Débat d’orientation budgétaire : 55,5 % du budget destinés au renforcement de la sécurité et de la défense nationale en 2023
Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Prospective, le Dr Seglaro Abel Somé, a présenté le 30 juin 2022 à l’Assemblée législative de transition (ALT) le Document de présentation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2023-2025 dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire (DOB). Il était en compagnie d’une délégation gouvernementale et des techniciens du département des finances.
La présentation du ministre s’est articulée autour de 4 points, à savoir la situation d’exécution du budget 2022 à la date du 31 mars 2022, les priorités et choix stratégiques du budget 2023, une projection budgétaire couvrant la période 2023-2025 et enfin les risques budgétaires potentiels, tout en proposant des mesures d’atténuation.
Les recettes mobilisées par l’État pour l’exercice 2022 à la date du 31 mars 2022 sont estimées à 497,79 milliards FCFA sur une prévision de 659,08 milliards FCFA, soit un taux de recouvrement de 20,33% et un crédit de paiement ajusté de 2919,15 milliards FCFA, soit un taux d’exécution de 22,58%. Pour les perspectives du budget exercice 2023, en tablant sur le scénario de base, les recettes budgétaires totales seraient de 2 552,8 milliards FCFA.
Les priorités du budget de 2023 découlent essentiellement du Plan d’action de la transition (PAT), à savoir la lutte contre le terrorisme et la restauration de l’intégrité du territoire, la gestion de la crise humanitaire, la refondation de l’État, l’amélioration de la gouvernance ainsi que la réconciliation nationale.
Ainsi, les allocations budgétaires en faveur des secteurs de la sécurité et de la défense nationale connaîtront une forte augmentation, selon le ministre Somé. 280 milliards sont destinés au renforcement de la sécurité et de la défense nationale en 2023, soit un taux de 55,5%. A cet effet, la part du budget de l’État allouée à ce secteur est passée de 20,3% en 2022 à 27,5% en 2023. Elle s’établira à 628,3 milliards FCFA en 2023 contre 440,2 milliards FCFA en 2022, soit une variation de 42,7%.
Par ailleurs, 98,8 milliards FCFA sont destinés aux secteurs sociaux de base, 70,3 milliards FCFA au secteur de la gouvernance, 33,3 milliards FCFA au secteur de soutien à la production et enfin 22,6 milliards FCFA à celui de la production.
En se basant sur les projections budgétaires issues du DPBEP 2023-2025, les recettes budgétaires totales seront de 2 552,8 milliards FCFA en 2023, de 2 633,8 milliards de FCFA en 2024 et de 2 813,1 milliards de FCFA en 2025, soit un accroissement annuel moyen de 5,0%.
Les perspectives de croissance étant faites sur la base d’hypothèses, l’atteinte des principaux résultats pourrait être affectée par la survenance d’un certain nombre de risques.
De ce fait, en vue de minimiser l’impact de ces risques sur l’atteinte des résultats budgétaires escomptés, des mesures d’atténuation ont été identifiées, notamment le renforcement des réformes en vue d’une mobilisation optimale des recettes et la rationalisation des dépenses de l’État.
Ainsi, sur le plan environnemental, il sera mis en place et/ou renforcé le mécanisme de gestion des risques agricoles, notamment de la sécheresse, au profit des producteurs, la stratégie nationale de warrantage et l’assurance agricole indicielle.
Au niveau des démembrements de l’État, il s’agit du recours aux prêts rétrocédés sous forme de subvention pour éviter le retard ou le défaut de paiement, c’est-à-dire l’endettement de ces démembrements que sont les sociétés d’État, les collectivités territoriales et les organismes de prévoyance sociale.
Cette présentation du ministre des Finances a donné lieu à des échanges à travers des questions auxquelles celui-ci a donné des éléments de réponse. Les députés ont fait des critiques et proposé des pistes en matière de mobilisation et d’orientation des ressources.
Pour le député Harouna Louré, le gouvernement n'est pas assez ambitieux au regard de ce qui a été présenté. Il estime que c’est la continuité de l’ancien fonctionnement. Les raisons avancées par celui-ci c’est qu’initialement un taux de croissance de 13% était prévu au niveau des recettes fiscales tandis que le nouveau rapport prévoit un taux de 17%. Il a été reproché aux anciens régimes de ne pas faire assez de recouvrements parce qu’il y avait la fraude fiscale, l’évasion fiscale, la corruption, a-t-il ajouté. Ainsi, pour un régime de transition, il faut un meilleur recouvrement. « Si nous disons que nous sommes un régime de transition, nous devrons être assez ambitieux. Nous devons lutter contre la fraude fiscale et la corruption et nous devons aller au-delà des 17% », a-t-il déclaré.
En rappel, le Document de présentation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) 2023-2025 a été adopté en Conseil des ministres le mercredi 25 mai 2022. Tout projet de loi de finances pour l’élaboration et l’exécution du budget de l’État est fait en se référant à ce document conformément à la loi organique n°073-2015/CNT du 6 novembre 2015 relative aux lois de finances.
Flora Sanou
L’aile dite historique du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) a tenu ce mercredi 29 juin 2022 à Ouagadougou une conférence de presse. Ce fut l’occasion pour elle de donner sa lecture de la situation nationale et de la crise qui secoue le parti de l’Epi et de la daba.
Concernant la question sécuritaire, notamment la création de zones d’intérêt militaire à l’Est et au Sahel, l’aile historique dit apprécier positivement cette initiative. Elle invite par ailleurs le gouvernement de la transition à prendre les mesures humanitaires et de solidarité idoines pour accompagner les futurs déplacés internes qui le seront du fait de cette mesure.
Sur la question d’une éventuelle réconciliation des deux groupes, voici la réponse d’Achille Tapsoba : «Seule la capacité du camarade Eddie et de son groupe à revenir auprès de la direction du parti, à faire leur autocritique et à s’engager à ne plus aller à l’encontre des textes pourrait nous amener à nous mettre ensemble.»
Les anciens chefs d'Etat Roch Marc Christian Kaboré et Jean Baptiste Ouédraogo ont été reçus en audience ce mardi 21 juin 2022 à Kosyam par l’actuel président du Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba.
Le traditionnel Conseil des ministres s’est tenu ce mercredi 1er juin 2022 au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président du Faso. A l’issue de cette rencontre hebdomadaire, le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, accompagné de son collègue du Commerce, Abdoulaye Tall, en a fait le point avec les hommes de médias. Parmi les sujets évoqués figurent la sanction disciplinaire contre certains agents de la fonction publique et l’augmentation des prix des produits de première nécessité.
« Les pistes de solution, c’est de voir comment chacun peut faire des efforts, c’est-à-dire l’Etat à travers un accompagnement et les acteurs eux-mêmes à travers l’acceptation de réduction des marges. Un sous-comité a été mis en place qui comprend les différents services du ministère des Finances, notamment, la douane, les impôts, le Trésor, le budget, les services du ministère du commerce, notamment les structures de contrôle et du guichet unique des importations et des investissements et les différents acteurs ; bref, chaque segment des acteurs », explique Abdoulaye Tall.
Le porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, a quant à lui informé que le Conseil a adopté un rapport annuel 2021 sur le fonctionnement des conseils de discipline, des institutions et départements ministériels. Et il ressort de ce rapport que 25 institutions et départements ministériels sur une quarantaine, selon l’ancienne nomenclature des ministères, ont transmis chacun son rapport 2021.
Le traditionnel Conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 25 mai au palais de Kosyam sous la présidence du chef de l’Etat, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba. Comme à l’accoutumée, c’est le ministre porte-parole du gouvernement qui en a fait le point aux hommes de médias. La situation de Houndé et l'augmentation unilatérale du prix de la baguette de pain par les boulangers ont été les principaux sujets d'échanges.
Le ministre Tall reconnaît que la cherté des produits est liée au contexte international, marqué par la crise ukrainienne. Cependant, la décision prise par les boulangers n'est pas une bonne solution. "Pourquoi c'est une mauvaise solution ? Parce que nous avons des produits dont les prix sont réglementés. Les prix sont fixés d'accord parties entre le gouvernement, les acteurs de la filière en question, les acteurs du secteur privé, les consommateurs et les syndicats. À ce titre, nous avons toujours diverses réunions. Nous avons discuté de diverses questions. Sur le prix de l'huile il y a eu un compromis, sur le prix du savon il y a eu un compromis, sur le prix du sucre il y a eu un compromis, sur le prix du transport des ports vers nos villes il y a eu un compromis, mais sur le prix du pain nous n'avons pas eu de compromis. À la limite les autres acteurs étaient inanimes, mais les boulangers insistaient", a-t-il expliqué. Selon le ministre Tall, les boulangers et assimilés n’auraient pas dû prendre de façon unilatérale la décision d’augmenter le prix d'un produit comme le pain, car tout est régi par des lois.
Le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, quant à lui, est revenu sur la situation qui prévaut dans la mine d'or de Houndé depuis le mardi 24 mai. "Hier mardi, il y a eu un mouvement d'orpailleurs pour exiger la libération de leurs camarades arrêtés suite au mouvement qu'il y a eu il y a quelques jours et ayant occasionné la destruction de matériel ainsi que des blessés légers au niveau de la mine de Houndé. Les incidents ont eu lieu lorsque les forces de l'ordre ont voulu limiter, calmer empêcher les manifestations. On dénombre malheureusement deux décès : un des suites de bousculades et un autre des suites de tirs par balle ; ainsi qu’un blessé par balle. A l'heure où je vous parle, une enquête est en cours pour situer les responsabilités", selon le porte-parole de l’exécutif.
Une autre mine a fait l’objet de communication du gouvernement. Il s’agit de la mine d’or de Houndé, exploitée par la société Endeavour mining, qui a subi la furie destructrice des orpailleurs de cette localité le 17 mai 2022. En effet ceux-ci, après avoir envahi ladite mine, y ont causé des dégâts matériels considérables (NDLR : 30 véhicules, 40 motos du personnel, 10 engins, dont des bus, 13 magasins et 6 conteneurs ont été incendiés) et pris à parti certains des travailleurs, faisant 7 blessés. Une enquête est en cours et des interpellations ont déjà commencé.
Répondant au député de l’ALT, le ministre Barthélemy Simporé a déclaré que l’état-major général des armées, le commandement des opérations du théâtre national et les commandements des forces de sécurité intérieur sont présentement et activement engagés dans un processus de réorganisation opérationnelle à la fois structurelle et territoriale afin de réaliser, à terme, une densification des théâtres par un maillage adapté qui combine l’ensemble des forces de défense et de sécurité et des volontaires pour la défense de la patrie. Cependant, certains détails ne peuvent être dévoilés pour l’instant.
« Comme on l’a toujours dit, notre volonté de satisfaire l’obligation de redevabilité démocratique et d’informer sainement les citoyens burkinabè que vous représentez, mais malheureusement contrarié par la nécessité de préserver la confidentialité de certains volets des actions que nous menons. Je voudrais par conséquent solliciter votre indulgence pour cette précaution opérationnelle de confidentialité qui constitue un impératif de succès des opérations », a expliqué le chef du département de la défense, qui assure toutefois que le processus est très avancé et conduira, à terme, à la réalisation d’une capacité optimale de contrôle de notre espace de souveraineté nationale. Par ailleurs un nouveau concept d’emploi des VDP a été élaboré et sera mis en œuvre.
« Plusieurs pompes ont été mises à contribution pour évacuer l’eau à l’extérieur. D’abord il faut dire que la mise en place du tube qui permet le pompage est très complexe, vu la profondeur de cette mine souterraine. Les groupes de pompage qui avaient été installés fonctionnaient au diesel et certains tombaient en panne parce qu’il fallait une maintenance continue. Aujourd’hui, l’ensemble des équipements a été renforcé grâce à du matériel venu d’Afrique du Sud mais également du Ghana voisin », a-t-il précisé.
S’agissant de l’augmentation du prix du carburant, le ministre du Commerce a déclaré que le gouvernement a choisi le moindre des maux. A l’entendre, les consommations frontalières ont explosé du fait d’une exportation du carburant subventionné au Burkina Faso.
« A titre d’exemple, hors subvention, le prix du sac de 50 kg de NPKS est d’environ 35 000 F CFA. Mais le gouvernement a décidé de subventionner ledit engrais. Ainsi, le sac sera vendu aux cotonculteurs à crédit à 16 000 F. Le prix des 50 kg d’urée, sans subvention, est de 37 000 F mais là encore, le gouvernement a décidé de le subventionner pour qu’il soit vendu à crédit à 16 000 F. Le coût du traitement par insecticide classique à l’hectare est normalement de 6 000 F mais le gouvernement a décidé de consentir des efforts pour qu’il soit fait à 3 800 F l’hectare. L’insecticide de spécialité est aussi subventionné, si bien que le traitement à l’hectare coûtera en définitive 7 000 F», a précisé Abdoulaye Tall. Et à l’en croire, au total cette subvention coûtera à l’Etat burkinabè environ 72,8 milliards de francs CFA, l’objectif étant d’encourager nos acteurs agricoles à produire davantage.
S’agissant du drame de Perkoa, le porte-parole du gouvernement a assuré que des efforts étaient faits pour retrouver les mineurs. Depuis l’inondation de ladite mine, on n’a pas obtenu signe de vie des 8 pauvres travailleurs piégés dans les entrailles de la terre, lesquels sont jusque-là introuvables. Mais selon le ministre Bilgo, l’espoir est permis. « L’espoir que nous avons est qu’il est confirmé que la jauge de la bouche d’aération qui est en surface est toujours fonctionnelle. C’est ce qui nous fait penser que si l’eau avait pu pénétrer dans la cavité de refuge, il n’est pas sûr que cette jauge-là aurait continué à fonctionner. Jusqu’à ce stade, le pompage se réalise mais les ingénieurs et les techniciens n’ont pas encore croisé d’engins. Ce qui veut dire qu’il reste une certaine hauteur pour poursuivre les travaux de pompage », a-t-il précisé.
Le Conseil des ministres s'est tenu ce mercredi 27 avril 2022 au palais de Kosyam sous la présidence du lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, président de la Transition et du Conseil des ministres. Parmi les sujets à l'ordre du jour, la nomination de hauts cadres de la police nationale et la réalisation de travaux d'entretien et de réparation de voies, dont l'emblématique RN 4, tronçon Gounghin-Fada.
"Il s'agit d'un entretien périodique momentané, sachant que ces routes-là seront bitumées suite à un appel d'offres qui sera réalisé", a-t-il ajouté. Mais au-delà de ces voies, le gouvernement compte accroître le réseau routier en termes de bitume et de pistes rurales. "Le premier rapport est relatif au résultat de l'appel d'offres ouvert pour les travaux d'aménagement de 200 km de pistes rurales dans quatre régions. Le deuxième rapport, lui, est relatif à l'approbation des résultats de l'appel d'offres de bitumage de la nationale 11 phase 3 Gaoua-Batié et de la route nationale numéro 15 phase 2 Kalwartenga-Sanguin-Boulsa, ainsi que de la route régionale numéro 36 Dandé-Kourouma", a précisé le ministre Bilgo.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires sans précédent, le gouvernement travaille à renforcer les effectifs des gradés de la police. Ainsi, le Conseil a adopté des décrets permettant de nommer 5 contrôleurs généraux de police, 18 commissaires divisionnaires de police et 57 commissaires principaux. Sur la question d'une possible augmentation du prix de la baguette de pain, le porte-parole soutient que le gouvernement travaille à maintenir le prix du pain.










