Burkina Faso : Le gouvernement valide l’augmentation de 100 F du prix du litre de carburant
Le traditionnel Conseil des ministres s’est tenu ce mercredi 11 mai 2022 au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président de la Transition, président du Faso. Au sortir de ce huis clos de l’exécutif, le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, s’est entretenu avec les hommes de médias sur certains sujets d’actualité. On retient de cela que l’opération de sauvetage se poursuit sur la mine de Perkoa en vue de retrouver les 8 mineurs, toujours introuvables depuis plus de trois semaines. Le ministre du Commerce a, quant à lui, informé que le gouvernement a autorisé l’augmentation de 100 F du prix du litre de carburant.
Ce sont au total 24 mineurs qui étaient dans la mine souterraine de Perkoa le jour de l’inondation. Les 16 ont pu sortir, contrairement aux 8 qui n’ont pas eu cette chance. Mais l’espoir est toujours permis, selon le porte-parole du gouvernement, car la jauge d’aération continue de fonctionner. A en croire Lionel Bilgo, au début de l’opération il a fallu d’abord dégager la voie qui mène au fond de la mine souterraine qui fait 710 m de profondeur. Puisque les eaux de pluie avaient entraîné beaucoup de déchets, obstruant les voies de passage, ce qui a nécessité au préalable le dégagement desdites voies de passage.
« Plusieurs pompes ont été mises à contribution pour évacuer l’eau à l’extérieur. D’abord il faut dire que la mise en place du tube qui permet le pompage est très complexe, vu la profondeur de cette mine souterraine. Les groupes de pompage qui avaient été installés fonctionnaient au diesel et certains tombaient en panne parce qu’il fallait une maintenance continue. Aujourd’hui, l’ensemble des équipements a été renforcé grâce à du matériel venu d’Afrique du Sud mais également du Ghana voisin », a-t-il précisé.
S’agissant de l’augmentation du prix du carburant, le ministre du Commerce a déclaré que le gouvernement a choisi le moindre des maux. A l’entendre, les consommations frontalières ont explosé du fait d’une exportation du carburant subventionné au Burkina Faso.
« Cette situation aggrave le déficit parce que si la SONABHY achète le litre à 900 F et le revend à 500, ça veut dire que c’est l’Etat qui est censé compléter les 400 F manquants. Et ça veut dire que sur chaque litre exporté frauduleusement ou par un camionneur qui a préféré faire le plein à Cinkansé, à Ouessa ou ailleurs avant de traverser la frontière, il y a une subvention de 400 F supportée par l’Etat burkinabè. On a le choix, en tant que gouvernement, de risquer la pénurie parce que la SONABHY n’arrivera pas à renouveler son stock de liquidité d’autant plus qu’elle achète plus cher le carburant et le revend moins cher. Et connaissant les contraintes budgétaires, l’Etat n’est pas en mesure de toujours disposer de cash pour réinjecter dans la SONABHY pour lui permettre d’acquérir du carburant», a expliqué Abdoulaye Tall. Selon lui, le gouvernement a fait le choix de l’augmentation, et non de la pénurie, ce qui va au moins permettre de réduire le flux d’exportation illégale.
Barthélémy Paul Tindano

« A titre d’exemple, hors subvention, le prix du sac de 50 kg de NPKS est d’environ 35 000 F CFA. Mais le gouvernement a décidé de subventionner ledit engrais. Ainsi, le sac sera vendu aux cotonculteurs à crédit à 16 000 F. Le prix des 50 kg d’urée, sans subvention, est de 37 000 F mais là encore, le gouvernement a décidé de le subventionner pour qu’il soit vendu à crédit à 16 000 F. Le coût du traitement par insecticide classique à l’hectare est normalement de 6 000 F mais le gouvernement a décidé de consentir des efforts pour qu’il soit fait à 3 800 F l’hectare. L’insecticide de spécialité est aussi subventionné, si bien que le traitement à l’hectare coûtera en définitive 7 000 F», a précisé Abdoulaye Tall. Et à l’en croire, au total cette subvention coûtera à l’Etat burkinabè environ 72,8 milliards de francs CFA, l’objectif étant d’encourager nos acteurs agricoles à produire davantage.
S’agissant du drame de Perkoa, le porte-parole du gouvernement a assuré que des efforts étaient faits pour retrouver les mineurs. Depuis l’inondation de ladite mine, on n’a pas obtenu signe de vie des 8 pauvres travailleurs piégés dans les entrailles de la terre, lesquels sont jusque-là introuvables. Mais selon le ministre Bilgo, l’espoir est permis. « L’espoir que nous avons est qu’il est confirmé que la jauge de la bouche d’aération qui est en surface est toujours fonctionnelle. C’est ce qui nous fait penser que si l’eau avait pu pénétrer dans la cavité de refuge, il n’est pas sûr que cette jauge-là aurait continué à fonctionner. Jusqu’à ce stade, le pompage se réalise mais les ingénieurs et les techniciens n’ont pas encore croisé d’engins. Ce qui veut dire qu’il reste une certaine hauteur pour poursuivre les travaux de pompage », a-t-il précisé.
Le Conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 27 avril 2022 au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président de la Transition et du Conseil des ministres. Parmi les sujets à l'ordre du jour, la nomination de hauts cadres de la police nationale et la réalisation de travaux d'entretien et de réparation de voies, dont l'emblématique RN 4, tronçon Gounghin-Fada.
"Il s'agit d'un entretien périodique momentané, sachant que ces routes-là seront bitumées suite à un appel d'offres qui sera réalisé", a-t-il ajouté. Mais au-delà de ces voies, le gouvernement compte accroître le réseau routier en termes de bitume et de pistes rurales. "Le premier rapport est relatif au résultat de l'appel d'offres ouvert pour les travaux d'aménagement de 200 km de pistes rurales dans quatre régions. Le deuxième rapport, lui, est relatif à l'approbation des résultats de l'appel d'offres de bitumage de la nationale 11 phase 3 Gaoua-Batié et de la route nationale numéro 15 phase 2 Kalwartenga-Sanguin-Boulsa, ainsi que de la route régionale numéro 36 Dandé-Kourouma", a précisé le ministre Bilgo.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires sans précédent, le gouvernement travaille à renforcer les effectifs des gradés de la police. Ainsi, le Conseil a adopté des décrets permettant de nommer 5 contrôleurs généraux de police, 18 commissaires divisionnaires de police et 57 commissaires principaux. Sur la question d'une possible augmentation du prix de la baguette de pain, le porte-parole soutient que le gouvernement travaille à maintenir le prix du pain.
Le traditionnel Conseil des ministres s'est tenu le mercredi 20 avril 2022 au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, chef de l'Etat. À l'issue de ce huis clos gouvernemental, le porte-parole de l'exécutif, Lionel Bilgo, et son collègue du Commerce se sont prêtés aux questions des journalistes, lesquelles avaient trait à la spéculation sur les hydrocarbures. Ces 2 membres de l’équipe gouvernementale ont, à cette occasion, assuré qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter, car il y a suffisamment de carburant en stock.
Le diesel du Burkina est moins cher que celui dudit pays. Cette situation encourage le trafic, d'autant plus que notre diesel est subventionné pour permettre aux transporteurs de maintenir un coût bas des transports des marchandises, des matières, etc. C'est là une exportation illégale de notre subvention et cela aussi contribue à assécher nos réservoirs, donc à plomber les efforts que fait le gouvernement pour rendre le carburant disponible", a-t-il ajouté.

« Comme vous venez de l’entendre, il ne s’agit point d’une négociation entre le gouvernement burkinabè et les groupes armés terroristes. Au risque de me répéter, je dirai qu’il s’agit d’accompagner les initiatives endogènes parce qu’il nous a été donné de constater sur le terrain qu’il y a un besoin de communication entre les filles et les fils du Burkina en rupture de dialogue avec la nation et les notabilités de leurs localités respectives. C’est là une opportunité pour accompagner ces initiatives de dialogue endogène qui doivent nous permettre d’aboutir à un apaisement et à un retour de la paix dans notre pays », a déclaré Yéro Boly.
« Si ces jeunes-là reviennent, nous allons leur proposer de les réinsérer dans la société à travers des activités professionnelles. Par exemple, si vous souhaitez refaire ce que vous faisiez avant, comme l’élevage, on va trouver les moyens de vous accompagner pour que vous puissiez démarrer l’activité. Si vous souhaitez aussi vous investir dans l’agriculture, ce sera pareil. Que ce soit dans les localités concernées ou ailleurs, le gouvernement va va accompagner», a précisé le ministre.
Trois membres du gouvernement ont tenu une conférence de presse ce lundi 11 avril 2022 à Ouagadougou. Il s’agit des ministres Lionel Bilgo, porte-parole du gouvernement, d’Abdoulaye Tall du Commerce et de Barthélemy Kéré de la Justice. La flambée des prix des produits de première nécessité et les actes de vandalisme survenus à Béguédo ont été les grands points à l’ordre du jour.
Concernant les produits importés, il s’agit des hydrocarbures et de la farine de blé qui sert à la production du pain. Selon le ministre Abdoulaye Tall, la Russie exporte 15% du pétrole de la planète et étant donné que ce pays ne peut plus exporter son pétrole, cela affecte les pays africains, dont le Burkina Faso, en termes de disponibilité et de prix. Même chose pour le blé ou la farine, dont 30% sont produits par l’Ukraine et la Russie. Pour le moment, il n’est pas question d’augmentation des prix du carburant, mais les différents acteurs sont en réflexion pour évaluer les possibilités.
D’autres produits sont également concernés par la disponibilité et la hausse des prix. Il s’agit, entre autres, des huiles alimentaires, du sucre et des intrants agricoles.
Le Premier ministre Albert Ouédraogo a présenté la feuille de route de la Transition le lundi 4 avril 2022 à l'Assemblée législative de Transition (ALT). Un référentiel axé sur la lutte contre le terrorisme, la réponse à la crise humanitaire, la refondation de l'État et l'amélioration de la gouvernance ainsi que la réconciliation nationale. Tout cela, en conformité avec l'agenda de la Transition. Dans l'ensemble, les députés de l'ALT ont salué le contenu du document, non sans avoir fait quelques suggestions au gouvernement.
Pour le député Abdoulaye Soma, c'est pendant les transitions qu'il faut profiter faire des refondations parce que ce sont des périodes propices à une réflexion objective. "Sincèrement, je pense que la feuille de route entre dans ce que je considère être l'intérêt général et supérieur du peuple burkinabè en ce moment. Parce que ça prend en compte l'objectif majeur de la Transition tel que ça été engagé, la lutte contre l'insécurité dans ces deux domaines, à savoir la lutte le terrorisme et le traitement des crises humanitaires, les déplacés et autres", précise le constitutionnaliste.
"D'un point de vue analytique, nous voyons que cette feuille de route décline plus ou moins l'agenda de la Transition (...). Nous estimons qu'il est aussi nécessaire de tenir compte des besoins pratiques et des intérêts stratégiques des différentes catégories sociales de notre nation, à savoir les jeunes et les femmes. Parce que très souvent quand on parle de lutte contre le terrorisme, on occulte la contribution d’une frange importante de la population que sont les femmes. Pourtant, les femmes sont un levier important qui peut contribuer à atteindre les résultats en ce sens qu’elles sont des éducatrices et des actrices importantes de la communauté", a déclaré pour sa part la députée Edwige Ninon Yaméogo /Sankara.
Le premier objectif étant la lutte contre le terrorisme et la restauration de l’intégrité du territoire, la réorganisation du dispositif de sécurité nationale, notamment le renforcement de l’effectif et l’efficacité de l’action militaire sur le terrain l’amélioration de la collaboration entre les FDS, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les populations est une nécessité ainsi que la diversification de la coopération militaire, selon le Premier ministre. « En ce qui concerne la coopération militaire avec d’autres États notamment, l’option est désormais de diversifier les partenariats afin d’optimiser les atouts spécifiques de chaque partenaire. En tout état de cause, ces partenariats seront fondés sur le respect de notre indépendance territoriale et sur la sincérité », a déclaré le chef du gouvernement.
Face à la crise alimentaire occasionnée par le déficit céréalier de la campagne agricole 2021-2022, le gouvernement entend renforcer la mise en œuvre du plan de réponse et de soutien aux personnes vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. A ce niveau il s’agit, entre autres, d’intensifier l’approvisionnement des boutiques-témoins et le contrôle des prix qui s’y appliquent, la distribution de vivres ou de cash aux ménages cibles affectés par la crise alimentaire ainsi que la prise en charge nutritionnelle d’enfants frappés par la malnutrition.
Deux membres du gouvernement ont animé une conférence de presse le jeudi 31 mars 2022 à Ouagadougou. Il s'agit de la ministre des Affaires étrangères, Olivia Rouamba, et de son homologue de l'Education nationale, porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo. Objectif : donner des éclaircissements sur les attentes de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest ( CEDEAO ) vis-à-vis des autorités de la Transition, notamment en ce qui concerne la détention de l'ancien président Roch Marc Christian Kaboré et la durée de la Transition.
D'après Olivia Rouamba, les différentes délégations soutiennent que si l'ancien président est libéré, elles pourraient faire preuve de compréhension sur la durée de la Transition. Sur cette question de “résidence surveillée” de Roch Marc Christian Kaboré, le porte-parole du gouvernement assure que tout est mis en œuvre pour sa sécurité. Il précise d'ailleurs que des concertations sont en cours avec l'intéressé pour qu'il rejoigne très bientôt un domicile familial. Deux domiciles sont identifiés à ce propos : l'un à Ouaga 2000 et l'autre à la Patte-d'oie. "Il n'y a pas que la question de la résidence surveillée ou pas, il y a aussi la question du lieu. Ce qui est sûr, c'est que nous devons garantir sa sécurité et pour cela, nous allons tout mettre en oeuvre lors de ces concertations. Dans tous les cas, l'ancien président Roch Marc Christian Kaboré est en sécurité aujourd'hui. Il reçoit les membres de sa famille. Il reçoit des visites de personnalités et de notables burkinabè", affirme Lionel Bilgo.
Depuis le samedi 19 mars 2022, les membres de la future Assemblée législative de la Transition (ALT) sont connus, sauf celui qui doit représenter la région du Centre-Nord. En effet celui-ci n’a pu être désigné, faute de consensus. Parmi ces 70 députés de l’ALT, 13 sont issus de la société civile. Selon Asseghna Anselme Somda, chef des programmes du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), bon nombre de personnes dans ce groupe sont en réalité que des représentants des partis politiques, ce qui est déplorable.
D’après Asseghna Anselme Somda, un grand nombre de membres de ce dernier groupe sont en réalité des représentants des partis politiques. « Sur les 13 représentants de la société civile, si vous faites le point de ceux qui sont véritablement de cette société civile vous verrez qu’ils ne sont pas plus de 3. Faites le point et vous verrez qu’il y a un parti qui prédomine au sein de ce qu’on appelle société civile et il s’agit du CDP. Mais cela n’est pas propre au CDP ; le MPP en avait fait de même en 2014, sous la Transition. Le MPP à lui seul avait au moins 15 parlementaires. Il y en a même qu’ils ont été recrutés en cours de Transition pour porter ce nombre à environ 20. Donc la façon dont le MPP avait noyauté la Transition de 2014 à 2015 dans ses organes, notamment le Conseil national de Transition à travers la société civile, c’est la même chose que le CDP est en train de faire », a-t-il déclaré. Selon celui-là même qui a été député de la Transition en 2014, le CDP et le MPP ont le même appareil politique mais qui s’est divisé, d’où ces pratiques qui leur sont communes. Et il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils fassent autrement. « Ils ne peuvent pas faire autrement (…), c’est dans leur ADN. Ce sont des partis qui ne sont pas prêts pour le combat démocratique à visage découvert. C’est dommage que notre société civile en soit réduite à cela. Mais ce qui est intéressant, c’est que les gens savent où se trouvent la société civile, la vraie. Les gens savent faire la différence entre la société civile et la société si vile », soutient Somda.
De l’avis du chef des programmes du CGD, les défis de l’ALT sont ceux du Burkina. Et du point de vue de la Constitution, notamment en son article 84, le rôle de l’Assemblée législative de la Transition, ce sera : voter la loi, consentir l’impôt et contrôler l’action gouvernementale. « C’est sûr qu’actuellement il y a une loi de finances rectificative qui est déjà dans les circuits. Parce que le budget a été approuvé en décembre 2021 par l’Assemblée. Aujourd’hui avec le changement de régime, le régime de la Transition ne va pas venir exécuter textuellement le budget qui a été voté pour le régime MPP. La donne a changé, c’est sûr qu’ils vont réaménager ce budget pour le conformer à leur agenda. Cela veut dire qu’actuellement, la loi de finances est certainement en cours de relecture, si ce n’est même déjà bouclé. Donc ce projet de loi rectificative fera partie des premières lois que cette Assemblée législative de la Transition aura à adopter après l’adoption de son règlement pour définir les modalités de son fonctionnement. C’est donc dire que, naturellement, la sécurité va prendre une part importante dans cette loi de finances rectificative. Etant donné que c’est l’élément législatif du coup d’Etat, il va de soi que cela se ressente sur cette loi rectificative, même si déjà sous le régime Kaboré la sécurité se faisait ressentir dans les lois de finances ».










