Projet de rattachement des villages artisanaux au SIAO : « Au lieu que nos autorités nous soutiennent moralement et économiquement, elles sont en train de nous casser le moral », Moussa Tapsoba, artiste bronzier
Depuis un certain temps, des voix s’élèvent parmi les artisans pour protester contre un projet de rattachement des villages artisanaux au Salon international de l'artisanat de Ouagadougou (SIAO). Radars Info Burkina s’est rendu au village artisanal de Ouagadougou pour rencontrer des artisans afin d’en savoir davantage sur cette question qui oppose ces derniers à leur ministère de tutelle, celui du Commerce, de l'Industrie et de l'Artisanat (MCIA).
Moussa Tapsoba, artiste bronzier, est en activité dans son atelier. Selon lui, la Chambre des métiers de l'artisanat du Burkina Faso (CMA-BF), lors d’une conférence de presse, leur a fait cas d’un projet de rattachement des villages artisanaux au SIAO. « C’est une initiative à laquelle nous n’adhérons pas. Jusqu’à présent nous ne sommes pas d’accord. Selon elles (Ndlr : les autorités), les villages artisanaux ne prospèrent plus comme avant. Cette situation se manifeste par le manque de moyens financiers. Si l’Etat mettait les moyens à la disposition de la CEMA-BF, elle pourrait nous accompagner dans tous les sens. En plus, l’Etat n’honore pas les subventions à l’endroit de l’administration, ce qui est vraiment difficile pour nous. En plus, le SIAO se tient tous les deux ans et regorge d’artisans internationaux. Etant les acteurs principaux, nous sommes au village à tout moment pour l’exposition et le travail. Si on nous rattache au SIAO, en dehors de l’évènement, qu’est-ce que nous, les artisans, allons devenir ? S’il y a rattachement, il faudra nous laisser avec notre maison mère », a expliqué Moussa Tapsoba.
Salfo Bonkoungou est artiste modeleur-fondeur. Pour lui, ce projet n’est pas la meilleure solution. « Le SIAO est un évènement international, alors que les villages artisanaux évoluent au niveau national », a-t-il soutenu.
Selon M. Tapsoba le premier responsable de leur ministère de tutelle n’a pas essayé de convoquer les artisans et la CMA-BF pour une discussion afin de trouver un terrain d’entente. « Depuis que notre ministre de tutelle a pris fonction, il n’est jamais venu au village artisanal s’enquérir de la situation que nous vivons ici. Au lieu que nos autorités nous soutiennent moralement et économiquement dans ce contexte difficile de COVID19, elles sont en train de nous casser le moral. On n’est pas du tout content. J’aimerais que le ministre fasse tout pour nous réunir pour qu’ensemble, nous trouvions une solution définitive à la question », a-t-il martelé.
Le premier responsable de l’administration du village artisanal n’a pas voulu s’exprimer sur le sujet « pour le moment ». Selon nos informations, tout est parti de la circulaire du Premier ministre portant réduction du train de vie de l’Etat. « Dans le souci de réduire le train de vie de l’Etat, le gouvernement a entrepris plusieurs actions dont celles édictées dans la circulaire N°2019-069 PM-17 octobre 2019. Dans le sens de poursuivre les autres réformes identifiées en la matière, je vous invite à entreprendre toutes les initiatives devant conduire à la rationalisation du nombre de structures publiques, notamment le nombre d’Etablissements publics de l’Etat (EPE) relevant de la tutelle technique de votre département ministériel », lit-on dans la circulaire du 29 novembre 2019.
La première mesure est la suppression ou la rationalisation des structures administratives par le regroupement de celles ayant des missions similaires pour une réduction des charges. « Au regard de la circulaire, les villages artisanaux ne sont pas concernés puisqu’ils n’ont pas de statut. Les villages artisanaux ne sont pas des EPE. Pourquoi ne pas rattacher les artisans à leur maison mère au lieu d’un événementiel ? Ce sont les artisans qui ont fait créer le SIAO. Au lieu de lier le marché à la production, on veut lier la production au marché. En quoi l’Etat nous prend en charge ? » s’est interrogée une source au sein de l’administration du village artisanal.
Du côté du ministère, on nous fait savoir que le ministre Harouna Kaboré a reçu le vendredi 12 juin 2020 le personnel du village artisanal.
« Au cours de la rencontre, le ministre a rappelé l'objectif principal de la réforme des villages artisanaux qui est de les doter d’un statut juridique. Il a rassuré l'ensemble du personnel que leurs intérêts seront préservés», peut-on lire dans le résumé disponible sur la page du ministère.
Aly Tinto
Des mangues à perte de vue aux abords de certaines rues de Ouagadougou. C’est la saison des mangues actuellement au Burkina Faso et la campagne 2020 de ce fruit est marquée par la faible production et la pandémie de COVID-19. Radars Info Burkina a contacté Paul Ouédraogo, président de l’Association interprofessionnelle de la filière mangue du Burkina (APROMAB), pour se faire une idée de l’organisation des acteurs de cette filière, de la transformation ainsi que de l’exportation de la production.
Pour ce qui est des retombées économiques, elles sont de plusieurs ordres. « Il y a l’aspect financier avec les exportations et la vente locale ainsi que la vente au niveau sous-régional (Ghana, Niger, Côte d’Ivoire) et ensuite à l’international (Europe, Etats-Unis et Asie). Les spécialistes des calculs de ces devises estiment cet impact financier à 16 ou 20 milliards de francs CFA. Ce qui est vendu localement n’est pas, pour le moment, quantifié en termes financiers mais économiquement nous savons que c’est important. En plus de l’aspect économique, il y a celui nutritionnel qui est important dans la production de la mangue », a-t-il indiqué.
Après six mois de mise en œuvre de la gratuité des soins et services de planification familiale dans deux régions pilotes, le Conseil des ministres du 3 juin a décidé d’étendre cette gratuité à l'ensemble des régions du Burkina Faso. Youssouf Ba, chargé de communication et de plaidoyer à l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF), et Marceline Tou, coordonnatrice régionale des associations féminines du Centre, donnent dans les lignes qui suivent leur appréciation de cette décision gouvernementale.
« Cela va aider un tant soit peu les femmes du Burkina Faso en matière de santé de la reproduction », a-t-elle affirmé. Selon elle, les moyens financiers nécessaires pour avoir accès à la planification familiale étaient une barrière majeure. « La pauvreté touche beaucoup plus les femmes », a déclaré la coordonnatrice régionale des associations féminines du Centre.
A l’en croire, ce n’est pas seulement la barrière financière qui limite l’accès des femmes aux services de planification familiale. « Il y a un certain nombre de pesanteurs socioculturelles qui font que certaines familles n’ont pas accès aux services de planification familiale. Il y a des rumeurs sur la planification familiale. Dans certains contextes, la femme n’a pas le droit de décider par exemple de l’espacement des naissances. C’est l’homme qui en décide. En plus, les rumeurs ont un impact. Selon lesdites rumeurs, la planification conduit à des malformations, à la stérilité et peut amener des femmes à avoir des monstres. Or, il n’en est absolument rien », a soutenu M. Ba.
La raison principale en est que « les semences paysannes sont aujourd’hui menacées par les politiques agricoles nationales qui privilégient le système semencier formel (semences améliorées, hybrides et OGM), la biopiraterie, qui est l’une des pires formes de menaces pour les variétés traditionnelles de semences, et le changement climatique », a soutenu le coordonnateur de l’APN-Sahel.
Les actions menées par l’APN-Sahel en vue de la sauvegarde des semences paysannes sont, entre autres, le développement de solutions de conservation in situ desdites semences (sur le site de production) grâce à la construction de banques de gènes et de banques de semences gérées de manière communautaire, la réalisation des évaluations participatives de la sécurité semencière dans différentes régions du Burkina avec les villages partenaires, la mise en œuvre, entre 2010 et 2020, dans quatre régions du Burkina, du programme de rayonnement de l’approche SOS (semences de la survie) en partenariat avec l’ONG canadienne USC Canada (devenue Seed Change). Enfin, sur le plan politique, l’APN-Sahel a contribué au plaidoyer pour la révision de la loi sur les ressources phylogénétiques du Burkina, notamment pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans, la prise en compte du droit des paysans de disposer et d’échanger librement leurs semences, etc.
Le plus grand canal de Wemtenga a, lui aussi, des allures de décharge publique à ciel ouvert. Difficile de distinguer les déchets qui prédominent malgré sa grande taille. Le canal est visiblement rempli d’ordures ménagères qui y sont déversées. A Ouagarinter, difficile de déterminer les limites du caniveau, car il est déjà rempli et les déchets plastiques affleurent.
Cette semaine, explique-t-il, les équipes d'assainissement sont sur deux axes : celui de Kalgondin et celui de Samandin. A la question de savoir pourquoi le service d'assainissement ne change pas son fusil d'épaule, c’est-à-dire pourquoi outre les sensibilisations il ne procède pas à des sanctions contre les contrevenants, M. Nassouri répond que la réflexion est en train d’être menée dans ce sens. Des propositions, annonce-t-il, seront faites aux autorités à ce propos.
C’est le moment de la reprise du cours après la pause dans une classe de 3e. Un dispositif de lavage des mains est installé à l’intérieur, les élèves portent chacun un masque mais la distanciation physique n’est pas respectée. Noël Tougma est un des élèves de cette classe : « Les cours se déroulent bien. Les professeurs appuient sur l’accélérateur pour pouvoir rattraper le retard. Les mesures barrières sont respectées dans l’ensemble. Mais s’agissant de la distanciation, ce n’est pas le cas. Les tables-bancs ne sont pas en nombre suffisant pour que soit respecté l’écart d’1 mètre.» M. Béogo est le professeur d’histoire-géo de cette classe de 3e. Il nous confie : « Nous faisons preuve de rigueur pour que les élèves respectent les mesures barrières car ils ont tendance à les négliger ces mesures. Certains disent que quand ils portent le masque, ils étouffent. On sait qu’il sera difficile de terminer le programme, vu le temps qui nous reste. Mais on souhaite faire le maximum. Nous ne savons pas les questions qui vont être posées à l’examen, donc on essaie de voir toutes les leçons du programme ».
Après « le Nelson », nous mettons le cap sur le lycée Philippe Zinda Kaboré. Dans la salle des professeurs, se trouvent Oumar Savadogo, Professeur de philosophie, et quelques-uns de ses collègues. Selon lui, les mesures ne sont pas respectées. « Il se trouve que les élèves ont des difficultés à respirer en portant les masques si bien qu’ils ne les portent pas. Le fait de mettre en avant la difficulté de respirer peut être un prétexte mais au fond, cette situation doit être liée à une banalisation de la maladie. Je tiens une classe de terminale A où les élèves sont au nombre de 60 mais il se trouve que si on veut respecter la mesure de distanciation physique d’1 mètre c’est difficile. Normalement, j’ai 6 heures de séance par semaine avec les élèves mais j’ai dû en ajouter 2, ce qui fait 8 heures, pour espérer pouvoir progresser dans les leçons et également réviser avec eux à travers des exercices », a souligné M. Savadogo.
200 m plus loin, toujours à Wayalghin, mais cette fois au maquis « Le champion », nous finissons par tirer la conclusion que « godets » et gestes barrières pour éviter un rebond de la maladie ne font pas bon ménage dans la capitale. Clients et tenanciers foulent aux pieds les « 10 commandements » du ministère du Commerce. Il est à peine 18h 45 minutes mais « Le champion » est déjà bondé, en témoigne le nombre de motocyclettes garées dans le parking jouxtant le goudron. 
« En effet, nous accueillons de plus en plus en consultation des hommes qui ont des soucis de peau dus aux conséquences de la dépigmentation. D’autres viennent pour d’autres raisons mais nous nous rendons compte du processus de dépigmentation sur leur peau », a-t-elle confié. Les conséquences de la dépigmentation, a-t-elle poursuivi, chez l’homme comme chez la femme, sont similaires. « Sans être exhaustif, on peut dire que les conséquences de la dépigmentation ne se limitent pas à la simple complication au niveau esthétique. L’utilisation des produits éclaircissants, vu qu’ils contiennent des substances telles que le corticoïde ou l’hydroquinone, augmente les risques d’hypertension artérielle, le diabète et le cancer de la peau, etc. », a-t-elle cité. Selon la dermatologue, cette pratique a aussi des conséquences sur le plan social. En effet, la dépigmentation est très souvent source d’exclusion sociale et de stigmatisation. Les mycoses, les brûlures, les acnés et les eczémas ne sont que la partie visible de l’iceberg.
Il ajoute qu’aucune passion ne prime sur l’autre. « Je dirais que pour le moment, c’est moitié-moitié. Le temps que je consacre au journalisme est à peu près le même que celui que je dédie à la musique. Pour le moment rien ne prédomine véritablement sur l’autre. Aujourd’hui de par le monde, c’est ce qui se fait. Les gens ont deux, voire trois casquettes, à la fois ; ce qui permet d’arrondir les fins de mois. Cela permet aussi d’explorer nos talents cachés pour ne pas mourir avec », a-t-il répondu. Tout, à l’en croire, dépendrait d’une bonne organisation. « Quand il y a des prestations dans la journée, je m’arrange avec la hiérarchie pour y aller », a-t-il ajouté. Il précise tout de même qu’il a le soutien des premiers responsables de la télévision dans laquelle il exerce en tant que journaliste.
Raïssa Compaoré, elle, fait de la musique depuis une quinzaine d’années. Passionnée de culture, elle ne boude pas les occasions de se rendre sur les sites touristiques du Burkina. Elle est aussi très engagée socialement pour avoir mené des activités en faveur de personnes indigentes. Elle indique que son métier de journaliste occupe la majeure partie de son temps, vu qu’elle est chargée des médias à l’Assemblée nationale. « L’information y est très dynamique », a-t-elle relevé. Tout n’a pas été rose dès les premiers moments. Dans d’autres organes où elle est passée, elle dit avoir fait des pieds et des mains pour poursuivre le journalisme et la musique. « Je me rappelle qu’une fois je suis allée à un reportage où je devais prester. J’ai fait mes images, suis ensuite montée sur la scène prester et après cela j’ai fait mes interviews. Cela a étonné beaucoup de gens », s’est-elle rappelée. Et d’ajouter : « Dans d’autres coins où j’ai également travaillé on me disait : ‘’Fais ton travail ; ce que tu feras après, ce n’est pas un problème.’’ » « Les gens ne viendront pas forcément vers toi pour te dire qu’ils te soutiennent mais quand tu as une activité culturelle, ils ne t’empêchent pas de t’y consacrer», ajoute Raïssa Compaoré. Qu’à cela ne tienne, à l’AN, où elle travaille, elle affirme avoir le soutien non dissimulé de sa hiérarchie.
Selon la Direction générale des eaux et forêts (DGEF), le Burkina Faso compte 79 aires protégées d’une superficie estimée à 3 915 794 hectares, à savoir 55 forêts classées pour une superficie de 745 097 h, 5 forêts classées concédées en zone cynégétique, 3 parcs nationaux, une forêt classée gérée en parc national, 5 forêts classées et réserves partielles de faune, 2 réserves partielles de faune, une réserve totale, une forêt classée et un ranch de gibier, 4 zones de chasse concédées par décision ainsi qu’une réserve sylvo-pastorale du Sahel.
Les espèces menacées de disparition au Burkina Faso sont, entre autres, le lycaon, le damalisque, la gazelle, le guépard, le lion, le léopard et le vautour.










