5 août 1960 - 5 août 2021 : 61 ans d’une autre dépendance
Le 5 août 1960 à zéro heure, Maurice Yaméogo, alors président de la République de Haute-Volta, a proclamé solennellement l’indépendance de la colonie de Haute-Volta. 61 ans après, les attentes restent grandes et nombreuses. Cette autonomie semble en effet plus théorique que pratique. A qui la faute ? A l’ancienne métropole ou à nos dirigeants politiques ?
« Mes chers compatriotes voltaïques, aujourd’hui 5 août 1960 à zéro heure, au nom du droit naturel de l’homme à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, je proclame solennellement l’indépendance de la République de Haute-Volta ! » avait clamé le président Maurice Yaméogo. Depuis, plusieurs chefs d’Etat se sont succédé à la tête du pays. Huit chefs d’Etat pour quatre putschs, une Révolution et deux insurrections populaires auront profondément marqué l’histoire politique de ce pays. Selon le Dr Ali Ouédraogo, historien et enseignant chercheur à l’université Joseph Ki-Zerbo, cette instabilité au niveau politique est à l’origine de notre sous-développement jusqu’à nos jours. « Pour se développer il faut être stable, stable d’abord politiquement avec des dirigeants légitimes qui travaillent pour le peuple », affirme-t-il. Cette instabilité est due, entre autres, aux nombreux soubresauts qu’a connus notre pays. La mal gouvernance, la gabegie, la corruption, le népotisme ont contribué, dès 1966, à installer le doute et le désordre. L’armée entre en scène à la demande des populations insurgées.
L’irruption de celle qu’on appelle « la grande muette » dans l’arène politique n’est pas sans conséquences. « L’armée a un rôle bien défini : faire appliquer la loi et faire régner l’ordre ; son arrivée au pouvoir a déséquilibré le jeu politique. Pire, elle a géré le pays d’une main de fer 49 années de suite », précise l’enseignant chercheur en histoire de l’université Joseph Ki-Zerbo. Mais, précise-t-il, on doit à l’armée l’une des plus belles périodes de notre pays, l’avènement du Conseil national de la révolution (CNR) avec comme figure de proue Thomas Sankara. Ce dernier, pour rompre avec le passé colonial et redonner à la population son identité, change le nom du pays qui devient Burkina Faso, ou ‘’pays des hommes intègres’’, un « nom donneur d’espoir », selon l’enseignant. « L’ancien nom Haute-Volta ne représentait rien », dit-il. L’hymne national, la devise et l’emblème d’alors seront tous changés par cette Révolution démocratique et populaire.
Selon M. Ouédraogo, la Révolution visait à donner au peuple sa vraie liberté, sa vraie autonomie et l’indépendance tant souhaité. C’est dans ce sens que plusieurs mots d’ordre seront donnés. « Parmi ces mots d’ordre pour libérer jadis la Haute-Volta, on peut citer le ‘’produisons et consommons burkinabè’’ » évoque-t-il. Cette période révolutionnaire est aujourd’hui le fer de lance de la jeunesse, une période pour le moment inégalée. La Révolution a mangé ses fils. Après cette période dorée, même avec la stabilité politique 27 ans durant sous la direction de Blaise Compaoré, le pays est demeuré sous-développé et dépendant.
Pengwendé Narcisse Gansonré pense que malgré la période d’espoir de la Révolution, si le pays est toujours sous-développé ce n’est plus la faute à l’ancienne métropole mais à nos dirigeants qui ne sont pas à la hauteur des attentes. « Après 61 ans, ayons honte de ne plus accuser la France et remettons-nous en cause pour construire le pays », affirme cet étudiant. Zoénabou Ouédraogo pense pour sa part que la faute est partagée. Selon elle, l’ancienne métropole ne laisse pas ses anciennes colonies libres pour amorcer son développement. « Ceux qui sont là ont vu ce qui s’est passé avec le capitaine, ils (Ndlr les dirigeants politiques) préfèrent s’allier à la France à travers des accords qui n’avantagent pas le pays pour préserver leur pouvoir et leur vie », fustige-t-elle.
« Les indépendances ont été négociées », disait le Pr Magloire Somé dans son cours magistral « Afrique noire contemporaine ». Et selon le Dr Ali Ouédraogo, l’option de célébrer les festivités de cette indépendance le 11 décembre de chaque année s’explique par « la proclamation de la République le 11 décembre 1958. Le 5 août n’est que la confirmation de cette proclamation».
Après 61 ans d’indépendance, le Burkina Faso est en proie à plusieurs défis : l’insécurité, la vie chère et le chômage des jeunes diplômés battent leur plein.
En rappel, le Burkina Faso, indépendant depuis 1960, est une ex-colonie française. Elle a été conquise en 1895 par la France et rattachée ensuite en 1904 au Haut-Sénégal-Niger dans un vaste ensemble de l’AOF. Le 1er mars 1919, la métropole crée la colonie de Haute-Volta. Supprimée entre 1932 et 1947, celle-ci sera réhabilitée dans ses anciennes limites grâce à la lutte des élites politiques et de la chefferie coutumière. Le 11 décembre 1958, la colonie de Haute-Volta devient autonome. La République est proclamée. 5 août 1960 : proclamation solennelle de l’indépendance par son premier président, Maurice Yaméogo.
Sié Mathias Kam
Le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire ainsi que l’ambassade de France au Burkina Faso ont paraphé une convention ce 3 août à Ouagadougou. Il s’agit d’une subvention pour la mise en œuvre du projet d’appui à la protection et au profilage des Personnes déplacées internes (PDI) et des populations hôtes vulnérables au Burkina Faso.
L’objet de cette convention est la mise en œuvre du « projet d’appui à la protection et au profilage des personnes déplacées internes et des populations hôtes vulnérables au Burkina Faso ». D’un montant total de 348 millions de FCFA, elle va permettre l’enregistrement de nombreuses PDI. « La mise en œuvre du projet objet de la présente convention nous permettra, outre l’amélioration de la qualité des données sur les PDI, de délivrer au moins 50 000 CNIB à celles-ci », a précisé la ministre de la Femme. Cette somme permettra également, à l’en croire, d’opérationnaliser le dernier décret pris en Conseil des ministres le vendredi 30 juillet 2021 sur le registre social unique.
« Le nom Burkina Faso est synonyme d’espoir. Ce nom redonnait la vraie fierté, le vrai honneur au peuple », dit-il. Et l’histoire ne s’arrête pas là puisque dans le souci de faire table rase du « passé néocolonial », Thomas Sankara change aussi à la même époque le drapeau national. Le drapeau de l’ancienne Haute-Volta, composé de trois bandes (noire, blanche et rouge), est remplacé. Le nouvel étendard national est désormais composé de deux bandes horizontales rouge et verte, frappées d’une étoile jaune à cinq branches au milieu, « le tout représentant la mémoire des hommes et femmes qui ont donné de leur vie pour la liberté », commente le Dr Ali Ouédraogo. Ce changement, précise-t-il, répondait aussi aux idéaux de Révolution démocratique et populaire, de travail de la terre par les fils et les filles de la Nation.
Une victoire multiforme comme le rappelle le Dr Ali Ouédraogo en ces termes : « La victoire sur le néocolonialisme, sur un passé douloureux et sur nos bourreaux d’hier.» Précédemment ‘’Unité-travail-justice’’, la devise nationale devient elle aussi ‘’La patrie ou la mort, nous vaincrons’’. Ces changements, l’enseignant chercheur Ali Ouédraogo les qualifie d’« audacieux et courageux » pour une république qui cherchait ses repères et qui était classée parmi les plus pauvres au monde, avec un pouvoir aux mains d’une armée « bicéphale » partagée entre la politique et la défense de la Nation. Thomas Sankara avait d’ailleurs souligné cela par ces mots : « Il fallait prendre des initiatives audacieuses et radicales, entre autres effacer les traces du colonialisme. À commencer par l’appellation donnée par le colon à notre pays. Le nom Haute-Volta ne répondait ni à des critères géographiques ni à des critères sociologiques ou culturels ».
L’ambassadeur de France au Burkina, Luc Hallade, a été reçu en audience ce lundi 2 août par le Premier ministre, Christophe Dabiré. Au menu des échanges, il y avait la sécurisation de l’axe Ouaga-Kaya-Dori en vue du retour de l’Etat dans les localités situées dans cette zone et le contrat de concession signé entre le gouvernement burkinabè le groupement français Méridian-AMP pour la réalisation et l’exploitation de l’aéroport international Ouagadougou-Donsin.
L’autre sujet évoqué par les deux hommes était celui des infrastructures, notamment aéroportuaires.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) burkinabè est depuis quelques jours sous le feu des projecteurs. La raison ? La récusation de certains commissaires proposés pour siéger dans l’institution chargée de l’organisation des élections. A ce propos, on peut citer le représentant de la chefferie coutumière, le Sao Naaba, et celui de l'Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA).
Pour Tahirou Barry, président du Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR), à qui nous avons tendu notre micro après la prière de l'Aïd el kébir à la place de la Nation, quelle que soit la personne choisie, la priorité, c'est l'unité et l'entente entre Burkinabè. « Tout ce que je peux souhaiter, c'est de prier pour que Dieu sème l'entente dans le cœur des Burkinabè », a-t-il affirmé.
Et el hadj Salif Tassembédo, un autre fidèle musulman, de nous confier : « Je ne sais quoi dire. C'est la volonté de Dieu ».
Si certaines propositions du député français ont reçu l’approbation des étudiants de l’université Joseph Ki-Zerbo, sur d’autres sujets par contre, les avis de ces jeunes épris de liberté restent tranchés.
Pour Nebon Gérard Bado, dit « l’avocat du peuple », également étudiant, Mélenchon est juste venu battre campagne et ne pourra rien changer s’il accède au pouvoir en France. « Il ne pourra pas défendre les intérêts des Africains au détriment de ceux des Français », a-t-il martelé. L’étudiant apprécie néanmoins les propositions de Jean Luc Mélenchon en ce qui concerne la monnaie unique. « Il nous appartient, en tant qu’Africains, de nous libérer des griffes de nos oppresseurs. La France n'aidera pas l'Afrique à son propre détriment», a-t-il lancé.
Les partis politiques membres de l'Opposition non affiliée (ONA), au cours d'une conférence de presse, se sont prononcés le jeudi 15 juillet sur certains sujets brûlants de l'actualité nationale. Il s'agit notamment de la sécurité, de la réconciliation nationale, de la gouvernance et des grands dossiers d'importance nationale.
S’appuyant sur ce qui précède, l'ONA réclame sa prise en compte dans les grands dossiers d'importance nationale. Il propose à cet effet que la loi actuelle sur le statut de l'opposition politique soit modifiée ou que l'ONA soit appelée dans tous les débats et instances de représentation de l'opposition politique et de la classe politique au Burkina Faso. Abdoulaye Soma n'a pas manqué de préciser que l'ONA rejette le format du dialogue politique mené entre l’APMP et le CFOP, mais aussi la désignation unilatérale par le CFOP des commissaires représentant l'opposition à la CENI.
Dans ce sens, le Millennium Challenge Account II travaillera avec la Sonabel, l'Agence de régulation de l'électricité et surtout le ministère de l'Energie dans son ensemble, a-t-il précisé. « L'objectif, c'est de ne plus connaître de délestages, de coupures, de baisse de rendement dans les différentes unités industrielles et même dans les ateliers », a conclu Mamady Sanoh.
Selon le ministre Clément Sawadogo, il y aura une délibération sur la question de l’appartenance politique. De même, il rappelle les dispositions établies par la loi burkinabè dans le Code électoral. « La loi ne prévoit pas une validation de la désignation de chaque représentant par les autres composantes. Elle dit que chaque composante désigne son représentant », précise-t-il. Et d'ajouter : « Nous (Ndlr : le ministère de l’Administration) sommes chargés de recueillir les désignations, de faire un rapport au Conseil des ministres pour leur nomination », explique M. Sawadogo.
A ce sujet, le ministre Sawadogo a répondu ceci : « La loi ne dit pas qu'il est interdit à un commissaire à la CENI de continuer à être membre de son parti ».










