Bientôt, c’est la saison des pluies. Au Burkina Faso, la campagne agricole humide 2020-2021 a été lancée le vendredi 22 mai 2020. En raison de leur volonté manifeste d’accroître leur productivité et leur production agricoles, les producteurs ont, de nos jours, presque systématiquement recours aux pesticides pour lutter contre les mauvaises herbes ou les insectes nuisibles. Pourtant, l’utilisation de ces produits chimiques a des conséquences néfastes, aussi bien pour l’homme que pour la nature. Pour trouver une alternative à l’utilisation des pesticides chimiques, le Conseil national de l’agriculture biologique (CNABIO) sensibilise et forme les producteurs à produire eux-mêmes des pesticides biologiques. Radars Info Burkina a rencontré Clémence Samba/ Lankouandé, coordonnatrice du CNABIO, pour en savoir davantage sur le sujet.
Le CNABIO a pour objectif de promouvoir l’agro-écologie et l’agriculture biologique au Burkina. « Comme nous promovons l’agro-écologie et l’agriculture biologique, nous prônons l’utilisation des produits écologiques organiques. Ainsi, nous sensibilisons les producteurs à produire eux-mêmes leurs pesticides biologiques organiques avec la matière première qu’ils peuvent trouver localement. Cette matière première (bouse de vache, feuilles de neem, etc.) est disponible dans les ménages. Il y a aussi certains acteurs qui importent les pesticides biologiques. Nos acteurs agricoles utilisent ces pesticides en lieu et place des pesticides chimiques de synthèse », a indiqué la coordonnatrice du CNABIO.
A l’en croire, le constat est que les producteurs apprécient positivement ces pesticides biologiques, surtout si les consignes sont bien respectées. « Ceux qui respectent les consignes de production et d’utilisation témoignent que ces pesticides sont efficaces et moins coûteux que les autres produits chimiques de synthèse. Et l’avantage, c’est que la fertilité des sols ne fait qu’augmenter au fur et à mesure de l’utilisation des pesticides bios. En utilisant ces pesticides biologiques, on constate une grande différence avec les produits achetés sur les marchés ordinaires, où les pesticides sont en quantité élevée. Ces produits biologiques donnent un meilleur goût aux aliments», a-t-elle précisé.
Bientôt c’est la saison pluvieuse, et les besoins en pesticides vont s’accroître, « mais une forte sensibilisation va permettre de réduire les conséquences néfastes de l’utilisation des produits chimiques », estime Clémence Samba/ Lankouandé.
Le CNABIO veille à la certification biologique des produits agricoles à travers le label BioSPG au Burkina.
Le Conseil des ministres du 27 mai 2020 a pris un ensemble de mesures afin de lever les doutes qui planaient sur l’aboutissement de l’année scolaire en cours. Il a été décidé, entre autres, la reprise des cours le 1er juin pour les élèves en classe d’examen, le passage d’office en classe supérieure des élèves de CP1, CE1 et CM1 ainsi que le choix de la plus forte moyenne des deux trimestres pour les autres élèves du primaire et du secondaire. Radars Info Burkina a tendu son micro à quelques acteurs du monde de l’éducation pour recueillir leur appréciation de ces différentes décisions.
Ouédraogo Bila, enseignante du primaire : « Il est vrai que cette décision a été prise dans le but de préserver la santé des élèves, mais à coup sûr cela va se répercuter sur leur niveau scolaire. D’abord le 3e trimestre n’a pas eu lieu ; en ce qui concerne le 2e, ce n’est pas sûr que tout le monde ait pu faire l’essentiel, même s’il y a eu composition. Et pour éviter que cela pèse sur les élèves, il faut nécessairement, à la reprise, reprendre le programme du 3e trimestre sous forme de révision ou, au besoin, faire les leçons sinon si on saute pieds joints dans le programme de la classe supérieure, il y aura beaucoup de difficultés. Les programmes dans les différentes classes ne sont pas les mêmes et les élèves n’ont pas tous la même capacité d’assimilation ; de ce fait, ce sont les plus dégourdis qui vont s’en sortir. Pour les élèves de la ville, on peut dire que la situation est moins dramatique parce qu’il y a la télévision ainsi que des activités qui leur permettent de se ressourcer. Mais dans les villages, une fois les cours terminés, les enfants mèneront d’autres activités, oublieront souvent même l’école et cela va faire baisser le niveau scolaire. Il faut que les parents essayent de combler plus ou moins le vide en attendant la reprise. Sinon les enseignants auront beau faire, il y aura toujours des lacunes. A la rentrée prochaine si rien n’est fait pour terminer les programmes des classes antérieures, cela risque de se ressentir sur les résultats des examens de fin d’année ».
Souleymane Badiel, Secrétaire général de la F-SYNTER : « D’entrée, il faut dire qu’il existe plusieurs scénarios pour achever l’année scolaire 2019-2020, au regard à la fois de la crise sociale qui caractérise notre pays mais également de la pandémie de COVID-19. Ces scénarios comportent aussi bien des avantages que des inconvénients. Mais il y en a qui comportent plus d’inconvénients que les autres. Et la solution choisie par le gouvernement entre dans le scénario que nous avons qualifié de scénario a minima et qui comporte plus d’inconvénients liés à la qualité du système éducatif, mais également à l’équité des apprenants. Donc la décision qui est prise n’est pas, selon nous, la meilleure. Nous dirons même que c’est la pire de toutes. Elle va programmer l’échec massif des élèves pour au plus dans une année et les autres années à venir. Toutes ces générations que l’on va faire passer en classe supérieure sans qu’elles aient effectivement consolidé les acquis des classes inférieures vont aller se bloquer quelque part et ce sera un investissement inutile et pour les parents et pour l’Etat. En outre, la fermeture a concerné aussi bien les écoles que les universités. Les décisions qui viennent d’être prises n’englobent pas l’ensemble des secteurs de l’éducation et de la recherche. Il y a aussi le contentieux des suspensions et coupures de salaires de certains personnels du monde de l’éducation qui reste sur la table. Objectivement, vous ne pouvez pas chercher les solutions dans le système de l’éducation aujourd’hui en occultant le contentieux qui existe et qui concerne la question de la motivation des personnels. Il y a des centaines de travailleurs dont les salaires ont été suspendus. Et pour quelques-uns d’entre eux on a même réglé la question, en laissant la grande majorité. Nous attendons toujours le ministre qui, depuis un mois, a promis de nous revenir ».
Jean Paul Sompougdou, parent d’élève : « J’apprécie positivement les décisions prises par le gouvernement pour sauver l’année scolaire même si elles comportent des limites et qu’il y a des questions qui sont aussi restées en suspens. Faire passer d’office les élèves du CP1, du CE1 et du CM1, peu importent leurs moyennes, je ne sais pas ce que cela va donner dans les classes supérieures. Et pour ceux des autres classes, choisir les meilleures moyennes je ne suis pas sûr que cela reflète le vrai niveau des enfants. Sans compter le programme du 3e trimestre n’a pas été abordé. Comment le ministère compte rattraper cela, d’autant plus que la prochaine rentrée scolaire est prévue pour le 1er octobre ? On aurait pu essayer de reprendre un peu plus tôt les cours afin d’évacuer les programmes non abordés. Et puis concernant la scolarité, qu’est-ce qui est prévu pour ceux qui ont déjà tout soldé et dont les enfants ne sont pas en classe d’examen ? Va-t-on reporter le reliquat sur l’année prochaine ou bien on n’en parle plus ? Il fallait que le ministère se prononce clairement sur cet aspect pour que les responsables d’établissement et les parents d’élèves soient situés ».
Clauvis Sankara, professeur des lycées et collèges : « A mon avis, ces mesures s'apparentent beaucoup plus à des mesures politiques, vu que cela ne répond à aucun objectif pédagogique. Comment évaluer le niveau réel d'un apprenant sur la base d'un trimestre et d'une seule note du deuxième trimestre comme c'est le cas pour beaucoup de lycées et collèges ? De plus, en ce qui concerne la reprise des élèves en classe d'examen le 1er juin, les décideurs oublient que beaucoup de lycées et collèges ont un contrat qui va jusqu'en fin mai avec les enseignants vacataires. Qui prendra donc en charge leurs salaires de juin et juillet quand on sait que la plupart des établissements peinent déjà à payer leurs vacataires jusqu'en fin mai ? Cette décision est donc, à mon avis, illusoire. Autre problème, les dispositifs de lave-mains. Quand on connaît les réalités de certaines zones, je pense que beaucoup d'APE ne pourront rien faire. Il faut dire qu'il y a beaucoup de limites à ces mesures : l'accessibilité de certaines zones à partir dès premières pluies, la disponibilité des élèves eux-mêmes car beaucoup iront plutôt aider les parents au champ d'où justement on tire leurs frais de scolarité, et surtout le préalable des syndicats, notamment le remboursement intégral des salaires coupés et suspendus ».
La reprise des cours dans les classes d’examen, prévue pour le lundi 1er juin 2020, a été confirmée lors du Conseil des ministres du mercredi 27 mai. Après deux reports de ladite reprise, élèves et enseignants reprendront en principe le chemin de l’école lundi prochain. Les élèves en classe d’examen sont enfin rassurés après deux mois et demi d’incertitude. La rédaction de Radars Info Burkina a approché quelques acteurs du système éducatif pour savoir si chacun est prêt.
Elèves, enseignants et personnel de l’administration scolaire disent tous être fin prêts pour reprendre les cours. L’intendant du lycée Marien N’Gouabi 2 déclare qu’ils ont reçu lundi dernier de leur ministère de tutelle leur dotation. « Tous les établissements de notre zone (Ndlr : l’arrondissement 6) ont été convoqués pour récupérer leur matériel au lycée municipal Vénégré. Il s’agit de savon et de bavettes à raison de deux bavettes par acteur, à savoir tout le personnel et les élèves», affirme-t-il. Il ajoute que les Associations des parents d’élèves (APE) et le Conseil de gestion ont également joué leur partition en les dotant de lave-mains comme prévu. « Au lycée Marien N’Gouabi 2, nous sommes prêts », assure monsieur l’intendant.
Simon Tapsoba, élève en classe de terminale D, exulte car, dit-il, il était impatient de reprendre le chemin de l’école. « L’école me manquait énormément et c’est une bonne nouvelle de savoir que les cours vont reprendre. Même si on dit que l’examen du baccalauréat aura lieu demain, je suis prêt », nous lance-t-il. A en croire le jeune homme, il suit les cours diffusés à la télévision et n’hésite pas à solliciter ses aînés ou ses enseignants pour des explications, tout comme il continue de réviser les cours déjà faits en classe. Ses camarades présents nous confient qu’ils étaient aussi fatigués de réviser leurs cours sans même être certains de pouvoir passer le bac. Cette confirmation de la reprise des cours est donc pour eux une nouvelle réjouissante.
Benjamin Nacoulma, professeur de mathématiques au lycée Marien N’Gouabi 2, lui aussi, nous affirme être plus ou moins prêt pour la reprise d’autant plus que le « repos » a été particulièrement long. « C’est comme si nous étions en vacances et qu’on nous disait de reprendre les cours. Si tout est mis à notre disposition pour la reprise, nous débuterons les cours », dit-il. Et l’enseignant d’ajouter qu’à son avis, il leur faudra appuyer sur l’accélérateur pour espérer finir les programmes scolaires, certes, mais il faudra aussi que les élèves arrivent à suivre ce rythme.
Rappelons qu’avant la décision gouvernementale de suspendre les cours, les enseignants étaient en grève. A ce propos, M. Nacoulma dit souhaiter qu’un terrain d’entente soit trouvé entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation afin que la reprise s’effectue dans les conditions les meilleures.
Zacharia Zongo est un jeune mécanicien propriétaire d’un garage au quartier Pissy, à Ouagadougou. Très apprécié pour son travail bien fait, son secret, c’est sa passion de la mécanique. Son talent parle de lui-même à tel point que des personnes viennent des provinces de l’intérieur du pays pour y faire réparer leur engin. Le secret de ce passionné de mécanique moto dans cet article.
Agé de 35 ans, marié et père d’un enfant, Zacharia Zongo a 15 ans d’expérience en mécanique moto. Il est né et a grandi en Côte d’Ivoire, où il fit ses études dans une école franco-arabe. Alors qu’il devait se rendre en Arabie Saoudite pour poursuivre ses études, la guerre en Côte d’Ivoire l’obligea à renter au Burkina Faso, sa patrie. Là, il fut hébergé par un de ses oncles qui avait beaucoup de monde à sa charge. « Lorsque nous mangions à midi, il nous fallait attendre le lendemain à midi encore pour espérer avoir à manger », nous confie-t-il. Les difficiles conditions de vie du jeune homme le poussent à apprendre la mécanique pour pouvoir joindre rapidement les deux bouts. « Je ne supportais pas la faim et ça me faisait énormément souffrir. Aussi, je n’arrivais plus à suivre les cours », affirme-t-il. Il commence alors à apprendre à réparer des engins auprès d’amis expérimentés puis ouvre son propre atelier de mécanique en 2010.
Lorsqu’un client arrive dans son atelier et signale une panne, Zacharia fait d’abord le diagnostic pour détecter lui-même la panne avant toute réparation. Pour lui, cela est très important parce que le client peut se tromper sur la panne. « Il faut soi-même faire le diagnostic pour ne pas créer d’autres pannes. Et lorsque le client veut nous forcer à réparer où il veut, nous refusons,à moins qu’il n’ait raison après notre diagnostic», dit le mécano. Il répare les petites et les grosses cylindrées et affirme qu’il continue de se former auprès de ses devanciers et collègues mécaniciens. Il ajoute que lorsqu’une nouvelle marque de moto fait son apparition sur le marché, il fait tout son possible pour connaître son système de fonctionnement et savoir comment la réparer, car « nul n’a le monopole de la connaissance, donc je continue d’apprendre pour toujours être le meilleur dans ce que je fais ». Zacharia Zongo a six apprentis à son service qu’il paye quotidiennement. Mais pour ceux qui sont en bas âge, il leur paye du savon et du matériel d’hygiène. Et ce parce qu’à son avis, les enfants ne doivent pas être exposés à l’argent. Son objectif est de former ses apprentis pour qu’à leur tour ils soient meilleurs que lui et qu’ils deviennent leur propre patron et il encourage ceux qui travaillent bien et réprimande ceux qui ne s’appliquent pas. Il exige aussi qu’au moins un des parents proches ou lointains de chaque apprenant vienne une fois par mois pour s’enquérir de ses progrès dans l’apprentissage. L’escroquerie n’est pas tolérée au garage de Zacharia Zongo car, dit-il, il tient à sa réputation, à fidéliser sa clientèle et à donner le bon exemple à ses apprentis. M. Kaboré, fidèle client depuis une année, apprécie les services du mécano Zongo en ces termes : « Il répare bien et aussi, lui et ses apprentis sont très respectueux. Je répare ma moto et celles des membres de ma famille ici». Et nombreux sont ceux qui témoignent de la qualité des prestations du mécanicien.
Zacharia Zongo, qui assure arriver à tirer son épingle du jeu, est une référence pour nombre de personnes. Ses secrets, c’est sa passion pour la mécanique, le respect de ses clients et sa rigueur.
La campagne agricole humide 2020-2021 a été lancée le vendredi 22 mai 2020 à Boussouma, dans la commune de Koubri, région du Centre, par le ministre burkinabè de l’Agriculture, Salifou Ouédraogo.« Campagne agricole de saison humide 2020-2021 : quelles stratégies d’adaptation pour une sécurité alimentaire et nutritionnelle dans un contexte de pandémie du Covid-19 ? », c’est le thème de la présente campagne agricole humide qui, selon le ministre Salifou Ouédraogo, est une invite à trouver les voies et moyens de maintenir, voire d’améliorer, le niveau de production agricole malgré ce contexte de pandémie.
De prime abord, le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles, Salifou Ouédraogo, a indiqué que pour assurer le succès de la présente campagne agricole, les producteurs doivent appliquer les conseils de leurs organisations faîtières et des services techniques en charge de l’Agriculture. Il a confié qu’une stratégie d’adaptation du secteur agricole au contexte sanitaire actuel a été élaborée et que sa mise en œuvre a débuté. La réalisation de ces objectifs de production devrait permettre de réduire l’incidence de la pauvreté en milieu rural de 13 points.
S’agissant des objectifs de production de la campagne agricole humide 2020-2021, 5 670 000 tonnes de céréales, 1 585 000 tonnes de cultures de rente et 941 000 tonnes d’autres cultures vivrières sont attendues. A cet effet, le gouvernement burkinabè mettra à la disposition des producteurs, à des prix fortement subventionnés, 39 659 tonnes d’engrais minéraux, 14 126 tonnes de semences améliorées, 400 tracteurs équipés, 132 motoculteurs avec accessoires, 4 000 charrues, 200 semoirs et 1 020 animaux de trait. En outre, 300 nouveaux modèles d’exploitation agricole performants et résilients seront implantés afin de booster la production agricole. Pour faire face aux attaques des ravageurs de cultures tels que la chenille légionnaire, 24 000 litres de pesticides seront mis à la disposition du monde agricole. Le ministre Salifou Ouédraogo a précisé que ces intrants et matériel agricoles seraient disponibilisés aux producteurs à travers un mécanisme de distribution électronique dénommé « agri-Voucher ». Par ailleurs, 4 813 outils de vulgarisation agricole seront mis en place et un accent particulier sera mis sur la e-vulgarisation des bonnes pratiques agricoles pour accompagner plus efficacement les producteurs agricoles.
Le Premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré, devant la représentation nationale le 19 mai 2020, a annoncé qu’au cours de l’année 2019, le département de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles a mis à la disposition des producteurs 35 149 tonnes d’engrais, 59 313 litres de pesticides et 5 615 tonnes de semences améliorées à des prix subventionnés. A cela s’ajoute l’appui à la mécanisation agricole. Cela aurait permis, à l’en croire, de doter les producteurs de 150 000 équipements à traction animale et de 505 tracteurs sur l’ensemble du territoire national. Pour ladite campagne, la dotation gouvernementale en engrais, semences améliorées, etc., est plus importante comparativement à celle de 2019.
La question qu’on se pose, c’est celle de savoir si les régions touchées par le terrorisme sont prises en compte pour l’atteinte des objectifs fixes. Comme il a l’habitude de le faire, le ministère de l’Agriculture n’a pas effectué les prévisions par zone. La région de l’Est par exemple, bien arrosée, aurait indéniablement tiré parti de cette campagne agricole si elle n’était autant minée par le terrorisme. Certaines populations de ladite localité ont même dû fuir leur patelin. Les régions du Nord et du Sahel, bien qu’ayant une pluviométrie capricieuse, auraient aussi sans doute contribué à l’atteinte des prévisions gouvernementales en termes de rendements si les habitants de ces localités n’étaient en difficulté.
Après le Centre hospitalier universitaire de Tengandogo (CHU-T) et le Centre hospitalier universitaire Souro-Sanon(CHUSS) de Bobo-Dioulasso, le Burkina Faso a désormais un troisième centre de traitement du COVID-19. En effet ce mardi 26 mai à Ouagadougou, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a procédé à l’ouverture d’un centre de traitement COVID-19 au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Pissy, dans le district sanitaire de Boulmiougou. D’une capacité de 62 lits, ledit centre a coûté 210 millions de francs CFA.
La situation épidémiologique de la maladie à coronavirus au Burkina Faso donne, à la date de ce mardi 26 mai, un cumul de 841 cas confirmés avec 690 guérisons, 52 décès et 99 cas actifs. «84% des cas notifiés sont suivis et pris en charge au CHU de Tengandogo, dont la capacité d’accueil reste insuffisante. C’est donc avec un immense soulagement et une joie non dissimulée que nous procédons aujourd’hui à l’ouverture de ce Centre de traitement COVID-19 du CMA de Pissy. Il est le fruit de la collaboration entre le ministère de la Santé et l’ONG MSF. Ce nouveau centre vient à point nommé et nous permettra de renforcer notre capacité de prise en charge des patients dans la région du Centre et, partant, dans tout le pays», s’est réjoui Wilfried Ouédraogo, Secrétaire général du ministère de la Santé, qui représentait la ministre de la Santé à cette cérémonie.
L’occasion s’y prêtant, il a remercié l’ensemble des partenaires techniques et financiers qui accompagnent au quotidien le ministère depuis l’apparition de la pandémie et « tout particulièrement MSF pour cette belle contribution ».
Selon le Dr Ousséni Tiemtoré, responsable du centre de traitement COVID-19 de MSF, l’ONG intervient beaucoup plus auprès des populations en détresse suite aux conflits liés aux hommes, aux catastrophes naturelles ou aux épidémies. « A l’occasion de cette épidémie au Burkina, nous avons proposé notre soutien au ministère de la santé. Dans cette collaboration, le ministère nous a demandé de réhabiliter le centre de traitement des épidémies en un centre de traitement du COVID-19 pour augmenter les capacités de prise en charge de la région du Centre, zone la plus touchée par la maladie au Burkina », a-t-il expliqué.
Ce centre comprend 62 lits, dont 9 pour les soins intensifs. Près de 70 spécialistes, y compris des médecins, des infirmiers et des logisticiens, ont été mobilisés pour assurer une prise en charge gratuite et de qualité des patients. La réalisation de ce centre a coûté 210 millions de FCFA. En outre, à Bobo-Dioulasso, MSF a mis en place un centre de traitement COVID-19 avec 40 lits d’hospitalisation.
MSF, en tant qu’ONG médicale et humanitaire, a été créée en 1971. Elle a reçu en 1999 le prix Nobel de la paix. L’ONG est présente au Burkina depuis 1995.
L'hépatite B est une infection virale qui s'attaque au foie et touche quelque 250 millions de personnes dans le monde. Pour les femmes enceintes porteuses de la maladie, il existe, selon l’importance de la charge virale, un risque de transmettre cette infection à leur bébé pendant la grossesse ou au cours de l’accouchement.
Le test de dépistage de l’hépatite B fait partie des examens médicaux recommandés aux femmes en grossesse. En effet, les résultats qui en découlent permettent au médecin de surveiller l’état de santé de la mère et de protéger le bébé d'une possible infection à sa naissance. Car si la mère, au cours de sa grossesse, a une charge virale élevée et qu’aucune disposition n’est prise, le risque qu’au moment de l’accouchement son enfant soit contaminé est de l’ordre de 99%. Celui-ci pourrait, de ce fait, être un porteur chronique et courir le risque de développer au cours de sa vie une cirrhose ou un cancer du foie.
Afin d’éviter une éventuelle transmission du virus de la mère à son enfant, surtout lorsque la charge virale de celle-ci est élevée, la femme enceinte est soumise à un traitement à base de Ténofovir, traitement qui commence au troisième trimestre de sa grossesse et ne prend fin que le 3e mois suivant l’accouchement. Ce traitement permet de diminuer, voire de négativer, très rapidement la charge virale du virus B, augmentant les chances de l’enfant de naître sain et sauf. A la naissance, on procède à la sérovaccination du nouveau-né, qui consiste en une injection d'Immunoglobulines contre l’hépatite B pour éviter la contamination. Au moment de l’accouchement, il faut également veiller à ce que la peau de l’enfant ne soit pas blessée. Et pour les mères infectées qui souhaitent allaiter leur bébé, l'allaitement maternel n'est pas un facteur de risque de transmission du VHB, en particulier lorsque le nouveau-né est correctement sérovacciné, même si le virus est détecté dans le lait maternel. Toutefois, souligne Moussa Bambara, gynécologue obstétricien, « si la femme a, par exemple, des lésions, des plaies sur le sein, son enfant pourrait être contaminé à travers son sang ».
Pour la cuisine, certaines céréales et certains condiments ont besoin d’être moulus. Ainsi, les ménages qui ne disposent pas d’un mixeur ont le plus souvent recours aux meuniers. Condiments, céréales, tout est réduit en poudre par les moulins de ces derniers. Mais tout le monde ne faisant pas moudre la même chose, il se pose souvent un problème d’hygiène. Qu’en est-il de l’entretien des moulins, des lieux et de l’hygiène des employés eux-mêmes ? Des réponses dans cet article.
Un couple gérant un moulin depuis quatre ans dans la capitale burkinabè essaie de le garder en bon état et de maintenir les lieux propres. Selon la femme du meunier, lorsqu’elle arrive le matin, elle balaie les lieux et nettoie le moulin en attendant la venue des premiers clients. « Avant d’écraser la pâte d’arachide, je nettoie le moulin au savon et je le rince bien. Et après avoir écrasé les grains d’une cliente, je refais le même exerciceavant de moudre autre chose», nous assure-t-elle. Elle précise qu’elle balaie les lieux chaque fois que de l’eau s’écoule ou que des débris jonchent le sol. Le meunier et son épouse affirment par ailleurs qu’ils veillent eux-mêmes à être propres avant de manipuler la farine ou les condiments à moudre.
Si ce couple tente d’appliquer les règles d’hygiène, c’est carrément le contraire au moulin voisin, géré par des hommes. Dès l’entrée, on aperçoit des sachets et les déchets des condiments écrasés par terre. Sur une des machines, pullulent des mouches. Et ce n’est pas tout : la farine et les débris des céréales qui jonchent le sol ne sont pas balayés. Le gérant nous affirme pourtant qu’ils ont mis en place un système d’évacuation d’eau. Un système qui ne fonctionne pas bien, selon toute vraisemblance, vu que l’eau stagne. « Nous balayons le moulin chaque matin et essuyons les machines avant de commencer à travailler. Pour les jus, nous rinçons à l’eau simple après avoir écrasé pour une autre cliente », prétend-il. Mais le constat est que les lieux ne sont pas propres.
Une dame venue faire moudre du grain concède que la gestion d’un moulin est difficile, surtout lorsqu’il y a beaucoup de clients. « Je fais écraser mes céréales et autres ici depuis quelque temps et je suis satisfaite de leur prestation », nous confie-t-elle.
De façon générale, nous avons fait le constat que la majorité des moulins au Burkina Faso sont insalubres. Une insalubrité due au manque d’entretien des locaux, des machines et au laisser-aller du personnel.
Le ministère de l’Education nationale a organisé le vendredi 22 mai 2020 un conseil de cabinet extraordinaire pour discuter de la reprise des activités pédagogiques et d’achèvement de l’année scolaire 2019-2020. Il en ressort que si la reprise des cours est toujours fixée au 1er juin pour les élèves en classe d’examen, la dotation des élèves des classes intermédiaires en masques, elle, ne sera par contre pas possible avant le mois de septembre. Les participants audit conseil avaient la tâche de faire des propositions de modalités d’évaluation et de validation de l’année scolaire 2019-2020 pour les classes intermédiaires. Dans l’hypothèse d’une validation de l’année scolaire 2019-2020 sur la base des évaluations des deux trimestres écoulés, Radars Info Burkina a recueilli l’avis de quelques élèves.
Abdoul Rasmané, élève en classe de 4e : « Je trouve que prendre les deux moyennes des deux trimestres pour valider l’année scolaire n’est pas normal. Me concernant, les 2 premiers trimestres ont été passables. Par contre, il y a des élèves qui comptaient sur le 3e trimestre pour se rattraper. Donc il faut que selon la progression de la maladie à coronavirus, on fasse d’autres propositions que celle-là. »
Adama, élève de 5e, est contre cette proposition : « Par exemple si tu n’as pas eu la moyenne au 1er trimestre et qu’on doit valider l’année scolaire en tenant compte des évaluations des trimestres écoulés, ce n’est pas intéressant. Au contraire une troisième composition te permettrait de passer en classe supérieure. »
Mais pour Alain, élève de 4e, c’est mieux de ne s’en tenir qu’aux évaluations des deux trimestres puisque actuellement, « on n’a pas la motivation de reprendre les cours ».
« J’ai été élève et je sais que le 3e trimestre compte pour beaucoup, car il aide les élèves des classes intermédiaires. Beaucoup d’élèves comptent se rattraper au 3e trimestre, qui est considéré comme facile par beaucoup d’élèves puisqu’il y a des exposés à faire et les élèves sont motivés à travailler pour passer en classe supérieure. Donc je suis contre cette proposition. Il faut tout faire pour terminer l’année. On pourrait soumettre les élèves à une évaluation dans chacune des matières et calculer la moyenne du 3e trimestre sur la base desdites notes », propose un étudiant. Par contre, un de ses camarades adhère à la proposition de valider l’année scolaire en tenant seulement compte des évaluations des deux trimestres. « Ce serait compliqué de faire un troisième trimestre d’autant plus que l’Etat à trop à faire dans un contexte d’insécurité et de crise sanitaire. Mais on pourrait racheter les élèves qui ont une moyenne supérieure à 7 sur 20», a-t-il suggéré.
La Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB), dans un communiqué, a retenu le dimanche 24 mai pour la fête de l’Aïd El Fitr. La journée du samedi est donc mise à profit par les fidèles musulmans pour se procurer de quoi faire bouillir la marmite le jour de la fête de Ramadan. La rédaction de Radars Info Burkina a fait le tour du marché à bétail de Tanghin et de quelques vendeurs de volaille. L’affluence n’est pas au rendez-vous, au grand dam des commerçants.
Romaric Zongo est vendeur d’ovins, de caprins et de bovins au marché à bétail de Tanghin. Assis sur un banc, c’est avec insistance qu’il accepte de répondre à nos questions. « Mon frère, je n’ai pas besoin de te dire que le marché est morose », a-t-il lancé la mine renfrognée. Les années précédentes, a-t-il dit, au moins à la veille de fête, j’avais au moins vendu quelques animaux. « Mais j’espère qu’à leur descente du travail, les gens passeront payer », a-t-il temporisé.
A quelques mètres de lui, la chance semble sourire à Souleymane Diarra. Il vient de vendre deux béliers sous nos yeux. « Le marché, c’est un peu un peu », a-t-il déclaré dans un sourire. Les deux béliers que je viens de vendre, a-t-il poursuivi, sont les premiers depuis une semaine. M. Diarra dit ne pas être surpris de la morosité du marché. « Avec cette pandémie de coronavirus, on ne pouvait pas espérer mieux », a-t-il justifié.
Gédéon Paré est venu payer un mouton, non pas pour la fête de l’Aïd El Fitr mais plutôt pour le baptême de son enfant prévu pour le mardi 26 mai 2020. « Je viens chercher un mouton pour le baptême de mon enfant. Celui que j’ai choisi semble cher. S’il refuse de diminuer, je préférerai revenir après la fête », a-t-il confié.
Moussa Sawadogo se frotte les mains. Il est vendeur de poulets locaux. Son stock est presque fini. A notre arrivée, il ne lui restait plus que quelques gallinacés à écouler. « Grâce à Dieu le marché ça va. On ne se plaint pas», a-t-il affirmé. Et d’ajouter qu’il a amené une cinquantaine de poulets ce matin. M. Sawadogo vend ses poulets entre 3000 et 3500 francs l’unité. Selon lui, les gens préfèrent payer les poulets d’autant plus que ce n’est pas la fête de Tabaski. A l’en croire, même pour la fête de Tabaski, en plus du mouton, ceux qui en ont les moyens achètent quelques poulets.