FBF : Ces défis qui attendent le nouveau président Lazare Banssé
C'est Lazare Banssé qui a succédé à Sita Sangaré à la tête de la Fédération burkinabè de football (FBF) à l’issue de l’élection du samedi 22 août 2020 à Bobo-Dioulasso. Il a obtenu 94 voix contre 59 pour son challenger, Amado Traoré. Radars Info Burkina a pris langue avec Assami Tiemtoré, journaliste sportif à 3TV, pour savoir les défis qui attendent le nouveau président Banssé, qui ambitionne de faire du Burkina Faso « une grande nation de football ».
Selon le journaliste sportif, les défis sont énormes. « D’abord, le Burkina Faso ne dispose pas de suffisamment d’infrastructures pour jouer un football professionnel. Le défi majeur, c’est d’abord de mettre nos grands stades, à savoir le stade du 4-Août de Ouagadougou et le stade Sangoulé-Lamizana de Bobo-Dioulasso, aux normes internationales. Ainsi, on pourra accueillir des matchs internationaux et de grandes compétitions comme la Coupe d’Afrique des nations (CAN).
En plus, M. Banssé devra travailler à rendre le championnat burkinabè professionnel. Pour que le Burkina Faso soit une nation de football, il faut que son foot soit professionnel et attrayant. Et si on veut un football professionnel, il faut que les joueurs soient bien payés, que les encadreurs soient bien formés et qu’on ait du matériel sportif adéquat pour permettre à tous ces acteurs sportifs de mieux s’illustrer.
Il n’y a pas de football sans supporters et pour que les supporters remplissent les stades, il faut que les matchs soient attrayants.
En outre, il y a les partenariats qu’il faut sceller pour qu’on ait beaucoup de sponsors. S’il y a un sponsor, le championnat national sera diffusé sur les chaînes nationales et les chaînes privées comme 3TV, où je suis. Si à l’international on peut suivre un championnat, ça va amener beaucoup de sponsors à miser sur ce championnat puisqu’il y aura de la visibilité », a-t-il détaillé.
M. Tiemtoré a aussi évoqué la question de la relève. « Au niveau des Etalons, les joueurs sont vieillissants. Donc il faut une bonne graine de champion pour pouvoir relayer ces grands qui sont en train de partir. On n’a pas encore remporté la CAN. On n’a pas encore joué de coupe du monde. Tout cela doit faire partie des objectifs du nouveau président de la FBF si celui-ci veut faire du Burkina Faso une grande nation de football », a précisé le journaliste sportif à 3TV.
Lazare Banssé a promis qu’il mettrait son savoir-faire au service du football burkinabè. Mais qu’en est-il de son profil pour le poste ?
« Lazare Banssé est un homme qui est connu du monde sportif au Burkina. Il a été PCA de l’Etoile filante de Ouagadougou (EFO). Sous sa houlette, l’EFO a engrangé beaucoup de lauriers par rapport aux autres équipes. Elle a eu le championnat national, la coupe du Faso à deux reprises. Cela veut dire que Lazare Banssé a été un président qui a eu des trophées. Donc on ne peut pas occulter ce qu’il a fait pour l’EFO. De ce point de vue, c’est un président de fédération qui va avoir autour de lui des personnes qui s’y connaissent. Il sera accompagné du colonel Sita Sangaré mais il faut aussi qu’il sache s’entourer de personnes qui vont apporter du renouveau. C’est un président qui ne connaît pas très bien les rouages du football burkinabè mais grâce à l’accompagnement du président sortant, je trouve qu’il peut le faire. C’est un président qui va beaucoup rassembler, qui va beaucoup apprendre. Il peut être un président exemplaire car il a la volonté. Il travaille sans tapage médiatique. Il a réussi à conquérir 10 ligues de football et c'est déjà un pas. En plus, il n’a pas d’antécédent dans le football. Pour moi, c’est un profil qui peut redonner au football burkinabè son lustre d’antan », a conclu Assami Tiemtoré.
Aly Tinto

Pour la coalition, ces actions du Comité exécutif de la FBF et de la Commission électorale violent les textes. 
LBK : Je ne peux pas m’attribuer de qualificatif. Ce sont peut-être les observateurs qui pourront dire si je suis un favori, un challenger ou que sais-je encore. Ce que je pense, c’est qu’on ne se présente pas à une élection en baissant les bras ou en ayant déjà un moral de perdant. Chacun jauge l’importance de sa candidature avant de la déclarer. J’estime que je suis le bon et le meilleur candidat qu’il faut choisir au niveau de la fédération de football, car j’ai les arguments nécessaires pour gérer cette fédération.
RB : Certains estiment que c’est une élection qui se fera avec une forte dose de corruption, qu’il y aura beaucoup d’investissement financier. Avez-vous les moyens de votre politique, financièrement parlant ?
Le candidat à la présidence de la Fédération burkinabè de football (FBF) Laurent Blaise Kaboré est l’actuel 1er vice-président de ladite Fédération. Il est membre de la famille de l’Union sportive de Ouagadougou (USO). Inspecteur divisionnaire des douanes, il est aussi de l’Association sportive de la Douane (As Douane). Il a accordé un entretien à Radars Burkina Info, le jeudi 18 juin 2020 à Ouagadougou, dans lequel il dévoile ses premiers chantiers s’il est porté à la tête de FBF. Il s’exprime aussi sur ce qui le motive à viser ce poste et dit ce qu’il compte apporter de plus que son prédécesseur. Lisez plutôt.
LBK : Je veux consolider les bases et les acquis que Sita Sangaré a pu engranger de 2012 jusqu’à maintenant. Je le dis parce que je suis comptable de cette gestion. Je ne peux pas me désolidariser de la gestion de Sita Sangaré entre 2016 et maintenant. Et comme j’ai participé à la gestion du football durant ces années, je compte consolider les acquis mais surtout me tourner vers tous les acteurs du football afin qu’ensemble nous puissions élaborer un programme commun qui nous permettra de travailler ensemble, main dans la main, pour le bonheur du football burkinabè.
Le Colonel Sita Sangaré, à la tête de la Fédération burkinabè de football (FBF) depuis 2012, passera le témoin en août 2020. Dans une lettre datée du 10 mars 2020, le chef d’état-major général des armées, le Général de brigade Moïse Miningou, avait marqué son accord pour la candidature à la présidence de la FBF du Colonel Sangaré. Mais cette autorisation a été par la suite annulée par une dernière lettre du Gal Miningou adressée à l’intéressé. Il invoque des « raisons de service » pour justifier ce refus. Dans une interview que l’actuel président de la FBF a accordée à Radars Info Burkina, il affirme qu’en termes de bilan au cours de ses deux mandats, « ceux qui sont satisfaits de notre gouvernance sont de très loin les plus nombreux ».
SS : Je pense qu’il n’est pas utile de remuer le couteau dans la plaie. Moi, je suis un militaire discipliné. Je n’ai pas de commentaire à faire sur des décisions qui ont pu être prises. Je peux vous assurer seulement qu’en bon soldat, je suis là. Je suis un homme de devoir et interpellé. J’étais prêt à continuer à apporter mon concours. Si l’état-major ou d’autres structures supérieures pensent que je peux être plus utile ailleurs, je me mets au garde-à-vous et je suis prêt à accomplir toute mission pour le salut de notre peuple.
Charles Bado est un ancien basketteur et entraîneur de basket. Il est le président de l’Etoile filante de Ouagadougou, section basket-ball, et vice-président de l’Association sportive de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), dont il est agent. Il est candidat à la présidence de la Fédération burkinabè de basket-ball (FEBBA) pour, dit-il, donner du tonus à ce sport. Radars Info Burkina l’a eu en entretien. Lisez plutôt.
RB : Quelles sont les solutions que vous comptez apporter pour redonner de la plus-value au basket ?
BK : Il faudrait d’abord qu’on s’attaque à notre modèle de championnat en mettant en place une ligue professionnelle, tel que prévu dans mon programme, qui est la division supérieure. Ensuite, il s’agira de permettre aux équipes régionales de participer au championnat de D1. Nous prévoyons une réforme à cet effet. Dans le domaine technique, nous allons travailler à donner une petite catégorie compétitive à notre pays. Jusque-là, la FBF a tenté de faire des compétitions de petites catégories mais au finish, on n’arrive jamais à se qualifier pour les phases finales. Or, la relève est nécessaire pour la pérennisation du football dans notre pays.
La question de la rémunération des joueurs du championnat de première division du Burkina est intimement liée à sa professionnalisation. Pour passer ce cap, il faut que les clubs, en plus de l’aide de l’Etat, aient d’autres sources de revenus. Cette thèse est de Julien Tiendrébéogo, spécialiste de l’économie du sport, que Radar Info Burkina a eu en entretien.
JT : « Déjà en matière de subvention, il faut savoir que chaque club de D1 a droit a 15 millions et 20 millions pour la bourse. Il y a aussi que la Fédération burkinabè de Football (FBF) s’occupe des charges d’organisation des matchs. Il faut donc ajouter 35 millions de francs CFA, deux fois en plus des charges. Etre en D1 a beaucoup d’exigences économiques et financières. La question des moyens se posera aux nouveaux qui montent en D1. On constate aussi qu’il y a plusieurs clubs de D1 qui traînent plusieurs arriérés de salaires, ce qui n’est pas bon pour l’image de notre championnat. Ailleurs si vous avez des difficultés à tenir vos engagements financiers, cela peut être source de relégation pour vous». 
MS : « En toute chose, il faut avoir une vision. Aujourd’hui, je pense que les acteurs de notre football ne sont pas suffisamment éclairés sur la direction à prendre. Les gens viennent et proposent des choses qui ne sont même pas claires pour les footballeurs. Moi, j’ai quelque chose de très clair : il suffit de l’exposer et les gens vont comprendre. Même sans moi, les gens pourront l’appliquer. C’est cela, mon objectif premier. Si les gens me font confiance, nous allons avoir des résultats palpables pour le bien du football ».










