Fédération burkinabè de football : « Ceux qui sont satisfaits de notre gouvernance sont de très loin les plus nombreux », Sita Sangaré
Le Colonel Sita Sangaré, à la tête de la Fédération burkinabè de football (FBF) depuis 2012, passera le témoin en août 2020. Dans une lettre datée du 10 mars 2020, le chef d’état-major général des armées, le Général de brigade Moïse Miningou, avait marqué son accord pour la candidature à la présidence de la FBF du Colonel Sangaré. Mais cette autorisation a été par la suite annulée par une dernière lettre du Gal Miningou adressée à l’intéressé. Il invoque des « raisons de service » pour justifier ce refus. Dans une interview que l’actuel président de la FBF a accordée à Radars Info Burkina, il affirme qu’en termes de bilan au cours de ses deux mandats, « ceux qui sont satisfaits de notre gouvernance sont de très loin les plus nombreux ».
Radars Info Burkina (RB) : Quel est, en ce qui vous concerne, votre plus grande satisfaction en termes de résultats sur le terrain et votre déception en tant que dirigeant du football burkinabè ?
Sita Sangaré (SS) : Sur le plan des résultats, incontestablement, les Coupes d’Afrique des Nations (CAN) de 2013 et de 2017 m’ont procuré beaucoup de satisfaction. Particulièrement celle de 2017, même si on a été troisième et deuxième en 2013. En 2017, j’ai eu des témoignages des acteurs les plus importants du football qui m’ont avoué que le Burkina était à leurs yeux, et de très loin, la meilleure équipe de cette CAN. Cela a été une satisfaction pour moi de savoir que le Burkina Faso, un petit pays aux ressources limitées, a pu damer le pion aux « grandes nations du football ». Quant à la série des déceptions, c’est vrai que nos deux tentatives de nous qualifier pour la Coupe du monde en 2014 et en 2018 m’ont assurément laissé un goût amer. Parce que j’ai eu le sentiment que nous avions à chaque fois les moyens de nous qualifier. Je rappelle qu’en 2014, nous avons battu au Burkina l’Algérie 3-2 à la phase des play-offs. Au retour, l’Algérie, dans des conditions dantesques, nous a éliminés en gagnant 1-0. Je rappelle que Charles Kaboré avait marqué un but parfaitement valable qui a été refusé pour des raisons que seul l’arbitre peut avancer. Ensuite en 2018, alors que nous étions très bien partis, un fait assez curieux a remis en selle le Sénégal, c'est-à-dire faire rejouer le match Sénégal vs Afrique du Sud.

Cela a plombé le moral de nos jeunes joueurs car c’était une décision carrément inédite que près d’un an après les faits, on décide de faire rejouer un match qui a véritablement relancé le Sénégal, qui par la suite s’est qualifié. A cette période, nos Etalons étaient vraiment prêts à aller en Coupe du monde. Ce sont là mes plus grands regrets.
RB : Vous avez sûrement lu à travers des médias une accusation vous concernant. On parle de malversations financières que vous souhaiterez cacher, c’est pourquoi vous aviez souhaité avoir un nouveau mandat. Que répondez-vous à cela ?
SS : Je réponds que c’est puéril et dangereux. C’est vrai que nous sommes dans un monde de passion mais n’oubliez pas non plus que nous sommes dans un contexte d’élection ou chacun avance des arguments. Déjà, c’est vrai qu’en ce qui concerne le football, il y a des fantasmes. Les gens pensent qu’il y a toutes sortes de ressources au niveau de la fédération, tant et si bien qu’on jette l’opprobre facilement sur ceux qui l’animent. En ce qui nous concerne, nous avons pris l’engagement de ne pas quitter sans réaliser un audit, pas seulement sur ces 4 dernières années. Car il y a un audit qui a été commandité sur la période de 2012 à 2020 et qui sera déposé avant notre départ pour vous dire que nous n’avons rien à cacher. Je voulais que les acteurs du football sachent raison garder et arrêtent de se livrer à ce genre de critiques faciles. Je rappelle que nous sommes dans un Etat de droit et qu’il faut éviter de lancer de telles accusations sans le moindre fondement. En ce qui nous concerne, nous avons la conscience tranquille. Je suis sûr que l’audit commandité édifiera tout un chacun.
RB : Pourquoi l’état-major n’a pas accepté votre candidature ? Un autre fait, apparemment vous aviez le Ok et un autre message vient dire que ça ne sera plus possible. Comment vous expliquez cela ?
SS : Je pense qu’il n’est pas utile de remuer le couteau dans la plaie. Moi, je suis un militaire discipliné. Je n’ai pas de commentaire à faire sur des décisions qui ont pu être prises. Je peux vous assurer seulement qu’en bon soldat, je suis là. Je suis un homme de devoir et interpellé. J’étais prêt à continuer à apporter mon concours. Si l’état-major ou d’autres structures supérieures pensent que je peux être plus utile ailleurs, je me mets au garde-à-vous et je suis prêt à accomplir toute mission pour le salut de notre peuple.
RB : C’est comme si vous allez avoir peut-être d’autres charges qui vous arrangeront mieux que la FBF ?
SS : Je puis vous assurer qu’en ce qui me concerne, je suis peut-être jeune, dans un mois, j’aurai 51 ans, mais je pense plus à l’avenir de mes enfants qu’au mien propre. Cela me fait 30 ans de services bien accomplis même si je suis toujours disponible à aider mon pays, je ne me bats pas pour occuper une quelconque position. Cela ne m’intéresse pas du tout.
RB : Est-ce que vous estimez être un incompris dans votre gestion de la FBF soit par vous, par la hiérarchie ou peut-être même des médias malgré les résultats inédits en 2013 et en 2017 ?
SS : Je pense plus aux médias. Parce que partout où je pars au Burkina, j’ai des témoignages extraordinaires de satisfaction. Au niveau des acteurs de football, je puis vous assurer également qu’il n’y a pas de problème. Vous savez, le football est un monde de passion. Il est donc facile de se faire manipuler. C’est pourquoi j’appelle la presse à se contenter des faits et à ne pas déborder. Je vous dis que nous sommes très satisfaits de ce que nous avons fait. Tous les actes que nous avons posés, nous les avons faits en notre âme et conscience pour le développement du football dans notre pays. Vous ne pourrez jamais empêcher que des gens disent qu’ils peuvent faire mieux. Souvenez-vous que même dans le domaine religieux, aucun prophète de Dieu n’a été épargné par ses contemporains. Les gens les ont toujours été vilipendés et cela n’enlève rien aux messages qu’ils ont donnés. Nous, nous sommes satisfaits et je pense que ceux qui sont satisfaits de notre gouvernance sont, et de très loin, les plus nombreux. D’après le Professeur Laurent Bado, dans une population donnée, la proportion des imbéciles est une constante. Vous ne pouvez pas empêcher des gens de se croire meilleurs, mais l’histoire nous jugera. Je pense que l’histoire retiendra qu’à un moment donné, notre groupe a écrit les plus belles pages de notre football. En cela, nous n’avons pas de mérite particulier parce que c’est le rôle de chaque Burkinabè d’essayer d’apporter le meilleur qu’il peut pour le rayonnement de son pays. Cela, nous l’avons fait et nous n’avons aucune amertume sur le plan parce que nous n’avons fait que notre devoir. Ceux qui veulent venir, nous leur disons de faire attention. Ils peuvent essayer également à leur niveau d’apporter leur pierre mais il faut éviter les attaques gratuites car on est toujours rattrapé par ses propres turpitudes.
Propos recueillis par Richard Tiéné

Charles Bado est un ancien basketteur et entraîneur de basket. Il est le président de l’Etoile filante de Ouagadougou, section basket-ball, et vice-président de l’Association sportive de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA), dont il est agent. Il est candidat à la présidence de la Fédération burkinabè de basket-ball (FEBBA) pour, dit-il, donner du tonus à ce sport. Radars Info Burkina l’a eu en entretien. Lisez plutôt.
RB : Quelles sont les solutions que vous comptez apporter pour redonner de la plus-value au basket ?
BK : Il faudrait d’abord qu’on s’attaque à notre modèle de championnat en mettant en place une ligue professionnelle, tel que prévu dans mon programme, qui est la division supérieure. Ensuite, il s’agira de permettre aux équipes régionales de participer au championnat de D1. Nous prévoyons une réforme à cet effet. Dans le domaine technique, nous allons travailler à donner une petite catégorie compétitive à notre pays. Jusque-là, la FBF a tenté de faire des compétitions de petites catégories mais au finish, on n’arrive jamais à se qualifier pour les phases finales. Or, la relève est nécessaire pour la pérennisation du football dans notre pays.
La question de la rémunération des joueurs du championnat de première division du Burkina est intimement liée à sa professionnalisation. Pour passer ce cap, il faut que les clubs, en plus de l’aide de l’Etat, aient d’autres sources de revenus. Cette thèse est de Julien Tiendrébéogo, spécialiste de l’économie du sport, que Radar Info Burkina a eu en entretien.
JT : « Déjà en matière de subvention, il faut savoir que chaque club de D1 a droit a 15 millions et 20 millions pour la bourse. Il y a aussi que la Fédération burkinabè de Football (FBF) s’occupe des charges d’organisation des matchs. Il faut donc ajouter 35 millions de francs CFA, deux fois en plus des charges. Etre en D1 a beaucoup d’exigences économiques et financières. La question des moyens se posera aux nouveaux qui montent en D1. On constate aussi qu’il y a plusieurs clubs de D1 qui traînent plusieurs arriérés de salaires, ce qui n’est pas bon pour l’image de notre championnat. Ailleurs si vous avez des difficultés à tenir vos engagements financiers, cela peut être source de relégation pour vous». 
MS : « En toute chose, il faut avoir une vision. Aujourd’hui, je pense que les acteurs de notre football ne sont pas suffisamment éclairés sur la direction à prendre. Les gens viennent et proposent des choses qui ne sont même pas claires pour les footballeurs. Moi, j’ai quelque chose de très clair : il suffit de l’exposer et les gens vont comprendre. Même sans moi, les gens pourront l’appliquer. C’est cela, mon objectif premier. Si les gens me font confiance, nous allons avoir des résultats palpables pour le bien du football ».
Parmi les mesures prises par le gouvernement burkinabè pour éviter la propagation de la pandémie de coronavirus, figure la suspension des activités sportives. Il n’y a plus d’entraînements, de compétitions, de matchs ni de championnat jusqu’à nouvel ordre. Cette incertitude sur la date de reprise des activités du sport pousse Etincelles FC à prendre ses précautions tout en continuant ses entraînements. Comment les entraînements se font-ils dans le respect des gestes barrières ? Pascal Sawadogo, coach dudit club, nous donne des réponses.
Les joueuses comme les coachs, une fois arrivés sur le terrain de jeu, se lavent obligatoirement les mains au savon avant de commencer les exercices. Certaines des athlètes portent des masques de protection pendant les exercices, d’autres par contre n’en portent pas car, disent-elles, elles étouffent avec les bavettes. La vitesse, l’endurance, les techniques de passe et de dribbles sont évaluées, ainsi que les difficultés personnelles de chaque joueuse sont corrigées. Pascal Sawadogo ajoute que les exercices individuels ont permis de déceler les failles de certaines joueuses. « Lorsque les filles jouent en équipe, certaines peuvent tricher et d’autres font semblant de ne pas faire les passes ». Le coach ajoute qu’il a fait des recherches sur la pandémie de coronavirus et a organisé des séances de sensibilisation. Des prospectus ont été distribués aux Etincelles pour leur permettre de distinguer une simple grippe du Covid-19. Pascal Sawadogo et son staff sont conscients de l’existence de la maladie mais disent prendre des précautions pour éviter sa propagation.
La majorité des clubs de football sont en pause depuis l’avènement de la pandémie de coronavirus. Le championnat national, les entraînements et les compétitions sont arrêtés. Coachs et joueurs ne savent plus à quel saint se vouer. Les clubs éprouvent des difficultés financières aussi, vu que nombre de services ne fonctionnent plus. Comment l’Etoile filante de Ouagadougou se porte-t-elle en ce moment ? Des réponses avec Amadou Sampo, coach de cette formation sportive.
En raison de la pandémie de coronavirus, le sport de groupe n’est plus à l’ordre du jour. En attendant que le virus à couronne soit vaincu, des initiatives se développent çà et là. Le sport à la maison, qui est l’une de ces initiatives, est un moyen efficace de maintenir sa forme et booster son système immunitaire. Zarafilou Zoromé, coach professionnel depuis 2015, nous donne des astuces à ce propos.
Il soutient qu’on peut même sans matériels, faire des exercices convenablement à la maison en exécutant certains exercices qui travaillent certains exercices muscles spécifiques du corps en fonction de l’objectif visé. Parmi ces exercices, M. Zoromé cite entre autres la corde, le vélo, le tapis roulant, la marche, le footing sur place, suivi des talons aux fesses. Ces exercices, à l’en croire, sont très bons pour le cœur. Pour la poitrine et les pectoraux, il conseille les pompes, les planches et les push-up. Pour développer les cuisses et les fessiers, le coach Zoromé préconise des squats, des flexions et des jumpings.










