et ensuite à l’international (Europe, Etats-Unis et Asie). Les spécialistes des calculs de ces devises estiment cet impact financier à 16 ou 20 milliards de francs CFA. Ce qui est vendu localement n’est pas, pour le moment, quantifié en termes financiers mais économiquement nous savons que c’est important. En plus de l’aspect économique, il y a celui nutritionnel qui est important dans la production de la mangue », a-t-il indiqué.
Après six mois de mise en œuvre de la gratuité des soins et services de planification familiale dans deux régions pilotes, le Conseil des ministres du 3 juin a décidé d’étendre cette gratuité à l'ensemble des régions du Burkina Faso. Youssouf Ba, chargé de communication et de plaidoyer à l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF), et Marceline Tou, coordonnatrice régionale des associations féminines du Centre, donnent dans les lignes qui suivent leur appréciation de cette décision gouvernementale.
« Cela va aider un tant soit peu les femmes du Burkina Faso en matière de santé de la reproduction », a-t-elle affirmé. Selon elle, les moyens financiers nécessaires pour avoir accès à la planification familiale étaient une barrière majeure. « La pauvreté touche beaucoup plus les femmes », a déclaré la coordonnatrice régionale des associations féminines du Centre.
A l’en croire, ce n’est pas seulement la barrière financière qui limite l’accès des femmes aux services de planification familiale. « Il y a un certain nombre de pesanteurs socioculturelles qui font que certaines familles n’ont pas accès aux services de planification familiale. Il y a des rumeurs sur la planification familiale. Dans certains contextes, la femme n’a pas le droit de décider par exemple de l’espacement des naissances. C’est l’homme qui en décide. En plus, les rumeurs ont un impact. Selon lesdites rumeurs, la planification conduit à des malformations, à la stérilité et peut amener des femmes à avoir des monstres. Or, il n’en est absolument rien », a soutenu M. Ba.
La raison principale en est que « les semences paysannes sont aujourd’hui menacées par les politiques agricoles nationales qui privilégient le système semencier formel (semences améliorées, hybrides et OGM), la biopiraterie, qui est l’une des pires formes de menaces pour les variétés traditionnelles de semences, et le changement climatique », a soutenu le coordonnateur de l’APN-Sahel.
Les actions menées par l’APN-Sahel en vue de la sauvegarde des semences paysannes sont, entre autres, le développement de solutions de conservation in situ desdites semences (sur le site de production) grâce à la construction de banques de gènes et de banques de semences gérées de manière communautaire, la réalisation des évaluations participatives de la sécurité semencière dans différentes régions du Burkina avec les villages partenaires, la mise en œuvre, entre 2010 et 2020, dans quatre régions du Burkina, du programme de rayonnement de l’approche SOS (semences de la survie) en partenariat avec l’ONG canadienne USC Canada (devenue Seed Change). Enfin, sur le plan politique, l’APN-Sahel a contribué au plaidoyer pour la révision de la loi sur les ressources phylogénétiques du Burkina, notamment pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans, la prise en compte du droit des paysans de disposer et d’échanger librement leurs semences, etc.
Le plus grand canal de Wemtenga a, lui aussi, des allures de décharge publique à ciel ouvert. Difficile de distinguer les déchets qui prédominent malgré sa grande taille. Le canal est visiblement rempli d’ordures ménagères qui y sont déversées. A Ouagarinter, difficile de déterminer les limites du caniveau, car il est déjà rempli et les déchets plastiques affleurent.
Cette semaine, explique-t-il, les équipes d'assainissement sont sur deux axes : celui de Kalgondin et celui de Samandin. A la question de savoir pourquoi le service d'assainissement ne change pas son fusil d'épaule, c’est-à-dire pourquoi outre les sensibilisations il ne procède pas à des sanctions contre les contrevenants, M. Nassouri répond que la réflexion est en train d’être menée dans ce sens. Des propositions, annonce-t-il, seront faites aux autorités à ce propos.
C’est le moment de la reprise du cours après la pause dans une classe de 3e. Un dispositif de lavage des mains est installé à l’intérieur, les élèves portent chacun un masque mais la distanciation physique n’est pas respectée. Noël Tougma est un des élèves de cette classe : « Les cours se déroulent bien. Les professeurs appuient sur l’accélérateur pour pouvoir rattraper le retard. Les mesures barrières sont respectées dans l’ensemble. Mais s’agissant de la distanciation, ce n’est pas le cas. Les tables-bancs ne sont pas en nombre suffisant pour que soit respecté l’écart d’1 mètre.» M. Béogo est le professeur d’histoire-géo de cette classe de 3e. Il nous confie : « Nous faisons preuve de rigueur pour que les élèves respectent les mesures barrières car ils ont tendance à les négliger ces mesures. Certains disent que quand ils portent le masque, ils étouffent. On sait qu’il sera difficile de terminer le programme, vu le temps qui nous reste. Mais on souhaite faire le maximum. Nous ne savons pas les questions qui vont être posées à l’examen, donc on essaie de voir toutes les leçons du programme ».
Après « le Nelson », nous mettons le cap sur le lycée Philippe Zinda Kaboré. Dans la salle des professeurs, se trouvent Oumar Savadogo, Professeur de philosophie, et quelques-uns de ses collègues. Selon lui, les mesures ne sont pas respectées. « Il se trouve que les élèves ont des difficultés à respirer en portant les masques si bien qu’ils ne les portent pas. Le fait de mettre en avant la difficulté de respirer peut être un prétexte mais au fond, cette situation doit être liée à une banalisation de la maladie. Je tiens une classe de terminale A où les élèves sont au nombre de 60 mais il se trouve que si on veut respecter la mesure de distanciation physique d’1 mètre c’est difficile. Normalement, j’ai 6 heures de séance par semaine avec les élèves mais j’ai dû en ajouter 2, ce qui fait 8 heures, pour espérer pouvoir progresser dans les leçons et également réviser avec eux à travers des exercices », a souligné M. Savadogo.
200 m plus loin, toujours à Wayalghin, mais cette fois au maquis « Le champion », nous finissons par tirer la conclusion que « godets » et gestes barrières pour éviter un rebond de la maladie ne font pas bon ménage dans la capitale. Clients et tenanciers foulent aux pieds les « 10 commandements » du ministère du Commerce. Il est à peine 18h 45 minutes mais « Le champion » est déjà bondé, en témoigne le nombre de motocyclettes garées dans le parking jouxtant le goudron. 
« En effet, nous accueillons de plus en plus en consultation des hommes qui ont des soucis de peau dus aux conséquences de la dépigmentation. D’autres viennent pour d’autres raisons mais nous nous rendons compte du processus de dépigmentation sur leur peau », a-t-elle confié. Les conséquences de la dépigmentation, a-t-elle poursuivi, chez l’homme comme chez la femme, sont similaires. « Sans être exhaustif, on peut dire que les conséquences de la dépigmentation ne se limitent pas à la simple complication au niveau esthétique. L’utilisation des produits éclaircissants, vu qu’ils contiennent des substances telles que le corticoïde ou l’hydroquinone, augmente les risques d’hypertension artérielle, le diabète et le cancer de la peau, etc. », a-t-elle cité. Selon la dermatologue, cette pratique a aussi des conséquences sur le plan social. En effet, la dépigmentation est très souvent source d’exclusion sociale et de stigmatisation. Les mycoses, les brûlures, les acnés et les eczémas ne sont que la partie visible de l’iceberg.










