mercredi 4 février 2026

sta uneLe Colonel Sita Sangaré, à la tête de la Fédération burkinabè de football (FBF) depuis 2012, passera le témoin en août 2020. Dans une lettre datée du 10 mars 2020, le chef d’état-major général des armées, le Général de brigade Moïse Miningou, avait marqué son accord pour la candidature à la présidence de la FBF du Colonel Sangaré. Mais cette autorisation a été par la suite annulée par une dernière lettre du Gal Miningou adressée à l’intéressé. Il invoque des « raisons de service » pour justifier ce refus. Dans une interview que l’actuel président de la FBF a accordée à Radars Info Burkina, il affirme qu’en termes de bilan au cours de ses deux mandats, « ceux qui sont satisfaits de notre gouvernance sont de très loin les plus nombreux ».

 

Radars Info Burkina (RB) : Quel est, en ce qui vous concerne, votre plus grande satisfaction en termes de résultats sur le terrain et votre déception en tant que dirigeant du football burkinabè ?

Sita Sangaré (SS) : Sur le plan des résultats, incontestablement, les Coupes d’Afrique des Nations (CAN) de 2013 et de 2017 m’ont procuré beaucoup de satisfaction. Particulièrement celle de 2017, même si on a été troisième et deuxième en 2013. En 2017, j’ai eu des témoignages des acteurs les plus importants du football qui m’ont avoué que le Burkina était à leurs yeux, et de très loin, la meilleure équipe de cette CAN. Cela a été une satisfaction pour moi de savoir que le Burkina Faso, un petit pays aux ressources limitées, a pu damer le pion aux « grandes nations du football ». Quant à la série des déceptions, c’est vrai que nos deux tentatives de nous qualifier pour la Coupe du monde en 2014 et en 2018 m’ont assurément laissé un goût amer. Parce que j’ai eu le sentiment que nous avions à chaque fois les moyens de nous qualifier. Je rappelle qu’en 2014, nous avons battu au Burkina l’Algérie 3-2 à la phase des play-offs. Au retour, l’Algérie, dans des conditions dantesques, nous a éliminés en gagnant 1-0. Je rappelle que Charles Kaboré avait marqué un but parfaitement valable qui a été refusé pour des raisons que seul l’arbitre peut avancer. Ensuite en 2018, alors que nous étions très bien partis, un fait assez curieux a remis en selle le Sénégal, c'est-à-dire faire rejouer le match Sénégal vs Afrique du Sud. 

sta 2

Cela a plombé le moral de nos jeunes joueurs car c’était une décision carrément inédite que près d’un an après les faits, on décide de faire rejouer un match qui a véritablement relancé le Sénégal, qui par la suite s’est qualifié. A cette période, nos Etalons étaient vraiment prêts à aller en Coupe du monde. Ce sont là mes plus grands regrets.

RB : Vous avez sûrement lu à travers des médias une accusation vous concernant. On parle de malversations financières que vous souhaiterez cacher, c’est pourquoi vous aviez souhaité avoir un nouveau mandat. Que répondez-vous à cela ?

SS : Je réponds que c’est puéril et dangereux. C’est vrai que nous sommes dans un monde de passion mais n’oubliez pas non plus que nous sommes dans un contexte d’élection ou chacun avance des arguments. Déjà, c’est vrai qu’en ce qui concerne le football, il y a des fantasmes. Les gens pensent qu’il y a toutes sortes de ressources au niveau de la fédération, tant et si bien qu’on jette l’opprobre facilement sur ceux qui l’animent. En ce qui nous concerne, nous avons pris l’engagement de ne pas quitter sans réaliser un audit, pas seulement sur ces 4 dernières années. Car il y a un audit qui a été commandité sur la période de 2012 à 2020 et qui sera déposé avant notre départ pour vous dire que nous n’avons rien à cacher. Je voulais que les acteurs du football sachent raison garder et arrêtent de se livrer à ce genre de critiques faciles. Je rappelle que nous sommes dans un Etat de droit et qu’il faut éviter de lancer de telles accusations sans le moindre fondement. En ce qui nous concerne, nous avons la conscience tranquille. Je suis sûr que l’audit commandité édifiera tout un chacun.

RB : Pourquoi l’état-major n’a pas accepté votre candidature ? Un autre fait, apparemment vous aviez le Ok et un autre message vient dire que ça ne sera plus possible. Comment vous expliquez cela ?

sta 3SS : Je pense qu’il n’est pas utile de remuer le couteau dans la plaie. Moi, je suis un militaire discipliné. Je n’ai pas de commentaire à faire sur des décisions qui ont pu être prises. Je peux vous assurer seulement qu’en bon soldat, je suis là. Je suis un homme de devoir et interpellé. J’étais prêt à continuer à apporter mon concours. Si l’état-major ou d’autres structures supérieures pensent que je peux être plus utile ailleurs, je me mets au garde-à-vous et je suis prêt à accomplir toute mission pour le salut de notre peuple.

RB : C’est comme si vous allez avoir peut-être d’autres charges qui vous arrangeront mieux que la FBF ?

SS : Je puis vous assurer qu’en ce qui me concerne, je suis peut-être jeune, dans un mois, j’aurai 51 ans, mais je pense plus à l’avenir de mes enfants qu’au mien propre. Cela me fait 30 ans de services bien accomplis même si je suis toujours disponible à aider mon pays, je ne me bats pas pour occuper une quelconque position. Cela ne m’intéresse pas du tout.

RB : Est-ce que vous estimez être un incompris dans votre gestion de la FBF soit par vous, par la hiérarchie ou peut-être même des médias malgré les résultats inédits en 2013 et en 2017 ?

SS : Je pense plus aux médias. Parce que partout où je pars au Burkina, j’ai des témoignages extraordinaires de satisfaction. Au niveau des acteurs de football, je puis vous assurer également qu’il n’y a pas de problème. Vous savez, le football est un monde de passion. Il est donc facile de se faire manipuler. C’est pourquoi j’appelle la presse à se contenter des faits et à ne pas déborder. Je vous dis que nous sommes très satisfaits de ce que nous avons fait. Tous les actes que nous avons posés, nous les avons faits en notre âme et conscience pour le développement du football dans notre pays. Vous ne pourrez jamais empêcher que des gens disent qu’ils peuvent faire mieux. Souvenez-vous que même dans le domaine religieux, aucun prophète de Dieu n’a été épargné par ses contemporains. Les gens les ont toujours été vilipendés et cela n’enlève rien aux messages qu’ils ont donnés. Nous, nous sommes satisfaits et je pense que ceux qui sont satisfaits de notre gouvernance sont, et de très loin, les plus nombreux. D’après le Professeur Laurent Bado, dans une population donnée, la proportion des imbéciles est une constante. Vous ne pouvez pas empêcher des gens de se croire meilleurs, mais l’histoire nous jugera. Je pense que l’histoire retiendra qu’à un moment donné, notre groupe a écrit les plus belles pages de notre football. En cela, nous n’avons pas de mérite particulier parce que c’est le rôle de chaque Burkinabè d’essayer d’apporter le meilleur qu’il peut pour le rayonnement de son pays. Cela, nous l’avons fait et nous n’avons aucune amertume sur le plan parce que nous n’avons fait que notre devoir. Ceux qui veulent venir, nous leur disons de faire attention. Ils peuvent essayer également à leur niveau d’apporter leur pierre mais il faut éviter les attaques gratuites car on est toujours rattrapé par ses propres turpitudes.

Propos  recueillis par Richard Tiéné

ration uneLe Colonel Sangaré, à la tête de la Fédération burkinabè de football (FBF) depuis 2012, passera le témoin en août 2020 à quelqu’un d’autre. Dans une lettre datée du 10 mars 2020, le chef d’état-major général des armées, le Général de Brigade Moïse Miningou, avait marqué son accord pour la candidature à la présidence de la FBF du Colonel Sita Sangaré. Mais cette autorisation a été par la suite annulée par une dernière lettre du Gal Miningou adressée à l’intéressé. Il invoque des « raisons de service » pour justifier ce refus. Dans une interview que l’actuel président de la FBF a accordée à Radars Info Burkina, il dit être satisfait des résultats obtenus au cours de ses deux mandats.

Radars Info Burkina (RB) : Quel sentiment vous anime aujourd’hui, après autant d’efforts à la tête de la Fédération burkinabè de football (FBF), de devoir passer le témoin à quelqu’un d’autre ?

Sita Sangaré (SS) : Dans la vie, chacun apporte son concours et à un moment donné évidemment il faut passer le flambeau. Je pense que nous avons encore quelques mois devant nous. Quand nous arrivions à la tête de la FBF, nous étions conscients qu’il y avait beaucoup à faire. Nous sommes fiers de ce que nous avons pu réaliser d’abord en termes de textes. Je vois souvent des amalgames qui sont faits très souvent à dessein. Apparemment, les gens ne sont focalisés que sur les résultats des Etalons. Je peux vous assurer qu’au contraire quand vous êtes   à la FBF, vos adversaires vous guettent sur ce chantier. En effet, l’histoire de notre pays montre que la plupart du temps, des gens de mauvaise foi profitent des mauvais résultats des Etalons pour déstabiliser les structures fédérales. Heureusement et malheureusement pour ces gens, ils n’ont pas eu cette occasion, compte tenu des résultats relativement encourageants des Etalons. Donc aujourd’hui on nous fait ce reproche. On dit qu’on n’avait d’yeux que pour les résultats des Etalons. Lorsque nous arrivions, sur le plan des textes il y avait beaucoup à faire. Nous avons fait adopter ce qu’on appelle la politique fédérale de développement du football  qui se base sur la politique nationale de sport au Burkina Faso. La politique fédérale de développement du football est un référentiel pour toutes les fédérations qui se succéderont au Burkina.  Il faut un guide pour pouvoir construire le football. On est très fier d’avoir pu élaborer ce référentiel. Nous avons adopté toute une batterie de textes. Les statuts ont été toilettés avec le concours de l’ensemble de nos membres affiliés mais également le regard de techniciens du football de la Confédération africaine de football (CAF) et de la Fédération internationale de football association  (FIFA). En 2018, nous avons encore engagé de vastes réformes qui ont conduit à l’élaboration de toute une série de textes, dont le code électoral et le code éthique.

En matière de finances, il y a un document qui a été élaboré. Nous avons abattu un travail considérable en matière de textes parce que sans textes, il est difficile de travailler.  Nous avons abattu un grand boulot à ce niveau en ce qui concerne l’environnement du football. Nous avons également travaillé à créer des structures spécifiques pour l’organisation. Je ris toujours quand j’entends les   gens réagir à ce que nous avons appelé la Ligue de football professionnel. C’est juste parce que nous aspirons au professionnalisme mais notre contexte fait qu’aujourd’hui on ne le peut pas. Quand nous arrivions à la FBF, il n’y avait que la ligue nationale de football qui avait en charge l’organisation de toutes les compétitions. Nous avons vu que cette ligue était très peu étoffée. Elle ne disposait même pas de siège.  Nous avons travaillé à acquérir un siège au département des compétitions nationales. Nous avons scindé la ligue nationale de football en quatre entités distinctes pour mieux gérer les différentes compétitions. Donc la ligue de football professionnel a en charge l’organisation des compétitions de la première et de la deuxième division ainsi que de la Coupe du Faso.

Nous nous sommes dit que ce sont nos compétitions phares et c’est pour ça que nous avons qualifié cette ligue, la ligue de football professionnel, pour qu’elle organise ces compositions phares. Ensuite il y a la ligue de football jeune qui organise les compétitions de petites catégories, à savoir les cadets, les minimes et les juniors. En outre, nous avons la ligue de football amateur qui organise les compétitions de la troisième division et également le football féminin. Nous avons vu souvent les dames se plaindre du fait que le football féminin est encore embryonnaire dans notre pays, quoique nous ayons fait beaucoup d’efforts en la matière.   C’est également une de nos fiertés. Mais nous disons que le football féminin est appelé à se développer.

Toutes ces ligues sont chapeautées   par un département des compétitions nationales. En outre, je dois préciser que nous avons également fait des efforts au niveau des acteurs. Concernant les arbitres, à notre arrivée, le quatuor arbitral touchait 31 500 francs CFA par match de football.  Aujourd’hui, ce montant atteint 100 000 FCFA. Nous avons aussi travaillé à améliorer la dotation des arbitres et à leur donner des équipements de base. Nous allons, dans les jours à venir, procéder à une remise d’équipements au profit du corps arbitral.

Dans le domaine des infrastructures, nous avons travaillé à poser des grilles de protection pour assurer la sécurité des acteurs. Et c’est important. Nous avons commencé à Ouagadougou sur les terrains de l’Union sportive des forces armées (USFA), de l’Etoile filante de Ouagadougou, de l’ASFA Yennenga et du Rail club du Kadiogo. Nous avons étendu cela à Bobo-Dioulasso, aux terrains du Racing club, de l’AS fonctionnaire. A l’intérieur du pays, nous avons le terrain de Léo, celui de Gaoua, et c’est prévu également à Koudougou.

Nous avons permis de poser des pelouses synthétiques au niveau du centre technique de la fédération, au stade Issoufou Joseph Konombo, sur le terrain de Ziniaré, au stade Ouobi de Bobo-Dioulasso, et nous comptons poursuivre ces efforts. Il y a des projets d’éclairage par le solaire.   Cela a commencé par le terrain de l’Etoile filante de Ouagadougou. Il y a trois autres terrains qui seront concernés dans les mois à venir. Sur le plan des résultats également, nous étions très contents que face à des nations huppées et bien préparées le Burkina ait pu remporter le trophée des jeux africains au Maroc.

Donc nous  sommes vraiment fiers du travail qui a pu être  abattu en si peu de temps. Nous éprouvons donc des sentiments de gratitude pour le monde du football, dont le soutien ne nous a pas fait défaut pendant tout ce temps. 

Propos recueillis par Richard Tiéné

bdoo uneCharles Bado est un ancien basketteur et entraîneur de basket. Il est le président de l’Etoile filante de Ouagadougou, section basket-ball, et vice-président de l’Association sportive de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), dont il est agent. Il est candidat à la présidence de la Fédération burkinabè de basket-ball (FEBBA) pour, dit-il, donner du tonus à ce sport. Radars Info Burkina l’a eu en entretien. Lisez plutôt.

Radars Burkina : Quel est l’état des lieux du basket-ball burkinabè ?

Charles Bado : C’est ce que tout le monde voit actuellement. Le championnat 2018-2019 n’est pas encore terminé alors qu’on est en 2020. Cela signifie qu’il y a forcément quelque chose qui ne va pas au niveau de la structure fédérale et de l’organisation du basket-ball.

RB : Qu’est-ce qui a motivé votre candidature au poste de président de la FEBBA ?

CB : C’est au regard de l’état actuel du basket-ball dans notre pays. Vous voyez bien qu’il n’y a pas de championnat depuis un certain temps mais qu’à l’inverse, il y a beaucoup d’arriérés de paiement. Tout cela a contribué à décourager tous les jeunes que nous avons formés et qui, aujourd’hui, n’ont plus de compétition. Il est vraiment impératif que nous prenions nos responsabilités en prenant les rênes de la Fédération burkinabè de basket-ball (FEBBA).

bdoo 2RB : Quelles sont les solutions que vous comptez apporter pour redonner de la plus-value au basket ?

CB : Il s’agira, dans un premier temps, de renouveler la classe dirigeante de cette discipline sportive. Je veux dire par là qu’il nous faudra d’abord extraire la bonne graine qui peut apporter un nouvel élan au basket du Burkina Faso. En sus, il s’agira de faire appel aussi bien aux nouvelles qu’aux anciennes ressources, pour qu’elles apportent leur expérience à l’organisation du basket-ball et aux structures existantes. Après cela, il faudra penser à créer de nouvelles ligues et de nouveaux districts pour favoriser un basket-ball national au lieu d’être entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso seulement.

RB : Avez-vous le soutien de votre ancien collaborateur Joachim Baky, qui était votre président à la FEBBA ?

CB : M. Joachim Baky est un grand frère que je respecte beaucoup. Il avait de grandes ambitions pour le basket mais à un moment, les choses ont mal tourné. Nous avons travaillé ensemble pendant deux années ou tout baignait dans l’huile. Mais bon, nous ne nous sommes pas entendus sur un certain nombre de choses. J’ai préféré démissionner de sa fédération. Les choses n’ont pas évolué comme nous le désirions mais c’est la dure loi du sport.

RB : De façon succincte, dites-nous pourquoi voter pour Charles Bado plutôt que pour Souleymane Yaméogo, votre challenger à ce poste ?

CB : Mes atouts, c’est que je suis ancien basketteur et que je connais très bien les réalités sur le terrain. En plus de cela, je suis toujours entraîneur de basket, donc je connais aussi les réalités des basketteurs. Outre cela, je suis président de l’EFO, section basket, et vice-président de l’AS ONEA. Cela signifie que je connais aussi les obligations qui peuvent peser sur les clubs. Pour terminer, j’ai été membre fédéral, ce qui fait que je sais ce qui se passe dans une fédération. J’ai été également secrétaire général de la ligue de basket du Centre, de 2000 à 2004. C’est dire donc si je connais le fonctionnement des structures sportives et des clubs.

Propos recueillis par Obissa

fde unePromoteur d’un centre de formation en football en Afrique du Sud, Bertrand Kaboré est un passionné du football depuis sa tendre enfance. Secrétaire à l’information de la FBF en 1992, il rejoint la ligue du Centre de football et en 2000, il en devient le président. Plus tard, soit en 2012, il fait son come-back à la FBF où il occupe le poste de Secrétaire général du colonel Sita Sangaré. Candidat malheureux en 2016, Bertrand Kaboré est convaincu que son expérience est un atout  pour donner un nouvel élan au football du pays des hommes intègres. Radars Info Burkina est allé à sa rencontre pour en savoir davantage sur ses motivations.

Radars Burkina : Comme en 2016, vous êtes candidat à la présidence de la FBF. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

Bertrand Kaboré : Ma candidature s’inscrit dans la logique de mon long et périlleux parcours dans le domaine du football. Ce que j’ai pu assumer comme responsabilités dans le domaine du football et ailleurs peut contribuer à développer notre football. Pour moi, c’était une obligation de me présenter. Je pense que je fais partie de ceux qui ont le plus d’expérience dans le domaine du football et donc sont à même de lui donner un nouveau souffle. Je compte imprimer ma vision du football dans notre pays. C’est ce qui explique ma candidature.

RB : Quelle est votre thérapie pour un football burkinabè plus attrayant et professionnel ?

fde 2BK : Il faudrait d’abord qu’on s’attaque à notre modèle de championnat en mettant en place une ligue professionnelle, tel que prévu dans mon programme, qui est la division supérieure. Ensuite, il s’agira de permettre aux équipes régionales de participer au championnat de D1. Nous prévoyons une réforme à cet effet. Dans le domaine technique, nous allons travailler à donner une petite catégorie compétitive à notre pays. Jusque-là, la FBF a tenté de faire des compétitions de petites catégories mais au finish, on n’arrive jamais à se qualifier pour les phases finales. Or, la relève est nécessaire pour la pérennisation du football dans notre pays.

RB : Quels sont les clubs qui soutiennent votre candidature ?

BK : (Rire). Permettez-moi de ne pas déballer mes cartes. C’est délicat, puisqu’on est dans un moment de campagne et d’approche. Je vous demande de patienter ; le moment venu, vous le saurez.

RB : Quel est votre avis sur l’annulation du championnat de D1 et de D3 ?

BK : J’ai déjà donné mon avis à un de vos confrères. Personnellement, je prends la décision telle qu’elle a été prise en me disant que ceux qui sont aux affaires sont mieux outillés, connaissent bien les contingences qui les ont amenés à prendre cette décision. D’un œil extérieur si tu es un club lésé par la décision, il est normal que tu ne sois pas content. Par contre, les clubs qui ont été repêchés par la décision parce qu’il allait forcément relégation accueillent cette décision avec joie. Pour nous autres, émettre un avis, c’est mettre de l’huile sur le feu ou défendre la fédération.

RB : Il y a quelques semaines, vous étiez prêt a soutenir le colonel Sita Sangaré et même à être son directeur de campagne. Pourquoi ce revirement ?

BK : Vous savez qu’en 2016 j’étais déjà candidat. Dans la vie, il faut parfois faire des analyses profondes. Lorsque le président Sangaré m’a contacté une première fois, je lui avais dit que je comptais me présenter et qu’il devrait prendre cela en compte. Sur son insistance et compte tenu de son programme, j’ai estimé que c’était l’homme de la situation. Pourquoi cela ? Parce que l’homme était devenu, grâce à ses deux mandats, le plus expérimenté du football burkinabè. Je me suis donc dit qu’il a plus de vécu que nous et que nous pouvons l’accompagner pour son dernier mandat. Malheureusement il n’a pas eu la permission de sa hiérarchie. Dès lors, j’étais libre puisque c’était une entente entre nous deux. Il n’y a pas de revirement, ce n’est pas comme si je supportais M. Sangaré et que je l’avais abandonné ; il n’est plus candidat.

Obissa

west uneLa question de la rémunération des joueurs du championnat de première division du Burkina est intimement liée à sa professionnalisation. Pour passer ce cap, il faut que les clubs, en plus de l’aide de l’Etat, aient d’autres sources de revenus. Cette thèse est de Julien Tiendrébéogo, spécialiste de l’économie du sport, que Radar Info Burkina a eu en entretien.

Radars Burkina : Quelle appréciation faites-vous du championnat burkinabè de première division ?

Julien Tiendrébéogo : « Il faut dire que le championnat burkinabè est toujours d’un niveau amateur. Cela s’explique à plusieurs niveaux. Il y a le niveau ou le barème de rémunération des joueurs, la qualité des clubs en compétition africaine, le statut des clubs, leur niveau d’organisation. Tout compte fait, c’est un championnat en pleine mutation. La ligue professionnelle de football burkinabè s’est dotée de textes pour permettre une bonne organisation du championnat. Mais avec l’arrivée de certains clubs comme SALITAS FC, RAHIMO, KOZAF, MAJESTIC, le visage du championnat a changé et s’améliore ».

RB : Quel impact financier l’augmentation du nombre d’équipes aura-t-elle aussi bien à la FBF qu’au ministère des Sports ?

west 2JT : « Déjà en matière de subvention, il faut savoir que chaque club de D1 a droit a 15 millions et 20 millions pour la bourse. Il y a aussi que la Fédération burkinabè de Football (FBF) s’occupe des charges d’organisation des matchs. Il faut donc ajouter 35 millions de francs CFA, deux fois en plus des charges. Etre en D1 a beaucoup d’exigences économiques et financières. La question des moyens se posera aux nouveaux qui montent en D1. On constate aussi qu’il y a plusieurs clubs de D1 qui traînent plusieurs arriérés de salaires, ce qui n’est pas bon pour l’image de notre championnat. Ailleurs si vous avez des difficultés à tenir vos engagements financiers, cela peut être source de relégation pour vous». 

RD : Est-ce que dans le contexte actuel du Burkina Faso il est possible de dépasser ce barème salarial ?

JT : Je dirais qu’il est quand même difficile de dépasser ce cap. Tant que les clubs n’auront pas d’autres sources de revenus que celles de l’Etat, ils ne pourront pas payer plus que ce qu’ils payent actuellement. La convention à ce niveau au Burkina Faso dit qu’en D1, on ne doit pas payer moins de 50 000 francs CFA, et pour la D2 c’est pas moins de 30 000 francs CFA. Avec 50 000 francs CFA, est-ce qu’un joueur peut s’offrir une alimentation digne d’un compétiteur, payer son loyer, ses factures et se vêtir ? On ne pourra pas passer ce cap tant que le championnat sera toujours amateur. Il faut un processus de transformation structurelle qui va nécessiter des acteurs de qualité, un cadre législatif adapté à notre contexte et un environnement favorable. Seuls les clubs qui arrivent à vendre des joueurs à l’extérieur et qui ont des sponsors peuvent le faire. Il faut aussi que les clubs créent des initiatives. Par exemple les clubs n’ont pas de chargé de marketing, c’est-à-dire des gens chargés d’aller chercher des partenaires pour pouvoir renflouer leurs caisses. Ça m’étonnerait que dans l’immédiat, les clubs puissent changer la situation salariale de leurs joueurs. Tant que les joueurs ne seront pas dans de bonnes conditions, on ne pourra pas espérer un meilleur rendement ».

Obissa

mory uneAncien footballeur, entraîneur et instructeur d’entraîneurs de football, Mory Sanou fait partie des quatre candidats au poste de président de la Fédération burkinabè de Football (FBF). Celui qui fut tour à tour entraîneur de l’AS SONABEL, de l’USFA, de l’EFO, du SANTOS et même directeur technique de la FBF souhaite apporter son expérience au développement du football burkinabè. Il a accordé une interview à Radars Info Burkina et sa conviction est que sans vision claire, on ne peut aller loin.

Radars Burkina : Pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à la présidence de la Fédération burkinabè de football (FBF) ?

Mory Sanou : « Nous avons proposé un programme depuis 1995. Dans ce programme, le football burkinabè devait être professionnel dès 2010. J’ai travaillé avec plusieurs présidents de la FBF ainsi que sous la coupe de plusieurs ministres des Sports. Certains aspects de mon programme ont été mis en œuvre mais pas d’autres. Ayant constaté que la mise en œuvre des autres aspects se faisait attendre, j’ai décidé de me présenter moi-même à ce poste pour pouvoir expliciter mon programme aux acteurs et aux décideurs. Je me sens interpellé. Je peux apporter des solutions, donc je n’ai pas le droit de me dérober ni de garder le silence pendant que le besoin est là ».

RB : Quelle thérapie proposez-vous pour un football burkinabè plus attrayant et professionnel ?

mory 2MS : « En toute chose, il faut avoir une vision. Aujourd’hui, je pense que les acteurs de notre football ne sont pas suffisamment éclairés sur la direction à prendre. Les gens viennent et proposent des choses qui ne sont même pas claires pour les footballeurs. Moi, j’ai quelque chose de très clair : il suffit de l’exposer et les gens vont comprendre. Même sans moi, les gens pourront l’appliquer. C’est cela, mon objectif premier. Si les gens me font confiance, nous allons avoir des résultats palpables pour le bien du football ».

RB : Quels sont les clubs qui soutiennent votre candidature ?

MS : « Voilà des questions qui reviennent tout le temps. Les clubs sont les électeurs et je pense qu’ils cherchent le programme qui les arrange et qui pourra les faire grandir. C’est cela, ma conviction. Je ne citerai pas ici les clubs qui soutiennent ma candidature car ce n’est pas le plus important. Mais j’ai mes contacts. Si les gens soutiennent ta personne et non ta vision, ils te conduiront à l’abattoir. Je ne suis pas dans cette dynamique. Nous allons travailler à rassembler tout le monde autour de notre programme de développement du football burkinabè. Il y a des innovations que nous avons mentionnées dans notre plan et qui vont améliorer la qualité du jeu ».

RB : Quel est votre avis sur l’annulation du championnat de D1 et de D3 du fait du COVID-19 qui a beaucoup fait polémique ?

MS : « Mon opinion sur ce sujet, c’est qu’il s’agit d’une question de responsabilité. Quand on vous donne une responsabilité, vous avez le devoir de prendre des décisions en âme et conscience pour le bien de la chose pour laquelle vous avez été responsabilisé.  A ce niveau, les responsables ont estimé que c’est mieux que la chose se fasse de cette façon. Ceux qui les ont responsabilisés doivent accepter la décision. Je ne vais pas entrer dans les détails parce qu’on pourrait en faire un sujet à polémique ».

RB : A la place du Colonel Sita Sangaré, auriez-vous pris une telle décision ?

« Je ne suis pas à la place du Colonel Sita Sangaré. Mon principe, c’est la question de responsabilité. Cette décision doit être jugée par rapport à l’objectif de la mission qui lui a été confiée. Si la décision prise est en adéquation avec l’objectif qu’ils se sont fixé, c’est tant mieux ».

Propos recueillis par Obissa

etinc uneParmi les mesures prises par le gouvernement burkinabè pour éviter la propagation de la pandémie de coronavirus, figure la suspension des activités sportives. Il n’y a plus d’entraînements, de compétitions, de matchs ni de championnat jusqu’à nouvel ordre.  Cette incertitude sur la date de reprise des activités du sport pousse Etincelles FC à prendre ses précautions tout en continuant ses entraînements.  Comment les entraînements se font-ils dans le respect des gestes barrières ? Pascal Sawadogo, coach dudit club, nous donne des réponses.

Les « filles » de Pascal Sawadogo ont repris les entraînements sur leur terrain de jeu, le stade Naaba Baongo, depuis bientôt un mois. Leur club, dans le but de maintenir leur qualité de jeu et d’améliorer les performances des joueuses, a repris ses activités. Des entraînements spécifiques et des séances de travail individuelles ont été élaborés par le coach. Selon Pascal Sawadogo, les entraînements ont repris mais ont été modifiés de sorte à respecter les mesures barrières. « Nous avons recommencé nos entraînements avec les jeux réduits vers le 27 mars dernier. Les jeux d’équipes se font en petits nombres et chacune des joueuses doit rester jouer dans sa zone (carré) que nous avons préalablement tracée », dit-il.  Tous les jours à 6 heures du matin, deux filles viennent pour les entraînements individuels avant l’entraînement en équipe qui débute vers 7 heures. etinc 2Les joueuses comme les coachs, une fois arrivés sur le terrain de jeu, se lavent obligatoirement les mains au savon avant de commencer les exercices. Certaines des athlètes portent des masques de protection pendant les exercices, d’autres par contre n’en portent pas car, disent-elles, elles étouffent avec les bavettes. La vitesse, l’endurance, les techniques de passe et de dribbles sont évaluées, ainsi que les difficultés personnelles de chaque joueuse sont corrigées. Pascal Sawadogo ajoute que les exercices individuels ont permis de déceler les failles de certaines joueuses. « Lorsque les filles jouent en équipe, certaines peuvent tricher et d’autres font semblant de ne pas faire les passes ». Le coach ajoute qu’il a fait des recherches sur la pandémie de coronavirus et a organisé des séances de sensibilisation. Des prospectus ont été distribués aux Etincelles pour leur permettre de distinguer une simple grippe du Covid-19. Pascal Sawadogo et son staff sont conscients de l’existence de la maladie mais disent prendre des précautions pour éviter sa propagation.

Elza Nongana (Stagiaire)

siitaDans notre publication en date du 24 mars 2020 dans la rubrique Sport à travers le titre « Présidence de la FBF : qui pour remplacer Sita Sangaré », nous écrivions ceci : « Une source au sein de la FBF, dont nous tairons le nom, répond qu’il est probable que le sieur Sangaré ait commis des gaffes à la FBF (malversations financières, détournements…), il ne veut pas que cela soit mis à nu par son successeur. Voilà pourquoi il veut un autre mandat pour avoir le temps de brouiller les pistes… » Cet extrait a fait l’objet d’une plainte du président de la FBF auprès du Conseil supérieur de la communication, suivie d’une audition au sein de l’instance de régulation le mardi 28 avril 2020.

En effet, M. Sita Sangaré estime que ces affirmations ont porté atteinte à son intégrité, à son amour du travail bien accompli et porté un sérieux coup à son honneur. Sans oublier les traumatismes moraux et psychologiques qu’elles ont affligés à sa famille et à tous ses proches.

Radars info Burkina, à travers ce rectificatif, reconnaît que la rédaction aurait pu équilibrer cette information en ayant la version de M. Sita Sangaré. Par conséquent, nous présentons nos excuses au plaignant.

efo uneLa majorité des clubs de football sont en pause depuis l’avènement de la pandémie de coronavirus. Le championnat national, les entraînements et les compétitions sont arrêtés. Coachs et joueurs ne savent plus à quel saint se vouer. Les clubs éprouvent des difficultés financières aussi, vu que nombre de services ne fonctionnent plus. Comment l’Etoile filante de Ouagadougou se porte-t-elle en ce moment ? Des réponses avec  Amadou Sampo, coach de cette formation sportive.

L’Etoile filante de Ouagadougou a arrêté toutes ses activités sportives comme l’a ordonné la fédération burkinabè de Football. Plus de matchs, plus d’entraînements en groupe, ni d’entraînements spécifiques jusqu’à nouvel ordre. Une période difficile pour le coach, son staff et ses joueurs qui n’arrivent plus à exercer leur passion qu’est le football. En temps normal, les clubs seraient actuellement en entraînement pour entamer les six derniers matchs du championnat. Mais impossible d’établir un programme de préparation pour la reprise parce que la reine des stades traverse des difficultés financières. Selon Amadou Sampo, coach de ladite équipe, cet état des choses ne permet pas  de donner des directives individuelles aux joueurs pour leur maintien. « J’ai créé un groupe WhatsApp dès mon arrivée, en début de saison, pour faciliter les échanges avec mes joueurs et mon staff. J’y demande à chacun de se maintenir pour son propre bien ». efo 2Comme la date de reprise des activités sportives n’est pas encore déterminée, il est difficile de donner des exercices personnels aux joueurs, ajoute-t-il. « Nous ne pouvons pas faire de programmes élaborés ou spécifiques pour chacun des joueurs alors qu’on ne sait pas comment ces derniers arrivent à s’alimenter et à subvenir à leurs besoins. Tout ce que nous pouvons faire, c’est échanger avec eux pour leur remonter le moral et les encourager».  A en croire M. Sampo, certains joueurs éprouvent des difficultés et tant qu’il le peut, il vient en aide à ces derniers. « Personnellement, j’appelle les joueurs pour avoir de leurs nouvelles, et si l’un d’entre eux me demande, je lui viens en aide si je le peux ».

La pandémie de coronavirus prive les acteurs du monde du football de leur passion en plus de toucher à l’aspect économique des clubs. « C’est vrai que la situation économique du club est précaire mais ce qui est important, c’est l’exercice de notre passion. Nous avons besoin de nous détendre », affirme le coach, qui souhaite l’éradication du virus à couronne dans les délais les meilleurs afin que les activités sportives puissent reprendre.

Elza Nongana (Stagiaire)

halter uneEn raison de la pandémie de coronavirus, le sport de groupe n’est plus à l’ordre du jour. En attendant que le virus à couronne soit vaincu, des initiatives se développent çà et là. Le sport à la maison, qui est l’une de ces initiatives, est un moyen efficace de maintenir sa forme et booster son système immunitaire. Zarafilou Zoromé, coach professionnel depuis 2015, nous donne des astuces à ce propos.

Des exercices réguliers à la maison peuvent remplacer valablement ceux en groupe. Coronavirus oblige, c’est presque la seule option qui nous reste pour maintenir notre forme et vitaliser notre système immunitaire. C’est du moins l’avis de Zarafilou Zoromé, coach professionnel. Selon lui, la première chose à faire est d’établir un programme de sport à domicile qu’il soit hebdomadaire ou journalier avec des horaires stricts et mettre tout en œuvre pour les respecter. « Ensuite pour aller à la phase pratique tout dépend de si vous avez du matériel (vélo, tapis, corde à sauter, ballon…) ou pas à votre disposition à la maison », a-t-il souligné.

halter 2Il soutient qu’on peut même sans matériels, faire des exercices convenablement à la maison en exécutant certains exercices qui travaillent certains exercices muscles spécifiques du corps en fonction de l’objectif visé. Parmi ces exercices, M. Zoromé cite entre autres la corde, le vélo, le tapis roulant, la marche, le footing sur place, suivi des talons aux fesses. Ces exercices, à l’en croire, sont très bons pour le cœur. Pour la poitrine et les pectoraux, il conseille les pompes, les planches et les push-up. Pour développer les cuisses et les fessiers, le coach Zoromé préconise des squats, des flexions et des jumpings.

Certaines personnes hésitent à se lancer dans les exercices pour la crainte des courbatures qu’ils engendrent. Pour Zarafilou Zoromé, les courbatures sont tout en fait normales. Les courbatures sont sans aucun doute l’indicateur d’une nouvelle stimulation musculaire, mais elle n’est pas à mettre en relation avec un développement musculaire efficace. En gros, les courbatures sont un moyen de parvenir à ses fins. Les facteurs de réussite du développement musculaire sont la nutrition et l’entraînement avec l’augmentation progressive des poids. Pour éviter les courbatures, surtout pour les sportifs professionnels, le coach recommande de respecter les séances d’échauffement et d’exécuter les mouvements de façon ciblée et précise. Aussi, un tour au sauna, des massages réguliers ou un apport suffisant en magnésium et en Daily Vitamins devraient aider à réduire les courbatures. « Pour les amateurs en plus de faire beaucoup d’étirements, je préconise aussi de boire beaucoup d’eau », a terminé le coach professionnel Zarafilou Zoromé.

 Obissa

  1. Les Plus Récents
  2. Les Plus Populaires
  1. Articles vedettes