Terrorisme et géopolitique en Afrique de l’Ouest : « Seuls les militaires au Mali semblent avoir compris les enjeux, les autres n’iront nulle part » (Komla Kpogli)
Joint par Radars Info Burkina, le Secrétaire général du Mouvement pour la libération totale et la reconstruction de l’Afrique (MOLTRA), Komla Kpogli, a donné sa lecture de la situation géopolitique et sécuritaire en Afrique de l’Ouest. C’est sans langue de bois que le géostratège togolais a fait des révélations sur le rôle de l’Occident dans l’avènement et la prolifération du terrorisme en Afrique subsaharienne qui n’a pour but que des intérêts géopolitiques. Interview
Radarsburkina.net : Quelles sont les causes exactes du terrorisme en Afrique de l'Ouest ?
Komla Kpogli : La destruction de la Libye, planifiée et exécutée par les Occidentaux, est la cause directe de ce qui se passe aujourd’hui dans cette sous-région. C’était prévisible. Mais ce serait vraiment une faute terriblement naïve de penser qu’il s’agissait là d’une erreur des Occidentaux. Ceux-ci ont prémédité cette destruction en ayant calculé ses conséquences, à savoir une prolifération des groupes terroristes dans ces espaces sans État. Là où il n’y a pas d’État capable d’assurer le minimum d’organisation, d’encadrement et de réponses aux besoins des populations, tous les crimes prospèrent. Ceux-ci, adossés à un fanatisme religieux, conduisent facilement au terrorisme. À force de conserver les soi-disant États africains que nous autres nous appelons « enclos coloniaux » car ce ne sont pas des États, les Africains sont rattrapés par le terrorisme. Nos populations vont payer très cher cette indifférence et ce laxisme collectifs vis-à-vis des « enclos coloniaux » dans lesquels nous jouons aux petits nationalistes coloniaux teintés de régionalisme et de tribalisme saupoudrés de religions importées. Dans ce contexte, ce terrorisme est un élément important sur lequel les Occidentaux fondent et entendent fonder leur présence en vue de contenir la puissance toujours grandissante de la Chine dans ces régions immensément riches. En réalité, ce sont les Occidentaux qui génèrent, laissent prospérer et alimentent ces groupes pour justifier leur présence militaire et stratégique dans ces régions pour mieux y surveiller et contrôler tous les mouvements des autres puissances (Russie et surtout Chine).
Considérant les pays africains comme des « pays de merde », Donald Trump, président des États-Unis d’Amérique de 2017 à 2021, savait qu’une partie importante de la rivalité entre son pays et la Chine se jouait et se jouerait en Afrique. Énervés par l'omniprésence de Pékin sur le continent africain et de la perte d'influence économique de Washington sur ce gigantesque terrain minier et de consommation qu’est l’Afrique, les conseillers de l'administration Trump, sous la direction du guerrier John Bolton, alors conseiller à la sécurité nationale, ont concocté depuis fin 2018 une stratégie de reconquête susceptible de contrer la Chine en Afrique. L'axe principal de ce repositionnement américain sur l'échiquier africain est bâti sur la lutte contre le terrorisme. Il s'agit donc de prétendre la lutte contre Daech, l'État islamique, pour saper progressivement la présence chinoise en Afrique. Voilà pourquoi les États-Unis d'Amérique, à la tête d'une "coalition contre Daech" regroupant désormais 83 pays et organisations lors d'une visioconférence que les américains ont organisée le 15 novembre 2020 avec le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et la Guinée, conférence au cours de laquelle les USA ont annoncé "étendre les opérations sur le continent, à commencer par l'Afrique de l'Ouest".
En septembre 2020 déjà, sur la Télé CBS News, le futur Secrétaire d'État, Anthony Blinken, expliquait : « Je pense que Joe Biden vous dirait que nous devons commencer par nous mettre en position de force afin que la relation avec les Chinois progresse davantage selon nos conditions que selon les leurs ». L’État américain et ses cousins européens ont déjà fabriqué et alimenté des terroristes contre leur rival, la Russie (à l’époque l’URSS). C’était en Afghanistan dans les années 1980. Ils avaient facilité la fondation d’Al Qaeda qu’ils appelaient même des « Combattants de la Liberté » contre l’URSS. Ils avaient formé, équipé et conseillé Al Qaeda jusqu’à ce qu’il se tourne contre eux en 2001. Nous assistons donc à une stratégie identique dans cette Afrique où des « enclos coloniaux » font office d’Etats sous des tyrans et des dictateurs qui n’ont d’autres préoccupations que leur trône prétendument présidentiel.
Aujourd'hui les conditions sociopolitiques et économiques ont favorisé l'avènement de régimes militaires dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest. Est-ce que ce sont les mêmes conditions qui ont amené les militaires au pouvoir au Mali, au Burkina et en Guinée ?
Oui, absolument. Mais, il faut réaliser que ces conditions économiques et sociopolitiques ne sont pas des causes, mais plutôt des conséquences. Elles sont les conséquences de l’absence totale d’États en Afrique. Ce qu’on appelle abusivement États en Afrique, ce sont des « enclos coloniaux » dessinés à l’équerre et au compas par les Occidentaux à la conférence de Berlin en fin 1884 et début 1885, puis ces dessins ont été concrétisés par des guerres coloniales conclues par des accords de partage territorial sur le sol africain entre puissances coloniales.
Tant que ces « enclos coloniaux », ces sortes de carcasse militaro-policière répressive soutenue par une administration paperassière et tracassière, ne vont pas être démantelés par des masses populaires africaines organisées sous la forme d’un tsunami populaire, c’est-à-dire une marrée humaine suffisamment puissante pour détruire tout ce cliquetis colonial sur son passage pour entamer la reconstruction de l’Afrique, nos peuples continueront à tourner en rond entre des périodes de coups d’État militaires et des fraudes électorales sanglantes. Il nous faudra triompher de la peur, de la désorganisation totale et de l’espérance sans initiative dans lesquelles nous baignons pour arriver à cela.
Quelles différences existe-t-il entre ces trois régimes ?
Seuls les militaires au pouvoir au Mali semblent avoir vraiment compris les enjeux qui font face à notre peuple. Au Burkina Faso et en Guinée, on sent que les militaires au pouvoir croient qu’ils peuvent jouer à un jeu qui composent avec le système qu’ils prétendent avoir renversé. Ils n’iront nulle part.
Lequel de ces trois pays a le plus de défis ou plus de poids sur les épaules, selon vous ?
Tous les « enclos coloniaux » ont des défis similaires : sortir complètement de la colonisation pour se reconstruire en vue d’échapper ainsi aux griffes de la domination. Pour le MOLTRA, c’est une responsabilité qui repose sur les épaules des peuples qui doivent impérativement s’organiser pour reprendre la maîtrise de l’espace géographique africain. Des militaires patriotes peuvent aider à cette tâche mais compter exclusivement sur les armées africaines qui ont perdu leur virginité politique pour avoir été jusqu’ici la colonne vertébrale de l’État « enclos colonial » africain, c’est se suicider. Le MOLTRA dit qu’il revient à notre peuple et à lui seul d’accomplir l’œuvre de sa libération et de sa reconstruction. Cela passe par la repossession de son pouvoir de décision confisqué.
De plus en plus de voix s'élèvent pour demander que la France parte au profit de la Russie, est-ce la meilleure solution ?
Les Africains doivent savoir qu’un peuple doit d’abord régler ses problèmes de désorganisation et de faiblesses internes puis construire un agenda national sous la houlette des dirigeants patriotes avant de se lancer dans la recherche d’un allié extérieur. Si tel n’est pas le cas, ce peuple quitte un maître pour un nouveau maître. Ses douleurs peuvent, peut-être, être amoindries sous la direction du nouveau maître mais cela ne soigne pas pour autant ses blessures. Voilà pourquoi le défi premier et actuel, c’est notre organisation interne pour faire tomber le système colonial actuel, ses structures et ses hommes. Les Africains doivent savoir qu’ils ont toutes les capacités pour réaliser cette révolution. Après cela, nous pourrons aller chercher des alliés. Les peuples affaiblis, désorganisés et qui ne fournissent pas les efforts nécessaires pour se redresser n’ont pas d’alliés mais des maîtres. Personne ne fait d’alliance avec les faibles. Les faibles, on les domine, on les vassalise. Telle est la loi de la politique internationale. La Russie ne fera pas entorse à cette loi. Rappelons-nous que la Russie a laissé les Occidentaux détruire la Côte d’Ivoire de Gbagbo et la Libye de Mouammar Kadhafi. Les Africains doivent comprendre que c’est uniquement eux qui ont intérêt à la libération et à la reconstruction de leurs terres. Pas les autres qui aspirent à les posséder dans le but de garder et de consolider leur position dominante sur la scène internationale qui n’est pas un endroit où on s’échange des cadeaux mais de compétition féroce des intérêts opposés. Le monde des bisounours est depuis longtemps dans les dessins animés, mais pas encore dans la vie réelle.
Mais est-ce que la Russie peut au moins constituer l'alternative aux solutions tant recherchées ?
Ce n’est pas aux Russes de vaincre nos dominateurs pour nous. La Russie joue pour ses propres intérêts comme tout pays qui se respecte dans ce monde. Chaque pays, chaque peuple doit affronter ses défis en devenant adulte après avoir fourni tous les efforts et sacrifices pour vaincre tout ce qui l’a maintenu dans la position d’enfant jusqu’alors. Les Africains ne doivent pas oublier qu’ils sont le peuple premier sur cette terre et qu’ils ne peuvent accepter éternellement être relégués au rang de petits enfants pleurnicheurs attendant un sauveur qui ne viendra pas. Seule la lutte du peuple libère le peuple. Rien d’autre. Plus vite nous comprendrons cela, mieux ce sera pour nous.
Voyez-vous un espoir avec notre jeunesse d'aujourd'hui par rapport au défis du moment ?
L’espoir est permis, car nous n’imaginons pas notre peuple finir au cimetière de l’Histoire comme d’autres peuples éteints et disparus pour n’avoir pas pu lutter comme il fallait. Mais si cet espoir est permis, il est conditionnel. Dès lors qu’il identifie ses problèmes et met en place un plan pour les régler, tout peuple peut espérer.
L’Afrique reviendra grand si et seulement si ses peuples décident de s’organiser pour mener le combat libérateur et entamer la reconstruction de l’Afrique sur la base des valeurs intrinsèques africaines revues sans complaisance à l’aune de notre parcours historique dans cette vallée humaine. Le but de ce combat, c’est de bâtir l’État capable de moderniser industriellement l’Afrique pour que notre peuple se maintienne comme un peuple libre avec une capacité de participation pleine et entière au commandement du monde. C’est un défi d’une gravité exceptionnelle. Est-ce que beaucoup le comprennent ? Pas du tout. Voilà pourquoi nous devons continuer, de toutes nos forces, à secouer l’Africain pour le sortir de son état de coma profond.
Face au terrorisme, quelle est la solution pour l'Afrique de l'Ouest ?
Il ne faut rien attendre de l’État « enclos colonial » africain dont la puissance se limite à la répression des populations aux mains nues qui s’opposent à ses crimes. Partant de là, il faut à court terme une mobilisation des Africains pour faire échec à la prolifération de ces groupes de criminels. Cela nous ramène encore à la question de l’organisation. Tous les villages doivent s’organiser, se lever et défendre leurs terres et leurs habitants. Nous sommes des descendants de grands combattants qui ont su organiser la résistance contre la terreur coloniale française, britannique, portugaise…Il ne doit pas être question de se résigner et capituler face à ces groupes. Il ne doit pas être question d’assister à l’égorgement massif et continu de nos enfants, de nos femmes et de nos parents. Il faut donc une reconnexion spirituelle et matérielle avec notre espace géographique pour y puiser des outils de cette guerre. La guerre contre ce terrorisme, c’est d’abord une question de maîtrise de l’espace. Et ce sont les populations qui habitent ces territoires qui doivent, avec leurs connaissances approfondies des lieux, s’y organiser afin de se défendre tout en gardant à l’esprit qu’il n’y a pas d’État africain capable de les protéger et les défendre véritablement.
À long terme, ce terrorisme ne sera vaincu que si les Africains construisent des Etats véritables, pourvus de tous les attributs et ayant pour mission première et permanente de protéger et sécuriser la vie des populations. Cela passe par l’organisation d’un tsunami populaire pour casser, détruire et enterrer définitivement les « enclos coloniaux » et leurs dirigeants qui s’appellent pompeusement des chefs d’État ou des élites dirigeantes. Déjà que les États véritables ont du mal à résoudre certains de leurs problèmes, comme celui du terrorisme sur leur territoire, rendons-nous compte que les anomalies territoriales, abusivement appelées États africains, « enclos coloniaux », garde-barrières entre les peuples, n’ont aucune capacité ne serait-ce que pour éradiquer les moustiques qui continuent de faire ravagent en Afrique. Les peuples sans États forts et bien organisés sous la conduite de dirigeants patriotes et avisés seront confrontés à des souffrances atroces en cette fin du 21e siècle et dans les siècles à venir. Si nous continuons à nous amuser et à ne pas penser le futur avec gravité et sérieux, nous sommes foutus.
Entretien réalisé par Étienne Lankoandé
La rencontre prévue entre l’actuel chef de la transition 
Ainsi, les allocations budgétaires en faveur des secteurs de la sécurité et de la défense nationale connaîtront une forte augmentation, selon le ministre Somé. 280 milliards sont destinés au renforcement de la sécurité et de la défense nationale en 2023, soit un taux de 55,5%. A cet effet, la part du budget de l’État allouée à ce secteur est passée de 20,3% en 2022 à 27,5% en 2023. Elle s’établira à 628,3 milliards FCFA en 2023 contre 440,2 milliards FCFA en 2022, soit une variation de 42,7%.
Ainsi, sur le plan environnemental, il sera mis en place et/ou renforcé le mécanisme de gestion des risques agricoles, notamment de la sécheresse, au profit des producteurs, la stratégie nationale de warrantage et l’assurance agricole indicielle.
L’aile dite historique du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a tenu ce mercredi 29 juin 2022 à Ouagadougou une conférence de presse. Ce fut l’occasion pour elle de donner sa lecture de la situation nationale et de la crise qui secoue le parti de l’Epi et de la daba.
Concernant la question sécuritaire, notamment la création de zones d’intérêt militaire à l’Est et au Sahel, l’aile historique dit apprécier positivement cette initiative. Elle invite par ailleurs le gouvernement de la transition à prendre les mesures humanitaires et de solidarité idoines pour accompagner les futurs déplacés internes qui le seront du fait de cette mesure.
Sur la question d’une éventuelle réconciliation des deux groupes, voici la réponse d’Achille Tapsoba : «Seule la capacité du camarade Eddie et de son groupe à revenir auprès de la direction du parti, à faire leur autocritique et à s’engager à ne plus aller à l’encontre des textes pourrait nous amener à nous mettre ensemble.»
Les anciens chefs d'Etat Roch Marc Christian Kaboré et Jean Baptiste Ouédraogo ont été reçus en audience ce mardi 21 juin 2022 à Kosyam par l’actuel président du Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba.
Le traditionnel Conseil des ministres s’est tenu ce mercredi 1er juin 2022 au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président du Faso. A l’issue de cette rencontre hebdomadaire, le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, accompagné de son collègue du Commerce, Abdoulaye Tall, en a fait le point avec les hommes de médias. Parmi les sujets évoqués figurent la sanction disciplinaire contre certains agents de la fonction publique et l’augmentation des prix des produits de première nécessité.
« Les pistes de solution, c’est de voir comment chacun peut faire des efforts, c’est-à-dire l’Etat à travers un accompagnement et les acteurs eux-mêmes à travers l’acceptation de réduction des marges. Un sous-comité a été mis en place qui comprend les différents services du ministère des Finances, notamment, la douane, les impôts, le Trésor, le budget, les services du ministère du commerce, notamment les structures de contrôle et du guichet unique des importations et des investissements et les différents acteurs ; bref, chaque segment des acteurs », explique Abdoulaye Tall.
Le porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, a quant à lui informé que le Conseil a adopté un rapport annuel 2021 sur le fonctionnement des conseils de discipline, des institutions et départements ministériels. Et il ressort de ce rapport que 25 institutions et départements ministériels sur une quarantaine, selon l’ancienne nomenclature des ministères, ont transmis chacun son rapport 2021.
Le traditionnel Conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 25 mai au palais de Kosyam sous la présidence du chef de l’Etat, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. Comme à l’accoutumée, c’est le ministre porte-parole du gouvernement qui en a fait le point aux hommes de médias. La situation de Houndé et l'augmentation unilatérale du prix de la baguette de pain par les boulangers ont été les principaux sujets d'échanges.
Le ministre Tall reconnaît que la cherté des produits est liée au contexte international, marqué par la crise ukrainienne. Cependant, la décision prise par les boulangers n'est pas une bonne solution. "Pourquoi c'est une mauvaise solution ? Parce que nous avons des produits dont les prix sont réglementés. Les prix sont fixés d'accord parties entre le gouvernement, les acteurs de la filière en question, les acteurs du secteur privé, les consommateurs et les syndicats. À ce titre, nous avons toujours diverses réunions. Nous avons discuté de diverses questions. Sur le prix de l'huile il y a eu un compromis, sur le prix du savon il y a eu un compromis, sur le prix du sucre il y a eu un compromis, sur le prix du transport des ports vers nos villes il y a eu un compromis, mais sur le prix du pain nous n'avons pas eu de compromis. À la limite les autres acteurs étaient inanimes, mais les boulangers insistaient", a-t-il expliqué. Selon le ministre Tall, les boulangers et assimilés n’auraient pas dû prendre de façon unilatérale la décision d’augmenter le prix d'un produit comme le pain, car tout est régi par des lois.
Le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, quant à lui, est revenu sur la situation qui prévaut dans la mine d'or de Houndé depuis le mardi 24 mai. "Hier mardi, il y a eu un mouvement d'orpailleurs pour exiger la libération de leurs camarades arrêtés suite au mouvement qu'il y a eu il y a quelques jours et ayant occasionné la destruction de matériel ainsi que des blessés légers au niveau de la mine de Houndé. Les incidents ont eu lieu lorsque les forces de l'ordre ont voulu limiter, calmer empêcher les manifestations. On dénombre malheureusement deux décès : un des suites de bousculades et un autre des suites de tirs par balle ; ainsi qu’un blessé par balle. A l'heure où je vous parle, une enquête est en cours pour situer les responsabilités", selon le porte-parole de l’exécutif.
Une autre mine a fait l’objet de communication du gouvernement. Il s’agit de la mine d’or de Houndé, exploitée par la société Endeavour mining, qui a subi la furie destructrice des orpailleurs de cette localité le 17 mai 2022. En effet ceux-ci, après avoir envahi ladite mine, y ont causé des dégâts matériels considérables (NDLR : 30 véhicules, 40 motos du personnel, 10 engins, dont des bus, 13 magasins et 6 conteneurs ont été incendiés) et pris à parti certains des travailleurs, faisant 7 blessés. Une enquête est en cours et des interpellations ont déjà commencé.
Répondant au député de l’ALT, le ministre Barthélemy Simporé a déclaré que l’état-major général des armées, le commandement des opérations du théâtre national et les commandements des forces de sécurité intérieur sont présentement et activement engagés dans un processus de réorganisation opérationnelle à la fois structurelle et territoriale afin de réaliser, à terme, une densification des théâtres par un maillage adapté qui combine l’ensemble des forces de défense et de sécurité et des volontaires pour la défense de la patrie. Cependant, certains détails ne peuvent être dévoilés pour l’instant.
« Comme on l’a toujours dit, notre volonté de satisfaire l’obligation de redevabilité démocratique et d’informer sainement les citoyens burkinabè que vous représentez, mais malheureusement contrarié par la nécessité de préserver la confidentialité de certains volets des actions que nous menons. Je voudrais par conséquent solliciter votre indulgence pour cette précaution opérationnelle de confidentialité qui constitue un impératif de succès des opérations », a expliqué le chef du département de la défense, qui assure toutefois que le processus est très avancé et conduira, à terme, à la réalisation d’une capacité optimale de contrôle de notre espace de souveraineté nationale. Par ailleurs un nouveau concept d’emploi des VDP a été élaboré et sera mis en œuvre.
« Plusieurs pompes ont été mises à contribution pour évacuer l’eau à l’extérieur. D’abord il faut dire que la mise en place du tube qui permet le pompage est très complexe, vu la profondeur de cette mine souterraine. Les groupes de pompage qui avaient été installés fonctionnaient au diesel et certains tombaient en panne parce qu’il fallait une maintenance continue. Aujourd’hui, l’ensemble des équipements a été renforcé grâce à du matériel venu d’Afrique du Sud mais également du Ghana voisin », a-t-il précisé.
S’agissant de l’augmentation du prix du carburant, le ministre du Commerce a déclaré que le gouvernement a choisi le moindre des maux. A l’entendre, les consommations frontalières ont explosé du fait d’une exportation du carburant subventionné au Burkina Faso.










