mercredi 4 février 2026

perturb oneaSuite à des problèmes techniques liés à la fourniture d' énergie occasionnant une sollicitation excessive des groupes électrogènes de nos stations,  des baisses de pression voire  des coupures d'eau sont observées dans  les localités  de Ouagadougou, Pabré et Ziniaré.

Les équipes techniques de l' ONEA sont à pied d’œuvre pour rétablir la situation dans les meilleurs délais.

L'ONEA s' excuse auprès  de son aimable clientèle pour les désagréments causés par cette situation.

Département Communication

220, Avenue de l’ONEA

 Contact centre d’appels : 80 00 11 11.

atl uneL'Office national de l'eau et de l'assainissement (ONEA) a organisé ce jeudi 15 avril 2021 à Koudougou un atelier de restitution sur le thème « Le Relevé bimestriel (RBM), perspectives pour améliorer la satisfaction des clients ». Plusieurs recommandations ont été faites au cours de cette rencontre pour mettre fin à une crise qui n’a que trop duré.

Les participants ont fait les recommandations suivantes qui ont été adoptées : la mise en œuvre après une analyse comparée entre le Relevé bimestriel actuel, celui avec révision des tranches à la hausse, et enfin celui avec la consommation répartie sur deux mois. Les travaux de groupe et la restitution en plénière ont retenu le Relevé avec la consommation répartie sur deux mois comme alternative crédible au scénario actuel. Le groupe a aussi retenu l'élaboration et la mise en œuvre d'outils modernes et fiables de relevés sur le terrain au regard du nombre élevé de plaintes liées au processus de relevé et de facturation ; le développement d'un plan de communication adéquat pour permettre une adhésion du public à tout nouveau système de relevé et de facturation en raison du fait que beaucoup de difficultés soulevées par les consommateurs sont plutôt liées à des incompréhensions et que les plaintes qui en découlent ont sérieusement écorché l'image de l'ONEA, pour ne citer que celles-là.

atl 2Se fondant sur les recommandations faites à cette rencontre, Frédéric François Kaboré, directeur général de la nationale de l’eau, a affirmé que le relevé bimestriel serait appliqué avec un paiement de la consommation répartie sur deux mois. « Nous allons relever une fois tous les deux mois, diviser cette consommation par deux et appliquer le tarif en cours », a-t-il précisé.

atl 3Interrogé sur la question, Ousseni Ouédraogo, juriste, secrétaire général de la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), s'est prononcé sur l'avenir de la très contestée mesure. Pour lui, la question du relevé bimestriel proposé par l'ONEA à l’état actuel sera un peu mise aux oubliettes.

De l’avis de Madi Ouédraogo, représentant du Balai citoyen, cet atelier est le bienvenu parce que depuis des mois, les citoyens ont constaté des difficultés au niveau de la facturation. Le Balai citoyen avait entamé des démarches auprès des responsables de l’ONEA afin de comprendre les choses. A l’époque, le mouvement avait fait des recommandations afin que l’ONEA allège les souffrances des populations.

Le présidium de cet atelier de restitution était composé de Frédéric François Kaboré, directeur général actuel de l’ONEA, de Lamine Kouaté, ancien directeur général de l’Office, et du Pr Serge Théophile Balima, modérateur.

Bessy François Séni

arden uneL’Union nationale des associations des parents d’élèves du post-primaire, du secondaire et du supérieur du Burkina (UNAPES-B) a tenu ce jeudi 15 avril 2021 à Ouagadougou une conférence de presse. Les échanges avec les hommes de medias ont porté principalement sur 3 points : l’élection du président de l’Unapes-B au poste de président de l’Internationale des parents d’élèves (IPE), les réformes en cours sur le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et le baccalauréat et, enfin, la gestion des Association des parents d’élèves (APE).

S’agissant du premier point à l’ordre du jour, les échanges ont porté sur l’élection d’Hector Ardent Ouédraogo, lors du congrès constitutif de l’internationale des parents d’élèves tenue à Dakar (Sénégal), comme président de l’Internationale des parents d’élèves et d’étudiants (IPE). Selon le président Hector Ardent Ouédraogo, cette élection sonne comme une consécration pour l’éducation burkinabè, confrontée aux dures réalités du terroriste. « Le dur labeur des uns et des autres a permis de faire connaître hors de nos frontières l’Unapes-B et les activités qu’elle mène », a-t-il ajouté.

Notons qu’avant la création officielle de l’IPE, Hector Ardent Ouédraogo était le coordonnateur de cette structure qui se mettait en place et, de l’avis du secrétaire général de l’Unapes-B, « c’est une confirmation ». Pas encore investi, Hector Ardent Ouédraogo assure que les concertations se poursuivent avec les autorités et les associations des pays membres pour la cérémonie d’investiture à Ouagadougou du président de l’IPE. « La date vous sera communiquée au moment venu », conclut-il. En rappel, l’Internationale des parents d’élèves (IPE) s’est fixé pour mission d’œuvrer à offrir les meilleures conditions d’études et de formation aux jeunes dans les pays membres afin qu’ils puissent s’insérer facilement dans le monde du travail et participer activement au développement de leur pays. L’IPE regroupe plusieurs pays de tous les continents.arden 2

S’agissant du deuxième point, en l’occurrence les réformes en cours sur le BEPC et le baccalauréat, entreprises par le ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales (MANAPLN) qui fait couler beaucoup d’encre, la faîtière des associations de parents élèves invite tous les acteurs impliqués dans le fonctionnement du système éducatif burkinabè à la sérénité et au calme. « L’Unapes-B suit avec beaucoup d’attention et grand intérêt les réformes en cours », a affirmé le président de l’Unapes-B, Hector Ardent Ouédraogo. En effet, toujours selon M. Ouédraogo, l’Unapes-B prend acte des clarifications apportées par les ministres Stanislas Ouaro et Alkassoum Maïga, qui a permis de ramener le calme dans les établissements ainsi que la reprise des cours sur l’ensemble du territoire national. Mieux, nous confie toujours le président de la faîtière de parents d’élèves, ils sont sorti rassurés, à l’issue des rencontres avec les départements ministériels concernés, que « les enfants ne sont pas envoyés à l’abattoir ». C’est dire donc que l’Unapes-B a une position claire sur l’éducation des enfants dans le pays. « Les assises de l’éducation nationale clarifieront tout cela », a ajouté Hector Ardent Ouédraogo.

En ce qui concerne le dernier point de la conférence, à savoir la gestion des Associations des parents d’élèves (APE), le président s’est voulu clair : « Sans les APE, les établissements ne fonctionneraient pas dans le contexte du Burkina Faso. » Et de poursuivre : « Les APE sont ce que les parents d’élèves veulent qu’elles soient ». Il invite les parents, les professeurs et les élèves à dénoncer sans attendre ceux qui ont oublié que la mission des APE est de servir les élèves et étudiants et non se servir eux-mêmes. Les fonds collectés par les APE servent à financer des activités bien précises au nombre desquelles les infrastructures scolaires, la prise en charge des enseignants vacataires, l’acquisition de matériel didactique de craie, de tables-bancs, d’ordinateurs et la prise en charge des prix d’excellence des meilleurs élèves. Hector Ardent Ouédraogo a terminé en invitant « les parents d’élèves à payer leurs frais APE » pour le bon fonctionnement des établissements scolaires.

En rappel, 60% des fonds APE sont réservés au fonctionnement de l’association et les 40% restants à la gestion des établissements.

Mathias Sié Kam (stagiaire)

ladjLa communauté musulmane au Burkina Faso a entamé depuis le 13 avril le mois du jeûne Ramadan. Durant 30 jours, les fidèles seront amenés à se plier aux exigences de l’un des cinq piliers de l'islam à travers des privations. Comment ces derniers doivent-ils s’y prendre pour réussir leurs engagements ? Pour répondre à cette question, nous avons rencontré pour vous Alidou Ilboudo, imam et responsable du Centre culturel islamique de Ouagadougou.

« Le jeûne pour nous est un acte d'adoration qui se fait durant le mois de Ramadan. Il est important parce que le jeûne du ramadan fait partie des cinq piliers de l'islam et cela fait partie des fondements essentiels de la religion musulmane et comporte beaucoup de vertus et l'homme s'éduque par la privation pour s'approcher de Dieu », c’est par ces mots que l’iman Alidou Ilboudo introduit son explication.

Selon l’imam, le but de la privation, c'est de conduire l'être humain à savoir que rien n'est indispensable dans sa vie si ce n'est Dieu. « L’'homme apprend à se priver de nourriture, de boisson, de tout plaisir charnel pour libérer son corps matériel de la domination extérieure et vient se purifier devant Dieu », explique-il.

Il a ajouté que le jeûne vise à amener le musulman à la piété, à la crainte révérencielle d’Allah en choisissant de se priver de ce à quoi il avait droit tous les jours. « Ce n'est pas une souffrance pour le musulman mais une épreuve qui rappelle à tous que les épreuves font partie de la vie », précise le guide religieux.

Il a par ailleurs indiqué que certaines catégories de personnes sont exemptées de jeûne. Il s’agit notamment des personnes malades, des femmes allaitantes et des personnes soumises à des déplacements fréquents. Le fidèle musulman doit, durant le temps de jeûne, prendre un petit repas avant le lever du soleil et un repas à la rupture. « Le croyant doit recentrer ses activités sur l'essentiel au regard de la canicule. Il faut éviter de s'exposer au soleil pour ne pas être déshydraté et mettre sa santé en danger. Le croyant doit essayer de revoir son emploi du temps pour s'accorder un temps de louange. Il doit aussi dormir tôt pour pouvoir récupérer le lendemain », a-t-il recommandé.

« Ceux souffrant des maladies chroniques ne sont pas tenus au jeûne, mais ils doivent payer en nourriture en compensation des jours de jeûne. En ce qui concerne les malades temporaires comme les paludéens, ils peuvent continuer le jeûne après rétablissement. Les enfants pas encore pubères, quant à eux, sont dispensés du jeûne. On leur apprend à jeûner. Certains peuvent rester sans manger jusqu'à 11h, d'autres jusqu'à 14h, surtout ceux dont l'âge varie entre 8 et 9 ans. Pour les plus grands, ils peuvent le faire sur deux jours ; tout cela consiste à les entraîner au jeûne », conclut l’imam Alidou Sawadogo.

Bessy François Séni

snt uneElément important du patrimoine culturel, la médecine traditionnelle a toujours été la source de santé primaire de la majeure partie de la population africaine en général et burkinabè en particulier. Selon Mariam Yougbaré, tradi-thérapeute, cela est dû au fait que « les médicaments traditionnels sont un héritage que nos ancêtres nous ont légué ».

Reconnue par le ministère de la Santé, la médecine traditionnelle contribue à la prise en charge des nombreux malades qui bien souvent non pas accès à la médecine moderne, jugée trop coûteuse. Selon Mme Yougbaré, « l’essentiel est que la guérison soit au bout ». A l’en croire, la capacité de soigner avec la médecine traditionnelle est un héritage qui lui a été légué par ses parents. « La transmission de ce savoir se fait par génération et par initiation. On ne devient donc pas du jour au lendemain guérisseur ; au préalable, il faut acquérir des connaissances fournies par les ancêtres et la nature », explique-t-elle avant d’ajouter : « La nature ne ment pas. »

snt 2Véritable pharmacie traditionnelle, les locaux de cette tradi-thérapeute accueillent des personnes de toutes les catégories sociales à qui elle propose des médicaments contre l’asthme, l’hypertension artérielle, les ulcères, le diabète, les hémorroïdes, etc.

La plupart des patients satisfaits ne manquent pas de revenir chez la guérisseuse.  «C’est une joie pour nous de voir un patient revenir nous dire que grâce à nos produits il est guéri», nous confie-t-elle. Ernest Yonli, l’un des patients que nous avons trouvé sur place, nous raconte comment il a connu cette tradi-thérapeute.  «C’est mon épouse qui m’a recommandé d’aller la voir, car je souffrais d’ulcères », nous dit-il.

Selon les témoignages recueillis sur le terrain, les produits de Dame Yougbaré sont accessibles à tous.  «Je vends souvent mes produits à un franc symbolique, et c’est après guérison que les clients me donnent ce qu’ils peuvent », conclut-elle.

Mathias Sié Kam (stagiaire)

qatar uneLe président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a procédé le vendredi 9 avril 2021 à l’inauguration du centre de radiothérapie de Bogodogo. Avec une capacité de prise en charge de 1 500 patients par an, il permettra de traiter sur place plusieurs cas de cancers, notamment les cancers du col de l’utérus, de la prostate, du poumon, du rectum, de l’œsophage et de l’estomac.

Le centre de radiothérapie a été réalisé par l’Etat burkinabè avec l’appui de l’émir du Qatar à travers le Fonds qatari pour le développement, pour un coût total de 7 milliards 700 millions de francs CFA.

Sa création permettra de réduire la morbidité et la mortalité liées au cancer dans notre pays. L’infrastructure est équipée d’un plateau répondant aux normes internationales. qatar 2Le centre de radiothérapie de Bogodogo, qui traduit la volonté du président du Faso de doter le pays d’un système sanitaire performant, contribuera à réduire le nombre d’évacuations sanitaires vers l’extérieur. « Ce tout premier joyau vient révolutionner l’univers de la prise en charge médicale du cancer au Burkina Faso en apportant un profond soulagement à notre système de santé, aux familles et au Trésor public », a souligné le président du Faso tout en assurant de l’accessibilité de ce centre aux plus démunis par « la recherche des voies et moyens pour lever les barrières financières à l’accès aux soins de santé, dans le cadre de l’accélération de la mise en oeuvre de la couverture maladie universelle ».

Roch Kaboré dit avoir  instruit le ministre de la Santé de  proposer les mécanismes appropriés pour garantir un accès équitable des populations aux services de ce centre de traitement.

qatar 3Après cette première initiative suivra une autre à Bobo-Dioulasso. « Le gouvernement a déjà bouclé le financement de la construction d’un autre centre de radiothérapie et les travaux seront engagés dans les mois à venir », a confié le président du Faso.

Présent à cette inauguration, le représentant de l’émir du Qatar a salué cette réalisation qui consolide la coopération entre le Burkina Faso et son pays. «Tout le monde est appelé à mourir mais les actions restent. Ce centre marque notre présence au Burkina Faso », a déclaré Sheikh Hamad Bin Nasser Al Thani.

«Ce centre est composé de trois pools : administratif, consultatif et de soins. Il comprend en outre un accélérateur de particules qui permet de neutraliser les cellules cancérogènes ; un toit et des murs blindés pour éviter la fuite des rayons du local pour irradier les personnes à l’extérieur ; un bloc opératoire d’anesthésie ; deux lits de réveil», a détaillé Clément Ouattara, coordonnateur dudit centre. De l’avis du représentant de la Coalition burkinabè contre le cancer (COBUCAN), le Pr Nayi Zongo, ce centre répond aux besoins de prise en charge des malades et va permettre un traitement palliatif, curative, etc. Il exhorte les agents à prendre soin des appareils pour qu’ils durent le plus longtemps possible.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

msf uneMédecins Sans Frontières (MSF) a procédé à une présentation de ses activités et au diagnostic des besoins médicaux sur les zones touchées par les violences. C’était ce jeudi 8 avril 2021 à Ouagadougou en présence d’Abdel-Aziz O. Mohamed, chef de mission de MSF au Burkina Faso, du Dr David Munganga, coordonnateur médical, et de Léonie Sawadogo, chargée de communication de cette structure.

Pour Abdel-Aziz Mohamed, chef de mission de MSF au Burkina, sa structure est une association privée à vocation internationale ; indépendante, l’association œuvre dans le besoin humanitaire d’urgence partout où besoin est, en portant secours aux populations en détresse, aux victimes de catastrophes naturelles ou humaines.

Pour le cas précis du Burkina Faso, l’organisation internationale y est intervenue pour la première fois en 1995 dans le Sahel pour apporter une réponse humanitaire à l’afflux de réfugiés avant d’étendre ses actions à d’autres régions comme le Centre, le Sahel, le Nord, les Hauts-Bassins, la Boucle du Mouhoun, l’Est et le Centre-Nord, dans un contexte de guerre, de catastrophes naturelles, de conflits et d’épidémies. msf 2Abdel-Aziz Mohamed explique que l’absence de MSF dans les autres parties du pays se justifie par la présence d’ONG dans ces zones, mais qu’elle se focalise sur les zones en besoin, touchées par des crises, maladies et pandémies.Les populations les plus vulnérables sont la priorité de MSF qui a pour objectif majeur de sauver des vies. « Le fait de ramener un mourant à la vie est le plus grand bien pour nous », nous confie le chef de mission.

msf 3Depuis 1995, MSF participe activement à la lutte contre les épidémies dont plusieurs d’entre elles ont fait l’objet de forte mobilisation des équipes du MSF, la méningite, la rougeole, la dengue et la Covid-19. De janvier à décembre 2020, MSF totalise d’importants résultats chiffrés ainsi qu’il suit : 478 221 consultations effectuées, 53 863 consultations en santé communautaire, 205 915 patients de moins de 5 ans, 233 695 consultations prénatales effectuées, 4 235 accouchements, 109 761 enfants vaccinés contre la rougeole, 300 interventions chirurgicales réalisées, 133 934 000 litres d’eau distribués.

Œuvrant en toute neutralité et impartialité, MSF revendique, au nom de l’éthique médicale universelle et du droit à l’assistance, la liberté pleine et entière de l’exercice de ses fonctions. L’obstacle majeur rencontré sur le terrain par MSF est l’insécurité des zones couvertes.

« La garantie de la sécurité se résume à la qualité de l’offre faite aux patients », soutient Abdel-Aziz Mohamed. « MSF dépend des dons privés et n’accepte aucun financement de la part d’acteurs directement impliqués dans un conflit », a conclu le chef de mission de cette organisation internationale au Burkina.

Bessy François Séni

amnestyAmnesty international a procédé ce mercredi 7 avril 2021 au lancement de son rapport mondial annuel 2020 au cours d’une conférence de presse à l'institut français de Ouagadougou. En ce qui concerne la situation des droits de l’homme au Burkina Faso, l’organisation internationale estime que les groupes armés se sont livrés à une violation des droits humains à travers des homicides et des enlèvements. Les forces de sécurité (FDS Ndlr) auraient, quant à elles, procédé à des exécutions extrajudiciaires et commis des actes de torture. Cette rencontre était animée par Yves Boukari Traoré, directeur d'Amnesty International, Fatimata Ouédraogo, coordinatrice jeunes et genre, et Moussa Ouédraogo, coordonnateur éducation aux droits humains.

Selon Amnesty international, des affrontements entre groupes armés ont éclaté régulièrement et la population civile a subi des attaques, souvent sous-tendues par des considérations ethniques et susceptibles de s’apparenter à des crimes de guerre. Depuis le début de l’année, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) maintenait un blocus de la ville de Djibo, dans la province du Soum (région du Sahel), restreignant l’accès à ladite localité et la circulation des personnes sur 37 kilomètres.

Le rapport d’Amnesty international indique qu’en mars, les koglweogo, un groupe armé d’« autodéfense », ont effectué des raids sur 3 villages du département de Barga (région du Nord), tuant au moins 43 habitantes et détruisant des bâtiments. Le même mois, au moins 10 civils qui se trouvaient à la mosquée dans le village de Cissé (région du Sahel) ont été emmenés et tués par des hommes armés non identifiés, selon les médias. En mai et en août, au moins 45 personnes ont trouvé la mort lorsque des assaillants non identifiés ont ouvert le feu sur des marchés à bétail dans la ville de Kompienbiga et le village de Namoungou (région de l’Est). En juillet, le maire de Pensa et 10 autres personnes ont été tués ; entre les villes de Barsalogho et de Pensa (région du Centre-Nord), leur convoi est tombé dans une embuscade tendue, semble-t-il, par des membres du GSIM. Un mois plus tard, Souhaib Cissé, leader de la communauté musulmane de la province du Soum, a été enlevé par des hommes armés alors qu’il rentrait chez lui, à Djibo. Son corps a été retrouvé quatre jours plus tard à la périphérie de la ville. Le droit à l’éducation était fortement restreint du fait des attaques armées perpétrées par le GSIM et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) contre des établissements primaires et secondaires. Des élèves, des étudiantes et des enseignantes étaient fréquemment menacés de violences. Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales a indiqué que 222 professionnelles de l’éducation avaient été « victimes d’attaques terroristes » entre janvier et avril. Selon l’UNICEF, environ 3 000 établissements scolaires étaient fermés en avril pour des raisons de sécurité.

L’organisation internationale n’a pas passé sous silence les exécutions dites extrajudiciaires perpétrées par le Groupement des forces antiterroristes (GFAT). En effet, le 9 avril, à Djibo, 31 personnes ont été arrêtées et exécutées par des membres dudit groupement lors d’une opération. Bien que les autorités aient annoncé l’ouverture d’une enquête sur ces homicides, qui pourraient constituer des crimes de guerre, aucune autre information n’avait été rendue publique à ce sujet, précise le rapport.

D’autres tortures et mauvais traitements ont été infligés par les forces de l’ordre. Le 11 mai, des gendarmes, accompagnés de « volontaires », ont arrêté au moins 25 personnes dans un marché de la ville de Kpentchangou (région de l’Est) et les ont placées en détention. Le lendemain matin, 12 d’entre elles ont été retrouvées mortes dans leurs cellules au poste de gendarmerie de Tanwalbougou. La gendarmerie a nié toute responsabilité dans ces décès. Cependant, selon les survivants, libérés en juin, ces 12 hommes sont morts après avoir été sévèrement battus par des gendarmes. Les autorités ont affirmé qu’elles diligenteraient une enquête, mais aucune information à ce sujet n’avait été communiquée publiquement à la fin de l’année.

Amnesty international, citant le HCR, indique que les violences fondées sur le genre, y compris les viols, les mariages précoces ou forcés ainsi que la prostitution et les autres formes d’exploitation et d’atteintes sexuelles, se sont multipliées en raison du conflit. Il était difficile pour les victimes d’obtenir de l’aide car les services prodiguant des soins de santé sexuelle et reproductive étaient souvent perturbés par le conflit, voire inexistants. De plus en août, selon le HCR, on dénombrait un million de personnes déplacées à l’intérieur du pays en raison du conflit. Les camps pour personnes déplacées ou réfugiées étaient la cible d’attaques lancées par les différentes parties au conflit. En mai, des militaires ont roué de coups 32 personnes réfugiées dans le camp de Mentao (région du Sahel). Cela faisait suite à une attaque contre l’armée le jour même, qui avait causé la mort d’un soldat, et dont les auteurs se seraient réfugiés dans le camp. Selon Amnesty international, le HCR a appelé les autorités à enquêter sur ces faits et celles-ci ont répondu que des hommes armés se trouvaient dans le camp. En octobre, 25 personnes déplacées ont été tuées dans une embuscade tendue par un groupe armé près de la ville de Pissila (région du Centre-Nord). Les survivants ont indiqué que les assaillants avaient exécuté les hommes après les avoir séparés des femmes et des enfants, qui avaient ensuite été relâchés.

Amnesty international souligne par ailleurs une atteinte aux droits à la vérité, à la justice et à des réparations au cours de cette période. Selon elle, en février, le commandant des koglweogo dans la province du Namentenga (région du Centre-Nord), Boureima Nadbanka, a obtenu du tribunal de grande instance de Kaya une remise en liberté provisoire. Cet homme avait été arrêté en décembre 2019 dans le cadre d’une enquête sur les homicides illégaux de 50 personnes et les disparitions forcées de 66 autres. Les faits s’étaient déroulés dans le village de Yirgou (province du Sanmatenga) en janvier 2019. La procédure engagée à l’encontre de Boureima Nadbanka n’avait pas connu de développement significatif à la fin de l’année.

Amnesty international pense aussi que le droit à la liberté d’expression et de réunion a aussi pris un coup dur en 2020. En janvier, une voiture appartenant à Yacouba Ladji Bama, journaliste d’investigation et rédacteur en chef du Courrier confidentiel, a été incendiée devant le domicile de ce dernier. Selon des syndicats de journalistes, cette attaque avait pour objet de le dissuader de continuer à dévoiler des affaires de fraude et de corruption. Le même mois, le conseil municipal de Ouagadougou a interdit arbitrairement un sit-in devant le palais de justice, organisé par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC). Le CISC dénonçait le fait que les autorités ne rendent pas justice s’agissant des 50 personnes tuées par les koglweogo à Yirgou en janvier 2019. En août, les autorités ont empêché des partisans du président destitué Blaise Compaoré de manifester, leur refusant l’accès à la maison du Peuple, à Ouagadougou, où devait se tenir leur rassemblement, sans aucune justification officielle.

Le rapport annuel 2020 d’Amnesty international en ce qui concerne le Burkina Faso précise en outre qu’il y a eu atteinte au droit à la santé des travailleuses et des travailleurs. Ainsi, souligne-t-il, en mars le Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) s’est dit préoccupé par l’impréparation du pays face à la pandémie de COVID-19 et a appelé les pouvoirs publics à protéger davantage les professionnels de la santé en première ligne. Le SYNTSHA a régulièrement dénoncé le manque d’investissements dans les infrastructures et le non-respect par l’État de l’accord de 2017 visant à améliorer les conditions de travail du personnel soignant.

Synthèse de Bessy François Séni

locks uneCoiffure ancestrale qui a traversé les époques de l’Égypte antique au mouvement rastafari de Jamaïque, c’est un style que l’on remarque aussi bien dans la rue que sur tapis rouge. Symbole culturel, les dreads, aussi appelées  «rasta», ont été adoptées par la culture populaire occidentale, notamment dans les années 70, lorsque la musique reggae s’est popularisée. Aujourd’hui au Burkina Faso, entre autres pays, chacun est libre de s’approprier ce choix capillaire pour des raisons d’esthétique ou culturelles mais son entretien fait débat. Radars Info Burkina a tendu son micro à un « rasta ». Lisez plutôt son avis sur le sujet.

Artiste musicien ayant à son actif un album de 6 titres intitulé « premiers pas », King Faya, Herbert Damis Kouassi à l’état civil, adepte des dreadlocks, nous raconte que c'est inspiré par des chanteurs reggae comme Bob Marley, Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly qu’il a opté pour cette coiffure. « Le fait d’aimer les artistes reggae a forcément influé sur mon style musical et ma coupe de cheveux», relate-t-il avant d’ajouter : « Me raser la tête me rend malade ». King Faya, qui a opté pour  ce style capillaire en 2006, précise que les dreadlocks se forment lorsque les cheveux ne sont ni brossés ni peignés, mais que cela nécessite patience et entretien pour d’abord surmonter les critiques de l’entourage et ensuite rendre propre sa coupe. locks 2« J’ai dû quitter ma famille pour pouvoir m’épanouir à travers ma coupe et ma chanson car les parents avaient des préjugés négatifs sur ce style », poursuit-il avant de conclure que ceux-ci ont fini par l’accepter ainsi. Ces longs cheveux requièrent entretien et attention sous peine de s’attirer toute sorte de critiques.

Selon King Faya, l’entretien de ces cheveux pour les garder touffus, longs, propres et inodores a des exigences : « Tout part de la propreté. Tu peux ne pas porter de dreads mais avoir un cuir chevelu sale parce que toi-même tu ne t’entretiens pas. » Les cheveux font partie intégrante de l’homme et de ce fait si on prend soin de son corps, il n’y a pas de raison qu’on n’en fasse pas de même pour ses cheveux, selon notre interlocuteur du jour. D’après lui, entretenir ses  dreads n’est ni compliqué ni coûteux. « Il faut juste les laver régulièrement et y appliquer du shampoing au moins deux fois par semaine à la maison ou dans un salon de coiffure, ce qui ne coûte pas plus de 500 F. L’admiration naît de la propreté. Beaucoup me demandent ce que j’ai pris pour faire pousser mes cheveux ainsi ; tout est naturel », souffle-t-il avant de conclure par un appel aux jeunes qui désirent s’approprier ce style de coiffure à l’entretenir et faire honneur aux précurseurs même si, toujours selon lui, il y a une différence entre « rasta » et chanteur reggae.

Sié Mathias Kam (stagiaire)

kam uneConfrontés aux dures réalités de la vie estudiantine, certains jeunes n’hésitent pas à créer ou à chercher des débouchés pour pouvoir subvenir à leurs besoins. La photographie, métier sous-coté au Burkina, s’avère être l’un  de ces débouchés pour de nombreux jeunes soucieux de prendre en main leur avenir. Parmi eux il y a Albert Sébégo. Il nous raconte son quotidien.

Etudiant depuis 2016 à l’Unité de formation et de recherche en Lettres, arts et communication (UFR/LAC), Albert Sébégo nous confie être venu à la photographie par le biais d’un  de ses amis propriétaire d’un studio photo en province. «J’allais au petit studio photos de mon  ami  et je le regardais travailler. J’en profitais pour apprendre ce métier et c’est ainsi que j’ai commencé à l’exercer à mon tour», nous explique le jeune homme. Issue d’une famille pauvre, Albert Sébégo, dès son arrivée à Ouagadougou, débute comme photographe aux alentours de l’université Joseph Ki-Zerbo afin de pouvoir joindre les deux bouts. Commence alors une nouvelle aventure pour ce jeune étudiant obligé d’allier études et travail. « C’était dur au début car je passais mes matinées à chercher de la clientèle et le soir je suivais les cours », nous confie-t-il. Très vite, M. Sébégo arrive à se faire un nom grâce à la qualité de ses prises de vues. Il attirait ainsi un nombre importants de clients parmi lesquels des étudiants, des commerçants et des fonctionnaires. kam 2Selon notre interlocuteur, le souci majeur dans ce métier, c’est la digitalisation qui a contribué à faire baisser son chiffre d’affaires. « Avant avec les dépôts physiques des dossiers, on avait vraiment le marché, une vingtaine de photos par jour mais depuis que tout se fait en ligne, c’est compliqué pour nous », déplore-t-il avant d’inviter le ministère de l’Economie numérique à les intégrer dans le processus pour ne pas tuer ce métier.

Ayant pour ambition d’ouvrir un grand studio et un laboratoire pour produire plus de clichés, Sébégo déplore le fait que la photographie soit peu reconnue à l’échelle nationale et invite les autorités à remédier à cette situation en professionnalisant ce métier à travers, par exemple, des écoles de formation et des espaces dédiés à la photographie.

« La photographie est un métier noble qui nourrit son homme. Tout jeune qui souhaite s’y lancer est le bienvenu mais ce n’est pas un métier qui rend riche du jour au lendemain. Il faut savoir être patient », a conclu l’étudiant photographe.

Sié Mathias Kam

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